13 juin 2017

Maxime Gillio, écrivain et papa : l’hommage cinglant à sa fille autiste

Par Morgane Garnier
Publié le 12/06/2017 à 15:57
Maxime Gillio et sa fille Gabrielle

Dans son nouveau livre baptisé "Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres", l’auteur de polars change de registre pour livrer un constat alarmant sur l’autisme en France, à travers un témoignage poignant et sans langue de bois.

Tout est parti d’une page Facebook créée il y a trois ans. Maxime Gillio, romancier dunkerquois, y livrait ses états d’âme et racontait son quotidien avec une enfant autiste d’une façon assez singulière : à la manière d’un journal intime dans lequel il fait part de ses réflexions, de ses doutes et de ses moments de joie, le père s’adresse directement à sa fille, Gabrielle. Un moyen de lui témoigner son amour, mais aussi de tenter de répondre à une question plus profonde : comment gérer la différence de son enfant et la faire comprendre aux autres ? Cette page est devenue un livre le 22 mars dernier.

Handicap invisible, frustration perceptible

Si le livre n’offre pas de véritable réponse à cette interrogation, il “donne des clés” pour nous aider à appréhender la vie d’une famille avec un enfant autiste, un handicap qui touche quelque 650 000 personnes en France. Car l’auteur insiste : “Ce qui a décidé mon éditrice et moi à publier ce livre, c’est l’ampleur qu’a pris cette page. Je me suis rendu compte que ce que je racontais était vécu par des milliers d’autres personnes. Le seul but de ce livre, c’est de faire partager une relation d’un parent avec son enfant, il n’y a pas de démarche militante. C’est un témoignage.

Et ce que l’on apprécie particulièrement dans cet ouvrage qui retrace les grandes étapes de l’évolution de Gabrielle notamment au travers d’anecdotes marquantes, c’est le franc-parler de son père qui n’a pas peur d’avouer ses faiblesses, ses imperfections et son ras-le-bol du handicap : “Je ne pense pas que ce soit un livre dans lequel je manie la langue de bois. Il y a des moments où je suis en colère, je pense que c’est important de les partager.” Un récit réaliste, parfois cynique pour mieux mettre en lumière l’une des choses les plus difficiles à gérer pour les parents d’enfants autistes : le regard des autres. “J’insiste beaucoup là-dessus parce que l’autisme est un handicap dit invisible et à ce titre, on se heurte à l’incompréhension et à la méconnaissance des gens.

couverture livre Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres de Maxime Gillio

Handicap et scolarisation : une prise en charge inadaptée

D’autant plus dans le système éducatif. D’ailleurs, cet ancien professeur de français n’hésite pas à parler de “trahison” de la part du corps enseignant à plusieurs reprises dans son livre : “Il y a un gros problème de méconnaissance complète, d’altération de la vision de l’autisme, explique-t-il. Dans l’éducation nationale, le problème vient du fait que l’on refuse de voir la réalité en face. Face à une situation problématique d’un enfant, au lieu de chercher à la comprendre, la régler, à trouver des solutions, on la rejette. Les personnes avec des responsabilités comme les directeurs, par exemple, achètent la paix sociale dans leur établissement en cloisonnant, cloîtrant. L’éducation nationale ne favorise pas forcément l’intégration des enfants différents.

Et Maxime Gillio sait de quoi il parle. Le papa a bataillé pour scolariser sa fille dans des classes ordinaires – un exploit, quand on sait que 80% des enfants autistes ne sont pas inscrits à l’école. Mais avant ça, Gabrielle est passée par les classes ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire), des dispositifs qui permettent la scolarisation des enfants présentant tous types de troubles dans des classes spéciales en favorisant également des temps d’inclusion au sein des classes ordinaires. A la rentrée 2015, on en comptait 3329 en France. Un système qui n’a fait que renforcer le sentiment d’exclusion de Gabrielle, et qui présente des lacunes selon son père : “Déjà, il devrait y avoir davantage de structures et de places ! Et depuis deux ans, il n’y a plus de spécificités dans les ULIS. Avant, il y avait des ULIS spéciales pour les malvoyants, pour les trisomiques, etc. Maintenant, les enseignants se retrouvent avec des groupes d’une douzaine d’enfants où il y a un dysorthographique, un malentendant et un autiste. On va pouvoir retrouver des profils complètement différents, une hétérogénéité du handicap qui, forcément, nuit à la prise en charge.

