21 mars 2011

article publié sur le site Autisme Infantile le 6 mars 2011

Lettre ouverte à Monsieur le Sénateur Paul Blanc à propos de l’emploi des AVS

Depuis 2003, les Auxiliaires de Vie Scolaire interviennent auprès des enfants handicapés.

Sans formation, au rythme des contrats précaires qui se renouvellent au mieux tous les 3 ans, au pire tous les six mois, pour des durées hebdomadaires si courtes que la rémunération mensuelle ne permet pas de survivre, ces personnes clé dans l’éducation et l’intégration de nos enfants dans la société sont maintenues dans la précarité d’un emploi sans revenu décent, sans formation reconnue, et sans avenir.

Nos enfants et le système éducatif français méritent mieux que ça.

Permettez-nous Monsieur le Sénateur de dresser ici le portrait type de l’accompagnement scolaire idéal d’un enfant autiste:

  • L’AVS aurait une motivation claire et personnelle pour l’emploi proposé, une vocation visible dans son CV, confirmée par une formation initiale, qui – sans être pléthorique – pourrait simplement refléter un parcours scolaire, et professionnel en lien avec l’enfance, et l’enfance en situation de handicap mental: CAP/BEP petite enfance, BAFA avec spécialisation théorique liée au handicap ou à la différence, jeunes éducateurs, quelques années d’expérience acquise en centre de vacance, de loisir, en milieu associatif.
  • Les associations reconnues pour leur expertise du handicap autistique pourraient, partout en France, signer une convention avec chaque académie – non pour se substituer au rôle de l’Etat qui doit continuer à rémunérer le personnel éducatif, comme il le fait, en garantissant l’égalité du droit à l’école pour tous, mais en formant, supervisant, accompagnant les AVS mises à disposition et recrutées par l’éducation nationale, et les équipes pédagogiques.
  • Dans un monde idéal, tous les parents d’enfants autistes scolarisés, quelle que soit leur académie, pourraient échanger avec l’AVS de leur enfant, faire le lien entre la prise en charge hors les murs de l’école et les apprentissages académiques et les acquis sociaux effectués en classe ou en récréation (de trop nombreuses académies interdisent en effet, encore ces relations…)

Finalement, rien de bien révolutionnaire, monsieur le Sénateur, vous en conviendrez:

  • Un recrutement sérieux, sur la base d’une formation initiale adéquate et d’une première expérience réussie et non sur la base de critères sociaux de contrats de réinsertion,
  • Un contrat pérenne, garantissant un salaire décent, une formation permanente, à durée indéterminée afin de garantir un suivi à long terme de l’enfant par la même personne (au moins sur un cycle scolaire),
  • Un accès égal des associations au milieu scolaire, partout sur le territoire français – afin de contribuer, grâce à leur expertise, à la formation complète des personnels pédagogiques et des AVS.

Ces trois aspects sont ceux que les engagements du gouvernement en 2009 nous avaient laissé espérer, faisant suite aux promesses électorales de M. Sarkozy. Trois aspects que le gouvernement a évacués, sans tambour ni trompette, au nez et à la barbe des syndicats professionnels et des associations de parents.

Nous sommes plus de 4000 parents sur Autisme Infantile (http://autismeinfantile.com/) à pouvoir déposer un bulletin de vote en 2012 dans les urnes. Nos parents, nos amis, nos familles, en feront tout autant. Et nous ferons du bruit.

Vous pouvez, vous aussi, envoyer ce courrier à l’adresse mail ci-dessous:
senateur.paul.blanc@wanadoo.fr

http://autismeinfantile.com/informations/actualites/lettre-ouverte-a-monsieur-le-senateur-paul-blanc-a-propos-de-lemploi-des-avs/

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article publié par l'OURSAINT le 13 mars 2011

Pressions et psychanalyse, la face occulte,

attention magouilles, ouille ! ça pique !

Attention article interdit aux psychanalystes cardiaques qui ont peur de lire

la vérité et de voir leur reflet dans un miroir !

