24 novembre 2011

article publié sur le site le Cercle Psy le 23 novembre 2011

Sophie Robert : La psychanalyse doit débattre de l'autisme

Propos recueillis par Jean-François Marmion
Article publié le 23/11/2011
 
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En présentant les positions de plusieurs psychanalystes à propos de l'autisme, un documentaire, Le Mur, fait polémique. S'estimant piégés, trois des interviewés ont engagé une action en justice contre la réalisatrice, la journaliste Sophie Robert. Celle-ci nous livre sa version des événements.

Avant d’en venir à la polémique qu’il a suscitée, expliquez-nous pourquoi et comment vous avez conçu ce documentaire ?

Je voulais être psychanalyste, avant de m’orienter vers l’audiovisuel. Je suis fondamentalement en accord avec la démarche psychanalytique (aller voir quelqu'un pour déposer son fardeau existentiel), qui me fascine depuis de longues années : je me définis comme une anthropologue de la psychanalyse, en amateur, mais ayant accumulé pas mal de connaissances. Sachant qu’il y a une différence énorme entre son image dans le grand public et sa réalité lorsqu’elle est exprimée entre initiés, j’avais envie d’en faire un état des lieux accessible à tous. Je suis donc en contact avec Arte depuis plus d’un an pour une série de six documentaires. L’idée était de faire un voyage dans la théorie psychanalytique, fondamentalement la théorie sexuelle, qui distingue la psychanalyse des autres théories. Je ne voulais pas dresser un monument historique à la psychanalyse, mais voir ce qu’elle avait de vivant aujourd’hui. J’ai rencontré une quarantaine de psychanalystes, j’en ai filmé 27 pendant deux à trois heures chacun, ce qui a donné 60 heures de rushes. Je voulais qu’ils parlent franchement, en assumant les points de vue politiquement incorrects du discours psychanalytique. Ils ont joué le jeu, ont accepté de s’exprimer avec sincérité, et je leur en suis reconnaissante. Nos entretiens étaient très riches.

Puisque vous avez projeté toute une série de documentaires, pourquoi avoir choisi de terminer en premier celui qui porte sur l’autisme, sujet explosif ?

C’est vraiment un hasard, pas de l’opportunisme. Je ne voulais pas travailler spécifiquement sur l’autisme, mais il est considéré comme la pire des psychoses pour la psychanalyse, ce qui est vraiment une spécificité française puisque le reste du monde le définit depuis 30 ans comme un trouble neurologique, et qu’à l’étranger les patients sont diagnostiqués très tôt et pris en charge non pas en psychiatrie, mais avec des méthodes comportementales et éducatives adaptées. Il m’a paru intéressant d’extraire ce sujet pour lui consacrer un volet à part entière.

Ce film ne serait donc pas une entreprise délibérée de démolition, en tout cas de déstabilisation, de la psychanalyse ?

Je ne pense pas du tout avoir fait une entreprise de déstabilisation : c’est la psychanalyse qui se déstabilise toute seule. Si mon film est polémique, c’est à cause du discours des psychanalystes en lui-même. Ils étaient très à l’aise, très heureux d’être filmés. Mais je pense qu’ils ne se rendent pas compte de la portée de leurs propos. J’étais vraiment stupéfaite. Je pensais faire un travail beaucoup plus nuancé, or je ne me serais jamais attendue à entendre ce que j’ai entendu de la part de l’immense majorité d’entre eux. Je n’aurais pas imaginé des propos aussi haineux à l’égard de la science, par exemple, ni aussi viscéralement sexistes. Je ne pense pas qu’il existe un quelconque contexte dans lequel affirmer que l’enfant est le substitut du phallus maternel, aliéné au désir de sa mère, est un propos acceptable. J’ai recherché des psychanalystes capables de me tenir un discours différent : j’ai eu du mal à en trouver, et les personnes en question ont refusé de critiquer les positions extrémistes de leurs collègues devant la caméra.

Les psychanalystes Alexandre Stevens, Esthela Solano-Suarez et Eric Laurent se sont retournés contre vous après leurs interviews. Que demandent-ils ?

Des dommages et intérêts faramineux : 290 000 euros. Plus le remboursement des frais d’avocat, 20 000 euros pour faire publier le jugement, et 15 000 euros d’astreinte par jour après celui-ci. Et surtout l’interdiction complète du film. Ils ne contestent pas les idées exprimées, mais prétendent que j’ai escamoté les arguments qui les rendraient acceptables. Leurs propos sont pourtant tenus partout chez les psychanalystes, qui considèrent que le public n’est pas apte à entendre ce genre de discours. Je pense que si, et qu’il faut l’assumer.

Ils vous reprochent de ne pas avoir pu exercer de droit de retrait en visionnant le documentaire avant sa diffusion.

Ils m’avaient posé la question avant le tournage, et je leur avais dit non d’emblée. C’était très clair. Ce n’est absolument pas dans les usages des documentaristes, quel que soit le sujet. Sinon, on ne peut plus travailler.

Mais pour eux, contrairement à ce qui leur avait été annoncé, ce n’est pas un documentaire : c’est un film militant.

Le projet, encore une fois, n’était que de décrypter la psychanalyse pour le grand public. J’ai fait un film avec le matériau qu’ils m’ont donné. Les trois psychanalystes qui m’attaquent prétendent que j’ai déformé leurs propos pour rendre la psychanalyse ridicule. Cela signifie qu’ils sont convaincus d’incarner LA psychanalyse. Au lieu de dire que ce sont leurs propos à eux, leur point de vue à eux sur la psychanalyse qui est ridicule.

Les trois plaignants ont demandé que les rushes soient saisis et détruits, ce que vous avez refusé.

Ils m’ont envoyé un huissier, qui était même autorisé à se faire accompagner d’un commissaire de police pour m’interroger sur l’endroit où étaient les rushes. Ils redoutaient que je détruise les preuves que j’avais « maquillé leurs propos afin de faire une entreprise polémique contre la psychanalyse ». J’ai évidemment refusé. Mais comme je n’ai rien à cacher, j’ai transmis aux magistrats et aux trois plaignants les transcriptions écrites et vidéo de plus de la moitié des six heures d’entretiens les concernant.

Qu’est-ce qui se peut se passer pour vous maintenant ?

C’est déroutant : en France, on ne censure pas un film, mais tout peut arriver, personne ne pouvant préjuger d’une décision de justice. Je peux prouver dix mille fois qu’il n’y a aucune sortie de contexte quelconque, que ces propos ont bien été tenus et répétés, et que ces psychanalystes m’ont dit bien d’autres choses aussi choquantes, voire plus, dans d’autres domaines. Ce sont leurs convictions, et il est fondamental pour tout le monde de les connaître. Ceux qui les partagent ne sont pas choqués par mon film.

Que pensent justement du film les psychanalystes qui y ont participé mais n’ont pas porté plainte, ou d’autres encore ?

Les réactions sont contrastées. Geneviève Loison, l’analyste qui évoque la mère de l’autiste comme mère-crocodile, m’a dit plusieurs fois qu’elle était très heureuse du film, et très fière d’y avoir participé. Elle ne comprend pas du tout en quoi les parents d’autistes sont choqués. Elle assume totalement ses idées. D’autres psychanalystes que je n’ai pas interviewés mais qui ont vu le film sont d’accord avec les propos qui s’y tiennent, et considèrent qu’il n’y a pas matière à débat. Mais une autre a acheté mon film pour le diffuser à Mexico dans un congrès sur l’autisme, et alerter ses collègues pour leur dire qu’il leur faut arrêter de s’impliquer sur le sujet. D’autres encore pensent que mon film est de la propagande pour la psychanalyse, et qu’il était dangereux de laisser les intervenants s’exprimer !

Etes-vous déçue par les dérives de la psychanalyse que vous dénoncez, ou votre intérêt demeure-t-il intact malgré tout ?

Je pense qu’elle est prisonnière de sa toute-puissance. Elle a fait un pas en avant, et deux pas en arrière. Plusieurs psychanalystes me l’ont dit hors caméra, et je suis entièrement d’accord avec eux : elle a construit des dogmes théoriques qui la protègent de ses propres découvertes, c’est-à-dire de la démarche de l’inconscient. Je suis convaincue que nous avons un inconscient, qu’il est formidable de voir quelqu’un pour parler de soi, qu’objectiver ses conflits psychiques est très important pour tout le monde… Mais je pense que la psychanalyse s’est engluée dans une logique sectaire qui lui est préjudiciable, ainsi qu’aux personnes qu’elle est censée soigner. Il n’est pas normal de ne pas pouvoir en parler. Les psychanalystes ne devraient pas avoir peur de la vérité, de débattre.

D’autres documentaires à venir dans votre série sont-ils aussi polémiques ?

Tous ! Tout est dans la même veine. Cinq psychanalystes m’ont par exemple demandé spontanément, hors caméra, d’aborder le sujet de l’homosexualité dans ma série. L’un d’eux m’a même dit : « Un patient homosexuel a intérêt à soigneusement choisir son divan, parce qu’il risque de se faire casser, laminer par son psychanalyste. » En France, on n’arrive pas à évoluer. Qu’est-ce qui se passe ? Je pensais que mon travail serait compliqué puisque les psychanalystes ne sont jamais d’accord entre eux, mais j’ai constaté que la caisse à outils appliquée à l’autisme l’est aussi dans toutes les pathologies : un schéma fondateur unique de toxicité maternelle, avec l’idée que le langage et la conscience de soi se créent en séparant l’enfant de sa mère, que l’enfant est un substitut du phallus, etc. Dans la série, j’expliquerai en détail et de façon contextualisée ces choses évoquées de manière condensée dans Le Mur. Ce titre s’est imposé à moi sur la fin. Je me suis heurtée à un mur idéologique derrière lequel les psychanalystes se sont retranchés. Mais aussi la société française, qui considère qu’il n’y a pas de débat possible sur certains sujets. On ne peut pas débattre de la psychanalyse, y compris entre psychanalystes ! Ce n’est vraiment pas l’image que j’avais de la psychanalyse. Heureusement que j’ai filmé les gens, sinon je ne l’aurais pas cru. Je peux vous assurer que la suite est du même acabit.

