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"Au bonheur d'Elise"
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31 mai 2018

À Caluire, un collège accueille un chien pour aider les enfants autistes à progresser

article publié dans LYON MAG

    

8 des 10 élèves de l'Ulis du collège Charles Sénard autour de Divia - LyonMag

8 des 10 élèves de l'Ulis du collège Charles Sénard autour de Divia - LyonMag

C'est un dispositif unique en son genre.

Depuis la fin janvier, la classe Ulis (Unité locale pour l'inclusion scolaire) du collège Charles Sénard, à Caluire-et-Cuire, a intégré un pensionnaire un peu particulier. Divia, un berger suisse de neuf ans, a en effet rejoint les dix collégiens, en classes de 6e à la 3e, accueillis dans cette unité particulière. Ici, quatre adultes accompagnent des enfants atteints de troubles du spectre autistique (TES) ou de troubles envahissants du développement (TED). Quatre adultes donc, et une chienne, désormais, qui sont aux petits soins pour ces jeunes qui demandent une attention accrue.

Mais l'animal, un chien guide d'aveugle sorti de sa retraite, n'est pas là que pour jouer avec les collégiens. "Il y avait deux objectifs quant à l'accueil de ce chien au collège, nous confie Aurélie Chrétien, coordinatrice de l'Ulis et à l'origine du projet. On souhaitait avant tout valoriser les élèves. Désormais, ce sont eux qui s'occupent d'un chien, alors qu'ils ont l'habitude que l'on s'occupe d'eux. Cette fois-ci, c'est sur eux que l'on compte." Un aspect anodin pour la plupart des enfants de leur âge, mais essentiel ici. Les enfants autistes souffrent en effet généralement d'un manque de confiance criant qui les freine dans leurs apprentissages et dans leur intégration.

"J'ai un peu la trouille de lire devant les autres. Maintenant, j'y arrive mieux"

"Par ailleurs, on entre différemment dans les apprentissages scolaires. Ça les motive pour travailler les maths, par exemple, en déterminant la quantité de croquettes du chien. C'est quand même plus motivant et surtout plus concret pour eux", ajoute Aurélie Chrétien. Cela permet aussi de libérer les enfants du regard des autres, parfois pesant pour eux. Sirine, en classe de 6e, l'a bien compris et profite de la présence du quadripède pour s'entraîner à la lecture. "J'aime bien lire un livre à Divia, parce qu'elle est calme, elle est belle et elle ne critique pas. Elle ne me dit jamais 'tu ne sais pas lire' ou 'tu lis trop lentement, raconte la jeune fille. Parce que moi, j'ai un peu la trouille de lire devant les autres. Maintenant, j'y arrive mieux."

Chaque enfant, ainsi valorisé par l'animal, prend un peu plus conscience de son utilité. "Chaque élève a ses responsabilités. Par exemple, y en a deux qui vont promener Divia pendant cinq minutes pendant que deux autres remplissent ses gamelles d'eau et de croquettes", explique Yohan, en 5e, et qui a l'habitude des chiens. C'est aussi une récompense pour ceux qui ont fini leur travail et qui peuvent, sur accord d'Aurélie Chrétien, passer du temps avec la chienne.

Et les résultats ont été fulgurants pour certains jeunes. "Je ne pensais pas qu'il y aurait de tels progrès et aussi rapidement", s'étonne aujourd'hui la coordinatrice de l'Ulis. Et Sabri, en 6e, est un exemple de ces progrès que font les élèves. Le garçon, qui ne parlait quasiment pas ou chuchotait, est aujourd'hui capable de répondre aux questions que les adultes lui posent.

La méthode, aussi surprenante soit-elle, a donc été éprouvée en à peine quatre mois. Les parents de la dizaine d'élèves de l'Ulis notent eux aussi la progression de leurs enfants et ont accueilli cette méthode avec enthousiasme. Et c'est tout le collège Charles Sénard, qui compte 680 enfants, qui a désormais une mascotte : Divia. La chienne, véritable star dès qu'elle apparaît dans la cour de récréation, permet aussi aux enfants en Ulis d'exister aux yeux du reste du collège. L'intégration de l'animal est elle aussi, à coup sûr, réussie.

 

Divia, star du collège Charles Sénard - LyonMag

 

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31 mai 2018

La France a un problème avec l’autisme, et c'est en partie à cause de Françoise Dolto

Histoire d’un échec français.

Autisme et psychanalyse, histoire d’un échec français | 
Michał Parzuchowski via Unsplash CC License by
Autisme et psychanalyse, histoire d’un échec français | Michał Parzuchowski via Unsplash CC License by

La France a un problème avec l’autisme. La Cour des comptes, juridiction chargée de la régularité des comptes publics, estime que le pays compte 700.000 personnes autistes, dont seules 75.000 ont été diagnostiquées. Les enfants sont diagnostiqués plus tard que dans les pays voisins. Ils sont souvent exclus du système éducatif traditionnel et ont un accès limité aux services de soutien scolaire et activités extrascolaires.