N° 293 Hors-série Psychanalyse - décembre 2010

Le déclin d’une illusion

la revue Science et pseudo-sciences, tribune de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS),  a publié, en décembre 2010, un numéro monographique Hors Série (n°293) consacré à la psychanalyse dans lequel ont participé Jacques Van Rillaer, Michel Onfray, Jacques Bénesteau, Pascal Picq et bien d’autres, dont Freixa.

http://freixa.over-blog.com/ext/http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1510

 

*la tentative avortée d’ouvrir un Master professionnel comportementaliste à l’Université d’Amiens,ou scandale et pression du courant psychanalytique :

http://freixa.over-blog.com/article-23266888.html

 

*Un Rapport de l'INSERM jeté à la poubelle par un Ministre Français car trop dérangeant pour les psychanalystes Français :

Ce rapport démontrait, méthode scientifique à l'appui, que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) avaient une efficacité nettement supérieure aux thérapies issues de la psychanalyse

 

C'est la première qu'un Ministre intervenait selon ses propres opinions pour censurer et discréditer publiquement dans la Presse les résultats d'un rapport officiel .

Et c'est en France bien sûr que ça se passe aucun autre pays du Monde n'aurait fait cela.

 

-       Lettre de Annick Craignou

        Présidente de l’AFTCC en réaction à l'intervention et à la censure :

        http://vdrpatrice.pagesperso-orange.fr/AFTCC.doc

 

-       explication et tour d'Horizon et lien vers le rapport en entier par "Réseau Parental de France ":

        http://reseau-parental.blogspot.com/2008/12/rapport-inserm-valuations.html

 

*Une psychiatre Directeur de recherche INSERM révèle la vérité sur la face occulte de la psychanalyse et les pressions ici sur le contenu d'un Rapport de la Haute Autorité de la Santé :

http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/03/la-france-et-l-autisme_1313494_3232.html

 

 

Voilà on est dans le pays des Libertés sauf pour l'Autisme, on est le dernier pays du Monde, et la vérité est souvent cachée et les progrès laissés de côté dès que cela dérange un petit groupe de psychanalystes Français.

Mais l'Oursin veille !

http://www.loursaint.c.la/

TED

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article publié par la dépêche.fr le 18 mars 2011

Publié le 18/03/2011 09:05 | Recueilli par J.-J. R.

Bernadette Rogé  : "L'autisme, en nette augmentation"

semaine cerveau

Bernadette Rogé
Bernadette Rogé
Bernadette Rogé

Dans le cadre de la Semaine en du cerveau, Bernadette Rogé, professeur à l'Université de Toulouse le Mirail donnera une conférence sur le thème « Autisme: actualité de la recherche », aujourd'hui à 18 h 30 au muséum (Allées Jules Guesde). Cette spécialiste, directrice des services au Ceresa (Centre Régional d'Education et de Services pour l'Autisme) a répondu à nos questions.

Les cas d'autisme sont-ils en progression ?

Oui. Les chiffres sont passés de 2 à 5 malades pour 10 000 dans les années 70 à 7,5 pour 10 000. Entre 1993 et 1998 on enregistre une augmentation de 244 %. De son côté, le CDC (Center for Disease Control and Prevention) aux Etats Unis a établi que la maladie touche un enfant sur 110 et un sur 70 pour les garçons, plus souvent atteints. Alors que la prévalence était auparavant de 1 pour 150. Ceci montre que l'autisme est un véritable problème de santé publique qui mérite des investissements conséquents.

Pourquoi cette augmentation?

Cette pathologie est mieux connue et donc mieux repérée. Et l'élargissement de la définition de la maladie peut également être responsable de cette augmentation. Au delà, l'augmentation du nombre d'enfants atteints fait craindre l'intervention d'autres facteurs, notamment ceux l'environnement. Des pesticides ont pu être mis en cause.

Dans le même temps, la recherche avance ?

Beaucoup de progrès ont été réalisés grâce à l'imagerie médicale et aux recherches sur les gènes qui favoriseraient l'apparition de l'autisme. Il est clair désormais que la maladie a une origine génétique. De nombreux gènes pourraient être impliqués. Nous avons ainsi mis en évidence des mutations génétiques et de nouveaux gènes impliqués dans cette affection.

Fait on des progrès en matière de dépistage ?

