18 septembre 2011

article publié sur TF1 news LE 24 mars 2009 (cela m'avait échappé)

Il se déguise en Spiderman pour sauver un enfant autiste

le 24 mars 2009 à 11h10 , mis à jour le 24 mars 2009 à 11h15

Un pompier thaïlandais a revêtu le costume du super-héros pour secourir l'enfant, qui s'était assis sur une corniche au troisième étage de son établissement.

 
Spiderman 3, le jeuSpiderman 3, le jeu

Sa lumineuse idée a peut être sauvé un enfant autiste de huit ans. Des enseignants thaïlandais d'un établissement de Bangkok pour enfants en difficulté ont alerté les autorités lundi lorsqu'un autiste, effrayé à son premier jour d'école, s'est assis sur une corniche au troisième étage et a refusé de venir à l'intérieur. En dépit des efforts déployés par des enseignants, le petit garçon ne voulait pas bouger.

Interrogée par les secours, sa mère a mentionné la passion de son enfant pour les super-héros. C'est alors qu'un pompier a eu la bonne idée de se déguiser en Spiderman. Le sauveteur est rapidement retourné à la caserne de pompiers, a enfilé la combinaison de l'homme araignée et a porté secours à l'enfant.
 
"Je lui ai dit : Spiderman est là pour te sauver, aucun monstre ne va  t'attaquer, marche lentement vers moi parce que courir, ça peut être dangereux", a raconté le pompier à une chaîne de télévision locale. L'enfant s'est aussitôt levé et s'est mis dans les bras du pompier. Le pompier a expliqué qu'il gardait une combinaison de Spiderman à la caserne de pompiers pour égayer un peu les séances d'exercice.
 
D'après agence

le 24 mars 2009 à 11:10
http://lci.tf1.fr/insolite/2009-03/il-se-deguise-en-spiderman-pour-sauver-un-enfant-autiste-4893695.html

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en matière de communication sur l'autisme un exemple de communication pratique

Nos amis canadiens ont quelques longueurs d'avance ... en témoigne cette affiche destinée à être affichée dans la salle d'attente des médecins :

http://www.interteddi.ca/projet-pratiques-exemplaires/poster_french.pdf

D'autres exemples et infos :
http://www.autismcentral.ca/research/index.php?option=com_content&task=view&id=67&Itemid=

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17 septembre 2011

C'est le week-end détendons nous - hommage aux Mères crocodiles !

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16 septembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 15 septembre 2011

Billet de mauvaise humeur

Vous êtes nombreux à  avoir vu ces derniers jours l’excellent documentaire de Sophie Robert: Le Mur: la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, visible prioritairement sur le site d’Autistes sans Frontières, qui est à l’initiative de ce reportage.

À l’écoute de ces interviews et de ces théories dispensées par de grand psychiatres et psychanalystes français, les idées et les réflexions se sont bousculées dans ma tête, et je n’ai pas résisté à l’envie de les partager avec vous.

Le syndrôme de la mère crocodile

Pour résumer ce que j’ai compris des thèses exprimées, un enfant devient autiste en raison d’une mère trop glaciale, voire mortifère – trop froide donc -, ou au contraire trop fusionnelle, trop « chaude », voire incestueuse. Le pauvre enfant n’est sauvé que par le père séparateur, le super-héros StyloBic! Si le stylo Bic fait défaut ou est empêché par la mère « psychogène » d’intervenir, c’est foutu, vous avez un enfant autiste! CQFD!

Ces éminents spécialistes faisant référence à Freud, Bettelheim et Lacan, je me suis donc replongée dans mes vieux souvenirs, plus précisément ceux de mes cours de philosophie. Si je me souviens bien, la théorie de Freud, père de la psychanalyse, est basée sur le postulat suivant: la petite fille s’apercevant qu’il lui manque un pénis, toute sa vie psychique ne sera désormais qu’envie et jalousie envers le « mâle » pourvu de cette extension. Lacan a repris le flambeau, et chemin faisant, cette idée, cette théorie est devenue sacro-sainte parole, jamais remise en cause, du moins jusqu’à récemment.

Les bases de la psychanalyse sont donc affreusement misogynes! Tiens, à ce propos, qu’en disent les féministes? Il faudrait leur demander leur opinion, mais ceci est un autre débat… Quant à l’intervention de cette psy, nous assénant que l’inceste paternel est moins grave car « il ne donne que des filles débiles », mais que l’inceste maternel engendre des « psychotiques » (et sachant que pour les psys, les autistes sont des psychotiques), les victimes d’inceste et les associations d’aide aux victimes d’inceste apprécieront!

