17ème édition de Courir ensemble à Paris en mai ...
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S'amarrer au bon quai : un prérequis pour une livraison réussie de l'information neuronale

Figure: Des "codes d'amarrages synaptiques" dans le réseau olivo-cérébelleux. Une cellule de Purkinje (bleue) est contactée par des fibres parallèles issues de cellules granulaires du cervelet (roses) et par une fibre grimpante issue d'un neurone de l'olive inférieure (vert). Les fibres parallèles produisent la CBLN1 permettant leur amarrage spécifique aux quais GluR?2-BAI3 de la cellule de Purkinje, alors que les fibres grimpantes produisent C1QL1 et s'amarrent précisément sur les quais BAI3.
© S. Sigoillot
Le cerveau est constitué d'une très grande variété de neurones, différents les uns des autres par leur morphologie et leur physiologie. Pour que le transfert de l'information et son intégration par le cerveau aient lieu, les neurones communiquent via des contacts spécialisés, les synapses. Au cours du développement, un patron synaptique très précis est établi, chaque terminaison nerveuse devant faire deux choix cruciaux: le choix du port d'amarrage, le neurone cible, et le choix du quai d'amarrage sur cette cible. En conséquence, le cerveau mature contient une grande diversité de synapses du point de vue de leur morphologie et de leur physiologie. Chez l'homme, des défauts de synaptogenèse sont à l'origine de troubles neuro-développementaux tels que la schizophrénie ou l'autisme. Une meilleure connaissance des constituants moléculaires nécessaires à la formation et à la stabilisation de synapses particulières est donc essentielle à la compréhension du fonctionnement du cerveau dans des états normaux et pathologiques.
En étudiant le réseau olivo-cérébelleux chez la souris, des chercheurs du CIRB, en collaboration avec des chercheurs de l'INCI, montrent l'importance d'une nouvelle voie de signalisation, constituée par le récepteur BAI3 et son ligand C1QL1, dans l'établissement d'une connectivité neuronale correcte au cours du développement. Le récepteur Brain Angiogenesis Inhibitor 3 (BAI3) est un récepteur d'adhésion couplé aux protéines G (RCPG) fortement exprimé dans le cerveau en développement. Des mutations dans le gène codant ce récepteur ont été associées à plusieurs troubles psychiatriques. Cette nouvelle étude montre pour la première fois que le récepteur BAI3 doit être présent dans les cellules de Purkinje du cervelet pour préparer les quais d'amarrage neuronaux des deux types de terminaisons nerveuses excitatrices que ces cellules reçoivent: les fibres parallèles et les fibres grimpantes. Par contre, le ligand de BAI3, la protéine C1Q-like1 (C1QL1) membre de la famille du complément C1Q, doit être libérée par la fibre grimpante, et uniquement par cette terminaison, afin que la connectivité du réseau soit établie normalement.
La molécule présynaptique C1QL1 et son récepteur postsynaptique BAI3 sont nécessaires à la connectivité d'un type de fibres excitatrices, les fibres grimpantes, sur les cellules de Purkinje, alors que la connectivité de l'autre type, les fibres parallèles, est connue pour dépendre d'une autre protéine présynaptique de la famille C1Q, la CBLN1, et de son récepteur postsynaptique GluR?2. Il existe donc un "code d'amarrage synaptique" spécifique de chaque type de terminaison nerveuse d'un neurone cible dans le cervelet. Ce code pourrait intervenir dans d'autres régions du cerveau au cours du développement, puisque les protéines d'adhésion BAI et les différentes protéines de la famille C1Q du complément y sont présentes en combinaisons différentes selon les populations neuronales. Ces découvertes expliquent le lien potentiel entre les récepteurs BAI et les troubles psychiatriques. Les RCPG sont la cible de plus de la moitié des médicaments existants sur le marché, les récepteurs BAI pourraient donc être de nouvelles cibles thérapeutiques.
Je ne suis pas Rain Man par Marie Josée Cordeau
On répète inlassablement que les préjugés ont la couenne bien dure. Dure comme ces croustilles de lard salé dont on nous gave à la printanière cabane à sucre, portant un nom d'oreille affublé d'un qualificatif surprenant à consonance religieuse. Quotidiennement, je lis des articles très convaincus et des commentaires pointus au sujet de l'autisme. Et presque à chaque instant, ce sont mes propres oreilles qui frisent à la prise de connaissance d'autant de préjugés et d'histoires de ma grand-mère. Des concepts désuets se bousculent dans l'imagination populaire, tout comme une foule en délire à l'ouverture d'un nouveau Walmart ou au lancement du dernier gadget d'Apple. Aujourd'hui, il faudrait commencer par zigouiller une bonne fois pour toutes un mythe bien ancré : Rain Man n'égale pas autisme.
Rain Man, la référence populaire
C'est bien regrettable, mais Rain Man est devenu LA référence populaire en matière d'autisme pour une majorité d'individus non-confrontés régulièrement à cet état d'être différent. Raymond Babbitt est le personnage qui a figé dans le temps l'image de l'autiste pour le grand public. Mais oui, je sais, l'interprétation de Dustin Hoffman était tout simplement remarquable, on a tous craqué. Et on s'y est attaché sans retenue aucune.
La machine hollywoodienne, huilée de tendres moments et de répliques rigolotes a bien kidnappé le spectateur dans d'émotionnelles montagnes russes. Mais on oublie, hélas, que c'est de la fiction divertissante. De toute manière, ne me demandez jamais de compter 246 cure-dents savamment parsemés sur vos carreaux de sol en ardoise grise dernière tendance. C'est peine perdue. Je vous répliquerai tout bonnement, avec impatience, de les ramasser.
Mais voilà que l'ultime révélation arrive alors. Attachez hardiment votre tuque à pompons et tous vos bonnets de laine avec une broche bien solide : l'homme qui a inspiré le film n'était même pas autiste!
L'américain Kim Peek est né avec une anomalie cérébrale (le syndrome FG, selon les dernières conclusions) et était également porteur du syndrome du savant. Rain Man est donc, tenons-nous le pour dit, un film dédié au syndrome du savant. C'est à ce dernier phénomène que Rain Man tient principalement sa mémoire prodigieuse et ses capacités étonnantes de calcul.
On a agrafé par la suite au personnage quelques grossiers clichés autistiques fortement caricaturés tirés des connaissances embryonnaires que nous avions de l'autisme à la fin des années 80 : ne pas supporter de changement brusque à ses routines rigides et répétitives, s'exprimer avec une robotique monotonie saccadée, échapper de multiples tics nerveux, éviter les regards des autres humains et j'en passe. En vérité je vous le dis, prendre uniquement ses connaissances de l'autisme avec Rain Man est l'équivalent de s'illusionner d'apprendre le fonctionnement précis des services secrets britanniques en visionnant l'intégral du coffret du 50e anniversaire des films de James Bond. La vraie vie en est fadement bien loin.
Le syndrome du savant
Dans nos références contemporaines sur l'autisme, le britannique Daniel Tammet, est porteur du syndrome d'Asperger, mais additionné au syndrome du savant. En 2004, il a récité devant public 22 514 décimales de Pi, sans faire la moindre erreur, et ce, durant 5 heures, 9 minutes et 24 secondes. Certains savants maîtrisent également le calendrier perpétuel et sont capables de vous dire en un clignement d'yeux le jour de la semaine associé à votre date de naissance, celle de votre Chihuahua adoré ou le jour où vous avez égaré pour de bon les clefs de votre vieille Hyundai couleur rouge Rio. Un lundi ou un jeudi, rien de moins. Mais tous les porteurs du syndrome du savant ne sont pas non plus systématiquement sur le spectre autistique.
Et les vrais autistes?
Tout autant que le concept voulant qu'une majorité d'autistes soient déficients intellectuels, la légende du savant autiste à la mémoire eidétique demeure. Il est vrai que beaucoup d'autistes possèdent une mémoire précise des faits et une mémoire photographique. D'ailleurs, il est couramment admis que chez les personnes conjuguant leur vie avec le syndrome d'Asperger, le quotient intellectuel va de normal à supérieur, pour la majorité d'entre eux. La déficience intellectuelle n'est donc pas tapie dans le balluchon de tous.
Mais tous les autistes ne sont pas ou des savants ou des déficients intellectuels. La majorité d'entre eux se retrouvent entre les deux pôles, loin des images spectaculaires. Et il ne faut pas conclure dans la même foulée qu'autiste non-verbal signifie automatiquement déficience intellectuelle. Des tests graphiques, tels que les matrices de Raven, permettent à ces derniers d'obtenir des scores impressionnants, battant le plus souvent les individus typiques (non-autistes) et les aspergers.
Mais de l'autiste intermédiaire, nous n'entendons que très peu parler concrètement. Il faut donc se rendre à un triste constat : l'autiste ordinaire n'est pas vendeur. C'est pourtant lui qui compose la majorité du groupe touché par l'autisme. Alors dans l'ignorance, on s'en tient presque à une image unique, frappante, mais inadéquate. En dissociant Rain Man de l'autisme, nous arriverons peut-être un peu plus à remettre pendules, montres de poche et fours à micro-ondes à l'heure juste. Espérons-le.