Ceci fait actuellement l'objet de nombreux travaux. A ce propos, le Ceresa et l'Université du Mirail vont accueillir en septembre Sally Rogers, un éminent chercheur du M I.N.D. Institute (Medical Investigation of Neurodevelopmental Disorders). Elle vient de Californie à Toulouse pour superviser la mise en place d'un programme innovant qu'elle a créé et qui permettrait de faire évoluer plus rapidement et plus en profondeur de jeunes enfants dépistés précocement.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/18/1037547-Bernadette-Roge-L-autisme-en-nette-augmentation.html

 

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05 mars 2011

Sur Vosges télévision petit reportage intéressant sur le syndrome d'asperger

Je vous laisse découvrir Damien 12 ans asperger un petit bout émouvant qui passe à la TV :

http://www.vosgestelevision.tv/emission.php?id=5#&t=0.6499628746566992&t=0.5532273318298375

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article publié par le figaro.fr du 4 mars 2011

Scolarisation/handicapés: une mission

AFP
04/03/2011 | Mise à jour : 16:31

Le président Nicolas Sarkozy a demandé au sénateur des Pyrénées orientales Paul Blanc (UMP) de réfléchir aux moyens d'améliorer la scolarisation des jeunes handicapés, vendredi dans une lettre de mission.

Dans cette lettre, dont une copie a été remise aux agences de presse par l'Elysée, le chef de l'Etat reconnaît que la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances a permis de "réels progrès" en matière de scolarisation des enfants handicapés mais que des "inquiétudes" demeuraient. M. Sarkozy demande donc au sénateur, qui a été l'un des principaux artisans de cette loi, de lui faire des propositions dans plusieurs domaines. A charge pour lui de proposer des moyens d'améliorer "la pratique des maisons départementales des personnes handicapées en matière d'évaluation des besoins des enfants et de prescription d'auxiliaires de vie scolaire".

M. Blanc réfléchira également aux moyens d'améliorer "l'accompagnement des enfants à l'école ordinaire, pour assurer la présence, la qualité du recrutement et la formation de personnels auxiliaires de vie scolaire" ainsi que "la scolarisation des enfants accueillis en établissements et services médico-sociaux". L'amélioration de "la coopération entre éducation ordinaire et éducation adaptée" est une autre de ses tâches.

Pour cette mission, le président a demandé au premier ministre de nommer M. Blanc parlementaire en mission auprès de la ministre des Solidarités pour une période de quatre mois. Le sénateur devra lui remettre son rapport avant le 15 mai.

Selon des experts qui s'étaient réunis mercredi à Paris, la scolarisation des élèves handicapés a progressé depuis la loi de 2005, mais il reste encore de nombreux points à améliorer, notamment en termes de formation des enseignants qui souffre, selon eux, de manque de préparation, absence de modules spécifiques dans la formation initiale, absence de stage...

Selon le ministère de l'Education nationale, en cinq ans, le nombre d'élèves scolarisés dans le second degré (collège et lycée) a quasiment doublé et le nombre d'élèves accompagnés par un auxiliaire de vie scolaire individuelle (Avsi) a plus que triplé avec 61.000 enfants en bénéficiant. A la rentrée 2010, 35.000 enfants handicapés étaient scolarisés en maternelle, 91.000 en élémentaire, 63.000 en collèges, 5.600 en lycée général et technologique et 6.400 en lycée professionnel.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/04/97001-20110304FILWWW00489-scolarisationhandicapes-une-mission.php

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04 mars 2011

article publié par le parisien.fr le 2 mars 2011

Société

Quand le handicap bouleverse la famille

Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d’Oise), lundi. Clothilde pose avec son fils Maël, 4 ans, autiste. ( (lp/philippe lavieille.) )

Anne-Cécile Juillet | 02.03.2011, 07h00

Il y a le jour où l’on apprend qu’on attend un enfant, et le jour où l’on apprend qu’il est handicapé. Deux instants qui s’entrechoquent, entre joie et angoisse, espérance et imprévu, dont ne sort qu’une certitude : déjà avec un enfant « typique », comme disent certains associatifs, l’éducation ressemble parfois à un sport de combat, alors avec un ou plusieurs petits handicapés, c’est face à un parcours du combattant que se retrouvent les familles.

D’un point de vue matériel, souvent; psychologique, tout le temps.

