16 avril 2014

voir ou revoir -> La comédie de la normalité : Joseph Shovanec at TEDxAlsace

"Comme me l'a dit un de mes amis : La souffrance de l'autiste, c'est une nécessité vitale pour le psychiatre" (12'15 environ)

tiret vert vivrefm topPubliée le 27 nov. 2013

Il dit en badinant être 'né le même jour que Britney Spears'... intrigant. Pourquoi nous dit-il cela ? Josef Schovenec est un peu 'ailleurs', alors il aime à nous parler de ce qui nous est familier. Il souffre d'un « trouble envahissant du développement », entendez « autisme Asperger ».

Aller à la rencontre de Josef Schovenec, c'est entrer en contact avec un monde aux contours abscons pour nous autres, animaux sociaux. Bien qu'auréolé de prestigieux diplômes, voici quelqu'un dont le plus grand combat est d'interagir avec les autres. « Pour éviter le rejet, il faut mettre en place tout un tas de petites stratégies d'intégration sociale ». Mêlant des tonnes d'humour à quelques grammes de tristesse, il se qualifie d'« intermittent du spectacle », tant son personnage 'visible' est construit et conditionné.

Il milite pour que le trouble dont il souffre soit mieux connu en France, notamment au travers de son livre « Je suis à l'Est ! ». On devine derrière son témoignage, une vie mâtinée d'incompréhensions et du haut de laquelle il nous parle aujourd'hui avec sincérité et générosité.

bibliographie :
Je suis à l'est !, Editions Plon, 2012

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15 avril 2014

L'autisme : une altérité ? - Conférence à Lyon le 3 juin 2014 avec Monica Zilbovicius

information publié sur le site de l'ENS (Ecole Nationale Supérieure) de Lyon

Conférence grand public

Confluence des savoirs
le 3 juin 2014
18h30

Lieu(x) :

Site Jacques Monod - 46 allée d'Italie Amphithéâtre Charles Mérieux

vtte-Confsavoirs_AUTISME.jpg Avec Monica Zilbovicius, psychiatre et directrice de recherche, et la Compagnie Les Transformateurs, comédiens.

En France, la psychiatrie de l’enfant et en particulier l’autisme constitue toujours un débat où la vision scientifique est loin d’être systématiquement convoquée. Très engagée dans la recherche scientifique sur l’autisme, Monica Zilbovicius montrera combien on soigne mieux quand on connaît mieux. Cette affirmation trouvera un écho poétique dans le spectacle Autour d’Annette.
Au départ de ce spectacle il y a Annette, une enfant pas comme les autres. Comme dans un miroir brisé, son reflet n’est jamais complet. Dans chaque éclat nous voyons une parcelle du monde d’Annette. Autour d’Annette permet d’aborder avec décalage et poésie la question de l’altérité. Les voix de Nicolas Ramond (metteur en scène) et Fabienne Swiatly (auteur) se font entendre.

MONICA ZILBOVICIUS

Née au Brésil, Monica Zilbovicius est psychiatre. Depuis 2005, elle est directrice de recherche (U1000, INSERM, Service de Radiologie Pédiatrique, Hôpital Necker Enfants Malades, AP-HP, Paris), responsable de la recherche en imagerie cérébrale dans les troubles du développement de l’enfant, notamment l’autisme.

COMPAGNIE LES TRANSFORMATEURS

Créée en 1992, cette compagnie lyonnaise développe une pratique scénique originale qui se déploie tant dans les théâtres que dans l’espace public et questionne nos préoccupations contemporaines



Programme 2013-2014 de Confluence des savoirs

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Le spectacle Le Bal des Pompiers

Par - Publié le 10 avril 2014

Depuis la naissance de son fils Gabin (un 13 juillet, date du bal des pompiers), autiste et hyperactif, la vie de Laurent Savard est un “feu d’artifice permanent”. Et un combat quotidien contre les préjugés. Mais plutôt que de s’apitoyer sur son sort, ce comédien a choisi de bousculer, par l’humour, notre regard sur la différence. Le temps d’un one-man show, il nous immisce dans le parcours du combattant de parent d’enfant différent. Les portraits qu’il croque sont décapants : la directrice d’école qui n’a pas fait ce métier pour “s’occuper d’enfants handicapés”, la psy freudienne, la mère de famille scandalisée de voir Gabin se déshabiller dans un square... Toujours drôle, ne tombant jamais dans le pathos, ce spectacle est une vraie déclaration d’humour salutaire. Et une très belle déclaration d’amour à son fils.
Le Bal des pompiers, avec Laurent Savard (interprète) et Anaïs Blin (au piano). Mise en scène : Bruno Delahaye. Pour connaître la date des prochaines représentations : laurentsavard.com

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08 avril 2014

Vidéo -> Petit club d'Autisme 75 Ile-de-France, centre de loisirs pour enfants autistes à Paris

Publiée le 5 févr. 2014

Une vidéo sur les activités du P'tit Club d'Autisme 75 Ile-de-France, centre de loisirs pour enfants avec autisme, à Paris.