Les enfants autistes français sont souvent cloîtrés dans des hôpitaux de jour ou des institutions, isolés du reste de la communauté et bien souvent incapables de communiquer par oral. Alors qu’aux États-Unis, par exemple, les écoles publiques sont dans l’obligation légale d’inclure les enfants autistes dans les classes traditionnelles. Depuis des années, les familles du nord-est de la France doivent emmener leurs enfants en Belgique pour qu’ils bénéficient d’une meilleure prise en charge.

L'inefficacité des précédents «plans autisme»

Le gouvernement reconnaît ces faiblesses. Il a été contraint de le faire en 2004, suite aux actions d’associations nationales et sous la pression internationale: le Conseil de l’Europe a ainsi jugé que les dispositions prises par la France à l’égard de l’autisme étaient contraires à la Charte sociale européenne, un jugement confirmé dans plusieurs autres affaires. En 2016, le Comité pour les droits de l’enfant des Nations unies s’inquiétait lui aussi du fait que de nombreux enfants autistes français «continuent à être victimes de violations de leurs droits» à l’éducation et à la prise en charge.

Emmanuel Macron à l'hôpital de Rouen en avril 2018, après l'annonce du nouveau plan autisme. Christophe Ena / Pool / AFP

En réponse, plusieurs «plans autisme» ont été mis en place, sortes de «plans Marshall» qui mettent l’accent sur l’amélioration des résultats. Le plus récent –le quatrième– a été lancé début avril par le président Emmanuel Macron et prendra fin en 2022. Il vise à recruter des milliers d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) afin de permettre aux enfants autistes d’être scolarisés dans des établissements classiques, et à faciliter leur diagnostic. Pourtant, son existence même suffit à démontrer l’inefficacité des trois plans précédents.

L’influence de la psychanalyse

Pourquoi la France est-elle à la traîne? Ce retard semble dû à la forte influence de la psychanalyse sur la psychiatrie française au cours des dernières décennies. De nombreux psychanalystes prétendent en effet que l’autisme n’est pas un trouble du neurodéveloppement à caractère majoritairement héréditaire, postulat désormais accepté dans le monde entier. Ils le voient plutôt comme un état généré psychologiquement au sein d’un environnement familial dysfonctionnel, en particulier si l’enfant rencontre des problèmes dans la relation avec sa mère.

Comme le formulait le psychanalyste Charles Melman, défenseur de ce point de vue, dans une interview en 2014, l’enfant autiste «a souffert d’une chose très simple. Sa maman […] n’a pas pu transmettre le sentiment du cadeau qu’il était pour elle. […] La prosodie [la tonalité, les inflexions, ndlr] du discours maternel joue un rôle dans le développement de l’autisme».

Dans l’histoire de la psychanalyse –et en particulier aux États-Unis dans l’après-Seconde Guerre mondiale, de nombreux praticiens envisageaient l’autisme comme une forme de psychose ou de «schizophrénie infantile». Pour eux, la thérapie passait avant tout par la psychanalyse, en lieu et place des approches comportementales ou basées sur la communication, qui ont largement fait leurs preuves aujourd’hui.

En France, les choses changent depuis les années 1990, sous la pression d’associations de parents, furieux que le corps médical semble les rendre responsables des troubles de leurs enfants.

Dans un spectacle toujours joué, l’humoriste Laurent Savard, père d’un garçon autiste, met en scène la séance où il est reçu, avec sa compagne, par une psychanalyste.

L’association Vaincre l’autisme a organisé plusieurs manifestations en 2012-2013, dénonçant le traitement de ce trouble par la psychanalyse. En 2011, le documentaire «Le Mur» s’était attaqué à l’approche psychanalytique en la matière. La polémique a éclaté lorsque trois psychanalystes ont intenté un procès, obtenant temporairement l’interdiction du film. Le jugement a toutefois été cassé en appel en 2014, ce qui témoigne du pouvoir faiblissant du lobby psychanalytique.

En France, le traitement psychanalytique de l’autisme est de plus en plus discrédité, comme en témoigne une récente déclaration de la secrétaire d’État responsable du nouveau plan, Sophie Cluzel, pour qui la France doit «remettre la science au cœur de la politique gouvernementale en matière d’autisme».

En tant qu’historien des idées, j’ai cherché à savoir comment la France en était arrivée là. La France est le seul pays à accorder une si grande importance à la psychanalyse, au niveau intellectuel et culturel, et ce depuis 1968. Aux États-Unis, par exemple, la psychanalyse a été bannie des manuels de psychiatrie dans les années 1980, quand sont apparues les méthodes comportementales et de communication. Pourquoi la France n’a-t-elle pas fait de même?

Selon un article récent paru dans le quotidien britannique The Independent, cela s’explique notamment par l’influence de Jacques Lacan, figure majeure de la psychanalyse en France, et par la théorie de la «mère réfrigérateur» défendue par le psychologue américain Bruno Bettelheim, qui prétendait que l’autisme est causé par un manque de chaleur affective de la part de la mère.

Mais l’impact de ces penseurs doit se comprendre dans un contexte où la psychanalyse et la pensée psychanalytique étaient profondément ancrées dans la culture française. Dans le pays, l’émergence de la psychanalyse fait directement suite aux bouleversements culturels de Mai 68. Elle est alors perçue comme un outil qui permettra de «débloquer» le pays, aux prises avec une bureaucratie stricte et étouffante en cette période d’après-guerre.