Raisonner « psychanalyste »

Pour pouvoir contrer, voire combattre, une idée, il faut aussi savoir raisonner comme ceux qui la soutiennent. Arrivée à ce point de mes pensées, me vient une idée subversive: et si, en fait, c’étaient plutôt les hommes qui, s’apercevant qu’ils ne pourront jamais « porter » la vie, étaient les mortifères, les psychogènes, les jaloux incestueux, voulant dévorer leurs enfants tels des ogres, ou comme Chronos, le père de Zeus, qui dévorait ses enfants pour ne pas qu’ils le détrônent (la psychanalyse est pleine de références à la mythologie grecque), et que le fiston a fini par dessouder pour pouvoir lui piquer sa place? Et toc! Je jette les bases d’une nouvelle psychanalyse, à mon sens tout aussi sujette à caution que la précédente!  C’est pratique la psychanalyse, ça marche pour plein de choses, et chacun peut élaborer sa théorie, c’est créatif!

Ne pas être idéologue non plus

Je me moque et j’ironise, car le rire permet d’échapper un peu à ce qui est triste à pleurer. Non,  je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, et je reconnais que la psychanalyse a son utilité. Celle d’avoir donné la parole aux « fous », de les avoir écoutés, eux qui étaient promis à l’enfermement et à la camisole (chimique ou pas). Oui, les psychanalystes ont aidé bien des personnes à se réconcilier avec elles-mêmes, oui ils ont été les premiers à s’intéresser à l’autisme (notamment avec Bettelheim, c’est vrai), quand personne ne s’y intéressait. Mais c’était il y a bien longtemps.

L’évolution que la psychanalyse ne veut pas voir

Il y a déjà plus de trente ans, d’autres psychiatres et psychanalystes ont abordé l’autisme différemment, en s’appuyant sur le constat d’échec de cette pratique (ce n’est pas une science, je me permets de le rappeler) à « soigner » l’autisme,  puis en s’informant sur les avancées de la biologie et des neurosciences. D’autres thérapies, d’autres prises en charge ont vu le jour, portant, elles, leurs fruits, même imparfaits, et ne promettant pas de miracle non plus. Mais qui donnent quand même plus de résultats (enfin, me direz-vous, il est plus facile de donner des résultats quand on part de zéro).

Cependant, quelques psychanalystes français (et pas des moindres, et de plus, en général, enseignants) sont encore les seuls à dire que la cause neurobiologique est réductrice… De leur pouvoir, peut-être?

La mauvaise foi le disputant à l’entêtement, les psychanalyses (du moins, ceux que l’on voit dans le reportage) se font un devoir d’appeler la biologie à leur rescousse – quand ça les arrange, d’ailleurs (voir le passage sur l’origine génétique du placenta, qui tombe à pic pour appuyer la thèse du père séparateur, c’est à se tordre).

Informer, informer, informer !

Dans le diagnostic et la prise en charge de notre fils, on ne nous a jamais tenu ce discours, et les interventions des professionnels sont plutôt pragmatiques et concrètes. Nous avons eu de la chance, mais je sais par les dizaines de témoignages sur les blogs, les forums, les réseaux sociaux, que ce n’est pas encore le cas pour beaucoup d’enfants. Beaucoup trop. Je pense à eux et leurs familles après ce reportage, et cela me renforce dans ma conviction: il faut encore et toujours informer, informer et informer!

Personnellement, c’est ma thérapie, ça me permet d’être de moins mauvaise humeur !

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/billet-de-mauvaise-humeur/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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article publié dans le quotidien du médecin le 15 septembre 2011

Appel pour des assistants sexuels auprès de handicapés

lequotidiendumedecin.fr 15/09/2011

L’Association des paralysés de France (APF) et l’association Cho(o)se ont lancé un appel pour « l’assistance sexuelle des handicapés », déjà signé par le philosophe Pascal Bruckner, l’ancienne star du X Brigitte Lahaie ou le comédien François Cluzet. L’appel, publié dans « Libération », interroge : « Accepteriez-vous une vie sans relation sexuelle, alors que vous en avez le désir? »

Les deux associations demandent qu’un débat national soit engagé sur le sujet. « Refuser l’assistance sexuelle aux personnes en situation de handicap qui en ont besoin, c’est les priver d’une partie de leur citoyenneté », expliquent-elles.