Vous bénéficiez d’une large solidarité, sur Internet notamment. Elle émane souvent de gens qui, contrairement à la manière dont vous vous présentez, sont foncièrement hostiles à la psychanalyse. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Depuis début septembre, date de diffusion du film, je découvre l’autre côté du mur, l’autre versant. Je suis contactée tous les jours, par mail, par téléphone, même le week-end, par des parents, ou des personnes avec autisme d’Asperger par exemple, qui me disent qu’ils sont libérés par ce film parce qu’ils ont enfin les moyens de prouver ce qu’ils ont vécu de la part de la psychanalyse. Je tombe des nues ! Il ne s’agit pas de cas isolés. Les idées sur la « toxicité maternelle » ou les dysfonctionnements de la relation mère/enfant ne relèvent pas que du symbolique ou de la recherche de contexte : elles ont des implications sanitaires concrètes dans la vie de centaines de milliers de personnes en France qui sont confrontées à ce mur et sont considérées comme coupables par définition. C’est le Moyen Age ! A force de rester dans le dogme et la toute-puissance, certains psychanalystes vont tourner le public contre l’inconscient et la démarche psychothérapique. C’est vraiment grave. En ce qui me concerne on n’étudie pas la psychanalyse pendant vingt ans, au point d’envisager d’en faire son métier, on ne prépare pas une série documentaire de fond sur la psychanalyse sans valoriser la démarche analytique. Toute la question est de savoir de quelle psychanalyse il s’agit. Ce n’est pas la démarche en soi qui pose problème, c’est la position de personnes extrémistes et dogmatiques, malheureusement majoritaires, qui se positionnent comme des références incontournables de la psyché humaine. Et je ne suis pas d’accord avec cela. Se remettre en question ne devrait jamais être vécu comme un échec.

http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/sophie-robert-la-psychanalyse-doit-debattre-de-l-autisme_sh_28164?mid=537391

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23 novembre 2011

Point de vue à propos du Mur de Sophie Robert et autres petites choses ...

Dans ce blog, je relaie un certain nombre d'informations ayant trait à l'autisme ou de manière plus générale au handicap.

J'aimerai aujourd'hui aller plus loin et vous faire partager mes convictions. Le déclic s'est produit d'une part après avoir visionné "Le Mur" de Sophie Robert disponible sur le site d'Autistes sans Frontières et lu les réactions des familles mais aussi l'article de M. Pierre-Yves Gosset que je reproduis ci-après. Précisons que je ne connais pas ce Monsieur pas même de réputation mais le hasard a voulu que je lise son article ...
Y a-t-il un hasard ?

En tout cas, cet article est révélateur d'une certaine pensée psychanalytique qui vise à ridiculiser les arguments de l'autre au prétexte qu'ils s'opposent à des théories élaborées par les pères fondateurs Freud ou Lacan.

Je ne vais pas me lancer dans une démonstration sans doute inutile pour convaincre ce Monsieur et ceux qui veulent bien le suivre dans ce raisonnement de l'inutilité de son propos. Je me suis contenté de souligner en gras les passages qui me paraissent révélateurs (l'article est joint ci-après) ... Mais avant cela :

Parlons du Mur, admettons que ce soit un documentaire militant, admettons que ce soit un montage de propagande destiné à "casser du psychanalyste" ... Quelques questions :

  • Les propos ont-ils été tenus réellement devant la caméra ?

  • Les images sont-elles vraies ?

  • S'agit-il d'un montage sur la base d'images trafiquées ?

Ce sont là les vraies questions. Si les propos sont vrais, les images réelles quel que soit le contexte ou le montage il y a de quoi être consterné que de telles personnes à forte notoriété, en charge de personnes porteuses de handicap, puissent les avoir tenues ... et l'assignation fait devant un tribunal relève sans doute de l'effet miroir.

Parlons du diagnostic, faut-il attendre, comme dans notre cas, 21 ans (Comment j'ai appris que ma fille était autiste) que le diagnostic soit posé ... j'ai dû encore insister pour faire remplacer dans son projet de vie les termes "psychose infantile" par "Troubles envahissant du développement" au motif que  :

HANDICAP : L’utilisation des termes "syndromes autistiques" ou "troubles envahissants du développement" sont considérés comme les plus appropriés pour désigner ce handicap de préférence à ‘’psychose infantile’’ qui appartient à une classification typiquement française considérée comme dépassée (cf. l’avis n° 102 du Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme » que l’on peut trouver dans son intégralité sur le site :

http://www.legislation-psy.com/IMG/pdf/CCNE-AVISN102_AUTISME.pdf

Ma conviction est que seul un diagnostic réalisé le plus tôt possible permet de mettre en place un accompagnement de qualité à base d'apprentissage et non de dressage comme une certaine propagande (terme employé par M. Gosset) l'inculque encore aux personnes qui se forment (thérapeutes, psychomotriciennes etc.) ... il se trouve que il y a trois jours encore c'est le terme qui a été employé à propos des méthodes comportementalistes par de jeunes personnes diplômées que je connais ... au hasard (encore ...) ... nous parlions du Mur.

En effet, le terme de dressage s'applique en général à l'animal et est utilisé de façon péjorative pour l'homme ... c'est aussi une méconnaissance profonde des ressources du cerveau humain dont des études ont démontré la plasticité surtout dans les premières années. En clair, même si certaines connections sont endommagées, le cerveau, s'il est sollicité, a les moyens d'en établir d'autres et de contourner la difficulté via d'autres circuits ... d'où l'intérêt d'un diagnostic, d'une intervention précoce pour stimuler la personne qui pourra se développer beaucoup mieux que si l'on reste les bras croisés à attendre ... c'est aussi simple que cela.

D'autres études ont bien sûr démontrées que l'autisme est un problème génétique et Mme Monica Zilbovicius est une des spécialiste reconnue au plan international et travaille notamment avec Thomas Bougeron de l'Institut Pasteur ... Même si nous ne connaissons pas précisément les mécanismes, tous les gènes impliqués et leur combinaison la recherche progresse : écoutez-le nous en parler.

Le professeur Catherine Barthélémy, chef du service de pédopsychiatrie du CHU de Tours, Inserm U 930 et médecin coordinateur du CRA (Centre de Ressources Autisme) de Tours est un éminent spécialiste de la question. Je vous conseille de prendre connaissance des informations du site.

Pour finir, citons Jean-Claude Ameisen, rapporteur de l'avis du CCNE n° 102, que le hasard (décidément ...) a mis en contact direct avec mon épouse, à l'époque chercheur dans l'unité U13 INSERM à Bichat, alors qu'il en était un des directeurs. Si par hasard il lit ces lignes Esther lui passe un grand bonjour.

Sur le sujet, la communauté scientifique internationale est d'accord :
IL FAUT UN DIAGNOSTIC LE PLUS TÔT POSSIBLE
.

 

Parlons des méthodes éducatives, sur le sujet j'ai les témoignages des familles et des quelques professionnels qui en France, non sans mérite, mettent en œuvres ces méthodes : ABA, TEACCH etc. qui me permettent d'asseoir mon jugement. La plupart du temps, les familles qui choisissent ce cap ont d'extrêmes difficultés à se faire rembourser l'argent qu'un tel accompagnement implique ... il n'est pas rare que cela aille jusqu'au tribunal et la jurisprudence s'établit après des procédures qui sont autant de combats. La voie royale restant les hôpitaux de jours qui eux sont remboursés intégralement ... ils ont paraît-il évolués mais à quel rythme ? et comment ? La réponse est vraisemblablement qu'on ne sait pas très bien ... hormis les familles concernées.

Le problème actuel est que les méthodes éducatives peinant à être reconnues elles ne sont pas encadrées et cela donne lieu à certaines dérives il faut le mentionner et mettre les familles en garde.

L'hôpital de jour ?  C'est 10 années de la vie d'Elise.

Parlons de l'actualité d'Elise, de ce que je connais, c'est à dire les séances que nous avons mises en place avec le Cabinet ESPAS IDDEES, avec l'accord du foyer "Moi la vie" de l'ILVM Saint Mandé.

Première démarche un bilan psychologique dont le compte rendu très complet en date du 29 octobre 2009 pointe les réussites et les émergences d'Elise. Ce bilan vise à la mise en place du Programme Individuel de Développement Personnel (PIDP). Et il est réalisé à l'aide d'épreuves : EFI, AAPEP, échelle VINELAND, grille GRAM. Les résultats obtenus correspondent à un âge équivalent compris entre 4 ans 6 mois et 7 ans alors que pour l'état civil Elise est âgée de 24 ans 6 mois. Un peu dur sur le moment pour Esther, la Maman mais au moins nous voilà fixés. Parlez-moi après cela de l'autonomie nécessaire de la personne adulte …

De toute, manière quand on connaît Lisou, c'est de l'ordre de l'évidence, même si elle progresse notablement elle a besoin d'être accompagnée dans les actes de la vie quotidienne …

Depuis, elle bénéficie de trois séances par semaine de 2h30 avec cette année une accompagnante Blandine Yéyé  avec qui elle "accroche" bien ... le feeling avec Lisou est essentiel ... et toujours sous la supervision de Sabrina Houet. Et les progrès sont là ... elle avance à son rythme ... sur la base d'activités ludiques ... gagne des petits bon-hommes contents et est heureuse de nous annoncer chaque week-end "J'ai bien travaillé" ... déclenchant nos félicitations empressées. Blandine nous fait un petit compte rendu des séances chaque semaine ... me permettant d'en parler avec Lisou.

Globalement, Elise bénéficie d'un accompagnement très favorable au sein de son foyer de vie grâce à l'investissement de tous les éducateurs(trices) Sandrine, Addia, Emilie, Fabrice, Danièle et tous les autres qui l'accompagne au jour le jour à travers la vie quotidienne et les activités : équitation, théâtre, danse etc. ... le foyer accueillant des résidents porteur de handicaps variés c'est quelque part une difficulté mais aussi une richesse ... ils s'apportent mutuellement.

Et le week-end, nous retrouvons notre "animatrice" avec un plaisir à chaque fois renouvelé …

Donc à mon sens, que la psychanalyse rende service à des personnes en capacité de communiquer en recherche pourquoi pas ... si elles y trouvent un réconfort. Pour la majorité des personnes autistes dont le problème est justement la communication elle ne peut leur être d'un grand secours ... de là à ce que certains psychanalystes inventent des théories ... face à des êtres incapables de communiquer ou de les contredire où est le dialogue. Chacun face à un psychanalyste doit être en mesure d'interrompre la thérapie quand il le souhaite ou de poursuivre …

Ce que je trouve intéressant dans le discours de M. Pierre-Yves Gosset c'est les termes employés à propos du Mur : "insidieux", "propagande (...) aux fondements douteux".

Je suis d'accord avec lui sur le constat :
"Au fur et à mesure, cette vidéo nous plonge dans l'indignation et devient insoutenable."
Sans doute pas pour les mêmes raisons !

Nous sommes d'accord toujours quand il convient que ce sont :
"des psychanalystes de renom"  qui s'expriment ... ce qui renforce le propos.

"Réduire l'autre au silence, le faire taire"
N'est-ce pas le but avoué de la procédure en cours ?

"n'est-ce pas placer l'autiste en position déficitaire à partir de présupposés plus que douteux ?"
Alors qu'il s'agit en fait d'une exploration scientifique visant à comprendre comment les personnes appréhendent visuellement leur environnement.

