19 septembre 2019

En France, les élèves handicapés encore exclus des bancs de l'école

Une classe de primaire à l'école publique de l'Île-d'Arz, dans le golfe du Morbihan, le 2 septembre 2019.
Une classe de primaire à l'école publique de l'Île-d'Arz, dans le golfe du Morbihan, le 2 septembre 2019. Fred Tanneau, AFP

Alors que le gouvernement français met en avant les efforts déployés pour accueillir les enfants en situation de handicap à l'école, certains parents dénoncent toujours une éducation "au rabais".

À chaque rentrée scolaire, la question revient inlassablement sur la table : combien de jeunes en situation de handicap se retrouvent encore exclus des bancs de l'école en France ? Bien que le gouvernement ait assuré vouloir faire de ce sujet l'une de ses priorités, scolariser son enfant handicapé relève, toujours pour les parents, du parcours du combattant.

En cause, le manque criant d'auxiliaires de vie scolaire (AVS), indispensables à l'accompagnement des élèves, et les places toujours insuffisantes en unités spécialisées. Résultat : cette année, ils seraient "plus de 8 000" à ne pas pouvoir faire leur rentrée en classe, selon le Collectif citoyen handicap, qui ajoute que ce nombre "a doublé cette année".

La colère chez les parents ne faiblit pas : à Strasbourg, deux mères se sont juchées en haut d'un échafaudage dans la matinée du mercredi 18 septembre pour dénoncer leur crainte d'une "scolarisation au rabais" pour leurs enfants. Voulant faire bouger les lignes, l'Unapei, la fédération d'associations de défense des intérêts des personnes handicapées mentales a invité, dès le 9 août, les parents à faire connaître leurs difficultés d'inscription et d'organisation, sur le site marentree.org.

Romane, 5 ans, à l'école 6 heures par semaine

Résultat : la plateforme compte à ce jour près de 500 témoignages décrivant pour la plupart, des parcours scolaires chaotiques. "On voulait montrer la réalité des problèmes rencontrés par ces familles afin que le gouvernement ajuste les dispositifs existants", explique Sonia Ahehehinnou, porte-parole de l'Unapei, contactée par France 24.

Ainsi, Timéo, 8 ans, suit une scolarisation inadaptée en CM1, "sans auxiliaire de vie scolaire, ni matériel pédagogique". Romane, 5 ans, va à l'école "six heures par semaine, en attendant une place dans un institut médico-éducatif (IME)". De son côté, Mewen, 16 ans, "sans aucune solution de scolarisation", est sur une liste d'attente depuis un an dans le but d'intégrer à son tour un IME.

Des parents qui cessent de travailler

Des situations douloureuses qui obligent souvent les parents à adapter leur emploi du temps. Selon la dernière étude du ministère de l'Éducation nationale, 40 % des mères et 6 % des pères ont réduit leur activité ou cessé de travailler pour accompagner leur enfant handicapé.

De son côté, le gouvernement se veut rassurant. Depuis la loi de 2005 qui pose le principe du droit à la scolarité pour tout jeune en situation de handicap, des efforts considérables ont été déployés pour une meilleure intégration de ces élèves. En 2004, on comptait 37 000 enfants handicapés dans les collèges et lycées. Un chiffre qui a triplé en 2017, avec l'accueil de 140 000 jeunes dans ces établissements, selon les chiffres du ministère de l'Éducation.

"Que font les enfants le reste du temps ?"

Pour rendre l'école "toujours plus inclusive", selon l'expression du ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, le gouvernement a créé 4 500 nouveaux postes d'accompagnants pour la rentrée 2019. De son côté, la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, assure auprès de Loopsider qu'"à peu près 96 % des élèves ont eu leur accompagnant pour la rentrée 2019". Et d'ajouter que "86 % de ces enfants sont scolarisés à plein temps". Un chiffre séduisant sur le papier, mais qui cache une réalité plus complexe, nuance l'Unapei.

"La question est : qu'est-ce qu'on met derrière ce chiffre ? Il s'agit rarement d'un temps plein effectif. Dans les faits, beaucoup ne vont à l'école que quelques heures par semaine, avec leur auxiliaire. Mais lorsque celui-ci n'est pas là, l'élève est rarement accepté seul en classe. Que fait-il alors le reste du temps ?", s'interroge la porte-parole.

"La scolarisation ne part pas du besoin de l'enfant"

S'ajoute à cela le cas de jeunes qui attendent leur inscription dans une structure plus adaptée à leur handicap. "Certains ne disposent pas d'un aménagement adéquat et ne peuvent donc pas apprendre dans les meilleures conditions. La scolarisation ne part malheureusement pas du besoin de l'enfant", résume Sonia Ahehehinnou.