Au début de l’année, une proposition de loi de l’ex-député UMP Jean-François Chossy avait déjà été controversée. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, avait vigoureusement rejeté le recours à ce type d’assistant. « J’y suis rigoureusement, formellement, totalement opposée », avait-elle déclaré. Une opposition qu’elle avait maintenue en affirmant : « Soit cela relève du bénévolat et de relations interpersonnelles et on n’a pas à intervenir, soit ce sont des relations rémunérées en échange d’un service sexuel, cela porte un nom, cela s’appelle de la prostitution. ». La proposition de loi avait été ajournée.

Une mission a été confiée à Jean-François Chossy sur le regard que porte la société sur le handicap. Son rapport, qui doit être remis dans les prochains jours au Premier ministre, aborde le problème de la sexualité des personnes handicapées. Le rapport ne prend pas position sur le problème des assistants sexuels mais Jean-François Chossy se réjouit que le tabou de la sexualité des handicapés soit tombé. « Nous avons ouvert la porte à la discussion », souligne-t-il.

Le statut d’assistant sexuel existe déjà en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse. « Cet assistant, homme ou femme, aurait pour rôle de répondre à un besoin d’apprentissage et de découverte de l’intimité, mais aussi de prodiguer, dans le respect, une attention sensuelle, érotique et/ou sexuelle », plaident dans leur appel les associations qui rejettent toute assimilation à de la prostitution.

L’organisation féministe Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF) se déclare contre toute légalisation des aidants sexuels et appelle Roselyne Bachelot à s’opposer de nouveau « à cette tentative de légiférer » sur le sujet.

› Dr LYDIA ARCHIMÈDE

http://www.lequotidiendumedecin.fr/information/appel-pour-des-assistants-sexuels-aupres-de-handicapes

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15 septembre 2011

article publié sur le site Mise en Abyme - Tribune de Genève - le 14 septembre 2011

14.09.2011

Suite à la publication de l’article « L’autisme, ce « cercueil fermé », « Le Courrier », 14 septembre 2011.

 Il faut avoir une certaine forme de courage pour déclarer, en septembre 2011, dans les colonnes d’un journal de la presse locale (Le Courrier, 14 septembre 2011) que l’autisme est « un cercueil fermé ». Ce courage nous le devons à un représentant de la psychanalyse: le docteur Sergio Caretto.

La maman que je suis - et je pense parler au nom de beaucoup, beaucoup de parents, est outrée d’apprendre que des médecins aussi titrés que M. Caretto se permettent impunément d’insulter nos enfants, leur dignité et leur intégrité morale en les qualifiant de « cercueil fermé ». Pour un psychanalyste, qui prône la relation à autrui il y a encore, je constate, beaucoup de choses à apprendre sur le sens basique du respect à l’autre.

Si j’étais en train de rédiger un billet en faisant un exercice de style, comme on nous apprenait à en faire sur les bancs du lycée, et que je voulais, par exemple, m’adresser à des zonards titrés, je dirai sûrement : « Tu sais ce qu’il te dit le cercueil fermé, tête de noc (verlan) ? » 

Mais comme je suis très polie et que ma modeste fonction de Présidente ne me consent guère à une telle bassesse linguistique, je dirai plutôt :

Cher Monsieur Caretto, nous avons lu avec un grand intérêt vos propos rapportés par M. Ammann, journaliste au Courrier, dans lesquels vous avancez que l’autisme n’est ni « un handicap, ni un déficit, mais qu’il est une fermeture radicale à l’autre, cet autre qui est perçu comme une menace, plutôt qu’une ressource pour sa propre existence ».

Votre opinion (parce que il s’agit bien d’une doxa) n’a d’intéressant que le vide qu’elle véhicule. Nous pourrions dès lors décider de disserter, vous et moi et les quelques autres adeptes de la pensée libre de cette auguste République, sur le sens du vide et la valeur de l’existence en confrontant les pensées d’Heidegger que par ailleurs vous citez mal et celles des nombreux autres essayistes qui se sont exercés à écrire des hypothèses sur l’origine du langage. Je vous invite d’ailleurs, mais c’est sûrement évidemment déjà fait, à vous pencher, pour traiter de ce merveilleux sujet, sur les textes de la période hellène dont Heidegger n’est qu’un lointain représentant. Les sources sont toujours plus instructives. 

