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"Au bonheur d'Elise"
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16 novembre 2013

Personnes handicapées : Dispositif d'alerte et de traitement des situations critiques

Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, s’est exprimée aujourd’hui devant les directeurs généraux des Agences Régionales de Santé (ARS) pour que soit rapidement et efficacement mis en œuvre un dispositif d’alerte et de traitement des « situations critiques ».

Suite aux dysfonctionnements révélés par l’affaire Amélie Loquet, Marie-Arlette Carlotti a souhaité accéléré la réflexion sur la prise en charge des personnes dont la complexité de la situation génère des ruptures de parcours et menace l’intégrité de la personne et/ou de sa famille.

A l’échelon départemental, les MDPH doivent mettre en place, comme c’est le cas dans plusieurs départements, une commission en charge de la gestion des situations critiques.

A l’échelon régional, les ARS désigneront un référent régional ayant pour mission d’identifier des solutions régionales pour prendre en charge et accueillir les personnes pour lesquelles aucune solution n’aura pu être identifiée par les MDPH. L’ARS devra alerter la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dés lors qu’une solution régionale n’aura pu être identifiée.

A l’échelon national, la CNSA met en place une cellule nationale d’appui aux situations critiques afin de trouver les solutions adéquates et d’identifier les bonnes pratiques d’accompagnement.

Le 3977, numéro national d’appel contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées, est associé au dispositif de gestion et de traitement des situations critiques.

En complément de ce dispositif opérationnel d’urgence, la ministre confie à Denis Piveteau conseiller d’Etat, le pilotage d’un groupe de travail portant sur les évolutions de la réglementation et de l’organisation de l’accompagnement des personnes handicapées. Il présentera ses préconisations, d’ici janvier 2014, à la Ministre.

Marie-Arlette Carlotti est engagée avec détermination pour la création de nouvelles places et pour l’adaptation de l’offre existante, pour l’accueil des personnes les plus en difficulté. Avec le Comité Interministériel du Handicap (CIH), le gouvernement a marqué sa volonté de faire vivre en matière de handicap un pilotage interministériel au plus haut niveau de l’Etat à travers la mobilisation de l’ensemble des membres du gouvernement.

La procédure d'urgence : prise en charge des

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13 novembre 2013

Autisme et trouble de l'attention avec hyperactivité : similitudes et différences ...

13 novembre 2013

article publié sur le blog Autisme Information Science

[Autism and attention deficit hyperactivity disorder: similarities and differences in executive functioning and theory of mind]

Traduction: G.M.
 
Rev Neurol. 2013 Sep 6;57 Suppl:S177-84.

 Autisme et trouble de l'attention avec hyperactivité : similitudes et différences dans le fonctionnement exécutif et la théorie de l'esprit

[Article in Spanish]
SourceUniversidad de Valencia, 46071 Valencia, Espana.
Abstract
Bien que les critères diagnostiques du DSM-IV-TR ne se chevauchent pas, la présence de symptômes de déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH) chez les personnes présentant un diagnostic clinique de l'autisme est assez élevée.  
Dans le même temps, les enfants avec un TDAH peuvent avoir des traits autistiques, les plus répandues étant les difficultés sociales et de communication. L'analyse de la combinaison des fonctions exécutives et théorie des déficits de l'esprit (ToM) pourrait aider à expliquer le chevauchement et la différenciation entre les deux troubles.

OBJECTIF
Examiner les conclusions des études empiriques dans lequelles les enfants avec autisme et  TDAH ont été comparés sur les indicateurs des fonctions exécutives et ToM.

DÉVELOPPEMENT
La revue de la littérature suggère l'existence de profils distincts dans les troubles du spectre autistique (TSA) et TDAH lorsque le fonctionnement exécutif est segmenté par composants. 
Les enfants avec TDAH éprouvent des déficits de contrôle inhibiteur, alors que les enfants avec autisme ont des problèmes avec la flexibilité cognitive et de la planification. Concernant le domaine des compétences mentales, il y a des différences de développement, ainsi que des différences dans leur gravité. Les jeunes enfants avec autisme ont des déficiences plus grande dans la théorie de l'esprit (ToM) par rapport aux enfants avec TDAH et un déficit primaire en orientation sociale.

CONCLUSION
Bien que des progrès importants ont été accomplis, certains points restent à clarifier, parmi lesquels nous pouvons citer l'analyse de la façon dont le développement de la ToM affecte le développement des fonctions exécutives pauvres,à l'aide d'études longitudinales qui analysent les trajectoires développementales des enfants avec TSA et des enfants avec TDAH.

INTRODUCTION. Although the DSM-IV-TR diagnostic criteria do not overlap, the presence of attention deficit hyperactivity disorder (ADHD) symptoms in individuals with a clinical diagnosis of autism is quite high. At the same time, children with ADHD can have autistic traits, the most prevalent being social and communication difficulties. The analysis of the combination of executive functions and theory of mind (ToM) deficits could help to explain the overlap and differentiation between the two disorders. AIM. To review the findings of empirical studies in which children with ADHD and autism have been compared on indicators of executive functions and ToM. 
DEVELOPMENT. The literature review suggests the existence of distinct patterns in autism spectrum disorders (ASD) and ADHD when the executive functioning is segmented by components. Children with ADHD experience deficits in inhibitory control, while children with ASD have problems with cognitive flexibility and planning. Regarding the domain of the mentalist skills, there are developmental differences, as well as differences in their severity. Younger children with ASD have greater deficiencies in the ToM compared to children with ADHD, and a primary deficit in social orientation. 
CONCLUSION. Although important progress has been made, some issues remain to be clarified, among which we can highlight the analysis of how ToM development affects poor executive functions development, using longitudinal studies that analyze the developmental paths of children with ASD and children with ADHD.
PMID: 23897146
 
Pubmed propose le résumé en espagnol

TITLE: Autismo y trastorno por deficit de atencion/hiperactividad: convergencias y divergencias en el funcionamiento ejecutivo y la teoria de la mente.

Introduccion. Aunque los criterios diagnosticos del autismo y del trastorno por deficit de atencion/hiperactividad (TDAH) en el DSM-IV-TR no se solapan, la presencia de sintomas de TDAH en individuos con un diagnostico clinico de autismo es muy elevada. A su vez, los niños con TDAH pueden tener rasgos autistas, aunque los mas prevalentes son las dificultades sociales y de comunicacion. El analisis del perfil en las funciones ejecutivas y en la teoria de la mente (ToM) podria ayudar a explicar el solapamiento y la diferenciacion entre ambos trastornos. Objetivo. Revisar los hallazgos de estudios empiricos en los que se ha comparado a niños con TDAH y con autismo en indicadores de funcionamiento ejecutivo y ToM. Desarrollo. La revision de las investigaciones sugiere la existencia de patrones distintos en el trastorno del espectro autista (TEA) y en el TDAH cuando el funcionamiento ejecutivo se segmenta en componentes. Los niños con TDAH experimentan deficit en el control inhibitorio mientras que los niños con TEA tienen mas problemas en flexibilidad cognitiva y en planificacion. En cuanto al dominio de las habilidades mentales se producen diferencias evolutivas, asi como en su gravedad. Los niños mas pequeños con TEA experimentan mayores deficiencias en la ToM en comparacion con los niños con TDAH y un deficit primario en la orientacion social. Conclusiones. Aunque los avances son importantes, quedan asuntos pendientes por aclarar, entre los que destaca el analisis de como afecta un pobre desarrollo de las funciones ejecutivas al desarrollo de la ToM, con estudios longitudinales que analicen las trayectorias evolutivas de niños con TEA y niños con TDAH.
13 novembre 2013

Lundi 16 décembre 2013 - journée scientifique TDAH & TSA à la Maison de la Chimie PARIS

Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité & Troubles du Spectre Autistique lieu : Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique, 75007 Paris de 09:00 à 17:00

De nombreux patients présentent des signes appartenant aux deux syndromes, TDA/H & TSA.

