29 janvier 2017

Vidéo -> On est pas couché - ONPC - avec Philippe Croizon et Rama Yade

La vidéo de Philippe Croizon dans son intégralité

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Une Maison d'accueil pour les adultes autistes à Bry-sur-Marne ?

jean pierre SPILBAUERLe projet a été évoqué hier lors des voeux de Jean-Pierre SPILBAUER, Maire de Bry-sur-Marne, entouré de tous les élus de la municipalité hier soir aux studios de Bry devant un parterre d'élus, de personnalités et de Bryards. Nous êtions nombreux !

marilyne lantrain élection

 

 

 

 

Cette annonce il l'a faite en félicitant Marilyne LANTRAIN, en charge du handicap, du travail accompli ... Emotion garantie et partagée ... Marilyne cherche avec obstination une structure pour accueillir son fils autiste devenu adulte ... Comme on le sait c'est la grande pénurie de structures adaptées dans le Val-de-Marne !

 

christine decard mairie bry

Elle peut bien sûr compter sur le soutien de Christine DECARD, adjointe au Maire déléguée (Vie sociale, CCAS ,Seniors, Handicap).

 

Ce sont deux femmes que j'ai la chance de connaître et dont j'apprécie régulièrement les initiatives pour une meilleure reconnaissance du handicap et l'inclusion des personnes au sein de la cité.

Merci Monsieur le Maire !

Merci Christine & Marilyne !

Jean-Jacques DUPUIS

voeux à Bry 2017

 

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27 janvier 2017

Des personnes handicapées coachées par le champion de handball Sébastien Bosquet

Apprendre à tirer au but avec un tel coach, ce n’est pas donné à tout le monde. PHOTO Séverine COURBE
Apprendre à tirer au but avec un tel coach, ce n’est pas donné à tout le monde. PHOTO Séverine COURBE

Le dernier Euro de football avait déjà été prétexte à diverses animations, le championnat du Monde handball qui se déroule actuellement en France ne pouvait que constituer un support de choix à l’élaboration de projets pour la soixantaine de résidents de la Marelle à Liévin.

 

Bosquet Lievin(1) (3)

Des handicapés moteur et mentaux qui ont préparé depuis près d’un mois la venue de Sébastien Bosquet, handballeur international qui a effectué l’essentiel de sa carrière à Dunkerque, sa ville natale.

« Être sportif de haut niveau, c’est être près des jeunes, c’est partager »

S’il a désormais renoncé à la compétition, il n’en demeure pas moins très attaché à la promotion de son sport et surtout au partage de sa passion. Contacté par Maxime Delahaye, éducateur sportif à la Marelle et lui-même ancien handballeur, le double champion du monde (2009 et 2011) et d’Europe (2006 et 2010) n’a pas hésité un instant : «  Je suis habitué à participer à ce genre d’action. Être sportif de haut niveau, c’est être près des jeunes, c’est partager.  » Alors il s’est prêté au jeu avec ceux qui le désiraient, tantôt gardien de but, tantôt tireur, tantôt coach, toujours appliqué dans sa relation à l’autre.

 

Bosquet Lievin(1) (2)

Divers ateliers étaient prévus comme un mini-terrain, ou encore un stand consacré aux dédicaces, les lieux décorés aux couleurs de la France, avec aussi des photos de l’invité d’honneur, ce qui a nécessité un travail en amont avec les résidents.

À 37 ans, Sébastien Bosquet prépare un diplôme d’entraîneur et travaille sur un projet en direction des jeunes handballeurs en intégrant un volet social. Et puisqu’il était dans la région, le Dunkerquois en a profité pour s’arrêter le matin à l’hôtel de l’équipe de France qui joue mardi soir à Lille contre la Suède.

