14 novembre 2016

La Roche-sur-Yon. La première école maternelle pour enfants autistes ouvre en Vendée

article publié sur le journal du pays Yonnais

Une unité d'enseignement maternelle pour autistes vient d'ouvrir au sein de l'école de l'Angelmière, à La Roche-sur-Yon.

 

À l'Angelmière, cinq élèves ont fait leur rentrée dans la première unité d'enseignement pour les enfants présentant des troubles du spectre autistique.À l'Angelmière, cinq élèves ont fait leur rentrée dans la première unité d'enseignement pour les enfants présentant des troubles du spectre autistique.

Une unité d’enseignement maternelle pour autistes vient d’ouvrir au sein de l’école de l’Angelmière, à La Roche-sur-Yon. Une première en Vendée qui doit favoriser l’intégration future de ces élèves dans une classe « ordinaire ».

Cinq enfants, de 3 à 6 ans, ont fait leur rentrée en septembre. « Une scolarisation précoce et structurée augmente l’autonomie des enfants » présentant des troubles du spectre autistique. C’est dans ce but que le 3e plan autisme a été mis en place au niveau national, « avec la création de 110 Unités d’enseignement maternelle pour autistes (UEMA) », rappelle Etienne Le Maigat, délégué territorial de l’Agence régionale de santé (ARS).

En Vendée, l’UEMA de l’Angelmière est rattachée administrativement au SESSAD départemental de l’Adapei-Aria. L’ARS finance la partie médico-sociale à hauteur de 280 000 € par an. « C’est une vraie nouveauté au niveau départemental, se félicite Gilles Fardin, inspecteur de l’Education nationale. Elle va permettre à ces élèves de vivre une première expérience scolaire pour progressivement apprendre le « métier d’élève » ».

Derrière cette prise en charge précoce, l’objectif est « d’amener les élèves à rejoindre la classe ordinaire. Ils vont développer des compétences scolaires et apprendre à vivre avec les autres ».

« La même journée qu’une autre classe »

Le 12 septembre, cinq enfants, âgés de 3 à 6 ans, ont fait leur rentrée. Deux autres élèves pourraient intégrer la classe en cours d’année, l’unité pouvant accueillir sept enfants. La journée type « est sensiblement la même qu’une autre classe de maternelle, souligne Marine Herbreteau, l’enseignante spécialisée de l’UEMA. Les objectifs sont les mêmes que les autres classes, mais déclinés différemment, avec de l’aide et du matériel particulier ».

L’enseignante est épaulée par une équipe pluridisciplinaire (pédopsychiatre, psychologue, psychomotricien, orthophoniste…). Les enfants ne sont pas coupés des autres classes : « Ils partagent beaucoup de temps avec les autres enfants de l’école, à la cantine et pendant les récréations ».

Quelques semaines après l’ouverture, les parents remarquent déjà les premiers effets positifs : « Il est content de venir à l’école, se réjouit un des parents d’élèves. On le sent progresser un peu plus chaque jour ».

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Boulevard des auditeurs - Vaincre l'autisme - émission très complète sur Radio Orient

Publication sur Radio Orient

10 Nov 2016

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vaincre l'autisme photo radio orient

«Boulevard des Auditeurs» VAINCRE L’AUTISME


Parmi les invités de l’émission :

– M’hammed Sajidi, président de « Vaincre l’autisme »
– Paloma TREJO, psychologue, directrice de FuturoSchool
– Hugo Horiot, écrivain, comédien, réalisateur et militant pour la dignité des personnes autistes. Son dernier ouvrage « Carnet d’un imposteur », éditions L’Iconoclaste

Par téléphone :

- Florent CHAPEL, porte parole du collectif autisme
– Aurore, autiste Asperger, mère de deux enfants autistes
– Odile DE VISMES, Présidente de l’association TouPI
«Boulevard des Auditeurs», émission de Radio Orient
Edition présentée par François-Xavier de Calonne

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10 novembre 2016

Bonneuil : l'école prestigieuse pour autistes dans le collimateur

article publié dans Le Parisien

Denis Courtine|08 novembre 2016, 19h26|0

Bonneuil-sur-Marne, rue Pasteur, lundi après-midi. L’école expérimentale de Bonneuil se trouve depuis 1962 dans ce quartier pavillonnaire. LP/DC

C’est une école prestigieuse qui reçoit chaque jour des sollicitations d’étudiants étrangers souhaitant y faire un stage. Un des derniers endroits dans le monde où l’on propose une autre façon de s’occuper des jeunes souffrant de troubles du comportement.

Aujourd’hui, l’école expérimentale de Bonneuil se retrouve confrontée à une grave crise. Selon la direction, l’Agence régionale de santé (ARS), qui la finance, menace le maintien de l’agrément infanto-juvénile en raison d’un taux trop important de jeunes adultes. Neuf familles — sept selon la directrice — doivent donc retirer leur enfant de l’école d’ici le 16 décembre. Et ce n’est pas tout. Toujours selon la direction, l’ARS vient d’indiquer que le foyer thérapeutique de nuit, ouvert depuis 2000, fonctionnait sans autorisation. En clair, d’ici la fin de l’année, plus question pour une quinzaine d’enfants de rester la nuit dans l’établissement.

Pour les parents, c’est évidemment une catastrophe. L’école, persuadée qu’on lui « fait porter le manque de places en France pour les autistes » et « tiraillée par l’ARS », déplore une « décision terrible à prendre ». Et la directrice Pauline Brallon d’avancer : « Notre établissement a toujours gêné. »

 

Créée en 1962 par Maud Mannoni, une figure de la psychanalyse pour enfants, cette école, qui accueille une quarantaine de jeunes, fonctionne d’une certaine façon à contre-courant de la prise en charge des autistes. Pour vulgariser, ici, on n’essaye pas de les stimuler pour gommer leurs troubles du comportement. On essaye plutôt d’interpréter ces troubles comme autant de messages que l’enfant n’arrive pas à faire passer. Si, par exemple, il martèle qu’il veut se rendre à tel ou tel endroit, on l’y accompagne plutôt que de réprimer cette envie. D’où les nombreuses activités tournées vers l’extérieur.

