29 août 2016

L'autisme, un handicap qui peut devenir un atout dans la Silicon Valley

AFP
Modifié le 28/08/2016 à 14:10 - Publié le 28/08/2016 à 09:37 | AFP

Corey Weiss, autiste, travaille comme analyste à Mindspark à Santa Monica, le 24 août 2016
Corey Weiss, autiste, travaille comme analyste à Mindspark à Santa Monica, le 24 août 2016

Corey Weiss ne déchiffre peut-être pas bien certains signaux sociaux, mais il s'y connaît en logiciels: l'hyper attention aux détails de cet autiste de 27 ans lui a valu un poste chez MindSpark, une startup cherchant à faire à la fois des affaires et du social.

MindSpark, basée à Santa Monica en Californie, recrute des autistes comme "analystes" pour tester des logiciels.

"Je vois des choses que d'autres ne verraient pas", explique le jeune homme, diagnostiqué autiste dans son enfance. "La plus grande force, c'est que ça me rend davantage tourné vers le détail; je suis plus concentré".

Selon l'organisation américaine Autism Society, environ 1% de la population mondiale est touchée par ce trouble qui peut se manifester à des degrés divers: les plus touchés fuient les contacts visuels, ne parlent pas ou peu; d'autres maîtrisent le langage et ont même l'esprit très acéré, mais restent incapables de comprendre et de respecter certaines normes sociales.

C'est dans ce second groupe d'autistes sans déficience intellectuelle, dits "de haut niveau", que MindSpark recrute. Leur obsession des détails et leur capacité de concentration sont des atouts dans le secteur informatique, explique Chad Hahn, cofondateur de l'entreprise, évoquant un "énorme réservoir de salariés talentueux que peu de monde regarde".

Gray Benoist, cofondateur et président de Mindspark, dans ses bureaux à Santa Monica, le 24 août 2016 © Frederic J. BROWN AFP
Gray Benoist, cofondateur et président de Mindspark, dans ses bureaux à Santa Monica, le 24 août 2016 © Frederic J. BROWN AFP

MindSpark compte aujourd'hui 27 analystes, dont 5 à temps plein, payés environ 35.000 dollars par an et même près de 50.000 pour les plus chevronnés.

La startup a raffiné depuis sa création il y a trois ans son modèle d'activité et de recrutement, élargissant progressivement la liste des entreprises qui lui sous-traitent les tests de leurs logiciels. On y trouve par exemple la société multimédia Fox Networks ou l'assureur Liberty Mutual; et MindSpark a commencé cette semaine à proposer ses services à l'international.

"C'est un modèle parfait pour entraîner un changement social. Les entreprises peuvent vraiment réussir en faisant le bien", assure Chad Hahn.

- D'autiste à geek, une fine frontière -

"C'est tellement important que les entreprises technologiques créent un environnement qui prenne en considération les aménagements dont les adultes autistes ont besoin", estime Desiree Kameka, une responsable de la Madison House Autism Foundation. "La plupart n'ont pas accès à un emploi alors qu'ils sont désireux de travailler".

Ils vont en effet être dépassés au travail par les aspects sociaux qui sont des routines pour les personnes "neuro-typiques". D'autres n'ont pas l'encadrement nécessaire à la maison pour s'assurer qu'ils mangent, dorment et se rendent à l'heure au bureau.

L'équipe de Fox Networks travaille dans les bureaux de Mindspark à Santa Monica, en Californie, le 24 août 2016 © Frederic J. BROWN AFP
L'équipe de Fox Networks travaille dans les bureaux de Mindspark à Santa Monica, en Californie, le 24 août 2016 © Frederic J. BROWN AFP

Le groupe informatique Microsoft avait estimé qu'environ 80% des autistes restaient sans emploi malgré des talents parfois exceptionnels en sciences, en mathématiques ou en technologie, en lançant l'an dernier un programme pilote visant à en recruter pour des postes à temps plein.

Il s'était fait aider par une organisation danoise spécialisée, Specialisterne, qui a aussi collaboré avec le géant allemand des logiciels professionnels SAP quand il s'est fixé en 2013 l'objectif d'embaucher des centaines d'autistes dans le monde.

Le président de Mindsparks (arrière-plan) Gray Benoist dans les bureaux de son entreprise à Santa Monica en Californie © Frederic J. BROWN AFP
Le président de Mindsparks (arrière-plan) Gray Benoist dans les bureaux de son entreprise à Santa Monica en Californie © Frederic J. BROWN AFP

Si des systèmes de soutien se créent sur les lieux de travail pour les autistes, ceux-ci s'avèrent généralement des salariés très fidèles, avec en outre l'avantage d'aborder les problèmes de manière différente du reste des équipes, assure Jan Johnston-Tyler.