Depuis plus de dix ans, un nombre grandissant de travaux leur est consacré ainsi qu’à l’étude des substrats génétiques, neurologiques et cognitifs, et à l’élaboration de prises en charge innovantes et personnalisées.

Journée Scientifique en langue française ouverte aux professionnels et au public



Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité & Troubles du Spectre Autistique

Journée Scientifique en langue française

Lundi 16 décembre 2013 - Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique, 75007 Paris

De nombreux patients présentent des signes appartenant aux deux syndromes, TDA/H & TSA.

Depuis plus de dix ans, un nombre grandissant de travaux leur est consacré ainsi qu’à l’étude des substrats génétiques, neurologiques et cognitifs, et à l’élaboration de prises en charge innovantes et personnalisées.

Journée Scientifique en langue française ouverte aux professionnels et au public

MATINEE de 9h00 à 13h00 ‐ 3 conférences

- 9h00 Accueil

- 9h10 Présentation Pr Manuel Bouvard, Pédopsychiatre-Professeur des Universités- Chef de Service Centre hospitalier Charles Perrens, Bordeaux

- 9h30 Devenir du TDA/H, que nous apprennent les patients suivis depuis l’enfance ?

Pr Rachel Klein, Fascitelli Family Professor of Child and Adolescent Psychiatry, New York University Child Study Center

- 10h30 Pause

- 11h00 L’hétérogénéité phénotypique fait obstacle au diagnostic catégoriel de l’autisme, mais informe sur ses mécanismes génétiques, neurologiques et cognitifs.

Pr Laurent Mottron, Professeur à l’Université de Montréal, Laboratoire de Neurosciences cognitives des troubles envahissants du développement

- 12h00 TDA/H et TSA : points communs et particularités en génétique et neuro-­‐imagerie.

Dr Samuele Cortese, Pédopsychiatre, Cambridge

- 13h00-­‐14h00 Pause déjeuner

APRES-­‐MIDI de 14h00 à 17h00 ‐ 2 ateliers

aspects pratiques liés au diagnostic et à la prise en charge des patients alliant TSA et TDA/H (en échange avec le public, inclus dans le DPC)

- 14h00 Cas cliniques : « dans sa bulle et/ou dans son monde »

Dr François Bange, Psychiatre-Praticien attaché (Paris),

Dr Marie-Claude Saiag, Pédopsychiatre-Praticien attaché (Paris),

Dr Véronique Gaillac, Psychiatre-Praticien hospitalier (Paris),

Dr Linnea Hjalmarsson Psychiatre (Paris),

Séverine Leduc psychologue (Paris).

- 15h00 Pause

- 15h30 Agir ensemble pour la scolarité des enfants avec troubles du développement : exemples de dispositifs innovants

Pr Frédérique Bonnet‐Brilhaut Pédopsychiatre­‐Professeur des Universités-­‐Praticien hospitalier (Tours),

Pr Diane Purper-­Ouakil Pédopsychiatre‐Professeur des Universités-­‐ Praticien hospitalier (Montpellier).

- 16h30 Conclusion

Pour s’inscrire utiliser le formulaire présent dans le document joint

PDF - 277.3 ko
Journée TDAH - TSA_Programme

 

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12 novembre 2013

Effet de l'hippothérapie sur le contrôle moteur, les comportements adaptatifs et la participation des enfants TSA

11 novembre 2013

article publié sur le blog Autisme Information Science

Effect of hippotherapy on motor control, adaptive behaviors, and participation in children with autism spectrum disorder: a pilot study

Traduction: G.M.
 
Am J Occup Ther. 2013 Nov-Dec;67(6):653-63. doi: 10.5014/ajot.2013.008383.

Effet de l'hippotherapie sur le contrôle moteur, les comportements adaptatifs, et la participation des enfants avec un trouble du spectre autistique: une étude préliminaire

SourceHeather F. Ajzenman, OTD, OTR/L, is Occupational Therapist, Children's Therapy Associates, Hillsborough, NC.
 

OBJECTIF

Cette enquête visait à déterminer si l' hippothérapie augmentait la fonction et la participation chez les enfants avec des troubles du spectre autistique (TSA). Nous avons supposé des améliorations dans le contrôle moteur, susceptibles d'accroître les comportements adaptatifs et la participation aux activités quotidiennes.  

The purpose of this investigation was to determine whether hippotherapy increased function and participation in children with autism spectrum disorder (ASD). We hypothesized improvements in motor control, which might increase adaptive behaviors and participation in daily activities. 

METHODE
Six enfants avec  TSA de 5 à 12 ans ont participé à 12 séances hebdomadaires d' hippothérapie de 45 min.  
Les mesures pré- et post- hippothérapie incluant le test Vineland du comportement adaptatif-II et le Child Activity Card Sort . Le contrôle moteur a été mesuré pré-intervention et post-intervention utilisant un système de capture de mouvement vidéo et des plaques de force;

Six children with ASD ages 5-12 participated in 12 weekly 45-min hippotherapy sessions. Measures pre- and post-hippotherapy included the Vineland Adaptive Behavior Scales-II and the Child Activity Card Sort. Motor control was measured preintervention and postintervention using a video motion capture system and force plates. 

RESULTATS
Le balancement postural a considérablement diminué post-intervention . Des augmentations importantes ont été observées dans les comportements adaptatifs globaux (communication réceptive et adaptation) et la participation à l'auto-soins , de loisirs à faible demande , et des interactions sociales  
Postural sway significantly decreased postintervention. Significant increases were observed in overall adaptive behaviors (receptive communication and coping) and in participation in self-care, low-demand leisure, and social interactions. 

CONCLUSION
Ces résultats suggèrent que l'hippothérapie a une influence positive sur les enfants atteints de TSA et peut être un outil utile pour le traitement de cette population.

These results suggest that hippotherapy has a positive influence on children with ASD and can be a useful treatment tool for this population.

NB :  Hippothérapie, Equithérapie, Thérapie avec le cheval -> c'est la même chose à quelques variantes près suivant qu'on est belge ou français ou que la formation est dispensée par la SFE (Equithérapie) ou la FENTAC (Thérapie avec le Cheval).
Autre formation sérieuse tournée vers la pratique HANDICHEVAL et le métier d'équicien ... (jjdupuis)

Équithérapie

Relaxation en séance d'équithérapie

L'équithérapie, souvent appelée hippothérapie en Belgique, est une prise en charge thérapeutique, non conventionnelle, complémentaire aux soins médicaux, qui prend en considération le patient dans son entité physique et psychologique, et utilise le cheval comme partenaire thérapeutique afin d'atteindre des objectifs fixés en fonction de la spécialité du thérapeute1.

11 novembre 2013

Faculté de médecine Paris Descartes - Que dire de l'autisme ?

Conférence prononcée par :

Monsieur Josef Schovanec, personne avec autisme, ancien élève de Sciences-Po Paris, docteur en philosophie, auteur de "Je suis à l'Est" (Plon, 2012).

Les « Rencontres d'Hippocrate » sont des conférences mensuelles ouvertes au grand public, organisées par le Doyen Patrick Berche et Christian Hervé (Société Française et Francophone d'Ethique Médicale).
Lors de ces soirées, des personnalités du monde de la politique, de la santé ou des sciences humaines et sociales viennent échanger et débattre avec le public sur des thématiques d'actualité liées à la santé et à l'éthique.
Retrouvez le programme des conférences mensuelles sur notre site : http://www.medecine.parisdescartes.fr/

Avec la participation de Bernard Golse, Thomas Bourgeron & Jean-Claude Ameisen

Amphithéâtre Richet Faculté de médecine Paris Descartes le 3 juin 2013

J'ai eu le privilège d'y assister ... (jjdupuis)

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11 novembre 2013

Elèves handicapés : des mesures de titularisation des AVS votées à l'Assemblée

article publié dans la Gazette Santé Social

Les députés ont voté le 5 novembre 2013 en faveur de la titularisation des auxiliaires de vie scolaire (AVS), qui assistent les élèves handicapés, et d'une reconnaissance de ce métier, lors de l'examen des crédits 2014 de l'enseignement scolaire.

