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"Au bonheur d'Elise"
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14 octobre 2017

Politique handicap : après les annonces, place à l'action !

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Quel bilan sur cette rentrée 2017 et les annonces faites par le gouvernement ? Quel impact peuvent-elles avoir sur le quotidien des personnes handicapées ? Analyse de Jean-Louis Garcia, président de l'Apajh.

Par , le 12-10-2017

Handicap.fr : Contrats aidés : en quoi la baisse peut-elle réellement impacter les personnes handicapées ?
Jean-Louis Garcia :
Nous sommes montés au créneau contre cette décision car nous ne la jugeons pas intelligente. Si certains ont abusé des contrats aidés, il faut le leur dire… Nous sommes une fédération qui emploie en direct 4 000 personnes ; au 1er septembre 2017, nous comptions 67 contrats aidés, qui concernent des personnes en situation de handicap ou pas. Ce n'est pas avec eux que l'Apajh fonctionne mais, à l'inverse, nous leur proposons des formations et un tutorat précieux pour les accompagner dans l'emploi. Ce qui m'a énervé, ce sont les déclarations de nos gouvernants lorsqu'ils disent que les contrats aidés n'ont jamais conduit vers l'embauche alors que c'est un outil supplémentaire pour rapprocher du travail les personnes qui en sont éloignées. Pour elles, c'est aussi une opportunité pour dialoguer avec les petites entreprises. On a fait tout un cinéma là-dessus et je le regrette. On fait beaucoup de com et pas de politique de fond. J'espère que le tir sera rectifié.

H.fr : Emploi : les nouvelles ordonnances de la loi travail impactent-elles défavorablement les personnes handicapées ?
JLG : Nous avons travaillé au sein du CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées) avec Dominique Gillot sur ce sujet. Surtout qu'ils ne cassent pas la loi El Khomri sur les questions d'emploi accompagné et de limite d'âge qui concerne directement les personnes en situation de handicap ! Ces avancées, il ne faut pas revenir dessus… La priorité donnée au télétravail peut, par ailleurs, les aider à se faire plus de place dans le milieu ordinaire. La question à ne pas oublier, c'est le maintien dans l'emploi.

H.fr : Scolarité : pas de baisse des contrats aidés dans l'Éducation nationale, plus 8 000 AVS (ou AESH) annoncés, est-ce suffisant ?
JLG : J'ai été enseignant et je sais que tout n'est pas parfait à ce sujet. Le maintien des contrats aidés pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap et le déploiement d'AESH supplémentaires est une bonne chose mais il faut en mesurer les effets département par département. L'Apajh lance une enquête à ce sujet. La question se pose pour les temps périscolaires qui sont aussi, parfois, accompagnés par des contrats aidés. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan. Une chose est certaine c'est qu'avec la réforme des rythmes scolaires initiée sous le gouvernement précédant nous avons eu du mal à faire admettre que le temps des enfants en situation de handicap ne s'arrêtait pas aux portes de l'école mais nous y sommes arrivés. Revenir sur la réforme des rythmes scolaires n'est pas une bonne chose.

H.fr : Autisme : la concertation autour du 4e plan est lancée. Croyez-vous à une réelle prise en compte des besoins ?
JLG : L'Apajh a fait savoir qu'elle était très intéressée par cette concertation et les « spécialistes » de l'autisme ont été étonnés que nous ayons cette prétention. Il a fallu que nous défendions notre légitimité pour être au sein du comité de pilotage avec une cinquantaine de membres autour de la table. Nous faisons également partie de 3 groupes de réflexion sur 5. En matière d'autisme, des choses ont été accomplies même si cela reste encore insuffisant. Cent Unités d'enseignement en maternelle, c'est une réussite mais il en faut beaucoup plus. L'Apajh en gère quelques-unes et il est manifeste que les enfants font des progrès considérables et acquièrent, en termes de relation, des choses inimaginables. Par contre, du côté des adultes, c'est un champ qui a été complétement ignoré ; pourtant l'Apajh a impulsé des dispositifs innovants. Ce 4e Plan a été initié par Ségolène Neuville, et le nouveau gouvernement est un peu obligé de poursuivre. Il va falloir être pragmatique car c'est un sujet compliqué, avec des tensions fortes des écoles. Seule doit nous guider la réponse aux attentes de ces personnes trop souvent maltraitées.

H.fr : Augmentation de l'AAH : 900 euros d'ici 2019. Macron avait promis 100, le compte n'est pas bon ?
JLG : La promesse du candidat Macron était en effet de 100 euros. Ça devrait faire 910. Malgré les annonces, nous pressentions que cette hausse se ferait en deux coups. Se pose toujours la question du seuil de pauvreté (ndlr : fixé en France à 1015 euros). Il faut reconnaître que c'est une avancée mais peut encore mieux faire ! Une rencontre avec le monde associatif est prévue à l'Elysée mais la date n'est pas fixée.

H.fr : Compensation : ne vois-tu rien venir ?
JLG : C'est la grande oubliée du dernier CIH (Comité interministériel du handicap) qui a eu lieu le 20 septembre. Il y a un vaste travail engagé par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) mais nous n'en sommes qu'au stade des propositions. Le nouveau gouvernement va devoir inscrire rapidement cette question sur sa feuille de route. Il y a de nombreux sujets à traiter : la disparité entre personnes âgées et en situation de handicap, la barrière d'âge entre ces deux publics que nous voulons faire tomber pour commencer à 75 ans. Ces chantiers étaient préparés par le gouvernement précédent alors, maintenant, il faut passer à l'acte.

H.fr : Paris 2024 : une opportunité pour les personnes handicapées ?
JLG : Nous sommes ravis de cette annonce. Avec la FFSA (Fédération française du sport adapté) et la FFH (Fédération française handisport), nous avons fait partie du groupe de travail sur l'opportunité des Jeux dès le début et je pense qu'ils peuvent être utiles pour le vivre ensemble et le regard porté sur le handicap. Mais on ne peut pas faire de sport d'élite sans sport de masse or les établissements médico-sociaux n'ont pas toujours ce réflexe. Avec la FFSA, nous avons organisé le 5 octobre, au Mans, une grande journée dédiée à toutes les activités sportives adaptées où chacun  a eu tout loisir de picorer ce qui lui plaisait. Nous avons par ailleurs rencontré Laura Flessel, ministre des Sports, à ce sujet, et cette dynamique semble l'intéresser.

H.fr : Le fait que le secrétariat en charge du handicap soit rattaché désormais au Premier ministre et non plus au ministère de la Santé, est-ce une bonne chose ?
JLG : J'étais ravi que, lors de son dernier débat télévisé de campagne, Emmanuel Macron consacre sa carte blanche au handicap. Je l'ai d'ailleurs rencontré à l'Elysée lors de la concertation autour du 4e plan autisme et lui ai dit qu'il fallait maintenant mettre les choses en œuvre. Le rattachement du secrétariat d'État au Handicap au Premier ministre est une bonne chose ; c'était important de l'éloigner des questions de santé. Il y a eu ce premier CIH qui envoie un signal positif, avec l'engagement de faire du handicap une politique transversale. Pourtant, en ce début de quinquennat, l'Apajh a sollicité tous les ministres concernés et, chaque fois, on nous a renvoyé vers le secrétariat d'État au Handicap. Mais nous sommes pugnaces et persistons à vouloir tous les rencontrer. Un exemple ? Nous avons récemment été reçus par Florence Parly, la ministre des Armées, et Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État, autour du thème des sportifs blessés de guerre et nous allons mettre en œuvre un accord cadre pour aider à l'accompagnement des soldats qui reviennent des combats avec des traumatismes psychiques graves. La ministre nous a clairement demandé : « Vous pouvez nous aider ? ». Eh bien, je suis emballé car je mesure à quel point le mouvement associatif peut apporter sa contribution.

H.fr : La nomination de Sophie Cluzel au secrétariat d'État au handicap a fait naître de grands espoirs…
JLG : Nommer une personnalité connaissant le handicap est une bonne idée. Mais ce qui me semble majeur et correspond à nos attentes, c'est le rattachement au Premier ministre. C'est une meilleure garantie de transversalité et de légitimité du dossier sur le plan gouvernemental. Le handicap n'est pas un dossier annexe.
 

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14 octobre 2017

L'autisme à l'écran par les réalisateurs d'Intouchables

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Olivier Nakache et Éric Toledano, réalisateurs du film "Intouchables", ont choisi l'autisme comme thème pour leur prochain long-métrage. Un projet qui fait écho à leur documentaire sur le sujet, réalisé en 2015 pour la chaîne Canal +.

Par , le 10-10-2017

Le sujet a été abordé lors de l'émission Melting Pop, sur Europe 1. Olivier Nakache et Éric Toledano, cinéastes dont le dernier film, Le sens de la fête, est à l'affiche depuis le 4 octobre 2017, ont mentionné le thème de leur prochain long-métrage : l'autisme.