Le rôle de Françoise Dolto

Mes recherches portent notamment sur l’impact de la pédopsychanalyste Françoise Dolto qui, dans les années 1970 et 1980, était considérée comme un «monument national». Elle animait une émission de radio très populaire sur France Inter, où elle répondait aux auditeurs qui lui soumettaient leurs dilemmes en matière d’éducation. Elle a aussi fondé un réseau de centres pour enfants, les Maisons vertes, en partie dirigées par des psychanalystes.

 

Extrait du documentaire «Les enfants d'abord» sur Françoise Dolto du 30 juin 1977 | Réalisatrice: Emmanuelle Nobécourt

Françoise Dolto a publié plus d’une quarantaine d’ouvrages, qui véhiculaient la pensée psychanalytique auprès d’un large public, ciblant tout particulièrement les mères. Son étude de cas la plus connue, Le cas Dominique, montrait comment la «psychose infantile» pouvait découler de l’environnement familial. On trouve encore de tels livres, en France, dans les bibliothèques de nombreux parents, grands-parents et psychologues. Des centaines d’écoles et de services hospitaliers portent le nom de Françoise Dolto.

Dans cette position influente, la psychanalyste prétendait que la «régression» de l’enfant (l’autisme et les troubles de l’apprentissage) était la conséquence d’un amour maternel pathogène. Dans un livre de 1985, Françoise Dolto définit l’autisme comme un «processus réactionnel d’adaptation à une épreuve», dans laquelle «la relation affective ou symbolique avec la mère» a été perdue. Ce type d’arguments, couplé à sa position contre le féminisme et son idée selon laquelle il est préférable pour le développement de l’enfant que la mère reste à la maison, a sûrement contribué à faire culpabiliser beaucoup de mères d’enfants autistes. Les travaux et la position tranchée de la mère fondatrice de la pédopsychanalyse française sont venus étayer la résistance ultérieure des psychanalystes face aux mesures visant à changer la prise en charge de l’autisme dans ce pays.

Le problème auquel la France est confrontée avec l’autisme montre que la fascination étonnante de ce pays pour la psychanalyse, mise en exergue par la carrière de Françoise Dolto, a eu de lourdes conséquences. Je ne pense pas que globalement, l’impact de cette méthode thérapeutique ait été uniquement négatif. Mais dans certains domaines tels que l’autisme, elle a engendré de sérieux problèmes dont il reste difficile de se défaire.

 

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

30 mai 2018

Extraits de la revue d'Autisme France - Mai 2018

 

 

30 mai 2018

Qu'est-ce que l'autisme ? - Vidéo réalisée par Sophie ROBERT

Sophie Robert

Dragon Bleu TVdragonbleutv

Quatrième opus de la série "Enfants autistes bienvenue à l'école" ce programme vidéo réuni 7 spécialistes de l'autisme et 2 jeunes adultes avec autisme pour partager leurs connaissances et faire le point sur ce qui fait consensus aujourd'hui dans la communauté scientifique internationale sur le diagnostic, les causes et l'accompagnement de l'autisme.
Avec : Pr Bernadette Rogé, Pr Thomas Bourgeron, Dr Eric Lemonnier, Dr Genevieve Macé, Pr Nouchine Hadjikhani, Dr Karina Alt, Tiziana Zalla, ainsi que Charlotte Brochand et Tristan Yvon. Réalisé et animé par Sophie Robert pour Ninsun Project et Océan Invisible Productions. 89 minutes.

 

30 mai 2018

Les chiffres clés de l'autisme - Dossier de presse 6 avril 2018

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30 mai 2018

INFOGRAPHIE - Les chiffres de l’autisme - Source Cour des comptes

article publié dans La Croix

, le

Les troubles du spectre autistique touche aujourd’hui 1 % de la population en France. Mais si les chiffres s’affinent, les causes de l’autisme restent toujours compliquées à appréhender.

chiffres de l'autisme source cour des comptes

Une personne sur cent en France aurait des troubles autistiques, deux fois plus aux États-Unis. Cette forte prévalence est due en partie au fait que ce trouble neuro-développemental est aujourd’hui mieux détecté, mais ses causes restent difficiles à cerner.

Il est désormais établi que les troubles du spectre autistique (TSA) sont « d’origine multifactorielle, avec une forte implication de facteurs de susceptibilité génétique », soulignait en mai 2017 l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). « En dépit d’un consensus international » pour considérer l’autisme comme l’expression « d’altérations plus ou moins précoces du système nerveux central, de nombreuses questions demeurent quant à leurs causes et mécanismes de développement », ajoutait-elle.

Plus fréquent chez les garçons que chez les filles

Ce trouble neuro-développemental se caractérise par des difficultés d’interaction sociale, des comportements répétitifs et des centres d’intérêt restreints ou spécifiques. Il peut s’accompagner ou non d’une déficience intellectuelle et serait trois fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Estimé il y a quelques années à un enfant sur 150, le taux de prévalence en France est aujourd’hui chiffré à une personne sur 100, qu’il s’agisse des enfants ou des adultes. Aux États-Unis, un enfant sur 47 serait concerné.