"Les enfants qu'elle dit autistes" en parlant de "cette chercheuse" écrivant sur les travaux de Monica Zilbovicius

"leur intérêt tout particulier pour la bouche en tant qu'orifice du corps"
Tiens donc ?!

"une question éthique sur les conditions de réalisation de l'expérience : comment les enfants autistes testés l'ont-ils vécue ?"
A propos d'éthique le packing ? Ils racontent ?

"Il ne vient pas à l'idée de cette chercheuse ceci : ce que les enfants autistes ne regardent pas, ce qu'ils évitent, c'est ce qui les angoisse : l'objet regard. Ils se protègent aussi de l'objet voix, support de la parole : ceux qui côtoient des enfants dits autistes auront remarqué qu'ils se bouchent fréquemment les oreilles en présence de voix et de paroles."
Le traitement du signal par des connections défectueuses il connaît le concept ou peut l'imaginer M. Gosset, c'est pourtant mise en évidence par certaines études scientifiques.

"On y entend les parents vantant les mérites d'une méthode qui consiste à utiliser des petits cartons (on ignore ce qu'il y a dessus, mais vraisemblablement, on peut le supposer, de petits dessins)"
Là encore, M. Gosset fait preuve de connaissances avérées et larges à moins que le propos se veuille délibérément minimaliste, les petits cartons sont en fait un moyen de communication
Le PECS (Pictures Exchange Communication System/Système de Communication par Echange d’Images au même titre que le MAKATON, un programme d'aide à la communication et au langage à base de langue des signes simplifiée.

Plus fort, en parlant du PECS il écrit "Aucune explication supplémentaire n'est donnée quant aux hypothèses qui soutiendraient cette méthode ni sur les ressorts de sa prétendue efficacité."
Admettons qu'il ne sache pas ... informons le que ces moyens de communication sont mis à la disposition des personnes autistes un peu partout dans le monde ... des études ont montré leur efficacité ... ont sait que les autistes sont plus sensibles aux images qu'aux paroles plus abstraites pour eux. Nous ne travaillons plus par hypothèse, la démonstration est faite.

"Que dire de l'exclusion de toutes les structures sociales qu'ont à subir les enfants et les parents d'enfants autistes, sans que des lieux d'accueil soient créés en suffisance ? Et que dire encore du revers de cette exclusion : l' « intégration » forcée des enfants autistes dans les écoles en France ?"
De quels lieux s'agit-il ? Hôpital de jour ? Encore une fois l'hôpital de jour j'ai connu, aller/retour en taxi puis navettes, un lieu fermé où pendant 10 années on ne savait pas très bien ce qu'elle y faisait ... des réunions face à trois psychiatres qui nous écoutaient et nous observaient sans vraiment nous donner d'information (à chaque fois une forte appréhension pour mon épouse) ... les derniers temps des réunions de familles  ... mais en final les difficultés rencontrées dans un lieu qui n'était pas ou plus adapté pour elle on avait l'impression nette qu'il fallait les chercher du côté de la famille (je passe les détails) ... un poste d'enseignant (affichage) presque jamais pourvu ... la dernière enseignante près de la retraite "oh, Elise la classe ça ne l'intéresse pas ... mais je l'emmène en sortie". Au moins elle sortait ... Pour le reste, la socialisation c'était avec nous : les magasins, les vacances etc. mais sans aucun conseils ... Bref on s'est débrouillé sur le tas en maintenant tant bien que mal le cap. Je vous parle d'un temps où internet n'existait pas …

La famille, parlons-en si vous le voulez bien ... juste pour situer ... Lisou a un grand frère et une sœur plus jeune ... l'un est ingénieur, l'autre diplômée d'une école de commerce, seule Elise est autiste. Elle a été attendue et choyée croyez moi ...

A propos de la Mère "Mais dans l'imaginaire fantasmatique de l'enfant, sa toute puissance sur lui, qui pourrait bien n'être pas que bienveillante. Le bâton ? Ce n'est pas le père en tant que tel, bien sûr (il n'a plus beaucoup de poids, de nos jours)" (...) "N'oublions pas qu'une mère est une femme et l'enfant, son objet."
Donc si Papa a du poids, Maman n'a qu'à bien se tenir et les vaches seront bien gardées ... Mais tout va à veau l'eau !
Dans les familles où le Père est puissant il n'y a pas d'autiste ?
Où si le Père est tiède les enfants sont autistes ? Dans mon cas un sur trois.

"Les gens avisés, avec une éthique, savent que ce n'est pas avec des petits cartons, encore moins en « bouffant du psychanalyste » que les choses vont se dénouer. Et, en regardant plus loin que les écrans des chercheurs de l'INSERM, nous voyons nous aussi, avec Jaqueline BERGER, que « Sortir de l'autisme concerne tout le monde, parce que les « autistes » sont le signe autant que le produit de la désagrégation du lien à autrui. Miroir grossissant de nos propres souffrances, ils sont peut-être notre ultime chance d'ouvrir notre regard. »."
Je comprends par là que le malaise est généralisé ... que chacun devrait faire une psychanalyse (c'est d'ailleurs ce que m'a dit un ami probablement convaincu par un discours similaire) ... nos souffrances, leur souffrance amplifiée ... c'est quelque part mortifiant.

L'ouvrage cité de Mme Jacqueline BERGER, Mère de deux enfants autistes ... Avouons que je ne connais pas mais je connais un site  d'entraide Autisme infantile où les parents dont de nombreuses Mamans s'expriment ... et si toutes les Mamans d'enfant avec autisme qui voudraient bien écrire leur histoire passaient à l'acte ... j'ai bien peur que les maisons d'édition soient passablement débordées ... Le constat que je fais dans les prises de paroles est que souvent les familles n'ont pas le choix. Sur facebook un groupe d'entraide fait aussi référence Egalited ... Voilà pour ceux qui cherchent à s'informer ... après à chacun de faire son marché.

En matière d'Autisme, TED (Trouble Envahissant du Développement) , TSA (Troubles du Spectre Autistique), trois mots ou expressions qui désignent le même handicap l'important est de noter que l'atteinte aux facultés de la personne est propre à chacune d'entre elle et que quelque soit le programme mis en place il faut prévoir de l'adapter en fonction des besoins. Il n'y a pas de méthode miracle comme on ne peut pas attendre de guérison ... Nous pouvons tout simplement, cela devrait être reconnu comme une exigence, faire en sorte que chaque personne puisse bénéficier d'un accompagnement efficace lui permettant la meilleure progression possible ... Et l'on progresse à tout âge.

Le procès fait par certains psychanalystes à toute démarche cartésienne me fait penser à la condamnation de Galilée en 1633 (extrait ci-après) ... Nous connaissons la suite.

 Jean-Jacques Dupuis


« Le Mur : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

ou : Comment se servir de l'autisme pour « casser du psychanalyste »

Pierre-Yves Gosset

C'est ce qu'illustre la réalisatrice du pseudo-documentaire intitulé: « Le Mur : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme ».

Le titre en lui-même est a priori engageant, puisque nous mettons toujours, et c'est un grand principe depuis Freud, la théorie à l'épreuve de la clinique et l'une ne va pas sans l'autre. LACAN en donne la ligne dans ses Ecrits lorsqu'il nous dit qu'il faut toujours repenser notre théorie en fonction de notre objet, et non l'inverse (« Ecrits » p.126).

On comprend vite cependant que cette vidéo est un piège, une véritable diatribe contre la psychanalyse. Non pas une « querelle » au sens noble du terme, où arguments seraient échangés pour aboutir à une discussion constructive sur le thème de l'autisme. Il s'agit de bien autre chose, insidieux autant que simple : c'est une véritable propagande contre la psychanalyse, au profit de méthodes comportementales aux fondements douteux. Au fur et à mesure, cette vidéo nous plonge dans l'indignation et devient insoutenable.

Le Procédé 

La réalisatrice a interviewé des psychanalystes de renom, toutes écoles confondues. Ensuite, elle a manipulé l'enregistrement en effectuant des coupures et en ajoutant des commentaires a posteriori, visant à dénaturer et tordre les propos recueillis. Le but évident est de présenter les psychanalystes comme non crédibles.

Nous attirerons l'attention sur le fait qu'ainsi elle leur coupe la parole et qu'elle oeuvre selon ce grand principe de toutes les méthodes comportementales : réduire l'autre au silence, le faire taire. C'est le fil conducteur de toute cette propagande.

En contraste, un plan de cette vidéo présente une chercheuse de l'INSERM qui développe à l'aise, sans interruption aucune ni commentaires, les résultats de sa recherche devant un écran plat. La question lui est posée sur les causes de l'autisme. Elle répond sans hésiter : « génétiques ! ».

Cette chercheuse a, grâce à des moyens techniques sophistiqués, enregistré le parcours oculaire d'enfants qu'elle dit autistes, placés en face de scènes sociales filmées. Ce parcours a ensuite été visualisé sur l'écran, en fonction des images qui ont été présentées. Elle peut ainsi montrer ce que les enfants qu'elle dit autistes ont regardé sur les scènes présentées. Apparemment, explique-t-elle, « Ils regardent autre chose que ce que regarde la moyenne des gens. » Ils regardent les bouches et le bas du visage, pas les yeux. La chercheuse arrive à cette conclusion : « Ils regardent ailleurs que là où se trouve l'information ; comment voulez-vous qu'ils comprennent ? ». Outre les objections que l'on pourrait aisément faire sur ce que constitue l' « information » et l'endroit où elle est censée être contenue, la principale est celle-ci : n'est-ce pas placer l'autiste en position déficitaire à partir de présupposés plus que douteux ? Il ne vient pas à l'idée de cette chercheuse ceci : ce que les enfants autistes ne regardent pas, ce qu'ils évitent, c'est ce qui les angoisse : l'objet regard. Ils se protègent aussi de l'objet voix, support de la parole : ceux qui côtoient des enfants dits autistes auront remarqué qu'ils se bouchent fréquemment les oreilles en présence de voix et de paroles. Soulignons aussi leur rapport singulier à la voix. Enfin, l'attention de ces enfants, portée sur la partie basse des visages témoigne de leur intérêt tout particulier pour la bouche en tant qu'orifice du corps. Les rapports singuliers des dits autistes à la bouche ne peuvent non plus passer inaperçus de tous ceux qui les côtoient. En outre, nous poserons une question éthique sur les conditions de réalisation de l'expérience : comment les enfants autistes testés l'ont-ils vécue ?

Enfin, une famille nous est montrée en compagnie de leur fils Guillaume qui se présente comme suit: « Je suis autiste à 80 pour cent ». On y entend les parents vantant les mérites d'une méthode qui consiste à utiliser des petits cartons (on ignore ce qu'il y a dessus, mais vraisemblablement, on peut le supposer, de petits dessins) et qui aurait permis à Guillaume de ne plus vomir l'eau qu'on lui présentait. Aucune explication supplémentaire n'est donnée quant aux hypothèses qui soutiendraient cette méthode ni sur les ressorts de sa prétendue efficacité. Ces parents ne tarissent pas de critiques contre les psychothérapies et contre la psychanalyse en particulier.