Pour les aider à vivre quelques moments délicats — du regard des autres aux crises du couple, en passant par la place de chacun dans la maison —, le magazine « Déclic », édité par Handicap international, vient de publier un guide hors-série, « Etre parent d’enfant différent »*. Paroles de parents à partager, conseils de spécialistes à méditer, pistes de lecture, autant de petits coups de pouce utiles dans les moments difficiles.

L’annonce, une « mise à nu »

L’annonce du handicap constitue toujours une rupture, un basculement : « Il y a le monde d’avant, celui où les mamans faisaient des projections heureuses, analyse Marie-Frédérique Bacqué, psychopathologue. Puis il faut tout reconstruire, le passé comme l’avenir, après l’annonce du handicap. C’est une sorte de second accouchement, découvrant un autre moi »… Auquel il vaut mieux tenter de s’adapter au plus vite. Et en parler à son entourage de manière franche et directe.

Enfants différents, parents… comme les autres

Ce n’est pas parce qu’on élève un enfant différent qu’on est différent, meilleur, ou carrément héroïque ! « Les gens pensent qu’on est au top, c’est énervant, car c’est loin d’être le cas », témoigne Marie, maman de Juliette, 9 ans, infirme motrice cérébrale. Baby blues, blues tout court, déception, découragement, colères, envie de tout envoyer balader, juste pour ne plus entendre un seul cri… Culpabiliser ne sert à rien. Une fois ce poids ôté, on avance plus léger.

Le père, celui qui donne le cap

Souvent moins sujets aux épanchements, les papas ont tendance à garder pour eux leur déception : leur petit ne sera pas polytechnicien ou avocat… « Ce n’est pas parce qu’un enfant est porteur d’un handicap qu’il n’a pas d’avenir ou que sa vie sera forcément cauchemardesque, nuance la psychanalyste Catherine Mathelin-Vanier. Il a besoin qu’on l’aide à se projeter. Le père doit embarquer toute la famille dans une même dynamique : conjuguer les efforts de chacun pour accompagner l’enfant, le faire progresser autant que possible. Lui donner un futur, à lui aussi. »

Ras-le-bol des donneurs de leçons

« Et maintenant, vous pensez à l’adoption ? » s’entendent parfois dire certains parents. A l’arrivée d’un enfant différent, l’entourage du couple est parfois pressé d’apporter ses commentaires et recommandations. Au point parfois d’interférer dans la reconstruction de l’équilibre conjugal, ou carrément de laisser entendre qu’il ne faudrait plus avoir de relations sexuelles. Une certaine forme de résistance s’impose; au contraire, tenter de bichonner son couple est primordial.

Malgré les tentations, ne pas s’isoler

« Quand je discute avec une maman dont l’enfant est également autiste, je suis comme en pays connu, il n’y a pas de jugement, pas de question superflue, nous n’avons pas à nous justifier, c’est un soulagement immense », témoigne Tina, la maman d’Henrik, autiste, 16 ans. « Chaque famille trouve les solutions en fonction de ses compétences et de son histoire », explique Pilar Léger, psychologue. Adhérer à une association est souvent bénéfique. Mais, selon la spécialiste, il « faut garder des lieux où la maladie n’entre pas ». C’est-à-dire, malgré tout, tenter de ne pas vivre 100% handicap. * Collection Vie de famille et handicap, 25 €, disponible en commande sur www.magazine-declic.com, espace La boutique.
 

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Un mois de février bien rempli

Les 5 & 6 février Elise est partie en week-end avec l'association A Bras Ouverts ... toujours très heureuse de partir avec ABO !

Le week-end suivant comme c'était les vacances scolaires pas d'activités mais elle a beaucoup apprécié sa maison et les promenades habituelles que nous avons faites sur les bords de la Marne ... de temps en temps il faut bien se poser.

Les 19 & 20 février un nouveau départ avec ABO ! Celui-là non programmé mais comme des accompagnateurs s'étaient inscrits en raison des vacances scolaires, Elisabeth, la responsable du groupe "Les Baladins" nous a appelé dans la semaine pour nous demander si Lisou serait intéressée .... et sans beaucoup d'hésitation nous avons répondu par l'affirmative. Le vendredi après-midi, je suis allé la chercher au foyer ... elle était rayonnante quand je lui ai appris la nouvelle !