Nous vous somme gré Monsieur Caretto de reconnaître que notre quotidien de parents n’est pas simple confronté à ce « cercueil vivant » (je cite vos propos insultants), mais nous pouvons vous assurer qu’il serait beaucoup (mais alors beaucoup) plus simple si nous n’avions pas à supporter vos éternelles interprétations au sujet de nos enfants, qui n’ont de sens que dans le cercle très restreint de vos débats pseudo-littéraires qui occupent probablement votre intellect et vos soirées. En tout cas au niveau international, vos opinions sont caducs et ne font même plus l’objet de cours sur les bancs de l’Université. Vous pouvez avoir une première idée de ce que les neurosciences apportent notamment dans le domaine de l’autisme en lisant la page 8 du même quotidien qui vous consacre une page entière.

C’est assez intelligent d’ailleurs de la part de ce très bon quotidien de laisser ainsi la possibilité aux lecteurs de confronter les avis (même si indirectement) et de faire prendre conscience de l’énorme débat qui se joue actuellement en Romandie dans le domaine très pointu de l’autisme. Psychanalyse ou neurosciences ?

L’alliance entre la psychanalyse et la neurologie que certains de vos collègues prône au nom de la plasticité cérébrale est comme le miroir aux alouettes qui, à une lecture scientifique, s’écroule comme un château de cartes. Mais quel délice intellectuel : rien à redire. Dès que je trouve une minute dans mon emploi du temps, fort chargé, à force de devoir répondre à toutes les inepties qu’on peut lire dans les quotidiens, promis je viens à vos soirées littéraires. Cela doit être jouissif (c’est bien un lemme que vous appréciez ?). 

Je profite d’ailleurs de l’occasion pour inviter toutes les personnes qui sont intéressées à en connaître un peu plus sur les deux approches antagonistes aujourd’hui en vigueur à Genève, celle prônée par M. Caretto et celles représentée par le courant des neurosciences le 26 novembre 2011 à l’auditoire R089 (UniMail), de 9h00 à 17h30.

L’association qui aime le dialogue (sans insulter l’autre) a en effet invité tout le monde, tous bords confondus, à s’exprimer sur ses choix théoriques et ses résultats pratiques. La journée sera ponctuée de deux débats modérés par Christophe Ungar, journaliste à la tsr. Venez donc nombreux écouter les uns et les autres. Place à la disputatio ! Histoire d’y voir un peu plus clair. Informations et inscriptions sur notre site : www.autisme-ge.ch

Comme le dit M. Caretto, pour une fois nous sommes d’accord, c’est sûrement dans le dialogue (sans insulte…merci à M. Caretto de s’en souvenir) qu’il y aura un bénéfice mutuel. Mais le dialogue ne suppose aucunement des syncrétismes, comme en font systématiquement les tenants lacaniens qui ont même pour ambition de créer une chaire en autisme sur l’alliance neurologie/psychanalyse. Le dialogue suppose une prise de conscience des différences théoriques avec -comme objectif- qu’elles soient clairement énoncées aux parents. Parce que pour l’instant le jeu du « cache cache, coucou c’est pas ça… » ce sont les représentants de la psychanalyse qui en sont les champions. Vous ne connaissez pas ce jeu ? Le principe est très simple, il s’agit de tourner le plus adroitement possible autour du pot sans jamais rien dire de « décisif » aux parents :  

1/ ne pas annoncer, par exemple, de diagnostic aux parents parce que -paraît-il- cela influe notre relation à l’enfant. Alors ils pratiquent le jeu du « cache cache coucou c’est pas ça »…en disant « votre enfant souffre de la relation » « votre enfant a une évolution dysharmonique », « votre enfant a un trouble de la compréhension » et autres fioritures de ce genre… ; 

2/ ou par exemple ne pas formuler d’objectifs à atteindre et encore moins les mettre par écrit (et oui… scripta manent). Ici le jeu du « cache cache coucou c’est pas ça » consiste à dire aux parents « mais non…pas besoin de rapport par écrit pour l’instant, on observe l’enfant », « on le regarde évoluer », « il a besoin de venir à nous », etc.…le problème c’est qu’ils l’observent pendant au moins 6 ans….Un peu long comme observation, vous ne trouvez pas ?