Votés par la gauche mais aussi par l'UMP, des amendements du gouvernement permettent le passage en contrat à durée indéterminée des auxiliaires de vie scolaire en contrat depuis six ans et leur donnent un statut dans le Code de l'éducation. Ces personnes recrutées par l'Etat, les établissements publics locaux d'enseignement et les établissements privés sous contrat auront un contrat de droit public sans pour autant devenir fonctionnaires. Les mesures votées représentent 524 équivalents temps plein pour 2014.

3000 titularisations en septembre 2014 sur 28057 personnes concernées
Sont potentiellement concernées par la proposition d'un contrat à durée indéterminée 28.057 personnes (travaillant pour un équivalent de 16.421 temps pleins), au terme de six années de contrat d'assistant d'éducation. Cela devrait représenter dans un premier temps 3.000 personnes à partir de la rentrée 2014. Les personnels recrutés le seront sous un nouveau contrat d'"accompagnant des élèves en situation de handicap", selon les amendements votés. Les mesures présentées ont "toute leur place en loi de finances car elles ont un impact direct et certain sur les dépenses budgétaires de l'année 2014", affirme le gouvernement dans l'exposé d'un des amendements.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé le 22 août la mise en place d'un statut spécifique pour les accompagnants des élèves handicapés, avec notamment la transformation progressive de leurs contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée, un effort accru de formation et la possibilité de faire valider leur expérience.

Actuellement, les AVS ne peuvent pas être employés plus de six ans, privant au bout de ce délai des enfants du soutien de gens qui les connaissent bien après avoir appris leur métier sur le tas, et qui se retrouvent sans emploi. Environ "227.000 élèves handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire, dont 70.500 sont accompagnés d'un AVS", avait indiqué en juin la ministre déléguée en charge du handicap Marie-Arlette Carlotti.

Avec l'AFP

9 novembre 2013

Trois mythes sur l'autisme

trois mythes sur l'autisme
9 novembre 2013

Sarah, adulte autiste attachée jour et nuit, faute de place en établissement adapté

Voici Sarah, adulte autiste  prise en photo par sa maman : attachée sur son lit par le personnel de l’Hôpital Psychiatrique, qui n’avait pas envie de s’occuper d’elle.

Placée là-bas faute de place ailleurs.

Sarah est hospitalisée dans une unité spécialisée pour les autistes profonds… Et dans laquelle aucun éducateur n’est présent.

Depuis un moment, sa mère trouvait sa fille changée, shootée. Lorsqu’elle en parlait à l’équipe médicale, celle-ci répondait « Mais non, elle n’est pas shootée…Non non on ne lui donne aucun psychotrope »

Et puis un jour, une infirmière lui a remis par erreur une ordonnance de prescription de Tranxène, un anxiolytique puissant, en pensant lui remettre l’ordonnance de prescription de son traitement anti-épileptique.

La mère a ainsi appris qu’on donnait à sa fille un traitement sans qu’on lui ait demandé l’autorisation, et sans que Sarah n’ait été vue par le psychiatre ayant délivré l’ordonnance.

 

Le quotidien de Sarah, adulte autiste

 

L’année dernière un adulte autiste est mort dans sa chambre d’isolement, seul, dans les mêmes conditions de « vie » si on peut appeler cela une vie. Mort de vieillesse à 44 ans, puisque les traitements aux neuroleptiques au long cours raccourcissent l’espérance de vie.

Sarah est bien loin d’être la seule, et je reçois très régulièrement des appels de parents en détresse qui voudraient sortir leur enfant autiste de l’Hôpital Psychiatrique, mais qui ne peuvent pas faute de places, de structures adaptées.

Cela pourrait être n’importe quel enfant, le votre, celui d’une personne de votre famille, celui de votre voisin.

Personnellement je pense que si mon fils doit se retrouver dans cette situation, cet avenir qu’on  lui promet, je ferai en sorte qu’il ne souffre pas trop…

Que l’on  ne me dise pas que le problème est le manque d’argent : la sécurité sociale débourse entre 700 et 900 € par jour et par personne internée comme Sarah, qui n’a rien à faire en Hôpital Psychiatrique.

Un collectif de parents a décidé d’agir par une journée d’action le 12 novembre, en occupant les Agences Régionales Santé : là où se décident les financements des places et structures « éducatives »,médicales et médico-sociales.

Pour en savoir plus, allez ici.

 

8 novembre 2013

Le procès en appel du film de Sophie Robert - LE MUR - c'est aujourd'hui ...

le mur censuré 8 nov 2013 en appel
8 novembre 2013

On peut avoir le syndrome d'Asperger et ... évoluer !!!

article publié sur le blog Être autiste aujourd'hui

Et oui ! Ce n'est pas parce qu'on avait dans le passé, des boutons, des lunettes, et un appareil dentaire que l'on ne peut pas devenir top model ! Nous évoluons tous, et les personnes avec autisme et syndrome d'Asperger aussi !

Avant, j'avais du mal à me faire accepter dans un groupe ...

L'adolescence fut terrible pour cela, avec l'entrée au collège. Je faisais tout mon possible pour être sympathique avec les filles de la classe mais je n'étais pas aimée. On se moquait de moi, j'étais le bouc émissaire dans le groupe.

Avant, les garçons ne me trouvaient pas non plus à leur goût ...

J'étais l'intello à lunettes, j'étais mise à l'écart. Je n'étais pas prête à avoir un copain ou "amoureux", loin de là, je n'y pensais même pas, mais je voulais juste faire comme les autres, dont la préoccupation principale était d'avoir un chéri. Je pensais qu'en ayant un copain moi aussi je serais mieux aimée et acceptée.

Avant, je m'habillais toujours pareil, je ne comprenais pas la mode, les modes ...

Je me rappelle d'une certaine veste avec écrit "campus" dessus que je mettais quasiment tous les jours, ainsi que d'un t-shirt à manches longues que l'on m'avait donné et que je ne quittais plus sur lequel il était écrit "le respect ça change l'école"...

Avant, je ressemblais à un garçon sans même m'en rendre compte ...

J'avais 14 ans, j'avais décidé de me faire couper les cheveux courts, et je mettais des vêtements larges, et non féminins... j'ai compris que je n'avais pas l'air d'une fille le jour où un homme m'a tendu la main en me disant "bonjour, monsieur...". A partir de là j'ai commencé à faire attention de ressembler plus à une fille... en me maquillant, et en mettant des barrettes dans les cheveux.

Avant, je pensais qu'en exposant aux autres mes intérêts et découvertes personnelles, ils seraient tout aussi passionnés que moi pour les mêmes choses ...

Je ne comprenais absolument pas leurs réactions. Comment pouvaient-ils réagir si froidement pour quelque chose qui était si intéressant ?

Avant, je passais des jours enfermée à lire et expérimenter mes centres d'intérêts ...

Par exemple, j'avais environ 19 ans et j'avais trouvé des exercices de yoga dans un livre, Je les associais à une diète spécifique (macrobiotique). Je restais donc dans ma chambre toute la journée, même quand la famille était rassemblée en bas. Je ne descendais que pour récupérer la nourriture dont j'avais besoin. J'avais bien sûr droit à des critiques, mais je considérais qu'il m'était vital de tester ces pratiques-là.

Avant ...

Il y aurait plusieurs autres situations à décrire ...

Puis les années ont passé ... et j'ai évolué ...

J'ai appris intellectuellement tout ce qui m'était difficile à comprendre de façon intuitive.

Et maintenant ...

