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"Au bonheur d'Elise"
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17 novembre 2014

Un jeune trisomique embauché dans les cuisines de l'Elysée

article publié sur le site d'Europe 1

Publié à 17h28, le 17 novembre 2014, Modifié à 17h39, le 17 novembre 2014

 Un jeune trisomique embauché dans les cuisines de l'Elysée
Pierre-Henri Masson, 23 ans, a remporté samedi le concours "l'assiette Gourm'hand" qui récompense des personnes porteuses d’un handicap mental dans le milieu de la restauration.


Pierre-Henri Masson, un jeune cuisinier trisomique de 23 ans, aura bientôt la chance de passer une semaine dans les cuisines de l'Elysée.
Le jeune homme formé au métier de cuisinier aux Ateliers Pifaudais à Dinan, dans les Côtes-d'Armor, a en effet remporté samedi la douzième édition de "l'assiette Gourm'hand".

L'assiette Gourm'hand vise à mettre en valeur les personnes atteintes de handicap mental travaillant dans le milieu de la restauration dans les Etablissements et Services d'Aide par le Travail (ESAT) ou encore les Instituts médico-éducatifs (IME). Cette année, 17 équipes issues d'établissements d’accueil venant de toute la France étaient en lice. Le jury qui comptait sept meilleurs ouvriers de France (MOF) a été séduit par le menu breton proposé par Pierre-Henri Masson : "rolladenn de poulet et sa sauce paimpolaise, dolmen de Bretagne au Bord'eau, taboulé de Breizh et oeuf miroir".

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17 novembre 2014

Ajaccio : Création d'une unité d'enseignement en maternelle pour enfants autistes

article publié sur CORSE NET INFOS

Rédigé par le Dimanche 16 Novembre 2014 à 18:32 | Modifié le Dimanche 16 Novembre 2014 - 21:5

Le troisième plan national autisme prévoit la création d’unités d’enseignement en maternelle pour enfants autistes associant enseignants et professionnels médico-sociaux. 700 places devront être créées sur la durée plan autisme 2013-2017, ainsi que l’ouverture d’une unité d’enseignement dans chaque région pour cette rentrée scolaire 2014. En attendant l’ouverture d’une unité d’enseignement par département, l’académie de Corse, grâce à la forte mobilisation de l’agence régionale de santé, du rectorat et de la Ville d’Ajaccio a invité la presse vendredi à la signature de la convention pour l’ouverture de la première Unité d’Enseignement en maternelle pour enfant avec autisme ou TED à l'École Saint-Jean d’Ajaccio.

Ajaccio : Création d'une unité d'enseignement en maternelle pour enfants autistes
Michel Barat recteur de l’Académie de Corse, Guy Monchaux DASEN de la Corse du Sud, Jean-Jacques Coiplet directeur général de l’ARS, Stéphane Sbraggia représentant la Ville, Hélène Cerlini présidente de l’association régionale spécialisée d’action sociale, d’éducation et d’animation (ARSEA), ont tout d’abord visité les locaux de la nouvelle unité et rencontré les personnels qui auront comme objectif d’améliorer l’intégration en milieu scolaire dès la petite enfance des enfants autistes. L’académie de Corse est celle qui scolarise le plus d’enfants handicapés et notamment en milieu ordinaire et qui compte le plus de personnel spécialisé sur le plan national. 

Qu’est-ce qu’une unité d’enseignement maternelle autisme ?
Ce dispositif permettra l’accueil des enfants de 3 à 6 ans ayant des troubles trop importants pour être scolarisés en classe ordinaire, même avec une auxiliaire de vie scolaire et l’appui des structures existantes. Il est une structure médico-sociale destinée à compléter la palette d’offre d’accompagnement à la scolarisation des enfants autistes, qui va du milieu scolaire ordinaire à la scolarisation au sein d’établissements médico-sociaux. Cette première unité d’enseignement a été créée en privilégiant l’extension d’un établissement ou d'un service médico-social existant, l’Association régionale pour la sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence qui gère notamment l’IME les Salines. Une autre unité d’enseignement sera ouverte à la rentrée 2015 à Bastia, on en compte seulement une trentaine au plan national. 

L'école maternelle saint-Jean accueille l'unité spécialisée
Cette classe spécialisée a été  accueillie au sein de l’école maternelle Saint Jean grâce à la  municipalité d’Ajaccio qui a mis gracieusement à disposition les locaux, procédé aux aménagements nécessaires, fourni un matériel scolaire conséquent. Celle-ci accueillera jusqu’à 7 enfants qui seront présents à l’école sur le même temps scolaire que les autres élèves de leur classe d’âge, pour une durée maximale de 3 ans (de 3 ans à 6 ans). La rentrée s’est déroulée le 10 septembre 2014.
L’encadrement est assuré par une équipe alliant enseignants et professionnels médico-sociaux : un enseignant spécialisé, trois éducateurs spécialisés, un neuropsychologue, un psychomotricien, une aide médico-psychologique, une orthophoniste, un neuropédiatre, une infirmière. Ces professionnels sont supervisés dans leur pratique par un cabinet spécialisé dans la prise en charge éducative de l’autisme dans le cadre des bonnes pratiques définies par la Haute autorité de la santé.
 

Un financement de 280 00 euros de l'ARS
Des formations à destination des parents et des professionnels de l’unité d’enseignement et de l’école ont été programmées afin de favoriser un accompagnement personnalisé, global et coordonné. Un comité de suivi se réunira régulièrement pour évaluer cette structure novatrice et l’insérer dans le réseau des classes et des structures qui interviennent dans l’accompagnement de la personne avec autisme. L’unité d’enseignement bénéficie d’un financement de 280 000 € attribué par l’ARS de Corse et d’un poste d’enseignant spécialisé mis à disposition par l’Inspection académique de Corse du Sud.