Si la jeune femme reconnaît des progrès indéniables depuis 2005, elle estime qu'ils ne doivent pas masquer les difficultés persistantes. "Comment peut-on expliquer que des parents en viennent aujourd'hui à monter sur un échafaudage pour qu'on écoute leurs difficultés ? Le progrès ne sera réel que lorsque la scolarisation de ces enfants ne sera plus un sujet d'actualité", conclut-elle.

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18 septembre 2019

Ecole : les ravages de l’ignorance concernant les enfants en situation de handicap

 

Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme France, répond à une tribune publiée il y a peu sur notre site, affirmant que l'inclusion des enfants en situation de handicap à l'école depuis 2005 s'est avérée catastrophique.

Je croyais avoir tout lu et tout entendu comme horreur sur nos enfants en situation de handicap. Mais je fus réellement abasourdie en lisant cette prose, que je qualifierais d'"immonde", et je pèse mes mots, par ce professeur des écoles, et publié de surcroît dans Marianne. Je suis journaliste, écrivaine et Présidente de SOS autisme France et maman d'un enfant autiste. D'origine italienne, j'ai été élevée dans l'idée que les enfants handicapés avaient toute leur place à l'école comme c'est le cas en Italie ainsi que d'autre pays.

Aller à l'école, avoir accès au savoir est tout d'abord, au-delà de la loi de 2005 qui le garantit, un droit fondamental et républicain

J'ai été l'AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) de mon fils pendant deux ans. Et ayant travaillé avec l'Education nationale plusieurs années, j'ai toujours eu un regard compatissant à l'égard des enseignants et des accompagnants, ayant pleinement conscience du travail qui leur incombait. Des classes surchargées. De leur manque de formation en matière de handicap ainsi que du manque d'outils pédagogiques. J'ai aussi toujours expliqué que dans l'état actuel de l'école, l'inclusion dont on nous rebattait les oreilles à grand coup de communication politique était une inclusion "au rabais". Et qu'il aurait été plus constructif de sensibiliser les enseignants, d'embaucher des AVS individuelles et de les former spécifiquement à des handicaps complexes tel que l'autisme. J'ai toujours aussi défendu le travail des enseignants, y compris leur demande en matière de revalorisation de salaires.

Droits fondamentaux de l'auteur

Donc je ne suis pas une présidente d'association de parents qui exigent une inclusion des enfants en situation de handicap sans entendre les difficultés et inquiétudes des professeurs. Et je partage quelques idées avec l'auteur de ce texte lorsqu'elle parle des AVS mutualisées, et qu'elle écrit que, ne pas inclure les enseignants à la grande concertation nationale, était une erreur. En effet c'est une erreur politique de vouloir cacher les difficultés de l'inclusion sous le tapis en répétant que tout ira bien. Mais cette erreur incombe à nos gouvernants. Et ne signifie en aucune façon que nos enfants en situation de handicap n'ont pas leur place à l'école. Fallait-il aussi faire entrer le médico-social à l'école ? C'est un vaste débat.

Aller à l'école, avoir accès au savoir est tout d'abord, au-delà de la loi de 2005 qui le garantit, un droit fondamental et républicain. Pourquoi inscrire la phrase : "Liberté, Egalité, Fraternité ?" sur chaque fronton des écoles si certains de nos enfants de la République en sont exclus ? Seraient-ils toujours en 2019 considérés comme des sous-citoyens ?

Certains enseignants auraient-ils oublié leur devoir de transmission du savoir pour tous et toutes ? Pourquoi ce rejet envers nos seuls enfants handicapés ? Quelle est la prochaine étape ? Une fois débarrassés de ces enfants, à quelle autre catégorie d'enfants vont-ils s'attaquer ? Aux cancres ? De plus pourquoi ne pouvons-nous jamais avoir le droit de juger de leur capacité ? Sont-ils totalement intouchables ? Leur statut de fonctionnaire leur permet-elle de tout dire et de mener sans vergogne des campagnes de discrimination envers nos enfants dans les médias dont personne ne s'offusque véritablement ? Puisque ce texte n'est pas le premier et qu'il y en a eu beaucoup d'autres.

A-t-on le droit de catégoriser nos enfants et nier leurs droits fondamentaux ? Ce que fait l'auteur qui va encore plus loin en parlant d'une part des personnes handicapées et de l'autre de ceux issus du "champ mental" ? Les autistes entrent-ils dans cette catégorie selon elle ? Que fait-elle de ces personnes autistes qui ont eu leur baccalauréat, et qui sont mathématiciens, philosophes, professeurs, comptables...tous ces élèves brillants qui ont de multiples compétences...Faudrait-il les sacrifier à cause de leurs différences ou de leur fragilité ?