Je suis une jeune femme qui semble bien adaptée socialement parlant. Je sais m'habiller et me maquiller en fonction des situations. Je sais ce qui plaît aux hommes, car j'ai eu plusieurs expériences amoureuses. Je comprends mieux ce qui choque les gens et ce qui est considéré comme comportement inapproprié, bien qu'il m'arrive encore de choquer ou de passer pour quelqu'un qui manque de politesse. On me trouve généralement souriante et sociable même si ce n'est que la partie visible de l'iceberg. En effet, après une immersion sociale, j'ai besoin de temps dans ma bulle pour récupérer. J'ai aussi compris que mes centres d'intérêts ne passionnent pas tout le monde et qu'il me faut être discrète à leur sujet quand je suis avec des gens.

Voilà... on apprend les codes, on évolue, à tel point qu'avec l'âge les efforts pour passer inaperçue portent leurs fruits. Le syndrome d'Asperger devient véritablement une différence invisible, mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que cette différence est toujours là, conditionnant la vie.

"Je suis un cygne. Je glisse sur le lac de la vie en gardant la tête haute, pour que personne ne remarque que sous l'eau, mes pattes pédalent frénetiquement."

Les pattes pédalent d'autant plus vigoureusement quand on a un handicap ou une différence car on doit constamment faire l'effort de s'adapter...

Du vilain petit canard au cygne ...

Du vilain petit canard au cygne ...

8 novembre 2013

Le cerveau hyper-connecté des autistes

neurobiologie vendredi 08 novembre 2013

Un petit garçon autiste. Etablir un diagnostic suffisamment tôt, autour de 2 à 3 ans, permet de prendre en charge les enfants à l’aide de thérapies comportementales. (Keystone/Archives)

Un petit garçon autiste. Etablir un diagnostic suffisamment tôt, autour de 2 à 3 ans, permet de prendre en charge les enfants à l’aide de thérapies comportementales. (Keystone/Archives)

Des études montrent que le cerveau des enfants autistes a davantage de connexions nerveuses que celui des autres enfants. Cette particularité expliquerait certains traits de la pathologie

Polymorphe, l’autisme correspond à différents types de troubles du comportement plus ou moins sévères qui affectent la communication et les interactions sociales, s’accompagnant aussi d’une restriction des centres d’intérêt des personnes concernées. De plus en plus répandus dans le monde, ces «troubles du spectre autistique» (ASD en anglais) affecteraient un à deux enfants sur 100, selon les études les plus récentes.

L’autisme est aujourd’hui le plus souvent considéré comme une pathologie du développement neurologique, dont l’origine serait à chercher à la fois dans le patrimoine génétique de l’enfant et dans son environnement. Un des objectifs actuels de la recherche consiste à identifier les particularités du cerveau des autistes, en lien avec leurs symptômes. Des études publiées aujourd’hui dans la revue scientifique Cell Reports révèlent ainsi une hyper-connectivité du cerveau chez des enfants atteints d’ASD. Elle serait d’autant plus marquée que les enfants souffrent de difficultés sociales importantes, et pourrait expliquer certains comportements autistiques typiques.

Dans une de ces études, des scientifiques de l’Université Stanford, aux Etats-Unis, ont placé dans un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) 110 enfants, dont certains étaient atteints d’ASD et d’autres pas. Ils ont ensuite observé leur activité cérébrale spontanée, c’est-à-dire celle qui s’est produite sans qu’on leur demande d’effectuer une tâche particulière. Ils ont ainsi mis en évidence chez les enfants autistes une communication accrue entre les neurones, aussi bien de manière locale que sur de longues distances à travers le cerveau, et cela de manière proportionnelle à leurs difficultés sociales.

L’autre étude, réalisée cette fois par des chercheurs de l’université américaine de San Diego, a porté sur 70 adolescents, dont 37 autistes. Toujours grâce à l’IRM, les scientifiques ont identifié chez les participants autistes une zone d’hyper-connectivité marquée, située au niveau d’une petite région de 14 millimètres à peine à l’arrière du cerveau et impliquée dans la vision. Dans ce travail aussi, l’accroissement de l’activité cérébrale mesurée chez les autistes était corrélé à la gravité de leurs symptômes.

«Ces études très bien conçues, qui portent sur des groupes d’enfants assez importants, remettenten cause les recherches antérieures, qui suggéraient au contraire que le cerveau des autistes se ­caractérisait par une sous-connectivité», relève Nouchine Hadjikhani, neuroscientifique spécialiste de l’autisme à l’Université Harvard. Ces travaux plus anciens avaient cependant été menés chez des autistes adultes, qui plus est pendant qu’ils procédaient à diverses activités. «Il est possible que le cerveau des enfants autistes soit hyper-connecté et que cela évolue à la puberté, sous l’effet des changements hormonaux», suggère pour sa part Tiziana Zalla, chercheuse en sciences cognitives au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français.

La spécialiste pointe cependant une limite des deux nouvelles études: ces dernières portent sur des enfants autistes dont le QI est dans la norme, ce qui rend difficile leur extrapolation à l’ensemble des personnes souffrant de troubles autistiques. «C’est un biais courant dans les études d’imagerie, car il est très difficile de faire passer un IRM à un jeune enfant autiste avec des troubles cognitifs et comportementaux sévères», précise Tiziana Zalla.

Auteur d’une des deux études, le neuroscientifique Ralph-Axel Müller, de l’Université de San Diego, reconnaît que les différents types de troubles autistiques pourraient ne pas avoir les mêmes bases neurologiques: «Pour nos études, nous rassemblons des enfants qui ont des symptômes similaires, mais peut-être souffrent-ils en fait de types d’autisme variés!»

Malgré ces réserves, les études publiées dans Cell Reports apportent de l’eau au moulin d’une théorie actuelle selon laquelle les symptômes de l’autisme seraient dus à un déséquilibre entre l’excitation et l’inhibition au niveau ­cérébral. «Avoir un cerveau hyper-connecté pourrait empêcher les autistes de passer facilement d’une tâche à une autre, ce qui expliquerait qu’ils aiment les tâches répétitives», estime Kaustubh Supekar, de l’Université Stanford, auteur de l’autre recherche publiée dans Cell Reports. «Mais cette capacité à se focaliser sur une seule activité à la fois pourrait aussi contribuer aux capacités mathématiques ou spatiales exceptionnelles développées par certains d’entre eux.»

Le fait qu’une des nouvelles études ait identifié une hyperactivité dans une zone cérébrale liée à la vision est cohérent avec cette hypothèse: «Il s’agit d’un sens très particulier chez les personnes autistes, qui ont souvent une bien meilleure mémoire visuelle que les autres», indique Ralph-Axel Müller. «Cette forte connectivité pourrait expliquer l’hypersensibilité des autistes, qui ont parfois du mal à supporter certains bruits ou types de lumière», remarque pour sa part la doctoresse Mandy Barker, pédopsychiatre spécialiste de l’autisme.

Que faire maintenant de ces découvertes? Ralph-Axel Müller ­suggère que l’on se base sur la zone d’hyper-connectivité cérébrale qu’il a identifiée pour diagnostiquer l’autisme chez les jeunes enfants. Mandy Barker est dubitative: «Mettre des bébés dans un appareil à IRM me paraît difficilement envisageable.» Pour la pédopsychiatre, l’approche ­diagnostique classique, basée sur l’observation du comportement, reste à l’heure actuelle la meilleure, en attendant le développement de techniques de suivi du regard des bébés, qui permettraient de repérer la maladie plus tôt, comme le suggère une autre étude publiée récemment dans Nature.

Quant à Kaustubh Supekar, il souhaite que des médicaments contre l’épilepsie soient évalués contre l’autisme, puisque cette pathologie s’accompagne elle aussi d’une hyper-connectivité du cerveau. Enfin, au-delà de ces pistes médicales, ces recherches nous renseignent également sur la manière d’être au monde si particulière des autistes.

7 novembre 2013

article publié sur le blog Autisme Science Information

07 novembre 2013

Impact of robot-mediated interaction system on joint attention skills for children with autism

Traduction: G.M.
 
IEEE Int Conf Rehabil Robot. 2013 Jun;2013:1-8. doi: 10.1109/ICORR.2013.6650408.