La mairie de Bonneuil, « propriétaire de la moitié des lieux », s’est associée à la pétition envoyée à l’ARS. Le maire (PCF) Patrick Douet dénonce « la vision comptable » de l’autorité de tutelle à l’encontre de cette « école de grande renommée ».

De son côté, l’ARS réfute avoir sommé l’école d’arrêter la prise en charge des jeunes de plus de 20 ans. Toutefois, en rappelant qu’il « gère un hôpital de jour de pédopsychiatrie », l’établissement « se doit, à l’instar de toutes les structures prenant en charge des enfants, d’organiser les orientations de ses patients devenus adultes et d’aider les familles dans cette période ». Traduisez : on ne leur demande pas de partir mais si l’école continue à les accueillir, elle perdra son agrément.

Les parents veulent « des solutions »

Que vont devenir les jeunes adultes qui devront quitter l’école de Bonneuil d’ici à la fin de l’année ? C’est la question angoissante à laquelle doivent répondre les parents. Cécile Mexandeau en fait partie. Cette habitante du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), dont le fils âgé de 22 ans est concerné par l’annonce, est écœurée. « On a l’impression que tout le monde se renvoie la balle. Il n’y a plus pas de places libres pour les autistes en France. C’est pour ça qu’on nous incite à partir en Belgique. Mais c’est très compliqué. Les garder à la maison ? Mais comment vont faire les mamans qui vivent seules et travaillent ? On ne peut pas le laisser seul à la maison. Tous les autistes n’écrivent pas des livres ou jouent du piano. Les autres, en France, on les cache. On veut des solutions pour nos enfants. »

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08 novembre 2016

Un immeuble en projet à la Rochelle pour les adultes autistes asperger

article publié sur le site de France Beu

Par Charlotte Jousserand lundi 7 novembre 2016 à 6:00

De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco © Radio France - Charlotte Jousserand

Des parents et des associations ont monté un projet immobilier pour les adultes autistes asperger. Pour le moment il n'existe rien ni dans le département ni dans la région. Le projet "Maison bleue" prévoit onze appartements à la Rochelle.

"C'est une maison bleue adossée à la colline...", tout le monde connait le début des paroles de la chanson de Maxime le Forestier. Pour Christine Marcel, la maison de cette chanson "c'est un peu la maison idéale où chaque jeune pourrait vivre selon son rythme et selon ses besoins". Christine Marcel et son mari ont monté ce projet "Maison Bleue" depuis presque deux ans pour leur fils de 23 ans qui est autiste asperger.

Les personnes qui souffrent de ce syndrome sont brillantes mais elles ont des difficultés à gérer le quotidien et à s'organiser. Il n'existe rien actuellement dans le département ou dans la région pour ces adultes. Conséquence, les adultes autistes asperger vivent donc la plupart du temps chez leurs parents ou avec d'autres membres de leurs familles.

Préparer l'avenir

C'est parce qu'il n'y a rien que Christine Marcel et son mari ont décidé d'inventer et de créer une solution adaptée pour leur fils et pour les autres adultes concernés par le syndrome d'asperger. Christine Marcel veut préparer l'avenir : "On n'est pas éternel et on ne veut pas que ce soit sa sœur qui soit responsable de la vie de son frère, il faut qu'ils puissent vivre chacun leur vie".

Les situations peuvent être "catastrophiques" quand l'avenir n'est pas préparé estime Valérie Coco, psychologue à l'Adapei 17. "Après le décès des parents, ce sont très souvent les frères et les sœurs qui prennent en charge, ou alors l'adulte autiste asperger se débrouille mais face à une difficulté il peut paniquer".

Un immeuble avec des services

Une "maison bleue" ce n'est ni une institution, ni un centre spécialisé. Selon Valérie Coco, "la maison Bleue ce sont environ onze appartements réunis dans un même lieu, un petit immeuble. Ce sont des appartements privés que chaque adulte va louer mais pour les aider à gérer leur logement il y a aussi dans cet immeuble des éducateurs pour les aider soit par exemple à préparer les repas où à faire le ménage dans leur logement". Des ateliers pour apprendre "à être un citoyen" où à gérer d'autres problématiques sont également prévus.

Dans le projet sont prévu un rez de chaussé avec six appartements pour des personnes autistes asperger qui sont autonomes mais qui ont besoin d'une visite une ou deux fois par semaine. A l'étage, cinq appartements avec un "plateau technique", c'est à dire des éducateurs qui viendront aider les personnes au quotidien. Un veilleur de nuit est également prévu dans cet immeuble. Christine Marcel souhaite que la maison soit située à la Rochelle ou dans la petite couronne car il faut que les adultes puissent avoir accès au transport et à la vie de la cité.

Des logements déjà testés à Roncq

Ce concept n'existe pas pour le moment dans la région mais de tels logement existent déjà dans le nord de la France, à Roncq près de Tourcoing. Le projet monté par Christine Marcel et son mari, aidé par Valérie Coco, est aussi aidé par l'Association Emmanuelle qui aide les personnes en situation de handicap mental. Diane Compain, membre de l'association Emmanuelle explique que "très souvent ce sont les parents qui sont à l'origine des structures, l'association Emmanuelle apporte une expérience cela fait 42 ans que nous créons des structures pour les personnes en situation de handicap mental".

Christine Marcel, Diane Compain et Valérie Coco cherchent désormais à évaluer le nombre d'adultes souffrant du syndrome d'asperger qui serait intéressé par cette solution de logement. Quant au projet de maison Bleue, il est terminé sur le papier, il sera présenté à la fin de l'année à l'Agence régionale de Santé et au Conseil départemental pour une validation, un financement pour la construction.

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07 novembre 2016

Dix jeunes adultes autistes menacés d'exclusion de l'Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne

article publié sur 94.Citoyens.com

Dix jeunes adultes autistes menacés d’exclusion de l’Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne

Dix familles se battent pour permettre à leurs jeunes adultes autistes de continuer à être accueillis par l’école expérimentale de Bonneuil-sur-Marne (EEB) après avoir reçu en septembre un courrier les invitant à trouver une solution alternative dès décembre.