Enfin, M. Caretto, pour votre gouverne la psychanalyse n’est pas la seule discipline à vouloir faire découvrir à la personne (je préfère ce lemme à celui de « sujet » que vous employez) une vérité qui la concerne. Loin de là, perdez, je vous prie, cette dernière illusion que vous cultivez avec tant de mots. Si l’esprit ne se réduit pas au cerveau, le cerveau explique l’esprit et pas que celui de la lettre. 

Et puisqu’il vous plaît avec si peu de convenance de citer des personnes avec autisme au profit de votre théorie, permettez-moi, M. Caretto, de conclure ma lettre qui a un certain état d’esprit, j’en conviens, par ces mots eux aussi écrits par une personne avec autisme : 

« Quand la première psychiatre me demanda d’évoquer mes souvenirs (et les freudiens ont tendance à adopter cette ligne), sa demande me parut étonnante et dangereuse », Donna Williams (personne avec autisme de haut niveau).

Ps:Si M. Caretto veut prendre contact avec l’association, nous serons ravis de discuter avec lui. Je pense que nos coordonnées sont très simples à trouver. Et si M. Amman veut entendre le point de vue des parents, il sait aussi comment me contacter J !

Mj Accietto

http://miseenabyme.blog.tdg.ch/archive/2011/09/14/suite-a-la-publication-de-l-article-l-autisme-ce-cercueil-fe.html

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14 septembre 2011

publié sur le site du CRAIF (Centre de Ressources Autisme Ile-de-France)

Une petite bande dessinée très bien faite pour comprendre ce qu'est l'autisme :

l'autisme_en_image

http://www.craif.org/78-nos-publications.html

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article paru sur le site du CRAIF (Centre de Ressources Autisme Ile-de-France le 14 septembre 2011

Appel à projet pour la mise en place d’un centre de diagnostic et d’évaluation autisme pour adultes en Ile-de-France

14/09/2011
Dans le cadre du financement des différents plans et mesures de santé publique, la circulaire de la DGOS relative à la campagne tarifaire 2011 des établissements de santé poursuit l’appui financier de certains objectifs du plan autisme 2008-2010.

A ce titre, l’ARS Ile-de-France a souhaité soutenir la mise en place d’un centre de diagnostic et d’évaluation autisme pour adultes (CDEAA).

Un appel à projet est lancé. Les projets doivent être remis au plus tard pour le 31 octobre 2011. La sélection des projets aura lieu mi-novembre.

Consulter l’appel à projet et le cahier des charges

http://www.craif.org/actualite-45-153-appel-a-projet-pour-la-mise-en-place-d-un-centre-de-diagnostic-et-d-evaluation-autisme-pour-adultes-en-ile-de-france.html

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article publié dans télérama le 12 septembre 2011

Lacan, 30 ans après

Mauvaise passe pour la psychanalyse ?

Le 12 septembre 2011 à 16h00    -    Mis à jour le 12 septembre 2011 à 16h04

Décriée, concurrencée par les psychothérapies… trente après la mort de Lacan, la psychanalyse est en crise. Et si, pourtant, elle n'avait jamais été aussi nécessaire ? Dossier spécial.


Illustration : Séverin Millet

Il y a trente ans, le 9 septembre 1981, mourait le psychanalyste Jacques Lacan. Cet anniversaire, a priori peu médiatique tant notre époque « bling-bling » semble aux antipodes des préoccupations intellectuelles et spéculatives des bouillonnantes années 1950-1980, sera marqué par la publication de plusieurs ouvrages importants, parmi lesquels un nouveau Séminaire du « maître » et le livre pénétrant, accessible et touchant, d'Elisabeth Roudinesco : Lacan, envers et contre tout. En trente ans, les temps ont bien changé : le maître n'a pas été remplacé ; la discipline a subi de violentes attaques ; la société s'est marchandisée, métamorphosée. Résultat : le statut de la psychanalyse, son impact sur la culture et la pensée contemporaines sont sérieusement ébranlés. Mais persiste le malaise dans notre civilisation, comme disait Freud. Analyse...

Dans les années 1960 et 1970, elle faisait un malheur : Lacan était une idole, Dolto cartonnait à la radio, et si tout le monde ne s'allongeait pas sur le divan, la psychanalyse était reine dans les médias et la vie intellectuelle. Un Lacan génial et déjanté pouvait refonder à lui seul la discipline, en mobilisant aussi bien la philosophie et la linguistique que la topologie. La psychanalyse dialoguait avec des figures aussi charismatiques que Lévi-Strauss ou Foucault. Pour beaucoup, brillants médecins ou philosophes formés aux humanités, les « psys » formaient une élite intellectuelle.