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03 avril 2014

INTERVIEW - L'autisme : Laurent Savard avec Le bal des pompiers appuie là où ça fait mal

article publié dans allo-médecins

Rédigé par , le 02 avril 2014 à 17h00

Prochaine représentation de Laurent Savard le 5 avril à Paris !

Prochaine représentation de Laurent Savard le 5 avril à Paris !

Ce 2 avril 2014, c’est la journée de l’autisme. A cette occasion, Allo-Médecins est allé à la rencontre de Laurent Savard, le père de Gabin, un enfant autiste. Son métier ? Humoriste : c’est ainsi qu’il a conçu le Bal des Pompiers, un spectacle racontant son expérience

« Ce spectacle vient de mes tripes, de mon intériorité de papa. Gabin, c’est comme s’il était avec moi en permanence sur scène ». Laurent Savard est le père de Gabin, un enfant autiste. Il joue depuis 2012 son spectacle le Bal des pompiers, racontant son expérience. Pourquoi le Bal des pompiers ? Gabin est né ce jour-là, un 13 juillet ! En cette journée internationale dédiée à l’autisme, nous avons voulu en savoir plus sur ce spectacle. Laurent Savard nous répond.

Allo-Médecins : Pourquoi avez-vous décidé de dédier votre spectacle à votre fils et par extension à l’autisme ?

Laurent Savard : L’humour est mon métier. J’ai commencé au milieu des années 1990 avec des potes comme Stéphane Guillon. J’ai eu des pièces, dont une a été produite au splendide, et puis Gabin est né. Très vite alors que Gabin grandissait on s’est rendu compte qu’il avait des problèmes, même si on ne savait pas lesquels. Je me suis donc écarté de mon métier, et à un moment donné la scène me manquait. Je me suis alors rendu compte que je ne pouvais pas faire autre chose qu’un spectacle autour de tout ce qui se passait avec Gabin. Je ne me suis pas dit « je vais faire un sujet sur l’autisme, mais juste un spectacle globalement drôle qui décrit la réalité de ce qui se passe avec mon enfant ».

A-M : Quel message voulez-vous faire passer avec ce spectacle ?

L Sa : C’est intéressant parce que, est-ce que justement un spectacle doit faire passer un message ? Je me suis rendu compte très vite que les gens m’ont dit « ah oui, vous avez du courage, vous êtes militant ». Et en fait non ! J’ai juste décrit les personnages qui s’articulent dans la vie de Gabin comme une psy scolaire ou une directrice d’école. Je n’ai fait que retranscrire la réalité parfois en forçant le trait mais pas tant que ça, et du coup s’il y a un message, c’est à l’insu de mon plein gré. La situation est si intolérable en France en matière d’autisme et d’handicap mental en général que forcément, ça imprime un message fort qui surligne tout ce qui est inadmissible en France.

A-M : Voulez-vous dénoncer la manière dont votre fils, ou les personnes handicapées en général sont stigmatisés ?

L Sa : J’en ai conscience, ça dénonce pas mal. Mais voilà, vous êtes Papa pour la première fois, vous vous rendez compte que votre enfant est différent et on vous fait subir comme une double peine. Ce n’est déjà pas facile d’avoir un enfant dit différent mais après, la société vous fait payer cette différence. Je ne demandais rien, comme tous les parents je ne demandais qu’à éduquer mon enfant et au final on vous culpabilise. C’est ça être le papa d’un enfant autiste en France. Le spectacle porte particulièrement sur la période où Gabin a entre 2 et 6 ans, quand on n’a pas encore le diagnostic et qu’il y a l’entrée à l’école. C’est une période qui me semblait très intéressante à traiter.

A-M : Durant cette période, vous saviez que Gabin était différent, mais ne saviez pas qu’il était autiste ?