Etre exigeant pour l’avenir

Si le sujet de l’école tient tant à cœur à l’écrivain, c’est parce qu’il doit faire face à une difficulté quotidienne que tous les parents d’enfants souffrant d’un handicap connaissent et que l’on retrouve dans chacun des chapitres de son livre : l’angoisse liée au caractère imprévisible de ce dernier et à un futur incertain. Alors le papa lutte pour que sa fille ait le plus de clés en main possible pour assurer son avenir : “Je pense que l’exigence des parents est très importante. Vous pouvez discuter avec des centaines de parents d’enfants handicapés, et il y en aura toujours qui vous diront : ‘Avec notre enfant, on a réussi à aller au-delà de ce que les médecins nous avaient annoncé pour lui’. On n’est pas des super-héros, on est juste exigeants pour le futur. Ce serait tellement facile de se dire : ‘On nous a dit que Gabrielle était handicapée à hauteur de 80%, alors on ne fait pas d’efforts, on s’en contente.’ Mais ce n’est pas du tout ça le but.

Un témoignage humble qui offre une véritable leçon de vie à tous les parents, que leurs enfants soient touchés par le handicap ou non.

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12 juin 2017

Suite de l'éditorial : "Des campus pour personnes handicapées" ?

Editorial signé Marcel HERAULT sur le site de Sésame Autisme

7 juin 2017

Il fallait bien qu’on y arrive avec la dérive bureaucratique qui s’installe progressivement et insidieusement depuis la loi HPST (2008-2009).

Depuis les années 65, en France, sur le modèle américain, on a créé des campus universitaires regroupant les différentes facultés (situées en centre-ville) à l’extérieur en plein champs (étymologie latine). Les plus âgés se souviennent du campus de Nanterre, creuset de l’agitation estudiantine de 68.

Puis on a parlé des campus hospitaliers, c’est-à-dire les nouveaux hôpitaux, eux aussi le plus souvent excentrés et regroupant tout sur le même site. Cela peut se comprendre sur un plan fonctionnel et de toute façon on ne passe pas sa vie à l’hôpital. Un pas de plus a été franchi, avec les regroupements hospitaliers de territoire (printemps 2016). Pourquoi pas ? On jugera si réellement des économies sont à attendre…

Mais là où c’est grave, c’est qu’une même logique se met en place dans le médico-social, prié de s’inspirer de la logique sanitaire. Nous étions quelques-uns à mettre en garde contre la loi HPST, où « le grand méchant loup sanitaire » allait dévorer le médico-social lilliputien, en lui insufflant le venin du gigantisme et de la bureaucratie. Le président du CNCPH de l’époque était d’accord avec nous.

« Small is beautiful » était la devise des années 2000. Aujourd’hui c’est l’inverse. On force les associations à se regrouper, on ne voit plus que par les très grandes associations, les associations familiales les premières ont été dans le collimateur des administratifs qui veulent étendre partout leur bureaucratie.

L’appel à projets des Yvelines doit être resitué dans ce contexte. Il fallait rentabiliser un hôpital qui avait abandonné le site pour des bâtiments plus fonctionnels en ville.

Ne restent sur place, comme c’est souvent le cas, que les services les moins bien considérés (qui n’ont pas besoin « d’équipements modernes ») :

  • Un pôle de soins de suite et de réadaptation : 127 lits + 17 autres places,
  • La médecine « aigue » gériatrique (la toute fin de vie)
  • Un pôle psychiatrique, avec le secteur de psychiatrie adulte de 70 lits et 15 places supplémentaires,
  • Un secteur de pédopsychiatrique avec une unité d’hospitalisation complète pour adolescents de 9 lits.