Un plan autour de cinq grands axes
L’autisme a été reconnu comme un handicap en 1996 par la loi «Chossy». Placé dans la catégorie des troubles neuro-développemental, il entraîne différents types de déficiences qui nécessitent des réponses adaptées et individualisées. L’autisme se caractérise par de graves altérations du développement dans les domaines de la communication verbale et non verbale, des interactions sociales et des comportements, des intérêts et activités qui sont restreints et stéréotypés. La Haute Autorité de Santé (HAS) a estimé, qu’un nouveau-né sur 150 serait concerné par l’autisme et les troubles envahissants du développement.
Les propositions qui composent le 3ème plan autisme visent à répondre à la faiblesse criante de la prise en charge de l’autisme en France il a été construit autour de cinq grands axes :
-Diagnostiquer et intervenir précocement
-Accompagner tout au long de la vie
-Soutenir les familles
-Poursuivre la recherche
-Sensibiliser et former l’ensemble des acteurs de l’autisme
15 novembre 2014

Décret CRA : on continue à se moquer des usagers - Communiqué d'Autisme France

12 novembre 2014

Autisme : comment éviter les sens interdits

article publié dans Le Point

Des travaux montrent que les sens sont perturbés chez les enfants souffrant de cette maladie, mais qu'une molécule peut inverser leur comportement.

En France, environ 650 000 personnes souffrent d'autisme ou de maladies apparentées.

En France, environ 650 000 personnes souffrent d'autisme ou de maladies apparentées. © Chris Dunn/AP / SIPA

Un mois après l'annonce, par le président de la République, du respect des engagements financiers pris dans le cadre du Plan autisme 2013/2017 (il prévoit de porter, d'ici à 2017, l'engagement financier supplémentaire à 205,5 millions d'euros par an), une autre bonne nouvelle vient d'être publiée par des chercheurs de l'Inserm. L'équipe dirigée par Andréas Frick, au sein de l'unité 862 Neurocentre Magendie, vient de parvenir à expliquer pourquoi les enfants souffrant de troubles du spectre autistique ont un comportement inapproprié et des réactions parfois violentes. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Neuroscience, ont été réalisés chez la souris. Et ils ouvrent la voie à un possible traitement de ce problème.

En préambule de leur étude, les auteurs rappellent que les troubles du spectre autistique (TSA) touchent plus de 3 millions de personnes dans l'union européenne dont environ 650 000 en France souffrent d'autisme ou de maladies apparentées. "Des estimations récentes du centre pour le contrôle des maladies (aux États-Unis) suggèrent qu'un enfant sur 68 est touché par cette maladie", précisent-ils. "Les TSA sont des troubles neuro-développementaux qui affectent les enfants de toutes origines ethniques et socio-économiques et sont caractérisés par un spectre de symptômes regroupant à la fois des difficultés pour les interactions sociales et la communication, et des comportements répétitifs stéréotypés."

Vers un traitement "sur mesure" ?

Les travaux montrent que, chez les personnes souffrant de ces troubles, les informations en provenance des différents sens - le toucher, l'ouïe, la vision - ou d'autres stimuli ne sont pas intégrées correctement dans le cerveau. Les auteurs expliquent, par exemple, que les simples lumières fluorescentes d'un supermarché peuvent être "une expérience sensorielle aversive", donc extrêmement désagréable. Ils ajoutent que ces altérations sont aussi fréquemment observées dans une maladie neuro-développementale apparentée, le syndrome de l'X fragile. Et ils ont montré chez des souris souffrant de ce syndrome de l'X fragile des anomalies dans la façon dont les informations sensorielles sont traitées par le néocortex (la couche externe des hémisphères cérébraux). Ce dernier est anormalement excité en réponse à des stimulations sensorielles tactiles. Fort heureusement, les chercheurs ont réussi à identifier le mécanisme expliquant cette réponse anormale.

En utilisant une molécule pharmacologique capable de mimer le mécanisme en jeu, ils sont parvenus à combattre cette "hyperexcitabilité néocorticale, ainsi que les anomalies de l'intégration neuronale", annonce le communiqué de l'Inserm. "De plus, ils ont été capables de corriger une conséquence comportementale notamment de l'hypersensibilité aux stimuli sensoriels (les souris saines n'ont pas été affectées par ce traitement)." Grâce à leurs découvertes, il sera peut-être bientôt possible de mettre au point un traitement "sur mesure" des aspects sensoriels du syndrome de l'X fragile et des troubles du spectre autistique. Ces futures thérapies pourraient être proposées aussi bien à des patients jeunes qu'adolescents, voire adultes.

11 novembre 2014

Une piste pour rétablir la bonne intégration des informations sensorielles chez les autistes

10.11.2014 - Communiqué INSERM

Chez les enfants autistes, les informations en provenance des 5 sens : du touché, de l’ouïe, de la vision, ou d’autres stimuli, ne sont pas intégrées correctement dans le cerveau, conduisant à un comportement inapproprié et à des réactions parfois violentes. Des chercheurs de l’Inserm dirigé par Andréas Frick au sein de l’Unité Inserm 862 « Neurocentre Magendie » viennent de comprendre pourquoi en étudiant un modèle de souris mimant la maladie. Ils ont même trouvé une molécule pouvant inverser ces effets et rétablir un comportement « normal » chez ces souris.
Ces résultats sont publiés dans la revue
Nature Neuroscience

cerveau c Fotolia

Les troubles du spectre autistique (TSA) touchent plus de 3 millions de personnes dans l’union européenne dont environ 650 000 en France. Des estimations récentes du Centre pour le contrôle des maladies (aux Etats-Unis) suggèrent qu’un enfant sur 68 est touché par cette maladie. Les TSA sont des troubles neuro-développementaux qui affectent les enfants de toutes origines ethniques et socio-économiques, et sont caractérisés par un spectre de symptômes regroupant à la fois des difficultés pour les interactions sociales et la communication, et des comportements répétitifs stéréotypés.

Un autre aspect fréquent des maladies neuro-développementales est le problème du traitement des informations sensorielles. Près de 90% des enfants avec des TSA sont touchés par différents types de problèmes sensoriels. Les anomalies d’intégration sensorielle proviennent du fait que les informations périphériques, que ce soit du touché, de l’ouïe, de la vision, ou d’autres stimuli, ne sont pas intégrées ou organisées correctement dans le cerveau, conduisant à un comportement inapproprié. De telles anomalies peuvent être extrêmement handicapantes au quotidien pour les personnes atteintes d’autisme et elles posent un défi aux parents et éducateurs. Par exemple, lors d’une sortie au supermarché, de simples lumières fluorescentes peuvent être une expérience sensorielle aversive. Malheureusement, les altérations de l’intégration sensorielle dans ces maladies et leurs traitements pharmacologiques sont peu étudiées, et ceci alors même que ces altérations sont également fréquemment observées dans une maladie neuro-développementale apparentée, à savoir le Syndrome de l’X Fragile.