Beaucoup d'émotions

Les deux réalisateurs d'Intouchables, long-métrage sorti en 2011, mettant en scène un riche parisien tétraplégique et son nouvel aidant tout droit venu de banlieue, sont revenus sur ce concept auquel ils réfléchissent depuis un bon bout de temps. « C'est un film qui parle de ceux qui encadrent les enfants et les adultes autistes, expliquent-ils. Il y a beaucoup d'émotions et d'humour dans ce monde-là. »

Sur le ton de la comédie

Ce film qui, comme les précédents, sera très probablement tourné sur le ton de la comédie, a été mentionné fin septembre 2017 à l'occasion d'une avant-première du Sens de la fête. En 2015, le duo s'était investi auprès de l'association Le Silence des justes, qui œuvre pour l'accompagnement des jeunes porteurs de troubles autistiques et leur famille, avec un documentaire diffusé sur Canal +. Son titre ? On devrait en faire un film…

© Europe 1

 

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14 octobre 2017

Boris Cyrulnik, “demi-analyste”, publie la “Psychothérapie de Dieu”

12 oct. 2017
Par Blog : Le blog de Jacques Van Rillaer

Analyse de l’ouvrage “Psychothérapie de Dieu” (Odile Jacob 2017), de Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et « demi-analyste ».
cyrulnik-dieu

Le mot « psychanalyse » désigne des théories et des pratiques fort différentes. On peut parler à ce sujet d’un “capharnaüm” [1]. Toutefois, beaucoup de personnes qui se disent (psych)analystes se réfèrent essentiellement à Freud. Celui-ci déclarait: “Je me trouve autorisé à soutenir que personne mieux que moi ne peut savoir ce qu'est la psychanalyse, par quoi elle se différencie d'autres manières d'explorer la vie d'âme et ce qui doit être couvert de son nom ou ce qu'il vaut mieux nommer autrement” [2]. Il qualifiait Adler, Jung et d’autres dissidents de « demi-analystes » et parfois de “non-analystes” [3].

Boris Cyrulnik, qui se présentait autrefois comme “psychiatre-psychanalyste” [4], se qualifie “neuropsychiatre” dans ce dernier ouvrage. En fait il adhère encore à certaines conceptions freudiennes. Il apparaît, au sens freudien, comme un “demi-analyste”.

Il commence et termine son ouvrage “Psychothérapie de Dieu” (Odile Jacob, 2017) par l’affirmation que Dieu souffre. Il cite Élie Wiesel qui, au retour d’Auschwitz, “a compris que Dieu était souffrant puisque le mal existe” (p. 8). Il conclut à sa dernière page : “Dieu souffre quand le mal existe”. Toutefois, son ouvrage ne traite guère de la façon d’atténuer la souffrance de Dieu ou de faire sa psychothérapie, mais du fait que la croyance religieuse peut avoir des effets thérapeutiques.

La principale thèse centrale de Cyrulnik

Conformément à la tradition freudienne, la plupart de ses explications renvoient au passé, à ceci près qu’il use et abuse du concept mis à la mode par John Bowlby : l’attachement. Ainsi “Dieu est une figure d’attachement” (p.96). Notre attachement à Dieu dépend du type d’attachement dont nous avons bénéficié dans l’enfance. Il y a, dit Cyrulnik, “transfert d’attachement”. Ceux qui ont bénéficié d’un bon attachement sont ouverts à d’autres croyances que celles de leur milieu d’origine. Ceux qui ont eu un développement difficile ont besoin de certitudes et sont fermés à toute autre croyance. La radicalisation des islamistes est due à un mode d’attachement particulier. Le rapport à la femme est une question d’attachement : « La vue du corps d’une femme déclenche chez l’homme qui a acquis un attachement sécure : ”La simple présence d’une femme est un moment de bonheur”. Mais s’il a acquis un attachement insécure, il risque de juger : “Cette femme déclenche en moi un désir qui m’angoisse. Si, par malheur, je me laisse aller à l’immanence sexuelle, cette femme me mènera à la souffrance éternelle” » (p.164). L’autisme : idem. “Il n'y a pas d'autisme initial, comme le soutenaient les psychanalystes, mais au contraire il y a une perception privilégiée de signaux émis par sa figure d'attachement dans une relation intersubjective” (p.233). Le plaisir de retrouver un objet utile ? Une affaire d’“attachement” : “Il suffit de constater le bonheur qu’on éprouve en retrouvant les clés de sa voiture qu’on cherchait depuis une demi-heure. Quel plaisir donne ce rebond d’attachement” (p.203).

D’autre part, Cyrulnik répète à longueur d’ouvrage les bénéfices psychologiques de la religion : donner un sens à la vie, sécuriser, clarifier l’identité, favoriser l’estime de soi, donner une explication cohérente des événements, indiquer la direction du bonheur, donner le sentiment de pouvoir influencer Dieu et donc des événements par des prières et des sacrifices, faire croire qu’il suffit de bien obéir pour aller au Paradis. Pour détailler ces effets, Cyrulnik s’est largement inspiré de l’excellent ouvrage Psychologie de la religion. De la théorie au laboratoire de Vassilis Saroglou et 25 collaborateurs [5], qu’il a l’honnêteté de citer abondamment.

Erreurs factuelles concernant la religion

Parmi les erreurs, celle concernant l’Inquisition est peut-être la plus étonnante. Cyrulnik écrit : “L’Inquisition a été déclenchée en 1066 pour récupérer le Tombeau du Christ volé par les Arabes” (p.198). En réalité, l’Inquisition est un organisme judiciaire ecclésiastique créé pour lutter contre les hérésies. Son règlement a été formulé par le Pape Grégoire IX en 1229, quoique des persécutions et des mises à mort d’hérétiques avaient eu lieu bien avant [6]. Le Dictionnaire historique de la langue française signale que le mot (du latin inquisitio, enquête) apparaît en français vers 1175 et que le sens d’“enquête concernant la foi” date du XIIIe siècle [7]. L’expédition militaire destinée à permettre l’accès à la Palestine, lieu de pèlerinage rendu difficile par les Turcs, est la croisade. La première a été décidée par le Pape Urbain II en 1094 et s’est déroulée de 1069 à 1099 [8].

Cyrulnik n’est pas à une contradiction près. Une cinquantaine de pages plus loin, il écrit : “L’Inquisition a fait cesser les guerres intestines (1231-1233) et a rassemblé la chrétienté” (p.250). En fait, les « guerres intestines » de la chrétienté, loin d’avoir cessé grâce à l’Inquisition après trois ans (!), ont duré des siècles.

Cyrulnik cite (p.262) l’Évangile selon St-Matthieu comme suit: « Quiconque regarde une femme […] a déjà commis l'adultère avec elle » et donne cette référence: « cité in Rauch, p. 25 ». Il met des crochets signalant l’absence de mots. Les connaît-il (il cite l’Évangile de seconde main) ou les a-t-il volontairement éliminés ? Six mots manquent par rapport à la phrase de l’Évangile : « Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l'adultère avec elle » (Mt 5 :28). Ainsi, ce qui est évoqué dans l’Évangile, ce n’est pas un péché qui résulterait d’un simple regard, mais le péché par intention ou en imagination.

Affirmations sans références

Cyrulnik donne régulièrement des références : c’est le plus souvent pour des idées banales. Par contre, quand il affirme des choses étonnantes, les références manquent souvent. On se demande alors s’il s’agit de ses propres observations. Exemples :

- « La musique est un outil étonnamment efficace. Le rythme des tambours est une hypnose qui mène les soldats à une mort sans angoisse. Il suffit de marcher au pas cadencé, de ne pas réfléchir, de se laisser emporter » (p.220). « Quand les soldats marchent côte à côte en chantant face à la mort, la peur s'estompe ou se transforme en extase » (p.222). « Sans angoisse… en état d’extase » : les témoignages sont-ils nombreux ? À lire Cyrulnik ce semble serait la règle.

- A propos des « récit collectifs qui mettent de l’ombre à des faits » : « Dans les années d’après-guerre, il n’y avait pas de Juifs à Auschwitz. La religion préoccupait si peu les récits de l'époque qu'il n'y avait, dans ce camp d'extermination, que des Roumains, des Hongrois, des Allemands ou des Français, mais pas plus de Juifs que de Bouddhistes. Le faible souci du sacré dans les années 1945-1960 ne mettait pas en lumière la mémoire religieuse. En revanche, la glorification des héros russes et des résistants remplissait les films, les romans et les
conflits politiques » (p.239s).

De la poudre aux yeux pro-psychanalyse

Cyrulnik écrit : « Un groupe de vingt-quatre dépressions majeures a passé une résonance magnétique avant de se rendre à une série de séances de psychothérapie : l'atrophie du cortex préfrontal était nette et l'amande rhinencéphalique hypertrophiée s'allumait à la moindre émotion. Après quelques mois de travail en psychothérapie, ces dysfonctionnements ont disparu. Mieux même, le gyrus denté, une zone médiane du circuit limbique, était hypertrophié sous l'effet du travail de la réflexion et des émotions associées. Un autre groupe de dépressifs majeurs avait refusé la psychothérapie. Quand, quelques mois plus tard, ils ont accepté de passer un scanner de contrôle, l'atrophie préfrontale et les vives réactions de l'amygdale étaient inchangées. C'est bien le travail psychique qui avait modifié le fonctionnement et la structure de ces zones cérébrales. La vulnérabilité neuro-émotionnelle acquise lors d'un malheur de l'existence avait été remaniée par le travail de la parole. L'exercice qui consistait à, intentionnellement, aller chercher dans son passé des images et des mots pour en faire un récit adressé à un psychothérapeute avait modifié le circuitage [sic] des neurones de ces zones cérébrales » (p. 152s).