Donc restent sur le site aujourd’hui environ 300 « patients » (et sans doute un plus grand nombre de salariés). Le chiffre sera multiplié par deux avec l’appel à projets de l’ARS… En tout 1500 personnes sur le même site !

Il s’agit bien d’un véritable « campus », avec un organisme de formation. Tout est donc bien dans le meilleur des mondes, on vous dit… !

On assiste véritablement à une démarche de ré-institutionnalisation, à l’opposé de la politique européenne concernant le handicap que la France a pourtant signée.

On recrée des villages médico-sociaux comme au 19e siècle on a créé autour des grandes villes des villages de « malades mentaux ». A l’époque, au 19e siècle, on innovait, pensait-on. C’est l’histoire de Ville-Evrard (d’où le nom) et de Maison Blanche à Neuilly sur Marne. Depuis 20 ou 30 ans, dans ces gros établissements, on ferme des unités, pour installer en centre-ville des services et de petites unités d’hospitalisation.

Et on ne trouve rien de mieux à faire avec cet appel à projets que de revenir aux erreurs du passé. L’histoire est un éternel recommencement… C’est inimaginable, je ne comprends pas qu’un débat public ne s’installe pas sur un sujet aussi essentiel, alors que certains ne cessent, dans le domaine de l’autisme, de dénoncer la psychiatrie. Mais la psychiatrie, elle, évolue, et c’est le médico-social qui ferait de la psychiatrie en pire encore !

Il nous faut gagner le combat des idées. Il est urgent de rappeler les démarches canadiennes des années 70 et la valorisation des rôles sociaux (Wolf Wolfensberger) qui a servi de théorie pour tous les projets du nord de l’Europe. Bien sûr les recommandations de l’ANESM ont des sources d’inspiration très proches (démarche écologique que l’on trouve dans les dernières recommandations).

Le slogan de l’UNAPEI « Je suis, je choisis où je vis » synthétise parfaitement toutes ces réflexions : je suis un citoyen, je vis en ville avec les autres ou … je suis condamné à vie à vivre dans un endroit de relégation, etc., qui me renverra l’image d’un être diminué, différent.

C’est un enjeu de société incroyable qui se joue, il faut en être conscient.

Fini le projet individualisé, l’usager au centre du dispositif, etc. Une page se refermerait sur une évolution des mentalités. Ce n’est pas un hasard si on en est arrivés là, car le danger était contenu dans la dynamique bureaucratique de la loi HPST, qui a institué les appels projets et fermé la possibilité aux militants associatifs de faire des projets innovants. Finie toute possibilité de créativité, un rouleau compresseur est en train de nous niveler par le bas : c’est bien un débat hautement politique !

Marcel HERAULT

07 juin 2017

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11 juin 2017

Un projet de mégastructure pour personnes handicapées dans les Hauts de Seine et les Yvelines inquiète ...

logo toupiinformation publiée sur la page Facebook de Toupi

On vous a parlé il y a quelques jours du projet de structure dans les Hauts de Seine et les Yvelines qui nous inquiète. Voici une petite infographie pour vous expliquer ce projet. Et vous, que pensez-vous de ce projet ?

 

=> Voir aussi https://www.yvelines-infos.fr/autisme-appel-a-projets-creer-structure-aux-mureaux/

méga projet structure hauts de seine et yvelines

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Un directeur de greffe se voit refuser un poste au tribunal en raison de son handicap

Olivier Addink a été déchargé de ses fonctions et muté dans une annexe du tribunal, où des travaux d’accessibilité ont, depuis, été réalisés.
Olivier Addink a été déchargé de ses fonctions et muté dans une annexe du tribunal, où des travaux d’accessibilité ont, depuis, été réalisés.