Impact du système d'interaction médié par un robot sur les compétences d'attention conjointes sur les enfants avec autisme

Abstract

Avec une estimation de la prévalence par les Centers for Disease Control and Prevention  de 1 pour 88 pour les enfants avec des troubles du spectre autistique, l'identification et le traitement efficace des troubles du spectre autistique (TSA ) est souvent caractérisé comme une urgence de santé publique.
Il y a un besoin urgent de traitements plus efficaces dont l'application réaliste donnera impact plus important sur les trajectoires du développement neurologique des jeunes enfants avec TSA.
La technologie robotique apparaît particulièrement prometteuse pour l'application potentielle pour l'intervention TSA. Les premiers résultats utilisant la technologie robotique dans l'intervention pour TSA ont toujours fait preuve d' un potentiel unique pour susciter l'intérêt et l'attention chez les jeunes enfants avec TSA . En tant que tel , les technologies capables d' exploiter intelligemment ce potentiel, avec des capacités de détection et de réponse utiles  à l'attention et au comportement des jeunes enfants, peuvent représenter des plates-formes d'intervention avec une promesse importante pour impacter sur les premiers symptômes de TSA.
Notre travail actuel décrit le développement et l'application d'une nouvelle technologie d'interaction médiée par les robots afin de faciliter le travail des premières compétences d'attention conjointe pour les enfants avec TSA.
Le système est composé d'un robot humanoïde doté d'une hiérarchie de décision rapide pour modifier les comportements de concert avec le renforcement de stimuli dans un environnement d'intervention pour promouvoir les compétences d'attention conjointe.
 
Les résultats de la mise en œuvre de ce système au fil du temps , y compris des analyses spécifiques sur l'amélioration de la partialité et de la performance attentionnelle , avec 6 jeunes enfants atteints de TSA sont présentés.
 
With Centers for Disease Control and Prevention prevalence estimates for children with autism spectrum disorder 1 in 88, identification and effective treatment of autism spectrum disorder (ASD) is often characterized as a public health emergency. There is an urgent need for more efficacious treatments whose realistic application will yield more substantial impact on the neurodevelopmental trajectories of young children with ASD. Robotic technology appears particularly promising for potential application to ASD intervention. Initial results applying robotic technology to ASD intervention have consistently demonstrated a unique potential to elicit interest and attention in young children with ASD. As such, technologies capable of intelligently harnessing this potential, along with capabilities for detecting and meaningfully responding to young children's attention and behavior, may represent intervention platforms with substantial promise for impacting early symptoms of ASD. Our current work describes development and application of a novel adaptive robot-mediated interaction technology for facilitating early joint attention skills for children with ASD. The system is composed of a humanoid robot endowed with a prompt decision hierarchy to alter behavior in concert with reinforcing stimuli within an intervention environment to promote joint attention skills. Results of implementation of this system over time, including specific analyses of attentional bias and performance enhancement, with 6 young children with ASD are presented.
PMID: 24187227
7 novembre 2013

Dérèglement épigénétique de SHANK3 dans les tissus cérébraux de personnes avec troubles du spectre autistique

article publié sur le blog Autisme Information

Science Epigenetic Dysregulation of SHANK3 in Brain Tissues from Individuals with Autism Spectrum Disorders

Traduction: G.M.
Hum Mol Genet. 2013 Nov 1.

Source

Department of Pediatrics and.

Abstract

La base moléculaire de la majorité des cas de troubles du spectre autistique (TSA) reste inconnue.
Nous avons testé l'hypothèse que les TSA ont une cause épigénétique en effectuant le profilage de la méthylation de l'ADN de 5 îlots CpG (CGI-1 à CGI-5) dans le gène SHANK3 dans les tissus cérébraux post mortem de 54 patients avec TSA et de 43 contrôles.
Nous avons trouvé une méthylation (épimutation) de l'ADN global  considérablement augmentée dans trois CGI (CGI intragéniques-2, CGI-3, et CGI-4).

 

[The molecular basis for the majority of cases of autism spectrum disorders (ASD) remains unknown. We tested the hypothesis that ASD have an epigenetic cause by performing DNA methylation profiling of 5 CpG islands (CGI-1 to CGI-5) in the SHANK3 gene in post mortem brain tissues from 54 ASD patients and 43 controls. We found significantly increased overall DNA methylation (epimutation) in three intragenic CGIs (CGI-2, CGI-3, and CGI-4). ]
The increased methylation was clustered in the CGI-2 and CGI-4 in ∼15% of ASD brain tissues. SHANK3 has an extensive array of mRNA splice variants resulting from combinations of 5 intragenic promoters and alternative splicing of coding exons. Altered expression and alternative splicing of SHANK3 isoforms were observed in brain tissues with increased methylation of SHANK3 CGIs in ASD brain tissues. A DNA methylation inhibitor modified the methylation of CGIs and altered the isoform-specific expression of SHANK3 in cultured cells.
Cette étude est la première à trouver des modèles de méthylation altérés dans SHANK3 dans des échantillons de cerveaux avec TSA.
Notre découverte fournit des preuves pour soutenir une approche alternative pour enquêter sur la base moléculaire de la TSA.
La possibilité de modifier la modification épigénétique et l'expression de SHANK3 par des facteurs environnementaux suggère que SHANK3 peuvent être un biomarqueur utile pour disséquer le rôle de l'interaction des gènes et de l'environnement dans l'étiologie des TSA.
[This study is the first to find altered methylation patterns in SHANK3 in ASD brain samples. Our finding provides evidence to support an alternative approach to investigating the molecular basis of ASD. The ability to alter the epigenetic modification and expression of SHANK3 by environmental factors suggests that SHANK3 may be a valuable biomarker for dissecting the role of gene and environment interaction in the etiology of ASD.]
PMID: 24186872
7 novembre 2013

L'association Vaincre l'Autisme menacée de fermeture ?

LETTRE DU PRESIDENT:

Et si demain, VAINCRE L’AUTISME n’existait plus ?

Il y a un peu plus de 10 ans, VAINCRE L’AUTISME n’existait pas…

Il y a un peu plus de 10 ans, l’ABA ne passait pas nos frontières

Il y a un peu plus de 10 ans, les conférences pour les parents étaient toutes d’accès payant

Il y a un peu plus de 10 ans, les professionnels posaient des diagnostics de psychose en toute impunité, sans recours possible.

En plus de 10 ans, VAINCRE L’AUTISME a aidé plusieurs milliers de familles.

Aujourd’hui, c’est VAINCRE L’AUTISME qui a besoin de votre soutien, pour tout simplement continuer d’exister, pour vous... pour eux.

 

Chers parents, chers amis,

Je m’adresse à vous de façon solennelle. Les informations que je souhaite vous communiquer méritent toute votre attention.

VAINCRE L’AUTISME se trouve dans une situation financière plus que préoccupante, et la question de sa survie se pose de façon très concrète. Nous vous avons déjà alerté par le passé au sujet de nos difficultés financières, car, comme toutes les autres associations, nous avons besoin de la solidarité de nos adhérents pour pérenniser nos actions.

Mais pour le moment, l’enjeu n’est plus le développement de l’association. Il s’agit de ne pas mettre la clef sous la porte. Il s’agit d’éviter le licenciement de la trentaine de salariés dévoués et compétents qui forment l’équipe de VAINCRE L’AUTISME. Il s’agit de sauver une association qui se bat depuis plus de 10 ans pour le respect des droits des personnes autistes. Aujourd’hui, VAINCRE L’AUTISME a besoin que l’on se batte pour elle. Nous avons besoin de 200 000 euros, au bas mot, le plus rapidement possible, pour éviter le pire.