Cyrulnik suggère clairement qu’il s’agit ici d’un traitement psychanalytique (« travail de la parole », « rechercher dans le passé … »). Or il n’en est rien. Cyrulnik donne cette référence en bas de page : « Beauregard, M. “Functional neuroimaging studies of the effects of psychotherapy”. Dialogues in Clinical Neuroscience, 2014, 16: 75-81 ». Quand on examine cette référence (ce qui est très facile avec Google Scholar), on constate que la recherche n’est pas de Mario Beauregard, qui n’a fait que la résumer. La recherche a été réalisée par Arthur Brody et al. à l’université de Californie (Los Angeles). Beauregard donne évidemment la référence : « Regional brain metabolic changes in patients with major depression treated with either paroxetine or interpersonal therapy : preliminary findings. Archives of General Psychiatry, 2001, 58: 631–640 ». Le titre de l’article indique clairement qu’il s’agit de « psychothérapie interpersonnelle », ce que d’ailleurs Beauregard a pris soin de souligner dans son résumé. Or ce type de thérapie ne se contente pas de récits du patient au thérapeute et évite précisément les ruminations que constitue « la recherche de mots et d’images dans le passé » [9]. La « thérapie interpersonnelle » est une thérapie courte (dans cette étude-ci, le traitement a duré 12 semaines), qui se caractérise par la centration sur le fonctionnement des relations des patients. Ceux-ci apprennent comment résoudre des conflits interpersonnels, comment développer de nouvelles relations et activités. La démarche s’apparente à celle des TCC [10].

À lire Cyrulnik, on croit que tous les patients sont sortis de leur état dépressif. Brody et al. précisent qu’après 12 semaines il y a eu 38% d’amélioration (évaluée par l’échelle de dépression de Halmilton), c’est-à-dire moins de la moitié ! La façon dont Cyrulnik rapporte la guérison par une thérapie de type freudienne rappelle les contes de Freud sur les résultats de ses traitements. Cyrulnik écrit très joliment, c’est un merveilleux conteur. Sa rigueur hélas est toute « freudienne » [11].

Autre exemple. Cyrulnik écrit : « Le Soi des religieux est facilement “océanique” puisqu’il accède à un au-delà éternel ». Il donne pour référence : « Freud, S. “Le malaise dans la culture” (1927) ». En fait, dans cet ouvrage publié en allemand en 1930 (et non 1927, date de “L’avenir d’une illusion”), Freud relate que Romain Rolland lui a écrit que « la source véritable de la religiosité est un sentiment qu’il appellerait volontiers la sensation de l’“éternité”, sentiment comme de quelque chose de sans frontière, sans borne, pour ainsi dire “océanique” » [12]. Freud ajoute qu’il ne reconnaît pas ce sentiment en lui, mais ne conteste pas qu’il puisse se trouver chez d’autres. Relisons. Freud n’a pas écrit que « le Soi des religieux est facilement “océanique” ». Il disait seulement que, selon Rolland, la source de la religiosité est un sentiment pour ainsi dire océanique. À plusieurs reprises on a l’impression que Cyrulnik a lu Freud en diagonale. Quant à Lacan, on peut se réjouir qu’il semble l’ignorer. Il n’en cite qu’une phrase (sans référence), pour dire une banalité : « Pour un pervers, seule compte la jouissance ».

Thèses freudiennes modifiées ou refusées

« Freud avait dit que Dieu était une figure paternelle. Les psychologues de la religion parlent plutôt aujourd'hui de figures d'attachement qui prennent des formes variables selon la religion, mais qui toutes ont pour fonction de sécuriser et de dynamiser » (p.103).

Freud écrivait : « Ce n'est pas sans de bonnes raisons que la tétée du sein de la mère par l'enfant est devenue le prototype de toute relation amoureuse. La trouvaille de l'objet est, à proprement parler, une retrouvaille [Wiederfindung]. […] l'enfant apprend à aimer d'autres personnes qui lui apportent de l'aide dans son désaide [Hilflosigkeit] et satisfont ses besoins, et cela tout à fait sur le modèle et dans la continuation de son
rapport de nourrisson à sa nourrice » [13]. Cyrulnik pense que « le mot “aimer” nous oriente vers des buts à chaque fois différents : on n'aime pas notre mère comme on aime notre femme, nos enfants, la cuisine ou Dieu. Cette orientation affective universelle organise vers chaque objet une structure différente » (p.55).

On lit avec plaisir la prise de distance à l’égard des Maître-penseurs : “Entre celui qui croit en Dieu et celui qui n’y croit pas, nous pouvons situer celui qui croit aux super-penseurs, comme Marx, Staline, Freud et bien d’autres. Ces hommes jouiraient d’une intelligence surhumaine qui nous permettrait de comprendre la condition humaine, à condition de bien apprendre leurs idées” (p.171).

Par contre, on lit avec stupeur que Cyrulnik prend encore au sérieux ce que Freud a raconté dans Totem et Tabou pour expliquer la genèse de la civilisation et de la religion. Il écrit : « La mémoire du meurtre initial qui a lancé le processus de civilisation persiste à travers les générations » (p.169). Rappelons que Freud avait imaginé que les premiers hommes avaient tué le père primitif, l'avaient dévoré, puis avaient éprouvé de la culpabilité et s’étaient mis à lui obéir. L’effet de ces événements se serait transmis jusqu’à nous. Lacan, en l’occurrence, était moins naïf que Cyrulnik. Il écrivait : « Totem et Tabou, il faut étudier sa composition, qui est une des choses les plus tordues qu'on puisse imaginer. Ce n'est tout de même pas parce que je prêche le retour à Freud, que je ne peux pas dire que Totem et Tabou, c'est tordu » [14].

Généralisations & dichotomisations

Cyrulnik écrit joliment, mais il a le défaut de généraliser et d’absolutiser. C’est notamment le cas quand il caractérise, en les opposant, les croyants et les incroyants. Exemples:

- « Les religieux sont avides de certitudes et de traditions. Pour eux, tout changement est une agression, alors que pour un incroyant, c’est une aventure stressante et amusante, qui donne la sensation d’exister » (p.179).

- « Les incroyants font l'effet d'agresseurs puisque leur simple existence expose au doute qui empêche d'aimer ce Dieu thérapeute dont les désespérés ont le plus grand besoin » (p.67).

- « Les non-religieux n’ont pas de limites à leur empathie, alors que les religieux éprouvent un élan vers leurs frères en religion et un mépris craintif pour ceux qui vivent sans dieu » (p.193).

- « Les sans-dieu acceptent volontiers l'incertitude, ils sont plus autonomes, moins conformistes, aiment la réflexion incitée par le doute, n'emploient jamais le mot “tolérance” puisqu'ils n'ont pas à tolérer la présence d'un autre qui vit simplement avec eux » (p.297).

- « La joie religieuse est dépourvue d'humour. Celui qui éprouve “l’euphorie d'être” s'oriente en souriant vers l'autre, il ouvre ses bras, dit des mots gentils mais ne rigole pas » (p.300).

- « René Girard, le grand anthropologue a théorisé le concept de “désir mimétique”, où tout désir est une imitation du désir de l’autre » (p.236). Soulignons « tout » désir. C’est la thèse de Girard, mais Cyrulnik la reprend naïvement à son compte [15]. Il y a évidemment des désirs par imitation, mais il y en a bien d’autres. Un enfant peut désirer une glace parce qu’il voit un autre enfant en lécher une, mais il peut aussi désirer une glace en voyant un glacier…

 Références

[1] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1538

[2] Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique. Œuvres complètes. PUF, XII, p. 249.

[3] Lettre de Freud à J.J. Putnam au sujet du conflit avec l’École de Zurich. Cité par M. Borch-Jacobsen & S. Shamdasani (2006) Le dossier Freud. Les Empêcheurs de penser en rond/Seuil, p. 131).

[4] Voir p.ex. son débat avec Onfray sur Le Livre noir de la psychanalyse https://www.youtube.com/watch?v=CrGcl1-CjlM

[5] Préface de Laurent Bègue. Éd. De Boek, 2015, 350 p.

[6] Voir p.ex. Testes, G. et J. (1990) L’Inquisition. Que sais-je ?, 128 p.

[7] Rey, Alain (1992). Dictionnaires Le Robert, vol. 1, p. 1030.

[8] Le Petit Robert 2. Dictionnaire universel des noms propres, 1987, p. 471.

[9] La centration sur le passé, qui caractérise la cure freudienne, favorise de longs trains de ruminations pénibles et dès lors un état dépressif. Voir : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2723

[10] Pour des détails, voir : Cottraux, J. (2011) Choisir une psychothérapie efficace. Odile Jacob, chap. 5. —  http://www.psycom.org/Soins-accompagnements-et-entraide/Therapies/Therapie-interpersonnelle-TIP

[11] Cf. J. Van Rillaer : “Le freudisme : un conte scientifique” (2014) : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2347

[12] Le malaise dans la culture. Œuvres complètes, PUF, XVIII p. 249.

[13] Trois essais sur la théorie sexuelle (1905). Œuvres complètes, PUF, VI, p. 161.

[14] Le Séminaire. Livre XVII. L’envers de la psychanalyse. Seuil, 1991, p. 128.

[15] Sur Girard, voir : Pommier, R. (2010) René Girard. Un allumé qui se prend pour un phare. Kimé, 134p. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1629

Deux sites pour d’autres publications de J. Van Rillaer sur la psychologie, la psychopathologie, l'épistémologie, les psychothérapies, les psychanalyses, etc.

1) Site de l'Association Française pour l'Information Scientifique:  www.pseudo-sciences.org

2) Site de l'université de Louvain-la-Neuve

1° Taper dans Google : Moodle + Rillaer + EDPH

2° Cliquer sur : EDPH – Apprentissage et modification du comportement

3° A la page suivante, cliquer “Oui” à : "Règlement"

ou bien cliquer sur : https://moodleucl.uclouvain.be/course/view.php?id=9996

et cliquer “Oui” à : "Règlement"

13 octobre 2017

Handicap : l'experte de l'ONU ne mâche pas ses mots

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Sans langue de bois, saluant les avancées mais aussi affichant ses inquiétudes, une experte de l'ONU vient d'achever sa 1ère visite en France. Notre pays doit faire de gros efforts pour accorder aux personnes handicapées leur pleine citoyenneté.