L Sa : Non, il faut savoir que le spectacle s’ouvre par une scène chez une pédiatre, et j’ai quasiment restitué mot pour mot ce qu’on a pu entendre. Quand votre enfant a deux ans et que la pédiatre vous dit « oh moi je ne me m’inquiète pas pour Gabin » ou « on se revoit hop hop hop bah six mois plus tard à la Toussaint et si à Pâques prochain il n’y a toujours pas de progrès on verra ». Les mois passent, et heureusement qu’il y a un truc qui s’appelle Internet pour aller sur les forums. On se met presque en position de médecins, et on essaie à partir de signes cliniques de faire nous-même un diagnostic. Progressivement, Marylou, la mère de Gabin a commencé à penser qu’il était peut-être autiste. Et moi j’ai dit « non non non, autiste c’est Rain Man ». Vous voyez, on a tous nos préjugés sur l’autisme. Je suis fier de ce spectacle car il y a environ un an, il y a un article sur le Parisien qui disait que depuis le bouquin de Francis Perrin (ndlr : co-auteur du livre autobiographique Louis, pas à pas) et mon spectacle, on avait maintenant une vision différente et plus détaillée de ce que peut être l’autisme. De toute façon il n’y a pas un autisme mais des autismes.

Le spectacle porte sur la période où Gabin a entre 2 et 6 ans
Le spectacle porte sur la période où Gabin a entre 2 et 6 ans

A-M : Quand et comment a été diagnostiqué l’autisme de Gabin ?

L Sa : On a appris il y a deux ans que son autisme était dû à la mutation d’un gêne qui s’appelle le Shank 3, c’est un peu exotique comme nom ! En fait, quand vous avez un enfant différent, le pédiatre ne va pas vous aider parce qu’il n’en sait pas plus que vous. Le problème est que l’autisme dans une formation médicale correspond à un cours de deux heures. Au final, c’est les parents qui font avancer les choses, qui vont sur le terrain et qui mettent la pression pour dire au corps médical « faites quelque chose parce que ça devient une priorité sanitaire ».

A-M : Vous voulez dire au corps médical qu’il faut faire plus sur l’autisme avec ce spectacle ?

L Sa : Progressivement en écrivant ce spectacle, je me suis rendu compte que l’autisme est un peu la synthèse de tout ce qui ne va pas en France en matière de santé, de prise en charge. Je n’ai pas fait un spectacle sur l’autisme, mais sur la différence. On touche la différence en France et au final, on appuie où ça fait mal. La différence fait peur, elle est mal connue, mal accompagnée et du coup on mène un combat permanent. Ma manière de combattre est peut-être l’humour, mais partout en France les parents doivent s’impliquer d’autant plus pour que leur enfant soit bien pris en charge par rapport à d’autres pays.

A-M : Avez-vous l’impression de sensibiliser ?

L Sa : Ce qui est assez marrant, c’est que les programmations sont assez variées. Je joue à des festivals d’humour, des festivals liés au handicap, des communes qui m’appellent dans le cadre d’un programme de sensibilisation, des théâtres classiques, des associations de parents qui programment. Les gens qui ne connaissent pas se disent « ce n’est pas vrai, ils vivent tout ça ces parents ?! » et ceux qui ont des enfants autistes confirment « et oui, c’est exactement ce qu’on vit ». C’est ce qui est fou !

A-M : Les parents d’enfants autistes se reconnaissent tous dans le spectacle ?

L Sa : Oui ils se reconnaissent vraiment dans le spectacle. Et c’est vrai que je suis un peu gêné pour le dire, mais je suis très fier que ce soit devenu leur spectacle. Ils peuvent dire à leurs voisins, à leurs amis « allez voir le Bal des pompiers, allez voir ce qu’on vit ». L’avantage est que souvent les proches se déplacent plus facilement à un spectacle car c’est moins gênant d’apprendre de cette manière la vérité, parce qu’au final, ça reste un spectacle. C’est un outil de sensibilisation mais avant toute chose, ça reste un spectacle d’humour. Il m’a tout de même demandé trois ans d’écriture et réécriture parce que je ne voulais pas être à côté de la plaque, ne serait-ce que par respect pour mon fils puisque le spectacle parle de lui ; et à aucun moment je ne devais faire en sorte qu’on rit de sa différence, mais bien de ceux qui rient de lui.

"Gabin, c'est comme s'il était avec moi en permanence sur scène"

A-M : Les spectateurs rient donc de ceux qui ont rejeté votre enfant ?