Découvrez d'autres textes de Marie Josée Cordeau sur son blogue 52 semaines avec une autiste asperger
Quelques jours après le drame d'Isneauville, un grand professeur, spécialiste de l'épilepsie à Bois-Guillaume
Vous travaillez depuis longtemps sur ce sujet, avez-vous déjà été confronté à des parents qui deviennent maltraitants par épuisement?
« Depuis 1975. Ma façon de voir les choses a beaucoup évolué, pour de multiples raisons, y compris l’expérience personnelle. C’est parti d’une situation où l’on disait aux parents : « Mettez-les dans une institution et faites-en un autre». Et puis petit à petit, on découvre que ces êtres humains sont bel et bien humains, ils ont toutes les richesses que l’on peut découvrir, pour peu que l’on sache écouter, regarder, et accepter qu’ils soient différents. Mais pour les personnes qui les accompagnent c’est extrêmement difficile, même physiquement. Les crises viennent à n’importe quel moment, elles sont extrêmement délétères. Que certaines personnes perdent totalement le courage c’est tout à fait possible, mais c’est quand même exceptionnel. Ce qui serait intéressant c’est d’entendre cette mère, comment elle vit les choses maintenant, après l’événement ? Ce doit être très difficile parce qu’il y a tous les jugements de la société. Il y a probablement à la fois la culpabilité, je ne sais pas s’il y a un soulagement, la tristesse de l’avoir perdu aussi, ça doit être un micmac absolument épouvantable. »
La relation à la famille, à sa souffrance, est-ce que ça fait partie du travail du médecin?
« Notre rôle en tant que médecin est évidemment de faire un diagnostic, évidemment de savoir si on peut améliorer la situation et de tout mettre en œuvre pour y arriver, mais dans beaucoup de cas, on ne peut pas faire grand-chose. On peut soulager la douleur, réduire les contractures, améliorer la mobilité, l’autonomie, et ça, c’est sûr, c’est notre premier rôle. Mais rien que d’expliquer à la famille ce qui se passe, d’expliquer pourquoi on en arrive là, quelles sont les parties du cerveau qui sont concernées, comment elles le sont, etc. Je crois que cela lève un voile, ça enlève tout ce qui peut apparaître comme surnaturel et ça rend les choses plus concrètes, plus faciles à vivre au jour le jour. Je crois que le jour où les parents comprennent, une étape est franchie. Ce n’est pas tout, loin de là, mais cette partie-là est importante. »
Cela doit prendre du temps, est-ce que les médecins l’ont toujours?
« Si on n’est pas capable de consacrer du temps à ça, je ne sais pas ce qu’on a à faire avec ces personnes. C’est une priorité, c’est aussi important que de faire un diagnostic et proposer un traitement approprié, donc là il n’est pas question de temps. Ce qu’il y a, c’est la difficulté pour trouver les mots, la difficulté pour le faire d’une manière qui ne soit pas trop émotive tout en étant dans la compassion. »
Propos recueillis par Edouard Ropiquet
Avant l’intervention d’Olivier Dulac, projection du documentaire deNielsTavernier «Destins de famille, face à la maladie d’un enfant», 52minutes.
Ce jeudi soir, à l’invitation de l’association «Voir notre ville autrement», à 20h, espace Guillaume-le-Conquérant, 1510, rue de la Haie, Bois-Guillaume. Entrée libre.
Louis à l'école
Louis à l'école de Sophie Robert Il y a 1 an
Cet extrait (en cours de montage) du film "Autisme et ABA : quelque chose en plus" montre l'inclusion scolaire du petit Louis. Parce que la vraie vie ne se passe pas entre quatre murs d'un IME, à l'écart du monde, mais au contraire à l'extérieur et en société, cette séquence montre l'aboutissement d'une prise en charge éducative, comportementale et développementale - l'ABA : permettre à un petit garçon autiste sévère d'être inclus à l'école ordinaire, au contact des enfants ordinaires, auprès desquels il apprend à lire et à écrire bien sur, mais surtout, ce qui est encore plus fondamental pour lui : la socialisation. Louis est le fils de Gaele Regnault (Learn Enjoy) membre de l'association Agir et Vivre l'Autisme, et co-fondatrice de l'IME de Chambourcy où il est accueilli à mi temps. Louis est accompagné en classe par son éducatrice, Cécile Frichement, et il est accueilli par sa maîtresse, Anne Missoffe - ce sont deux personnes exceptionnelles. Un immense merci à l'école Notre Dame de Versailles pour son accueil et son implication, ainsi bien sur qu'à tous les enfants et tous les parents de la classe de Louis.
Louis à l'école from Sophie Robert on Vimeo.
Des parents d'enfants autistes dénoncent les conséquences de la 6ème réforme de l'Etat
article publié sans Sud info.be
Belga
Des parents actifs dans dix ASBL et groupements de faits consacrés aux enfants autistes ont été reçus mardi par le cabinet du Premier ministre, annoncent mercredi ces associations dans un communiqué commun.
BELGA/AFP
La rencontre visait à dénoncer les conséquences de la 6e réforme de l’Etat: alors que les services destinés aux personnes autistes ont été transférés aux entités fédérées, ces dernières sont «actuellement ’incompétentes’ car elles ont besoin de temps pour intégrer et aménager ces transferts», écrivent les parents.
«En conséquence: pas de politiques nouvelles avant fin 2017, voire fin de la législature. Le temps des parents n’est pas celui du politique. Nous seront confrontés à une nouvelle génération d’enfants sacrifiés», regrettent-ils.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, 45.000 familles sont touchées par l’autisme. Mais, alors que la prévalence de cette maladie augmente, les services offerts à ceux qui en souffrent «devraient être multipliés par 10 car les listes d’attente sont effrayantes», considèrent les différentes associations, dont Inforautisme, Pour un Plan Autisme en Belgique et le GAMP (Groupe d’action qui dénonce le manque de places pour personnes handicapées de grande dépendance).
«Pourquoi un footballeur à la carrière prometteuse quitte-t-il son pays de cocagne pour éduquer sa fille au Canada?», demandent celles-ci en référence à l’ex-joueur du Standard Laurent Ciman. «La réalité, non reconnue par le politique et les administrations, est que très peu de personnes autistes ont la chance de bénéficier de services adaptés et satisfaisants, et que la plupart des familles sont abandonnées à leur triste sort.»
Les parents d’enfants autistes réclament dès lors du gouvernement fédéral un véritable «Plan Autisme», national et transversal.
Dossier sur l'Epilepsie réalisé par l'INSERM ... on sait que l'epilepsie est très souvent associé à l'autisme
Dossier publié sur le site de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
Epilepsie
Dossier réalisé en collaboration avec Patrick Chauvel, unité Inserm 1106 "Institut de neurosciences des systèmes" - Octobre 2012.
L’épilepsie est connue depuis l’Antiquité où elle est décrite dans des textes indiens, grecs et romains. Bien que le terme au singulier reste d’usage courant, il serait plus exact de parler d’épilepsies au pluriel, ou de syndrome épileptique, car le trouble a des causes, des mécanismes et des manifestations divers.
L’épilepsie, une maladie multiforme
On appelle aujourd’hui épilepsie la récurrence spontanée de crises épileptiques qui résultent d’une décharge anormale et simultanée de milliers de neurones. Elle se propage dans le cerveau et produit des symptômes caractéristiques et variables selon l’origine cérébrale et la propagation.
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Que se passe-t-il au niveau des neurones ? Les diverses manifestations de la crise épileptique ont pour origine commune un fonctionnement anormal de certains neurones : ceux-ci sont hyperexcitables et synchronisent anormalement leur activité, ce qui provoque une décharge électrique excessive dans les réseaux neuronaux connectés. |
Des symptômes très variables selon la localisation
L’origine de la crise épileptique se situe dans la majorité des cas dans le cortex cérébral. Les décharges peuvent variablement activer les systèmes neuronaux de la motricité, des organisations cognitives, des émotions, des systèmes végétatifs, et même des comportements. La diversité des aires cérébrales concernées explique la grande variété des symptômes.
- Une décharge prenant naissance au niveau du cortex moteur dans la représentation de la main se traduira par un raidissement ou des secousses rythmiques du pouce et des doigts et se propagera vers la racine du bras. Il pourra envahir une moitié du corps, voire les deux côtés selon les circonstances. Mais si la décharge démarre dans la représentation sensitive de la main, le sujet ressentira des sensations anormales dans les doigts (fourmillements, picotements), qui pourront de même s’étendre.
- Une décharge dans le cortex auditif ou visuel produira des hallucinations ou illusions auditives ou visuelles, dans le cortex olfactif ou gustatif des hallucinations olfactives ou gustatives (mauvaise odeur ou mauvais goût).
- Lorsqu’elle démarre dans des régions corticales dites "associatives" (qui traitent des informations à un niveau plus complexe), la crise peut engendrer des manifestations plus élaborées comme des sensations de lévitation, des hallucinations de musiques ou de scènes visuelles. ; Dans les régions d’un degré hiérarchique encore supérieur, des hallucinations de mémoire (déjà vu, déjà vécu, réminiscences de souvenirs) ou des productions de langage anormales (jargon) peuvent être produites.