Elle-même mère d'un enfant diagnostiqué Asperger, elle est la fondatrice d'EvoLibri, une société de conseil qui aide les autistes, mais aussi d'autres personnes "neurodiverses" (atteintes de troubles déficitaires de l'attention par exemple), à trouver du travail, un cursus scolaire ou des services adaptés.

"Nous avons des gens qualifiés, alors que la Silicon Valley continue de se plaindre de n'avoir pas de candidats qualifiés", regrette-t-elle. "Ils ne veulent pas embaucher les gens parce qu'ils sont différents".

"La Silicon Valley s'est construite sur la neurodiversité; c'est ce qui nous a conduit à la situation actuelle", fait pourtant valoir cette femme de 57 ans.

Elle raconte ainsi être allée à l'école à Palo Alto avec des camarades qui, avec le recul, était probablement autistes, mais juste considérés alors comme des "geeks" aux lunettes réparées avec de la bande adhésive, sans petites amies, mais appréciés des professeurs quand il fallait réparer un vidéo-projecteur.

Jan Johnston-Tyler dit avoir vu des tas d'entreprises ou d'organisations tenter de placer des autistes de haut niveau sur des emplois liés à l'informatique.

D'après elle, une difficulté est toutefois de leur ouvrir les portes de carrières de long terme, au lieu de juste leur déléguer de petites tâches comme la suppression de bugs dans des programmes.

28/08/2016 14:09:49 -  San Francisco (AFP) -  © 2016 AFP

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27 août 2016

Rennes. Viré de la banque avec son fils handicapé, il porte plainte

article publié dans Ouest France

Loïc et son fils Fabien ont porté plainte contre la banque, pour discrimination sur personne vulnérable dans un endroit public.
Loïc et son fils Fabien ont porté plainte contre la banque, pour discrimination sur personne vulnérable dans un endroit public. | Ouest-France.

Une agence de la Caisse d’épargne à Rennes a clôturé les comptes d’un père et de son fils autiste, au motif que le jeune handicapé s’est mal comporté dans les locaux de la banque. Le père a porté plainte.

Cela fait 25 ans que Loïc a un compte à la Caisse d’Epargne. Le retraité, 65 ans, n’a pas de carnet de chèque et va tous les mardis faire un retrait au guichet de l’agence de Bourg-L’Evêque, à Rennes. Le 9 août dernier, il s’y rend avec son fils Fabien, un jeune autiste.

Courrier recommandé

Au guichet, le retraité voit son fils s’agiter. Il a envie d’uriner et commence à ouvrir son pantalon. Le père réagit rapidement, gronde son fils et le rassure. Quelques instants plus tard, le jeune homme se rend dans un bureau et essaie une nouvelle fois de baisser son pantalon. Loïc réprimande encore Fabien et parvient à le maîtriser. 

Une semaine plus tard, le retraité reçoit un recommandé, daté du 16 août, de la Caisse d’épargne. La lettre informe le père et le fils que leurs comptes vont être fermés. Ils ont deux mois pour trouver une autre banque.

Plainte pour discrimination

« Comment je vais faire ? s’inquiète le retraité. C’est la première fois que Fabien a un comportement déplacé mais il n’a pas fait de gestes obscènes. Et ils savent bien que mon fils est handicapé. » Le père a saisi un avocat, Me Le Mintier, qui a porté plainte contre la Caisse d’épargne pour «  discrimination sur une personne vulnérable dans un endroit public ».

Saisie de la vidéosurveillance

Bruno Leclerc, secrétaire général de la Caisse d’épargne pour la Bretagne et les Pays-de-Loire, estime « qu’un attentat à la pudeur a traumatisé une collègue ». Le père conteste. Pour en avoir le cœur net, son avocat Me Le Mintier demande la saisie de la vidéosurveillance. Mais le responsable de la banque reconnaît « qu’on est allé un peu vite. On va reprendre la négociation pour que cette famille maintienne ses comptes ».

Dévoué à son fils au quotidien, Loïc s'interroge: « Dois-je le mettre dans une cage quand je vais retirer de l’argent à la banque ? »

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25 août 2016

Communiqué de presse du Ministère des Affaires sociales et de la Santé sur la Dépakine et ses dérivés

 

Spécialités pharmaceutiques comprenant de l'acide valproïque (Dépakine® et dérivés)

Marisol Touraine annonce la mise en place d'un dispositif d'indemnisation pour les familles Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a rendu publics aujourd'hui les premiers résultats d'une étude demandée en 2015 par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, à l'ANSM et la CNAMTS pour évaluer l'exposition des femmes enceintes, entre 2007 et 2014, aux spécialités à base d'acide valproïque, comme la Dépakine® et ses dérivés.

http://social-sante.gouv.fr

 

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18 août 2016

Le cognitif quèsaco ? Par Franck Ramus

mercredi 17 août 2016

De nos jours, le mot « cognitif » est sur toutes les lèvres, soit pour s’en réclamer, soit pour s’en distancier (à tort ou à raison). Le problème est que le mot « cognitif » prend souvent des sens différents en fonction de la personne qui les utilise. Notamment, le mot « cognitif » est souvent utilisé en opposition à d’autres termes, comme : comportemental, perceptif, émotionnel, clinique, subjectif, psychique, mental… Ces oppositions ont, certes, des racines historiques, mais sont-elles encore bien fondées ?