L Sa : Quand la directrice d’école vous dit « quand j’ai commencé ce métier, ce n’était certainement pas pour m’occuper d’handicapés », déjà j’ai regardé derrière moi pour savoir si c’était bien à moi qu’elle parlait. Oui oui, c’était bien à moi. Vous vous dites c’est tellement énorme que vous vous demandez si tout va bien dans sa tête. Si on est humain on ne peut pas dire des choses pareilles. Ou quand la psy scolaire vous dit que votre enfant se met dans un cerceau pour retrouver l’utérus de sa maman… vous vous demandez ce que vient faire la psychanalyse pure ici. C’est tellement énorme qu’il vaut mieux en rire. Donc je suis fier du succès du spectacle et aussi ça nous aide au quotidien pour Gabin.

A-M : En quoi le spectacle a changé quelque chose pour votre vie quotidienne ?

L Sa : A force ça se sait, donc tout ceux qui sont dans la sphère de Gabin sont au courant du spectacle et se disent qu’il ne faut pas qu’ils finissent en sketch. Du coup Gabin est d’autant plus chéri, et les gens font plus attention à lui. Et ça mène aussi une responsabilité pour nous. Même si je fais en sorte de protéger son image, ça le met en lumière. Mais on doit faire attention, pour qu’il grandisse le mieux possible. Il ne va pas être enfant toute sa vie, il va avoir douze ans au prochain bal des pompiers. Avec ce spectacle, la maman de Gabin qui était déjà fière l’est encore plus. Au début on peut se dire que son enfant est différent, on l’aime mais c’est dur et ce spectacle magnifie cette différence.

A-M : La presse compare souvent votre spectacle avec le livre Où on va papa de Jean-Louis Fournier. Que pensez-vous de cette comparaison ?

L Sa : C’est forcément flatteur. Évidement il y a plein de points communs. Lui était pote avec Desproges, moi avec Guillon. Il avait deux enfants handicapés, moi j’en ai un. La différence est que Jean-Louis Fournier était à une époque où on mettait facilement les handicapés dans des centres. Aujourd’hui les parents veulent de moins en moins y mettre leurs enfants. C’est ma volonté en tout cas. On est d’autant plus en action avec notre enfant et moins dans l’observation. Je voulais être sûr que mon spectacle soit légitime. Et quand j’ai vu le livre de Fournier paraître pendant que j’écrivais mon spectacle, je me suis dit que la société était prête. Je ne voulais pas que les parents pensent que je profitais du handicap de mon fils pour faire un spectacle.

A-M : Quel avenir envisagez-vous pour votre spectacle ?

L Sa : Peut-être une suite au Bal des pompiers pour toucher à l’adolescence de Gabin. Pour l’instant entre la tournée et Gabin je n’ai pas trop le temps d’y penser. Je réfléchis à une adaptation cinématographique aussi.

Allo-Médecins remercie Laurent Savard pour cette interview. Nous vous invitons à consulter son site, et les dates de sa tournée juste ici !

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L'autisme de Gabin - du bal des pompiers -raconté par sa maman

article publié dans allo-médecins

Rédigé par , le 03 avril 2014 à 15h00

autisme handicap hyperactif école prise en charge ATSME CLIS ULISMDPH

Hier se tenait la journée de sensibilisation à l’autisme. Aujourd’hui, c’est Marylou Agate, maman de Gabin, autiste et hyperactif, qui répond à nos questions 

Hier se tenait la journée de sensibilisation à l’autisme. A ce propos, nous interrogions Laurent Savard, papa de Gabin, enfant autiste et hyperactif, dont l’entourage est raconté avec force d’humour dans le spectacle « le bal des pompiers ». Aujourd’hui, c’est Marylou Agate, son épouse, qui répond à nos questions afin de témoigner des difficultés rencontrées au quotidien mais aussi des espoirs pour Gabin et les autres enfants atteints par cette maladie.

Gabinet sa maman
Allo-Médecins : Marylou, aviez-vous cette intuition, avant que le diagnostic médical ne soit tombé, que votre enfant était autiste ?

Marylou Agate : Dès ses 28 mois et peut être même avant, je m’interrogeais. On en avait parlé au pédiatre, on se posait des questions, nous n’avions pas de mots pour pouvoir décrire ce que l’on observait, le pédiatre nous a dit d’aller voir un  ORL. Finalement nous sommes allés voir sur internet. Nous avons visité quelques forums ou nous avons parlé des troubles de notre enfant et beaucoup de mères m’ont dit « Écoute, ton fils est peut être autiste ». C’était deux ans ou deux ans et demi avant le diagnostic officiel.