Cet âge d'or n'est plus. Avant, on se tournait d'abord vers la psychanalyse pour venir en aide aux âmes tourmentées. Désormais, on ne compte plus les prétendants déterminés à lui faucher sa place. En premier lieu, les thérapies cognitives et comportementales (TCC), qui ont une vision bien différente de la cure : quand les analyses sont longues, les TCC sont brèves, se résumant parfois à quelques séances. Quand l'analyste est avare de ses mots, le thérapeute est beaucoup moins distant : il discute avec son patient, lui prescrit des exercices, conçoit des expériences et des travaux pratiques.

La guerre continue entre psychanalyse
et thérapies cognitives et comportementales.

Pour ces nouvelles thérapies, une chose prime : faire disparaître les symptômes gênants. Précisément ce que déplore la psychanalyste et philosophe Clotilde Leguil : « On évacue ainsi la vérité que le symptôme peut représenter pour le sujet. La phobie, par exemple, ne sera pas inscrite dans une histoire singulière, mais considérée comme un trouble à éradiquer, en rééduquant les patients, pourquoi pas en groupe. » Tout sépare, en fait, la psychanalyse et les TCC. Et, depuis quelques années, elles se livrent une lutte sans pitié. En 2004, les tenants des TCC lançaient une campagne pour disqualifier la psychanalyse, en s'appuyant sur un rapport Inserm controversé compilant des études internationales sur l'efficacité comparée des thérapies : les psychanalystes indignés sont montés au créneau, le rapport a été enterré. Mais la guerre continue, désormais au grand jour, avec l'objectif, pour les « TCC », de faire de la psychanalyse une offre comme une autre (et pas très « performante ») dans le catalogue hétéroclite des psychothérapies disponibles sur le marché de la santé mentale.

Le temps des polémiques
Qu'on se le dise, il ne fait plus bon être freudien. « Les psychanalystes ont toujours eu tendance à se prendre pour des martyrs, mais aujourd'hui ils le sont vraiment », résume avec malice Pierre-Henri Castel, psychanalyste et directeur de recherches au CNRS. De fait, ces dernières années, les coups n'ont pas manqué. La psychanalyse a l'habitude ! Les critiques qui, dès sa naissance, dénonçaient son manque de scientificité ou jugeaient consternantes ses théories sur la sexualité n'ont pas disparu. Mais les attaques sont devenues plus virulentes. Dans L'Autorité des psychanalystes, l'anthropologue Samuel Lézé souligne ainsi un véritable renversement : en moins de dix ans, le discours critique sur la psychanalyse s'est vu supplanté par un discours sur la crise de la psychanalyse. En témoignent les polémiques soulevées par Le Livre noir de la psychanalyse, auquel participent des pro-TCC, ou le pamphlet d'Onfray, Le Crépuscule d'une idole, sous-titré sans détour L'affabulation freudienne. Fini, le prestige intellectuel et social des psys ! Ils sont traités comme des charlatans, leurs théories qualifiées de fausses et de fantaisistes. Pis encore : ils nuiraient gravement à leurs patients.


Elisabeth Roudinesco répond à Michel Onfray, dans “Vous aurez le dernier mot
”, sur France 2.


Comme le remarque Samuel Lézé, la place accordée dans les médias à ces polémiques témoigne de la surface sociale que conserve encore, malgré tout, la psychanalyse. Entre la discrétion de l'expérience du divan et le brouhaha médiatique, elle est à la fois invisible et... omniprésente. Les menaces n'en sont pas moins réelles : attaques des comportementalistes, mais aussi essor des neurosciences, qui débordent de plus en plus du cadre biologique pour s'intéresser à la psychologie, ou encore la place accordée à la psychopharmacologie en psychiatrie. Ainsi, en 1980, soit un an avant la mort de Lacan, paraissait aux Etats-Unis la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des trou­bles mentaux (DSM III), qui s'est vite imposé dans la classification des troubles du comportement.