Dans les sections qui suivent, j’explique chacune de ces oppositions, son origine, et son bien-fondé actuel. Mais commençons par quelques définitions.


Définitions

Les sciences cognitives ont pour hypothèse de travail que tout ce qui passe dans la tête des êtres humains (et des autres animaux) consiste en des représentations porteuses d’information, et des opérations sur ces représentations (du traitement de l’information).

Les représentations cognitives (aussi appelées représentations mentales) peuvent être des représentations du monde extérieur (notamment les perceptions, les plans d’actions) ou du monde intérieur (ressenti subjectif, méta-cognition). Elles peuvent être verbales (parole ou pensée) ou non verbales (visuelles, sonores, spatiales, sensori-motrices, émotionnelles, affectives, abstraites). Elles peuvent concerner le présent, le passé (souvenirs), ou ni l’un ni l’autre (imagination). Des représentations peuvent être qualifiées de « cognitives » ou de « mentales » dès lors qu’elles sont stockées dans un cerveau, contrairement à une photographie, qui est une représentation d’une scène visuelle sur du papier ou sur un écran, ou à un disque, qui est une représentation d’une scène sonore codée sur un support physique.

Les processus (ou traitements, ou calculs, ou opérations) cognitifs sont tous les mécanismes par lesquels les représentations mentales sont fabriquées, reliées les unes aux autres, ou converties les unes en les autres. Par exemple les mécanismes qui conduisent de l’image d’un chien sur la rétine, au concept de chien, puis au mot « chien » que l’on peut prononcer. Ou les mécanismes qui conduisent de la perception d’un stimulus effrayant (ou du souvenir de sa perception passée, ou de l’imagination de sa perception éventuelle) à un ressenti subjectif particulier, par exemple la peur, et aux réactions comportementales associées.

La cognition est l’ensemble de nos représentations mentales et des processus opérant sur ces représentations (conscientes ou non-conscientes).

L’adjectif « cognitif » peut qualifier toute représentation mentale et tout processus opérant sur des représentations mentales.

Oppositions traditionnelles

Cognitif vs. Comportemental Historiquement, les sciences cognitives se sont fondées en partie en opposition au comportementalisme (behaviorism en anglais). Le comportementalisme modélisait le comportement en termes de relations entre stimuli (perçus par l’organisme) et réponses (produites par celui-ci), et s’abstenait délibérément de conjecturer sur ce qui se passait dans le cerveau de l’organisme situé entre stimulus et réponse. Les sciences cognitives ont constaté l’insuffisance de ce modèle pour comprendre des comportements et capacités complexes, et ont bâti des modèles postulant des représentations mentales dans le cerveau, permettant d’expliquer des relations plus complexes entre stimuli et réponses.

Néanmoins, l’opposition n’est pas aussi tranchée qu’il n’y parait. B. F. Skinner (un des leaders du comportementalisme) lui-même prenait en compte les pensées, simplement il les considérait comme des comportements (internes, non manifestes). Quoi qu’on pense de ce procédé, il révèle bien que même dans le cadre du comportementalisme strict, il s’est avéré nécessaire de reconnaître l’existence d’au moins certaines représentations internes. Par ailleurs, les sciences cognitives ont, pour une large part, simplement complété le comportementalisme, en construisant des modèles plus complexes. Elles n’ont pas remis en cause beaucoup des résultats du comportementalisme, concernant les situations dans lesquelles les comportements s’acquièrent et se renforcent. Elles les ont largement confirmés, et elles ont permis de les affiner, de les interpréter dans un cadre théorique plus large, et de mieux en comprendre les bases cérébrales.

On retrouve la même opposition entre cognitif et comportemental dans l’appellation des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). A l’origine, les thérapies comportementales, inspirées par le comportementalisme, se focalisaient sur les moyens de modifier le comportement, en manipulant des renforcements. La seconde génération de thérapies a pris en compte l’intérêt qu’il y avait à modifier également des représentations mentales, comme par exemple des croyances inadaptées ou des schémas de pensée. Elles se sont donc appelées thérapies cognitives. Les psychothérapies modernes se font appeler TCC parce qu’elles s’appuient sur les deux stratégies, qui ne sont nullement contradictoires, mais sont au contraire complémentaires.