Concrètement, comment en est-on arrivé là ? D’abord, il me faut évoquer un contentieux qui nous oppose aux Agences Régionales de Santé. Nous attendons  ainsi le règlement de 570 000 euros, comprenant à la fois un manque à gagner datant de 2010 et du démarrage de FuturoSchool Toulouse, et un dû au titre des charges indirectes pour les 2 structures… Inutile de préciser que cette somme pèse largement sur le déficit auquel nous faisons face actuellement. Le Ministère de la Santé a demandé un contrôle de l’IGAS sur la gestion de l’association au lieu de se prononcer sur ce contentieux (alors même que nous venons d’essuyer un contrôle de l’URSSAF, dont la conclusion ne laisse planer aucun doute sur la transparence de notre gestion). Cela constitue clairement une façon de se déresponsabiliser et de gagner du temps, en espérant que peut-être nous n’y survivions pas… Cela s’appelle de l’acharnement.

Nos difficultés sont clairement la conséquence du système : nous ne sommes pas soutenus, et en même temps, l’Etat se félicite (et nous félicite d’ailleurs, sans ironie aucune) du travail de fond que nous accomplissons, à sa place. Qui, en France, met en place les campagnes de sensibilisation ? Qui propose des solutions de prises en charge adaptées, recommandées et innovantes ? Qui, concrètement, fait avancer la situation ? Ce sont les associations de parents ! Et comment croient-ils que nous fonctionnons ? Ce ne sont pas les subventions, qui diminuent comme peau de chagrin d’année en année, qui nous permettent d’effectuer ce travail titanesque.

Et, oui, VAINCRE L’AUTISME dérange et bouscule un système, certes injuste, mais que personne ne semble vouloir changer. Nous ne sommes pas exactement dans les petits papiers du Ministère de la Santé, dirons-nous pudiquement. Nous sommes discriminés depuis que nous avons porté (avec l’AEH) une Réclamation collective contre l’Etat Français devant le conseil européen des droits sociaux (au sujet de laquelle nous recevrons une réponse bientôt). Et notre opposition au 3ème plan autisme, nous désigne, aux yeux des Pouvoirs Publics, comme des adversaires qu’il convient de disqualifier à tout prix.

Depuis 10 ans, nous avons endossé le costume d’ « empêcheurs de tourner en rond », auprès des Ministères de la Santé et de l’Education Nationale, des ARS et MDPH. Ce que certains aimeraient faire passer pour de la radicalité, n’est en fait que du courage. Apolitiques, libres et déterminés, nous avons toujours revendiqué un franc-parler militant, sans concession, sans complaisance et sans calcul, car nous savons notre combat juste. Nous ne nous privons pas de dénoncer les dysfonctionnements et les injustices d’un système dont nous sommes, nous parents d’enfants autistes, à la fois les usagers et les premières victimes, ce qui constitue le comble du paradoxe. Nous ne braderons, ni ne vendrons, ni ne négocierons jamais l’avenir des enfants autistes ! Pour autant, nous jouons le jeu de la concertation, malgré le fait que la règle du jeu soit d’avance faussée par des considérations politiciennes et par l’influence de lobbys puissants. Par exemple, nous faisons partie du comité de suivi pour l’application du 3ème plan autiste, et avons rejoint différents groupes de travail, parce que nous croyons fermement aux vertus du dialogue et de la concertation, et parce qu’il est indispensable que les familles soient représentées dans ces instances.

Notre détermination et notre liberté de parole, nous les payons cher aujourd’hui, au sens propre comme au figuré. Sans soutien politique, nous sommes la cible des critiques et du cynisme ambiant, qui cherchent à minimiser la portée, pourtant bien réelle, de nos actions. Sans soutien financier, nous sommes face à un mur.

VAINCRE L’AUTISME représente une trentaine de salariés, soudés et motivés, formés aux missions et aux valeurs de l’association. Des intervenants rigoureusement supervisés, qui ont acquis un professionnalisme et des connaissances en autisme inégalés en France, et une dizaine de salariés au siège qui œuvrent efficacement pour donner de la visibilité à l’autisme, notamment avec la rédaction du Rapport 2013, ou à travers des campagnes telles que le Grand Don. Cette grande collecte de fonds pour l’autisme n’a rapporté que 13 000 euros, chiffre dérisoire mais compréhensible pour une première année et au vu de la période de crise que nous traversons. Néanmoins, le Grand Don, c’est surtout 1 200 000 euros d’espace gracieux récoltés pour 20 millions de personnes sensibilisées, ce qui constitue une réussite inédite en France. Cela représente un travail considérable, représentatif du niveau de compétence de mes collaborateurs, en même temps qu’une réelle preuve de confiance de la part de tous les partenaires (agences de publicité et de production, régies publicitaires…) que nous avons su convaincre. La gravité de la situation de l’autisme en France mérite mieux que de l’amateurisme et ne saurait se contenter du travail des bénévoles, même si celui-ci est aussi indispensable. Chacun des salariés de VAINCRE L’AUTISME met ses compétences à votre service, et sans eux, la force de frappe de l’association ne serait pas celle que vous connaissez.

Aujourd’hui, alors que nous disposons enfin de toutes les compétences, de toutes les forces vives nécessaires pour faire avancer concrètement la cause de l’autisme, nous sommes menacés de disparition. Mais combien de combats restent à mener pour guérir la France de l’obscurantisme ? Nous avons à peine eu le temps de poser les bases sur lesquelles pourrait reposer une vraie révolution du système. Pour vous et vos enfants, et pour des centaines de milliers de familles en France, l’enjeu d’une telle révolution, c’est la vie ou la survie, la progression ou la dépendance, l’inclusion ou l’internement.

VAINCRE L’AUTISME est devenu au fils des années le porte-parole de milliers de familles, le porte-drapeau de leurs combats et de leurs espoirs. Toute l’équipe de VAINCRE L’AUTISME s’associe à moi pour vous remercier de cette confiance que vous nous témoignez. Au nom de cette confiance, de cet espoir et de ce combat commun, je vous demande aujourd’hui de faire tout ce qu’il vous sera possible pour nous permettre de continuer nos actions.

Une grande chaîne de solidarité doit se tisser pour permettre la survie de VAINCRE L’AUTISME. Vos adhésions nous permettent de gagner en représentativité et en force de persuasion. Vos dons constituent un soutien financier indispensable. Et en alertant vos élus et parlementaires, vous pouvez nous aider.

Nous comptons sur vous. 

M’Hammed SAJIDI
Président

 

7 novembre 2013

Autisme : la capacité de contact visuel existerait au départ chez le bébé atteint

6 nov. 2013, 23h52
Le contact visuel des nourrissons, qui se révèlent plus tard être atteints d'autisme, semble être normal au départ, puis s'altère avec une tendance chez eux à éviter le regard dès le deuxième mois, selon des chercheurs. Philippe Huguen

Le contact visuel des nourrissons, qui se révèlent plus tard être atteints d'autisme, semble être normal au départ, puis s'altère avec une tendance chez eux à éviter le regard dès le deuxième mois, selon des chercheurs.
Leur travail, publié mercredi dans la revue scientifique Nature, examine la valeur potentielle, pour le diagnostic précoce, de l'évitement du contact visuel avec autrui, une marque de l'autisme.

Le contact des yeux joue en effet un rôle clé dans l'interaction sociale humaine et le développement.