Dans une étude publiée dans Nature Neuroscience, des chercheurs de l’Inserm (en collaboration avec des chercheurs du CNRS) ont montré que des souris Fragile X présentent des anomalies dans la façon dont les informations sensorielles sont traitées par le néocortex, qui est la partie du cerveau responsable entre autres de la perception sensorielle. Les chercheurs ont montré que le néocortex de ces souris est hyper-excité en réponse à des stimulations sensorielles tactiles. Ils ont ensuite effectué une variété de tests détaillés montrant que cette hyperexcitabilité néocorticale est reliée à la façon dont les neurones de cette région du cerveau intègrent les informations sensorielles. Avec cette étude, les chercheurs ont trouvé que la fonction de certains canaux ioniques (les molécules qui déterminent la façon dont les neurones traitent les signaux électriques) est altérée dans le compartiment dendritique (la structure qui intègre les informations et qui se comporte véritablement comme le « cerveau » des neurones).

En utilisant une molécule pharmacologique mimant le fonctionnement d’un de ces canaux, ils ont pu corriger cette hyperexcitabilité néocorticale ainsi que les anomalies de l’intégration neuronale.

De plus, ils ont aussi été capables de corriger une conséquence comportementale notamment de l’hypersensibilité aux stimuli sensoriels (les souris saines n’ont pas été affectées par ce traitement). Ces découvertes offrent un nouvel espoir pour un traitement sur mesure des aspects sensoriels du Syndrome de l’X Fragile et des troubles du spectre autistique, en particulier car ces traitements pourraient être appliqués à des patients adultes ou adolescents.

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10 novembre 2014

Le chien qui détecte les enfants angoissés ... à l'odeur

Par figaro iconAude Rambaud - le 07/11/2014

service dog

Pour prévenir les crises d'angoisse d'enfants autistes, une école américaine spécialisée a engagé un chien ayant subi un dressage spécial.

On connaissait le chien d'aveugle, le chien assistant pour personnes handicapées, le chien psy pour enfants malades ou pour retraités, le chien détecteur de cancer, voilà le spécialiste du stress! L'école Calais de Whippany dans le New Jersey aux États-Unis travaille en effet depuis un an et demi avec un chien exercé à reconnaître l'odeur d'une hormone du stress, le cortisol, libérée par le cerveau et qui se retrouve dans l'haleine. Une mission assurée par Cali, un Rhodesian ridgeback au poil ras et à l'air sympathique.

Chaque jour, il accueille les 85 enfants de l'école habitués à sa présence et les sent à distance au moment où ils entrent dans l'établissement. Un objectif à cela: savoir s'ils sont stressés, angoissés ou encore nerveux. Il faut dire que l'école Calais n'est pas une école comme les autres. Elle encadre des enfants hyperactifs, présentant des troubles de l'attention, de l'apprentissage ou d'autres problèmes psychiques d'ordre émotionnel ou comportemental comme l'autisme. «Certains enfants ont un comportement agressif et violent, sont difficiles à contrôler. Le fait de détecter une angoisse particulière le matin et d'apaiser l'élève permet de passer ensuite une journée normale. Autrement, il peut perturber tout le déroulement de la classe», explique Janice Wolfe, directrice du centre Merlin's kids où Cali a été dressé.

Un odorat inouï

Elle a elle-même participé à la formation de ce détective du stress comme à celle de bien d'autres chiens destinés à d'autres fonctions ; dépistage du cancer ou du diabète par l'odeur, accompagnement de personnes handicapées ou encore d'enfants présentant des problèmes psychiques. Elle ne dévoile rien de ses méthodes mais se vante de proposer des animaux aux compétences exceptionnelles. «Les chiens apprennent à reconnaître des odeurs avec une fiabilité extrême grâce à leurs qualités olfactives inouïes. Cali peut par exemple identifier une personne stressée à travers une pièce, voire même à travers l'école, un peu comme quand vous repérez à distance une personne qui vient de fumer, illustre-t-elle. Et quand il signale un enfant en le regardant et en pointant sa truffe vers lui, vous pouvez être sur à 100 % qu'il a détecté un taux anormal de cortisol. Cela ne fait absolument aucun doute».

Ce petit exploit demande environ un an d'entraînement, le temps d'éduquer le chien à l'odeur spécifique, de lui apprendre à réagir de façon adaptée et de permettre à son dresseur de le comprendre et le connaître.

Six crises évitées par jour

Les services de Cali permettent ainsi de détecter plusieurs enfants par jour qui n'arrivent pas sereins en classe. Quand c'est le cas, la personne qui accompagne quotidiennement Cali et a participé à son dressage, Casey Butler, s'entretient en privé avec l'enfant en présence du chien pour discuter et le rassurer. Casey Butler est spécialiste en thérapie animalière mais également professeur d'école. «C'est simple, avant Cali, les enseignants affrontaient plusieurs crises par jour qui pouvaient durer deux trois heures. Un mois après son arrivée, le rythme est passé à deux ou trois crises par semaine, qui durent plutôt un quart d'heure», détaille Janice Wolfe.

«Les résultats ont dépassé nos espérances, avec en moyenne six crises évitées par jour», confirme David Leitner, le directeur de l'école. D'autant que les compétences de Cali ne s'arrêtent pas là. «Ce chien est utilisé à temps plein dans un programme de thérapie animalière plus global, pour aider les enfants à s'exprimer, à faire certaines tâches, pour les inciter à lire, les socialiser, les motiver ou encore, réduire l'anxiété», décrit David Leitner.

Les atouts de cet accompagnement canin ont incité l'école à «embaucher» un second chien dont la formation vient de s'achever à Merlin's kids. Cleo, un beagle, vient de rejoindre l'équipe d'encadrement pour apporter cette fois des compétences d'orthophoniste et d'ergothérapeute. Il devra aider les enfants à effectuer des gestes précis et à progresser en lecture. À ce rythme là, ce sont les professeurs qui ont du souci à se faire pour leur place…

10 novembre 2014

Autisme : A Ciel Ouvert, le film ... un horizon fermé

article publié dans AGORAVOX

Bonjour au collectif.

Nous avons trouvé votre site sur internet en faisant des recherches sur l’autisme.
Nous vous adressons ce message suite à la séance du film « A ciel ouvert » à laquelle nous avons assisté à Béziers, ma femme et moi, en partenariat avec la médiathèque départementale et la Maif. Ceci nous apparaissait comme étant un gage de qualité. Nous sommes déçus et souhaitons avoir de plus amples informations.
Voici nos réflexions que nous avons notées le soir en rentrant de la séance.