Au final, ce qui reste de la distinction entre comportemental et cognitif, c'est simplement l'idée que le comportement est quelque chose de manifeste et observable (pour un observateur externe à l'individu), alors que la cognition est interne à l'individu, et donc par nature inobservable. Les représentations et processus cognitifs sont les causes immédiates du comportement.

Cognitif vs. Perceptif
Dans les débuts des sciences cognitives, il était d’usage de réserver le mot cognitif à des activités mentales de haut niveau (langage, raisonnement…), en les distinguant notamment des traitements perceptifs jugés de plus bas niveau (plus proches des organes périphériques, que sont les récepteurs sensoriels et les muscles). Il est maintenant clair qu’il n’y a pas de différence qualitative entre représentations de bas et de haut niveau, et que les représentations perceptives ou motrices sont tout aussi cognitives que les autres. Le terme cognitif s’applique donc aujourd’hui à tous les étages du traitement de l’information, depuis les récepteurs sensoriels jusqu’aux motoneurones.

Cognitif vs. Emotionnel
De manière similaire, il a aussi été longtemps d’usage de réserver le mot cognitif aux représentations et traitements « froids » (langage, raisonnement…), c’est-à-dire dénués de toute charge affective ou émotionnelle (représentations « chaudes »). Là encore, il est apparu évident que les affects, les émotions, sont tout autant des représentations mentales porteuses d’information (même s’ils sont associés à des réactions physiologiques spécifiques), et qu’ils font donc tout autant partie de la cognition.

Cognitif vs. Clinique

Il est courant (notamment dans les facultés de psychologie) de distinguer la psychologie cognitive et la psychologie clinique, en considérant que les deux domaines utilisent nécessairement des méthodes radicalement différentes et sont mutuellement impénétrables voire incompatibles. Or ce sont essentiellement les objectifs qui les distinguent. La psychologie cognitive a pour but de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain (et aussi ses dysfonctionnements). La psychologie clinique a pour but d’aider les personnes ayant des troubles mentaux (/cognitifs/psychiques/psychologiques) et diverses difficultés dans leur vie. Il est évident que la psychologie clinique atteindra d’autant mieux son objectif qu’elle se fondera sur une compréhension correcte (donc scientifique) du fonctionnement de l’esprit humain. Les psychologies cognitive et clinique sont donc parfaitement complémentaires, et la psychologie clinique a toutes les raisons de se fonder sur la psychologie cognitive. La psychologie clinique est une application de la psychologie cognitive.
NB : cette affirmation peut sembler ne pas correspondre à la situation observée actuellement en France, mais correspond très bien à la situation dans d’autres pays.

Cognitif vs. Psychanalyse
Il est d’usage d’opposer les sciences cognitives et la psychanalyse. Pourtant, la psychanalyse repose, elle aussi, sur la postulation de représentations mentales (comme les désirs, pulsions, rêves, symboles…) et de mécanismes opérant dessus (par exemple le refoulement, le transfert…). De ce point de vue, la psychanalyse est parfaitement en accord avec les fondements des sciences cognitives. Ce qui empêche la psychanalyse d’être une véritable science cognitive, ce n’est pas l’aspect cognitif, c’est l’aspect scientifique. En formulant des théories non réfutables, en se gardant de mettre ses hypothèses à l’épreuve des faits, et en refusant de rejeter ses hypothèses déjà démenties par les faits, la psychanalyse s’est, tout au long de son histoire, tenue à l’écart de la démarche scientifique. La psychanalyse n’est donc pas une science psychologique non-cognitive, c'est tout le contraire: la psychanalyse est une pseudoscience cognitive.

Cognitif vs. Psychique vs. Mental (loi de 2005)
Dans la loi française du 11 février 2005, le handicap est défini comme résultant « d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques (…). »

Cette juxtaposition des termes mental, cognitif et psychique peut donner l’impression qu’il s’agit de concepts véritablement différents. Il n’en est rien. Si le législateur a inclus tous ces termes dans la loi, c’est pour être sûr de n’exclure personne du champ du handicap. En effet, historiquement, différentes catégories de personnes se sont reconnues comme relevant d’une catégorie ou d’une autre. Les « troubles psychiques » font traditionnellement référence à ceux qui concernent la subjectivité, la personnalité ou les émotions, comme la dépression, l’anxiété, les troubles de la personnalité, etc. Les « troubles mentaux » sont souvent synonymes de « troubles psychiques », avec une connotation impliquant une sévérité plus grande (incluant notamment les troubles psychotiques comme la schizophrénie). En revanche, le « handicap mental » ou le « retard mental » fait traditionnellement référence à ce que l’on appelle aujourd’hui la déficience intellectuelle, c’est-à-dire une faible intelligence générale (QI inférieur à 2 écarts-types sous la moyenne de la population). Plus récemment, différents troubles ont préféré se regrouper sous la bannière « cognitive », car ne souhaitant être assimilés ni aux troubles psychiques, ni aux troubles mentaux, ni à la déficience intellectuelle (quoique le terme « trouble cognitif » soit dans certains contextes utilisé comme un euphémisme pour « déficience intellectuelle », notamment dans l’éducation nationale). C’est le cas par exemple pour les troubles des apprentissages ou les troubles du spectre de l’autisme. Chaque mot a son histoire, ses connotations, et les personnes concernées sont très sensibles à la manière dont leur trouble est représenté, par quels mots il est désigné, et à quel autre trouble il est associé. C'est pour cela que le législateur a pris soin d'inclure les principaux termes traditionnels dans le texte de la loi, pour que chacun s'y retrouve sans avoir besoin de changer symboliquement de catégorie.