Discussion

La réalisatrice évoque, entre les lignes, les thèmes qui « fâchent ». A savoir, le pire : « On dit que les psychanalystes auraient culpabilisé les mères d'enfants autistes ». Pourtant, rien de cela ne s'entend dans le discours des psychanalystes interviewés.

Si violence il y a envers les enfants autistes et les parents d'enfants autistes, elle est ailleurs, dans le fait de la ségrégation que génère le discours de la science par ses méthodes de dépistage, d'évaluation et de classement. Nous recommanderons la lecture de l'ouvrage (« Sortir de l'Autisme », éditions Buchet-Chastel) où l'auteur, Jaqueline BERGER, mère de deux enfants autistes, en témoigne avec justesse. Que dire de l'exclusion de toutes les structures sociales qu'ont à subir les enfants et les parents d'enfants autistes, sans que des lieux d'accueil soient créés en suffisance ? Et que dire encore du revers de cette exclusion : l' « intégration » forcée des enfants autistes dans les écoles en France ?

Si les psychanalystes ont placé la relation parents-enfant au cœur de la formation du sujet, c'est bien parce que « Entre tous les groupes humains, la famille joue un rôle primordial dans la transmission de la culture et [...] prévaut dans la première éducation » (LACAN : Autres Ecrits p. 24-25)

La réalisatrice et les « chercheurs » comportementalistes veulent l'ignorer ou le nient.

« Les psychanalystes rejettent les « théories organiques » mais n'hésitent pourtant pas à y recourir. » Absurde ! Les psychanalystes, depuis FREUD, ne font que travailler sur le nouage entre corps, langage et imaginaire. FREUD a d'ailleurs commencé par là : voir ses « Etudes sur l'hystérie ».

« La relation mère-enfant comprend quelque chose de la folie ».

Oui ! Toute relation humaine a quelque chose de « fou », dans le sens de « singulier », hors normes, car il n'y a pas de normalité en cette affaire si l'on veut bien ouvrir les yeux et les oreilles. Il n'y a pas non plus de prétendue « harmonie » dans la relation mère-enfant, Jaqueline BERGER le souligne très justement dans son précieux ouvrage (cité ci-dessus, p 92) : «Il faut en finir avec l'idée qu'élever des enfants est la chose la plus naturelle qui soit, que les femmes sont dotées d'un instinct maternel inné et que les défaillances de leur progéniture les disqualifient, elles et leur compagnon. »

Cette relation, quand on ne le nie pas, est faite de chair et de langage. Car c'est dans un bain de langage, « bouillon de culture » qu'arrive le corps de tout être humain et non pas dans un « programme génétique ».

« La gueule du crocodile qu'il faut toujours empêcher de se refermer à l'aide d'un bâton ». On peut voir dans ce montage vidéo une psychanalyste qui témoigne de son travail avec des enfants autistes. Elle fait des constructions théoriques dans son cabinet, en jonglant avec les animaux en peluche qui font partie de ses outils de travail. Comment nier l'immense intérêt des enfants pour la vie des animaux et ce qu'ils leur permettent de symboliser ! Le premier cas d'enfant amené par son père chez FREUD, n'était-il pas un petit garçon de 5 ans et demi, envahi par une phobie des chevaux, du temps où ceux-ci couraient encore les rues ?

La gueule du crocodile ? Mais elle représente l'irreprésentable : ce qui risque de vous bouffer tout cru ! Ce n'est pas la mère proprement dite, bien entendu ! Mais dans l'imaginaire fantasmatique de l'enfant, sa toute puissance sur lui, qui pourrait bien n'être pas que bienveillante. Le bâton ? Ce n'est pas le père en tant que tel, bien sûr (il n'a plus beaucoup de poids, de nos jours), mais ce que LACAN a redéfini d'une fonction : ce qui dirige le désir de l'enfant sur autre chose que sur sa mère et qui fait que la mère puisse ne pas s'occuper que de son enfant. N'oublions pas qu'une mère est une femme et l'enfant, son objet. Dans son ignorance, la réalisatrice croit et veut faire croire qu'il s'agit de promouvoir une concurrence entre père et mère. C'est absurde !

« Je suis autiste à quatre-vingts pour cent »

Nous discuterons enfin de la question du diagnostic. D'abord, quelles peuvent être les conséquences, sur l'avenir d'un enfant, de se trouver dès son plus jeune âge, identifié, par les tenants de ces méthodes de diagnostic et d'évaluation, à : «Je suis autiste à 80 pour cent ».

Ensuite, pour Guillaume, enfant un peu turbulent certes, les choses ont l'air de plutôt bien se passer. Tant mieux. Mais que dire de ces enfants autistes pour qui les choses sont autrement plus compliquées ? « [...] chez ces jeunes gens, tout est différent, la voix, les gestes, le regard, les mimiques, le tempo. [...] Il y a la mutisme total des uns, au point qu'on pourrait les croire aphones, les cris étranges des autres, des mots répétés en écho sans fin, de l'agitation mal cordonnée ou mécanique, à la manière d'une marionnette. Il y a les trop familiers ou ceux qui vous rendent transparents. » (J. BERGER op. cit. p 28)

Les gens avisés, avec une éthique, savent que ce n'est pas avec des petits cartons, encore moins en « bouffant du psychanalyste » que les choses vont se dénouer. Et, en regardant plus loin que les écrans des chercheurs de l'INSERM, nous voyons nous aussi, avec Jaqueline BERGER, que « Sortir de l'autisme concerne tout le monde, parce que les « autistes » sont le signe autant que le produit de la désagrégation du lien à autrui. Miroir grossissant de nos propres souffrances, ils sont peut-être notre ultime chance d'ouvrir notre regard. ».

Extrait de Wikipédia

"Galilée est donc à nouveau convoqué par le Saint-Office, le 1er octobre 1632. Ce qui lui est reproché n'est pas sa thèse elle-même, mais de ne pas respecter une décision de justice - ce qui justifie des sanctions pénales (encore de nos jours). Son livre est en effet ouvertement pro-copernicien, bafouant l'interdit de 1616 (la mise à l'index de ces thèses ne sera levée qu'en 1757). Malade, il ne peut se rendre à Rome qu'en février 1633. Les interrogatoires se poursuivent jusqu'au 21 juin où la menace de torture est évoquée sur ordre du pape ; Galilée cède.

Le 22 juin 1633, au couvent dominicain de Santa-Maria, la sentence est rendue : Galilée est condamné à la prison à vie (peine immédiatement commuée en résidence à vie par Urbain VIII) et l'ouvrage est interdit. Il prononce également la formule d'abjuration que le Saint-Office avait préparée :

« Moi, Galiléo, fils de feu Vincenzio Galilei de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant les très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généraux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints Évangiles, jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne. Cependant, alors que j'avais été condamné par injonction du Saint Office d'abandonner complètement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se déplace pas, et que la Terre n'est pas au centre du monde et se déplace, et de ne pas défendre ni enseigner cette doctrine erronée de quelque manière que ce soit, par oral ou par écrit; et après avoir été averti que cette doctrine n'est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j'ai écrit et publié un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamnée et la présente par des arguments très pressants, sans la réfuter en aucune manière; ce pour quoi j'ai été tenu pour hautement suspect d'hérésie, pour avoir professé et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la Terre n'est pas le centre, et se meut. [...]12 »

Le fameux aparté attribué à Galilée E pur si muove! (ou Eppur si muove - « Et pourtant elle tourne ») est probablement apocryphe13 : cette rétractation l'aurait en effet immédiatement fait passer pour relaps aux yeux de l'Eglise, qui n'aurait sans doute eu d'autre sanction que le bûcher.

Le texte de la sentence est diffusé largement : à Rome le 2 juillet, le 12 août à Florence. La nouvelle arrive en Allemagne fin août, aux Pays-Bas Espagnols en septembre. Les décrets du Saint-Office ne seront jamais publiés en France, mais, prudemment et pour éviter la controverse, René Descartes renonce à faire paraître son traité du monde et de la lumière.

Beaucoup (y compris Descartes), à l'époque, pensèrent que Galilée était la victime d'une cabale des Jésuites qui se vengeaient ainsi de l'affront subi par Horatio Grassi dans le Saggiatore."

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22 novembre 2011

article publié dans la Tribune de Genève - Mise en abyme le 22 novembre 2011

Qui n'est pas pour l'existence et la liberté de choix ? Bas les masques !

Le clivage psys analystes/comportementalistes-cognitivistes même s'il reste d'actualité dans notre canton va être assez vite supplanté par une autre perspective, introduite par des psychanalystes comme Tustin, Hochmann, Golse ou encore Délion, un proche du cercle lacanien romand.

Golse&confrères prônent aujourd'hui une approche intégrative (courant de la neuro psychanalyse mise en place par lui) qui allierait les neurosciences à l'approche psychanalytique. Cette approche qui se veut globalisante discrédite ipso facto les débats qui resteraient cristallisés autour de l'opposition psy/non psy.

Ces psys new age qualifient cette opposition de dogmatique n'ayant plus rien avoir avec leur nouveau courant de pensée, qui est -évidemment - meilleur, proche de la réalité des « sujets autistes » et donc salvateur.

Ne vous y méprenez pas, leur réflexion est d'une très bonne qualité. Je pense que les familles ont en effet tout intérêt à dépasser le stade de la simple opposition psy/non psy si elles veulent bien saisir les nouveaux enjeux du débat qui sont bien plus subtils et apporter leur propre réflexion en matière.

Qu'est-ce que vraiment l'approche intégrative que je qualifie de « globalisante »? Et quelle différence avec une approche que je qualifie de «globale » comme celle de Teacch par exemple ?

Il faut bien, en effet, distinguer globalisante (= qui s'approprie des domaines de compétences divergents pour les concilier, dominer et au final diriger en imposant une méta-explication à une situation concrète) de globale (= qui tient compte de la réalité de la personne autiste et part de ses besoins pour -sa vie durant avec les modulations nécessaires - l'aider). Derrière ces visions se cache l'originelle opposition, qui elle ne disparaît pas, entre maladie psychique -donc guérissable- prônée par les psys et la vision des TSA comme un "handicap" (social) reconnue par l'autre courant, celui neuro-développemental.

Les psys y compris new age accusent d'ailleurs l'autre courant d'être déterministe, de ne pas laisser au « sujet » autiste l'espoir de guérir, grâce au recouvrement de son « moi » (je résume à peine) en libérant sa « voix », mais de l'enfermer dans une vision du tout handicap qui le cloisonnerait sa vie durant.  L'approche de la neuropsychanayse (intégrative), part désormais aussi des résultats de la neuro-imagerie et de la génétique, mais pour affirmer que  l'autisme est bien un trouble psychopathologique !