AM : Quelles réactions a eu votre entourage à l’annonce du handicap de Gabin ?

 

Gabinet sa maman

MA : Ils ont fui pour la plupart. Ce n’est pas toujours évident d’en parler une fois que l’on apprend officiellement le handicap de son enfant. Pour certains de nos amis, ça a été silence radio parce qu’ils ne savaient pas quoi dire, de peur de blesser ou d’en rajouter, ils ont préféré alors occulter ou oublier. Heureusement, ça n’a duré qu’un temps. Certains sont revenus, mais d’autres non. De toute façon, on se fait de nouveaux amis et de nouvelles rencontres à chaque étape de notre vie. Concernant les membres de la famille, ils ont eu de la peine, même s'ils ont essayé de ne pas nous le montrer. Nous n’avons pas eu beaucoup de soutient de ce côté-ci non plus.

 

AM : Quels peuvent être les problèmes que vous rencontrez au quotidien dans l’éducation de votre fils, à la fois pour son autisme et pour son hyperactivité ?

Vigilance de touts les instants
MA : Les difficultés quotidiennes (rires). Ce peut être les troubles du sommeil, le manque de communication, l’hyperactivité en elle-même, la casse car comme il est hyperactif, il peut casser beaucoup ; il y a une maladresse de fait liée au handicap. Ne serait-ce que d’aller chez le coiffeur peut être difficile, un repas de même, attendu qu’il va se lever 50 fois. On vit à 200 à l’heure au final et ça peut être assez stressant.
Vigilance de touts les instants

AM : Suite au diagnostic médical, quelle prise en charge vous-a-t-on proposée ou inversement, ne vous-a-t-on pas proposée pour votre enfant ?

MA : La prise en charge avait été mise en place avant le diagnostic. On nous a dit que ce que nous faisions était très bien. Le diagnostic a, en soi, permis d’officialiser les choses. Il nous a ouvert des possibilités au niveau de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ; il met une « étiquette », ce que certains ne veulent pas faire. C’est pourtant très important en tant que parent et pour la personne d’avoir au moins la reconnaissance du  handicap.

AM : Vous avez eu des problèmes apparemment pour que votre enfant puisse être en école ordinaire. Quels ont été les soucis liés à cette question, quelles oppositions avez-vous rencontré à ce titre ?

Marylou Agate
MA : En petite section, il n’avait pas d’auxiliaire de vie scolaire. Il disposait de l’aide d’une ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) qui se démenait mais qui n’était pas présente spécifiquement pour lui, et l’institutrice a aidé du mieux qu’elle a pu. Mais globalement il ne faisait pas grand-chose en dehors de coller des gommettes sur les vitres ou alors mettre les pieds dans les toilettes, ça a été une année perdue scolairement parlant. Il a eu ensuite une auxiliaire de vie scolaire et ça s’est mieux passé, même si l’école n’était pas très participative. Ça s’est dégradé une fois arrivé en primaire, dans sa seconde école. Là, nous avons eu la chance de pouvoir compter sur un accompagnant privé et sur de jeunes psychologues. Malgré cela, il n’y avait aucun désir de la part du corps enseignant de connaître un peu l’autisme, de proposer des choses un peu plus adaptées. J’ai passé des heures à ajuster les cours pour qu’il puisse les comprendre un minimum.

Marylou Agate

Aujourd’hui, il est en CLIS (Classe pour l’Inclusion Scolaire), toujours avec un accompagnement individualisé. Ça ne se passe pas trop mal, l’école est beaucoup plus accueillante. Nous voulions rester dans l’école de quartier au départ, parce qu’il y avait des copains et des copines pour entretenir le lien social car c’est que qui fait défaut chez lui, mais ça ne s’est pas fait. Heureusement, il s’en fait d’autre aujourd’hui.

AM : Votre mari, Laurent, est souvent absent du fait de son travail, dans ces moments-là êtes-vous seule pour vous occuper de Gabin ?

MA : Au niveau de sa prise en charge, nous avons des accompagnateurs et des auxiliaires de vie qui viennent certains matins et d’autres l’après-midi. J’ai aussi des psychologues qui viennent le stimuler. Evidement tous ces gens finissent entre 17 heures et 18 heures, la fin de journée et la soirée peuvent alors être compliquées quand on est seul avec lui.

AM : Comment s’organise la prise de décision autour de Gabin, pour sa scolarité et ses soins ?