«  C’est la double peine. On m’a non seulement imposé de travailler dans des locaux inaccessibles, mais en plus on m’a refusé une évolution de carrière.  » Olivier Addink peine à dissimuler son courroux. Alors qu’il travaille dans le milieu judiciaire depuis des années, l’homme est victime d’une injustice. Une injustice liée à sa situation de handicap (il se déplace en fauteuil roulant) qui l’a privé d’un poste qui lui tendait les bras.

En mars 2012, M. Addink rejoint le tribunal de grande instance d’Arras et son palais de justice quelque peu vétuste, sans ascenseur et à la cour pavée. Directeur de greffe adjoint, il s’épanouit dans son travail, même si au départ on lui attribue un bureau sans fenêtre. Un autre bureau lui est trouvé au rez-de-chaussée après quelques mois, suite à un rapport de la médecine de prévention.

 

Le palais de justice d’Arras, un vieil édifice actuellement en cours de travaux. Un projet d’ascenseur est acté.

Le palais de justice d’Arras, un vieil édifice actuellement en cours de travaux. Un projet d’ascenseur est acté.

En septembre 2014, l’homme fait une demande de mutation pour devenir directeur de greffe. Son supérieur est en effet parti. Le poste est vacant. «  C’était cohérent, j’étais alors responsable de toute la chaîne pénale  », observe-t-il. Sa demande doit recevoir l’avis de ses chefs de juridiction de l’époque, le président du tribunal de grande instance et le procureur de la République d’Arras. Stupeur, l’avis est défavorable.

« Le bâtiment est presque intégralement inaccessible pour les personnes à mobilité réduite. »

Non pas pour des motifs professionnels liés à sa compétence, mais en raison de «  l’état du bâtiment, qui est presque intégralement inaccessible, tant au public qu’au personnel, pour les personnes à mobilité réduite  ». Un avis contresigné par le chef de cour. M. Addink est sous le choc. Son handicap ne l’avait pourtant pas empêché de travailler au palais de justice d’Arras pendant deux ans… «  Depuis quand on s’oppose à une évolution de carrière parce qu’un bâtiment n’est pas adapté ? C’est quand même à l’administration de se mettre en conformité avec les règles !  »

M. Addink demande des explications au chef de cour. Qui invoque pour sa part un rapport de la commission administrative paritaire. Cette fois, il n’est plus seulement question de l’accessibilité du tribunal, toutefois rappelée, mais aussi de son grade. Lui est A2, il faut être A1. Sauf que, dans les faits et dans de nombreuses juridictions, des A2 deviennent souvent directeurs de greffe.

Ç’en est trop, il saisit les syndicats. «  J’aurais voulu qu’on se prononce sur mes qualités professionnelles, sur des critères objectifs, pas sur mon handicap  », soupire M. Addink. Il reste alors directeur de greffe adjoint, fait son travail, même si le cœur n’y est plus.

En mai 2015, M. Addink est reçu à la chancellerie. Il sort de cinq mois d’intérim à la tête du greffe à Arras. La sous-directrice des greffes à la chancellerie lui indique qu’il va être nommé au poste tant convoité.

Déchargé de ses missions et muté

Mais suite à des conflits larvés au TGI d’Arras, l’inspection générale des services a été saisie en 2015. Un audit a lieu, en juin. En juillet, l’auteur du rapport est nommé au poste de directeur de greffe. Il assigne alors une fiche de poste à M. Addink, sans même s’entretenir avec lui. Un lourd inventaire de missions, en réalité impossibles à remplir de l’aveu même de magistrats. L’une des tâches nécessite d’ailleurs de se rendre à un endroit inaccessible du palais de justice. M. Addink le fait observer. «  Dès lors, je n’ai plus eu accès à rien, aux logiciels de gestion, et je reçois un e-mail du président du tribunal pour un entretien professionnel.  »

Le 10 septembre, alors qu’il pense se rendre à un entretien d’évaluation, il se retrouve face au procureur et au président de l’époque, le directeur de greffe est également présent. On lui annonce qu’il est déchargé de ses fonctions et muté dans une annexe du tribunal, à plusieurs centaines de mètres de là. Il a alors le sentiment d’une sanction disciplinaire qui ne dit pas son nom. Une humiliation. Le surlendemain, il découvre ses dossiers par terre dans son nouveau bureau. M. Addink, sonné, part en arrêt maladie six mois. Il est suivi psychologiquement. Le médecin du travail perçoit une «  souffrance au travail  ».