- Les crises du lobe frontal (vaste région du cortex où s’organisent les comportements moteurs, en interaction avec les émotions) peuvent entraîner des gesticulations anormales, répétitives, prenant parfois l’aspect de comportements de fuite et de frayeur.
Lorsque les crises se produisent dans les régions associatives ou envahissent très rapidement de larges territoires, elles entrainent une perte de conscience.
Enfin, lorsque la région en cause est sensorielle, certaines crises peuvent être déclenchées par des stimuli précis, comme des feux clignotants, un écran d’ordinateur qui scintille, des bruits soudains…
Des crises, partielles ou généralisées
L’épilepsie n’est pas une maladie en tant que telle mais le symptôme de nombreuses pathologies du cerveau, et du cortex cérébral en particulier. Il existe des crises dites "partielles" ou "focales", qui sont la conséquence d’une lésion cérébrale, et des crises "généralisées", non lésionnelles, qui impliquent des mécanismes plus largement distribués dans le cerveau, notamment d’origine génétique.
Les lésions en cause dans les crises partielles peuvent être de nature très différente : tumeur cérébrale (gliome), lésion secondaire à une privation d’oxygène, lésion post-hémorragique, post-infectieuse (encéphalite, abcès), post-traumatique, ou consécutive à des anomalies du développement du cortex, à des processus immunologiques, etc… Certaines de ces "lésions" ne sont que l’expression locale d’une anomalie génétique.
Les crises généralisées
Une crise dite "généralisée" ou "Grand Mal" est caractérisée par des manifestations cliniques et électriques bilatérales et symétriques. Cette crise motrice, qui est la plus impressionnante, implique l’ensemble de la musculature squelettique et comporte une perte de conscience et des manifestations végétatives. Une autre forme de crise "généralisée" est "l’absence", encore appelée "Petit Mal". Ces crises se manifestent par une brusque rupture de la conscience qui apparaît comme un arrêt de toute activité pendant quelques secondes. Certains types d’absence sont accompagnés de "myoclonies", des secousses musculaires des racines des membres et de l’axe du corps qui peuvent entrainer une chute. Certaines crises généralisées sont en fait secondaires à la propagation dans le reste du cerveau de crises partielles : ce sont des crises "secondairement généralisées".
Une maladie fréquente, survenant précocement
L’incidence de l’épilepsie se situe autour de 50 cas pour 100 000 habitants dans les pays développés (OMS, Duncan et al 2006), ce chiffre étant plus élevé chez les enfants et les personnes âgées. Dans les pays moins développés, elle peut dépasser les 100 pour 100 000 en raison du manque d’hygiène, des risques plus importants d’infections à effet secondaire neurologique et des systèmes de soin défaillants. En France, 0,6 à 0,7 % de la population est concernée et dans 75 % des cas, la maladie s’est installée avant 18 ans.
L’évolution la plus redoutée est l’état de mal épileptique qui se manifeste par des crises très longues (plus d’une demi-heure) ou très rapprochées (sans reprise de conscience) pouvant aboutir à des lésions neurologiques et mettant en jeu le pronostic vital.
La durée de vie moyenne d’un patient épileptique est légèrement inférieure à celle de la population générale. Une mortalité accidentelle peut être associée à une crise (noyade, chute, accident) et l’épilepsie peut conduire au décès soudain chez les patients souffrant de crises chroniques non contrôlées. La lésion cérébrale primaire peut aussi être à l’origine d’une évolution fatale (en cas de tumeur cérébrale par exemple).
L’épilepsie présente d’autres comorbidités comme une association plus fréquente que la moyenne avec des dépressions. Du fait des déficits cognitifs qu’elle peut induire (troubles de la mémoire dans les épilepsies temporales et frontales), elle peut avoir des conséquences négatives importantes sur le bien-être, l’insertion socioprofessionnelle et la qualité de vie. Ainsi, la prise en charge des patients épileptiques représente un enjeu de santé publique important.
Des formes rares et précoces d’épilepsie
Il existe de nombreuses pathologies se traduisant par des symptômes épileptiques et se manifestant très tôt. Ainsi, le syndrome de West touche le nourrisson avant un an. Il associe des spasmes à divers troubles du développement psychomoteur. Le syndrome de Lennox-Gastaut se déclare un peu plus tard, entre 2 et 6 ans, avec des absences et des crises toniques (avec raidissement soudain et contraction des muscles). Le syndrome de Dravet (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson) apparaît dans les premiers mois de l’existence. Dans certains cas, les convulsions fébriles du bébé sans cause connue (comme une méningite ou d’autres infections) peuvent annoncer la survenue plus tardive d’une épilepsie du lobe temporal.
Plusieurs gènes impliqués dans des formes rares de syndromes épileptiques débutant dans l’enfance ont été identifiés. Mais dans la plupart des cas l’origine et le mécanisme exact des troubles restent inconnus.
Causes et facteurs de risque à l’étude
L’épilepsie est une maladie complexe et multifactorielle : elle associe des terrains génétiques et des facteurs environnementaux. On parle d’épilepsies symptomatiques lorsque les crises sont la conséquence d’une lésion identifiable, comme une tumeur ou un accident vasculaire cérébral, et d’épilepsies idiopathiques lorsqu’aucune cause n’est mise en évidence.
Des études génétiques et épigénétiques conduites sur des populations de malades comparées à des populations indemnes d’épilepsie sont en cours : elles devraient permettre à terme d’identifier et de classifier les origines moléculaires des différentes formes d’épilepsie, ainsi que leur évolution lors du développement et du vieillissement du patient. On sait déjà qu’il n’existe pas "un" gène de l’épilepsie mais de nombreuses variations génétiques et épigénétiques formant un terrain de susceptibilité.
On sait aussi que les facteurs de risque varient selon les âges et les sociétés. Les traumatismes crâniens, les infections du système nerveux central et les tumeurs peuvent surgir à tous les âges de la vie. Les troubles cardiovasculaires sont plus fréquents avec l’âge et constituent le facteur de risque le plus courant chez les personnes de plus de 60 ans. Dans les pays en développement, des maladies très répandues comme le paludisme produisent un terrain favorable à l’épilepsie. Le mode de vie a aussi son influence sur la survenue des crises chez les patients prédisposés : le faible taux de calcium et de glucose sanguin, le manque de sommeil, la consommation excessive d’alcool, le stress et les émotions violentes ont pu être statistiquement corrélés à des crises plus fréquentes.
Les progrès dans la classification des maladies neurologiques et psychiatriques permettent aujourd’hui de réaliser que les crises d’épilepsie sont fréquentes chez les autistes et les patients atteints de maladie d’Alzheimer, alors que ce fait était totalement ignoré il y a quelques années.
Les mécanismes neurobiologiques de la crise
Les mécanismes neurobiologiques pouvant conduire à une crise sont nombreux et distincts. Beaucoup d’entre eux sont encore mal compris mais leur action finale commune est l’hyperexcitabilité et l’hypersynchronie d’une population de neurones.
Cette excitation simultanée résulte d’une amplification de la transmission neuronale liée à l’action des acides aminés excitateurs comme l’acide glutamique, ainsi qu’à une altération de la transmission inhibitrice liée à un acide aminé inhibiteur : l’acide gamma-amino-butyrique ou GABA).
Certaines épilepsies sont liées à des mutations génétiques altérant des protéines présentes à la surface des neurones et impliquées dans ces transmissions. Par ailleurs, la répétition des décharges successives lors des crises (embrasement ou "kindling") favorise la pérennisation de l’épilepsie. Le cerveau garde la mémoire des crises par l’activation de certains récepteurs à l’acide glutamique (récepteurs NMDA) propres à activer des signaux qui facilitent les réponses ultérieures.
Le diagnostic
Le diagnostic de l’épilepsie est parfois difficile. Certaines crises rassemblent les symptômes les plus classiques de la maladie. D’autres sont plus difficiles à interpréter et peuvent résulter de troubles divers.
Le diagnostic repose sur un interrogatoire et un examen clinique, associés à l’électro-encéphalographie (EEG) et à l’imagerie cérébrale (IRM). L’interrogatoire et l’examen ont pour objectif de situer avec le plus de précision possible le début, la fréquence, le ressenti et les circonstances des crises. L’EEG permet de détecter des anomalies de grande amplitude qui sont les traces d’une activité neuronale anormale. Certaines mises en condition ayant pour effet de rendre les neurones plus excitables (lumière stroboscopique, privation de sommeil) peuvent faciliter l’émergence de ces anomalies.
La démarche diagnostique a deux objectifs principaux : (i) localiser la région épileptogène par l’EEG et les méthodes dérivées, (ii) rechercher et localiser une lésion responsable de l’épilepsie.