Gabin en promenade
MA : Nous sommes généralement d’accord sur tous les points, comme le fait qu’il reste à l’école ordinaire même s’il est dans une CLIS. Après, les décisions appartiennent à l’Éducation Nationale ou à la MDPH, même si il appartient aux parents de choisir au final. De ce point de vue là, nous sommes plutôt d’accord, en tout cas pour la période primaire. La question va se poser très prochainement compte tenu de l’âge de Gabin pour son entrée au collège. Nous ne savons pas, c’est encore une grosse interrogation pour nous. En plus de l’autisme et de l’hyperactivité, Gabin a une déficience intellectuelle et l’ULIS (Unité localisé pour l’inclusion scolaire) qui est la suite « logique » de la CLIS  ne semble pas faite pour lui. Pour l’instant nous en sommes là.

AM : Quel avenir souhaitez-vous à votre enfant ?

Gabin en promenade

MA : C’est compliqué comme question. D’être le plus autonome possible pour commencer. Evidemment d’être heureux même s’il l’est déjà aujourd’hui, c’est un grand garçon qui est rayonnant. D’être le mieux accompagné possible, tout au long de sa vie. J’espère en tout cas qu’un jour il aura un petit boulot, même à l’étranger. La France n’est pas très ouverte au handicap, tout du moins mental. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de réelle volonté politique de ce côté-là pour améliorer les choses, tout du moins comprendre ce qu’il y a derrière.

Allo-Médecins remercie Marylou Agate pour ce témoignage, et l’accompagne dans son désir d’informer toutes les personnes concernées par l’autisme, mais également l’ensemble des lecteurs qui peuvent, un jour ou l’autre, être confrontés aux diverses formes de la maladie.

 

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L'empereur c'est moi : Hugo raconte sur scène une enfance en autisme

article publié sur culturebox

Publié le 02/04/2014 à 17H28, mis à jour le 02/04/2014 à 17H47

Hugo enfant et adulte

Hugo enfant et adulte

Hugo Horiot, un enfant autiste est devenu un adulte autonome grâce au combat de sa mère, l'écrivain Françoise Lefèvre. Elle s'est battue contre les psychiatres et a tout fait pour qu'il soit scolarisé. Aujourd'hui, c'est un artiste accompli. Il raconte son histoire sur scène. Un spectacle adapté de son livre "L'empereur c'est moi, une enfance en autisme".
Par Linda Belhaoues

Résumé de l'éditeur 

Ce livre est une histoire vraie. L'autoportrait d'un enfant en colère, qui mène une guerre sans merci, contre lui-même et contre les autres. Un enfant autiste Asperger. Un texte fascinant dans la lignée des grands textes sur l'autisme.

Reportage : F. Mathieux, F. Blevis, S. Lacombe

L'autisme en France 
Le 2 avril, c’est la journée mondiale de l'autisme. En France, on estime qu’une personne sur 100 est atteinte de ce trouble. Le comédien Hugo Horiot a surmonté le syndrome d'Asperger, l'une des nombreuses formes de l'autisme. Il se raconte dans "L'empereur, c'est moi", aux éditions L'Iconoclaste. Mais que l'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas un livre sur l'autisme. Il confiait à nos confrères de France Info il y a un an : "Cela ne m'intéresse pas de faire un livre sur l'autisme, c'est une histoire sur la différence, sur l'exclusion. C'est un livre où de nombreuses personnes peuvent se retrouver. L'autisme est comme un décor, on ne le voit pas, on ne le nomme pas, mais il est présent."

Le petit prince cannibale 
L'écriture c'est une affaire de famille. La mère d'Hugo s'était déjà inspirée de l'expérience qu'elle vivait avec son fils pour écrire un roman. "Le petit Prince cannibale" de Françoise Lefèvre obtiendra le prix Goncourt des lycéens en 1990. Il raconte l'hsitoire d'une romancière, mère de quatre enfants qui tente de poursuivre sa carrière d'écrivain, tout en prenant soin de son fils autiste de six ans. Cet enfant, c'est un peu le Petit Prince : il habite une autre planète, s'isole dans son monde, écoute le silence, officiellement. Catalogué comme malade, Il "dévore" sa mère, tandis qu'elle essaie de l'apprivoiser, de le sortir de cette prison.

"L'empereur, c'est moi" d'Hugo Horiot (Editions L'Iconoclaste)
160 pages - 17 euros

"L'e Petit Prince cannibale" de Françoise Lefèvre (Actes Sud)
155 pages - 29 euros

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