Il n’en reste pas moins que, qu’un trouble soit psychique, mental ou cognitif, il affecte toujours ce qui se passe dans la tête de la personne, et est en lien avec son cerveau. Considérant la définition du mot cognitif que nous avons donnée ici, tous les troubles mentaux et psychiques sont également des troubles cognitifs, et d'un point de vue de la stricte logique scientifique, ce dernier terme pourrait parfaitement suffire pour décrire toutes les catégories (ce qui n'empêche pas bien sûr d'utiliser des termes plus fins pour préciser la nature du trouble lorsque c'est nécessaire; c'est exactement ce que font les classifications internationales avec leurs catégories emboîtées de manière hiérarchique).

Conclusions

La principale idée que je souhaite avancer ici, c’est donc qu’en 2016, la meilleure définition de la cognition, qui fait maintenant consensus au sein de la plupart des acteurs des sciences cognitives, est la définition maximaliste que j’ai donnée ci-dessus. La cognition englobe tout, absolument tout ce qui se passe dans la tête des gens. Les oppositions entre cognitif et comportemental/émotionnel/psychique/etc. sont juste des résidus de l’histoire de la psychologie, le reflet de différentes écoles de pensée et de la manière dont elles ont réagi à la révolution cognitive. Mais elles n’ont aujourd’hui plus aucune raison d’être. L’approche cognitive englobe (ou du moins peut potentiellement englober) tout la compréhension scientifique de l’esprit humain. Il n’y a plus de sens à vouloir cantonner le cognitif à tel aspect de l’être humain, à telle discipline ou à telle affiliation idéologique.

D’ailleurs, toutes les branches de la psychologie sont cognitives, dans le sens où elles postulent des représentations mentales et des mécanismes qui opèrent dessus. C’est évidemment le cas de la neuropsychologie, mais également de la psychologie clinique, la psychopathologie, la psychologie sociale, la psychologie différentielle, la psychanalyse.

Aujourd’hui, les vraies oppositions ne se situent pas entre le cognitif et autre chose. Elles se situent tout simplement autour de l’adoption, ou pas, de la démarche scientifique, c'est-à-dire la démarche qui consiste à émettre des hypothèses réfutables et à les évaluer à l’aune de données factuelles. La psychologie cognitive illustre bien cette démarche scientifique, mais n'en a pas l'exclusivité. Toutes les sous-branches de la psychologie peuvent embrasser la démarche scientifique (et le font déjà à des degrés divers). Il est donc temps d'abandonner les anciennes oppositions pour réunir toutes les composantes de la psychologie autour d'une seule exigence: la démarche scientifique, d'ailleurs inscrite au cœur du code de déontologie des psychologues.

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16 août 2016

Grande-Bretagne : Elle faisait subir des traitements à ses enfants pour toucher les prestations

article publié dans 20 Minutes

GRANDE-BRETAGNE Une mère qui avait réclamé plus de 375.000 livres pour de prétendus handicaps a été condamnée à la prison...

Des médicaments (illustration).

Des médicaments (illustration). - MIGUEL MEDINA / AFP

M.C. avec AFP

Publié le 16.08.2016 à 04:25
Mis à jour le 16.08.2016 à 04:25

Les chirurgiens avaient fini par implanter des sondes gastriques à son fils et sa fille pour les alimenter, alors qu'ils sont capables de se nourrir normalement. Une mère de 48 ans a été condamnée lundi à sept ans et demi de prison en Grande-Bretagne pour avoir fait subir à ses enfants des traitements médicaux dont ils n'avaient pas besoin dans le seul but de réclamer des centaines de milliers de livres de prestations sociales.