L’électroencéphalogramme, utile au diagnostic
L’électroencéphalographie consiste à enregistrer l’activité électrique cérébrale à la surface du cerveau, grâce à des électrodes. Cette technique permet de reconnaître des anomalies appelées « pointes » ou « pointe-ondes » (selon leur forme sur l’électroencéphalogramme), correspondant à la somme des potentiels excitateurs et inhibiteurs de milliers de neurones. Leur aspect, leur fréquence et leur topographie permettent parfois de caractériser leur signification pathologique et, souvent, leur localisation cérébrale. La vidéo-EEG, alliant l’enregistrement vidéo à l’EEG, met en relation la topographie de la décharge avec les symptômes des crises, donnant accès à l’origine anatomique des crises.
Des traitements essentiellement médicamenteux
Les traitements des épilepsies sont dans la grande majorité des cas, médicamenteux
Leur but est de bloquer les altérations de la transmission synaptique excitatrice ou inhibitrice et de limiter la propagation des crises. Ils agissent à différents niveaux : blocage des canaux synaptiques sodium, potassium ou calcium, inhibition de certains acides aminés excitateurs, stimulation d’autres molécules ayant un effet inhibiteur comme l’acide gamma-aminobutyrique (GABA).
Aujourd’hui, 60 à 70 % des patients répondent favorablement aux médicaments. La recherche travaille à la conception de nouvelles molécules plus efficaces ou présentant moins d’effets secondaires (fatigabilité, somnolence, tremblement, troubles psychomoteurs légers, etc.).
Alternatives aux médicaments et pistes pour demain
Dans 30 % des cas, les malades ne répondent pas de manière totale ou satisfaisante au traitement médicamenteux. Un traitement chirurgical peut alors être proposé si la région épileptogène est localisée dans une partie du cerveau qui peut être enlevée sans séquelle neurologique majeure. Seuls des examens approfondis permettent d’évaluer le rapport bénéfice/risque de cette opération aboutissant à l’ablation de la "zone épileptogène".
D’autres techniques chirurgicales palliatives, fondées sur la stimulation électrique cérébrale ou périphérique, peuvent apporter une amélioration s’il y a contrindication chirurgicale. De nouvelles méthodes radiochirurgicales sont en cours de développement.
Des travaux de recherche sont menés dans trois directions : prévoir la survenue des crises épileptiques afin d’adapter le traitement préventif ; développer une compréhension pharmacogénétique précise de la réponse et de la résistance aux traitements ; mettre au point des traitements locaux par application focale de médicaments ou de stimulations cérébrales dans la zone épileptogène.
Pour aller plus loin
Communiqués de presse
- La crise d’épilepsie : une activité primitive du cerveau dont les mécanismes sont conservés à travers les espèces (11 juin 2014)
- Les épilepsies infantiles mieux comprises (3 février 2014)
- Prévenir le risque de morts soudaines dans l’épilepsie (9 septembre 2013)
- Identification d’un gène impliqué dans plusieurs formes d’épilepsies avec troubles du langage (12 août 2013)
- Epilepsie et troubles cognitifs : une cause commune (24 août 2011)
- Identification d’un "interrupteur" responsable de la transformation d’un cerveau sain en cerveau épileptique (27 juin 2011)
- Un diurétique pour mieux soigner les épilepsies infantiles (24 Mars 2011)
- Troubles du langage : un réseau de protéines en cause (4 novembre 2010)
- Rôle primordial des neurones libérant du GABA dans le développement du cerveau (4 décembre 2009)
- L’activité neuronale dépend de la dynamique des récepteurs présents au niveau de la synapse (11 juin 2009)
- Des signes prédictifs de l'épilepsie, avant les crises ? (27 avril 2009)
- La taurine : clé de la toxicité visuelle d'un anti-épileptique de l'enfant ? (16 février 2009)
Associations de malades (liste non exhaustive)
- Inserm-Associations - la base Inserm Associations
- Epilepsie-France
- Fondation française pour la Recherche sur l'épilepsie
Sites de référence
- Haute autorité de santé : La prise en charge de votre épilepsie, vivre avec une épilepsie sévère, 2007
- OMS. Epilepsie : aide-mémoire (janvier 2009)
Multimédias
Les épilepsies - Émission la Tête au carré (France Inter) du 5 février 2014, avec Patrick Chauvel et Marie-Christine Picot
L'histoire incroyable d'un maman qui raconte : Je sais ce qui cause l'autisme
"La semaine dernière, je surfais sur Internet et je suis tombée sur un titre d'article qui proclamait que l'autisme et la circoncision étaient liés. Je n'ai pas pu m'empêcher. J'ai éclaté de rire."
J'ai déjà tout lu sur les causes de l'autisme, comme par exemple (dans le désordre) :
L'autisme est causé par le mercure.
L'autisme est causé par le plomb.
L'autisme commence à cause de faibles liens maternels.
Certains pesticides peuvent déclencher l'autisme.
Le plastique.
Le gluten aggrave le trouble du spectre de l'autisme.
Les personnes autistes devraient manger plus de fraises.
Inhaler trop de gaz de pots d'échappement peut conduire à l'autisme.
Les produits chimiques présents sur les objets avec antiadhésifs peuvent provoquer l'autisme.
La référence sur le lien entre la mère et son enfant est douloureuse pour moi. C'est la vérité dans mon cas, j'ai eu du mal à me connecter avec mon fils Jack. Le petit père a hurlé, crié non stop pendant près d'une année. Il a commencé à faire ses nuits au bout de six semaines, mais a arrêté au bout de trois mois.

J'étais épuisée, et Joe (mon mari) et moi nous engueulions sans arrêt. On se querellait à longueur de temps. Pour la première fois, je sentais mon mariage disparaitre comme du sable qui nous glisse entre les doigts.
Mon fils Joey - facile, doux, gentil - avait à peu près un an à ce moment là. Sa bonne nature soulignait le côté tapageur de son petit frère. Mais je suis certaine maintenant qu'il n'y a aucune mère sur cette Terre plus liée à son fils que moi à Jack et deveniez quoi pourtant ? Il est toujours autiste.
Je suis fière de vous annoncer que je sais pourquoi Jack est autiste et sans faire de longs discours, j'aimerais partager cette connaissance avec vous. C'est une grande nouvelle. Roulements de tambour, s'il-vous-plait...
Jack est autiste car comme le dit son grand frère Henry qui vient d'avoir 5 ans, il est né comme ça !
Oui, je crois que l'autisme est une maladie génétique. Je crois que l'ADN de Joe et mon ADN se sont mélangés et par hasard, ils ont créé un enfant qui croit que le mercredi est orange. Peut-être que son code génétique unique le rend plus sensible à certaines choses dans notre environnement, comme le plomb, le mercure ou le plastique. Je n'ai pas vérifié pour les fraises, en revanche.

J'étais dans un café la semaine dernière et une femme est venue me parler. Elle s'est présentée, elle m'a dit que sa fille Lily était dans la même classe que Jack. J'ai acquiescé, j'ai souri, j'ai pris mon café et mon cookie et j'ai voulu partir.
- "Attendez !" Elle a agrippé mon bras. "Je voulais vous dire quelque chose. Lily m'a dit qu'un garçon avait traité Jack de bizarre la dernière fois en classe."
- J'ai grincé des dents. "Oui que voulez vous. Le genre de chose qui arrive."
- "Lily a dit au petit garçon que Jack n'était pas bizarre. Elle lui a dit qu'il était exactement comme il était supposé être.
Vous imaginez le dilemme dans lequel j'étais. Si je commençais à lui expliquer que l'autisme était une maladie génétique, et que l'on recherchait d'où cela venait, et comment la soigner, j'aurais contredit ce beau message d'acceptation, de tolérance et d'ouverture d'esprit. La fragile maison de verre que nous avions mis des années à constuire, je l'aurais fait voler en éclat.

D'un autre côté, c'est vrai que c'est une sorte d'épidémie. D'autres familles vont avoir envie d'avoir des enfants, et elles vont peut-être vouloir savoir comment empêcher ce trouble du spectre d'apparaitre dans leurs vies. Mes propres enfants vont avoir des enfants, et si l'autisme est vraiment provoqué par le gaz des pots d'échappement, ce serait bien de le savoir, qu'on achète tous des voitures électriques.
Au final, je ne veux pas me focaliser sur le quoi, et quand, et où et comment. Je ne veux pas oublier le qui...
Je me fiche de savoir d'où la maladie vient. Mais je suis un peu curieuse.
Je me fiche de savoir pourquoi Jack est autiste. Mais cela pourrait être une information importante.
Il n'y a rien d'anormal chez lui. Peut-être qu'il n'est pas tout à fait dans la norme, car il vient de passer 45 minutes à parler des différents types de chewing-gum.
Même si je le pouvais, je ne changerais rien chez lui. Je changerai peut-être quelques détails.
Je célèbre l'autisme et tous ses questionnements spectaculaires. Je hais l'autisme car il fait que mon fils parle de chewing-gum à longueur de temps.
Il est malade. Il est en pleine forme.
L'autisme n'est la faute de personne.
Peut-être que je devrais arrêter de lui faire des Tupperware et le forcer à manger des fraises même s'il n'aime pas ça, et repeindre la maison pour être sûr qu'il n'y a pas de plomb sur les murs.
Peut-être que je devrais jeter notre grille-pain et notre voiture.
Peut-être que j'aurais du l'aimer plus fort, plus profondément, plus totalement quand il n'était encore qu'un minuscule bébé qui pleurait dans mes bras.