Ce que nous faisons d'ailleurs aujourd'hui avec succès dans de nombreux établissements

Lorsqu'en tant que féministe, j'allais bénévolement enseigner l'égalité dans les collèges, les enseignants m'expliquaient que beaucoup d'enfants avaient de nombreuses difficultés, qu'ils n'arrivaient pas à suivre. Ils avaient parfois des retards en orthographe ou en lecture y compris au collège, des lenteurs, des soucis d'ordre psychologique, et parfois même des problèmes de comportement violent. Mais quelles réactions avaient ces enseignants face à ces difficultés ? En général, ils convoquaient les parents pour réfléchir ensemble à un façon de les faire progresser; Ils consacraient du temps à l'heure du déjeuner pour les aider au mieux en multipliant les cours de soutien... Ils s'inquiétaient de leur avenir mais sans jamais remettre en question le bien-fondé de leur présence à l'école. Jamais.

Alors quelle est la nature de ce rejet ? Une surcharge de travail ? L'ignorance ? Un regard plein de clichés et de préjugés sur le handicap ? Est-ce la volonté de garder tous leurs acquis sans jamais se remettre en question sur leur propre capacité à enseigner à ces élèves ? Pourquoi l'Italie a réussi ce que la France refuse de faire ? De plus, cette enseignante semble dire que les familles sont "souveraines" face à l'école. N'a-t-elle pas lu tous ces témoignages de parents qui ont vécu un véritable parcours du combattant pour inscrire, maintenir ou encore obtenir quelques heures de scolarité pour leur enfant ? Pourquoi les enseignants se placent toujours en figure ennemie face aux parents alors que nous devrions tous travailler ensemble. Ce que nous faisons d'ailleurs aujourd'hui avec succès dans de nombreux établissements.

Elle dit également que ce service public court à sa perte à cause du faible pourcentage de personnes handicapées intégrées à l'école ! De qui se moque- t-on ! Au regard de tous les débats sur l'école, de l'échec scolaire grandissant, cela fait longtemps que l'école est en échec à cause des différentes politiques menées et de l'inertie générale.Le droit de nos enfants a trop longtemps été bafoué dans notre pays. En 1940, les personnes handicapées ont été les premières à être gazées et durant des décennies, nos enfants ont été cachés, oubliés, enfermés, soumis à des camisoles chimiques et autres traitements indignes; ils ont été exilés en Belgique et leurs droits de citoyen a été bafoué. Mais les associations de parents se sont battues et aujourd'hui les personnes handicapées ont rejoint largement cette lutte contre toutes ces discriminations. Les autorités publiques l'ont entendu et ont évolué même si encore aujourd'hui tout est loin d'être parfait. Politiquement des erreurs ont été faites en cette rentrée. Mais l'envie de faire évoluer l'école est bien là.

L'école de demain est en marche et rien ne l'arrêtera

Et en tant qu'association, nous sommes là pour qu'un jour cette inclusion se réalise dans les meilleures conditions. Nous sommes là aussi pour aider ces enseignants et ces accompagnants qui croient aux compétences de nos enfant. Mais personne aujourd'hui ne remettra en cause la loi de 2005 pour laquelle des parents sont prêts à monter sur des grues, faire des grèves de la faim, et aller porter cette honte française jusqu'aux portes de l'ONU. Les discriminations envers nos enfants doivent être punies par la loi au même titre que tous ceux qui ont été un jour stigmatisés, faute d'ignorance. Le Mammouth devra suivre le changement. L'école de demain est en marche et rien ne l'arrêtera.

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17 septembre 2019

Autisme-en-ligne -> plateforme d'autoformation d'accès gratuit et ouvert

 

Autisme-en-ligne

Fichier transcription de la vidéo " présentation du projet " (.pdf, 170 ko) Le projet autisme en ligne s'adresse à des professionnels, notamment des enseignants de classe ordinaire de l'école élémentaire, et vise à mettre à leur disposition une plateforme d'autoformation d'accès gratuit et ouvert.

https://www.autisme-en-ligne.eu

 

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16 septembre 2019

Le parcours du combattant des parents d'enfants autistes dans les Alpes-Maritimes

 

Le parcours du combattant des parents d'enfants autistes dans les Alpes-Maritimes