Pour eux, si les anomalies dévoilées au niveau du lobe temporal supérieur occupent une place centrale, ce n'est pas comme lieu d'une hypothétique cause primaire de l'autisme, mais plutôt comme un maillon intermédiaire et comme un reflet du fonctionnement autistique lui-même. L'accès à l'intersubjectivité (d'où l'impossibilité d'intégrer le fait que l'autre existe en tant qu'autre) pour le « sujet autiste » s'explique pour Golse par un processus « autistisant », concept développé par Hochmann visant à souligner que l'autisme infantile n'est pas une maladie strictement endogène, mais qu'elle se co-construit et s'organise dans le cadre de dysfonctionnements interactifs ou d'une spirale transactionnelle perturbée entre le bébé et les adultes qui en prennent soin, l'origine première du dysfonctionnement pouvant se situer, selon les cas, soit du côté du bébé soit du côté de l'adulte. Dans tous les cas, les dysfonctionnements interactifs de l'un des partenaires de l'interaction décontenancent l'autre qui, de ce fait, va répondre de manière mal adaptée en aggravant ipso facto les difficultés de son partenaire, et ainsi de suite, dans une spirale dangereuse à vocation auto-aggravante rapide.

Bref, Golse et confrères utilisent les résultats apportés par les neurosciences dans le but de valider leur propre vision de l'autisme et surtout leur propre idée de la bonne prise en charge qui se veut, dans leur propos, la seule, l'unique valable.C'est encore une fois une vision assez tentaculaire.

Le débat, vous le voyez bien, se situe à un autre niveau, même si la teneur en reste -au fond- la même. Il oppose maintenant une vision globalisante  à une vision globale, avec comme enjeu -non pas la vie psychique de nos enfants - comme le veulent faire croire les psys new age, mais entre l'idée de la réparation d'un lien originellement brisé (que cela soit de la part du bébé ou de l'adulte) que l'approche intégrative se propose de « réparer » à celle que la personne avec autisme a sa propre identité, due à sa manière constitutivement d'être et de penser que la vision globale respecte tout simplement.

Les données du débat ont évolué, la réflexion doit donc aussi évoluer. Il n'est plus question d'opposer psys analytiques/non psys; le débat est : les TSA sont-ils le fruit d'une psychopathologie ou y-a-t-il une identité « autistique » ? Probablement que la recherche active et féconde dans le domaine de ces troubles apportera des réponses ces prochaines années et que l'étiologie, encore obscure aujourd'hui, sera plus claire.

Au-delà des théories des uns et des autres qui ont le droit d'ailleurs, chacune, d'exister, (nous cultivons une pensée démocratique) ce qu'Autisme Genève revendique c'est LA LIBERTE DE CHOIX ! Le nœud du problème, ce n'est pas les divergences théoriques et d'approches (au fond chacun peut croire ce qu'il pense être juste de croire et le débat peut exister), mais c'est l'absence de choix !

Si vous êtes un parent et que vous pensez que l'approche globale (neuro-développementale, type Teacch) est celle qu'il faut, vous devez aujourd'hui soit partir de Genève (il y a si peu de solutions dans le public),  soit payer des sommes pharaoniques dans le privé ! Voilà où se situe notre vrai combat et le vrai enjeu pour nos enfants : créer des filières de formation et des solutions institutionnelles  qui répondent à une réelle demande !

Alors je lance un appel inédit : psys et non psys analytiques tous ensemble pour plus de démocratie ! Qui n'est pas pour la liberté de choix? Je pense que c'est celui-là qui serait le vrai -non pas dogmatique- mais doctrinaire !

http://miseenabyme.blog.tdg.ch/archive/2011/11/22/33ada243e337c794ff2546c51f9b9433.html

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20 novembre 2011

article publié sur le site Aspie Québec le 15 septembre 2011

Mythes au sujet du syndrome d’asperger

Par Serge

PommeLe syndrome d’Asperger est un « Autisme léger » …..
Il n’y a  rien de  « Léger » au sujet de l’autisme.  L’asperger est un désordre neurobiologique qui a un effet  profond sur les habilitées de base de la vie.  Les individus avec l’asperger luttent immensément pour surmonter leurs déficits. Ils doivent travailler fort pour apprendre ce que d’autres apprennent intuitivement.  Pour un observateur, les aspergers peuvent semblé *moins affligé* que les autistes classique ; cependant, pour ceux qui vivent avec le désordre, leurs luttes ne sont pas «légertes».

Les gens avec le syndrome d’Asperger ont de mauvais parents……
Le syndrome d’asperger n’est pas la conséquence de la manière qu’un enfant a été élevé.  La recherche courante a déterminé qu’il y a une composante génétique.  Les parents des enfants avec l’Asperger possèdent souvent beaucoup de traits d’Asperger. Par exemple, un père peut avoir un comportement très persévérant et une mère peu montrer de la rigidité.  L’enfant diagnostiqué avec le Syndrome d’asperger à la combinaison des traits des deux parents qui se combinent ensemble pour donner le diagnostic d’Asperger.

Ceux avec le syndrome d’Asperger sont grossiers et incapable d’empathie et de compassions envers les autres ……
Souvent, en raison de leur incapacité de percevoir les intentions et les perspectives des autres et leur capacité altérée de lire le non verbal et les nuances dans la communication sociale journalière, les individus avec l’Asperger ne réagissent pas ou ne réagissent pas de façon approprier.  Ce n’est pas  qu’ils s’en foutent c’est qu’ils ne réagissent pas à ce qu’ils ne peuvent pas voir. La communication est une rue à double sens. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que quelqu’un reconnaisse et réponde à ce  qu’ils ne
connaissent pas.

Certains avec le Syndrome d’Asperger ne font pas de contact visuel et ignorent les gens …..
Il est vrai que certains  individus avec l’Asperger fassent un contact visuel limité ou leur contact visuel ne semble pas significatif ; cependant, ils ne choisissent pas d’ignorer quelqu’un délibérément mais c’est plutôt le résultat d’une « théorie altérée de l’esprit ». 

La modification de comportement et les mesures punitives sont des techniques appropriées à employer avec des individus avec le syndrome d’Asperger …..
Quand un individu avec l’Asperger se montre inadéquat où  « méchant » ce comportement est rarement le résultat d’un choix obstiné sur leurs parts mais plus probablement le résultat de leurs perceptions erronées du milieu social ou simplement une réaction a une surcharge sensorielle. Le traitement le plus efficace emploie des mesures positives accompagnées de techniques visant à augmenter la prise de conscience et la compréhension du comportement de l’individu et l’effet de ce comportement sur les personnes autour d’eux. Les explications devraient être concrètes et logiques et contextualiser  la façon dont un  comportements appropriés les bénéficieront personnellement.

Les gens avec le Syndrome d’Asperger manque d’imagination …….
En fait. Les Aspergers possèdent typiquement des imaginations vives, créatrices et uniques. Pendant le jeu, l’imagination des enfants avec l’Asperger est souvent exempte d’expressions imaginatives qui exigeraient prendre la perspective ou le point de vue d’une autre personne. Par exemple, ils ne pourraient pas *faire semblant* d’être une autre personne parce que cela exigerait une capacité de voir les choses selon la perspective d’une autre personnes. À cet égard l’expression de leur imagination ne sont pas typiques.

Les individus avec le syndrome d’Asperger ont un Q.I. supérieur ……..
Certaines personnes avec le syndrome d’Asperger  ont un Q.I. élevé.  Cependant bien plus ont un Q.I. moyens et se battent avec des troubles important d’apprentissage.

Source :asperger.org
traduit de l’anglais par: Serge Gervais

http://www.aspiequebec.org/?p=23&mid=5332725

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article publié sur Rue89 le 30 juin 2011

Témoignage 30/06/2011 à 18h07

Atteint du syndrome d'Asperger, j'ai quitté une France inadaptéePartager l'article sur Facebook

Jean-Jacques Mages
Ex-légionnaire parachutiste

 

Je suis légionnaire parachutiste, mais rassurez-vous, je ne me considère pas comme un bas du front. D'ailleurs, j'ai quitté la légion après avoir ouvert les yeux.

Quoi d'autre ? Je suis Guyanais. Je suis atteint du syndrome de Hans Asperger – je suis un « Aspi » comme on dit – mais je ne le savais pas jusqu'il y a quelque temps. Personne ne l'avait remarqué dans ma jeunesse. Il semblerait que je fasse partie de ces Aspi considérés comme « light », ceux du tout premier niveau, dont personne ne sent rend compte, pas même les spécialistes de la question. Avec certains tests sur Internet, le résultat est négatif ; avec d'autres, le résultat s'inverse.

Le problème n'est pas d'être atteint de ce syndrome, mais bel et bien de subir la bêtise humaine. Et cela commence dans la famille, puis cela continue à l'école. Et dans la vie adulte, c'est la catastrophe.

Le syndrome d'Asperger

Le syndrome d'Asperger et l'autisme de haut-niveau sont des troubles neurologiques et complexes du spectre autistique qui affectent les fonctions du cerveau.

Ce désordre du développement est d'origine neuro-biochimique associé à un problème génétique.

Il se manifeste par des difficultés de la communication et des rapports sociaux.

Un Asperger est quelqu'un qui a un gros cerveau, mais ne sait pas l'utiliser, mais surtout, il ne sait pas se défendre. Du coup, il prend des « baffes » tout au long de sa vie : en affaires, en amours, en amitié... Et au bureau.

Je me suis fait emmerder, insulter, moquer, agresser... Et à chaque fois, j'ai encaissé, ne sachant que faire.

Je n'ai jamais eu de problèmes avec les personnes au comportement intelligent. Hélas, ils sont une minorité.

George Lucas ou Bill Gates

Quand un Asperger bénéficie d'un environnement favorable, au sein d'une famille aimante et chaleureuse par exemple, puis avec des profs qui ont de la psychologie, cela peut donner... George Lucas ou Bill Gates.

Quand un Asperger se retrouve au milieu de bourrins qui le cassent verbalement chaque fois qu'il se plante, cela donne Jean-Jacques Mages, menant une existence de merde, surtout sur le plan professionnel. Et je ne suis pas défaitiste en écrivant cela.

En 2004, sur un site internet international, j'ai rencontré une femme originaire de Finlande au nom peu scandinave, Alice. Fin 2005, elle m'a demandé de venir s'installer chez elle. Ce fut la connerie de ma vie. Durant plus d'une année en Finlande, ce fut guerre et paix, mais rien à voir avec du Tolstoï.

Janvier 2007, je prends un aller simple pour Paris, et c'est comme cela que je me retrouve à Roissy avec un gros sac de voyage et aucune adresse où aller.