Par , le 13-10-2017

« Par définition, un bon établissement n'existe pas », lance l'experte de l'ONU en matière de handicap, nourrissant l'ensemble de son discours d'une volonté farouche d'accorder aux personnes handicapées leur pleine citoyenneté au sein de la société. Elle parle de ségrégation, de non-respect des droits, de privation de liberté mais aussi d'efforts, d'optimisme, d'initiatives vertueuses dans une France « Etat providence qui attribue des ressources importantes aux personnes handicapées ».

Sans langue de bois

Cette femme sans langue de bois qui décortique les avancées comme les retards, c'est Catalina Devandas-Aguilar, la rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées. A l'issue de sa première visite officielle dans notre pays, le 13 octobre 2017, elle rend son rapport préliminaire, qu'elle a présenté au gouvernement le matin même. Celle qui se définit comme « les yeux et les oreilles du Conseil des droits de l'homme » et enquête de manière indépendante, a, durant dix jours, été reçue par les pouvoirs publics mais également des associations de personnes handicapées, des prestataires de services, des établissements, des écoles, des hôpitaux, des logements inclusifs…

10 jours en France

Devant la presse (très peu de médias généralistes et aucune télé), durant une heure, elle fait part de ses « inquiétudes » sur la prise en charge des personnes handicapées en France et déplore qu'elles soient trop souvent perçues comme « des objets de soins et pas de droits ». Pourtant, elle rappelle que la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), ratifiée par la France en 2006, doit primer sur le droit français. « Malgré l'existence d'un cadre juridique », elle se dit « inquiète car une partie de la législation française n'est pas en accord avec cette convention ».

Stop à l'isolement

L'experte bénévole souligne le nombre « très élevé » d'enfants et adultes handicapés résidant dans des institutions où ils se retrouvent isolés du reste de la société. Elle appelle le gouvernement français à lancer « un plan d'action pour fermer progressivement ces institutions et les transformer en services implantés dans la communauté ». Selon elle, une option possible même pour les personnes polyhandicapées. « D'autres pays ont mis en œuvre des processus de désinstitutionnalisation qui fonctionnent », assure-t-elle. Mme Devandas-Aguilar exprime également ses « inquiétudes » sur le manque d'accessibilité des lieux ouverts au public et des transports en commun. « Les jeux Olympiques de 2024 seront une occasion en or de rendre la capitale française plus accessible », a-t-elle estimé en soulignant que les efforts devront également porter sur le reste du pays et sur l'outremer.

Des abus et mauvais traitements

Elle recommande par ailleurs une « simplification » des différentes aides auxquelles ont droit les personnes handicapées, décrivant un système de protection sociale « très complexe » dans lequel il est « très difficile » de se retrouver. Elle encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts pour scolariser en milieu ordinaire davantage d'enfants handicapés et déplore que les personnes placées sous tutelle soient « dépourvues du droit de vote ». L'experte a également mentionné des « abus et mauvais traitements à l'encontre de personnes souffrant de troubles mentaux et pouvant être hospitalisées sans leur consentement ».

Rapport définitif en 2019

Son rapport définitif sera rendu en mars 2019. Ces recommandations ne sont pas contraignantes pour les Etats « mais, lorsque plusieurs organisations en charge des droits de l'Homme insistent dans le même sens, cela donne quand même plus de poids », tente-t-elle de rassurer. Elle se dit néanmoins « optimiste » face à l'effort engagé par le Gouvernement Macron, citant entre autres, le CIH (Comité interministériel du handicap), la concertation autour du 4ème plan autisme et la tenue d'une Conférence nationale du handicap en mai 2018. Le gouvernement va « dans la bonne direction » mais « les changements doivent être plus profonds pour aller vers une société véritablement inclusive », conclut-elle.

Un compte-rendu plus complet sera proposé par Handicap.fr dans les jours à venir…

 

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Sur Handicap.fr

13 octobre 2017

Les bienfaits de l'équithérapie pour les enfants autistes

article publié dans La Dépêche

Publié le 10/10/2017 à 14:21, Mis à jour le 10/10/2017 à 14:48

 

C’est un rituel que connaît bien Aaron. Un rituel qui l’apaise et canalise son énergie.

Plusieurs fois par mois, le jeune garçon de 13 ans suit des séances d’équithérapie au sein du centre Pech Blanc dirigé par Heleen Inagori-Van Klaveren à Durfort-Lacapelette, à quelques kilomètres de Moissac. Car si, à première vue, rien ne distingue Aaron des autres enfants, il n’est pas tout à fait comme les autres. L’adolescent souffre d’autisme sévère. Une maladie très handicapante qui limite les interactions d’Aaron avec le reste du monde. Ces séances auprès des chevaux, c’est une bouffée d’air frais, pour lui, comme pour ses proches. L’autonomie de l’enfant est favorisée par tous les moyens. La répétition des gestes rassure Aaron et favorise la synchronisation de ses mouvements.

Des séances pour apaiser et canaliser son énergie

« Ces séances apportent beaucoup d’apaisement à Aaron. Il respire la bonne humeur, enlace les chevaux », sourit son père David. Un bienfait confirmé par Heleen, praticienne. « Le cheval est un facteur intéressant. Il bouge, a un caractère confirmé et est rassurant. Même si ce sont des petits pas, les enfants progressent, c’est magnifique à voir. »

Le quotidien avec un enfant autiste reste un combat de tous les jours. L’entrée dans l’adolescence et l’agressivité qui en découle complique encore les choses. Aujourd’hui hospitalisé à Montauban, le garçon attend qu’une place se libère dans le nouvel Institut médico-éducatif de Moissac.

« Un chemin de croix »

Dans « ce chemin de croix », comme le qualifie David, les parents ne peuvent souvent compter que sur eux-mêmes. « La société est très mal faite. Lorsque l’on ne rentre pas dans un cadre, c’est un périple pour tout. Il reste énormément de travail à faire en France. Nous sommes vraiment en retard par rapport aux pays voisins », déplore ce père de deux garçons. Dans ce quotidien compliqué, fait de petites victoires et d’immenses ras-le-bol, Aaron bénéficie d’une chance immense qui n’est pas donnée à tout le monde : celle d’avoir des parents aimants et combatifs.

En premier lieu, son père David. Depuis l’annonce du diagnostic, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider son fils. Président du Lions club de Moissac, depuis trois ans, il organise de nombreuses manifestations en faveur de l’autisme. L’an dernier, un spectacle avait permis de financer des heures d’équithérapie à plusieurs enfants, ainsi que des heures dans un centre de loisirs adapté. Ce vendredi soir, à 20 h 30, le Lions club de Moissac organise un nouveau spectacle humoristique : Laurent Savard, père d’un enfant autiste et vedette du show 2016, produit quatre jeunes artistes humoristes. Le coût de l’entrée est fixé à 15 euros. Les bénéfices permettront de financer une aire de jeux au sein de l’IME de Moissac et d’offrir des bons pour des séances d’équithérapie.

Ces actions concrètes et solidaires ont aidé David à accepter la maladie de son enfant. « L’annonce de sa maladie fut un tremblement de terre total. J’ai dû faire un gros travail pour l’accepter. Aujourd’hui je suis très fier d’Aaron, il est différent mais je l’accepte. »

JULIE PHILIPPE

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13 octobre 2017

Mères autistes et signalement : état des lieux ; le point de vue du Dr Sonié

article publié sur le site de l'AFFA

L’association Francophone de Femmes Autistes œuvre contre les différentes formes d’abus que peuvent subir une femme autiste. Le signalement abusif en est un.

En France, lorsque lorsqu’une mère isolée a un enfant autiste, il y a un risque non négligeable que cet enfant lui soit enlevé pour être placé en foyer ou famille d’accueil.

En effet, du fait de la prégnance de la psychanalyse parmi les professionnels du social et médico-social, ceux-ci interprètent les troubles de l’enfant comme la conséquence de mauvais traitements de la part de la mère, qui est souvent perçue comme trop fusionnelle, ou soupçonnée d’avoir le syndrome de Münchhausen par procuration (trouble psychiatrique théorique qui conduirait les parents à maltraiter leur enfant afin de susciter l’attention du corps médical). Ils n’hésitent pas à remettre en question le diagnostic d’autisme si celui-ci est posé, voire à faire pression sur le centre de dépistage pour ne pas diagnostiquer tel ou tel enfant.

Mère autiste : une augmentation du risque de signalement

Ce risque est bien plus accru lorsque la mère est elle-même autiste. En effet, une femme autiste ne comprend pas vraiment les conventions sociales et, par conséquent, a du mal à les suivre ; elle n’a pas conscience que les professionnels entourant l’enfant et/ou censés l’aider la jugent sur son apparence, dont elle se souciera généralement peu. Une femme autiste a souvent un comportement décalé, interprété comme une attitude “bizarre” (par exemple elle pourrait parler d’un ton monocorde, ne pas regarder dans les yeux, avoir un visage inexpressif ou avoir ou des tics nerveux, se tenir trop près ou trop loin de l’interlocuteur, ne paraissant pas l’écouter, paraissant être ailleurs). Ce comportement général sera perçu comme suspect par les professionnels (médecin, assistante sociale, puéricultrice, pédopsychiatre, enseignant.). De plus, la compréhension au sens littéral ne fait qu’accentuer l’incompréhension entre la mère et les professionnels.