Le congrès international de l'autisme se tenait pour la première fois à Nice du 13 au 15 septembre. Il a permis de dénoncer une nouvelle fois les difficultés que connaissent les personnes atteintes de troubles autistiques dans le département des Alpes-Maritimes comme dans le reste de la France.

https://www.francebleu.fr

 

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13 septembre 2019

Quand un IME s'installe dans les murs d'un collège

 

Quand un IME s'installe dans les murs d'un collège

Alors que l'inclusion est érigée comme l'un des mots d'ordre pour penser les modalités de scolarisation des élèves en situation de handicap, ce projet vise la description du fonctionnement d'un institut médico-éducatif (IME) dit " hors les murs " installé dans un collège ordinaire.

https://www.cnsa.fr

 

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Son fils est privé d'AVS, le papa assigne le rectorat en justice

 

Son fils est privé d'AVS, le papa assigne le rectorat en justice

Le père de Théo, 9 ans, scolarisé à l'école primaire de Dettwiller, dans le Bas-Rhin, a assigné le rectorat de Strasbourg en justice. En cause, l'absence d'AVS pour le petit garçon à la rentrée malgré la demande déposée par la famille dès le mois de juillet.

https://www.20minutes.fr

 

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11 septembre 2019

250 enfants sans AVS en Alsace : Nos enfants ont droit à la scolarité comme les autres, s'insurgent des parents

 

250 enfants sans AVS en Alsace : "nos enfants ont droit à la scolarité comme les autres", s'insurgent des parents

Plus d'une semaine après la rentrée scolaire, 250 enfants n'ont toujours pas d'auxiliaire de vie scolaire, en Alsace. Une situation inacceptable pour le Collectif citoyen handicap, d'autant que beaucoup d'autres ne sont accompagnés que quelques heures. Les parents sont prêts à saisir la justice.

https://france3-regions.francetvinfo.fr

 

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Les ravages de l'école inclusive sur les élèves en situation de handicap

 

Les ravages de l'école inclusive sur les élèves en situation de handicap

Le 11 février 2019, le ministère de l'Éducation nationale a fêté les 14 ans de la "loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées".

https://www.marianne.net

 

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10 septembre 2019

Essonne : après des mois d’incertitude, les enfants handicapés peuvent déjeuner à la cantine

article publié dans Le Parisien

L’Education nationale a décidé de prendre en charge l’accompagnement de ces élèves de Morigny-Champigny sur le temps du midi. La commune et l’Etat se renvoyaient la balle depuis plus d’un an.

 Morigny-Champigny, le 13 juin 2019. Un auxiliaire de vie scolaire (AVS) accompagne Liaam et Marylou à la cantine depuis lundi. Morigny-Champigny, le 13 juin 2019. Un auxiliaire de vie scolaire (AVS) accompagne Liaam et Marylou à la cantine depuis lundi. LP/PAULINE DARVEY



Le 10 septembre 2019 à 17h40, modifié le 10 septembre 2019 à 20h12

« C'est une décision qu'on attendait depuis longtemps! » Stéphanie est soulagée. Depuis lundi, Marylou, sa fille de 5 ans, porteuse de trisomie 21 peut manger à la cantine, avec les autres enfants, scolarisés à l'école maternelle Jean-de-la-Fontaine, de Morigny-Champigny.

L'Education nationale a décidé de mettre en place une auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour accompagner Marylou et Liaam, un autre élève, qui souffre, lui, de troubles psychomoteurs, pendant la pause méridienne. Les parents de Louane, la troisième élève concernée, attendent, eux, encore la décision de la Maison départementale des personnes handicapées qui prescrit le nombre d'heures d'AVS pour chaque enfant.

LIRE AUSSI » Morigny-Champigny : le combat continue pour les enfants handicapés sans cantine

«Ils ont fini par plier»

Depuis plusieurs mois, la mairie et l'Etat se renvoyaient la balle pour savoir qui devait prendre en charge l'accompagnement de ces enfants pendant le temps périscolaire. « Le Rectorat estime [qu'il] relève des compétences de la commune, persiste la direction des services départementaux de l'Education nationale dans un communiqué. […] Considérant cependant qu'enfants et leurs familles ne sauraient être victimes de cette situation, les services assureront la rémunération complète des accompagnants jusqu'à ce que le Conseil d'Etat se prononce définitivement sur les modalités de prise en charge des élèves en situation de handicap durant le temps périscolaire. »