L'étude sur 110 nourrissons, suivis de la naissance jusqu'à deux ans, utilise une technologie qui permet de détecter et tracer les mouvements oculaires (méthode dite d'"eye-tracking" en Anglais) afin de mesurer leur capacité à établir le contact visuel. Les enfants formaient deux groupes, l'un à faible risque de développer une forme d'autisme (51) et l'autre à risque élevé (59), car ayant un aîné atteint.
Treize parmi ces petits ont eu par la suite un diagnostic de troubles envahissants du développement (Ted) encore dénommés troubles du spectre autistique (tsa).
Chez ces nourrissons, qui ont eu plus tard un diagnostic d'autisme, les chercheurs ont observé une baisse continue de la fréquence avec laquelle ils regardaient les yeux des autres personnes durant les deux premières années de vie, et même pendant les six premiers mois" selon le Dr Ami Klin (directeur du Marcus Autism Center à Atlanta), co-auteur de l'étude, avec son collègue Warren Jones.
Chez certains enfants, les signes peuvent être observés dès l'âge de deux mois, notent-ils.
Les auteurs soulignent ainsi que l'évitement du regard est présent dès le plus jeune âge chez les enfants autistes, mais plus important, ils relèvent que le contact du regard décline au fil du temps au lieu d'être totalement absent dès le départ.
Cette observation d'une "fenêtre étroite de comportement social intact", en l'occurrence d'une période où la capacité d'échanges visuels existe, "offre une opportunité prometteuse d'une intervention précoce", estiment les deux auteurs.
Il n'existe pas de traitement spécifique pour guérir l'autisme, mais des thérapies, par exemple de type comportemental, peuvent contribuer à améliorer les capacités d'apprentissage et de communication sociale de jeunes enfants autistes.
Selon l'Organisation mondiale de la , un enfant sur 160 est atteint d'une forme d'autisme. Mais selon un rapport des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains, un enfant sur 88 en moyenne serait désormais atteint.
Les signes observés requièrent une technologie sophistiquée, et de nombreuses mesures pendant des mois, avertissent toutefois les chercheurs à l'attention des parents.

6 novembre 2013

Neuroleptique Risperdal : 1,6 milliard d'amende pour régler des poursuites aux Etats Unis

article publié dans Psychomédia

Le ministère de la Justice américain a annoncé, le 4 novembre, que le laboratoire Janssen Pharmaceuticals, une société du groupe Johnson & Johnson, paiera un total de 1,6 milliard de dollars afin de régler des poursuites criminelles et civiles pour avoir fait la promotion de son médicament neuroleptique (antipsychotique) Risperdal (rispéridone) pour le traitement d'affections autres que celles pour lesquelles il avait obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM).

Aux États-Unis, comme ailleurs, les médecins ont le droit de prescrire des médicaments pour le traitement d'affections autres que celles pour lesquelles les médicaments sont autorisés mais les compagnies pharmaceutiques n'ont pas le droit de faire la promotion de ces utilisations hors AMM ("off-label").

La Food and Drug Administration (FDA) américaine a autorisé le Risperdal pour le traitement de la schizophrénie en 2002 et pour le traitement à court terme d'épisodes aigus de manie et d'épisodes mixtes associés au trouble bipolaire de type 1 en 2003.

Mais en mars 2002, Janssen a commencé à promouvoir le médicament auprès des médecins comme étant sûr et efficace pour le traitement de l'agitation associée à la démence chez les personnes âgées.

La poursuite du ministère de la Justice allègue également que Janssen et Johnson & Johnson étaient conscients que le Risperdal présentait des risques graves pour la santé des personnes âgées, incluant un risque accru d'accident vasculaire cérébral (AVC) et qu'ils minimisaient ces risques en combinant diverses données.

Janssen faisait aussi la promotion du médicament pour l'utilisation chez les enfants et les adolescents pour le traitement de symptômes liés au trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), à l'autisme et au trouble obsessionnel-compulsif, malgré des risques connus.

Les montants les plus élevés d'amende aux États-Unis, 3 milliards, ont été payés en 2012 par groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) pour avoir fait la promotion de son antidépresseur Paxil (paroxétine, en France: Deroxat) pour les enfants et les adolescents alors qu'il n'était approuvé que pour les adultes et de son antidépresseur Wellbutrin (bupropion) pour des utilisations non approuvées telles que la perte de poids, le traitement de la dysfonction sexuelle et de l'addiction à des substances alors qu'il n'était approuvé que pour le traitement de la dépression majeure.

5 novembre 2013

Journées du handicap. Accompagner l'autiste pour mieux l'intégrer

article publié dans Ouest France

Lamballe - 13h27
Les Journées du handicap débutent ce mardi soir, avec une conférence. Elles se poursuivront jusqu’au 13 novembre à Lamballe.

Armelle Thomas, directrice du centre de formation en travail social Louis Guilloux, à Saint-Brieuc sera l’intervenante. « Je vais surtout intervenir sur comment accueillir un enfant en situation de handicap dans une communauté. Il s’agira aussi de faire le point sur les nouvelles connaissances que l’on a sur l’autisme, tout en interagissant avec les familles. Pour elles, la question est : comment porter l’action vers le grand public ? »

Une pathologie mal comprise

L’autisme est un trouble neuro-développemental, parfois d’origine génétique. Accueillir une personne en situation de handicap dans un espace de vie sociale est aujourd’hui plus facile que ça ne l’a été. On a fait d’énormes progrès pour diagnostiquer l’autisme plus tôt chez l’enfant, mais il faut ensuite pouvoir l’accompagner.

Des progrès

Il y a plus de structures, de professionnalisation, et on a beaucoup avancé sur la pédagogie. Depuis 2005, c’est devenu une vraie question à l’école. Les enfants autistes ont une capacité d’apprentissage différente des autres, avec des pics qui peuvent déboussoler toute une classe. Aujourd’hui, on est mieux préparé à cela.

Conférence, ce mardi 5, de 20 h à 22 h, salle des conseils de l’espace Lamballe communauté, rue Saint-Martin. Renseignements au 06 68 91 82 25 (référent handicap), ou à handicap@lamballe-communaute.fr.

4 novembre 2013

C'est l'évidence mais encore faudrait-il que ce soit intégré !!!

ted surcharge
3 novembre 2013

Les enfants autistes au ban de l'école en France, pas en Italie

Le constat est de 2011 mais cela a-t-il beaucoup changé ? (jjdupuis)

article publié dans myeurop

NATARIO NADIA/SIPA

Mar, 05/04/2011 - 11:20

Par  

Alors qu'en Italie tous les enfants autistes sont scolarisés dans une classe ordinaire, ils sont à peine 20% en France. Un retard considérable, faute de méthodes éducatives adaptées et de personnel qualifié.

Mars 2004 : la France est condamnée par le Conseil de l'Europe pour non-respect de ses obligations en matière d'accès à l'éducation des personnes autistes.

Décembre 2007 : le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) qualifie de "dramatique" la situation des autistes, et précise:

La scolarisation doit cesser d'être fictive et de se réduire à une inscription: elle doit pouvoir être réalisée dans l'école proche du domicile, ou, si l'état de l'enfant le nécessite, dans une structure de prise en charge éducative adaptée proche du domicile.

Depuis, pas grand-chose, peu de progrès, en dépit de la loi de 2005 censée renforcer l'accueil des enfants handicapés par l'Éducation nationale. A l'époque, 64% des enfants autistes n'avaient accès à aucune forme d'apprentissage. D'après le collectif Autisme (qui regroupe cinq associations et fédération de familles concernées), "on en dénombre toujours plus de 50% aujourd'hui".

20% des enfants autistes scolarisés

Un tiers des 80 à 90 000 enfants atteints de troubles autistiques sont accueillis dans des instituts médico-éducatifs, en hôpital de jour ou dans une école spécialisée. Moins de 20% (environ 11 500 enfants) sont scolarisés en milieu ordinaire, la plupart du temps quelques heures par semaine seulement, et à la condition d'être accompagné d'une assistante de vie scolaire. Des résultats bien loin de ceux de l'Italie où tous les enfants autistes sont accueillis dans des classes ordinaires depuis 1992.

Comment expliquer ce retard français? Quelques exemples ailleurs en Europe montrent pourtant que la scolarisation à grande échelle des enfants autistes est possible. Si plusieurs conditions sont remplies:

Des méthodes éducatives adaptées

Le Collectif autisme à 2 000 le nombre de petits Français "exilés" en Belgique, "pour beaucoup dans des établissements spécialisés leur permettant d'être scolarisés". Une des principales raison invoquées:

une prise en charge pragmatique et précoce axée sur des méthodes éducatives comportementales, cognitives ou développementales.