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19 janvier 2017

Autisme, sortir de l'impasse - Du diagnostic à l'inclusion - Auteur Pierre SANS, médecin psychiatre

N° 1161 | du 16 avril 2015 | article publié dans le Lien Social

Critiques de livres

Le 16 avril 2015 | Jacques Trémintin

Autisme, sortir de l’impasse • Du diagnostic à l’inclusion

Pierre Sans


éd. De Boeck, 2014, (304 p. – 22 €) | 

 

L’ouvrage de Pierre Sans consternera les gardiens du temple. Mais sa lecture n’en reste pas moins édifiante. Se voulant didactique, avant d’être polémiste, ce psychiatre à la très longue expérience définit ce qu’il est convenu de nommer aujourd’hui les «  troubles du spectre autistique  », après ce qui fut appelé l’«  autisme  » puis les «  troubles envahissants du développement  », en identifiant une triade : un défaut de communication, des troubles de la socialisation et un attachement à l’immobilité de l’environnement. Cette description, en apparence banale, recouvre une véritable souffrance vécue tant par la personne atteinte de ce syndrome que par tout son entourage.

Deux grandes écoles s’affrontent quant aux modalités de traitement. D’un côté, on trouve la psychanalyse. Jacques Lacan, tout d’abord, qui établit l’origine des psychoses infantiles dans «  la forclusion du nom du père  » : une mère fusionnelle, surstimulante, intrusive, empêchant son enfant d’entrer dans le registre du symbolique et de la parole. Il faudrait donc la mettre à distance. Les partisans de la théorie du «  moi-peau  » de Didier Anzieu, ensuite, qui cherchent à ce que l’enfant réinvestisse son enveloppe corporelle. La voie pour l’aider à se distancier de l’angoisse de morcellement et de discontinuité qui l’étreint, serait la pataugeoire ou le packing (enveloppement de linge glacé).

De l’autre côté, campe le comportementalisme et ses méthodes ABA, TEACCH et PECS se donnant pour ambition le développement des compétences sociales, grâce respectivement à des renforcements positifs, l’organisation d’un environnement le plus compréhensible possible et des modalités de communication par images et pictogrammes.

Entre les uns et les autres, c’est la guerre. Fort des nombreux témoignages reproduits tout au long de son livre, Pierre Sans se montre intransigeant. Même s’il rappelle la place centrale de l’inconscient (il n’a pas exercé dix ans comme psychanalyste libéral pour rien), il dénonce la banquise des mots stéréotypés, idolâtres et délirants d’une doxa freudienne qui, ayant encore la mainmise sur la pédopsychiatrie, les universités et cabinets ministériels, n’entend pas céder un pouce du pouvoir absolu acquis depuis quarante ans.

Mais l’auteur est tout aussi méfiant face à ces écoles expérimentales utilisant des méthodes pas toujours évaluées scientifiquement. Il reprend à son compte le principe de désinstitutionnalisation à l’œuvre dans des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal. Il revendique le redéploiement des moyens du dispositif actuel dans le développement de petits appartements collectifs ou du placement familial, mais tout autant une inclusion scolaire ne pouvant se concrétiser que grâce à la professionnalisation des AVS, l’augmentation du nombre d’enseignants spécialisés, ainsi que la multiplication des classes spécialisées et des SESSAD.

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Vidéo : exposé du Docteur Priscille LE GRELLE, médecin fédéral de la FFE, sur les bienfaits de l'équitation

Juste un petit mot pour vous encourager à visionner le superbe exposé du Dr Priscille LE GRELLE jusqu'au bout. Elle termine en s'appuyant sur les neurosciences ... Tous les arguments pour faire de l'équitation avec plaisir.


J'adhère totalement !


Jean-Jacques Dupuis

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Sport & santé

Bonnes résolutions : faites de l'équitation !

article publié sur le site de la Fédération Française d'Equitation (FFE)

Vous avez pris la bonne résolution de faire du sport en 2017 ? Choisissez l’équitation et profitez des bienfaits que procure sa pratique !

Ce n’est plus à démontrer, les bienfaits de l’équitation pour la santé sont nombreux, tant sur le plan physique que psychologique. C’est la raison pour laquelle l’équitation est recommandée, notamment, pour maintenir votre forme, pour lutter contre le mal de dos, accompagner certaines personnes souffrant d’un handicap, développer vos capacités cardio-respiratoires…

Afin de lutter contre les idées reçues, consultez l’Espace Santé, particulièrement les rubriques « Bienfaits de l’Equitation », « Rapport avec le cheval », « Pathologies » et « Handicap ».

Dans la vidéo ci-dessous, le docteur Priscille Le Grelle détaille pour quelles raisons l'équitation aide l'enfant à se développer.