Retour vers … le passé

Regardons les lieux :
Une grande maison ancienne, les murs sont ternes et sans couleurs. Ni photos, ni images ne décorent cet intérieur triste et lugubre. Le temps y paraît suspendu. Quelques enfants déambulent dans les couloirs. Ils vont et viennent entre différentes pièces, de la cuisine à une chambre, en passant par la salle de bain, une salle d’atelier, accompagnés d’un ou deux adultes…
Où sommes-nous ? Qui sont ces enfants ?
A première vue, nous sommes dans une époque lointaine : il y a 50 ans ? Ou plus ?

Ecoutons les dialogues :


- « Il n’a pas participé à la jouissance collective ».


- « Chez le névrosé, il y a un petit bout qui s’en va ».


- « Il ne faisait plus qu’un ».


- « C’est pas le grand autre qui veut jouir du tissu psychotique »
- « C’est un petit autre ».


- « Il veut pas être objet. Ou il devient l’objet, un objet déchet ».


- « Il constitue son moi et ça le règle par rapport à sa jouissance ».

Nous sommes dans un sujet documentaire sur les théories et pratiques lacaniennes au sein d’une ancienne institution.

Le film, qui dure près de deux heures, passe et nous sommes de plus en plus déprimés et tristes. Quelques moments amusants tout de même nous font sourire. Une enfant subtilise discrètement des morceaux de sucre pour les mettre dans sa poche, un autre qui joue. Les adultes sont ternes, pas de sourires, pas de rires, ils semblent très distants des enfants et les vouvoient, ce qui conforte notre idée initiale.
Le film se termine. Et nous nous disons : heureusement que cette époque est révolue !
…

La lumière se fait dans la salle et quel étonnement ! Une des personnes du film, qui nous a semblé être la chef de service, est là sur la scène et vraisemblablement, elle n’a pas vieilli. Totalement ahuris, nous venons de prendre conscience que ce film n’est pas un documentaire historique. Il s’agit bien d’une institution qui existe actuellement.

Place au débat.


Bien installés dans notre fauteuil, nous nous disons que le débat promet d’être intéressant et nous en apprendra davantage. Peut-être allons nous comprendre.


A notre gauche, une première dame prend la parole et demande des explications sur le sens des termes qui reviennent fréquemment dans le film ; psychose, névrose (définis dans le film) et autisme, pas expliqué. La réponse apportée ne nous éclaire guère. "La singularité du sujet" et une histoire "d’objet, de trop-plein".

Sa voisine prend le micro et demande ce que veut dire le terme « jouissance » énoncé tant de fois dans le film. Nous sommes intéressés car nous non plus n’avons pas compris. Mais nous ne pouvons pas comprendre, répond la chef de service, car nous ne sommes pas initiés aux théories lacaniennes qui sont les seules valables pour le traitement de ces enfants.


Enfin, une autre personne prend la parole et demande quel est ce lieu ? Un lieu de vie, une institution … Nous apprenons alors qu’il s’agit d’un institut en Belgique. Nous sommes surpris, car tous les enfants parlaient bien en français et sans accent. Cette personne reprend alors en parlant des recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de la Santé. Elle explique que cette institution ne correspond pas aux recommandations et dit qu'elle ne voit dans ce film que de l'occupationnel et aucune prise en charge cognitive. Mais nous n’en saurons guère plus car cette personne se fait huer dans la salle. Le micro lui est enlevé et quelqu’un interviendra dans la salle pour dire que là n’est pas le sujet du débat et qu’il n’y a pas lieu d’être polémique.


La tension monte et le micro est maintenant derrière nous avec un jeune éducateur qui se présente, et applaudit le film. Il nous explique ce film est exceptionnel et que beaucoup de scènes ont fait « écho » à sa pratique professionnelle. Il accuse les personnes qui ont pris la parole avant, d’être agressives. Nous n’avions pas remarqué. C’est alors que l’une d’elles montre un film en DVD « Quelque chose en plus » de Sophie Robert qui paraît-il montre une toute autre réalité. Ce sera notre prochain film à voir.

Pour finir un médecin psychiatre prend la parole et souligne que dans le film, les parents des enfants sont totalement absents. Il dit aussi qu'il n'adhère pas aux théories lacaniennes présentées dans le film. Sa remarque ne semble pas très appréciée dans la salle à l'exception de quelques personnes qui applaudissent, nous ne comprenons pas pourquoi.

Et la table ronde ?...

Quant à la table ronde à laquelle nous comptions assister et annoncée dans le programme : "Psychoses et autismes : quelles pratiques inventer ensemble ?", elle a été annulée.

Comment faire la part des choses ? Pouvez-vous nous éclairer ?

Georges et Linda, des grands-parents inquiets face à leur petit fils de 4 ans qui vient d’être diagnostiqué autiste.

 

Chers Georges et Linda,

Nous vous remercions pour votre courriel que nous avons lu attentivement.

Ce centre dont vous parlez est une institution belge qui accueille environ 300 enfants et jeunes, dont de nombreux français envoyés en Belgique par la Maison Départementale de la personne Handicapée du Nord, faute de places d’accueil en France. C’est pourquoi, ils parlent tous français.
Veuillez trouver ci-joint le lien vers le site de cette institution : http://www.courtil.be/courtil/

Dans les Recommandations de Bonne Pratique de la Haute Autorité de la Santé, vous pourrez lire à la page 27 que :

« L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur : les approches psychanalytiques ; la psychothérapie institutionnelle ».

La troisième personne à intervenir a donc eu tout à fait raison de mentionner ces recommandations, qui sont basées sur les résultats les plus récents des recherches et l’évaluations des pratiques internationales. Il nous semble que cette institution quand bien même elle se situe en Belgique, devrait les connaître et s’y conformer, puisqu’elle reçoit de nombreux enfants français. Que cela fasse polémique dans un débat est absolument incohérent avec les recommandations de bonnes prises en charges pour l’autisme.

Pour mieux comprendre ce dont vous avez été témoin, nous vous recommandons de visionner le film de Sophie Robert qui passe dans de nombreuses salles en France : "Autisme et ABA, quelque chose en plus" ou de le commander en ligne. Vous pouvez dès à présent en voir un extrait ici. Celui-ci expose entre autres les théories inspirés de Lacan et Freud, qui motivent les acteurs filmés dans "A Ciel Ouvert".