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Cette augmentation du nombre est due pour une grande part au fait que les troubles autistiques, autrefois dissimulés dans « le diagnostic fourre-tout de déficience intellectuelle », sont davantage reconnus. « Le risque de sous-diagnostic est encore substantiel, en particulier pour les adultes, de même que celui de surdiagnostic », soulignait cependant la Cour des comptes dans un rapport en janvier 2018.

« Il existe encore trop d’informations fausses sur l’autisme », affirmait récemment la secrétaire d’État chargée du handicap, Sophie Cluzel, citant les théories « culpabilisantes pour les mères » et celles blâmant une surexposition aux écrans. Elle a exprimé sa volonté de mettre l’accent sur la recherche dans le quatrième plan autisme, dont la stratégie doit être annoncée par le premier ministre vendredi 6 avril.

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Frédérique Schneider
29 mai 2018

Une séance réussie avec l'association Trott'Autrement. Bravo Laura !

Une maman fière de sa fille ... Bravo Laura ! Comme Laura est aussi passionné par le tir à l'arc, on imagine la suite : photo de droite ... Chapeau à Virginie Govoroff-Regnault, sa monitrice (jjdupuis)

tir à l'arc à cheval

29 mai 2018

Information CRAIF -> Appels à la vigilance quant aux écrans

29 mai 2018

Simplification en cas de handicap: des droits acquis à vie?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Le député Adrien Taquet devait plancher sur la simplification des démarches des personnes handicapées. Il remet son rapport "Plus simple la vie" avec 113 propositions : fusion de l'AAH et de l'ASI, droits acquis à vie...

Par , le 28-05-2018

Le système de prestations sociales en faveur des personnes handicapées est "illisible" et il y a "urgence à le simplifier", affirme le député Adrien Taquet dans un rapport (287 pages ! en lien ci-dessous) réalisé avec Jean-François Serres, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), remis le 28 mai 2018 au Premier ministre Edouard Philippe. 113 propositions au total pour "restaurer les conditions de la confiance". "Parce que plus de 10 millions de personnes sont aujourd'hui concernées par le handicap et subissent quotidiennement la complexité et la lenteur des démarches administratives", explique le Premier ministre dans un communiqué, il a demandé aux rapporteurs de proposer des solutions concrètes de simplification des démarches administratives et de fluidification des parcours des personnes en situation de handicap. Ils sont ainsi plus de 10 000 Français à avoir témoigné dans le cadre d'une consultation en ligne. 

Les prestations de compensation

Le député (LREM) veut notamment "refondre le système de compensation à destination des enfants". Jusqu'à 20 ans, il existe deux prestations -la prestation de compensation du handicap (PCH) et l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH)- dont "le rôle et le statut sont flous et se confondent", explique-t-il.

Fusion de l'AAH et de l'ASI

Le rapport plaide aussi pour la fusion des minima sociaux pour les adultes handicapés (AAH) et en invalidité (ASI), dans le cadre d'un "rapprochement" entre les deux régimes.

Sans limitation de durée

D'autres mesures visent à conférer des prestations "sans limitation de durée" aux personnes les plus lourdement handicapées : au-delà d'un taux d'incapacité de 80%, les allocations (AEEH puis AAH) seraient ainsi accordées "à vie".

Simplifier l'attribution de la PCH

Adrien Taquet propose par ailleurs de "simplifier le mode d'attribution de la PCH". Cette aide, qui peut financer un emploi à domicile ou des travaux, serait ainsi versée sur facture et non plus sur devis.

Supprimer la barrière d'âge

Il demande en outre de "supprimer la barrière d'âge" qui empêche les personnes âgées de 75 ans et plus de bénéficier de la PCH. Proposition qui a d'ailleurs déjà été adoptée par l'Assemblée nationale le 17 mai 2018 (article en lien ci-dessous).

Et maintenant ?

"Les mesures proposées, parce qu'elles ont été construites directement avec et pour les usagers, visent à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap et de leur famille", assure le gouvernement. Il affirme que "certaines ont vocation à être mises en œuvre rapidement", par exemple lorsqu'elles "mettent fin aux démarches administratives obligeant les personnes à apporter en permanence les preuves de leur handicap, même lorsque cela est inutile". D'autres nécessiteront des travaux plus approfondis et une concertation des acteurs concernés. Ces travaux s'inscriront, d'une part dans le projet d'Action publique 2022 qui vise à simplifier et améliorer les services publics, d'autre part dans le grand chantier de construction d'une société inclusive, que le gouvernement qualifie de "fil rouge" de son action depuis plus d'un an.


 

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Sur Handicap.fr

Sur le web

28 mai 2018

Autisme en Limousin : rencontre avec l'ARS le 29 mai

 

Autisme en Limousin : rencontre avec l'ARS le 29 mai

Les parents des enfants suivis au Centre Expert Autisme du Limousin sont reçus par l'ARS Nouvelle Aquitaine ce mardi 29 mai. L'expérience menée depuis trois ans et demi reste menacée, alors qu'elle répond à des objectifs du 4ème plan autisme concernant l'intervention précoce.

https://blogs.mediapart.fr

 

28 mai 2018

Shooting Elise Dupuis sur les bords de l'étang de la Loy

P1070571Séance de shooting pour Lisou lors d'une promenade autour de l'étang de la Loy à Gouvernes. C'est clairement pour elle un plaisir mais aussi un exercice ... prendre la pose ... ne pas bouger ... sourire sur commande etc.