Peut-être que c'est de ma faute.
Comme vous le voyez, mes sentiments pour l'autisme de Jack sont compliqués comme un prisme avec des milliers de couleurs et de lumières. Certains jours, mes doutes sont de doux chuchotements à l'intérieur de mon coeur. D'autres jours, ce sont des cris affreux dans mon oreille.
Je ne suis pas scientifique. Je ne suis pas assez intelligente pour cela. Mais je suis une mère. Et même si je ne suis pas vraiment assez intelligente pour ça non plus, je connais l'autisme bien de ce point de vue là. Je connais la rigidité, l'obsession, la rage d'avoir quelqu'un pour l'aider à l'école. Je connais la déception, la tritesse. Je connais l'impression d'être différent ou bizarre, car je la vois tous les jours. Quand on vit avec quelqu'un qui est atteint d'autisme, on dit "pour le moment" très régulièrement.
Pour le moment, la radio est sur la bonne station.
Pour le moment, il ne crie pas.
Il dort... pour le moment.
Il est en sécurité... pour le moment.

Donc, pour le moment, je vais continuer à croire que l'autisme de Jack est simplement du à nos ADN.
Pour le moment, je vais essayer d'ajouter à l'aide du pinceau de la science de larges taches vertes, oranges, rouges et noires sur la toile de l'autisme, jusqu'à ce qu'une image plus claire se dessine. C'est impossible de savoir à quoi va ressembler cette image, mais j'aime l'imaginer comme l'intersection parfaite entre la science et les gens. Il y a des fraises, des petits chiens et aussi du chewing-gum à la menthe. Il y a de grandes et belles jeunes filles blondes qui s'appellent Lily et des garçons à lunettes nommés Jack.
Et si vous regardez avec attention, vous distinguerez au fond une jolie maison de verre, presque à l'horizon. Elle scintille dans la lumière du soleil, c'est à couper le souffle. Et si vous regardez de plus près, vous verrez 9 mots gravés sur la porte d'entrée. Ces mots sont un million d'étoiles qui brillent dans la nuit sombre.
Ils sont la paix et le pardon, la puissance et la fierté. Ils sont l'absolution éternelle. La première fois que je les ai entendus, j'étais dans un café en train d'acheter un cookie.
"Il est exactement comme il était supposé être".
L'association L'étoile d'Asperger présentée par Elisabeth
Etre parent est déjà en soi un sacré défi mais lorsque votre enfant est « différent » cela peut vite se transformer en cauchemar. Surtout si la différence n’est pas physique mais uniquement palpable au quotidien. Sans retard intellectuel mais avec des signes d’angoisses, d’hypersensibilité sensorielle, une difficulté à interpréter les codes sociaux ou tout simplement les signes de langage non verbaux, la présence de dyspraxie…les gestes ordinaires sont tout simplement compliqués. Les premiers signes révélés, vient alors le long parcours du diagnostique qui ne peut se faire, pour notre région, qu’auprès du Centre de Ressources Autisme qui se situe à Montpellier. Inutile d’expliquer que ce parcours s’apparente plus à un parcours du combattant pour tous parents. Elisabeth et Benoit ont vécu ce parcours et en ont surmonté toutes les embûches. De cette expérience est née l’envie d’aider les autres familles rencontrant les mêmes soucis. Depuis Juin 2013, date de création de l’association L’étoile d’Asperger, 25 familles les ont rejoint. L’association considère qu’il y aurait environ 300 familles concernées dans la région. Cette association a donc pour but d’aider, d’accompagner, de dialoguer avec les familles mais aussi d’informer et de former. Ses parents valeureux ne manquent pas d’énergie et d’idée pour que les choses bougent enfin autour de l’autisme.
Des cafés Asperger et des sorties familles, sont mis en place un mois sur deux pour permettre la rencontre entre les familles.
Elisabeth, infirmière de métier, diplômée de l’université de médecine de Montpellier sur un DU (diplôme universitaire) créé et coordonné par le CRA de Montpellier avec le Pr. Baghdadli , forme à son tour les professionnels, ce qu’elle fait gratuitement une fois par mois.
A force de courage les choses avancent, ainsi, grâce au travail de l’alliance des « 4 A », alliance qui regroupe les principales associations françaises qui travaillent pour la cause du Syndrome d’Asperger, une journée nationale du Syndrome d’Asperger a été instituée, le 18 février.
L’association réussit à faire parler d’elle, les gens commencent à connaître le syndrome d’Asperger, des projets aboutissent.
En partenariat avec la Police de Perpignan une carte Asperger a été créée. Le principe est simple, la carte doit être portée sur soi (idéalement autour du cou sous les vêtements). En cas d’interpellation, de crise, de contrôle d’identité, le porteur la présente à l’agent de police. Y sont inscrits : l’identité de la personne, la personne à prévenir si besoin, la notion d’Autisme Asperger (bien spécifiée en tant que trouble neurologique) sans déficience intellectuelle et les particularités propres au porteur. Cette carte sera délivrée à la demande et pourra se développer au niveau nationale.
Un service en ligne « pharmacien à votre écoute » ou encore une permanence téléphonique de 18 h à 20 h ont également été mis en place.
L’association poursuit ses activités et continue à soutenir les familles et adultes Asperger. Or, il reste encore beaucoup de choses à faire. Comme sensibiliser au sein des écoles, afin que tous les porteurs du syndrome puissent être scolarisés en toute quiétude. Sensibiliser au niveau de Pôle Emploi, afin que les adultes Asperger puissent accéder à un emploi. Aussi l’association a besoin de soutien, d’adhérents, de donations…Avis à tous…
Pour la journée Nationale du syndrome d’Asperger, qui aura lieu mercredi 18 février, l’association vous donne rendez-vous à 19 h 00, à Peyrestortes, Les 2 Vallées, Place de l’Europe, pour un café concert Asperger avec Lulu Pelipeli, un artiste local.
Pour plus d’informations :
Association L’Etoile d’Asperger
Tel : 06.79.65.24.09
Email : letoiledasperger@hotmail.fr
Autisme : les gènes ne font pas tout
Au départ, on allait voir ce qu'on allait voir. Le développement des techniques génétiques allait nous permettre de comprendre voire de traiter l'ensemble des troubles du spectre autistique ! Les premières mutations identifiées chez des enfants autistes ont semblé tenir cette promesse. Mais la situation s'est compliquée à mesure qu'on en a découvert de plus en plus - on en est déjà à plus de 100 mutations différentes et le comptage n'est pas fini, on s'attend à en trouver un bon millier. Un des arguments majeurs pour suggérer une contribution importante de la génétique à l'autisme est tiré des études épidémiologiques montrant une plus grande récurrence de l'autisme dans les familles et chez des jumeaux. Un article paru en octobre dernier dans la revue « Nature Medicine » et portant sur l'étude d'une cohorte de jumeaux a cependant fortement restreint la portée de cet argument, en mettant en évidence le fait que la variabilité des syndromes cliniques n'était que très faiblement corrélée avec les mutations génétiques observées. La valeur prédictive des études génétiques est donc clairement limitée ; en aucun cas ces études ne permettent de prédire le type de syndrome qui va s'exprimer, son degré de sévérité et son expression clinique ! Il nous faut accepter le fait que les gènes n'expliquent pas tout et tenir compte de nombreux autres facteurs qui exercent un rôle majeur sur le développement de la maladie. Par exemple, comme nous l'avons déjà souligné dans une précédente chronique, l'exposition à certains polluants durant la grossesse a un impact direct sur l'incidence de l'autisme. Autre exemple : l'on a récemment découvert tout l'intérêt d'une hormone comme l'ocytocine (qui déclenche le travail et joue un rôle central dans l'empathie et les premiers contacts mère-bébé) ou de certains diurétiques sur le traitement de la maladie. Pour comprendre et traiter l'autisme, nous devons adopter une approche plus large que celle prônée par les partisans du tout génétique.
Yehezkel Ben-Ari
Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste, est directeur émérite à l'Inserm.
Autisme -> actions de la fondation Orange
La Fondation Orange apporte son soutien à 57 projets d’équipements numériques et de loisirs pour les personnes avec autisme
Les 170 dossiers déposés lors de cet appel à projet montrent tout l’intérêt des nouvelles technologies pour les personnes autistes.
Au final, le comité de sélection de la Fondation a sélectionné 57 projets pour leur qualité pédagogique, la motivation des personnes impliquées, leur pérennité et leur budget. Les projets sont répartis sur toutes les régions de France.
Soutien à l’équipement numérique
Les 44 projets d’équipement numérique sonttrès variés, et ciblent aussi bien les enfants, les adolescents et les adultes. Les projets sont axés autour de thématiques récurrentes qui illustrent bien l’usage du numérique : les outils pédagogiques et éducatifs, l’aide à la communication, au langage, aux apprentissages, aux interactions et relations sociales, l’intégration scolaire, le lien avec les fratries et la famille, l’aide à l’autonomie…
Certains établissement utiliseront les outils numériques pour des séances de Vidéo Modeling, la modélisation par la vidéo forme d’apprentissage par l’observation ; un centre de loisir tout public utilisera les tablettes pour développer les activités de rencontre entre enfants et les relations sociales dans la fratrie.