Créée en 1969 par deux psychanalystes, Maud Mannoni et Robert Lefort, l’Ecole expérimentale de Bonneuil accueille une quarantaine de jeunes autistes et est gérée par l’association CERPP (Centre d’études et de recherches pédagogiques et psychanalytiques).

Neuf semaines pour partir

Après 14 ans d’accueil au sein de l’école expérimentale de Bonneuil-sur-Marne, les parents d’Antoine, aujourd’hui âgé de 22 ans, ont reçu fin septembre une courte lettre de l’établissement, les informant que leur fils devait quitter l’établissement pédo-psychiatrique dans le courant du mois de décembre. «Comme j’ai eu l’occasion de vous en parler à plusieurs reprises lors de  nos entretiens,  nous sommes  sommés  par I’ARS d’arrêter les prises en charges en Hôpital de Jour des jeunes de plus de 20 ans, puisque nous sommes un établissement de psychiatrie  infanto-juvénile. Un travail d’orientation, mis en place depuis plus de deux ans, est en cours. Nous savons que les démarches ne sont pas simples actuellement et nous sommes avertis des difficultés rencontrées par les familles et par notre équipe dans la recherche d’établissements pour adultes. Toutefois comme prévu de longue date par I’ARS, nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de notifier une fin de prise en charge pour votre enfant au sein de notre établissement à compter du vendredi  16  décembre 2016», prévenait Laurence Bruyère, la directrice médicale de l’établissement.

«Ce courrier nous a abasourdis, l’école s’était engagée moralement à garder les enfants tant qu’ils n’auraient pas trouvé de place», témoigne Cécile Mexandeau, la maman d’Antoine. Comme elle, neuf autres parents ont reçu une notification similaire leur laissant seulement quelques semaines pour trouver un autre lieu d’accueil. Dans un courrier à l’école, les parents d’Antoine réclament alors des explications,  démentant que la question ait été abordée à plusieurs reprises. ‘Nous avons évoqué ce sujet une seule fois lors de notre dernier RDV en juillet et jamais  il n’a été dit que la prise en charge d’Antoine se terminerait sans solution d’accueil  alternative‘ y rappelaient les parents qui ont aussi écrit à l’ARS.

A qui la faute ?

Interpellée par les parents, l’école expérimentale indique qu’elle ne fait que se soumettre à la volonté de l’Agence régionale de santé. «Lorsque l’ARS a renouvelé l’autorisation de l’établissement en juillet 2016, elle a rappelé que l’accueil de personnes de plus de 18 ans n’était pas conforme avec le règlement. Constatant à la rentrée que nous comptions toujours parmi nous de jeunes adultes, l’ARS a réitéré son opposition verbalement. C’est suite à cela que nous avons envoyé ce courrier aux parents», explique Bruno Lorit, l’avocat de l’école. Depuis, l’école expérimentale a décidé d’agir pour le maintien des jeunes adultes en son sein. L’avocat de l’établissement estime que l’Agence régionale de santé ne s’appuie sur aucune base légale évoquant l’absence de limitation d’âge dans les textes juridique ou réglementaire. «Nous avons adressé un recours gracieux auprès de l’ARS pour qu’elle revienne sur sa décision, nous pensons qu’elle saura faire preuve de sagesse», poursuit l’avocat du centre.

De son côté, l’agence dément toute requête d’exclusion. «L’annonce que l’ARS sommait l’EEB d’arrêter les prises en charge en hôpital de jour des jeunes de plus de 20 ans à compter du 16 décembre 2016 est erronée, pose l’agence. L’ARS n’a pris aucune mesure de retrait de financement à l’encontre de l’Ecole expérimentale de Bonneuil (EEB), association autorisée pour la gestion d’un hôpital de jour de pédopsychiatrie. L’ARS a encore moins pris de dispositions individuelles à l’encontre de tel ou tel patient. Par ailleurs, l’EEB souhaite garder sa vocation de prise en charge des enfants et n’a pas sollicité à être transformée en structure pour handicapés adultes», poursuit l’agence régionale.

Pétition de 2700 signatures et lettre du maire au ministre

En attendant qu’EEB et ARS se mettent au diapason,  les familles, paniquées, usent de tous les leviers disponibles pour alerter le ministère de la Santé. Une pétition a été lancée il y a une semaine sur le site change.org, qui a déjà recueilli plus de 2700 signatures. Le maire PCF de la ville, Patrick Douet, a également écrit  à Marisol Touraine, indiquant qu’il était irréaliste pour ces parents de trouver une solution en deux mois, et que cette injonction risquait de les contraindre de quitter leur emploi. Voir le courrier.

La galère pour trouver des solutions adultes en France

«Nous cherchons depuis deux ans un autre lieu d’hébergement pour notre fils. Je suis allé visiter des installations à trois reprises en Belgique. En France c’est compliqué, il y a peu de structures proposées et elles ont très peu de places à offrir. Souvent, elles les réservent à des personnes qui habitent dans la région», témoigne Cécile Mexandeau.

Car la situation des familles des usagers de l’EEB n’est qu’un exemple du manque de structures d’accueil et d’accompagnement des 650 000 autistes de France, déploré depuis des années par les associations, en particulier pour les personnes adultes et vieillissantes.

Voir aussi l’article consacré à cette école par le magazine Lien Social
L’école a aussi fait l’objet d’un film de Guy Seligmann en 1975

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28 octobre 2016

Soutenez les 10 jeunes adultes autistes exclus de l'école de Bonneuil sur Marne

Début octobre, 10 familles de jeunes adultes autistes ont appris par courrier que leurs enfants seraient exclus le 16 décembre prochain de l'Ecole Expérimentale de Bonneuil-sur-Marne, sans autre solution d'accueil prévue, alors que certains sont à la recherche depuis plus de 2 ans d'une solution de sortie. Selon le courrier, l'ARS aurait "sommé" cet établissement de procéder de la sorte pour conserver son agrément en Pédo-psychiatrie.

Ce procédé laisse perplexe et n'a pas été confirmé par l'Etablissement à l'appui d'un écrit. Les familles que nous sommes, ont adressé un courrier commun à l'ARS pour comprendre la teneur d'une telle décision face à laquelle nous sommes démunis. Nous formulons un recours gracieux, se traduisant par un délai supplémentaire, le temps pour celles et ceux qui n'auraient pas trouvé de solution dans les prochaines semaines. Des parents risquent de quitter leur emploi pour assurer la garde de leur enfant. Les délais sont si courts qu'ils ne pourront être indemnisés faute d'effectuer un préavis complet.