Ceux qui la connaissent savent qu'elle a du mal à rester en place ... Remarquez au passage que la taille manequin revient ...

Une sélection drastique sur 160 photos ... nous avons gardé le meilleurs naturellement.

émoticone yeux bleux

 

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27 mai 2018

À propos du reportage sur les autistes de la silicon Valley : et si Evan était français ?

article publié dans l'Express

Le parcours du combattant the-autist, publié le 23/05/2018 à 18:09

Je voudrais réagir par rapport au reportage sur ces autistes « nouveaux talents de la Silicon Valley », diffusé au JT de France 2 le 20 mai 2018.

Comment dire ? C’est un reportage que je trouve très intéressant sur deux points.

Le premier, c’est qu’il n’apparaît aucune femme autiste qui travaille.

Mais est-ce que les femmes autistes Asperger existent ? On vient à en douter. Peut-être est-ce parce que selon certains psychanalystes la femme n’existe tout simplement pas (voir cette vidéo à 5min45s). Alors imaginez une femme autiste… Et qui travaille dans l’informatique, qui plus est…

 

Le second point, c’est la différence de traitement constatée entre les autistes en France et aux États-Unis.

Imaginons un reportage similaire en France, tourné par un pays étranger. Voici ce que cela donnerait si Evan, qui apparaît dans le « vrai » reportage, était français :

(commentaire journaliste)

Cet État, la France, crée chaque année plus de places en centres sanitaires (CMP), établissements médico-sociaux et hôpitaux psychiatrique/hôpitaux de jour aux personnes autistes.

Evan, 35 ans, est l’un deux : il quitte chaque matin son domicile avec ses médicaments dans son sac. Il rejoint un hôpital de jour à Lyon, qui l’a débauché il y a 5 ans.

« C’est très facile d’être dans un hôpital de jour ; en fait, dès lors qu’on a un diagnostic d’autisme ou de trouble psychiatrique, on y est poussé naturellement par le système ! »

Dans la vie de tous les jours, il devient de plus en plus dépendant, diminué et soumis, avec l’effet des neuroleptiques. « On a les compétences pour travailler mais c’est juste qu’il faut remplir les structures sanitaires pour justifier le salaire des psychiatres et leur permettre de s’assurer une belle retraite aux frais de l’État », explique-t-il.

Si ces centres sanitaires et hôpitaux psychiatriques accueillent beaucoup d’autistes, c’est parce qu’ils représentent un  investissement rentable. Grâce à eux le directeur de l’hôpital de jour fête l’aval financier du gouvernement pour ouvrir un autre hôpital de jour dans un autre arrondissement de sa ville.

« Quand on a besoin de patients pas trop difficiles à gérer, pourquoi ne pas taper à la porte de cette population ? Actuellement il y a environ 30 000 autistes (diagnostiqués ou non) qui sont accueillis dans 568 structures psychiatriques », explique-t-il.

neuroleptique

Ces structures psychiatriques publiques sont très présentes dans le paysage culturel français et le gouvernement leur confère beaucoup de pouvoir en les finançant généreusement (un patient accueilli une journée et une nuit en Hôpital Psychiatrique coûte environ 500 € à la sécurité sociale), malgré la dette faramineuse de la sécurité sociale (appelée communément « Trou de la Sécu »), sans contre-partie sur l’évolution de l’état du patient :

« Ce qui est très intéressant pour nous, c’est que les évaluations externes des établissements ne prennent pas en compte l’évolution de leur état de santé : nous n’avons de comptes à rendre à personne sur ce plan, et les budgets sont renouvelés sans condition concernant leur évolution. C’est donc dans notre intérêt de les rendre le plus dépendants possible, et les neuroleptiques nous y aident beaucoup. Les autistes, deviennent plus dociles avec ces traitements, leurs facultés intellectuelles sont altérées, ce qui diminue la probabilité qu’ils puissent travailler et donc augmente les chances qu’ils restent dans nos murs, pérennisant ainsi nos emplois. De plus, ces neuroleptiques agissent comme une drogue, de sorte qu’ils en deviennent addicts, et nous sommes un peu comme leur dealer, ils sont obligés de venir pour pouvoir se les procurer et en plus nous sommes payés pour leur en fournir. »

Evan commente les dires du directeur : « C’est flippant de se dire qu’il y a des professionnels de santé payés par la sécurité sociale qui s’intéressent à notre profil, et qui nous éloignent des possibilités de travail et d’autonomie en nous abrutissant de neuroleptiques. »

 

Tous les adultes autistes ne sont pas dans des établissements sanitaires. Il existe une partie qui vivent encore chez leurs parents (sans possibilité de vie sociale/travail dans un environnement adapté). D’autres ont leur indépendance au niveau logement mais sont en grande précarité : au RSA car pas assez handicapés pour toucher l’Allocation Adulte Handicapé, d’autant plus que les critères d’attribution de cette allocation risquent d’être révisés, et sans possibilité de travail dans un environnement adapté. Une dernière partie est SDF. Parmi eux, beaucoup pensent au suicide et certains passent à l’acte.