Cette habitante de Croydon, au sud de Londres, dont l'identité n'a pas été fournie, a pendant au moins dix ans prétendu que son fils et sa fille avaient souffert de toute une série de problèmes de santé, ont découvert les enquêteurs. 

strong2>Elle a encouragé son fils à se comporter en autiste

Le garçon s'est en outre vu administrer des stéroïdes pour un asthme aigu, bien qu'aucun des symptômes de cette maladie qu'elle a décrits chez lui n'eût jamais été détecté quand il était à l'école. Il a aussi été encouragé par sa mère à se comporter en autiste et a porté des couches jusqu'à l'âge de 7 ans.

Résultat, cette femme a réclamé de manière indue 87.400 livres (100.630 euros) au titre de ce prétendu handicap. Selon la police, elle a au total demandé à recevoir pour 375.200 de livres d'aides financières, y compris un revenu complémentaire alors qu'elle vivait avec un homme ayant un emploi.

De plus, les enquêteurs ont découvert à son domicile un stock de médicaments non utilisés ayant coûté à la sécurité sociale 145.900 livres. Le procureur Malcolm McHaffie a accusé cette femme de «cruauté extraordinaire», «au-delà de tout entendement». L'enquête sur cette affaire, ouverte à la suite d'une alerte ses services de protection de l'enfance, a duré trois ans. Au total, 114 personnes ont apporté leur témoignage.

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13 août 2016

Secteurs protégé et adapté : ces abus passés sous silence...

article publié sur handicap.fr

Résumé : Jean-Michel a dénoncé les conditions de travail dans son entreprise adaptée ; il a été licencié. Il déplore l'omerta protégeant les brebis galeuses. Les travailleurs handicapés sont-ils partout "protégés" ?

Par , le 12-08-2016

Le milieu adapté ou protégé a été conçu pour permettre aux travailleurs handicapés d'accéder à l'emploi dans un cadre "bienveillant" qui tient compte de leur potentiel mais également de leur vulnérabilité. Il arrive pourtant que le système dérape. Non-respect des règles de sécurité, course à la rentabilité, pressions au rendement, postes de travail non adaptés, encadrement défaillant.... La sphère professionnelle du milieu du handicap n'est pas épargnée par les dérives de certaines entités. Et, dans ces circonstances, les victimes, parfois trop "protégées", peinent à faire entendre leur voix.

Jean-Michel se rebiffe

Jean-Michel a décidé, pour sa part, de briser le silence. Il l'a payé de son emploi. Il était en poste depuis 2014, en tant que travailleur handicapé, dans une EA (entreprise ordinaire qui emploie au moins 80 % de travailleurs handicapés) du Sud de la France, gérée par une association médico-sociale. Il travaille en alternance avec une équipe aux espaces verts et seul en déchetterie où il affirme avoir cumulé "quantité de besognes". "Rapidement, explique-t-il, j'ai observé que le contremaître et les chefs d'équipe, recrutés chez les "gens normaux", ne nous ménageaient pas et nous demandaient toujours davantage. Or nous sommes, de par la loi, "des travailleurs à efficience réduite"".

Des travailleurs ignorants du droit 

Il observe, chaque jour, des vexations, petites humiliations, la violence des rapports sociaux mais également, parfois, des infractions manifestes au droit du travail. Les victimes ne bronchent pas. Trop peur de perdre leur emploi. Pas en capacité de revendiquer. Pour la plupart en situation de handicap mental, ses collègues ne savent ni lire ni écrire et ne connaissent absolument pas leurs droits. "Leur ignorance du droit est telle chez mes camarades asservis qu'un contremaître se permet d'utiliser leur force de travail à des fins personnelles, poursuit-il." Jean-Michel décide de dénoncer cette situation, par écrit, à la direction de l'entreprise, puis à l'Inspection du travail. "Ayant peur de mon influence et ne pouvant pas immédiatement me licencier, la direction choisit de m'isoler et de me laisser seul travailler à la déchetterie". Lorsqu'un travailleur se rebelle, on le dit parfois violent, grossier. Ce fut le cas pour Jean-Michel ; "Logique, la faute à mon handicap psychique !" Le vase déborde le jour où il est contraint de manipuler des déchets chimiques sans protection adaptée. Il considère la mission trop dangereuse et refuse. Le 4 mai 2016, il est brutalement mis à pied puis, après un entretien préalable, licencié pour cause réelle et sérieuse.