Ce contexte brutal fait écho à la situation de pénuries de structures en France. Bien que l'Etat Français s'engage au travers des différents plan Autisme dans l'objectif de "l'accompagnement pour tous" et le "zéro sans solution", l'insuffisance de structures d'accueil adaptées, qui avait été soulignée par la Cour Européenne de Justice est criante.

Nous demandons à ce que ces jeunes adultes autistes soient maintenus à l'Ecole Expérimentale de Bonneuil-sur-Marne le temps nécessaire et qu'ils soient accompagnés pour trouver dans les meilleurs délais une place dans une structure adaptée.

Nous demandons l'appui des autorités de tutelles, pour encadrer et faire respecter par les établissements de soin, les "bonnes pratiques" en matière de sortie de leurs résidents.

Nous, parents, proches, ami(e)s, simples citoyennes et citoyens, appelons à signer cette pétition pour faire entendre la voix de Julien P., Julien L., Antoine, Maximilien, Johann...et toutes celles et ceux qui pourraient à leur tour subir ce genre de situation.

Madame la Ministre, Madame la Secrétaire d’État, nous vous remercions par avance de votre bienveillante attention.

Cette pétition sera remise à :
  • Madame la Ministre des affaires sociales et de la santé
  • Madame la Secrétaire d'État, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion

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Aux armes citoyens ! No pasaran !

Blog : Le blog de Jean Vinçot

Un pédopsychiatre de CMPP a fait un mauvais rêve : "Sur la grille il y a trois panneaux de chantier où il est écrit « interdit aux juifs », « interdit aux chiens », « interdit au packing »…" L'occasion d'insulter les associations de parents d'autistes, puis de hurler à la censure par les technocrates de l'ARS, au totalitarisme.

Sur cette base, il s'est cru autorisé à décrire les associations de parents d’autistes comme étant d'extrême-droite, représentants des lobbys « fortunés », de mettre dans le même sac les films antisémites des nazis et « Le Mur ». Il a parlé de pensée totalitaire, de régime nazi, de dictatures militaires, de lobotomie et de camps.

Les confrères ne seront pas épargnés : « (pédo)psychiatres techno-numérisés, neuro-pédiatres évangélisateurs ou neuropsychologues asser(vis)mentés (…) apprentis-sorciers obscurantistes »

Critiquer la culpabilisation des mères reviendrait à critiquer la « juiverie internationale ».

C'est incroyable ! Vous pouvez encore consulter ce délire dans les archives du Web.

Ce texte a été publié sur le site du collectif des 39. J'ai sympathisé avec l'idée de la lutte contre la nuit sécuritaire, mais cette dérive enlève tout crédit à la démarche de ce collectif et des associations qui l'ont fondé.

En 1933, les staliniens décrivaient la social-démocratie comme étant « social-fasciste ». On a vu le résultat devant cet aveuglement.

Prétendre voir le fascisme dans les associations de défense des personnes autistes est certes seulement débile, mais n'est pas la meilleure façon de lutter contre le fascisme là où il est réellement.

A défaut de lutter contre le fascisme, on va lutter contre l'Etat bourgeois, les technocrates de l'ARS.

On va crier à la censure et aux attaques contre la démocratie.

Rien de tel qu'un amas de conneries pour conduire à des prophéties autoréalisatrices.

Ces élucubrations ont conduit à des protestations des associations visées.

Ciel ! L'ARS nous censure !

Certes, l'ARS s'en est inquiété auprès de l'employeur et de la HAS. Résultat : rien.

Par contre, l'union régionale Autisme France a porté plainte auprès de l'ordre des médecins. Vous pouvez en lire la conclusion sur le site du collectif des 39 :

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8400

Le texte est retiré à la demande de la présidente de l’union régionale Poitou-charentes d’Autisme France suite à la réunion de conciliation organisée par le conseil départemental de l’ordre des médecins de Gironde.

Il est remplacé par le texte suivant de Philippe Rassat :

« Sincèrement je n’ai jamais eu l’intention, en m’exprimant comme je l’ai fait, dans le cadre d’un débat d’idée, de heurter quiconque.  Si tel est le cas je le regrette et je présente mes excuses aux parents qui ont pu être affectés. »

Ainsi, il n'est pas justifiable sur le plan déontologique qu'un médecin insulte les associations d'usagers.

Autant que ce soit l'Ordre des Médecins qui le dise.

Quand je lis Pierre Delion et Jacques Hochmann, je sais – j'ai au moins l'impression – que je ne me retrouve pas en face de « psychanalystes furieux » décidés à insulter une mère d'autiste. Je n'ai pas eu l'occasion d'en rencontrer directement, mais j'ai regardé en 2006 un film projeté par Bernard Golse où Serge Lebovici, assis sur une chaise, maltraitait la mère d'un enfant avec syndrome de Rett assise à ses pieds.

Jacques Hochmann décrit les dérives de ses collègues (pour mieux traiter d'autistes ou de communautaristes les parents et les associations).

Pierre Delion défend la nécessité de donner le diagnostic, et dit qu'il laisse libre les parents de pratiquer l'ABA.

S'ils veulent être crédibles, ils devraient s'occuper des délires de leur confrère, délires appuyés au nom de la liberté d'expression par le collectif des 39.

Des psychiatres doivent quand même être capables d'analyser les rapports de force entre patients, parents et professionnels – qu'ils parlent de transfert, de contre-transfert ou d'autres appréciations sociologiques. La situation d'inégalité est partiellement compensée par la constitution des personnes concernées en associations. Prétendre mettre en contradiction la relation individuelle et les positions des associations est puéril. C'est trop facile : avant et après le diagnostic, c'est la plupart du temps dans les associations que les personnes concernées trouvent des solutions et des ressources.