En conséquence, parce qu’une mère autiste ne paraîtra pas « normale » à leurs yeux, ils commenceront à suspecter un mauvais traitement sur l’enfant dès lors que celui-ci manifestera le moindre trouble ; ces professionnels seront tentés d’alerter les services de la protection de l’enfance (Aide Sociale à l’Enfance, ASE), qui lanceront une une Information Préoccupante (IP) pour “enfant en danger” : cette IP entraîne généralement une enquête sociale (faite par les travailleurs sociaux) qui a de grandes chances d’aboutir sur le bureau d’un juge des enfants. Celui-ci peut alors, directement ou suite à une enquête judiciaire et/ou d’une expertise psychiatrique d’un ou plusieurs membres de la famille, décider de confier l’enfant à l’Aide Sociale à l’Enfance.

Dans notre association, de nombreuses femmes ont un enfant autiste (l’autisme a souvent une cause génétique, identifiée ou pas) : un certain nombre d’entre elles craignent l’Aide Sociale à l’Enfance, et cachent leur autisme, de peur d’être sous le coup d’une Information Préoccupante, pour “enfant en danger”, sous le motif que la mère est autiste.

Toute personne handicapée a le droit d’avoir une vie de famille, le droit d’avoir des enfants et de les élever, et que ceux-ci grandissent à ses côtés. Il est discriminatoire de lui retirer son/ses enfant(s) au motif du handicap du parent. Malheureusement, les juges des enfants rendent leur décision en se fondant presqu’uniquement sur les rapports de l’ASE et de l’expertise psychiatrique de la mère, rapport qui sera très souvent imprégné de psychanalyse et donc rendant la mère responsable du trouble à l’origine de l’IP.

Cet état de fait doit évoluer

Il est urgent de reconnaître les compétences de ces femmes à être mères et, au lieu de les incriminer, de leur proposer un accompagnement prenant en compte leurs spécificités.

Il est urgent que les théories psychanalytiques (qui n’ont rien de scientifique et qui sont uniquement basées sur des interprétations), rendant la mère responsable de tous les troubles de leur enfant, soient bannies des contenus de formation des travailleurs sociaux : ceci afin que la mission de ces professionnels de l’enfance soit effectivement de les protéger et non pas de les retirer à leur mère. Nous suggérons une sensibilisation des travailleurs sociaux sur l’autisme et la parentalité, qui pourrait être assurée par des personnes directement concernées.

Il est urgent que les experts psychiatres en cour d’appel reçoivent une formation actualisée sur l’autisme, basée sur les dernières avancées scientifiques.

Par ailleurs, l’Information Préoccupante ne doit plus être utilisée par les professionnels de structures publiques comme un outil leur permettant d’asseoir leur toute puissance sur ces mères vulnérables.

Ces erreurs judiciaires créent des traumatismes tant pour l’enfant que pour la mère qui peut perdre toute confiance dans son rôle de maman. L’enfant et la maman sont doublement victimes de leur handicap et ont des conséquences graves sur leur santé psychologique tout au long de leur vie.

Une injustice que de nombreuses mamans et enfants subissent en France.

Pour l’Association Francophone de Femmes Autistes, Magali Pignard & Marie Rabatel

 


 

Ci-dessous le point de vue du Dr Sonié, psychiatre au Centre Ressources Autisme Auvergne Rhône-Alpes

« La situation des mères avec une forme de Trouble du Spectre de l’Autisme est particulièrement alarmante du fait facteurs historiques, sociologiques et d’une méconnaissance de leur trouble :

1 / Le premier est le manque de critères diagnostiques bien identifiés pour cette population : adulte, femme et sans déficience intellectuelle. La présence de troubles psychiatriques associés comme les troubles anxieux ou dépressifs vient compliquer la reconnaissance du diagnostic. le diagnostic des femmes Asperger nécessite encore des professionnels particulièrement expérimentés dans l’autisme.

2 / Leur handicap social les rend vulnérable sur le plan social, professionnel et affectif. Elles sont parfois sans revenus et dépendantes de leur entourage ou d’un conjoint abusif.

3 / Le système de l’aide social à l’enfance, confronté quotidiennement à la maltraitance, interprète majoritairement les troubles du comportement des enfants comme une réaction à un environnement délétère. On parle d’un biais d’interprétation.

4 / Le comportement de ces mères est jugé comme inadapté :  les mères avec TSA vont avoir une lecture analytique, précise et documentée des éventuelles difficultés des enfants. Elles peuvent avoir un sourire figé et un visage peu mobile. L’évitement ou la fixité du regard peut gêner leur interlocuteur. Ces signes sont interprétés comme un indice de perversion “ elle ne voit que la maladie chez son enfant, elle semble se réjouir de la situation”.

5 / Leur naïveté sociale ne leur permet de saisir la subtilité des questions des services sociaux ou des juges et donc de se conformer à la réponse attendue : à l’inverse de familles plus habiles, les mères avec TSA ne vont pas pouvoir échapper à ce système complexe.

6 / Leur rigidité et leur obstination ne leur permet pas d’accéder aux compromis malheureusement nécessaires à faire quand on est soumis aux injonctions d’un service social : par exemple la “recherche d’aveu” sur des situations subjectives plutôt que sur des faits.

7 / Enfin, et cela concerne toutes les mères en général : elles sont plus souvent jugées et plus durement condamnées que les pères. »

 

Sandrine Sonié, le 25 Septembre 2017 à Lyon

 

13 octobre 2017

Soins orthophonistes : il faut désormais choisir

article publié sur Centre Presse Aveyron

L’Assurance-maladie demande, dès maintenant, l’application d’une loi interdisant la double prise en charge de soins orthophonistes pour les personnes accueillies en établissements de santé. Une « tuile de plus » insupportable pour les familles concernées.

12 oct. 2017 / 15h21

Kerwan victime d'un double avc

Kerwan (au centre),victime d’un double AVC à sa naissance, est concerné par cette «nouvelle» réglementation. archives JAT / CP

La loi est effective depuis près de sept ans. Pourtant, jamais elle n’a été réellement mise en application. En cette rentrée, l’Assurance-maladie a décidé d’un « réveil » national : désormais, les personnes accueillies en établissement (du type Sessad, CAMSP, IME, etc.) ne peuvent - sauf dérogation - être pris en charge pour des soins orthophonistes suivis auprès de professionnels libéraux.

Des chances de progrès « diminuées »

Déjà dans le département du Lot, des orthophonistes libéraux ont été priés de « rendre l’argent » à l’Assurance-maladie, glisse une orthophoniste ruthénoise qui explique : « ils ont été sanctionnés pour avoir... travaillé. C’est ce qui nous a poussés, en Aveyron, à nous renseigner sur cette réglementation dont nous ne savions rien. Et à en informer nos patients. Depuis, nous avons reçu une information de la CPAM nous expliquant clairement la marche à suivre. »

« C’est l’orthophoniste qui suit Kerwan qui nous a prévenus, il y a quelques mois, qu’elle ne pourrait plus suivre Kerwan à partir d’octobre. Sauf si le médecin de l’IEM de Saint-Mayme où Kerwan est accueilli nous accorde une dérogation », confirme Yaëlle Montembault. Son fils de 4 ans et demi, Kerwan, a été victime d’un double AVC à la naissance qui le laisse handicapé moteur et sujet à de sévères crises d’épilepsie. Au vu de la pathologie de Kerwan, « trop grand pour aller à la crèche » et « incapable de suivre une scolarité normale », Yaëlle et Julien Montembault n’ont eu « d’autres choix » que d’inscrire Kerwan à l’IEM de Saint-Mayme à Onet-le-Château, deux jours par semaine.

Ce que dit la réglementation

Les caisses d’assurance maladie ont rappelé que, dans le cas d’un suivi orthophoniste dans des établissements et services médico-sociaux (ESMS) et pour des soins correpondant aux missions de l’établissement, la rémunération des actes d’orthophonie en libéral revient à l’établissement, sur prescription du médecin de celui-ci, dans le cadre d’une convention signée entre l’orthophoniste et l’ESMS. Dès lors que l’objet des soins correspond aux missions de l’établissement d’accueil sont pris en charge par la structure qui reçoit, de l’assurance maladie, un forfait de soins. Dans des cas particuliers de technicité ou d’intensité des soins, une dérogation peut être demandée par le médecin de l’établissement auprès de la caisse d’assurance maladie qui procédera au paiement des séances d’orthophonie, prescrites par le médecin de l’établissement. Aucune double prise en charge ne peut être effective sans dérogation.

13 octobre 2017

Sophie Thalmann, l'ancienne Miss France à l'hôpital Brabois de Nancy avec le Rire Médecin

article publié sur le site de France 3

© France 3 Lorraine

© France 3 Lorraine

Par Morgane HeckyPublié le 09/10/2017 à 14:44Mis à jour le 09/10/2017 à 15:39

En France un enfant sur deux est hospitalisé avant l'âge de quinze ans. Le Rire Médecin et ses clowns hospitaliers ont pour mission d’aider ces enfants et leurs parents à dépasser leur angoisse et leur solitude. C'est grâce à près de cent comédiens-clowns professionnels qui interviennent en duo deux jours par semaine dans les services pédiatriques que cet objectif est assuré. Chaque année 80 000 spectacles personnalisés sont proposés dans quinze hôpitaux comme ceux de Tours, Orléans, Marseille ou encore Nancy. 

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© Le Rire Médecin Sophie Thalmann a rejoint ce lundi 9 octobre les équipes de l'hôpital Brabois pour une visite particulière, au plus près des malades. Lorsque l'occasion s'est présentée c'est tout naturellement qu'elle a accepté de passer un moment privilégiés avec les jeunes patients de Nancy, étant elle même maman. Les engagements associatifs de l'ancienne Miss France sont nombreux: elle soutient l'association ELA depuis 1998 et est également la marraine de la manifestation Octobre rose qui vise à dépister le cancer du sein. 