Les bienfaits de l'équitation : l'avis du médecin fédéral par FFETV

N’attendez plus, montez à cheval !

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18 janvier 2017

Les infiltrés -> Reportage choc dans un hôpital psychiatrique

Important à mon sens :

Dans ce reportage on voit des personnes autistes internées en hôpital psychiatrique où elles n'ont pas leur place. Nous le savons, le terme "psychose infantile" n'est utilisé qu'en France pour désigner un diagnostic d'autisme.

C'est le diagnostic qui était posée pour ma fille Elise jusqu'à ce que je demande qu'il soit révisé pour tenir compte des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Certains professionnels de bon niveau préconisaient encore récemment un passage de ma fille Elise dans l'hôpital psychiatrique du secteur comme unique solution !!!

Le scandale français dans sa banalité c'est aussi simple que cela.

Nous sommes entrés en résistance et avons trouvé malgré eux une autre solution qui fait le bonheur de ma fille (et de sa famille) ...

Un Grand Merci à tous ceux qui ont permis qu'une telle solution soit trouvée et à toute l'équipe de professionnels formés qui l'accompagne actuellement.

Jean-Jacques Dupuis

NB Elise sera quand même passée par l'hôpital psychiatrique en 2006 mais nous arrivions dans l'établissement voir ici  et difficile de faire autrement ... d'autant qu'à l'époque je n'avais pas la "culture".

 

16 janvier 2017

Dr. Josef Schovanec est le nouveau lauréat de la résidence d'écriture Randell Cottage

article publié sur le site de l'ambassade de France en Nouvelle Zélande

L’ambassade de France en Nouvelle-Zélande et le Randell Cottage Writers Trust sont heureux d’annoncer le nouveau lauréat de la résidence Randell Cottage, Josef Schovanec.

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Josef Schovanec est docteur en philosophie, militant pour la dignité des personnes autistes et auteur, entre autres, de Voyages en Autistan (Plon, Paris) et Je suis à l’Est (2012), premier témoignage d’une personne autiste française publié par un éditeur majeur.

Josef Schovanec est né en 1981 en région parisienne de parents d’origine tchèque. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant en s’inscrivant aux Langues O où il étudie l’hébreu, le sanskrit, le persan, l’amaric, l’azéri, l’éthiopien... complétant ainsi la liste des langues qu’il a déjà apprises au course de sa scolarité : tchécoslovaque, allemand, finlandais et anglais.

Outre son travail militant, Josef Schovanec est chroniqueur hebdomadaire sur les radios Europe 1 (France) et la Première (RTBF, Belgique). En 2016, il a été nommé conseiller auprès de la Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.

Josef Schovanec arrivera à Wellington mi-janvier 2017 pour une résidence de 5 mois. Pendant son séjour en Nouvelle-Zélande, il travaillera à son nouveau livre et entreprendra une tournée de conférences à travers le pays.

La résidence du Randell Cottage

La résidence d’écrivain « Randell Cottage Writers », située à Wellington, a été créée en 2001. Elle accueille chaque année, en alternance, un auteur français et un auteur néo-zélandais pour une durée 5 mois. Peter Wells et Nadine Ribault ont été les premiers lauréats à y séjourner en 2002. L’auteur, poète et dramaturge Stephanie Johnson est l’actuelle lauréate en résidence.

Le Randell Cottage, dont la construction débuta en 1867, est l’une des habitations les plus anciennes de Wellington. En 2001, ses propriétaires confient à une association le soin de convertir le cottage en résidence d’écrivain. Le Randell Cottage, bâti par la première génération de migrants européens, est aujourd’hui devenu un haut lieu du patrimoine wellingtonien. Il est situé dans le quartier de Thorndon, à proximité immédiate du centre-ville et en bordure du jardin botanique.

La résidence bénéficie du soutien de Creative New Zealand, de la municipalité de Wellington, du fonds d’amitié France – Nouvelle-Zélande et de l’ambassade de France.

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15 janvier 2017

Camille, 21ans, employée en crèche, est trisomique

article publié dans handicap.fr

Résumé : C'est une avancée inédite en France. Camille Besson est la première personne trisomique à suivre un CAP petite enfance. En contrat de professionnalisation, elle travaille pour le moment au sein de la micro-crèche de Bourgoin-Jallieu, en Isère.