Christiane Jean-Bart a bien analysé ces questions.

http://www.ouest-france.fr/societe/autisme-les-parents-doivent-etre-ecoutes-3891239

http://livre.fnac.com/a8852928/Jean-Bart-Christiane-Autisme-le-sacrifice-invisible

http://medias.dunod.com/document/9782100716449/JEAN-BART-Laccompagnement-de-lenfant-autiste.pdf

Je ne comprends décidément pas comment des professionnels peuvent s'enferrer dans de telles logorrhées. Un, d'accord. Mais un collectif de 39 associations ?

Ce qui résulte des menaces de signalement : http://www.leparisien.fr/thiais-94320/a-thiais-une-jeune-mere-de-famille-se-tue-en-sautant-du-8e-etage-26-10-2016-6255975.php

PS : Je ne trouve pas très malin l'attitude d'un humoriste qui sablerait le champagne à l'occasion du suicide de Bettelheim.

Ne pas oublier cependant qu'il avait dit à la TV : «  "Dans le cas de ces enfants extrêmement perturbés, non seulement personne ne s'en souciait, mais il y avait un souhait que ce serait beaucoup mieux si l'enfant ne vive pas."

Et que cette thèse est défendue encore aujourd'hui dans la formation d'éducateurs, que « La Forteresse Vide » est le premier livre proposé à ceux-ci. 

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J'ai fait un mauvais rêve. Texte du pédopsychiatre Philippe Rassat, membre des 39 - Mai 2016

Le Collectif des 39 publie, à nouveau, le texte qui a été confié à son Blog par le pédopsychiatre Philippe Rassat, afin de mener dans cet espace, dédié à la réflexion des professionnels et des proches des patients en psychiatrie, un débat autour des questions, des tensions, voire des tempêtes, concernant la pratique du packing.

En effet, sa publication avait été suspendue par prudence durant cet été, suite aux actions surprenantes de l’ARS d’ Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente qui a non seulement condamné les opinions de Philippe Rassat (ce qui, en soi et sous cette forme, est déjà surprenant pour une agence publique), mais qui a décidé d’intervenir auprès de ses deux employeurs d’une façon qui aurait pu aboutir aux licenciements de ce professionnel ! Cela nous a paru extrêmement inquiétant et incompréhensible, et nous avons donc pris le temps nécessaire de réflexion et de conseil juridique.

Le Collectif des 39 tient à préserver, malgré ces attaques qui témoignent d’une ambiance de plus en plus anti-démocratique, l’existence d’un espace d’expression respectueux à la fois de la liberté des opinions et du droit.

Nous tenons toutefois à faire remarquer, que les actions de l’ARS qui visent l’auteur du texte semblent, sur certains points, confirmer les préoccupations exprimées dans son texte par Philippe Rassat – acteur de terrain attentif, citoyen engagé et professionnel apprécié – sur la dimension idéologique autoritariste, antidémocratique, du management qui se répand dans le champ du soin. Les épisodes des Plans autisme, et celui plus récent de la création des GHT, en sont des exemples criants expérimentés par tous les professionnels.

Nous tenons à rappeler également que le film « Le Mur », soutenu par un collectif qui comprend à la fois des parents et des tenants des «thérapies» cognitivo-comportementales, dont parle Philippe Rassat dans son texte, a d’abord été condamné à l’interdiction de diffusion. A notre connaissance cette interdiction a été levée en appel, en vertu de la liberté d’expression, sans pour autant que le tribunal d’appel désavoue le fait qu’il s’agit d’un montage manipulateur, qui nous apparaît digne des films de propagande des régimes extrémistes des années 30-40. L’immense majorité des familles des enfants autistes et des professionnels ne peut se reconnaître dans ces procédés condamnables.

J’ai fait un mauvais rêve.

J’arrive devant la grille du CMPP, elle est fermée, elle qui est toujours ouverte jour et nuit, je n’ai pas la clef, je ne peux pas rentrer. Sur la grille il y a trois panneaux de chantier où il est écrit « interdit aux juifs », « interdit aux chiens », « interdit au packing »…elle devient immensément grande, je ne peux pas l’escalader…
Je me réveille. 
Je me suis dit que comme d’habitude mon inconscient me disait la vérité et …j’ai écrit ce texte.

Interdit au packing

La circulaire mise en ligne le 3 mai 2016 interdit la conclusion des CPOM (Contrat Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens) avec les ESSMS (Etablissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux) recourant au packing.
C’est la conséquence somme toute logique du troisième plan autiste qui préconisait l’interdiction du packing tandis qu’il n‘infligeait qu’un « non consensuel » à la psychanalyse et à la psychothérapie institutionnelle.

Carton rouge pour le packing, carton jaune pour les deux autres.

Le premier est dangereux et maltraitant, les seconds sont moins dangereux mais potentiellement tout aussi maltraitants.

Deux logiques soutiennent ces décisions : la haine de l’inconscient et l’incompétence démagogique sur fond de maitrise budgétaire. La haine de l’humain et la démagogie du je m’en foutisme pourvu que ça rapporte des voix.
Marisol Touraine et Ségolène Neuville pourraient être gênées, avoir un peu honte, se faire modestes.
Mais non, elles sont très contentes d’elles et, pire, elles sont adoubées et soutenues par les plus grands médias publics et privés qui, surfant sur la dictature du politiquement correct, mêlent leurs bêlements à cette logique qui fut celle de tout les totalitarismes et de toutes les dictatures et qui reprend un discours, des anathèmes, et des humiliations qui furent ceux du pire de tous, du régime nazi.

Seuls les nazis et quelques dictatures militaires ont brulé les livres de Freud, et ont dit que l’inconscient n’existait pas.
Qu’il n’existait que la volonté, l’éducation, la rééducation, la mise aux normes, la mise aux pas.
En s’appuyant sur un discours médical et scientifique qui conduisait, également… à la lobotomie… et aux camps.