Et pour finir le jeudi 24 en fin d'après-midi, j'ai été la prendre à Saint Mandé car le lendemain nous partions pour un week-end prolongé chez Mamie. Inutile de vous dire que dans ces cas là elle est super motivée. L'occasion de passer quelques jours à Belleville avec son frère David qui est venu avec nous  ... de retrouver Mamie ... avec qui elle était invitée pour fêter les 50 ans d'Alain, un cousin entouré de toute sa famille proche. Pepito, le chien de Mamie, a lui aussi beaucoup apprécié la visite de Lisou ... l'un et l'autre s'adorent.

Retour au foyer le mardi matin pour entamer une semaine courte par sa séance individuelle avec Ioanna Papadopoulou son accompagnante du cabinet ESPAS IDDEES ...

Vous l'aurez compris, Lisou n'a pas vraiment eu le temps de s'ennuyer.

 

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Lettre aux médias français publiée sur le site Autisme APACA - 3 mars 2011

Je vous recommande la lecture de ce document militant qui montre les difficultés de la prise en charge adaptée de l'autisme dans l'hexagone et donne un certain nombre de clés pour comprendre :

http://autismepaca.aceboard.fr/338318-2812-15619-0-Lettre-medias-Francais-traitements-autisme-inegalites.htm

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article publié sur le site Autisme Infantile Ressources et entraide - 2 mars 2011

Victimisation, prudence, commodité, perfection et instinct

L’autisme. Un handicap qui touche énormément de vies, celles qui sont marquées par des difficultés dès la naissance, et celles qui sont changées à jamais lors de son apparition.

C’est très dur – pour nos enfants, pour nous, parents, qui avons cette lourde tâche de les élever, de les aider, de les faire progresser. Excessivement dur. Nos vies, nos habitudes, notre comfort: tout a été chamboulé définitivement, et les années qui passent ne rendent pas les choses plus facile, bien au contraire.

Nous ne devons pas être des victimes

Nous sommes au plus bas, c’est clair! Mais cette tragédie qui nous tombe dessus nous donne-t-elle le droit de nous appitoyer sans cesse sur nous-même, de nous trouver des excuses continuellement, de justifier notre immobilisme et nos plaintes?

Après tout, nous serions en droit de trouver la vie dure, pauvre de nous. Mais il faut arriver à aller au-delà du stade de la victime, au-delà du stade du survivant, pour avancer et agir, car les victimes n’agissent pas, elles restent là, à pleurer, à attendre qu’on les plaigne.

Nous ne sommes pas des victimes. Ne nous devons pas être des victimes. Nous devons nous élever au-dessus de cette description de nous-même et combattre, donner tout ce que nous pouvons à notre enfant. Nous le lui devons, et nous le devons à nous-même, car l’avenir sera bien sombre si nous nous complaisons dans cet état.

Les victimes ont l’impression qu’elles n’ont pas de pouvoir sur leur état (financier, d’esprit, moral, etc.), qu’elles ne peuvent pas faire de changement dans leur vie, et qu’ils faut que quelqu’un d’autre les sauve.

Les victimes croient que leurs seuls boulots c’est de tenir bon, de rester désespérées, résignées ou apeurées. C’est faux. Vous pouvez décider de réagir, de bouger, de vous motiver, de construire. Refuser l’état de victime ou de « survivant », c’est devenir son propre héros. Vous pouvez sortir de ce mode de fonctionnement. Si. Vous le pouvez. Faites-le.

Il faut refuser de rester prudent à tout prix

Il faut aussi refuser de rester dans la semi-sécurité de ce que l’on connait. Il faut oser sortir des sentiers battus pour permettre à notre enfant de progresser. Frapper à toutes les portes pour obtenir un diagnostic. Sortir du mode « mon enfant n’a rien, c’est vous qui êtes tous cinglés » et se poser des questions. Ceux qui veulent rester « tel quel », en l’état, n’avancent pas, et verront dans quelques années les résultats de tout ce temps perdu pour leur enfant.

La sécurité n’est qu’une illusion. Demain, quelqu’un – probablement votre enfant – vous ouvrira les yeux, et votre monde sera chamboulé tout pareil. Sauf qu’en plus votre enfant aura grandi, sans aide, sans soutien, et il sera sans doute plus difficile de le faire progresser que s’il avait été pris en charge tout petit.