Depuis 2008 le Centre hospitalier universitaire de Nancy - Hôpital Brabois a rejoint le Rire Médecin avec quatre services:

  • Service d’Onco-hématologie pédiatrique et de transplantation médullaire - Pr. Chastagner
  • Service de Réanimation médicale et chirurgicale pédiatrique
  • Service de Neurochirurgie pédiatrique - Pôle Neurologie et cardiologie - Pr Marchal
  • Service de chirurgie orthopédique - Pr. Journeau
12 octobre 2017

La hausse de la CSG ne fera rien perdre aux travailleurs d’Ésat

article publié dans faire-face

La hausse de la CSG ne fera rien perdre aux travailleurs d’Ésat
Pour les travailleurs en Ésat, le gain de pouvoir d'achat ne viendra pas de la baisse des charges salariales mais de la hausse de l'AAH. © Franck Seuret

Publié le 11 octobre 2017

Pour compenser la hausse d’1,7 % de la CSG sur tous les revenus le 1er janvier 2018, la rémunération garantie des travailleurs en Ésat va augmenter d’un montant équivalent. Ils vont aussi bénéficier de la hausse de l’AAH et de la prime d’activité. 

Une baisse par ci, un coup de pouce par là… Au final, la hausse de la CSG devrait être neutre pour les travailleurs d’établissements et services d’aide par le travail (Ésat). Le 1er janvier, la contribution sociale généralisée (CSG), qui s’applique sur tous les revenus (salaires, intérêts, pensions, etc.), va augmenter d’1,7 point, comme Faire-face.fr l’a expliqué dans un précédent article. Pourquoi ? Pour alléger les charges pesant sur le travail.

Un gain de pouvoir d’achat pour les salariés…

Les cotisations sociales payées par les salariés du secteur privé vont en effet baisser de 2,2 points au 1er janvier 2018 puis de 0,95 point en octobre 2018, soit 3,15 points au total. Concrètement, ils ne paieront plus les cotisations chômage (2,4 %) et maladie (0,75 %) (2,4 + 0,75 = 3,15). Pour eux, ce transfert d’une partie du financement de la protection sociale vers la CSG va donc se traduire par un gain de pouvoir d’achat. 260 € par an pour un employé payé au smic selon le gouvernement.

… mais pas pour les travailleurs en Ésat

Pour les travailleurs en Ésat, par contre, l’opération s’avère moins avantageuse. En effet, ils sont déjà exemptés de cotisations chômage. Ils vont donc payer le 1,7 % de CSG supplémentaire sur leur rémunération garantie. Mais ils ne vont pas voir leurs charges salariales baisser de 2,4 %.

Pour éviter que ce basculement ne leur coûte donc plus qu’il ne leur rapporte, le dossier de presse du projet de loi de finances prévoit « la compensation de l’impact de la hausse de la CSG pour les travailleurs handicapés en Ésat ».

« Garantir la neutralité de la mesure. »

Interrogé par Faire-face.fr, le secrétariat d’État aux personnes handicapés se montre plus précis. « Leur rémunération garantie va augmenter d’un montant équivalent à la hausse d’1,7 point de la CSG pour garantir la neutralité de la mesure », explique le cabinet. À la différence des autres salariés du secteur privé, cette réforme ne leur fera donc pas gagner de pouvoir d’achat. Mais au ils n’en perdront pas.

« Nous n’avons pas d’autres éléments rassurants que les engagements pris par la secrétaire d’État, commente Didier Rambeaux, administrateur d’Andicat, l’association nationale des directeurs et cadres d’Ésat. Nous veillerons à leur application dont nous ne connaissons pas encore les modalités concrètes. » Une revalorisation de l’aide au poste, versée par l’État aux Ésat, a toutefois été intégrée à la dotation de l’année prochaine, dans le projet de loi de finances 2018, pour un coût global de 15 millions d’euros.

+ 90 € grâce à l’AAH fin 2019

Par ailleurs, les travailleurs bénéficieront de la hausse programmée de l’AAH, sauf s’ils sont en couple comme l’a déjà expliqué Faire-face.fr. Son montant à taux plein va passer à 860 € le 1er novembre 2018 et à 900 € le 1er novembre 2019. Un célibataire sans autres ressources que sa rémunération garantie va donc voir son AAH augmenter de presque 50 € par mois dans un premier temps, puis 90 € dans deux ans.

À cela s’ajoute la hausse de la prime d’activité à laquelle ils ont droit depuis janvier 2016 : +20 € par mois à partir d’octobre 2018 et une nouvelle hausse est prévue en 2019. De quoi doper leur pouvoir d’achat. Franck Seuret

Combien gagne un travailleur en Ésat ?

La rémunération garantie du travailleur en Ésat doit être comprise entre 55 et 110% du smic net, soit entre 632 et 1 232 €. Une somme complétée par l’AAH différentielle, s’il y a droit. Dans cet Ésat où Faire-face.fr s’est renseigné, les travailleurs à temps plein touchaient 743 € net par mois et 548 € d’AAH, soit 1291 € par mois. S’y ajoute une prime d’activité de 39 € par mois, selon le simulateur de la Caf. Le 1er novembre 2018, leur AAH devrait augmenter de 50 € et leur prime d’activité de 20 €.

12 octobre 2017

L'autisme s'expose chez Yann Arthus-Bertrand

article publié sur Handicap.fr

Résumé : "Autiste, et alors ?" : une conférence, une expo photo et une projection le 14 octobre 2017 à la fondation de Yann Arthus-Bertrand, à Paris. Pour faire la lumière sur l'intégration mais aussi de l'exclusion des personnes autistes...

Par , le 12-10-2017


La fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand (Paris 16e) accueille le 14 octobre 2017 l'événement "Autisme : au-delà des clichés" avec, notamment, une conférence sur le sujet, des ateliers pour enfants et une exposition de photographies, prises notamment par le photographe-réalisateur.

Une conférence

Organisée par l'association SOS autisme France, cette journée accueillera notamment une conférence intitulée "Autisme : de l'éducation à la culture en passant par l'environnement", avec Marina Carrère d'Encausse, médecin et animatrice de télévision, des membres d'associations et des experts. "La fondation de Yann Arthus-Bertrand est une boîte de répercussion de plusieurs sujets de société. Nous avons pensé qu'il était important d'y aborder l'autisme, par le prisme de l'intégration mais aussi de l'exclusion dans la société des personnes autistes", a expliqué à l'AFP sa présidente, Olivia Cattan. Environ 650 000 enfants et adultes seraient atteints de troubles du spectre de l'autisme (TSA) en France, selon les associations. Un nouveau-né sur 100 serait concerné.

Une expo photo

Une exposition baptisée Je suis autiste, et alors ?, comprenant des photographies d'Audrey Guyon, reporter-photographe et mère d'un enfant autiste, de Yann Arthus-Bertrand et de l'animateur Nikos Aliagas, sera dévoilée. Principalement en noir et blanc, elles retracent les parcours de vie de personnes atteintes de troubles du spectre autistique et de leurs proches : un jeune garçon scolarisé à l'école publique de son quartier, un chef d'entreprise qui a "connu la camisole et les hôpitaux psychiatriques", des couples dans leur vie quotidienne...

Une projection de film

L'exposition sera ensuite accueillie dans d'autres lieux publics, a précisé Mme Cattan. "L'autisme est trop souvent vu sous un prisme médical", a regretté cette mère d'un garçon de 11 ans atteint de troubles autistiques. "Lutter contre les clichés, c'est aussi remettre la culture, la musique et l'amour au cœur des choses". Des ateliers artistiques (musique et dessin) pour les enfants et des concerts sont également au programme de la journée, gratuite, qui se tiendra de 11h à 18h au domaine de Longchamp, près de Paris. Le téléfilm Presque comme les autres, réalisé en 2015 par Renaud Bertrand et inspiré de l'histoire de l'acteur Francis Perrin, de sa femme Gersende et de leur fils autiste, sera projeté à 16h. Il sera suivi d'un débat avec le réalisateur et l'acteur principal, Bernard Campan.

 

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12 octobre 2017

Le guide VB-MAPP Evaluation du comportement verbal & programme d'intervention

Guide VB MAPP traduit en français

12 octobre 2017

Reportage FR3 sur le FAM "Lou Bouscaillou" géré par l'Association ENVOL TARN

Envol Tarn page Facebook

& le site ici

NB Cette structure est partenaire d'Autisme France

Reportage sur notre Foyer d’Accueil Médicalisé spécialisé Autisme, créé et géré par notre association !

Nous en sommes très fier mais surtout ce qui nous comble de joie est d’y voir les résidents s’y épanouir et progresser à tous les âges.

Notre établissement accueille 24 adultes autistes en internat et 7 en accueil de jour.

12 octobre 2017

Les Soeurs Lampions -> Des spectacles pour les enfants, adolescents et adultes en situation de handicap

12 octobre 2017

Le Centre expert autisme du Limousin redoute une baisse de ses moyens

Le Centre expert autisme du Limousin redoute une baisse de ses moyens
Illustration dans une classe de maternelle spécialisée dans la prise en charge d'enfants autistes © Stéphanie Para
Le fonctionnement de la structure est en cours d’évaluation par l’agence régionale de santé. Un collectif, composé majoritairement de familles, s’inquiète d'une éventuelle réduction de ses financements.

Le Centre expert autisme du Limousin (CEAL) risque-t-il de voir son budget amputé de 30 à 40 % ? C’est l’alerte d’un collectif pour le sauvetage de ce « dispositif unique en France », dédié au diagnostic précoce et à la prise en charge intensive des enfants autistes de 0 à 6 ans. Près de 4.000 signatures ont été recueillies depuis le 5 octobre dans une pétition en ligne intitulée « Sauvons un modèle d’accompagnement pour nos (vos) enfants autistes ! ». Et le nombre de signataires ne cesse d’augmenter.