Que proposent d’autres les associations de parents d’autistes d’extrême droite qui ont produit le film « le mur » et qui ont pesé de tout leur poids de lobbys influents et fortunés pour imposer ces interdictions à cette autre curiosité, toute droite issue d’une même pensée totalitaire, la Haute Autorité de Santé ?
Que proposent d’autre, les imposteurs de l’Association Fondamental en prenant petit à petit le pouvoir dans tous les secteurs universitaires psychiatriques ou psychologiques ?
Quelles différences de dire que les autistes sont des handicapés d’origine génétique ou de dire qu’ils sont dégénérés. Il faut les rééduquer pour qu’ils ne fassent plus honte ni à leurs parents ni à l’état. On va leur apprendre à se tenir dans la société « presque » comme tout le monde ?
Quelles différences de dire que l’avenir du 21éme siècle sera à la nano chirurgie qui permettra d’intervenir sur la foi de l’imagerie cérébrale, pour bloquer les neurones « atteints » génétiquement, d’avec le dire que les troubles mentaux étaient éradiqués en enlevant les lobes frontaux du cerveau au début du 20ieme siècle ?
Quelle différence de pensée entre observer les circonvolutions externes du cerveau des condamnés à morts ou des « fous » au 19ème siècle et l’observation de l’onde électrique dans le cerveau des délirants grâce à une IRM ou un scanner ?

Rien.

Au vingtième siècle cette pensée a amené aux films «  Le juif Suss » ou « Le triomphe de la volonté », aujourd’hui elle amène aux films « le mur » ou à des vidéos truquées sur les souffrances provoquées par le packing.

C’est cela qui est en question dans la pantalonnade misérable que nous jouent depuis le début du millénaire des élus et des gouvernants instrumentalisés par des lobbys financiers, pharmaceutiques et familiaux et seulement préoccupés par la démagogie des sondages.

Au Parti socialiste quand on n’est pas au pouvoir «  ça ne pense pas, monsieur, ça ne pense pas », alors quand on y arrive, on se met dans le sens du vent, dans le sens du vent de la société du spectacle et du capital numérique, celui qui est orchestré par les médias de tout poil.

Or les médias, et ce n’est pas le sujet ici d’en trouver la raison, ont un penchant irrépressible pour la défense des animaux et des mères culpabilisées. Depuis le début du troisième millénaire le qualificatif « culpabilisateur » de mères a atteint un degré de mépris et de défiance et d’opprobre équivalent à ceux de « cosmopolite » ou de « juiverie internationale » » qui ont eu le succès que l’on sait au siècle dernier.

Dire simplement que tous les parents, à commencer par nous, se sentent responsables de ce que deviennent leurs enfants, de ce qu’ils sont ou de ce qui leur arrive ce serait commettre un crime de maternophobie !
Nous nous souvenons cruellement d’un journaliste – qui se fait passer pour un humoriste (ou c’est l’inverse) – qui dans une émission à France inter au lendemain de la mort de Bettelheim (qui s’est suicidé en s’étouffant dans un sac et qui était un survivant des camps nazis) avait amené une bouteille de champagne pour fêter sa mort parce que il avait culpabilisé les mères.

Cette ritournelle est une manipulation idéologique perverse qui empêche tout débat, toute réflexion, tout pensée. Comment des élus de la république peuvent-ils en arriver là, qu’ils soient « socialistes » bretons ou « républicains » du nord de la France.

Le packing serait une maltraitance au nom de toute cette idéologie nauséabonde.

Comment un enveloppement humide froid qui saisit le corps perçu, qui recentre tout l’attention sur ce corps qui était devenu si insensible qu’il pouvait être automutilé à la mesure du malheur de celui à qui il appartient, et qui se réchauffe par lui même et par la chaleur de la parole de ceux, présents autour de lui, qui l’accompagnent, doucement, lentement, chaleureusement justement, peut-il être une maltraitance ?

Mme Neuville, Mme Touraine et avant vous Mme Carlotti ou Mme Pinville que savez-vous du malheur des enfants autistes, ou des enfants psychotiques ? Savez-vous que dans les services ou les établissements où nous travaillons nous n’accueillons que des enfants malheureux qu’ils soient sans langage, qu’ils soient déprimés, qu’ils soient agités, qu’ils soient figés dans leur angoisse, que des enfants malheureux nous vous disons, qui ne demandent pas à être rééduqués, à être transformés en objet présentables, en robots obéissants, ou à faire jolis sur la photo. Non, ils demandent à ce que leur malheur humain soit accueilli, écouté, entendu, ils demandent à être portés, regardés, soutenus, à ce qu’on leur donne du temps, de l’attention, de la disponibilité, toutes choses qui ne peut s’évaluer, se quantifier en termes marchands, monétaires, budgétaires ou en termes de qualité, de conformation, de traçage.

Souvent vous utilisez des termes ignobles : « le patient traceur », par exemple, si cher aux directeurs des ARS. La traçabilité des viandes dans les supermarchés vous l’appliquez par l’intermédiaire de vos «  ingénieurs qualités » pour suivre à la trace la vie de ces humains qui vous dérangent.
Vous les ramenez à de la viande.
Est-ce que vous vous êtes arrêtées une seule fois sur les mots que vous employez…

Votre langage est l’horreur même.

On aurait envie de vous excuser : elles (ils) ne savent pas ce qu’elles (ils) font. Ils sont incompétents, peut-être un peu limités, pas intellectuellement, non, mais culturellement, ça si peut-être, ou alors ils n’ont pas de mémoire, c’est vrai nous vivons au temps des grandes épidémies : les autistes, les tadahs (les agités en langage numerico-classificateurs), les alzheimers… leur mémoire est peut-être touchée…elles ne se souviennent plus du temps où la bête immonde avait inventé la nuit la plus noire de l’occident, ou on leur a pas appris, ou c’était il y a si longtemps.

Mais non elles (ils) n’ont pas d’excuses car cette circulaire sort au moment où démarre la campagne pour les présidentielles de 2017, puisqu’au PS ils sont tous à ne penser qu’à ça. C’est que ça peut rapporter des voix les mères culpabilisées, les journalistes et les people touchés dans leur famille, et tous ceux qui ont peur des « fous », des « étrangers », des « autres », ça en fait du monde qui pourrait voter pour les réincarnations de jeanne d’arc au lieu de voter pour le PS.
Le premier ministre de droite Fillon avait déjà fait le coup en novembre 2011 en déclarant 2012 année de l’autisme (bon ça n’a pas marché mais ça aurait pu et ce coup ci ça peut réussir).