Excluant tout recours aux théories psychanalytiques, ce manuel témoigne d'une vision médicalisée de la psychiatrie et réduit l'individu à ses comportements. Roland Gori, psychanalyste et professeur émérite de psychopathologie clinique de l'université d'Aix-Marseille, en a observé les conséquences : le recul de la psychanalyse dans les institutions psychiatriques et les départements de psychologie. Avec verve, il dénonce la progression d'une psy­chiatrie sécuritaire, symptomatique de l'intolérance sociale croissante face aux écarts de comportement. « La psychanalyse, pour moi, c'est le nom de ce qui s'oppose à la tyrannie de la norme et des classifications sociales ou pathologiques. Les gens viennent à elle aujourd'hui pour se sentir sujets, pour se sentir vivants psychiquement ! Certains chercheurs, journa­lis­tes ou artistes expriment la même souffrance face à la normalisation sociale et aux dispositifs centrés sur les nouvelles formes d'évaluation. C'est ce qui m'a conduit à donner une orientation politique à mon enga­gement. »

 

<p>Illustration : Séverin Millet</p>

Illustration : Séverin Millet


Un corps fragmenté

D'où « l'Appel des appels », lancé fin 2008 à son initiative avec un autre psychanalyste, Stefan Chedri. Leur éthique : « remettre l'humain au coeur de la société »en réunissant des professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l'éducation, de la recherche, de l'information ou de la culture. Lancée début 2009, leur pétition est un indéniable succès, avec plus de 80 000 signatures recueillies. Quant au sentiment d'être en porte-à-faux avec les valeurs néolibérales, l'obsession de la performance et les évaluations chiffrées, il est largement partagé chez les psychanalystes (même s'il ne les conduit pas tous, loin de là, à s'engager politiquement). L'organisation de la santé mentale, par exemple, est souvent perçue comme une menace : elle entend moderniser l'offre de soins et la rendre plus transparente, pour faire jouer la concurrence. Or, faire une analyse, c'est long et cher. D'où la tentation de privilégier les thérapies brèves, moins coûteuses pour l'Etat...

On l'aura compris : l'époque est peu amène avec la psychanalyse. D'autant que des critiques s'élèvent... dans ses propres rangs. La psychanalyste Ana de Staal, traductrice et éditrice, déplore le manque d'ouverture de la discipline en France. Au sein des éditions Ithaque, elle s'emploie à mieux faire connaître des œuvres étrangères, à promouvoir une psychanalyse ouverte aux autres cultures, aux autres courants, aux autres disciplines. Avec un succès encore limité... Dans son Histoire de la psychanalyse en France, Elisabeth Roudinesco ne ménage guère, elle aussi, ses confrères : « Les psychanalystes ont tendance à ne lire que les productions de leur propre groupe, se confortant ainsi dans la recherche non pas de l'altérité, mais de l'identique à soi. » La psychanalyse française est ainsi marquée par la dissémination des groupes et des écoles, en particulier au sein des lacaniens.

“De plus en plus de gens ne demandent pas d'analyse
à proprement parler. Ils viennent voir un "psy"…”
Sophie Mendelsohn, psychanalyste.


Scissions, scissions de scission... En 1985, on comptait pas moins de quatorze groupes issus de la dissolution par Lacan, en 1980, de l'Ecole freudienne de Paris (EFP). Entre 1985 et 2000, cinq groupes disparaissent et quatorze apparaissent, phénomène qui reflète, c'est vrai, une certaine liberté. Dans le même temps, la psychanalyse recule chez les grands éditeurs de littérature générale, et les petites antennes éditoriales (à faible tirage) se multiplient. On retrouve cet éclatement dans les revues : certaines des plus importantes, comme la Nouvelle Revue de psychanalyse, ont disparu ; le nombre des petites, lui, augmente. Total : vingt-trois ! Et l'heure de la synthèse n'est pas près de sonner : il n'y a pas de nouveau Lacan à l'horizon. En revanche, les désaccords - sur l'homoparentalité ou l'usage de certaines techniques de procréation médicalement assistée, par exemple - sont nombreux.

C'est d'ailleurs l'autre arme brandie contre la psychanalyse : elle serait vieux jeu, voire réac, attachée à ses rituels et à ses dogmes. N'en déplaise à ses détracteurs, sa pratique n'est pourtant pas figée : l'époque a changé, les analystes aussi. Le nombre de séances hebdomadaires, par exemple, s'est réduit - le plus souvent à deux, au lieu de trois, quatre, voire cinq autrefois. La durée des analyses aussi : les gens n'ont plus la même disponibilité, leurs conditions socio-économiques se sont durcies. Plus étonnant encore, c'est la nature des demandes qui a changé. Sophie Mendelsohn, une jeune psychanalyste exerçant notamment à Sainte-Anne auprès d'enfants et d'adolescents, s'en fait l'écho : « De plus en plus de gens ne demandent pas d'analyse à proprement parler, explique-t-elle. Ils viennent voir un "psy" sans trop savoir ce qu'est un psychanalyste, et découvrent en cours de route ce qu'est l'analyse - en particulier les patients assez jeunes. Mais ce n'est pas nécessairement un obstacle. Ce qui compte, c'est qu'il reste possible de découvrir ce qu'est la psychanalyse en parlant à un analyste. »