 

Marianne Bleitrach est l’avocate de M. Addink.Marianne Bleitrach est l’avocate de M. Addink.

M. Addink saisit le défenseur des droits, Jacques Toubon, et prend un avocat, Marianne Bleitrach, également en fauteuil roulant. Une avocate qui maîtrise parfaitement le sujet pour avoir déposé plainte contre l’État et obtenu gain de cause en 2010 sur la question de l’inaccessibilité des palais de justice aux personnes à mobilité réduite. Le directeur de greffe adjoint ne dépose toutefois pas plainte au pénal, même s’il n’écarte pas complètement cette possibilité.

« L’administration a procédé à une différence de traitement fondée sur le handicap. »

Après une longue enquête, le Défenseur des droits rend sa décision. Elle est sans appel et confirme intégralement les propos de M. Addink. «  L’administration a procédé à une différence de traitement fondée sur le handicap de M. Addink, or une telle distinction est formellement prohibée  », écrit le Défenseur des droits. Quant au refus de procéder à des aménagements nécessaires et au non-respect réitéré des prescriptions du médecin, le Défenseur des droits estime qu’ils constituent un «  agissement de harcèlement moral  ». La décision est accompagnée de deux recommandations : prendre des mesures nécessaires pour permettre à M. Addink d’exercer son emploi sur un poste aménagé et procéder à la réparation des préjudices subis.

Des travaux ont été réalisés

Depuis, des travaux ont été réalisés à l’annexe du tribunal de grande instance d’Arras où travaille M. Addink, assure la cour d’appel de Douai, ce que nous avons aussi constaté sur place. Deux places pour personnes à mobilité réduite ont été créées et la cour est désormais « roulante ». Quant à la réparation des préjudices, c’est plus délicat. Seul le préjudice lié à la perte d’activité a été pris en compte, soit… 2 700 €. «  Pour l’instant, on est au tribunal administratif, argue Marianne Bleitrach. On a écrit au ministère de la Justice, on espère avoir un rendez-vous. C’est un dossier fondé sur la discrimination en raison du handicap, cela ne peut être contesté. On ne lui offre que ses pertes sur salaire, mais pas du tout de préjudice moral. C’est incroyable que des magistrats aient pu émettre un avis défavorable à cause du handicap. C’est vraiment attentatoire à sa dignité.  »

La cour d’appel de Douai indique que la demande d’indemnisation a été transmise à la chancellerie et qu’une réponse est attendue prochainement. «  M. Addink est toujours en poste à Arras et n’a pas manifesté d’envie de partir  », conclut la cour. Il faut dire que M. Addink n’est pas du genre à lâcher prise.

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Handicap : la feuille de route

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Sophie Cluzel à la sortie du conseil des ministres
7 juin 2017

Handicap : la feuille de route

Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, a présenté lors du Conseil des ministres du 7 juin une communication intitulée "Handicap : une priorité du quinquennat". Parmi les mesures annoncées, la revalorisation de l’Allocation adulte handicapé (AAH) de 100 euros par mois.
 
Le handicap touche 12 millions de Français. "Nous devons relever le défi d’une société accessible, fraternelle et solidaire, qui facilite la vie au quotidien au lieu de segmenter, et qui rend possible au lieu de contraindre", a déclaré la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées lors de sa communication en Conseil des ministres.
 
"Si le cadre législatif et réglementaire français est posé, il est complexe et génère trop de fonctionnement en silo", constate la secrétaire d'État. Pour améliorer le dispositif, le Gouvernement souhaite partir des besoins individuels et de l’expertise des personnes en situation de handicap et de leurs proches, pour bâtir des solutions collectives. Une concertation sera lancée avec l'ensemble des acteurs et en particulier les collectivités territoriales pour simplifier l'accès aux droits et améliorer la qualité de service.