Pour découvrir et mieux comprendre les Troubles du Spectre Autistique (dont l’Autisme de Kanner fait partie), nous vous recommandons un livre récent grand public « A la découverte de l’autisme » chez Dunod.

Concernant le film sur lequel vous nous avez interpellés, « A ciel ouvert », nous vous confirmons que ce film montre un institut où les prises en charge des enfants et adolescents en situation de handicap sont selon nous dignes d’être classées dans la préhistoire. Il apparaît en effet qu’aucun des programmes d’interventions à référence comportementale ou développementale, recommandés par la Haute Autorité de Santé, comme l’ABA, le TEACCH et DENVER, n’y soient pratiqués. Pourtant ceux-ci améliorent efficacement le devenir de l’enfant autiste.

Vous n’avez pas parlé de scolarisation et d’inclusion. Ce sujet n’a pas été traité dans le film. Or l’inclusion scolaire est essentielle pour favoriser le développement cognitif et les compétences sociales des enfants et adolescents autistes.

Quant à votre petit-fils, à 4 ans avec un bon accompagnement (orthophonie, ABA…) et une scolarisation en réelle inclusion, autant que possible en classe ordinaire, vous avez de grandes chances de le voir grandir et évoluer positivement.

Nous vous invitons donc à lire les recommandations de la Haute Autorité de Santé et à diffuser autour de vous les bonnes pratiques et non celles de « l’âge de pierre ». Et n’hésitez pas à revenir vers nous pour toute autre question. Sur notre site, vous trouverez aussi de nombreuses informations qui pourront vous être utiles.

Bien cordialement,

Le Collectif EgaliTED.

9 novembre 2014

Jacques Van Rillaer déboulonne -> Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre - écrit par Elisabeth Roudinesco

Le prix "Décembre" vient d’être décerné à Madame Elisabeth Roudinesco pour son livre sur Freud. Il s’agit d’un prix qui récompense une œuvre littéraire. Il convient de souligner que "Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre" est un roman historique et nullement un travail universitaire original.

J’ai reçu de la part du professeur Jacques Van Rillaer (Professeur émérite de psychologie à l’université de Louvain) une analyse et une critique rigoureuse du contenu de ce livre que je ne peux m'empêcher de partager avec vous. Jacques Van Rillaer me permet donc de publier ses réflexions. Il est étonnant qu'un prix littéraire puisse être décerné à un ouvrage aussi médiocre. Soit le prix "Décembre" est train de brader le prestige qu'il avait si durement acquis, soit le jury était piètre qualité !

Vous pouvez donc télécharger à partir de ce billet (ci-dessous) l'excellente analyse qu'à pu réaliser Monsieur Van Rillaer à partir des graves imprécisions contenues dans ce livre.

Si vous avez besoin de mettre un lien dans un forum, ou dans un texte, vers cette publication de Van Rillaer, il vous suffit d'utiliser les liens ci-dessous :

http://www.mediapart.fr/files/Roudinesco_Freud_Rillaer_2014.doc

http://www.mediapart.fr/files/Roudinesco_Freud_Rillaer_2014.pdf

Pour ce document et beaucoup d'autres sur la psychologie et la psychanalyse, vous pouvez utiliser celui ci-dessous, puis sélectionner le document : Roudinesco.Freud.Rillaer.2014.pdf :

http://icampus.uclouvain.be/claroline/document/document.php?cidReset=true&cidReq=EDPH2277

8 novembre 2014

La définition de l'autisme -> site d'EgaliTED -> L'autisme c'est quoi ?

L'autisme: c'est quoi ?
 
Les Troubles Envahissants du Développement (TED) sont un groupe de troubles du développement du cerveau affectant la personne dans trois domaines principaux :
  1. anomalies de la communication orale et/ou non verbale
  2. anomalies des interactions sociales 
  3. centres d'intérêts restreints. 

=> On parle de triade autistique.

L'autisme (infantile) est l'un de ces troubles. Par abus de langage le terme "autisme" est le plus souvent utilisé pour désigner n'importe quel type de TED. C'est pourquoi on tend aujourd'hui à remplacer l'appellation de TED par celle de Trouble du Spectre Autistique (TSA). La classification internationale des maladies de l'OMS (CIM-10) identifie les catégories suivantes au sein des TEDs :
  1. F84.0: autisme (ou autisme infantile)

  2. F84.1: autisme atypique (également appelé TED Non Spécifié)
  3. F84.2: syndrome de Rett
  4. F84.3: autre trouble désintégratif de l'enfance
  5. F84.5: syndrome d’Asperger

Les liens ci-dessus renvoient à un site, choisi pour sa clarté d'explications. Le site Autisme France est également très interessant.

Il existe cependant un autre trouble, qui, lorsque l'enfant est légèrement atteint, est difficile à dissocier du TED NS: le Trouble du développement psychologique (F80 à F80-9 dans la CIM10), ces troubles demandent généralement le même type de prise en charge que les troubles envahissants du développement, avec souvent de meilleurs résultats.

Un autre site développe de façon intéressante des explications concernant les différents TEDs

La Haute Autorité de Santé a publié en mars 2010 un Etat des Connaissances Scientifiques sur l'autisme et les TEDs
  • Les TEDs présentent tous comme points communs des anomalies dans les 3 domaines cités plus haut. (la triade autistique).
  • Néanmoins, les personnes porteuses d'un TED seront toutes très différentes, les manifestations de ces troubles étant très diverses.

- Certains seront mutiques et repliés sur eux-mêmes (on les appelle "autistes de Kanner"), pouvant avoir une sévère déficience intellectuelle associée.

- D'autres auront un développement du langage normal (syndrome d'Asperger), voire supérieur à l'âge réel de l'enfant, mais seront socialement très déficients.

- D'autres encore seront très agités (pouvant faire penser à de l'hyperactivité). La plupart seront réfractaires aux changements et se complairont dans des rituels rassurants. Il n'est pas rare que certains enfants se "calment" avec l'accès à la communication.

- De manière déroutante, beaucoup d'autistes sont très sociables, vont volontiers vers les autres, mais leur difficulté sera qu'ils ne sauront pas comment maintenir une relation ou entretenir une conversation, une fois le contact initié.