Mon frère et ma sœur me conseillent « aimablement » de me débrouiller sans eux, et j'obtempère car je ne suis pas un emmerdeur.

J'ai été dormir sur les banquettes de Roissy, comme d'autres SDF. Ensuite, j'ai été baladé de droite à gauche, de-ci de-là, en haut et en bas, sens-dessus et sens-dessous.

Le pays du « démerde-toi »

C'est durant ces petites années de belle galère que je prends conscience que quelque chose ne vas pas dans mon cerveau. Et c'est mon médecin qui me met la puce à l'oreille, car un de ses patients est un Asperger.

Que font les institutions et organismes pour ce genre de cas ? Ben rien, comme souvent dans ce pays. Démerde-toi coco et compte sur la part de chance.

En Scandinavie, il y a des endroits, des suivis, des machins, des trucs. Autre chose : les SDF ne le restent pas longtemps en Europe du nord. Du coup, je commence à gamberger.

Voilà que j'apprends que mon ex-copine finlandaise, Alice au pays des cauchemars, m'annonce que je suis toujours officiellement hébergé chez elle, malgré ma présence en France.

Et quand vous pouvez justifier de votre présence dans un territoire de l'espace Schengen durant deux années, vous pouvez demander un permis de résidence.

Retour en Finlande

Je décide de retourner à Helsinki, mais de manière plus adulte, cette fois-ci, en m'inscrivant partout où je peux m'inscrire, et en effectuant toutes les démarches administratives à la con, en France comme en Finlande. Une ancienne amie accepte de m'héberger le temps que je trouve un job.

Et voilà qu'en 2010, je reprends l'avion, en évitant le fameux nuage islandais, et que je dors dans un canapé, chose plus confortable que mon parking sous-terrain.

Bref, les choses se décantent. En Finlande, tout le monde a entendu parler de ce syndrome. Ils essaient de tout prévoir, car certains étrangers ont été diagnostiqués Asperger.

Exemple : le service de l'immigration en Finlande ressemble à un super Pôle emploi. En plus de l'aide à la recherche d'emploi, y sont inclus un service de psychologues et le suivi des étrangers.

Dans ce service où tout le monde parle et l'anglais et le suédois, voire parfois le russe courant, j'ai demandé un rendez-vous pour discuter de ce problème. Au cours de l'entretien, l'employé m'a demandé de suivre d'abord mon stage long (six mois) de langue jusqu'à son terme. Ce que j'ai fait.

Mon stage s'est terminé très récemment. Comme je pensais, j'ai eu des difficultés pour suivre les cours. Et j'ai appris, par une indiscrétion, que le service de l'immigration avait demandé à l'école de formation que l'on communique mes notes.

Nulle envie de rentrer en France

A la fin de mon stage donc, je suis retourné dans ce service pour demander un deuxième rendez-vous. Je viens de recevoir la lettre de convocation. Je sais ce qui va se passer : un psychologue va me « cuisiner gentiment », et guetter voir si je ne suis pas un simulateur voulant profiter des aides sociales finlandaises. Je vais recevoir une autre convocation sans aucun problème. Même si on est en été. Je vais passer ce test et, si le résultat est conforme, je serai classé comme Aspi.

A partir de ce moment-là, je serai réellement soutenu pour trouver un emploi (ce qui est mon objectif numéro 1) et un logement, car un service spécifique va s'occuper de mon cas. Nul besoin de galérer pendant des mois comme en France.

Du coup, vous comprendrez aisément pourquoi je n'ai nulle envie de revenir dans l'Hexagone... A moins d'être contacté par le secrétaire particulier de Liliane Bettencourt.

http://www.rue89.com/2011/06/30/atteint-du-syndrome-dasperger-jai-quitte-une-france-inadaptee-208848

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publié sur le blog de Association Française Les Professionnels de l’Analyse du Comportement AF-LPA) le 19 novembre 2011

L’Appel à Candidatures pour la certification BCBA est maintenant OUVERT !!!!

 
Si vous êtes intéressé par devenir analyste du comportement certifié, et ainsi suivre un cursus adapté en France, c’est le moment! L’AF-LPA tient en ce moment une fenêtre d’inscription pour la session 2012-2013. Tous les cours seront enseignés par des analystes du comportement certifiés et expérimentés.
 
Les cours seront dispensés sur une période de deux ans et comprendront :
BEHV 1: Principes de comportement : les principes de base -45hr Cherice Cardwell
BEHV 2 : Techniques en analyse appliquée du comportement -45hr Dr. Neil Martin
BEHV 3: Ethique et code de conduite de la profession -15hrs  Dr. Diane Fraser
BEHV 4: Enjeux actuels du traitement comportemental de l'autisme - 45hr
BEHV 5: Recherches et Applications en analyse du comportement - 45hr
BEHV 6: Introduction au Comportement Verbal - 15hrs

BEHV 7: Analyse fonctionnelle en milieu scolaire- 15hrs

Le cursus représente une série de cours, compte au total 225 heures et répond aux exigences établies par le Behavior Analyst Certification Board *
Les deux premiers cours sont déjà annoncés au coût unitaire de 760 € et se dérouleront chacun sur une période de trois sessions 15heures.
Les personnes qui souhaitent s’inscrire doivent fournir les informations suivantes:
• CV
• Lettre de motivation
• 2 recommandations professionnelles
• Copie du diplôme - Master 2 Psychologie
• Photocopie d’une pièce d'identité
• formulaire d'inscription complété (fourni avant l’entretien)
Les candidats seront sélectionnés par un jury, sur dossier et entretien. Ils doivent pouvoir être à l’aise avec l'anglais (compréhension écrite et orale au moins).
Les documents requis peuvent être envoyées à l’une des adresses citées ci-dessous au plus tard le 2 décembre minuit, heure de Paris.
Par mail : ASSOAFLPA@GMAIL.COM ou par courrier:

Par courrier :
IME MAIA
Ana BIBAY – candidature BCBA
47, avenue du Docteur Arnold Netter
75012 PARIS - FRANCE
Une fois votre dossier reçu, vous serez contacté par mail pour un entretien.  Les entretiens auront lieu à partir du 5 Décembre. Les candidatures retenues seront annoncées par mail le 19 Décembre 2011. Pour plus d'informations, vous pouvez contacter l'association par courriel ou par téléphone au 06 60 58 71 50.
* Les cours dispensés  répondent aux exigences de cours théoriques de base nécessaires pour passer l'examen BCBA. Chaque candidat est malgré tout responsable de trouver et compléter son propre stage en plus de trouver  l’analyste du comportement certifié (BCBA) qui assurera la supervision de ces heures de stage (voir les critères requis sur le site du BACB www.BACB.com)

http://bcba-france.blogspot.com/

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article publié sur le site d'Autisme Infantile le 19 novembre 2011

Les démarches effectuées quand j’ai « enfin » su que mon fils était atteint de troubles envahissants du développement

En avril 2006, lasse de voir la psy du CMP qui me demandait toujours de parler, mais qui elle ne disait jamais rien alors que je lui demandais des conseils sur comment je devais réagir face à mon fils (qui récitait tous les dialogues de ses dessins animés et qui ne s’intéressait qu’aux églises), j’ai décidé d’avoir un autre avis et j’ai pris rendez-vous chez une pédopsy.

Celle-ci a pu me dire que mon fils était atteint de troubles autistiques, mais surtout, j’ai enfin eu des pistes de prise en charge: il fallait que Léonard « travaille » les habilités sociales au sein d’un groupe d’enfants.

C’est pour cette raison que la pédopsy nous redirigea vers un autre CMP, car dans son cabinet privé, elle ne faisait pas ce genre de travail.

J’avais suffisamment lu de choses sur l’autisme (puisqu’un an auparavant j’avais eu le diagnostic de psychose infantile) pour savoir qu’effectivement l’autisme est un handicap social, et qu’une des choses à travailler avec une personne autiste est les habilités sociales.

Je trouvais Léonard assez maladroit dans ses relations avec les autres, ce qui me fendait d’ailleurs le coeur car il était (et l’est encore un peu) très demandeur mais ne sait pas comment rentrer en contact avec ses pairs.

J’ai pu obtenir un rendez vous dans le CMP trois mois après avoir eu le diagnostic par la pédopsy. Point positif: grâce à l’autisme de mon fils, j’ai appris à être patiente!

Mais comme ce délai me semblait quand même un peu long, comme je préférais avoir plusieurs avis sur la question (le diagnostic, mais aussi la prise en charge), et comme je commençais à « connaître » plein de mamans d’enfants autistes, je demandais conseil à toutes et j’ai pratiquement tout suivi (et c’est là que je me dis, heureusement que je ne travaillais pas!).

Je ne suis rendue au CRA de ma ville et j’y ai rencontré une psychologue et une psychiatre. On a dû parler pendant une heure et demi ou deux heures. Je leur ai décrit le comportement de Léonard, j’ai parlé du suivi psy qu’il avait eu, des diagnostics qu’on m’avait donnés, et elles ont confirmé qu’il y avait beaucoup de traits autistiques dans son comportement. Elles m’ont conseillé de faire une évaluation à l’hôpital Sainte Anne, et de suivre les préconisations de la pédopsy: suivi psy en CMP, et groupe de socialisation.

J’ai rencontré un pédiatre, papa d’un enfant autiste. Initialement, je l’avais rencontré sur le net (forum d’autisme Alsace), et comme il n’habitait pas loin de chez moi, nous nous sommes vus à mon domicile. Il a vu Léonard et nous avons beaucoup parlé. Il n’a rien pu me dire sur le diagnostic, mais a été très rassurant:  »S’il est autiste, il l’est très faiblement car il communique bien, il regarde dans les yeux et n’a pas de problème de psychomotricité fine. » Dans la discussion, j’ai compris que son enfant est autiste sévère, non verbal même je crois. Il m’a dit que lui aussi (avec sa femme) en avait entendu de toutes les couleurs, et qu’  »on » avait essayé à plusieurs reprise de les faire culpabiliser: si leur enfant était ainsi, ça venait forcément de leur éducation!

J’ai pris rendez-vous avec la « célèbre, fameuse » pédopsy du Parc Monceau dont les coordonnées circulent sur tous les forums d’enfants différents (rendez-vous pris en juin, rendez-vous eu en septembre). Ce médecin, en un rendez-vous, m’a confirmé le diagnostic de troubles envahissant du développement et m’a conseillé de faire une évaluation à l’hôpital Robert Debré.