Par , le 12-01-2017

Camille Besson, 21 ans, est porteuse de trisomie 21. Elle est aussi la première personne trisomique à passer un CAP (Certificat d'aptitude professionnelle) petite enfance en France, en contrat de professionnalisation. À la micro-crèche Garderieland de Bourgoin-Jallieu, en Isère, elle s'occupe d'une dizaine d'enfants de 0 à 3 ans, environ 9 heures par semaine. Neuf autres heures sont consacrées aux cours dispensés au sein du Greta (Groupe d'établissements publics de formation professionnelle continue) dans le cadre de son apprentissage.

Première intégration

Apprendre à changer un enfant, donner le repas, participer aux activités et au chant, préparer les biberons… Comme ses trois collègues, Camille à la responsabilité de multiples tâches. Éric Giordano, directeur de l'établissement et investi auprès de différentes associations agissant en faveur du handicap, s'enthousiasme de cette intégration. « Je la connais depuis qu'elle a 6 ans, confie-t-il. Lorsqu'elle est revenue en France, après 5 ans passés à l'île Maurice, rien ne s'offrait à elle. Son père, que je connais de longue date, m'a demandé s'il était possible de la recruter. »

Suivi professionnel et psychologique

M. Giordano, qui souhaite intégrer davantage de personnes en situation de handicap au sein de son équipe, sollicite plusieurs organismes, avec le soutien de l'Agefiph (Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). En novembre 2015, Camille commence à travailler. « Nous avons démarré par un stage de deux mois, en collaboration avec Pôle emploi, qui nous a présenté l'association Pairformhand », poursuit le directeur. Cette dernière a mis au point une méthode de formation des professionnels qui se destinent à accompagner les personnes handicapées peu autonomes, et assure également le suivi psychologique du travailleur. Elle associe son réseau à un organisme de formation baptisé Expairtises. S'ensuit pour la jeune femme un stage de professionnalisation de février à juillet 2016, avant une rencontre avec le Greta qui met en place un cursus en CAP à l'automne suivant.

Un contact « extraordinaire »

Camille, employée très investie, est « extraordinaire » avec les enfants, selon l'équipe qui l'encadre. « Les petits l'adorent et lui font confiance. Ils ne voient pas son handicap mais plutôt une personne aimante et câline. Des deux côtés, il n'y a aucun jugement », rapporte M. Giordano. Mais certaines situations sont aussi génératrices de stress pour la nouvelle recrue. « Elle n'apprend que par la répétition, ce qui prend beaucoup de temps, précise-t-il. C'est parfois très fatigant pour elle. Entre autres difficultés, elle a pour le moment du mal à réprimander un enfant lorsqu'il le faut. » Pour l'instant en phase de test, Camille pourra bénéficier d'un bilan à l'issue de sa formation. « À long terme, nous aimerions qu'elle reste. Nous devrons estimer ce que cela nous coûtera lorsque nous ne serons plus soutenus financièrement », explique son employeur. Camille, elle, devrait obtenir son CAP petite enfance en 2018 ou 2019.

À l'étranger, d'autres personnes trisomiques intégrées en milieu professionnel ordinaire au contact des enfants donnent l'exemple. En Argentine, c'est le cas de Noelia Garella, 29 ans, enseignante en maternelle (lire article en lien ci-dessous).

© Les Garderieland

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

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14 janvier 2017

GABIN SANS LIMITE le livre de Laurent Savard dans toutes les librairies

Gabin sans limites
Pour vous faire patienter le sketch de la directrice d'école (extrait du Bal des pompiers)

 

LA DIRECTRICE from Laurent savard on Vimeo.

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13 janvier 2017

Josef Schovanec : L'autisme n'est pas une charge

Publié le 13 janvier 2017 à 07h00

(Photo Patrice Le Nen/Archives Le Télégramme)
(Photo Patrice Le Nen/Archives Le Télégramme)

Philosophe, écrivain et autiste, Josef Schovanec sera en conférence ce vendredi, à Saint-Divy (complet). Avant sa venue, il nous a accordé une longue interview sans langue de bois. Il y est tour à tour question de l’autisme, de la psy ou du breton. Attention : parfois, ça pique un peu !