Les Troubles envahissants du développements sont classifiés de deux manières : dans la classification américaine DSM4 (la 5 étant sur le point de paraître) et dans la classification internationale de l'OMS, la CIM 10. C'est la CIM10 qui fait référence.
  • L'autisme infantile est le plus connu. Il se caractérise par des déficiences marquées dans les 3 domaines cités plus haut, ces déficiences apparaissant avant 3 ans. Pour une définition détaillée on se réfèrera au document de la HAS donné plus haut, "synthèse" annexe 2.

 

NB : Lorsqu'il n'y a pas de déficience intellectuelle associée on parle "d'autisme de haut niveau".

  • L'autisme atypique (ou TED NS dans le CIM10) se diagnostique soit lorsque les troubles apparaissent après 3 ans, soit lorsque seuls 2 critères sur 3 sont déficients.
  • Les troubles désintégratifs de l'enfance se caractérisent par un développement normal suivi d'une régression vers 2 ans. Cette catégorie est floue et mal connue; on soupçonne l'implication pour certains d'entre eux d'encéphalopathies.
  • Le syndrome d'Asperger se différencie des autres TEDs par l'absence de retard de langage significatif ainsi que l'absence de déficience intellectuelle. La distinction entre autisme de haut niveau et syndrome d'Asperger n'est pas claire ni même forcément pertinente ou utile ; la tendance actuelle est de rassembler ces troubles dans une même région du spectre autistique.
8 novembre 2014

Légendes urbaines - Exil en Belgique par Isabelle Resplendino

Comme pour les légendes urbaines, il faut parfois rétablir un peu de vérité dans ce monde.

Veuillez lire ici la lettre de la délégation Belgique d’Autisme France au médiateur de l’information de France 2 à propos du reportage sur l’exil des élèves français handicapés en Belgique, diffusé dans le journal télévisé de 20 heures, le 4 novembre 2014.

tiret VIVRE FM

http://www.autisme-france.fr/offres/doc_inline_src/577/mE9diateur%2Bfrance%2BTV.pdf

8 novembre 2014

Le pape François organise un congrès international sur l'autisme

article publié sur Vivre FM

Vendredi 07 Novembre 2014 - 18h11

Le pape François consacre la vingt-neuvième conférence internationale du Vatican à l’autisme. Durant trois jours, une cinquantaine de chercheurs, personnel soignant etc. vont débattre du « spectre de l’autisme » et des moyens pour y faire face. Que doit-on en attendre ?

En 2013, un enfant autiste était resté au coté de François pendant toute une cérémonie.
En 2013, un enfant autiste était resté au coté de François pendant toute une cérémonie.

Ce congrès mondial sur l’autisme sera organisé par le Vatican du 20 au 22 novembre prochain. Par cette manifestation, le Saint Siège prévoit de réunir différents spécialistes venus du monde entier autour du thème « l’autisme, maladie aux divers visages : engendrer l’espérance ». Le but annoncé est de promouvoir la solidarité et l’intégration des personnes atteintes de l’autisme. Ce sera pour l’Église l’occasion de faire passer le message selon lequel toute approche efficace de cette problématique passe par la compréhension et le respect de la dignité des personnes atteintes : « Il est nécessaire d’entreprendre le chemin de l’intégration dans la communauté, en brisant l’isolement et les barrières dressées par la maladie et le préjugé, en ressoudant les relations interpersonnelles... », explique Mgr. Sygmunt Zimoski, président du conseil pontifical pour les services de santé. Cette manifestation, du reste, entre dans la logique de l’action pontificale du pape François, orientée vers la défense des plus faibles.

L’autisme est un trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales et dure tout au long de la vie. On estime qu’une personne sur 150 en est aujourd’hui atteinte dans le monde. 

Rédaction

5 novembre 2014

Handicap : bientôt des inspecteurs français en Belgique

Marie PIQUEMAL (envoyée spéciale en Belgique) 3 novembre 2014 à 19:57 (Mis à jour : 3 novembre 2014 à 20:00)

Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargé des Personnes handicapées, en avril à Paris.Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargé des Personnes handicapées, en avril à Paris. (Photo Martin Bureau. AFP)

RÉCIT

Le pays accueille des Français dans des conditions parfois déplorables. Un business que la secrétaire d'Etat, en visite officielle lundi, et son homologue belge entendent stopper.

Ségolène Neuville, la secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, s’est rendue ce lundi matin en terre wallonne, dans un établissement accueillant des personnes handicapées françaises. En cadeau de bienvenue, le nouveau ministre wallon de la Santé s’est fendu d’un panier garni, avec foie gras et bières belges.

C’est qu’il faut mettre en évidence l’importance de la journée : l’accord-cadre signé en 2011 entre la France et la Wallonie pour permettre à des inspecteurs français d’aller dans les centres belges devrait enfin se concrétiser. En fait, cet accord est officiellement entré en vigueur en mars mais ne s’était toujours pas traduit par une application concrète…

«Cela prend du temps… Le temps de la diplomatie et des accords bilatéraux n’est pas le même que le temps médiatique», souligne Philip Cordery, député des Français du Benelux. Il suit de près ce sujet en tant que parlementaire. Son téléphone sonne régulièrement : des familles sans solution de prise en charge pour leur proche handicapé à qui les autorités françaises conseillent de s’exiler en Belgique. Vers quelle structure se tourner ? Comment s’assurer que la prise en charge est de qualité ?

«Rehausser les normes standards»

Le député milite pour un label de qualité, permettant de distinguer les bons établissements. Car de l’autre côté de la frontière, dans la province du Hainaut, tout un business s’est développé. En un an, le nombre d’établissements accueillant exclusivement des Français est passé de 112 à 139.

Si certains centres offrent une très bonne qualité d’accueil, parfois meilleure qu’en France, d’autres, non. Une partie des structures, privées à but lucratif, n’utilisent pas l’argent versé par la Sécurité sociale française pour le bien-être des résidents et ne garantissent pas une bonne prise en charge, comme le dénonçait Libération en avril. Et jusqu’ici, les inspecteurs français ne pouvaient pas réaliser de contrôles et l’agence wallonne à l’intégration des personnes handicapées (Awiph) disposait de moyens limités.