Surtout que ce sursaut anti-packing arrive en même temps que l’assaut pour la mise en place des GHT (Groupements hospitaliers de territoires),
Et que, dans une certaine confusion, on entretient que les services publics ou médico-sociaux qui s’occupent de ces enfants couteraient trop chers, alors… Que l’on menace ces invertis et ces sorciers (ères) aux pratiques étranges et peu recommandables de leur couper tout financement ! Pour sauver la sécurité sociale, pour qu’elle ne coûte plus, pour qu’on puisse s’en débarrasser sans honte ni crainte et la livrer aux assurances et aux fonds de pension.
Et bien, ainsi, on ferait d’une pierre deux coups.
Allez, messieurs dames, directeurs et directrices des ARS, qui n’y connaissaient rien, vous non plus, en avant ! Boutez hors de la science marchande tous ces galleux sans foi dans notre technologie, tous ces laïcs de la parole et de l’écoute qui sont payés à ne rien faire.

Nous connaissons un directeur d’ARS, qui fut même missionné par la ministre, qui préconise comme référence de sa pratique une petite application de la théorie du chaos : si il y en a qui résistent, vous les isolez, vous leur couper les vivres, et vous faites semblant de ne pas vous en occuper, et quand ils n’en peuvent plus vous « n’avez plus qu’à les pousser pour qu’ils tombent »…Alors surtout n’écoutez rien !, ne pensez plus !, pas de remise en question dispendieuse de temps et d’argent !, appliquez les recommandations ! Quoi qu’on vous disent elles sont bonnes ! Pas de réponses, pas de discussions, attendez et…hop quand ils n’en pourront plus…poussez les ! Ils disparaitront en fumée…

Alors, non, vous n’avez pas d’excuses.

Vous n’avez pas d’excuses non plus (pédo)psychiatres techno-numérisés, neuro-pédiatres évangélisateurs ou neuropsychologues asser(vis)mentés, vous n’avez pas d’excuses, experts voyageurs au frais des laboratoires pharmaceutiques, vous tous qui êtes prêts à faire allégeance à l’idéologie du jour, du moment qu’on encense votre science, votre savoir, votre pouvoir de maitrise sur les autres…c’est ce que promettait le régime nazi, et en Allemagne 70% de vos confrères du passé y adhérèrent joyeusement. Et il s’en est trouvé plus d’un parmi eux pour aller au bout de cette logique innommable.

Qu’est ce donc qui pâtit dans la formation médicale de ne pouvoir guère se supporter de l’existence de l’inconscient ?

Vous n’avez aucune excuse de prêter allégeance à l’association Fondamental et de laisser ces apprentis-sorciers obscurantistes s’approprier toute la recherche universitaire au nom d’une imposture extrémiste, régressive et inhumaine.

Freud l’avait dit « j’apporte la peste » en arrivant aux USA en 1910, et cela s’est retourné, les américains ont achevé d’éradiquer cette peste « blanche » par la classification numérisée, fonctionnelle, rentable et gérable de toutes les souffrance psychiques. Par une curieuse alchimie, la perversion du capital à renverser les choses et ceux qui refusent de dénier l’existence d’un inconscient pour tout être parlant, c’est à dire pour tout être humain, sont devenus des pestiférés qu’il faut éliminer par tous les moyens possibles. Normal ! Ceux qui apportent la peste sont des pestiférés, « protégeons la France et nos familles, nous les exterminerons un jour, en attendant… interdisons le packing ! »

Nous devons dénoncer ces imposteurs, ces menteurs, ces manipulateurs qui sont prêt à sacrifier une, deux, trois générations d’enfants sur l’autel de leurs ambitions, de leurs calculs, de leurs dénis, de leur paresse intellectuelle et de leur lâcheté éthique.

Nous devons défendre le respect que l’on doit à notre travail et le respect des plus faibles d’entre nous, les enfants, qui ne peuvent même pas se défendre face au refus de l’accueil de leur souffrance.

Honte à vous, ministres, secrétaires d’état, élus de toutes étiquettes qui depuis le début du millénaire vous faites les héraults de l’idéologie du pire, de l’inhumanité et de l’obscurantisme.

Nous ne gagnerons peut-être pas demain mais vous avez déjà perdu au regard de l’histoire. La question de la folie ne se résoudra jamais dans un quelconque gêne ou une quelconque rééducation et continuera d’être une interrogation absolument nécessaire sur la condition de la parole humaine et sur sa transmission.

Philippe Rassat
Membre des 39
Mai 2016

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25 octobre 2016

Mediapart, les conflits d'intérêts et l'humour

25 oct. 2016
Par Jean Vinçot
Mediapart ne parle de l'autisme qu'en relayant les campagnes des professionnels partisans de la psychanalyse. Par quelques articles, et aussi en mettant en valeur les « contes de la folie ordinaire » ou les publications du RAA « HP ». On peut comprendre l'intérêt commercial de cette orientation.

Le dernier article est assez caractéristique. Il ne révèle rien de scandaleux, mais le titre le laisse croire.

Mediapart a très justement – à mon avis – mis l'accent sur la conception particulière que la nouvelle présidente de la HAS a des conflits d'intérêts. Voir par exemple http://le-gotha.com/index.php/2016/03/07/les-petits-arrangements-de-la-nouvelle-presidente-de-la-haute-autorite-de-sante/

Cependant, la journaliste de Mediapart n'a pas jugé utile de mentionner que le Pr Bonnet n'avait pas fait mention dans sa déclaration d'intérêts qu'il était au bureau du RAA »HP», et qu'il ne fait pas mention non plus du financement par l’industrie du sucre de ses études.

Bien que ce ne soit pas, à mon avis, l’essentiel, il n'est jamais fait mention de données pourtant connues de la journaliste, à savoir les intérêts financiers de psychanalystes.

Dans l'article, il est indiqué "Jean-Pierre Drapier pratique des cures psychanalytiques avec les enfants, ce qui est rare. " Il fait payer ses conférences. C'est bien joli de mener une campagne contre le refus du compte administratif par l'ARS d'une dépense de 80 € : il aurait été plus honnête de dire qu'il était le bénéficiaire de cette dépense.

Si on comprend bien la suite de l'histoire, l'ARS d'Ile-de-France a cédé ...