J’ai pris rendez-vous avec un autre médecin (moins connue, mais aussi spécialiste des troubles envahissants du développement) à l’hôpital de la Salpetrière. En un rendez-vous, le diagnostic de troubles envahissant du développement à de nouveau été confirm,é mais cette fois en précisant « non spécifié ». Ce médecin savait que j’attendais une confirmation pour l’évaluation à Robert Debré et m’a alors conseillé de passer par le cabinet de Neuilly sur Seine (spécialisé en passation de test) si je voulais attendre un peu moins (et payer beaucoup plus cher!). Pour la prise en charge, elle m’a conseillé de trouver une psychomotricienne et une orthophoniste spécialisées en TED, et de continuer l’école (Léonard était alors en grande section de maternelle, et une demande d’AVS venait d’être faite). La demande d’ALD a été faite à ce moment là.

Léonard a passé trois heures de test dans le cabinet de Neuilly sur Seine (rendez-vous pris en novembre, rendez-vous eu en décembre). J’ai eu de nouveau la confirmation du diagnostic, mais avec des précisions sur les capacités de Léonard: pas de problème cognitif, mais une certaine rigidité propre à l’autisme. De ce cabinet, j’ai reçu un bilan très complet, et toute une série d’exercices que je pouvais faire faire à Léonard.

J’ai rencontré une autre personne, maman d’une grande fille autiste qui a une prise en charge dans un SESSAD pas loin de chez moi, qui m’a donné plein de conseils et plein de pistes (notamment pour toutes les aides financières ou autres dont je pouvais bénéficier). Cette maman est depuis une amie. J’en profite pour la saluer car elle se reconnaîtra certainement!

Entre temps, Léonard continuait de voir la pédopsy du CMP, qui ne comprenait pas toutes les démarches que je faisais à côté, et qui me demandait régulièrement si je lui faisais confiance. Je ne me souviens plus si j’ai osé lui répondre « bah, de moins en moins », mais je crois qu’elle a compris quand elle a vu ma tête après qu’elle m’ait conseillé de faire l’évaluation de Léonard à l’hôpital  Necker dans le service d’un professeur très connu pour ses idées de psychiatrie psychanalysante (celui qui vient de recevoir un courrier de l’Association Vaincre l’autisme).

Le groupe dit de socialisation avait été mis en place: Léonard était deux fois par semaine dans un jardin d’enfants dit thérapeutique. Je n’ai jamais su ce qu’il y faisait, ni avec qui (psychomotricien, orthophoniste?). Il y avait toujours une ribambelle de stagiaires, mon fils mangeait des boudoirs à 11 heures du matin (c’est tout ce que j’ai pu savoir), et quand j’ai demandé à la psy si c’était pertinent de le faire goûter avant le déjeuner, elle m’a répondu: « c’est le travail de socialisation, les enfants parlent autour d’une table. »

Comme elle était le médecin référant de Léonard, c’est elle qui venait aux réunions de l’équipe éducative, et c’est avec elle que j’ai fait la demande d’AEEH et d’AVS, mais je n’en pouvais plus de nos rendez-vous hebdomadaires: c’était reparti comme en 2004/2005 avec la psychologue de CMP, je devais reparler de ma séparation d’avec le père de Léonard, puis de nos « retrouvailles » (puisqu’entre temps, il était revenu dans la vie de son fils), j’avais même dû parler de mes parents et de mes grands-parents! Je n’ai rien contre la psychogénéalogie, hein, mais pas pour des troubles envahissants du développement…

Comme la demande d’AEEH avait été envoyée, Léonard et moi avons été reçus par le médecin responsable du secteur enfants. Cet homme a été adorable: il connaissait bien les TED, m’a donné tout un tas de conseils, et a appuyé ma demande d’AVS, allant jusqu’à me dire que si nous n’en avions pas par l’Education Nationale, il m’encourageait à en prendre une privée, et que mon complément changerait alors. C’est même lui qui m’a parlé de la majoration parent isolé.

Voilà où j’en étais en décembre 2006, neuf mois après avoir eu le diagnostic:

  • L’AVS avait été demandée.
  • L’allocation aussi.
  • Je ne pouvais plus avoir de doute: mon fils était bien TED (restait à savoir si c’était non spécifié ou pas, enfin à avoir une évaluation: le courrier à Robert Debré avait été envoyé).
  • Il avait une prise en charge qui ne me plaisait qu’à moitié, je savais que je devais en changer.

Ce sera le sujet de mon prochain article !

http://autismeinfantile.com/temoignages/muriel-et-leonard/les-demarches-effectuees-quand-jai-enfin-su-que-mon-fils-etait-atteint-de-troubles-envahissants-du-developpement/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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article publié sur Rue89 le 19 novembre 2011

Autisme : les psys « en guerre » contre le film « Le Mur »Partager l'article sur Facebook

La tension monte entre les pourfendeurs de la psychanalyse dans la prise en charge de l'autisme et ceux qui veulent faire interdire le film de Sophie Robert.

Le 8 décembre, le tribunal de grande instance de Lille devra dire si « Le Mur », le documentaire qu'elle a réalisé, trahit les propos des interviewés et doit être interdit. Avant cela, le 29 novembre, il devra dire si oui ou non la documentariste est tenue de donner tous les rushes – les épreuves brutes de tournage.

Lors de l'audience de ce mardi, le débat a porté sur la nature juridique d'un rush, dont les trois psys interviewés – qui poursuivent Sophie Robert – prétendent qu'ils sont les auteurs.

Pour Benoît Titran, l'avocat de la documentariste, « l'auteur est celui qui provoque la scène, choisit le sujet, le cadrage, la lumière ». Il a aussi invoqué la loi sur la protection des sources journalistiques pour refuser de livrer l'ensemble des rushes, mais aucune jurisprudence ne dit actuellement si un documentaire est de nature journalistique.

L'avocat de la partie adverse, Christian Charrière-Bournazel, n'a pas répondu à nos sollicitations.

Nombre de riverains suivent cette polémique depuis notre article « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme ». Ils se déchirent avec une violence rare.

Bande-annonce du documentaire « Le Mur », de Sophie Robert

Un documentaire orienté ?

Le riverain Franck Steinel a jugé le film « passionnant, mais clairement, la documentariste est aveuglée par son sujet et jette le bébé avec l'eau du bain. » Il a l'impression que :

« Deux causes se sont trouvées, les associations de parents d'enfants autistes et Sophie Robert. L'une des deux est légitime dans son propos, l'autre nous prouve en près d'une heure trente que non. »

« Ce documentaire est orienté, c'est sûr », estime Librespri. Et La Petite Bête de rebondir :

« Personnellement, je suis convaincu qu'il est très facile de dénaturer le message d'un entretien, même avec des longs plans. Il suffit d'enlever une petite introduction explicative, ou une précaution de langage au début de l'entretien. »

Lui aurait aimé avoir « une estimation de la représentativité de ces propos dans le milieu concerné, au lieu de laisser crier à la “religion d''Etat” ». Mais bien peu de psys veulent s'exprimer sur la manière dont ils traitent les autistes, c'est d'ailleurs pourquoi ce documentaire fait autant réagir.

Dans les commentaires publiés par Autistes sans Frontières, le pédiatre Aldo Naouri « proteste véhémentement contre l'usage que Sophie Robert a fait de propos recueillis auprès de moi », et rappelle qu'il défend aussi les méthodes éducatives.

« Les psychanalystes sont en guerre »

En dehors des parents, évidemment versés dans l'émotionnel, nombre de professionnels ont profité de notre article pour s'exprimer. Pahpah :

« Ce film est une vraie respiration quand on travaille dans le médico-social en France. Dans la région où je vis, c'est toute la prise en charge des autistes et autres enfants TED [troubles envahissants du développement, ndlr] qui est sous l'influence intellectuelle de la psychanalyse. [...]

On déresponsabilise la plupart des éducateurs, rééducateurs, soignants qui finalement ne font plus rien qu'attendre et, une fois qu'il est trop tard, finissent par ne pas voir la conséquence de leur (non) prise en charge puisque les enfants deviennent des adultes et changent alors de structure. »

La parole se libérant, on découvre que les psychanalystes et psychiatres tiennent la carrière des psychologues parce qu'ils tiennent les structures. Ce qui donne, comme le dit Friedrick, psychologue clinicien :

« Au sortir de la fac, pour trouver du boulot, deux possibilités : soit tu es pro-psychanalyse (de préférence tu fais des séminaires payants avec des lacaniens qui eux n'ont pas tous été sur les bancs de la faculté mais sont membres d'un cartel de psychanalystes), soit tu ne bosses pas ou très très difficilement (ce fut mon cas).

Les psychanalystes sont en guerre. Il y a quelques décennies la psychanalyse était subversive, aujourd'hui elle est tenue pour l'essentiel par des gardiens du temple soucieux de préserver leur capital-patient. »

Quand Valérie Létard entendait les parents

Les parents d'autistes en colère contre la psychanalyse ont tendance à surestimer les vertus des modèles comportementaux qui « sont intéressants à condition ne pas en attendre une guérison complète », selon Friedrick.

Ce qui pose question, c'est que les techniques comme ABA ou Teacch sont utilisées dans bien d'autres pays, mais pas en France. D'où la révolte d'Antibobo :

« Le lobby psychanalytique fera TOUT pour les discréditer ! Pourtant les chiffres, les stats, les rapports, les études existent sur les progrès obtenus grâce à ces techniques.

Les psy ABA peuvent démontrer qu'un enfant autiste a fait des progrès absolument incroyables en quelques mois ou quelques années (acquisition de la propreté, du langage, hausse du QI, comportement social totalement adapté, etc.).

Que propose la psychalanyse ? RIEN ! Des parents qui auraient mis leurs enfants dans des “ centres spécialisés ”, pourraient attendre dix ou vingt ans, sans constater AUCUN résultat. »

Comme Franck63, bien des parents aimeraient surtout que le gouvernement se rappelle le discours de Valérie Létard en 2009.

Alors secrétaire d'Etat à la Solidarité, elle :

  • rappelait les ambitions du « plan autisme » ;
  • vantait les mérites de l'expérimentation des méthodes Teacch ;
  • rappelait que l'autisme n'est pas une maladie psychiatrique mais un trouble d'origine neurobiologique ;
  • et comprenait l'inquiétude des associations sur la méthode du « packing ».

Autant de sujets sur lesquels les parents attendent toujours le gouvernement.

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19 novembre 2011

article publié sur le site de la fédération québécoise de l'autisme juin 2011

Comment être le père d’un enfant handicapé?

Extrait de Contact Autisme - juin 2011 - Vol. 17 - No 1
Par Gérard Lefebvre
Directeur général de l’AAPEI1, docteur en Sciences de l’Éducation, Angers, France 

Avant de décrire la relation d’un père avec un enfant handicapé, il est important de présenter la relation entre un père et son enfant neurotypique.