En Guyane, en plus d’être utilisées de manière classique, les tablettes seront individualisées et personnalisées avec les informations liées au vécu de la personne et au vécu de la classe. Conserver des photos et vidéos des différentes activités permettra aux enfants de partager ces moments avec son entourage.
Au total, 800 personnes bénéficieront des 500 tablettes déployées dans des établissements en France.
Le numérique au Centre de Ressources Autisme Rhône-AlpesCette année, le comité a choisi de soutenir le projet du CRA Rhône-Alpes, qui souhaite sensibiliser et former à l’utilisation des tablettes et des applications numériques. Des tablettes seront mises à disposition au CRA, pour familiariser les aidants, familles et professionnels à leur usage.
Trois activités seront proposées :
- des temps de formation ouverts aux aidants, familles et professionnels ;
- l’utilisation des tablettes, avec l’appui du documentaliste ;
- le prêt des tablettes aux familles et professionnels qui envisageraient un achat.
Il est aussi prévu un accompagnement des établissements désirant s’équiper ou en cours d’équipement. Le CRA bénéficiera également de l’aide d’Orange Solidarité avec une personne en mécénat de compétence pour accompagner le projet.
Loisirs :En matière de loisirs, le comité a favorisé les projets pérennes, offrant aux personnes avec autisme et à leur famille des temps de détente et d’enrichissement.
Ainsi, le comité soutient l’acquisition d’une yourte pour les résidents de la Maison d’Accueil Spécialisé (MAS) Vie Oxygène.
La yourte sera montée dans le jardin de la MAS et animée par des spectacles vivants ouverts à un public extérieur.
L’IME Saute-Mouton souhaite pérenniser un lieu de loisirs et de vacances adaptés, dans la région de Bordeaux. L’aide de la Fondation Orange permettra de construire un chalet accessible aux familles et fratries à proximité de très beaux sites naturels et de lieux d’activités de plein air.
La Fondation Orange renouvelle son partenariat avec la Fondation Culturespaces pour le projet « Patrimoines en familles ». Ce projet favorise la visite de familles et de fratries d’enfants au sein de 6 sites culturels : la Cité du train, les Arènes de Nîmes, la Villa Ephrussi de Rothschild, le château de Baux de Provence, le Théâtre antique d’Orange et la Cité de l’automobile.
ColloquesLa Fondation Orange continue d’apporter un soutien aux colloques annuels d’Autisme France et de Sésame Autisme.
Les 44 établissements soutenus pour l’équipement numérique :- FAM de l’Airial du Nid de l’Agasse
- FAM La Châtaigneraie
- IME La Roseraie
- APEI DE L’AUBE FAM L’ADRET
- ALEFPA – IMPRO MARIE CAZE
- Ensemble des IME de l’Association AEIM-ADAPEI 54
- IME Les Grands Bois
- IME La Fontinelle
- IME de DIEUZE
- AUTISME AVEYRON SAP
- FAM La Margotière
- IME de Lézat/Léze (09)
- IME LUCIEN DESMONTS
- IMP Espérance
- IME EXPERIMENTAL MAIA
- ADAPEI IME VAUROUZE
- APEI Centre-Manche
- IME « Le Wenheck »
- IME de FALAISE
- IME « Les Oliviers »
- Centre Arthur Lavy, IME Les Alizés
- Adapei-Aria de Vendée
- CRESDA
- SAAME Thérèse et Charles FORTIER
- Ime Le Breuil
- IME Jean-Louis BEAUDOUIN
- Association des Papillons Blancs de Dunk
- Centre Expertise Autisme Adultes
- IME SAUTE MOUTON
- Association KERVIHAN
- Pôle Enfance Apei de Lens et environs
- SESSAD les comètes UE Beuvin
- Institut Les HAUTS THEBAUDIERES
- IMP La Maison de l’Enfant
- Structure ADO SESAME AUTISME GEP
- CPPC SESAMA AUTISME
- TED et TSA vont à l’école
- Foyer de Vie « Les Rosiers »
- SPMS
- Pap. Blancs Roubaix-Tourcoing / Educatif
- IME Les Clapotis
- Ecole élémentaire Saint André Barnier
- IME Claude Monet
Autisme -> Connaissez vous AURA 77 qui intervient en Seine-et-Marne ?
Sensibiliser, coordonner, innover
Nous avons pour mission de faciliter l'accès aux soins et aux services des personnes avec autisme et troubles envahissants du développement en Seine-et-Marne. Notre volonté est de parvenir à une prise en charge globale et coordonnée de l'autisme, afin d'améliorer la situation des personnes à court, moyen et long terme.
Notre mission se décline en 3 axes majeurs qui sont la sensibilisation et la formation des professionnels de santé aux troubles envahissants du développement, dont l'autisme ; la coordination et le suivi global du parcours de soins des personnes avec autisme et TED; la mutualisation et la valorisation des savoir-faire entre partenaires.
Nos objectifs stratégiques se structurent à partir des objectifs du Plan Autisme 2008-2010 et du schéma départemental du handicap 2009-2014 de Seine-et-Marne :
- Mieux former les professionnels et les familles
- Améliorer le repérage des troubles et du diagnostic
- Diversifier l'offre de soins et de services
- Faciliter la continuité des parcours de vie
Réseau, vous avez dit réseau ?
"Les réseaux de santé ont pour objet de favoriser l'accès aux soins, la coordination, la continuité ou l'interdisciplinarité des prises en charges. Ils assurent une prise en charge adaptée aux besoins de la personne tant sur le plan de l'éducation à la santé, de la prévention, du diagnostic que des soins. Ils peuvent participer à des actions de santé publique. Ils procèdent à des actions d'évaluation afin de garantir la qualité de leurs services et prestations". Code de la Santé Publique, article L6321-1
Notre réseau de santé est financé par l'Agence Régionale de Santé d'Ile de France. 
La Honte -> Evaluation et statistiques
article publié dans Des mots grattent - Le blog d'Isabelle Resplendino
samedi 14 février 2015
Publié par Isabelle Resplendino à 23:57
L'autisme à l'école -> Arthur, un enfant presque comme les autres
article publié dans PARIS MATCH le 15 février 2015

Aucune école ne pouvait accueillir le jeune autiste jusqu’à l’ouverture de la classe soleil. En septembre 2009, il est parmi les premiers à être intégré dans la nouvelle classe maternelle de Saint-Dominique, l’un des rares établissements en France à proposer à quelques autistes une scolarité adaptée.
« Avant, Arthur était autiste. Maintenant, il est guéri ! » Flore répond à la question de M. Anglès, le chef d’établissement, qui demande aux élèves s’ils ont compris pourquoi des journalistes sont aujourd’hui en classe avec eux. Le garçon se tient au milieu de ses camarades de CE2, une classe ordinaire composée d’élèves ordinaires. A 8 ans et demi, son visage est lumineux et son regard bleu transperce ceux à qui il s’adresse. Arthur s’exprime parfaitement. Il a un bon 14 de moyenne. Il joue au foot à la récréation et va dormir de temps en temps chez ses copains, comme n’importe quel enfant de son âge. Pourtant, à 2 ans, Arthur a été diagnostiqué autiste sévère. Incapable de verbaliser, emprisonné à l’intérieur de lui-même, il se débattait violemment à chaque frustration, se tapait la tête contre les murs, mordait au sang. Aujourd’hui, les tests qu’il effectue régulièrement ne détectent plus aucun symptôme de son handicap. Une pathologie liée à des anomalies du développement du système nerveux central qui ne se guérit pas. Un miracle ? Non ! Arthur doit son salut à une expérience inédite en France jusqu’en 2009. Cette année-là, à Neuilly-sur-Seine, l’école privée Saint-Dominique, établissement catholique d’enseignement en contrat avec l’Etat, ouvre en maternelle une classe d’inclusion spécialisée pour les enfants autistes : la « classe Soleil ». Six ans plus tard, celle-ci perdure. Ses résultats probants ont fait d’elle l’un des modèles sur lesquels s’appuient les unités d’enseignement (UE) dédiées à l’autisme. Ces UE se mettent en place dans le public. Il y en aura bientôt une trentaine en France.
