séjour à Utzaritz du 13 au 20 mai 2006
Lorsque j'ai réservé le gîte de France 152102, l'idée était de passer, Elise, mon épouse et moi, une semaine à la campagne pas trop loin de la mer dans une région ensoleillée. Jamais nous n'étions allés en Pays Basque ... alors go ! Internet, 2 heures de recherches, une pour sélectionner, 24 heures de réflexion puis 10 minutes : carte bleue et réservation en ligne.
Le 13 mai dans l'après-midi, après un voyage de 9 heures, nous arrivons à destination et sommes accueillis par le fils de la maison. Après une rapide présentation des lieux, nous sommes chez nous au premier étage de la maison, les propriétaires occupant le rez-de-chaussée.
Yvette, la propriétaire arrive peu après ... je lui présente Elise précisant son handicap de jeune adulte autiste et l'invitant à l'indulgence quant aux futures incursions probables de ma fille dans son paysage. "Mais non, pas de problèmes (...) nous ici on est très famille (...) ma soeur et mon frère habitent les maisons de chaque côté ..." me dit-elle en substance.
De fait, Lisou revient un peu plus tard dans l'après-midi avec Elsa (la fille du frère d'Yvette) et une copine d'Elsa prendre un coca et bavarder un peu. Au cours de la discussion, les deux filles s'ouvrent de leur projet de la soirée : musique et danse. "Je peux venir ?" demande alors Elise. Elle est aussitôt invitée ... nous convenons que les deux filles viendront la chercher en début de soirée après le repas ... En fait, c'est la Maman d'Elsa qui passe prendre Lisou vers 22h00 et qui nous la ramène vers 23h30 nous racontant que la soirée avait été une réussite ... Elise, on le sait, connaît la musique et quant à la danse c'est sa spécialité (plus vendeur que moi tu meurs).
Les jours suivants, il fait un temps magnifique, le thermomètre allant jusqu'à indiquer 37° ... et nous profitons de la plage à ANGLET ... Là, pas question pour Elise de s'asseoir bien entendu, elle est trop occupée à aller au contact des gens se trouvant sur la plage ... ils ne sont pas trop nombreux et lui réserve en général un accueil sympathique teinté de perplexité ... J'ai un oeil sur elle veillant à ce que cela se passe bien. J'ai fixé les limites à Elise lui spécifiant qu'elle était libre de déambuler ... mais uniquement en direction de la mer ... c'est-à-dire devant nous. Elle semble l'avoir compris et accepté même si je suis obligé d'intervenir à différentes reprises.
Difficultés quand même le mercredi quand la plage est envahie par les étudiants de la région qui viennent se rafraîchir et se divertir ... Ce jour là, Lisou ne sait visiblement plus ou donner de tête, voulant jouer au rugby avec certains, en suivant d'autres ... mais ce sont des groupes de jeunes, vite décontenancés par cette grande jeune femme intrusive avec qui ils n'arrivent pas à échanger et dont le comportement leur paraît suspect ou pour le moins étonnant ... je dois la "récupérer" à plusieurs reprises ... mais elle repart vite ... toujours son attrait pour l'autre qui agit chez elle comme un aimant ... La réciproque par contre n'est souvent pas de mise ... aussi décidons nous d'écourter notre scéance sur la plage.
De retour à la maison, comme souvent pendant notre séjour, nous partons faire une grande ballade dans la campagne environnante. La nature est verdoyante, savamment entretenue par nos paysans basques ou encore sauvage par endroits. Très fraîche aussi avec une multitude de fougères. La promenade c'est une activité qui passionne Elise. Ici, nous faisons de multiples rencontres :
Pour les habitants du Pays Basque et du sud-ouest en général, le pottok ou pottock (petit cheval en langue basque) est synonyme de poney très rustique vivant en liberté dans la montagne. Les origines de cet animal sont mal connues.
Elise chante, gambade, courre, discoure ... elle est dans un environnement qu'elle aime.
Le jeudi, nous avons programmé un circuit qui doit nous permettre de découvrir certains sites remarquables de la région et de nous imprégner de la magie des lieux. Notre première visite est pour CAMBO où nous découvrons les thermes et leur merveilleux jardin tropical.
ESPELETTE est notre seconde étape. C'est un village haut en couleur et très agréable dédié à la culture du piment qui se retrouve sous toute les formes possibles ... nous y achetons quelques conserves et des tranches de jambon pour le pique-nique de midi.