«On va rehausser les normes standards de qualité, pour que les centres accueillant des Français (qui ont une autorisation de prise en charge, ndlr) aient le même niveau d’exigence que ceux agréés par les autorités wallonnes où sont pris en charge les ressortissants belges», s’est engagé le ministre wallon Maxime Prévot. «Excellente nouvelle», a aussitôt répondu son homologue française, Ségolène Neuville, qui n’en attendait pas tant. «Cet engagement va au-delà de l’accord-cadre et c’est tant mieux.»

Pas d’inspecteurs en plus

Ce fameux accord-cadre devrait permettre d’abord de savoir précisément combien sont ces Français résidants dans des centres belges. «A peu près 6 000», selon Maxime Prévot. L’accord devrait ensuite permettre des inspections conjointes. Combien et à partir de quand ? C’est là que ça se corse. «Vous dire combien, non, je ne peux pas, répond Ségolène Neuville. J’ai donné des instructions aux Agences régionales de santé (ARS), je leur laisse l’autonomie d’organisation. Mener les inspections, c’est leur métier.»

Jean-Yves Grall, le directeur de l’ARS du Nord-Pas-de-Calais, était de la partie ce lundi. C’est son administration qui est chargée de piloter sur le terrain la coopération franco-belge. «J’ai mis en place une cellule de pilotage de trois personnes, directement sous mes ordres. Puis on stimulera au besoin d’autres ARS pour mener des inspections.» Car c’est la limite de cet accord : le bataillon d’inspecteurs ne sera pas renforcé. L’accord doit se mettre en place à moyens constants.

«Nous sommes à un tournant. Mon objectif, c’est de stopper le flux, de redonner une liberté de choix aux familles, a insisté la secrétaire d’Etat, juste avant d’effectuer une petite visite dans le centre Reine Fabiola (c’est son nom), suivi par un bataillon d’une trentaine de hauts fonctionnaires français et wallons. Puis se voulant rassurante à l’égard des Wallons inquiets pour les emplois, le secteur concernant au moins 4 500 personnes : «Il n’est pas question d’obliger les personnes qui sont bien en Belgique de rentrer en France, mais d’éviter que des familles soient forcées d’accepter une prise en charge en Belgique faute de solution en France.»

Dans le Thalys du retour, la secrétaire d’Etat a rappelé qu'«évidemment, cet accord ne dédouanait pas la France de proposer des solutions sur son territoire» et que «des mesures étaient en préparation». Elles seront annoncées en décembre.

Marie PIQUEMAL (envoyée spéciale en Belgique)
4 novembre 2014

La flore intestinale : un médicament d'avenir ?

Le microbiote intestinal (ou flore intestinale) est un ensemble important de milliards de bactéries dont la composition exacte, qui varie en fonction de l’individu et de l’âge, est difficile à déterminer avec précision du fait de sa complexité et l’insuffisance des méthodes actuelles existantes. Ce supra-organisme est en constante relation avec l’organisme hôte, de véritables dialogues s’installent entre les bactéries et les cellules, dialogues qui concernent notamment la production de mucus, la trophicité et le renouvellement de l’épithélium cellulaire, l’éducation et la stimulation du système immunitaire, le comportement via un axe maintenant bien reconnu « microbiote intestinal-cerveau », et aussi la régulation de la pression sanguine. On comprend dès lors qu’un déséquilibre, quelle qu’en soit la raison, puisse déréguler le système et provoquer potentiellement des pathologies. C’est ce qu’on observe dans les colites à Clostridium difficile, qui apparaissent après un traitement antibiotique. Des dysbioses ont également été décrites dans les maladies allergiques, les maladies inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), l’obésité, le syndrome métabolique, le diabète et les complications cardiovasculaires associées et même l’autisme. Le transfert du microbiote intestinal d’un sujet sain à un patient porteur d’une de ces maladies paraît une solution attractive à condition d’obtenir une preuve de l’efficacité de ce transfert ainsi qu’une balance bénéfice-risque favorable, laquelle dépend du receveur comme du donneur. Ce type de thérapeutique est connu depuis longtemps puisque le premier transfert publié pour traiter la colite pseudomembraneuse à C. difficile date de 1958 mais il était tombé en désuétude avec l’avènement des antibiotiques. Les derniers essais cliniques publiés ont montré l’innocuité du procédé avec aucun accident à déplorer. Son transfert du donneur au receveur vise, grâce au rééquilibrage de la biodiversité, à restaurer un dialogue rompu. Il apparaît ainsi être un médicament dont on pressent le potentiel dans nombre d’indications. Cependant le microbiote intestinal reste un ensemble d’éléments d’une grande complexité qui varie dans le temps et selon les sujets. Il reste donc à en déterminer le statut réglementaire et à en valider l’usage selon les indications, les modes de préparation et d’administration, afin d’écarter les risques (inhérents à sa production humaine) pour les patients bénéficiaires. Dr Christophe Bazin 30/10/2014
2 novembre 2014

Handicap & Loisirs à Champigny - Alors on danse !

atelier théâtre champigny

1 novembre 2014

Une journée de formation continue sur l'autisme, offerte par l'association Autisme Charente-Maritime

article publié sur le site de l'association Autisme Poitou Charentes

Le : 31 oct 2014 - 14:49

C'est une grande première.
Mercredi 5 novembre à partir de 8h30, plus de 200 personnes de l'Education Nationale (instituteurs, professeurs de collèges et lycées, Auxiliaires de Vie Scolaire,
Psychologues et médecins scolaires...) du département vont bénéficier d'une journée de formation continue sur l'autisme​,​
offerte par l'association Autisme Charente​-​Maritime :

​MIEUX COMPRENDRE L'AUTISME : POUR UNE SCOLARISATION ET UN ACCOMPAGNEMENT ADAPTE​S
par EDI Formation.
L'association Autisme Charente​-​Maritime prend en charge intégralement les frais de cette formation.
La Ville de Rochefort met à disposition gratuitement la salle de l'Auditorium du Palais des Congrès.
L'inspection ASH (Adaptation et Scolarisation des élèves Handicapés) a largement diffusé cette information​

C'est un véritable succès ! Si bien que Monsieur Bordignon, l'inspecteur ASH, a pris contact avec les services du palais des congrès pour envisager la retransmission dans
une autre salle.​:​t rop compliqué à mettre en oeuvre, il a du se résoudre​à limiter les inscriptions.
A l'heure où l'on nous parle du 3ème plan autisme qui reste concrétement insuffisant, voilà une action​partenariale bien concrète, qui permettra de lever le voile sur un
handicap encore méconnu.​
Les 2 jours qui précèdent, la formation "autisme et problèmes de comportement" à destination des parents​, des professionnels libéraux et des institutions​, fait également le plein.
L'Autisme et les troubles apparentés touchant 1 personne sur 100 à 150, il y aurait en Charente-Maritime environ 4000​personnes autistes.
Les "dommages collatéraux" atteignent donc un grand nombre de personnes : parents, fratrie, école...​et la vie des familles est fortement bouleversée.
Une des​première​s​des difficultés rencontrée​s​par les parents est de faire accepter son enfant à l'école... seuls 15 à 20% des enfants avec autisme sont en effet scolarisés,
alors que 70% ne présentent aucune déficience intellectuelle.