Parmi les mesures énoncées :
 
  • Rentrée scolaire  2017 : un chantier de rénovation de l’accompagnement sera lancé pour apporter des réponses aux ruptures de parcours. Tous les enfants qui en ont besoin devront avoir accès à l’accompagnement adapté leur permettant une scolarité et un accès aux activités périscolaires ou extrascolaires comme les autres.
  • 4e plan autisme : la concertation sera lancée le mois prochain.
  • Revalorisation de 100 euros par mois de l'Allocation adulte handicapé (AHH). Le Gouvernement définira rapidement les modalités de mise en œuvre.
  • Emploi et formation : un effort sera fait en faveur de l’apprentissage et de la formation des demandeurs d'emploi.
  • Mobilisation des acteurs des services publics de l’emploi et des employeurs pour inciter à l’embauche des personnes handicapées. Il s’agit de deux clés pour favoriser leur accès à l’emploi, alors que leur taux de chômage reste plus du double de celui de la population active.
  • Transport : pour renforcer la mobilité, 100% des trajets accessibles doivent être identifiés et cartographiés. Le plan d'investissement transports pourra être mobilisé en appui de l'amélioration de l'accessibilité.
  • Logement et construction : les logements adaptés doivent être systématiquement identifiés et l’accessibilité précisée pour faciliter les recherches. Le développement des habitats inclusifs doit être favorisé en levant les obstacles administratifs. Les bailleurs sociaux devront identifier les logements adaptés, et rendre cette liste transparente pour favoriser le logement des demandeurs en situation de handicap.
  • Accessibilité des services publics numériques pour tous. Le Gouvernement soutiendra l’innovation technologique pour les personnes en situation de handicap.
  • Améliorer les conditions de travail des accompagnants et la qualité de vie des aidants familiaux.
  • Les Jeux olympiques et paralympiques 2024 seront l'occasion de valoriser à leur juste niveau les compétences de nos athlètes paralympiques. 

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10 juin 2017

Lorient. Il aide un handicapé en signant son chèque, le banquier licencié

Le Lorientais tétraplégique a adressé un courrier à la banque dans lequel il indiquait : "« n'ayant pas l’usage de mes mains, j’ai très lourdement insisté pour que mon conseiller signe le chèque"...
Le Lorientais tétraplégique a adressé un courrier à la banque dans lequel il indiquait : "« n'ayant pas l’usage de mes mains, j’ai très lourdement insisté pour que mon conseiller signe le chèque"... | Archives Ouest-France

Yvan DUVIVIER.

N’ayant pas l’usage de ses mains, le tétraplégique lorientais a demandé au jeune banquier de signer un chèque à sa place. Ce qu'il a fait. Il a été licencié.

Le vendredi 3 mars dernier, un Lorientais tétraplégique se présente à l’agence de Lorient du Crédit coopératif afin d’ouvrir un compte.

Il doit préalablement remplir un chèque mais, « n'ayant pas l’usage de mes mains, j’ai très lourdement insisté pour que mon conseiller clientèle signe le chèque ».

Pas de préjudice

Ce que ce dernier, « un peu trop sensible » de son propre avis, a fait. Et alors qu'aucun cadre n'était présent ce jour-là dans l'agence. 

Le jeune banquier a aussitôt reconnu son erreur qui n'a porté préjudice ni à son employeur, ni au client handicapé.

D'ailleurs ce dernier a adressé un courrier à l’établissement bancaire : « N’ayant pas l’usage de mes mains, j’ai très lourdement insisté pour que mon conseiller clientèle signe le chèque. […] En aucun cas il ne peut être accusé d’abus de faiblesse ni d’escroquerie envers moi puisqu’il a ensuite déchiré le chèque. L’affaire aurait dû en rester là. »

« Manquement à la réglementation »

Pour autant, le conseiller clientèle a été licencié début juin. 