C'est ensuite à SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT de nous ouvrir ses portes. nous arpentons ses ruelles croisant des pélerins se rendant à COMPOSTELLE, gravissons les marches et accédons aux remparts de la citadelle pour admirer le splendide panorama offert sur toute la région environnante. Puis nous reprenons la route en direction d'IROULEGUY, célèbre pour ses vins, arrivons juste avant la fermeture de la cave coopérative pour une dégustation apéritive ... La jeune femme qui officie nous indique le charmant lieu de pique-nique où nous nous rendons ensuite. Situé près d'un pont, à deux pas d'un cours d'eau, sur un épais tapis de mousse, à l'ombre d'un arbre, nous déballons nos provisions et profitons de cette halte champêtre. Quelques promeneurs nous ont imités et Elise va au contact selon son habitude, mais no problem, l'accueil est bon. Arrive même un couple et son petit garçon, merveilleux de gentillesse, le terme n'est pas trop fort, car Lisou prend le garçon dans ses bras pour le câliner à sa manière ... les parents adoptent une attitude de franche compréhension et de sympathie qui nous fait chaud au coeur. Nous les quittons presque à regret ...
Notre prochain objectif est l'élevage de Michel Goicoechea consacré à la truite de BANCA. Pour y parvenir, nous empruntons des routes sinueuses à travers la montagne admirant de très beaux paysages. Arrivé à destination, nous visitons l'exposition et découvrons comment la truite de BANCA connaît une croissance presque deux fois moindre que sa cousine la truite d'élevage. Elevée sans être forcée, elle ne connait qu'une nourriture biologique lui permettant de faire sa chair. Dix-huit mois sont nécessaire pour qu'elle soit apte à être consommée. C'est un met de choix, je peux en témoigner, car depuis notre visite nous avons dégusté les filets fumés que nous avons ramené, ils se sont révélés meilleurs que le meilleur des saumons. Puis, nous faisons le tour des bassins alimentés par la Nive des Aldudes, torrent qui descend de la montagne, où les pensionnaires sont visiblement dans leur élément. Les lieux sont champêtres à souhait et nous profitons de cet instant privilégié.
Quelques kilomètres supplémentaires nous permettent d'accéder au domaine consacré au porc de race pie noire.
Pour certains, Pierre Oteiza est un saint. La race du porc basque, noiraud, avec de grandes oreilles, avait quasiment disparu de la région au profit d'un porc blanc de race manèche dont beaucoup font usage pour le bayonne. Dans son village des Aldudes, au bout de la petite vallée qui mène vers l'Espagne, après Saint-Etienne-de-Baïgorry, Oteiza a agrandi le domaine familial, s'associant avec plusieurs éleveurs, imaginant des enclos avec des huttes où le cochon peut se reproduire l'hiver. Mais surtout il lui a créé un espace de liberté unique, où le porc local de race pie noire peut se nourrir de façon naturelle. Les cochons basques vivent entre vallées et collines douze mois durant. Ils termineront leur existence dans l'abattoir le plus proche, celui de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Tout commence dans une maternité. Celle des Aldudes est nichée au cœur de la vallée.
![]() maternité |
Des petites parcelles fermées, dans chacune une petite cahute de bois recouverte de fougères.
![]() porcelets |
C’est l’univers des porcelets qui seront élevés là durant trois mois avant d’être lâchés dans la montagne toute proche.
![]() adultes en liberté |
Ils y resteront quinze mois nourris de maïs et même de petits pois qu’ils adorent. Mais nourris également de tout ce qu’ils trouveront d’appétissant en parcourant les montagnes environnantes.
Au terme de cette période ils atteindront le poids respectable de 200 à 300 kilos. L’heure du jambon va sonner !
Vendredi, dernier jour de plage et visite d'Hendaye avec retour par la côte très découpée, dernière ballade dans la campagne avant les préparatifs du retour.
Samedi, l'heure du départ ! Nous remercions Yvette pour son accueil bien au-delà des limites que nous pouvions envisager. Si je puis me permettre (oui, c'est moi qui suit au piano !), je voudrais profiter de ce blog pour remercier Elsa pour sa déjà profonde gentillesse sans aucun doute en rapport avec les fraises que sa maman cultive ... (c'est un message à clé).
Donc pour nous un séjour qui restera dans notre souvenir comme un aperçu du bonheur.
(Ne manquez pas de visionner l'album photo du séjour)