Ces méthodes éducatives mises au point à l’attention des personnes autistes ont d'abord été développées dans les pays anglo-saxons et sont aujourd'hui largement employées aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne ou encore dans les pays scandinaves. Les plus connues sont la méthode TEACCH [en français : traitement et éducation des enfants avec autisme et autres handicaps de la communication] et ABA. Elles sont généralement refusées par les pédopsychiatres français.

En France, l'approche psychanalytique de l'autisme, cette vision archaïque qui consiste à expliquer l'autisme par une relation dégradée entre la mère et l'enfant, a perduré jusqu'à aujourd'hui,

dénonce le Collectif autisme.

Ce n'est en effet qu'en 2010 que la Haute Autorité de Santé (HAS) reconnait l'autisme comme un "trouble envahissant du développement", et non plus comme une psychose enfantine.

 Il n'y a que dans notre pays que la psychologie est reconnue comme une méthode de prise en charge de l'autisme. Avec pour conséquence un retard considérable,

insiste Michel Favre, le président de Pro Aid Autisme. "Pourtant, lorsque l'on emploie les méthodes adaptées, les progrès sont considérables". Il poursuit: "le plan autisme 2008 – 2010 a reconnu qu'il puisse exister des programmes éducatifs dans les écoles des autres pays européens. Mais, ils sont encore considérés comme des "méthodes innovantes" qu'il faut évaluer [pendant cinq ans] dans des classes pilotes alors qu'ils ont déjà largement faits leurs preuves". Seule une vingtaine de projets expérimentaux, qui ne concernent qu'un petit nombre d'enfants, ont pour l'heure été validés.

Des modes de prise en charge diversifiés.

En Espagne, des spécialistes déterminent, après examen, quel type de scolarisation est le mieux adapté à l'enfant autiste: selon le diagnostic, il doit aller dans un centre spécialisé (il en existe spécifiquement créés pour les enfants autistes), bénéficie d'une scolarisation "ordinaire" ou bien d'une "scolarisation ordinaire avec soutien spécial".

Dans ce dernier cas, il recevra l'aide ponctuelle de spécialistes que ce soit pour ses déplacements, sa formation ou pour toute autre activité pour laquelle il a besoin d'aide. Les associations se plaignent toutefois du manque de moyens alloués, notamment en matériel scolaire.

En Grande-Bretagne aussi les parents peuvent choisir entre différents modes de scolarisation : écoles spécialisées, classes spécialisées, classes ordinaires avec soutien spécifique.

Ainsi, alors qu’en France la plupart des enfants autistes ne bénéficient d’aucune forme de scolarisation, la difficulté rencontrée en Grande-Bretagne par les parents est plutôt celle du choix d’une école parmi les différentes propositions qui leur sont faites. Ce simple constat permet de mesurer la différence qui existe en matière de scolarisation des enfants autistes au sein de ces deux pays,

écrivent les auteurs d'une étude de 2006 réalisée pour Autistes sans frontière.

La scolarisation en école spécialisée n'est toutefois pas automatique et les parents doivent parfois affronter les autorités scolaires jusqu'au tribunal pour y parvenir et obtenir un soutien financier. Par ailleurs, 50% des parents estiment que leur enfant autiste ne dispose pas d'une éducation appropriée.

La National Autistic Society, la plus importante association britannique, souhaiterait également que l’ensemble du personnel enseignant reçoive une formation relative à l’autisme, puisque tout enseignant est susceptible d’accueillir un enfant autiste dans sa classe.

Du personnel qualifié

En Italie, tous les enfants autistes sont scolarisés dans les classes ordinaires des établissements scolaires ordinaires jusqu’à 16 ou 18 ans. Depuis 1992. "Les écoles n’ont pas le droit de refuser les enfants autistes dans leurs bâtiments ; elles doivent se doter des ressources humaines et technologiques favorisant leur insertion et leur apprentissage", précise le Collectif autisme.

Le modèle est, de toute façon, très incitatif puisque la classe qui accueille un enfant autiste voit son effectif divisé par deux. L’enseignant est plus automatiquement assisté d’un enseignant de soutien.

En France, les auxilliaires de vie scolaire, qui accompagnent les enfants scolarisés en milieu ordinaire sont souvent "des jeunes précaires et sans formation", assure Michel Favre. "Trois heures en moyenne seulement sont consacrées à l'autisme" lors de la formation des AVS, précise le Collectif autisme. Ils sont de toute façon trop peu nombreux. Par ailleurs, seuls une centaine de personnes sont formées chaque année aux traitement éducatifs adaptés. Quand 8 000 enfants autistes naissent chaque année.

3 novembre 2013

Le difficile chemin de l'école pour un papa et son fils autiste de 4 ans

article publié dans la voix du Nord

Publié le - Mis à jour le 03/11/2013 à 10:06

 Par Stéphanie Fasquelle

Richard Vilaverde est un papa en colère. En colère contre l’administration scolaire qui le laisse dans le doute depuis plusieurs semaines. Et lundi matin, jour de la rentrée des classes pour son petit Ruben, âgé de 4 ans, il ne sait pas si le garçonnet devra faire demi-tour ou pas.


Ce restaurateur de Wazemmes scolarise son fils dans une école primaire de Villeneuve-d’Ascq. Lundi, il se dit prêt à occuper l’école.

 

« J’ai un combat contre la montre moi !, rage-t-il. Un enfant autiste fait un maximum de progrès entre 3 et 6 ans, quand le cerveau a une belle élasticité. » Ces semaines sans école stressent le papa – « ma patience déborde ! » – et frustrent le fils. Scolarisé dès 3 ans dans une école publique de Villeneuve-d’Ascq, Ruben a fait d’énormes progrès grâce à l’école, dit Richard Vilaverde. « C’est bien simple, il ne parlait pas, maintenant il parle. Il utilise des mots, lit des lettres, reconnaît les couleurs, il m’épate. Il n’aimait pas les contacts sociaux, ça reste compliqué pour lui, mais maintenant il entre en courant dans l’école ! » Ruben s’y rend quatre fois par semaine, fréquente le centre de loisirs du mercredi, mais aussi le centre thérapeutique de jour Opéra bleu, à Villeneuve-d’Ascq. La liste d’attente pour y entrer est de trois ans, « mais on nous a offert une place l’an dernier parce que c’était l’année de l’autisme et qu’un budget avait été dégagé pour les enfants de 3 ans ».

Incompréhension

Richard mesure chaque jour la chance que Ruben a de pouvoir être ainsi encadré et progresser. C’est pourquoi ce problème d’AVS reste incompréhensible. « La loi de 2005 dit que mon enfant doit être accueilli à l’école ordinaire. Si j’étais persuadé que l’école était néfaste pour mon fils, ou qu’il était une gêne pour le reste de la classe, je ne me prendrais pas la tête. Mais je suis chef d’entreprise (il tient un restaurant à Wazemmes), et si je foire le contrat d’un serveur, je vais aux Prud’hommes, si j’ai un retard de paiement de la TVA, je vais être sanctionné. Alors qu’on me dise pourquoi l’État, lui, se plante dans les contrats des AVS et pourquoi ça passe, pourquoi il faut l’accepter sans rien dire ? »

Richard estime que lorsque « un enfant sur 10 », aujourd’hui, naît avec des troubles autistiques, la prise en considération de son sort est bien faible. « L’école, c’est ce qui va aider Ruben à devenir un adulte, à travailler, à ne pas devenir une charge pour la société… »

Dans le flot de son récit poignant, il dit ne pas comprendre pourquoi il en apprend plus sur l’autisme via internet que via les professionnels de santé, pourquoi ce mot est « tabou » en France, contrairement à l’Angleterre, les États-Unis, le Canada. Tout ce qu’il comprend, c’est que scolariser un enfant autiste en France reste compliqué. « Ruben doit être en milieu normal car la vie, c’est un milieu normal… » Richard Vilaverde fera le chemin de l’école lundi matin, le cœur serré.

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