La direction du groupe, à Nanterre, a estimé qu'il s'était notamment rendu coupable « d'un véritable manquement à la réglementation bancaire de base ».

Social et solidaire

Précisons que le Crédit coopératif se présente comme « une banque de l’économie sociale et solidaire ».

Parce qu’il entend « agir pour une société plus juste », cet organisme bancaire a mis en place des dispositifs qui bénéficient à des partenaires comme l’Association des paralysés de France (APF) ou… Handicap International.

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Le handicap passe en Conseil des ministres

article publié dans Faire Face

Le handicap passe en Conseil des ministres
« Handicap, une priorité du quinquennat » : le titre de la communication présentée par Sophie Cluzel au conseil des ministres, le 7 juin, veut avoir valeur de symbole. © Présidence de la République

Publié le 8 juin 2017

La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a présenté les orientations de sa politique, devant le Conseil des ministres. AAH, scolarisation et aidants au programme… mais pas la compensation.

Emmanuel Macron l’avait promis, devant les caméras. Édouard Philippe s’y était engagé, lors d’un déplacement. Sophie Cluzel l’a répété, devant le Conseil des ministres. La communication qu’a présentée la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, mercredi 7 juin, avait pour titre : “Handicap : une priorité du quinquennat”. « L’action du gouvernement aura une boussole, a-t-elle expliqué : partir des besoins individuels et de l’expertise des personnes en situation de handicap, ainsi que de leurs proches, pour bâtir des solutions collectives, et non l’inverse, en décloisonnant et simplifiant. »

École : « une rentrée fluide » et des activités périscolaires pour tous

Premier chantier : préparer la prochaine année scolaire. « Le gouvernement met tout en œuvre pour apporter des solutions garantissant une rentrée fluide, a assuré Sophie Cluzel. (…) Tous les enfants qui en ont besoin devront avoir accès à l’accompagnement adapté leur permettant une scolarité et un accès aux activités périscolaires ou extrascolaires comme les autres. »

Travail : davantage d’apprentissage et de formation

Et la promesse d’Emmanuel Macron de revaloriser l’allocation adulte handicapé de 100 € par mois ? « Le gouvernement définira rapidement les modalités de mise en œuvre de l’engagement du président de la République », avance Sophie Cluzel.

Pour lutter contre le chômage des personnes en situation de handicap, la secrétaire d’État table sur « deux clés » : l’apprentissage et la formation, que le gouvernement veut développer pour l’ensemble des travailleurs.

Par ailleurs, « des incitations à l’embauche des personnes handicapées seront mises en œuvre afin de favoriser leur emploi effectif ». Lesquelles ? Sophie Cluzel n’a donné qu’un exemple : « Le déploiement effectif des services d’emploi accompagné ».

Accessibilité : priorité aux transports et au logement

L’accessibilité figure également sur l’agenda. « 100 % des trajets accessibles doivent être identifiés et cartographiés ». Et le plan d’investissement transports – 5 milliards annoncés pendant la campagne présidentielle – « pourra être mobilisé en appui de l’amélioration de l’accessibilité ».

Les logements adaptés devront « être systématiquement identifiés et l’accessibilité précisée pour faciliter les recherches ». Au programme aussi : le développement des habitats inclusifs « en levant les obstacles administratifs ».

Aidants familiaux : de nouveaux droits à mettre en œuvre

Enfin, pour les aidants familiaux, les « nouveaux droits annoncés par le président de la République » seront mis en œuvre. Sur le site d’En marche, Emmanuel Macron détaillait ses promesses : prendre en compte leur situation dans le calcul de l’âge de départ à la retraite ; leur attribuer un chèque bilan santé/social pour qu’ils puissent  se former et être accompagnés ; et, plus anecdotique, permettre le don de congés entre collègues.