Pour plus d'informations :
http://autisme-charente-maritime.blogspot.fr/search/label/C.a%20FORMATIONS
http://web17.ac-poitiers.fr/ASH/?formation-autisme
http://ediformation.fr/
Une petite vidéo sympa et courte pour voir que l'autisme n'est pas toujours ce qu'on croit (même si ce n'est pas toujours cela non plus)
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-emis...
Et des films incontournables qui ont fait le buzz
"Le Cerveau d'Hugo" passé sur France 2 http://www.youtube.com/watch?v=6ASAHKoFqVQ
et "Le Mur, la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme" de Sophie Robert http://www.dragonbleutv.com/documentaires/2-le-mur-ou-la-psychanalyse-a-...

​Bien cordialement​

Sandra RONDET
Présidente Autisme Charente-Maritime
Adresse postale :
AUTISME CHARENTE-MARITIME
37 Rue Pujos
17300 ROCHEFORT

Tél. : 06.98.80.53.94
http://autisme-charente-maritime.blogspot.fr/
Page FACEBOOK : https://www.facebook.com/Autisme17

1 novembre 2014

Autisme : les espoirs que va permettre l'identification de 100 nouveaux gènes liés à la maladie

article publié dans Atlantico

Un trouble mieux cerné

Publié le 31 Octobre 2014
Selon une étude américaine publiée récemment, une centaine de gènes seraient impliqués dans les troubles autistiques, contre 9 comme nous le pensions jusqu'alors. Un résultat qui permet de mieux en comprendre les origines de la maladie et qui ravive l'espoir d'une thérapie.

Autisme : les espoirs que va permettre l’identification de 100 nouveaux gènes liés à la maladie

Le nombre de gènes directement impliqués dans le développement de l'autisme serait de 33. Crédit Reuters

Atlantico : Une récente étude publiée dans la revue scientifique Nature estime que le nombre de gènes directement impliqués dans le développement de l'autisme serait de 33, contre 9 identifiés jusqu'alors et plus d'une centaine de gènes pourraient être concernés. Au final combien de gènes peuvent directement ou indirectement être impliqué dans le développement de l'autisme ?

Pierre Roubertoux : Il me semble important premièrement de définir l'autisme. C'est le docteur Leo Kanner qui en 1943, travaillait comme a le premier décrit un ensemble de traits communs à des enfants, dont l'impossibilité d'attachement, caractéristique principale de l'autisme.

Dans les années 2010/2012, un changement s'est produit grâce au DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ndlr). L'échelle de diagnostic psychiatrique définit à partir de ce manuel l'autisme en deux caractéristiques :

- Un champ d'intérêt limité, des stéréotypies et des répétitions de mouvements et de paroles

- Une incapacité d'établir des relations sociales.

Associé au DSM, nous avons pu identifier une foultitude de maladie. Certains disent qu'il y aurait 300 gènes associés à l'autisme. Je dirais 120 bien qu'il soit probable que cela augmente.

On trouve aujourd'hui de nombreuses maladies rares -près d'une centaine- qui présentent ces deux caractéristiques autistiques. Ce qu'elles ont toutes en commun c'est une anomalie de la transmission synaptique.

Par ailleurs les gènes identifiés ne signifient pas que les personnes qui possèdent ces mutations vont être autistes. Cela signifie uniquement que les personnes qui ont ce gène présentent des risques d'autisme plus importants. L'avantage de cette définition du DSM est importante car il fait sauter les caractéristiques de l'autisme que l'on trouvait chez certains enfants et pas les autres : comme celle de déficit intellectuel. Cette affaire a aujourd'hui disparu.

Que sait-on aujourd'hui du lien entre l'autisme et la génétique ? Quels pourraient-être les autres facteurs responsables de l'autisme ?

L'autisme, je suis désolé pour certains psychiatres, mais pour les généticiens et pour la quasi majorité des psychiatres hors de France, c'est une maladie de la synapse et donc génétique ou épi-génétique. Il y a des facteurs d'environnement qui peuvent accentuer les facteurs génétiques : des facteurs chimiques, infectieux. Ce n'est pas la relation à la mère dont parlaient certaines disciplines !  Pendant 80 ans la psychiatrie psychanalytique n'est arrivée à rien.

Qu'est-ce que ces avancées génétiques permettent en termes de compréhension de ce trouble ? Cela pourra-t-il mener à une meilleure prise en charge ?

Si vous considérez des maladies très rares, la maladie de Joubert affecte une douzaine d'enfants en France. Dans cette maladie, dans ces 10 cas, trois ou 4 sont autistes. En traitant cette maladie, on espère pourvoir avancer sur l'autisme. On est passé de l'idée qu'il y a une entité "autiste", avec des caractéristiques homogènes, à l'idée qu'on est face à quelque chose de très hétérogène. En réalité ce sont des maladies très différentes les unes des autres, Et si on traite une maladie rare concernée par des traits autistiques, on avance sur les gènes responsables potentiellement responsables des caractéristiques autistiques. Et on les aura un par un ! Il y a une cinquantaine d'années nous pensions également que la myopathie était une seule et même maladie.

Pierre Roubertoux

 

Pierre Roubertoux est professeur de génétique et de neurosciences à Marseille. Il a créé et dirigé le laboratoire "Génétique, neurogénétique, comportement" du CNRS et a travaillé au laboratoire "Génomique fonctionnelle, comportements et pathologies" du CNRS, à Marseille. Il mène aujourd'hui ses recherches au sein du laboratoire de génétique médicale de l'Inserm.  Ses travaux sur la découverte de gènes liés à des comportements lui ont valu le prix Theodosius Dobzhansky, aux États-Unis.

Voir la bio en entier

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