Cette diminution des moyens aurait été annoncée « oralement », début septembre, à la suite d’une mission diligentée par l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine.

D’après le texte de la pétition, la mission « a rendu hommage à la qualité du travail fait sur le terrain, qualifié de "travail de haute couture" mais a expliqué « que ce succès local était à l’origine d’une "inégalité territoriale" ».

Pour les parents, une perte de chances
pour 30 à 40% des enfants

En conséquence, s’alarme le collectif, l’ARS devrait procéder à une réduction d’un tiers des crédits du Centre expert autisme, créé en juin 2014 au CHU de Limoges. D’après nos informations, 1,8 million d’euros étaient consacrés à la prise en charge des enfants autistes. La somme pourrait baisser de 600.000 euros.

Pour le collectif (principalement des parents issus de diverses associations impliquées dans l’autisme, bénéficiaires de l’accompagnement du CEAL ou sur liste d’attente), « ce mode de réduction de l’inégalité territoriale aboutirait à une perte de chances pour 30 à 40% des enfants et à la destruction d’un pôle d’excellence reconnu ».

L’actuel directeur médical du centre que nous avons contacté, le docteur Eric Lemonnier, étranger à la pétition, reste prudent, « [attend] de voir » mais craint qu’en « redéfinissant les moyens, on ne puisse plus faire pareil ».

Pour l'ARS, il s'agit de « pérenniser la structure »

Pour l’agence régionale de santé, le CEAL était jusqu’à présent en mode expérimental dans le cadre du 3e Plan Autisme et le dossier « traité avec les partenaires » n’est pas encore réglé.

« L’efficacité du Centre expert autisme
ne fait aucun doute.
Il y a des points forts et des axes d’amélioration »

Saïd Acef (directeur en charge de l'autonomie à l'ARS)

« Aujourd’hui, il faut faire basculer la structure dans un fonctionnement pérenne, le modèle étant destiné à être décliné ailleurs en France  », explique Saïd Acef, directeur en charge de l’autonomie à l’ARS.

« Ce sont des questions d’ordre administratif et juridique. L’efficacité du centre ne fait aucun doute, poursuit-il. Il y a des points forts et des axes d’amélioration : on étudie actuellement comment sont utilisés les 2,4 millions de budget global du centre expert, répartis entre les professionnels du CHU de Limoges et de deux associations. On doit homogénéiser l’ensemble, mais ça ne veut pas dire qu’il y aura une baisse de 40 % de l’activité. » Un rapport final est prévu pour le 31 octobre.

Le docteur Geneviève Macé, à l’origine de la création et du développement du Centre expert autisme du Limousin, est aussi membre du collectif. Elle reconnaît que « l’ARS de Nouvelle-Aquitaine a permis de belles réalisations en matière d’autisme sur son territoire. Les parents espèrent juste qu’elle trouve une solution, avec l’aide l’État, pour ce problème local, régional mais aussi national. » Réponse officielle dans quelques semaines.

Hélène Pommier

En chiffres

47 enfants sont actuellement suivis de façon intensive par le Centre expert autisme du Limousin, pour un montant de 38.000 € par an et par enfant, et 13 sont sur liste d’attente.
Pour le collectif, une réduction de l’enveloppe budgétaire signifierait soit une diminution du nombre de bénéficiaires, soit une baisse de la qualité de prise en charge.

 

11 octobre 2017

Allocation adultes handicapés : Sophie Cluzel répond aux associations

Mercredi 11 Octobre 2017 - 13h36

article publié sur Vivre FM

La secrétaire d'état en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel répond aux associations qui dénoncent les conditions de l'augmentation de l'AAH. Dans un communiqué, elle reprend point par point les questions soulevées.

Sophie Cluzel répond aux questions de la presse lors de la réunion du CIH (20 septembre)

 

La secrétaire d'état explique que la revalorisation annoncée à l’issue du Comité Interministériel du Handicap (CIH) du 20 septembre dernier va permettre de porter le niveau de l’AAH à 900 € en deux étapes : le 1er novembre 2018 l'AAH sera portée à 860 €, puis le 1er novembre 2019 elle arrivera à 900 €. Ces deux revalorisations "exceptionnelles" vont compléter les  revalorisations traditionnelles selon le montant de l’inflation qui ont lieu chaque année le 1er avril.

La ministre rappele que "cette revalorisation correspond à une hausse de plus de 11% du montant de l’allocation pour une personne isolée et sans autre ressource".

Le gouvernement a fait ses calculs et conclut : cette revalorisation "va permettre un gain mensuel de 48 € dès la fin 2018.  Fin 2019, le gain mensuel sera porté à 90€." Sophie Cluzel affirme que "c’est l’équivalent de plus d’un 13e mois d’AAH. Il bénéficiera à 876 500 ménages. La mesure représente une dépense nouvelle d’un montant cumulé de 2,5 milliards d’euros d’ici à 2022".

Puis le communiqué du gouvernement répond point par point aux interrogations exprimées par les associations dans un style quesTions/réponses. Il est faux, selon le gouvernement, de dire que "la revalorisation de l’AAH fait des perdants chez les couples". Sophie Cluzel explique : "la revalorisation s’accompagne d’un rapprochement des règles de prise en compte de la situation familiale des bénéficiaires avec celles applicables à d’autres minima : le coefficient multiplicateur du plafond de ressources pour les couples sera fixé à 1,9 au 1er novembre 2018 puis à 1,8 au 1er novembre 2019. Il reste supérieur au coefficient applicable aux bénéficiaires d’autres minimas. Le niveau de ressource garanti aux couples est ainsi stabilisé à 1 620€. Ce niveau est supérieur de plus de 7% au seuil de pauvreté pour les couples (1 512 €)".

"Seuls 7,5% des bénéficiaires de l’AAH en couple ont des ressources au-dessus du plafond de 1 620 € ; leur situation sera strictement inchangée". explique le communiqué de la ministre qui précise : "plus de 155 000 bénéficiaires de l’AAH en couple ont des ressources situées en dessous de ce seuil : ils vont bénéficier pleinement de la mesure de revalorisation".

Et pour preuve le gouvernement prend un exemple : "deux bénéficiaires de l’AAH en couple, sans autre ressource d’existence que ce minima, bénéficieront pleinement de la revalorisation ; elle va représenter un gain mensuel de + 180 €". De même pour un couple de deux bénéficiaires de l’AAH travaillant chacun à mi-temps au smic la revalorisation jouera à plein (+180 €)".

 Autre point de friction entre les associations et le gouvernement: les compléments de ressources. La aussi les associations pointent des pertes de pouvoir d'achat. "Faux" affirme la secrétaire d'état. Les droits des personnes qui en bénéficient aujourd'hui seront maintenus, et les nouveaux modes de calcul ne concerneront que les nouvelles demandes. Et Sophie Cluzel détaille les conditions de cette réforme : "Contrairement à l’objectif de la loi de 2005 qui visait à ne maintenir qu’un seul complément de l’AAH, le bénéfice de l’AAH peut être complété, pour des personnes placées dans la même situation (personnes handicapées qui ont un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80% et qui bénéficient d’une allocation à taux plein) par l’un ou l’autre des 2 compléments :

-  un « complément de ressources » de 179 € lorsqu’elles ont une capacité de travail inférieure à 5%. Seuls 6% des bénéficiaires de l’AAH en sont aujourd’hui bénéficiaires.
- par une « majoration pour la vie autonome » de 105 € qui vient, elle, rehausser le niveau des allocations logement de droit commun. 14% des allocataires bénéficient de cette majoration.

La coexistence de ces deux compléments, dont le bénéfice est soumis à des conditions partiellement communes, et qui peuvent, ou pas, s’articuler avec les prestations logement de droit commun, nuit à la lisibilité des dispositifs et concourt à l’engorgement des MDPH par des demandes d’évaluations spécifiques.

Dans une perspective de rationalisation et de simplification, une fusion de ces compléments va être engagée. Elle ne sera pas effective avant le début 2019. Le complément de ressources (CR) qui implique une évaluation particulière de la capacité au travail des bénéficiaires, en sus de l’évaluation de son incapacité, disparaitra. Subsistera la majoration pour la vie autonome (MVA).

En conclusion, le gouvernement rappelle son engagement en faveur des personnes handicapées :

La revalorisation sans précédent de l’AAH permet de renforcer le soutien de la solidarité nationale à ceux qui en ont le plus besoin afin de lutter contre la pauvreté subie des personnes. Elle s’inscrit dans le cadre de la priorité que le gouvernement souhaite accorder au handicap durant tout le quinquennat afin d’améliorer la vie quotidienne des personnes avec handicap. L’ensemble des ministères sont mobilisés dans cet objectif, comme présenté dans le cadre du comité interministériel du handicap du 20 septembre dernier. Ils élaboreront des plans d’action ministériels d’ici à la fin de l’année."

La rédaction

11 octobre 2017

Romain, autiste : la grève de la faim n'aura servi à rien ?

article publié dans Handicap.fr

Résumé : Malgré une grève de la faim en juin 2017 qui a permis à 4 familles de trouver une solution pour leur enfant, le cas de Romain reste sans réponse. Ce garçon autiste de 15 ans attend une place en établissement depuis 20 mois. Blocage de l'ARS !

Par , le 11-10-2017

Leur grève de la faim n'aura donc servi à rien pour Romain ? En juin 2017, des familles occupaient la place de la République pour réclamer, en urgence, une solution pour cinq enfants en situation de handicap (article en lien ci-dessous). L'intervention du secrétariat d'État en charge du Handicap avait permis de débloquer rapidement la situation pour quatre d'entre eux. Mais Romain Ficher, 15 ans, autiste, reste toujours sans réponse adaptée à sa situation. À l'époque, une place en structure lui avait été promise. Quatre mois plus tard, rien !