Compensation : toujours rien

Pour plus de détails, il faudra attendre. Mais un sujet brille par son absence sur la feuille de route de Sophie Cluzel : la compensation du handicap. Et notamment les insuffisances de la prestation de compensation du handicap. Pas une surprise car le programme d’Emmanuel Macron, analysé par Faire-face.fr, était déjà muet sur le sujet. Ceci explique sans doute cela. Franck Seuret

09 juin 2017

Vouneuil-sous-Biard : Thomas, un jeune adulte autiste, a retrouvé le sourire

article publié sur France 3 Nouvelle Aquitaine

Thomas, un jeune homme autiste de 28 ans, réside depuis trois au CAAP de Vouneuil-sous-Biard / © Thomas ChapuzotThomas, un jeune homme autiste de 28 ans, réside depuis trois au CAAP de Vouneuil-sous-Biard / © Thomas Chapuzot

Le Centre pour Adultes avec Autisme en Poitou (CAAP) de Vouneuil-sous-Biard ouvrait ses portes aujourd'hui pour faire la fête et accueillir les familles. Ce centre, ouvert depuis 2005, accueille 24 résidents âgés de 23 à 63 ans. 

Par Christine HinckelPublié le 09/06/2017 à 17:12

Cette structure est l'un des rares centres en France à accueillir des autistes adultes. La prise en charge des enfants autistes a connu de réelles améliorations ces dernières années mais celle des adultes est toujours insatisfaisante. Les malades et les familles sont confrontés au manque de centres pouvant les accueillir et les prendre en charge.
"On a une liste d'accueil de 80 cas qui sont des personnes qui sont dans une situation d'extrême détresse soit parce qu'elles n'ont pas de structures soit parce qu'elles ne peuvent pas rester dans celles où elles sont et environ 200 personnes, au niveau national, qui ont besoin d'avoir une structure" constate Laurent Petit, le directeur du centre pour adultes autistes du Poitou.

Sophie Goux, Thomas Chapuzot et Philippe Ritaine ont rencontré Thomas Charbonnier. Le jeune homme, âgé de 28 ans, réside depuis trois ans au centre de Vouneuil-sous-Biard


Portes ouvertes au centre pour autistes de Vouneuil-sous-Biard

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Deux députés handicapés entrent au Parlement britannique

article publié sur Vivre FM

Vendredi 09 Juin 2017 - 14h33

Royaume-Uni

Deux candidats en situation de handicap ont été élus lors des élections législatives du 8 juin du Royaume-Uni. Les Britanniques ont voté lors d’élections anticipées voulues par Theresa May, la première ministre conservatrice.

Marsha de Cordova
Marsha de Cordova

C’est une femme, elle est noire et en plus, Marsha de Cordova est aveugle. C’est donc une candidate issue de la diversité qui représentera le Parti travailliste dans le quartier Battersea, situé au sud de la capitale  Avant son élection, cette élue locale  était représentante d’un autre quartier, celui de Lambeth à la mairie de Londres.

Elle a souhaité se présenter pour s’impliquer dans les discussions autour du handicap pour dit-elle faire tomber les barrières et permettre à ceux qui lui succèderont de ne plus connaître les mêmes difficultés qu’elle. C’est son principal objectif. Pour l’atteindre, elle s’appuiera sur son expérience concrète.

Jared O'Mara souhaite défendre le service public de la santé

Un autre député fraîchement élu est en situation de handicap, Jared O’Mara est un représentant du monde associatif, il a remporté l’élection à Sheffield, dans le quartier de Hallam, sous la bannière du Parti travailliste. Ce diplômé en journalisme de 35 ans travaille dans l’événementiel. Jusque là il était chargé des relations avec la presse pour une association de défense des droits des personnes handicapées.

Jared O'Mara, au centre de la photo

Il a aussi était directeur d’un lieu d’accueil et d’information à destination des personnes en situation de handicap, basé à Sheffiled.

Jared O’Mara souhaite profiter de son mandat pour défendre le service public de santé gravement touché par la crise économique. Il a réalisé la performance de battre Nick Clegg, chef du parti liberal democrate.

Louis Leroy

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