Une bouffée d'air
Exerçant à Reims, Lydia Ledig constate que le terme même de « psychanalyse » fait désormais peur à de nombreux patients : « C'est un mot tabou. » Autant de difficultés qui incitent à plus d'inventivité clinique. Les analystes adaptent le prix des séances à la situation de leurs patients chômeurs, étudiants ou intermittents du spectacle ; ils ne comptent pas leur temps, entre les séances, les lectures, les réunions souvent tardives, les journées thématiques ou les séminaires. Et finalement leurs effectifs restent stables : environ 5 500 en France. Malgré les attaques, les crocs-en-jambe et les coups de coude, la psychanalyse a donc sans doute encore de beaux jours devant elle.

“Dans une civilisation qui privilégie le discours scientiste
et le culte de l'évaluation, le sujet peut se sentir écrasé.”

Et pour cause : la souffrance psychique, elle, se porte bien. « La demande reste forte, peut-être même de plus en plus forte, explique Clotilde Leguil. Dans une civilisation qui privilégie le discours scientiste et le culte de l'évaluation, le sujet peut se sentir écrasé, méconnu dans ce qu'il est, dans ce qu'il souffre. La psychanalyse apparaît alors comme une bouffée d'oxygène. » Cette capacité à prendre en charge la singularité reste le grand atout de la psychanalyse, pour Pierre-Henri Castel, qui relate cette anecdote : « Un homme est venu me voir. A l'hôpital, on lui a expliqué qu'il avait un trouble bipolaire, que c'était d'origine génétique, qu'il devait prendre à vie des médicaments et que la psychothérapie n'y pourrait rien. "Eh bien, voilà, ça me déprime", me dit-il. Formule exemplaire des dilemmes d'aujour­d'hui : d'un côté, les gens espèrent qu'on les traitera avec toutes les garanties de l'objectivité scientifique dernier cri, de l'autre, ce qu'ils sont comme individu unique reste étrangement en souffrance. »

Inutile de fantasmer sur l'âge d'or de la psychanalyse : les années 1960-1970 font plutôt figure d'exception. La psychanalyse était alors une contre-culture majeure, liée à la pensée critique ; elle est juste redevenue une contre-culture mineure, en marge des grands axes idéologiques. Et elle en a vu d'autres ! Les psychanalystes, même dans le calme de leur cabinet, ont toujours été des militants. L'adversité, loin de les décourager, raffermit plutôt leurs convictions et leur mobilisation. Et si la psychanalyse était, elle aussi, un sport de combat ?

 

 
Aux origines de la psychanalyse

   La psychanalyse est à la fois un procédé d'exploration de l'inconscient, une thérapie pour soulager certains troubles psychiques (culpabilités, angoisses, obsessions, phobies...) et une théorie du psychisme humain. C'est Sigmund Freud (1856-1939) qui pose au seuil du XXe siècle les fondements de la psychanalyse.

  En travaillant avec Charcot et Breuer sur des patientes hystériques, le médecin viennois parvient à la conviction que leurs troubles procèdent de processus psychiques inconscients, liés à la sexualité infantile, et que le dévoilement de ces processus a un effet thérapeutique. Freud n'a donc pas « découvert » qu'il y a un inconscient, mais il propose une méthode pour l'explorer, basée sur la « libre association ». Elle consiste pour le patient à exprimer toutes ses pensées, telles qu'elles se présentent, afin de lever les refoulements pathogènes et les contradictions psychiques grâce notamment à l'interprétation des rêves, des lapsus, des oublis...
   Les jalons posés par Freud ont donné lieu, de son vivant et après sa mort, à de nombreux développements plus ou moins « orthodoxes ». On peut citer les travaux de Sándor Ferenczi, Melanie Klein, Anna Freud ou Jacques Lacan, dont la réflexion et l'attention portée au langage ont marqué durablement la discipline.

 

Catherine Halpern

Télérama n° 3217

http://www.telerama.fr/idees/mauvaise-passe-pour-la-psychanalyse,72658.php

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