Des abus de toutes sortes

Gilles Mendes, qui se définit comme lanceur d'alerte, cite à son tour le cas d'une EA dans laquelle les heures supplémentaires le soir et le week-end ne sont pas déclarées alors qu'elles sont interdites sauf sur autorisation de la médecine du travail et de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). "Les salariés en CDD étaient menacés de ne pas voir leur contrat renouvelé s'ils n'acceptaient pas ces heures sup. J'ai même vu un travailleur handicapé remplacer le manager qui était parti en vacances. D'autres, porteurs d'autisme, ont dû prendre un arrêt de travail pour maladie après avoir été mis sur un poste nécessitant une concentration intellectuelle particulière pour une prestation de retranscription écrite d'enregistrements audio de réunions syndicales, sans aucune formation mais avec une pression de rendement intenable." La maman d'une jeune femme autiste, quant à elle employée en Esat (Etablissements et services d'aide par le travail), témoigne en ce sens : "Après huit mois, ma fille se retrouve en état de souffrance morale très intense. Elle a mis sa confiance dans les adultes et ceux-ci se sont joué d'elle, prétextant qu'elle ne travaillait pas assez vite". Et de déplorer la précarité du système dans ces lieux relevant du médico-social (et donc non soumis au code du Travail) : ni syndicats, ni inspection du travail, ni prud'hommes.

De notoriété publique

En 2003 déjà, le Sénat relaye ce type de dérives dans un rapport intitulé, "Maltraitance envers les personnes handicapées : briser la loi du silence". En introduction, il est écrit : "La maltraitance institutionnelle n'est pas propre aux établissements et services sociaux et médico-sociaux qui accueillent des personnes handicapées. Il s'agit malheureusement d'un phénomène beaucoup plus général, qui touche aussi l'école ou le lieu de travail." Alma France (article en lien ci-dessous), qui gère une plateforme d'écoute destinée aux personnes vulnérables, le 3977, assure que ses antennes reçoivent un grand nombre d'appels concernant des discriminations dans le milieu ordinaire de travail mais également dans les milieux adapté et protégé. Des "usagers" d'Esat (on ne les appelle pas "employés"), par exemple, sont de plus en plus nombreux à signaler le comportement maltraitant du personnel d'encadrement -même si ce sont parfois aussi les éducateurs qui se trouvent en difficulté dans leurs ateliers... victimes de leurs travailleurs !-

Frapper à toutes les portes

Dans ce contexte, autant que les abus aux visages multiples, c'est la difficulté à se faire entendre qui est dénoncée. Frapper à toutes les portes, alerter les associations de personnes handicapées, interpeler les politiques... Les victimes décrivent le même parcours du combattant pour joindre le bon interlocuteur, chacun se renvoyant la balle. Souvent en vain ! Gilles Mendes affirme n'avoir eu "que des fins de non-recevoir". "J'ai senti un vrai un malaise sur cette question. Et j'ai pu constater que certains dirigeants peu scrupuleux avaient des appuis politiques locaux, notamment auprès de députés, et pouvaient compter sur une solide réseau d'influence". Jean-Michel a, pour sa part, décidé de déposer une saisine pour "maltraitance" envers personne vulnérable et discrimination auprès du Défenseur des droits. Il a par ailleurs engagé une procédure contre l'association qui l'employait pour licenciement abusif auprès du tribunal des prud'hommes. Une conciliation est programmée le 3 octobre 2016.

Les escrocs font de l'ombre... 

Tout n'est quand même pas pourri au royaume du travail adapté et protégé ? "Evidemment que non, conclut Gilles. Il y a une grande majorité d'entreprises honnêtes, et ce secteur a toute sa raison d'être. Il n'est pas question de faire un amalgame. Mais certaines brebis galeuses font parfois de l'ombre à ces Esat et EA qui bossent bien, prennent soin de leur travailleurs et ont une éthique solide. C'est pourquoi il serait grand temps de faire le ménage…"

© ra2 studio/Fotolia

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12 août 2016

Rochefort : des adultes autistes travaillent au camping

  •  Les résidents de la MAS au travail dans le camping. ©
    photos villes de rochefort
  • Sandrine Auger (chef de service de la MAS), Pascal Riché (animateur), Raphaëlle Hobdey (résidente à la MAS), Nathalie Augeron (responsable du camping), Bruno Bertrand (résident de la MAS), Pierrick Quessaud (arrivé il y a 4 mois), Isabelle Gireaud et Philippe Escure Delpeuch Sandrine Auger (chef de service de la MAS), Pascal Riché (animateur), Raphaëlle Hobdey (résidente à la MAS), Nathalie Augeron (responsable du camping), Bruno Bertrand (résident de la MAS), Pierrick Quessaud (arrivé il y a 4 mois), Isabelle Gireaud et Philippe Escure Delpeuch
  •  Les résidents de la MAS au travail dans le camping. ©
    photos villes de rochefort
  • Sandrine Auger (chef de service de la MAS), Pascal Riché (animateur), Raphaëlle Hobdey (résidente à la MAS), Nathalie Augeron (responsable du camping), Bruno Bertrand (résident de la MAS), Pierrick Quessaud (arrivé il y a 4 mois), Isabelle Gireaud et Philippe Escure Delpeuch Sandrine Auger (chef de service de la MAS), Pascal Riché (animateur), Raphaëlle Hobdey (résidente à la MAS), Nathalie Augeron (responsable du camping), Bruno Bertrand (résident de la MAS), Pierrick Quessaud (arrivé il y a 4 mois), Isabelle Gireaud et Philippe Escure Delpeuch

L’Ordre Saint-Jean de Malte qui accueille les résidents a signé une convention avec la Ville.