Pas de psychiatrie !

Romain, qui habite Thiais (94), vit au domicile familial depuis 20 mois. Son parcours est depuis longtemps chaotique avec des erreurs d'orientation qui l'ont mené à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique. Inadapté à son profil ! Un suivi médical est désormais assuré par les services du Professeur Munnich, chef de service de génétique à l'hôpital Necker, qui maintient que cet enfant doit aller en IME. Or, pour le moment, les seules propositions formulées sont l'hôpital psychiatrique ou un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP). « Il reste délicat de faire entendre aux services de la MDPH que cet enfant ne relève pas de la psychiatrie », s'indigne Karine Héguy, présidente du Collectif Emilie qui a soutenu les familles dans leur action.

Une famille à bout

Après la grève de la faim de juin, la MDPH 94 a accordé à Romain, à titre provisoire, une PCH (prestation de compensation du handicap) à hauteur de 7 heures par jour pour soulager la famille et plus particulièrement les grands-parents âgés de plus de 70 ans qui assurent le relais lorsque la maman travaille. Malgré cette présence humaine, le jeune homme n'est pas stimulé, ne bénéficie d'aucune prise en charge adaptée et ne côtoie aucun enfant de son âge. Selon le Collectif, « il s'agit d'une solution de gardiennage qui a atteint ses limites ». D'autant que sa mère vit seule avec ses deux enfants autistes sévères -Romain a une sœur âgée de 17 ans-, « un profil fragile » qui « inquiète ». « Elle semble résignée à l'idée que [ces] services se sont moqués d'elle et envisage de reprendre seule une grève de la faim... », prévient Karine.

Blocage de l'ARS d'Ile de France

Aucune réponse viable n'est donc apportée par l'Agence régionale de santé d'Ile de France ni par la délégation départementale du 94. « Pourquoi un tel blocage, alors que, pour les autres enfants, leur ARS a trouvé très rapidement une solution ? », s'interroge Karine. Rien ne semble y faire, pas même les relances du cabinet de Sophie Cluzel qui s'est impliqué aux côtés de la famille. Dans l'attente de la mise en application de la notification MDPH, le Collectif suggère trois solutions : un accompagnement social de la famille, l'intervention de professionnels de soins au domicile pour faire progresser Romain dans son autonomie et rendre sa vie plus épanouissante et une intégration à temps partiel au sein de l'IME qui serait susceptible de l'accueillir.

Appel à Emmanuel Macron

Face à l'absence de dialogue, le Collectif Emilie, qui assure résoudre 90% des dossiers qui lui sont confiés, a donc adressé une lettre au président de la République. Il y déplore le « manque de contacts directs auprès de vos ministères », qui « freine grandement nos actions, contacts que nous avions lors du précédent mandat ». Et lance un appel au chef de l'État : « Quand d'autres incitent les familles à monter sur des grues, (…) aidez-nous à démontrer que la médiation est un outil utile pour désamorcer les situations compliquées ». Nouvel espoir du côté du Défenseur des droits ? Les parents de Romain et le collectif seront reçus le 16 octobre 2017 par Patrick Gohet, son adjoint en charge des discriminations.

 

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Sur Handicap.fr

 

11 octobre 2017

Romain, autiste et styliste

article publié sur le site de la Fondation Orange

Romain, 23 ans, a toujours été créatif et déterminé. Diagnostiqué autiste Asperger à 8 ans, il suit un parcours scolaire et obtient un Bac Pro des Métiers de la mode. En 2014, il réalise son 1er défilé aidé par sa famille et par l’association « Asperger Family ». Aujourd’hui créateur-styliste à Rouen, il continue à faire de son syndrome, une force pour innover et créer passionnément. Son rêve : créer une collection de luxe, à la fois sur mesure, sans essayage, sans différences : une robe de mariée pour personnes en fauteuil roulant, des robes de soirée ultra-féminine et inédites...
Concentré à 200% sur sa création, Romain a besoin d’un « Coup de Pouce » pour fabriquer et faire connaître sa collection. Nous lui attribuons une aide de 15 000 euros pour financer son projet.

Les Coups de Pouce pour l’insertion des personnes avec autisme

Nous voulons aider des autistes de haut niveau qui n’ont pas les mêmes codes sociaux que nous en leur apportant l’aide matérielle ou les compétences dont ils manquent. Musicien, styliste, auteures, relaxologue... Des talents exceptionnels qui ne demandent que ce coup de pouce pour se réaliser professionnellement.
Un « Coup de Pouce » pour prendre un nouveau départ !

Découvrez les créations de Romain Brifault

 
 
Crédit photos : Arnaud Bertereau - Agence Mona
10 octobre 2017

ONU : une experte handicap passe la France au crible

article publié sur Handicap.fr

Résumé : En octobre 2017, une experte de l'ONU est en visite en France pour évaluer la situation des personnes handicapées. Priorité à la question de l'institutionnalisation et à l'exil des Français vers la Belgique. Quelles mesures concrètes ?

Par , le 10-10-2017

En 2015, pour en finir avec des pratiques d'un autre temps et contraindre la France à appliquer les recommandations de l'ONU en faveur des personnes avec autisme, 28 associations demandaient à l'institution de venir constater sur le terrain (article en lien ci-dessous). Ont-elles été entendues ? Catalina Devandas-Aguilar effectue sa première visite officielle en France du 3 au 13 octobre 2017 afin d'examiner la situation des personnes handicapées, tous handicaps confondus, dans notre pays.

Rapporteur, quel rôle ?

Cette Costaricaine a été désignée, en juin 2014, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en tant que première rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées. Elle a longtemps travaillé sur les questions liées au handicap avec le Disability rights advocacy fund, l'unité de l'ONU responsable de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et la Banque mondiale. Son travail a porté sur les droits des femmes handicapées et celui des peuples autochtones handicapés.

Priorité du quinquennat

« S'agissant de ma première visite en France, j'ai hâte de connaître les mesures concrètes prises par les autorités pour mettre en œuvre la Convention relative aux droits des personnes handicapées (ndlr : ratifiée par la France en 2006). Ceci est d'autant plus pertinent compte tenu de la décision du président Macron de donner une priorité à la question du handicap dans son quinquennat », a déclaré Mme Devandas-Aguilar. « J'ai également l'intention d'identifier les défis et les lacunes en matière de protection des personnes en situation de handicap, afin de formuler des recommandations concrètes à ce sujet », a-t-elle ajouté.

Quel programme ?

Durant ces dix jours, elle tiendra des réunions avec des représentants du gouvernement, des autorités régionales et départementales, l'institution nationale des droits de l'homme et d'autres institutions indépendantes, ainsi que des personnes en situation de handicap et les organisations qui les représentent, notamment l'Unapei (photo ci-dessus). Un rendez-vous avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, est notamment programmé. Elle doit se rendre à Paris, Lyon, Marseille et Avignon, où elle visitera une école inclusive, des institutions pour enfants et adultes handicapés, des établissements psychiatriques ainsi qu'un projet de logement pour personnes avec handicap psychosocial.

Question d'institutionnalisation

« Ma visite se concentrera principalement sur la question de l'institutionnalisation, y compris la pratique d'envoyer des personnes handicapées françaises dans des établissements en Belgique, ainsi que sur la situation des personnes autistes et de celles avec un handicap psychosocial, a déclaré l'experte. Je vais aussi examiner la question de la protection sociale et les efforts visant à prévenir et remédier aux abus commis contre les personnes handicapées en France ». Début 2016, l'ONU exhortait la France à mieux protéger ses enfants et se disait préoccupée, entre autres, par les cas de mauvais traitements dont certains sont victimes dans les institutions (article en lien ci-dessous).

Un rapport en 2019

Une conférence de presse le 13 octobre doit clôturer ce déplacement français. Le même jour, Catalina Devandas-Aguilar fera au gouvernement une restitution préliminaire de son rapport. Elle présentera les résultats définitifs de sa visite et ses recommandations dans un rapport officiel au Conseil des droits de l'homme des Nations unies en mars 2019. A suivre…

© United nations + Unapei

 

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Sur Handicap.fr

Sur le web

 

10 octobre 2017

Non, on est pas tous un peu autiste.

 

Non, on est pas tous un peu autiste.

Lorsqu'on annonce un diagnostic d'autisme à son entourage, on est souvent confronté à toutes sortes de réactions plus ou moins étranges. Certains seront soulagés de pouvoir mettre un mot sur notre différence et feront rétrospectivement l'analyse de tous nos comportements inadaptés en s'exclamant "mais c'est pour çaaaa".

http://lautisterique.blogspot.fr

 

10 octobre 2017

Meuphine, Forum de l'orientation du handicap samedi 14 octobre à Tournan-en-Brie (77)

article publié sur Vivre FM

Mardi 10 Octobre 2017

Invité : Nadine Vallet, présidente de l'association Meuphine, mère d'un enfant en classe CLIS (classe d'intégration scolaire)

00:00

Affiche du forum de l'association du handicap

 

Ils vont handiscuter! Samedi 14 octobre, pour le forum Handi'cap avenir, les familles, les personnes handicapées, enseignants, éducateurs et AVS ont rendez-vous à Tournan-en-Brie (77). Scolarisation, formation, enseignement, tout sera détaillé afin de réfléchir à l'orientation des personnes handicapées.

Contact :

Association Meuphine

Forum de l'orientation du handicap de 10h - 17h30

Entrée libre à la salle des fêtes Claude Santarelli

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