Il est vrai que JC Maleval a déclaré à Lorient en janvier 2013 que la cure ne marchait pas pour les autistes - sur la base de son expérience avec 2 personnes autistes.

Mais si on prend le couple dirigeant du RAA »HP » : M. Sadoun et Mme Rollux, seuls membres d'Autisme Liberté, les deux ont été en cure (2 à 3 fois par semaine) pendant que leur fils Boris avait ses 3 séances hebdo - avec un psy membre du CA du RAA"HP". 

"Vingt ans et bien des séances de psychanalyse plus tard, je me sens apaisé, Boris aussi est beaucoup plus calme, il a lui-aussi été soutenu par des psychanalystes (...)" https://blogs.mediapart.fr/.../culpabilite-sentiment-de...

Cela fait beaucoup de séances - et de littérature en évitant d'indiquer qu'il s'agit du même Boris dans les conférences du couple.

La journaliste de Mediapart a eu l'occasion de prendre connaissance des chiffres d'affaire des officines psychanalytiques. Aucun intérêt pour elle !

Elle met sur le compte de l'humour les réactions de professionnels.

L'humour du Pr Hochmann

Depuis longtemps, le Pr Hochmann, professeur émérite de pédopsychiatrie et spécialiste de l'autisme, disait que les parents étaient contaminés par l'autisme de leur enfant. Il pérore aujourd’hui en parlant de communautarisme et de laïcité, termes employés pour discréditer quelqu'un sans argumenter.

Il ne se limite plus aux parents.

  • Tout mouvement sectaire porte en lui sa contradiction. Au communautarisme des familles s’ajoute et s’oppose aujourd’hui un communautarisme propre aux autistes, au moins à ceux dits de « haut niveau » ou syndrome d’Asperger (une entité qui s’est fondue dans le « spectre autistique » depuis qu’au DSMIV a succédé un DSMV qui donne la priorité à l’approche dimensionnelle sur l’approche catégorielle). Non contents de revendiquer simplement une « expertise profane » [4] qui leur permet de faire entendre leur voix dans les commissions où se décident les « plans autismes » successifs, ces sujets réclament, au nom de la « neurodiversité », le statut légal d’une minorité, sur le modèle des homos ou transsexuels. Regroupés en associations, les plus extrêmes nient être atteints de troubles quelconques et s’opposent non seulement aux approches dites psychanalytiques mais à toute forme d’éducation spécialisée. Ce sont les plus farouches opposants des approches comportementales. Leur souffrance éventuelle vient seulement, selon eux d’une société incapable de tolérer leurs particularités et de s’y adapter. À bien observer ces particularités, telle qu’elles sont exposées dans des livres à succès [2, 8] ou dans des témoignages au cours de congrès professionnels où leur présence est de plus en plus souvent sollicitée, on est frappé par une sorte de concordance stéréotypée entre elles et une fidélité au tableau symptomatique développé sur Internet à partir des systèmes de classification internationaux. On peut se demander alors si, comme l’hystérie aux temps de Charcot dont les patientes manifestaient les symptômes attendus par le Maître, l’autisme de haut niveau ne serait pas, au moins dans une certaine mesure, une création sociale, un vêtement proposé par la diffusion médiatique des descriptions de Kanner et d’Asperger, endossé par un certain nombre de personnes qui trouvent ainsi une façon de sortir de leur solitude et de faire entendre, autrement que dans le registre de la maladie, leurs difficultés existentielles.

Je me rappelle d'abord d'une discussion avec le Dr Jacques Constant, partisan de la psychanalyse mais aussi auteur du « permis de conduire en pays autiste ». Il expliquait que les professionnels n'ont appris ces dernières années qu'avec les autistes de haut niveau, qu'ils en ont tenu compte pour agir avec tous les autistes, et qu'ils ont vu que çà marchait.

Quand j'ai lu l'article du Pr Hochmann, je me suis attendu que Brigitte Chamak saute sur sa page Facebook pour le démentir. En effet, elle avait écrit :

  • L’étude de la dynamique historique des associations de personnes autistes au niveau international révèle une remise en cause de la représentation de l’autisme comme une maladie. Les mouvements activistes redéfinissent l’autisme comme un autre mode de fonctionnement cognitif, et insistent sur les aspects positifs et créateurs de la neurodiversité. L’association francophone de personnes autistes, Satedi, n’adopte pas de positions aussi radicales. Ses membres ont intégré la notion de handicap et adoptent une attitude de coopération avec les pouvoirs publics et non de résistance au modèle médical de l’autisme. Alors qu’au niveau international, les associations de personnes autistes se structurent en mouvement social qui remet en question les normes en vigueur, en France, il se constitue autour de la défense d’intérêts visant l’aide aux personnes autistes et à leur famille. La spécificité du système associatif français, caractérisé par le partenariat entre l’État et les associations de parents, le contexte historique et culturel, et en particulier l’opposition au communautarisme, apparaissent comme des éléments peu propices au développement de revendications radicales dans le domaine du handicap.

http://www.em-consulte.com/en/article/251841

Emmanuel Dubrulle, président de Satedi de 2003 à 2012, a bien exprimé sa position sur la neurodiversité : http://www.unapei.org/IMG/pdf/emmanueldubrulle.pdf

Comme communautarisme, çà laisse à désirer.

Une incidente sur le RAA »HP »

Cette association, dont le CA est composé en majorité de professionnels, prétend représenter les familles. Pour « justifier » la présence de ces professionnels, il a été fait état de l'intérêt scientifique de ceux-ci par Christine Gintz. Je suis donc étonné des propos qu'elle tient au sujet du bumétanide (nom commercial : burinex). Elle retire du fait que cette molécule soit efficace pour son enfant la conclusion que son autisme est lié à une anomalie génétique précise. Cela me semble présomptueux, car le bumétanide aurait des effets chez ¾ des personnes autistes, anomalies génétiques identifiées (800 possibilités) ou non. Elle remercie le Pr Ben Ari, mais fait semblant d'ignorer que le Dr Lemonnier, à l'origine de l'application du bumétanide dans l'autisme, a été purgé du CRA de Bretagne par les partisans de la psychanalyse.

Posté par jjdupuis à 09:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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