La prudence et la sécurité peuvent aussi être mauvaises conseillères. Que serait devenu Matthieu si j’avais écouté la première chose qu’on m’a dit en réunion d’équipe éducative, si je l’avais placé sans réfléchir en hôpital de jour, parce que c’est plus facile, c’est plus commode pour tout le monde? Nous n’aurions sans doute pas connu le succès de cette année scolaire – si petit soit-il. Matthieu aurait sans doute perdu son temps à faire de l’occupationnel, au lieu de travailler, d’apprendre, de se sociabiliser.

Sans pour autant foncer dans le tas à la moindre ouverture, il faut aussi prendre des tangentes, oser ne pas faire « comme tout le monde », se faire son propre chemin en pesant les pours et les contres, mais sans jamais se résoudre « parce que c’est ce que tout le monde fait, parce que c’est plus sûr ».

Sortir de sa zone de confort

Et si j’avais laissé tomber sa fabuleuse équipe thérapeutique, sur recommandation de l’école qui trouvait que ça faisait trop loin? Par commodité, pour en prendre une plus proche de chez nous? Avec des personnes qui m’ont fait une mauvaise impression d’emblée, avec leurs idées archaïques de l’autisme, et qui m’ont demandé dès la première rencontre des questions culpabilisantes?

Certes, ça serait beaucoup plus simple pour moi que mes enfants soient pris en charge en totalité à côté de chez nous, ça me permettrait de faire autre chose de mes journées, ça me permettrait d’éviter de longs trajets et de longs moments en salle d’attente. Égoistement, ça serait clairement mieux pour moi, beaucoup plus commode.

Mais je reste convaincue que, malgré la distance, malgré la fatigue, Matthieu est mille fois mieux pris en charge avec son équipe à Toulouse. Et donc, pas question de choisir moins bien pour mon confort, sachant que c’est mon fils, son avenir et le mien, par extension, qui en pâtissent.

Accepter que tout ne peut pas être parfait, et avancer quand même

Ceux qui visent la perfection en tout point n’avancent pas.

  • « Je vais attendre que mon enfant soit diagnostiqué avant de chercher des prises en charge »
  • « Ça ne sert à rien de faire une heure de prise en charge (orthophonie, psychomotricité, ABA, etc.), donc je vais attendre d’avoir [l'argent, le temps, le soutien, etc.]« 
  • « Mon enfant n’arrivera jamais à rattraper son retard, donc je ne vais pas le pousser à avancer et à progresser »

Il y a de nombreuses façons de se tirer une balle dans le pied au niveau de la prise en charge, et viser à tout prix sa vision de la perfection peut empêcher d’avancer.

Nous sommes par essence imparfaits, et donc les choses peuvent ne pas se passer pile poil comme nous le voudrions. Les erreurs et les imperfections font partie de notre quotidien et sont notre manière d’apprendre. Cela ne doit pas nous empêcher de pousser vers une amélioration, même si elle est légère, même si elle prendra du temps, même si les obstacles continuent à s’accumuler sur notre chemin. Tout vaut mieux que de rester statique.

Méfiez-vous de l’instinct seul

L’instinct est une bonne chose, mais tout ça peut vous mettre dans les ennuis si vous ne l’associez pas à la réflexion. Vous sentez que cet intervenant n’est pas le bon pour votre enfant. Vous sentez que la prochaine activité à faire est du karaté ou de la musique pour votre enfant. Vous sentez que ci, que ça, que l’autre.

Loin de moi l’idée de dire que l’instinct n’est pas une bonne chose à laquelle se fier, moi qui suis quelqu’un de très émotionnel. Mais il faut savoir quand donner suite à son instinct, et quand se poser deux minutes pour réfléchir.

  • Changer d’intervenant parce qu’il n’y a pas de feeling avec celui-ci? Instinct.
  • Risquer de se retrouver sans prise en charge pendant des mois si personne n’a de place dans son emploi du temps pour votre enfant? Réflexion.
  • Mettre son enfant à la musicothérapie parce que vous savez qu’il aime écouter de la musique et que vous l’imaginez devenir un petit génie du piano? Instinct.
  • Se rendre compte que pour payer les séances il va falloir manger des pâtes pendant des mois? Réflexion.