Car, depuis le début du conflit, Bernard Dionnet, le maire (SE) de la commune s'appuie sur un arrêt de la cour d'appel administrative de Nantes qui a jugé que c'était à l'Etat qu'incombait cette responsabilité. « L'Education nationale veut changer la loi, mais en attendant, les textes sont clairs, s'agace l'élu. Sous la pression des médias, des parents et de la justice (N.D.L.R. : la mairie et l'une des parents d'élèves souhaitaient porter plainte), le ministère a fini par plier. »

LIRE AUSSI » Du nouveau pour l'accueil des élèves en situation de handicap à la rentrée

«Un village gaulois»

Dans son communiqué, le ministère souligne pourtant que « l'ensemble des autres maires de l'Essonne assume naturellement cette responsabilité ». Un argument loin d'impressionner Bernard Dionnet. « Morigny-Champigny aura peut-être été le village gaulois qui a résisté et cela va je l'espère en inspirer d'autres », rétorque le maire, qui « appelle et encourage tous ses collègues à demander l'application de ces règles ». « Il est intolérable que les communes aient à pallier encore et encore aux manquements et désengagements de l'Etat de ses responsabilités », tranche l'élu.

Stéphanie a, elle, annulé le rendez-vous qu'elle avait pris avec un avocat. « On aurait pu attaquer l'Education nationale pour toute cette perte de temps, soupire cette mère de famille. Mais le principal c'est que Marylou puisse aller à la cantine. »

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09 septembre 2019

Cantine: des tarifs discriminatoires dans les classes Ulis?

article publié sur Handicap.fr

A Epinal, un collectif de parents refuse de payer la cantine plus chère sous prétexte que leur enfant, scolarisé en Ulis, ne vit pas dans la commune où se trouve l'école. Après une 1ère victoire, il réclame un fonds de solidarité national.

9 septembre 2019 • Par

 

Illustration article

9,10 euros pour un repas à la cantine, c'est ce que devaient payer les parents d'enfants scolarisés dans la classe Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire) d'Épinal, ne résidant pas dans la commune. Une facture salée et nettement supérieure à celle des habitants de cette ville des Vosges. Les parents concernés ont crié à l'injustice, chacun de leur côté, en vain. Ils ont donc décidé de constituer un collectif qui leur a permis d'obtenir gain de cause. Résultat : le déjeuner de leur enfant est désormais facturé 6,18 euros, soit une baisse de 30 %, indique le media Faire-Face, qui a révélé l'affaire. Une première victoire mais insuffisante selon eux...

Tarif discriminatoire

Les parents demandent en effet à la ville d'Épinal de considérer tous les élèves de cette classe comme ses résidents, au motif qu'ils n'ont pas d'autres choix que de placer leur enfant dans cet Ulis. Ainsi, ils seraient tous soumis aux mêmes tarifs, compris entre 1,90 et 6,06 euros selon le quotient familial. Une pratique déjà monnaie courante dans les autres communes du département disposant de telles unités. D'autant plus que seuls une dizaine d'élèves est concernée et bénéficie actuellement du tarif extérieur. Mais la ville, qui estime avoir fait suffisamment « d'efforts », refuse et renvoie la balle à la Mdph (Maison départementale des personnes handicapées), qui juge que ce ne n'est pas de son ressort. Dans une affaire similaire, dans le Tarn, en 2018, le Défenseur des droits avait dénoncé une « discrimination indirecte en raison du handicap des enfants », avant de recommander à l'Association des maires de France de « faire un état des lieux » des pratiques. Sans réponse à ce jour…

Soutien parlementaire

Les parents d'Epinal réclament les mêmes droits pour tous les élèves d'Ulis de France. Après avoir contacté plusieurs parlementaires, ils trouvent un allié en la personne de Stéphane Viry. En juillet 2019, le député LR interpelle le gouvernement dans une question écrite (en lien ci-dessous). « S'il est légitime que les communes pratiquent des tarifs différenciés en fonction de la situation de contribuable ou non des personnes recourant à leurs services, il est également compréhensible que les communes de résidence des enfants scolarisés en Ulis aient des difficultés à financer les prestations », estime-t-il.

Un fonds national de solidarité ?

Dès lors, qui doit payer ? L'État, répond M. Viry ! « Il semblerait opportun que l'État puisse prendre en charge, par le biais d'un fonds national de solidarité, partout en France, la différence de tarification des frais de cantine, en finançant la différence entre le prix 'extérieur' et le prix 'résident', éventuellement sous certaines conditions qui éviteraient de potentiels abus. Cette mesure serait de nature à renforcer une équité entre tous les enfants devant être scolarisés en Ulis », propose le député avant de demander une mise en œuvre dès le « projet de loi de finances 2020 ». Affaire à suivre...

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