Une infime minorité réussit cependant à travailler en milieu spécialisé ou ordinaire, mais rares sont les emplois qui leurs sont adaptés.

Des engagements récents de ce gouvernement visent à inclure d’avantage de personnes autistes dans la société, sans (apparemment) pour autant remettre en question le fonctionnement des secteurs du sanitaire (psychiatrie) et du médico-social.

 

 

 

+ Derniers articles publiés :

27 mai 2018

Rétrospective de la 1ère semaine parisienne de sensibilisation à l'autisme

Ajoutée le 24 mai 2018

Retour sur la 1ère semaine parisienne de sensibilisation à l'autisme avec de nombreux événements du 2 au 7 avril 2018.

26 mai 2018

Brigitte JEANVOINE & Christian FAVIER au forum de la MDPH du Val-de-Marne

P1070473Trott'Autrement & Ciné-ma différence participait hier au Forum MDPH 94 sur le stand Envol Loisirs ... Christian FAVIER & Brigitte JEANVOINE se sont longuement arrêtés sur le stand.

Ce fut l'occasion d'avoir un long échange avec M. Favier, président du Conseil départemental du Val de Marne et Mme Jeanvoine, vice-présidente en charge des Solidarités en faveur de l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.


Marie-Françoise LIPP pu notamment présenter nos activités de loisirs et expliciter la démarche du Collectif Autisme Val de Marne créé récemment ...

 

 

 

P1070509

Forum de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH)

Vendredi 25 mai, les professionnels de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) vous reçoivent à la Maison des Syndicats (Créteil). C'est l'occasion de poser vos questions et de rencontrer des associations et services spécialisés dans le champ du handicap.

https://www.valdemarne.fr



 

 P1070558

 

Affiche Collectif Autisme VDM-page-001

 

24 mai 2018

Quand le handicap devient une valeur ajoutée pour l'entreprise.

 

Quand le handicap devient une valeur ajoutée pour l'entreprise.

Virginie Delalande est une femme "qui en impose". Par son charisme, certes, mais aussi par son CV : juriste de formation, avocate, responsable de service juridique pour une grande compagnie d'assurance, et depuis peu à la tête de sa propre entreprise de coaching pour adultes en situation de handicap, Handicapower.Car Virginie Delalande est aussi sourde profonde de naissance.

https://www.village-justice.com

 

23 mai 2018

Le projet de loi contre les violences sexuelles prendra en compte les personnes handicapées

 

Le projet de loi contre les violences sexuelles prendra en compte les personnes handicapées

Les personnes handicapées, 1ères victimes de violences sexuelles, seront pris en compte dans le projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, avec les applaudissements des députés, malgré l'opposition de Marlène Schiappa, secrétaire d'État de l&#039

http://blogs.lexpress.fr

 

23 mai 2018

Vendredi 25 mai 9h -> Forum MDPH Val de Marne - Maison des Syndicats · Créteil

23 mai 2018

L’AAH dans le collimateur du ministère de l’Économie ?

article publié dans Faire-face

Bruno Lemaire : « Expliquer qu’on va réduire la dépense publique sans rien toucher aux aides sociales, ce ne serait pas cohérent et pas juste, ni lucide. »

Une note de Bercy, révélée par Le Monde, propose des pistes pour diminuer le coût de l’allocation adulte handicapé et d’autres prestations sociales. Aucune mesure n’est encore arrêtée, mais le gouvernement envisage bien de réduire le budget des aides sociales.

« Maîtriser les flux d’entrée en [révisant] les critères d’attribution. » La direction du budget a des idées pour réduire le poids financier de l’allocation adulte handicapé (AAH). Et, plus généralement, de nombreux dispositifs d’aide existants : allocation personnalisée pour l’autonomie, aides personnelles au logement, …

Cette proposition figure dans un document intitulé “Transformer les prestations sociales” que Le Monde s’est procuré. Une synthèse des pistes avancées par les hauts fonctionnaires du ministère de l’Économie et des finances.

« Revoir plus périodiquement le stock » de bénéficiaires

Concernant l’AAH, des « disparités fortes »existent entre départements, relèvent-ils également. Ils proposent d’« uniformiser (…) les pratiques de prescription ».

De plus, ils suggèrent de « revoir plus périodiquement le stock »de bénéficiaires de l’AAH (sic !). Cela signifierait donc réduire la durée d’attribution pour certains allocataires. Ils avancent une autre idée : « Inciter effectivement à la reprise d’activité ». Comment ? L’extrait publié par Le Monde, vendredi 18 mai, ne le précise pas.

« Un document de travail. »

« Il s’agit d’un document de travail technique de l’administration », a expliqué à l’AFP le ministère des Comptes publics. En clair, aucune décision n’est encore arrêtée, que ce soit sur l’AAH ou les autres prestations.