Vendredi dernier, le camping municipal a accueilli durant une partie de la matinée trois résidents de la maison d'accueil spécialisée Saint-Jean de Malte (MAS). Accueillis par la responsable du camping, Nathalie Augeron qui s'est investie auprès d'eux dès leurs arrivées, ces trois adultes autistes ont désherbé avec une binette des parcelles du camping et les carrés des campeurs. Les trois résidents seront de retour après-demain ainsi que les vendredis suivants.

« Utile et visible »

« Ce partenariat entre la Ville (qui gère le camping) et la MAS a été effectué à leur demande », indique Isabelle Gireaud, adjointe au maire chargée de la solidarité et des affaires sociales. « La MAS était en recherche de tâches socialisantes et d'une activité de travail. Le camping est le lieu idéal car c'est un endroit sécurisé, divisé en parcelles donc sécurisant », poursuit l'élue, qui est par ailleurs l'ancienne présidente départementale d'autisme Charente-Maritime.

Et de rappeler qu'une personne sur cent est autiste et que, parmi les personnes affectées, les trois quarts n'ont pas de déficience intellectuelle.

Autre point qui plaidait en faveur du désherbage : la faveur d'apprécier ce qui est répétitif.

« Un travail utile et visible », apprécie Philippe Escure-Delpeuch, le directeur de la MAS ouverte en 1985 (qui accueille 12 personnes).

Parlant des pensionnaires, il ajoute qu'il est « indispensable de les faire sortir. Ils ont à la fois plein de compétences qu'il faut mettre en valeur et d'aptitudes à aller vers les autres ».

En dehors de ce nouveau travail hebdomadaire, les résidents pratiquent à l'extérieur : l'équitation, des arts plastiques (avec l'Aapiq), ils vont aussi faire des courses dans un hypermarché en s'arrêtant à la cafétéria.

« Il est indispensable de les faire sortir. Ils ont plein de compétences et d'aptitudes à aller vers les autres »

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07 août 2016

United Healthcare announces ABA coverage as standard benefit

article publié sur Autisms Speaks

June 24, 2016

For 10 years, Autism Speaks has been working with families across the United States to convince state legislatures to require coverage for Applied Behavior Analysis (ABA) and other autism treatments, and to convince self-funded employers to voluntarily offer such coverage. One of the biggest developments in our decade-long effort to ensure coverage for all individuals on the spectrum was announced this month by United Healthcare.

Starting in 2017, United Healthcare will make ABA coverage part of its standard benefits package. In other words, ABA will be a part of all fully-funded group plans, regardless of whether that plan was issued in a state that has passed an autism insurance mandate.

“UnitedHealthcare currently covers ABA for the treatment of autistic spectrum disorder for our fully insured commercial membership where required by law and for self-funded plans that elect to include ABA benefit coverage, “ UnitedHealthcare stated in a release to its brokers. “Beginning on or after Jan. 1, 2017, UnitedHealthcare will be extending ABA benefit coverage to new and renewing fully insured small and large group plans in the few remaining states that do not mandate ABA coverage.”

“This is the one of the most significant developments ever for families who need access to ABA,” said Lorri Unumb, Esq., vice president of state government affairs at Autism Speaks. “For years, we have slogged through -- state-by-state, company-by-company -- to help each and every family who reaches out to us in need.  With one fell swoop, the nation’s largest health care insurer has now validated and standardized health insurance coverage of ABA.”

Many Autism Speaks volunteer advocates reacted to the news with elation. Kristin Jacobson, of California, said “I predict this is the beginning of the end of autism exclusions!!!” 

Some states have passed autism insurance mandates that are limited to certain markets, such as the state employee health plan.

Regarding the self-funded market, through which a quarter of all Americans get their health insurance, UnitedHealthcare now “recommends that self-funded plans that currently exclude ABA consider removing that exclusion at next renewal.”

United Healthcare (UHC) announced it was making this change because it recognizes “the growing interest in ABA among many consumers and in the marketplace.” UHC cited the number of states that mandate ABA coverage of the treatment of autism as a factor in its decision. 

UHC also noted that a “growing number” of self-funded plans are providing coverage for ABA “based on member demand and other market forces.”

Under the new policy, coverage for ABA under a self-funded plan will be included if the plan does not expressly exclude ABA, starting January 1, 2017. 

This is big news for all autism families across the country but especially in states like Alabama, Ohio, and Tennessee, where no mandate has passed and little-to-no coverage exists.

Read UHC’s full release here.

Posté par jjdupuis à 13:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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