Josef Schovanec, pouvez-vous me dire, de tête, combien font 1.897 x 645 ? À défaut, êtes-vous capable de lécher votre coude ou de vous gratter l’oreille avec le pied ?
Pour le premier, j’en suis capable, mais avec difficulté et après un long moment - désolé, je suis devenu mauvais en maths. Pour le deuxième, en forçant un peu. Pour le troisième, oui, sans difficulté aucune - je viens de me rendre compte que j’étais encore plus difforme que je ne le pensais.

Plus sérieusement, je crois savoir que ce genre de questions vous agace. Pourtant, le talent particulier de certaines personnes avec autisme est une réalité…
En effet. Toutefois, les talents des personnes autistes sont bien différents des clichés et autres émissions de farces et gags. Fait remarquable, les personnes autistes le plus souvent développent leurs talents sans attendre de réaction particulière de la part des autres : il ne s’agit en général pas de compétences déployées en vue d’une récompense.

Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué

À titre personnel, vous êtes docteur en philosophie et parlez beaucoup de langues. Mais ces aptitudes ont-elles quelque chose à voir avec votre autisme ?
Les liens entre les diverses facettes d’une vie humaine ne sont pas nécessairement évidents.
 Pourtant, ils existent d’une certaine manière. Ainsi, il est bien connu que quand on est inapte à presque tout, on devient philosophe. En l’espèce, si, comme pour ainsi dire tous mes anciens petits camarades de Sciences Po Paris, on m’avait proposé un travail à la sortie du margouillis en question, sans doute n’aurais-je pas fait philo - ou alors l’aurais-je fait à la manière de la maxime de Socrate, où ce dernier associait l’état de philosophe au fait d’avoir un mauvais conjoint.
Quant aux langues, une partie de ma passion est vraisemblablement liée à mes propensions à passer du temps avec des mots et fragments de phrases obscurs, de préférence anciens, tandis que l’autre émane peut-être de ma petite histoire familiale, laquelle n’a rien à voir avec l’autisme en tant que telle.

On vous a longtemps qualifié d’autiste Asperger. Une classification que vous réfutez aujourd’hui. Pourquoi ?
Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué, du fait de l’évolution des taxonomies médicales. À mon humble avis, avoir supprimé le syndrome d’Asperger était une décision courageuse : elle montre que toutes les personnes autistes peuvent apprendre et progresser, non point seulement un petit groupe.

Pourtant, les personnes avec autisme que je connais fréquentent le plus souvent des foyers de vie ou des IME. Elles n’écrivent pas de livres ni ne donnent de conférences à travers la France…
L’avenir des personnes autistes (ou avec autisme) ne peut, à mon sens, se concevoir qu’en liberté, dans la vie en société, non pas dans un enclos à autistes, même de luxe et avec le meilleur docteur du coin. 
Combien de talents et de très belles personnes avons-nous brisés ? Je connais nombre d’établissements où n’importe quel enfant ou adulte deviendrait gravement déficient en quelques semaines. Avec quelques molécules pour les plus résistants.

Alors, qu’est-ce qui vous «fait» pareillement autiste : des difficultés pour la communication verbale et les interactions sociales, certains comportements répétitifs ou obsessionnels (mais qui n'en a pas ? ) ?
Vous trouverez sans doute difficilement un ancien conseiller ministériel (Josef Schovanec lui-même, ndlr) qui habite chez ses parents, ne sache pas conduire une voiture ni nouer un nœud de cravate et ne soit jamais allé chez le coiffeur. Au fait, je n’ai pas de carte Vitale non plus et ne sais pas si j’ai droit à l’assurance-maladie de base. À vrai dire, par rapport à la plupart de mes innombrables amis autistes, je suis franchement en retard.

On l’a dit, vous parlez de nombreuses langues étrangères. N’est-ce pas contradictoire avec la difficulté supposée des personnes avec autisme pour la communication verbale ?
Vous pouvez, comme plusieurs de mes amis autistes véritables petits génies en langues, être spécialisé dans l’aoriste sigmatique en sanskrit archaïque et ne pas savoir dire bonjour à votre voisin. Sans ironie aucune, pour reprendre les mots de l’un de mes anciens professeurs qui savait de quoi il parlait, le simple fait de se passionner pour l’ougaritique ou le hittite situe le personnage : il faut être bizarre pour s’y consacrer.