Sollicité par Faire-face.fr, le cabinet du secrétariat d’État chargé des personnes handicapées confirme : « Le durcissement des critères d’attribution de l’AAH n’est qu’une piste de réflexion évoquée dans un document de travail. Nous en sommes actuellement très loin. Les arbitrages politiques seront rendus en juillet. »

« Réduire la dépense publique. »

Mais, ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que le gouvernement envisage bien d’alléger l’enveloppe budgétaire consacrée aux aides sociales. Ces prestations représentent aujourd’hui un quart (26 %) de l’ensemble des dépenses publiques.

« Expliquer qu’on va réduire la dépense publique sans rien toucher aux aides sociales, ce ne serait pas cohérent et pas juste, ni lucide vis-à-vis des Français », a expliqué Bruno Lemaire, dimanche 20 mai. Le ministre de l’Économie était invité du Grand rendez-vous Europe 1Les Echos – Cnews. Reste à savoir quel sera le sort réservé à l’AAH.

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Bruno Lemaire a certes beau jeu de préciser que « nous faisons attention aux plus fragiles (…) lorsque nous augmentons l’allocation aux adultes handicapés ». Le montant de l’AAH va en effet être progressivement porté à 900 € d’ici fin 2019. Mais, dans le même temps, le gouvernement pourrait très bien durcir les conditions d’accès.

Il a d’ailleurs déjà pris deux mesures, le gel du plafond de ressources pour les couples et la fusion des deux compléments d’AAH, qui restreignent la portée de cette revalorisation. Des allocataires risqueraient alors de se retrouver exclus du dispositif. Un jeu gagnant-perdant.

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L’AAH, 10 milliards d’euros par an

Le poids financier de l’AAH a quasiment doublé depuis 2005. L’enveloppe est ainsi passée de 5 milliards d’euros à près de 10 milliards en 2018. Soit un peu moins que celle du RSA. Cette croissance est essentiellement due à l’augmentation du montant maximum de l’AAH de 620 € en 2007 à 820 € aujourd’hui. De plus, la hausse du plafond de ressources y ouvrant droit a mécaniquement conduit à une inflation du nombre d’allocataires. Il a bondi, sur la même période, de 800 000 à plus d’un million.

23 mai 2018

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23 mai 2018

"Se débarrasser du mot handicap et valoriser la différence"

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Marc Levy, l'auteur français contemporain le plus vendu, avec 40 millions de livres dans 49 langues, a fait de Chloé, jeune femme amputée, l'héroïne de son dernier roman "Une fille comme elle". Un culte de la différence en librairie le 22 mai 2018.

Par , le 21-05-2018

Handicap.fr : Pourquoi avoir choisi comme héroïne de votre dernier roman, Une fille comme elle, une jeune femme amputée des deux jambes ?
Marc Levy : Je peux vous faire une réponse très sincère ? J'ai écrit 17 romans dans lesquels mon héroïne n'avait pas de handicap et on ne m'a jamais demandé pourquoi elle n'avait pas de handicap. L'expliquer serait en fait tout le contraire de la philosophie de ce livre.  Chloé est en fauteuil roulant mais elle est une femme à part entière et c'est la seule chose qui compte.

H.fr : Je vous ai posé cette question car on ne peut pas nier qu'il y a une gêne face au handicap et, à part pour le carton d'Intouchables, ce n'est pas un sujet très « vendeur »…
ML : La question n'est pas là, j'écris sans calcul, par désir et par envie de raconter une histoire qui me touche. Alors si le fait que mon héroïne est en fauteuil gène certains lecteurs, je veux croire qu'à la fin du roman, ils aimeront Chloé autant que je l'aime, ils auront compris que la définir par son handicap serait bien mal la connaître. Le handicap est une réalité, un combat de tous les jours pour un grand nombre de personnes mais ce n'est pas ce qui définit un être humain. Je l'ai compris en intégrant la Croix-Rouge. J'avais 18 ans, j'ai découvert que ce mot « handicap » était bien handicapé pour définir ceux que je côtoyais, des hommes, des femmes, des enfants, des êtres riches de brillance, d'intelligence, de résilience… Alors, finalement, je vais vous dire pourquoi j'ai fait de mon héroïne une jeune femme qui a perdu ses jambes : parce qu'à la fin du roman, tout le monde aura oublié qu'elle se déplace en fauteuil. Le lecteur aura dépassé de loin l'apriori qu'il avait sur son handicap et aura pu la connaître pour qui elle est.

H.fr : Y avait-il d'autres personnages en situation de handicap dans vos précédents romans ?
ML : Tous mes personnages ont un handicap, c'est par les failles que la lumière entre et sort.

H.fr : Comment vous est venue cette idée ?
ML : Il est assez difficile de répondre sincèrement à cette question parce que les idées sont, par définition, assez spontanées. Quand j'ai commencé à la Croix-Rouge, je travaillais dans une unité de désincarcération urbaine, c'est-à-dire de secours aux accidentés de la route. Nous sommes en 1977, le Samu n'en est qu'à ses balbutiements et accepte de former une centaine de secouristes de la Croix-Rouge à l'urgence urbaine. Le jour de mes 18 ans, je pars en intervention sur un accident qui va coûter la vie à un jeune homme de mon âge. En une fraction de seconde, j'ai pris conscience de la fragilité de la vie. Elle est au cœur de ce roman. Celle de Chloé bascule en un instant mais, ce que le roman raconte, c'est la façon dont elle se reconstruit.