Le jour de notre venue, ils sont cinq écoliers dans la classe Soleil, quatre garçons et une fille assis à une table autour de Dominique Bravais, l’institutrice. C’est l’heure du goûter. Dominique leur demande ce qu’ils souhaitent manger. Chacun leur tour, ils attrapent leur classeur où des images sont « scratchées » par thème. Une page pour les couleurs, une pour les formes, une autre pour les objets, une autre encore pour les actions… Puis ils collent méthodiquement les dessins sur une bande Velcro pour former une phrase. Par exemple : « je veux » le « gros » « gâteau » au « chocolat ». Seule la petite fille arrive à formuler à haute voix, les autres balbutient encore ; mais tous parviennent à transmettre leur désir. Ils s’expriment à travers un langage, le PECS (Picture Exchange Communication System). Une victoire émouvante pour ces enfants qui souffrent de ne pas pouvoir communiquer. « Plutôt que de pleurer ou de s’énerver, on leur montre qu’ils peuvent demander », explique Dominique. Aux côtés de chaque enfant, se tient un adulte, auxiliaire de vie scolaire ou stagiaire, qui lui est attaché. Tout au long de la journée, tous les temps sont utilisés à un apprentissage. « La classe fonctionne le plus possible comme une classe banale. Mais nous devons veiller à ce que ces élèves entrent en relation avec le monde qui les entoure. »
Quand Arthur est arrivé dans la classe Soleil, à 3 ans, il ne parlait pas et avait de gros problèmes de comportement. Dès la deuxième année, en moyenne section, il passait des petits moments dans une classe avec des enfants neurotypiques (« normaux »), au sein de l’école. En grande section, il est intégré dans une classe traditionnelle. « Il avait développé le langage oral, précise Dominique. Et il avait aussi le comportement d’un enfant ordinaire. » Le deuxième outil utilisé dans la classe Soleil est la mise en place de techniques issues de l’Aba (Applied Behavior Analysis), l’analyse appliquée des comportements. Les agissements des enfants sont scrutés puis analysés pour leur apporter une réponse personnalisée les conduisant à adopter la bonne attitude en société. « Le partenariat avec les parents est essentiel, précise l’institutrice. Arthur a une famille particulièrement investie qui a participé à ses progrès. » Sur leur carte de vœux de 2015, dessinée en famille et envoyée aux proches, Charlotte, la maman d’Arthur, figure en Wonder Woman. Elle veille sur ses trois hommes : Mathieu, son mari, croqué en Superman, et leurs jumeaux Arthur et Jules en superhéros. Ce tableau résume le combat que le foyer mène depuis que Charlotte, en chef d’orchestre, a pris la maladie de son fils à bras-le-corps. « Mon objectif est qu’Arthur ne soit jamais à la charge de Jules, qu’il soit le plus autonome possible », explique-t-elle.
C’est une victoire émouvante et un espoir pour ces enfants qui souffrent de ne pas pouvoir communiquerLe 4 avril 2006, cette jeune maman accouche de deux garçons. Ils ont 15 mois quand elle se rend compte qu’Arthur ne répond plus à son prénom. Il fait des colères. « C’est comme s’il avait fait un “reset” dans sa tête », raconte-t-elle. Elle croit d’abord qu’il est sourd et l’amène chez un ORL. « Impossible de faire les tests. Il se débattait. Alors, j’ai pensé à l’autisme. » Le constat tombe comme un verdict. « C’était insurmontable, avoue Charlotte. Mon fils était condamné à l’hôpital psychiatrique. » Elle recherche alors sur le Net les méthodes étrangères qui améliorent la vie des autistes. « En France, il n’y avait pas de solutions proposées. J’ai découvert le PECS et l’Aba. » Quinze jours après le diagnostic, Charlotte démissionne de son travail et décide de lutter pour conjurer le sort. Elle se forme aux deux techniques. Puis c’est au tour de Mathieu. Ils mettent immédiatement en place un dispositif pour Arthur. Deux éducatrices spécialisées Aba, Laure et Linda, viennent vingt-trois heures par semaine chez eux pour le faire travailler. Julie Tuil, orthophoniste qui a implanté le PECS en France, l’accompagne aussi. « Tout ce que Jules faisait, Arthur devrait être capable de le faire un jour », avait décrété Charlotte. Jules devient un modèle, une motivation, une stimulation, une chance supplémentaire pour son frère. « Il fallait qu’il soit costaud, assure sa mère. Quand Arthur était en pleine crise, à la ludothèque, et que je devais le maîtriser, je disais à Jules : “Il faut que tu fasses le grand. Va chercher les chaussures et les manteaux. Maman ne peut pas bouger.” »
L’autisme est une pathologie aux multiples facteurs qui reste encore mystérieuse. D’autres solutions peuvent adoucir la vie des petits patients. Une piste de recherche explique certains symptômes annexes par la présence d’une bactérie dans le corps de l’enfant. En la traitant, on peut agir sur ces maux : un nez qui coule en permanence, des oreilles qui grattent, une transpiration excessive, l’impossibilité de faire ses nuits… Charlotte prend contact avec un groupe de médecins, dirigé par le Pr Luc Montagnier, qui effectuent ce type d’essais. Ils détectent la bactérie chez le garçon et le traitent par antibiotiques, pour la première fois, en 2008. « Ses bobos ont cessé, raconte-t-elle. Ça l’a rendu plus à l’écoute, plus disponible pour le reste. » Aujourd’hui, Arthur reçoit encore ce traitement sous forme de cure de quinze jours, une fois par an. « A sa demande, précise sa mère, quand il en ressent le besoin. » Avant son entrée en maternelle, la prise en charge d’Arthur par des spécialistes, orthophonistes, psychomotriciens, auxiliaires de vie, coûtait 3 500 euros par mois. Les premiers temps, l’allocation chômage de Charlotte a payé les factures. Plus tard, pour prendre le relais, elle crée une association, Le petit roi a dit, où membres de la famille, amis, connaissances ont versé leur obole afin de lui offrir les meilleurs outils. « Sinon, je ne sais pas comment nous aurions fait avec un seul salaire », avoue la maman. En septembre 2009, Jules doit faire sa rentrée en maternelle. Charlotte tente de trouver une école publique qui accepte son frère. « Refus catégorique ! Dans le privé, on le prenait quinze minutes par jour. Nous avons eu la chance que la classe Soleil ouvre à Saint-Dominique et qu’Arthur puisse en bénéficier. » Chaque année, 150 000 euros sont nécessaires pour la faire fonctionner. Seules la contribution annuelle et la cantine sont à la charge des parents, soit à peine 10 % du budget. Le reste est financé par le mécénat. Ce projet, conçu en partenariat avec l’Education nationale et l’hôpital Robert-Debré, doit, quand c’est possible, permettre à ces enfants différents d’intégrer un cursus ordinaire. Depuis 2009, outre Arthur, cinq autres élèves ont pu le concrétiser.
Viendra le jour où il faudra couper le cordon, où Arthur devra s’affranchir d’une aide extérieureAujourd’hui, le garçonnet n’a aucun souvenir de sa « vie d’avant ». Il nie avoir utilisé un classeur d’images pour communiquer. Seule Linda, son auxiliaire de vie, lui rappelle sa différence. Elle est présente en cours, dix-huit heures par semaine. « Je n’interviens plus en classe, explique-t-elle. S’il a un problème, il va voir sa maîtresse. Si le blocage persiste, je le travaille alors avec lui en temps individuel. » Les difficultés qui subsistent touchent plutôt la compréhension de la lecture. Certaines métaphores peuvent encore rester abstraites. Viendra le jour où il faudra couper le cordon, où Arthur devra s’affranchir d’une aide extérieure. « C’est l’objectif, assure Georges Anglès, le directeur. Cela se réfléchit, se prépare, se construit. »
Reste à garder une certaine vigilance. Divers moments clés d’une vie génèrent de fortes émotions et du stress. L’adolescence, par exemple, peut poser la question de la rechute. « Jules a une réponse, explique Charlotte. Il me dit : “Maman, on a guéri Arthur une fois, on peut le guérir deux fois.” » « Je vis un conte de fées, tient à ajouter Charlotte. J’aimerais que les parents et les enfants concernés par l’autisme sachent que c’est possible ! »
Un médecin autiste lutte pour retrouver son emploi
article publié dans LA PRESSE.ca
Publié le 14 février 2015 à 07h00 | Mis à jour le 14 février 2015 à 08h34
Scandale dans les Pyrénées Orientales
Lettre Ouverte à Ségolène Neuville sur le défaut de financement des méthodes éducatives pour les enfants autistes.
Mme Ségolène NEUVILLE, Secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées
Madame la Ministre,
Autisme 66 Esperanza, forte de plus de 300 adhérents, membre de l’Union Régionale Autisme France Languedoc Roussillon, poursuit son engagement pour les enfants autistes du département des Pyrénées Orientales. Elle interpelle notre communauté locale et régionale sur la nécessité d’inclusion en milieu ordinaire, sur l’aide aux familles pour le financement des prises en charge adaptées et recommandées par la Haute Autorité de Santé, sur l’information auprès du public et des professionnels de la santé des besoins spécifiques des enfants autistes et sur la création d’animation et de loisirs adaptés à leur égard.
Suite à vos nombreuses déclarations sur l’affirmation d’appliquer les prises en charge adaptées et recommandées par l’ANESM et la HAS, et le retrait de la psychanalyse dans le champ de l’autisme, nous vous interpellons sur un problème bien précis rencontré par des parents d’enfants autistes dans votre département d’origine.
En effet, le Centre Catalan des Sciences Comportementales (CCSC) a vu le jour en Mars 2014 suite à une forte demande des parents qui se trouvaient dans l’impossibilité d’avoir des prises en charge comportementales et décentes dans les différentes institutions existantes (SESSAD, IME, HDJ, CMP). Le constat était un manque de professionnels formés à ces méthodes dans les PO. Il existe une centaine de personnes formées en France et nous avons la chance d’avoir cinq d’entre eux au Centre Catalan des Sciences Comportementales.