De nombreuses recherches s’intéressent à la place et au rôle du père dans l’éducation de l’enfant neurotypique. Tout le monde s’accorde à penser que la mère est plus proche physiquement de son enfant. C’est elle qui le porte pendant la grossesse, elle peut même le nourrir, elle assure naturellement les soins de santé indispensables au confort de l’enfant, etc. Dans certaines cultures africaines, l’enfant est longtemps nourri par sa mère ou une nourrice, souvent jusqu’à ce qu’il soit autonome sur le plan alimentaire. De plus, l’enfant est porté dans le dos, ce qui crée un rapport physique d’une extrême proximité.

Le père, selon les auteurs, n’intervient auprès de l’enfant que parce qu’il est autorisé par la mère. Il joue un rôle de mise à distance, de tiers, qui permet à l’enfant d’accepter à la fois d’être proche de sa mère mais aussi de s’en séparer.


Que provoque la présence du handicap dans la fonction paternelle?

L’observation et l’analyse du nombre de situations d’enfants handicapés en lien avec les relations familiales permettent de proposer quelques éléments de compréhension.

Les professionnels travaillant auprès des enfants handicapés constatent facilement que les pères sont peu présents dans les rencontres proposées afin d’échanger sur l’évolution de l’enfant. Cette remarque, qui se confirme assez largement, ne prend en compte qu’un aspect de l’accompagnement de l’enfant, c’est-à-dire le temps d’accueil de l’enfant hors de la structure familiale, dans les lieux scolaires ou spécialisés. Cette absence apparente ne signifi e pas un désintérêt du père pour cet enfant particulier.

La réalité montre que le père s’implique beaucoup dans la vie quotidienne de l’enfant handicapé, avec le sentiment d’en faire plus que pour les enfants neurotypiques. Cette implication se retrouve aussi autour des situations plus souvent considérées comme des tâches relevant de la fonction maternelle : nourrir l’enfant, le changer, le laver, l’habiller, etc.

Mais de cela ils ne parlent pas, comme s’il fallait éviter de montrer ce côté peu valorisant de leur accompagnement pourtant indispensable pour l’enfant.

Les pères peuvent aussi exprimer qu’ils sont capables d’adapter leur organisation professionnelle afi n de rendre possible la vie quotidienne avec cet enfant aux besoins particuliers. L’observation et l’analyse d’entretiens montrent que des efforts importants sont réalisés par les couples, pas uniquement par la mère. S’il est exact que nombre de mères réduisent leur temps de travail et l’adaptent au rythme de vie de cet enfant, les pères n’y sont pas indifférents et acceptent de modifier, quelquefois de façon importante, leur organisation : aménagement spécifique de la maison, renoncement à certaines activités professionnelles ou responsabilités, etc. Il n’est possible de le savoir que si les pères acceptent d’en parler.

Le père, comme la mère, est confronté très tôt aux professionnels de la santé et de l’éducation spécialisée. Les rencontres avec ces professionnels, souvent féminins, ont pour objectif d’accompagner, de soutenir et de comprendre. Parfois, les parents sont bousculés et ces entretiens n’apportent pas ce qui est le plus espéré, la diminution du handicap.

Le regard des autres

Les pères sont très sensibles au regard des personnes qu’ils sont amenés à rencontrer, à croiser. Ils expriment cette dimension avec beaucoup de force et souvent de révolte. Ils peuvent ne voir dans leur enfant que ce qui est remarquable, exceptionnel, ce qui risque de choquer, de gêner.

La filiation impossible

On l’a dit, le père projette l’avenir de son enfant, se propulse et imagine parfaitement que cet enfant poursuivra la filiation qu’il a lui-même poursuivie en procréant. En fait, dans certains cas, le père peut exprimer que cet enfant handicapé lui impose un véritable deuil.

Les discours des pères montrent que des stratégies d’adaptation se mettent en place. Le père renonce à sa fonction anticipatrice : il s’occupe du quotidien mais ne parvient pas à envisager l’avenir de l’enfant. Il accepte les tâches de maternage mais n’est plus en capacité d’organiser des jeux ou des activités qui pourraient permettre à son enfant d’évoluer. Le père est mis en échec par cet enfant énigmatique, trop éloigné de l’enfant idéal qu’il espérait.

Ne restons pas sur ces constats qui pourraient paraître particulièrement pessimistes, même s’ils sont communément observés.

Plusieurs pistes sont à explorer pour que les professionnels soient encouragés à redonner aux pères d’un enfant handicapé une place qui leur revient :

Le temps de la réflexion théorique.

Il convient d’entendre, de comprendre et d’analyser la place du père, et de lui redonner toute sa dimension, quel que soit l’enfant. C’est un débat très actuel de notre société, débat que l’on ne doit pas éviter. La fonction paternelle a considérablement évolué et les représentations sont à réinterroger pour rencontrer le père du 21e siècle.

Le temps de l’écoute.

Professionnels et pères doivent pouvoir se rencontrer pour parler. Pour cela, des aménagements simples sont à considérer, comme proposer un rendez-vous au moment où le père peut être disponible, travailler en partenariat, engager les uns et les autres, chacun à sa place, dans une complémentarité nécessaire à l’intérêt de l’enfant. Il faut valoriser le père dans ce qu’il réussit, son travail, ses engagements, etc.

Le temps de l’éducation.

Le père a une mission précise à remplir dans l’éducation de son enfant. Valoriser l’éducation de cet enfant handicapé, et particulièrement dans la mission propre du père, est un élément important dans le rapport père-enfant, pour restaurer la triade père-mère-enfant et pour le devenir même de celui-ci.

Le temps de la place des hommes.

Les pères montrent, si l’on prend le temps de les rencontrer et de les écouter, qu’ils sont prêts à parler parce qu’ils en ont besoin. Ils sont disposés à participer avec sincérité et émotion. Mais pour cela il faut qu’ils puissent trouver cette possibilité de rencontrer des personnes disponibles qui écoutent. Il est indispensable de renforcer la place des hommes dans les équipes de professionnels pour favoriser cette rencontre des pères, équilibrer le rapport homme-femme.

Les pères ont une compétence, mais, devant le handicap de leur enfant, ils sont très souvent bouleversés. Il est plus diffi cile pour les pères de réaliser la démarche intellectuelle qui pourrait leur permettre de donner un sens à cet enfant. Les mères réalisent cette démarche affectivement. Par compensation, les pères surinvestissent les actions maternantes, bien plus que pour un enfant neurotypique. Ils s’en rendent compte et, du coup, ont le sentiment de négliger les autres enfants. Mais ils ne parviennent pas à mettre en œuvre les compétences inhérentes à leur spécificité : l’accompagnement de cet enfant vers l’avenir. Les professionnels sont convaincus de l’importance du rôle que peuvent jouer les pères dans le devenir de cet enfant différent, à la condition d’accepter la confrontation à la réalité, la présence active, aux côtés de la mère, dans un rôle propre, celui du père.

Ne l’oublions pas, l’enfant est un acteur privilégié de sa propre éducation qui n’a pas toujours la capacité à le manifester ou à être entendu, comme pourrait l’exprimer un enfant ordinaire. Cette place d’acteur lui revient, même si cela paraît difficile (la tentation de parler à la place et d’interpréter est forte), à la fois dans sa famille, sa fratrie, dans les lieux de soins et d’accompagnement au milieu de tous ces adultes qui s’intéressent à lui et à son handicap.

http://www.autisme.qc.ca/TED/famille-et-proches/impacts-sur-la-famille-et-la-fratrie/comment-etre-le-pere-dun-enfant-handicape.html 

 

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article publié sur le site WEKA le 17 novembre 2011 (scolarisation enfants handicapés notamment ...)

Rapport de la Cour des comptes sur les contrats aidés (1)

17 nov. 2011

Rapport de la Cour des comptes sur les contrats aidés (1)

La Cour des comptes a réalisé un rapport sur « les contrats aidés dans la politique de l'emploi », pour le compte de la commission des Finances, de l'Économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale.

Un projet de loi relatif à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique sera discuté, d'ici la fin de l'année, au Sénat. Voyons aujourd’hui le premier volet de ce rapport.

Historique

Ayant connu une période faste au début des années 2000 (800 000 contrats), ces dispositifs ont progressivement diminué pour concerner à peine 265 000 contrats à la fin 2008. Les recrutements sont ensuite repartis à la hausse, comme une réponse à la crise économique de 2008-2009. Ils ont ainsi atteint le chiffre de 414 000 recrutements à la mi-2010 pour retomber à 338 000 en fin d'année.

L’effet des contrats aidés sur l’emploi

Pour la Cour des comptes, « les résultats des contrats aidés sont décevants ».

Ils ne répondent pas à l’objectif initial de relancer la politique de l'emploi.

Au qualitatif s’est peu à peu substitué le quantitatif. Etant donné que les contrats aidés font baisser mécaniquement la liste des demandeurs d'emploi, cet objectif est devenu l’alpha et l’oméga de la politique des contrats aidés. De ce fait, on a privilégié le nombre de contrats, souvent de courte durée, au ciblage des personnes susceptibles d’en retirer le plus de bénéfices.

Des objectifs inconciliables

La Cour des comptes le dit elle-même, les contrats aidés « poursuivent deux objectifs difficilement conciliables ». Ils ont normalement vocation à assurer une insertion professionnelle ; or pour cela il est nécessaire d’assister les salariés à travers un suivi et un accompagnement renforcé. Cela est difficilement compatible avec la politique à court terme concernant l’emploi, à savoir faire baisser le nombre de chômeurs à tout prix.

Une efficacité mise en doute

Premier constat de la Cour des Comptes : les dispositions de la loi de 2008 destinées à améliorer la qualité des contrats aidés n'ont pas été mises en œuvre.

Deuxième constat : une « utilisation contestable » des contrats aidés notamment concernant la scolarisation des enfants handicapés. En effet les contrats aidés sont finalement devenus la variable d’ajustement des besoins en accompagnants handicap du simple fait de la faible somme qu’ils représentent en masse salariale.

Si l’on ajoute à cela qu’ils n’entrent pas dans le plafond d'emploi de l'Éducation nationale, on mesure à quel point c’est une opération juteuse pour l’Etat mais cela au mépris de l’intérêt des enfants handicapés scolarisés qui ont besoin de stabilité, tout le contraire qu’offrent des contrats précaires. Autre élément : leur gestion est une charge importante pour les chefs d’établissement qui n’ont pas les moyens d’accompagner au mieux ces personnels.

Troisième constat et pas des moindres : l’insuffisance de formation et d’accompagnement, contrairement aux engagements pris par les rectorats « en raison d'un déficit de moyens humains et financiers pour conduire les actions prévues dans ces conventions ». Ainsi le risque juridique est grand devant les prud'hommes concernant ce point car la formation relève bien des obligations légales d'insertion professionnelle de la part de l’employeur.

http://www.weka.fr/actualite/rh-publiques-thematique_7849/rapport-de-la-cour-des-comptes-sur-les-contrats-aides-1-article_66957/

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