H.fr : Vous mentionnez des détails assez techniques sur le handicap, la rééducation. Où avez-vous puisé ces infos ?
ML : En étant bénévole, je me suis beaucoup occupé de personnes handicapées et, encore aujourd'hui, j'accompagne plusieurs associations. Mais inversons la question ; si Chloé avait ses deux jambes personne ne me demanderait comment j'ai fait pour décrire sa vie. La vie et les contraintes d'une personne handicapée font partie de mes centres d'intérêt et de mes préoccupations depuis toujours. Je n'ai jamais eu peur d'aller à la rencontre, de poser des questions, de m'interroger.

H.fr : C'est une panne d'ascenseur qui nourrit l'intrigue de votre roman, laissant Chloé prisonnière de son appartement….
ML : À New-York, ville dans laquelle se passe l'intrigue, il existe encore 63 immeubles où l'ascenseur est entièrement manuel et nécessite un liftier. Il devient une sorte de confessionnal et le liftier un incroyable passeur qui sait tout de la vie des occupants. L'idée même du livre est née d'une rencontre dans l'un de ces immeubles avec un vrai liftier, et d'ailleurs monsieur Rivera, l'un de mes protagonistes, existe bel et bien.

H.fr : Vous écrivez que New York est une ville qui accepte toutes les différences ; les comportements à l'égard des personnes handicapées sont-ils plus tolérants qu'en France ?
ML : New York est une ville qui accepte tellement toutes les différences qu'elle en devient indifférente aux différences. Pourtant la situation de handicap nécessite une prise de conscience en matière d'urbanisme. La mairie de New York a fait beaucoup d'effort en ce sens, tardivement, mais la situation progresse. Les feux de signalisation sont tous sonores, les marquages au sol réalisés, les trottoirs surbaissés. Il y a encore un travail colossal à faire au niveau du métro. Mais ce que je raconte dans le livre est vrai ; pourquoi l'héroïne rechigne à prendre le bus ? Parce que les gens ne veulent pas attendre qu'on déploie la rampe, parce que son fauteuil gène le passage…

H.fr : On trouve donc à New York les mêmes problématiques d'accessibilité qu'en France. Vous avez testé le métro ?
H.fr : Je le prends tous les jours. Sur 341 stations, seules 102 sont accessibles. Et, les ascenseurs sont souvent en panne. La scène où Chloé panique dans le métro est authentique.

H.fr : On présente pourtant toujours les États-Unis comme un exemple dans ce domaine…
ML : Il est vrai que tous les commerces sont accessibles ; ils n'ont pas forcément une rampe mais disposent d'une sonnette pour que le commerçant puisse venir vous aider. Dans ce roman, j'en parle comme j'ai toujours parlé du reste, pas pour donner des leçons de morale, pas pour faire des reproches mais pour partager car j'ai cette conviction d'écrivain qui est que la meilleure façon de faire aimer les choses c'est de les partager. Si, à la fin du roman, vous aimez Chloé autant que je l'aime, eh bien ses problématiques vont vous toucher. Il y a peut-être des gens qui regarderont une personne en fauteuil dans un bus en se souvenant d'elle et diront : « Je peux vous aider ? ». Si j'ai réussi ça, même avec une ou deux personnes, je n'aurais pas écrit ce livre en vain.

H.fr : Vous abordez également la sexualité et le rapport au corps mutilé…
ML : C'est en effet important mais le plus important c'est que le lecteur transcende son handicap lorsque Chloé fait l'amour. Elle n'est pas « handicapée », elle est « femme » et, entre guillemets car je suis un homme marié et amoureux de sa femme, j'éprouve du désir pour elle.

H.fr : Une fille comme elle suggère une « fille d'exception » mais on se rend compte dans le récit qu'il est utilisé de façon péjorative par un des protagonistes. « Comme elle » signifie en réalité « handicapée ».
ML : C'est le cas pour un personnage mais ce n'est pas le cas pour plein d'autres. Bouteille à moitié pleine ou vide ? Certains verront Chloé parce qu'elle est rayonnante, d'autres verront d'abord son fauteuil. Mon travail de romancier consiste à mettre en lumière ou plutôt à mettre de la lumière sur nos différences et à les faire aimer.

H.fr : Vous éditez la plupart de vos livres en audio ?
ML : Tous, depuis le premier et aussi en gros caractères. C'est très important pour moi que les personnes malvoyantes ou non-voyantes puissent « lire ».

H.fr : Votre lectorat « audio » est au rendez-vous ?
ML : Le livre audio est accessible à tous. En Allemagne comme aux États-Unis, de nombreux lecteurs écoutent des livres dans les transports, voire même en travaillant pour ceux qui ont des activités manuelles.

H.fr : Le fait que Chloé soit lectrice pour des livres audio n'est donc pas un hasard…
ML : Justement, je suis en train de lui demander si elle ne voudrait pas enregistrer ce roman (Rires).

Une fille comme elle, Marc Levy, éditions Robert Laffont, parution le 22 mai 2018.

© Antoine Verglas Studio

 

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