Par manque de financement public, ce centre ne fonctionne qu’avec l’apport financier des parents d’autistes (1600 euros par mois). Souhaitant respecter les prescriptions du CRA Montpellier (méthodes éducatives et comportementales) les parents n’ont pas eu d’autre choix que de s’orienter vers cette structure privée unique dans la région Languedoc Roussillon. De plus les parents qui ont fait appel à la MDPH voient leur dossier gelé depuis plus d’un an.
C’est plus qu’un scandale ! C’est une honte ! La France doit défendre le plus faible, qui de plus faible qu’un enfant handicapé !
Les familles n’en peuvent plus ! Certaines vont rentrer dans la précarité si rien n’est fait immédiatement. Les parents sont prêts à monter au créneau et vont le faire sous peu. Certains prévoient des actions désespérées ou médiatiques. Autisme 66 Esperanza est prêt à diffuser ce scandale dans les médias locaux et nationaux.
En tant que Secrétaire d’État chargée des Personnes Handicapées, c’est pour vous et pour notre département, notre région, une opportunité de faire de ce centre un pilier de la diffusion des bonnes pratiques. Pourquoi ne pas faire du Centre Catalan des Sciences Comportementales un centre pilote avec un financement public ? En regroupant des professionnels reconnus et compétents pouvant former le tissu médico-social existants départemental et régional.
Nous vous demandons un RDV ou des mesures concrètes de toute urgence avant fin février. Les parents ne se bercent plus de promesses et nous ne pourrons plus les retenir très longtemps.
Dans l’attente de votre réponse rapide, veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.
Association Autisme 66 Esperanza
Cc : Mme le Préfet Chevalier / M. le Sénateur Calvet /Mme la Sénatrice Malherbe/ M. le Député Alyagas / M. le Député Siré/ M. le Député Cresta/ M. le Député Olive/ M. le Député Européen Alliot/ M. le Maire Mach/ M. le Maire Castex/ M. le Maire Pujol/ M. le Maire Villa/ M. le Maire Roque/ à l’assemble des maires du département des PO/ M. Doat, DDCS 66/ M. Herman, ARS 66/ Mme Langloys, Présidente Autisme France
La Rispéridone - Risperdal - sur la sellette
Dans quels cas prescrit-on de la Risperdone ?
Egalement inscite sous le nom de 564766, la rispéridone est le constituant principal du Risperdal, un antipsychotique atypique ou neuroleptique de 2nde génération utilisé pour traiter les psychoses, notamment les psychoses schizophréniques, mais aussi les épisodes maniaques. Certains la prescrivent également pour le traitement de troubles du développement (TED), dont ceux observés dans la sphère autistique chez les enfants de 5 à 11 ans. Le Risperdal est parfois donné dans la prise en charge d'un retard mental doublé d'agressivité ou d'agitation, voire d'automutilations.
Son action : antagoniste des récepteurs sérotoninergiques et dopaminergiques, elle lie les récepteurs alpha-1-adrénergiques aux récepteurs H1 hystaminergiques et plus faiblement aux alpha-2-adrénergiques. En clinique, elle améliore les symptômes positifs et négatifs de la psychose schizophrénique.
Effets secondaires : c'est l'un des antipsychotiques qui présentent le plus d'effets secondaires neurologiques, induisant d'importants troubles extrapyramidaux et une élévation de la prolactine (peut déboucher sur des troubles sexuels et métaboliques (dyslipidémie, diabètes..)
Il existe 3 formules de Risperidone, dont chacune contient un ou plusieurs ingrédients inactifs mais potentiellement toxiques : la résine d'amberlite (IRP88), prouvé carcinogène et génotoxique, l'aspartame, source entre autres de phénylalanine, d'acide aspartic, de méthanol, formaldehyde, et d'acide formique, la gélatine (excitotoxyne d'acide glutamique), colorants à l'alluminium (neurotoxique, peut former un autre toxique : le fluoride), l'amidon de maïs OGM, l'acide benzoïque, suspecté d'être très toxique au niveaux neurologique, respiratoire et sur les organes sensitifs.
Effets secondaires courants :
- mouvement irréguliers et involontaires des muscles
- parkinsonisme médicamenteux (tremblements, raideur musculaire...)
- hyperexcitation motrice
- état de sommeil extrême
- tête qui tourne
- perte partielle ou totale de connaissance
- lactation, même chez les garçons
Autres effets notés par la FDA (Food and Drug Administration - USA), quoi que moins usuels :
- psychose maniaque et hallucinations visuelles et tactiles (dans + de 90% des cas, sans antécédents), même chez les moins de 10 ans, ce qui est particulièrement surprenant pour les patients et les parents.
- agressivité ou comportement violent (dans env. 90% des cas, sans antécédants). 20% ont nécessité l'hospitalisation ou ont été considérés comme mettant en danger la vie d'autrui ou la sienne propre.
- suicides et tentatives de suicide (nombre important de cas rapportés)
Note de la Haute Autorité de la Santé (HAS) :
"Avant de prescrire de la rispéridone à un enfant ou à un adolescent pésentant des troubles des conduites, une évaluation complète des causes physiques et sociales du comportement agressif telles que douleur ou stimulation environementales inappropriées est nécessaire."
La HAS sous-entend par là que c'est un médicament à ne pas prescrire lorsque les causes sont biologiques ou environnementales. La HAS ajoute que "les effets sédatifs de la rispéridone doivent faire l'objet d'un suivi rapproché dans cette population du fait des conséquences potentielles de la sédation sur les capacités d'apprentissage des enfants et des adolescents."
La HAS note que "la prudence est nécessaire lorsque la rispéridone est prescrite à des patients présentant une maladie cardiovasculaire connue, des antécédants familiaux d'allongement de l'intervalle QT (durée électrique de la contraction cardiaque), une bradycardie (rythme cardiaque plus bas que la normale) ou des troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie) car ils peuvent augmenter le risques d'effets arythmogènes."
Informations extraites de http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-point-sur-le-risperdal-108787#forum3200266 :
"La France en parle peu, car ce scandale américain ne va pas tarder à arriver chez nous.
Depuis le 8 octobre 2008, les troubles autistiques ont été exclus des indications thérapeutiques pédiatriques du Risperdal par l’Agence européenne du médicament (EMA). Cet arbitrage a été rendu à la suite d’évaluation scientifiques européennes qui ont conclu à l’inefficacité du Risperdal sur ces troubles."
L'arbritrage de l'EMA et ses conclusions scientifiques :
"Cette décision, a été implémentée en France par l’Agence française de la sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS*) le 22 décembre 2008. Depuis cette date, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) précise qu’en pédiatrie le Risperdal n’est plus indiqué que dans certains cas du trouble des conduites et qu’il ne doit pas être prescrit plus de 6 semaines.Ce qui semble tout à fait logique puisque le Risperdal est classé sur la liste 1 des substances vénéneuses qui présentent le plus de risques pour la santé.
Seulement voilà, les services de psychopathologie de l’enfant prescrivent au long cours le Risperdal à des enfants autistes. Il n’est pas rare de voir le traitement durer 3, 4 ou 5 ans. Ces prescriptions sont établies hors AMM à double titre : dépassement de la durée maximale de traitement (6 semaines) et absence d’une indication thérapeutique autorisée.
Les prescripteurs ne portent pas la mention obligatoire « NR » (non-remboursable) sur les prescriptions de Risperdal qui est donc indûment remboursé à 100% par la sécurité sociale.Le procédé utilisé pour cette escroquerie à la sécurité sociale est le même que celui mis en oeuvre au Texas.
Le 3 décembre 2006, N….., 8 ans, est décédé à Clermont-Ferrand après plusieurs mois de traitement par Risperdal. Il a été dit aux parents que leur enfant était décédé de causes naturelles.
La notice d’information du laboratoire Janssen-Cilag, publiée le 22 décembre 2008, après la restriction de l’AMM par l’EMA, cite parmi les 3 pages d’effets secondaires indésirables, les attaques cérébrales, la conduite électrique anormale du coeur,...Enfin, à la suite d’enquêtes réalisées par la division des affaires criminelles du département de la justice des Etats Unis à la demande de la « Securities and Echange Commission », Johnson & Johnson doit payer 70 millions de dollars pour avoir versé des pots de vins à des médecins et des directeurs d’hôpitaux Grecs, Polonais et Roumains."
Sources :
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-07/risperdal_-_ct-3496.pdf http://www.sailhome.org/Concerns/BodyBurden/Synergistic/Risperidone.htmlN B : sur la bithérapie Rispéridone/Ritaline, voir la thèse en ligne de Claire Glay-Ribau (Université Henri Poincaré - Nancy - 20/5/2001) :
http://www.scd.uhp-nancy.fr/docnum/SCDMED_T_2011_GLAY_RIBAU_CLAIRE.pdf
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-point-sur-le-risperdal-
* Qui a été renommée ANSM depuis.
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vendredi 13 février 2015
article publié sur le blog "Des mots grattents"
D’autres projets sont en perspective
Publié par Isabelle Resplendino à 19:02