Vous voyez? Il faut utiliser les deux pour prendre des décisions. Parfois l’instinct gagne, parfois la réflexion, mais le mieux c’est lorsque les deux arrivent à cohabiter et à choisir ensemble.

Faites de votre mieux pour briser les chaînes qui vous lient: victimisation, prudence à outrance, besoin de commodité, idéal de perfection et suivre aveuglément son instinct. Une fois sorti de ces barrières, vous ne vous en porterez que mieux et pourrez aider plus aisément votre enfant.

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/victimisation-prudence-commodite-perfection-et-instinct/

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article publié sur le site Autisme Infantile Ressources et entraide - 3 mars 2011

Où fuir, loin des prises en charge « à la française »?

On lit de plus en plus de messages désespérés de parents qui, ne trouvant pas en France de prises en charge adaptées au handicap autistique de leur enfant, envisagent de fuir à l’étranger.

On ne le dira jamais assez, la pénurie de lieux d’accueil adaptés et de professionnels compétents, dans notre douce France trustée par la psychanalyse, pousse de plus en plus de familles à l’exil thérapeutique. Mais où fuir? J’aurais tendance à dire, partout sauf l’Argentine, mais ce ne serait pas un propos suffisamment nuancé.

Si vous envisagez de fuir au Canada, sachez que les prises en charges, notamment ICI, sont dans les règles de l’art, mais les listes d’attente sont longues comme un jour sans pain, et les services – de bonne qualité, mais dans le privé – ont un coût assez rédhibitoire, quand on arrive seulement à trouver un professionnel (il y a une pénurie d’orthophonistes au Canada, par exemple). Par ailleurs, émigrer au Canada est très compliqué, particulièrement avec un enfant handicapé, et les conditions d’immigration se sont encore durcies l’an dernier.

Les États-Unis peuvent apparaître comme un El Dorado. C’est sûr que vous avez peu de chance de tomber, là-bas, sur des psychanalystes. Cependant, la qualité des soins (même en comportemental) est très différente d’un état à l’autre, la protection sociale est a minima, et la scolarité d’un enfant autiste se fait le plus souvent dans le privé. Donc, à moins d’avoir vraiment les moyens financiers, c’est difficilement envisageable. Par ailleurs, ici encore, les modalités d’émigration sont très restrictives (carte verte).

Notre bonne vieille Europe est cependant pleine de ressources, d’autant plus intéressantes que l’Union ne connait pas de frontières: on peut travailler partout en Europe et circuler librement. À nos frontières, la Belgique scolarise nos enfants autistes sévères en TEACCH, et hébergent nos autistes adultes, en TEACCH toujours. À quelques kilomètres de notre frontière basque, l’Espagne développe des prises en charge de pointe. Plus loin, l’Angleterre offre plus de places en centres ABA à Londres seulement que dans toute la France (c’est pas trop difficile, me direz-vous). Enfin, la Scandinavie (la Suède notamment, mais aussi le Danemark, la Norvège ou la Finlande), portée par une culture protestante très vive, a développé une attention et une prise en charge uniques du handicap autistique, en comportemental, sur tout le spectre, et sur la vie entière. Inutile de rappeler que la Sécurité Sociale française rembourse ce qu’elle doit rembourser pour ses ressortissants partout en Europe…

Enfin, on le sait sans doute moins, mais à Rosh Pina, en Israël, on trouve de bonne prises en charges précoces (et il y en a sans doute ailleurs dans le pays). Je ne sais pas où en est aujourd’hui le projet en Tunisie après la révolution, mais un master ABA était en cours de création dans l’Université de Tunis.

Bref , il y a des solutions ailleurs (je me suis même laissé dire qu’l y avait un psy ABA en Hongrie, à Budapest, c’est dire), avec à chaque fois des avantages et des inconvénients.

Vous avez tenté l’aventure? vous avez envie de la tenter? Vous savez comment se passent les choses ailleurs? Laissez un commentaire!

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/ou-fuir-loin-des-prises-en-charge-a-la-francaise/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:AutismeInfantileAutismeInfantile

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