Cet apprentissage des langues est-il pour vous une façon de rattraper une enfance sans parole ?
Je n’en suis pas très sûr. Encore une fois, il y a un monde entre le gazouillis de salon socialement adapté et l’intérêt pour certaines étymologies obscures ou de vieux dictionnaires. Et s’exprimer, à l’instar de certains de mes amis autistes, dans le français de Molière ou Racine est la manière la plus sûre d’être exclu de l’école.

Une grande partie de la Bretagne n’a jamais parlé breton

Ce vendredi, vous serez à Saint-Divy dans la journée puis à Paris le soir. Le délai sera-t-il suffisant pour maîtriser quelques rudiments de breton ?
Hélas, mon ignorance du breton a des causes plus profondes. La politisation extrême de la question du breton a de quoi me dissuader, d’autant plus que je ne sais que trop bien ce qui est arrivé à l’un de mes meilleurs amis, autiste de son état et par ailleurs l’un des plus érudits experts en dialectologie celtique dont je tairai le nom par pudeur, en termes d’exclusion et de marginalité. Pour un vrai débutant comme moi, il faudrait également savoir quelle langue précisément apprendre : le léonard, le vannetais, le diwannais, etc., les plus intéressantes étant les moins bien documentées. Sans même évoquer le fait qu’une grande partie de la Bretagne n’a historiquement jamais parlé breton. Et que, en forçant à peine le trait, je ne suis sans doute guère plus mauvais en breton qu’un grand nombre de militants politiques bretons.

Pouvez-vous nous redire ce que l’on sait aujourd’hui des causes de l’autisme ?
Il s’est dit beaucoup de bêtises sur le sujet… Les causes de l’autisme sont génétiques. En tout cas, rien à voir avec la mère trop ceci ou pas assez cela. Le corpus documentaire est dorénavant important sur le sujet. Pour mon humble part, étant un simple dilettante, je préfère regarder le résultat, à savoir les personnes elles-mêmes.

Longtemps considérée comme sérieuse, la piste psychologique est aujourd’hui mise de côté. Complètement ? Le débat est-il vraiment clos et les discordes avec le monde de la psy apaisées ?
La question n’est pas d’être pour ou contre les psys. Il y en a d’excellents, au Canada par exemple. D’autres préfèrent tenter de sauver leurs carrières bâties sur des mensonges et autres théories moyenâgeuses. À ce titre, ma petite idée, qui n’engage que moi, serait qu’au fond, nombre de hérauts du packing par exemple ne croient plus eux-mêmes à ce qu’ils disent en public, tout comme dans l’histoire de l’Église, il y a eu plusieurs papes dont on peut raisonnablement penser qu’ils étaient à peu près athées.
Toutefois, à mon sens, il faudrait non pas tant se demander d’où provient l’autisme, mais ce que l’on peut en faire. Il est, par exemple, frappant de comparer, d’un côté, la quantité incroyable de textes pro ou anti-psychanalytiques sur l’autisme avec, de l’autre côté, le fait que jamais personne, sauf erreur de ma part, en tant d’années de réunions officielles et semi-officielles sur l’autisme, n’ait évoqué le sujet du permis de conduire pour les personnes autistes  - du moins jusqu’à l’année dernière. Ce type de constat peut éclairer plus que mille discours les causes de l’arriération française en matière d’autisme.

Un monde meilleur est possible

Quelles formes de prise en charge, quels changements et aménagements préconiseriez-vous afin de proposer un monde meilleur pour les personnes avec autisme ?
Aucune prise en charge. L’autisme n’est pas ou plutôt ne devrait pas être une charge. Les personnes autistes peuvent vivre en liberté dans le même monde que les personnes non-autistes, moyennant quelques mesures, dont, au demeurant, les premiers bénéficiaires sont toujours les non-autistes. On peut, à titre d’exercice, passer en revue chacune de nos activités quotidiennes en se demandant comment des personnes autistes pourraient faire de même. Un monde meilleur est possible, il est même à portée de main.


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