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"Au bonheur d'Elise"
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16 février 2016

Plus de 500 000 visiteurs pour Au bonheur d'Elise ! Et vous êtes de plus en plus nombreux ...

L'autisme ce n'est pas très glamour ... mais le partage d'information est essentiel !

Merci à tous de votre soutien ou de votre visite. Ci-dessous un rappel de la page d'accueil (en vert l'évolution récente ...)

"La connaissance s'élabore contre une connaissance antérieure." [Gaston Bachelard]
Cette citation illustre parfaitement les débats passionnés autour de l'autisme ...

tiret vert vivrefm topLe point de départ et le fil conducteur de ce blog est la vie avec ma fille Elise, 30 ans

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 Personne avec autisme & hyperactivité.

L'autisme est un handicap à large spectre (comprenez que les atteintes à la personne peuvent être plus ou moins sévères) ...

Les articles publiés portent témoignage, relatent des faits, donnent des informations ou proposent des pistes possibles ... L'ensemble me permet de me forger un jugement que je veux évolutif.

Ce blog est pour moi un moyen de partager en toute simplicité les informations que je recueille et s'avère un outil efficace.

L'ouverture que nous visons pour notre fille est rendue possible, dans notre cas, par tous ceux qui agissent avec nous de façon positive dans son accompagnement.

 


Les principaux acteurs, en dehors de
sa famille avec qui Elise entretient des liens privilégiés, sont :

  • l'association A Bras Ouverts et ses extraordinaires accompagnateurs/trices qui lui permettent de partir en week-end et de faire de courts séjours dans une ambiance festive ... Elle est toujours partante ;
  • l'association Envol Loisirs qui lui permet de pratiquer la voile et de faire de nombreuses rencontres, cette association monte des projets visant à la pratique des loisirs des personnes autistes et TED ;
  • l'association Trott'Autrement avec laquelle Elise fait de l'équitation adaptée en petit groupe ;
  • la Drôle compagnie avec laquelle elle participe à des séances de théâtre sur des thèmes variés.

Mais aussi toutes les rencontres fortuites que le hasard met sur sa route. La qualité de l'accueil, la richesse des contacts lui apportent beaucoup ...

Lcoeur 2 10ème'insertion des personnes handicapées dans la vie de la cité est une des conditions essentielles pour lutter contre l'exclusion et la discrimination qui prévaut le plus souvent.

A chacun sa part d'effort et de compréhension ...

L'évolution des mentalités est un axe incontournable dans le combat contre l'autisme et passe par la connaissance.

Ce blog se veut une modeste contribution à cette prise de conscience majeure.

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16 février 2016

Reynald, papa d'un enfant autiste, répond à Charlie Hebdo.

article publié par l'association petit bonheur

humour de malade psychanalyse

Lecteur de Charlie Hebdo depuis le tout début, et parent d’enfant autiste, j’ai été révolté par l’article titré « La Haute Autorité de Santé envoie les psychanalystes à la douche froide » parue dans Charlie Hebdo n° 1227 le 27 janvier 2016.

Charlie prétend dénoncer les abus de toutes les religions. Manifestement, l’une d’elle échappe à son œil critique au point de publier sans vérification aucune, un article dans lequel Yann Diener fait des amalgames éhontés et qui se caractérise par la mauvaise foi, la manipulation et les approximations.

Mais est-ce surprenant de la part d’un membre éminent d’une organisation sectaire ?

Comme tous les psychanalystes, Yann Diener caricature les thérapies cognitives comportementales (TCC) comme des méthodes « pavloviennes », oubliant de dire que, contrairement à la pseudoscience psychanalytique, elles donnent très rapidement des résultats évaluables et même visibles par une personne aussi méprisable qu’un simple parent d’enfant autiste. Alors que jamais un enfant autiste n’a été amélioré par la psychanalyse, bien au contraire ! Quant au « résultat à long terme » la psychanalyse ne vérifie qu’une partie de la proposition : le long terme, parce ce que de résultat, pas…  A moins peut-être de considérer qu’une rente à vie pour le thérapeute est un « résultat » ?

J’assiste à toutes les séances – qui n’ont rien de barbares – de TCC de mon fils qui fait, depuis qu’il les pratique, des progrès considérables. Laisser entendre qu’un enfant va devenir un animal domestique, ou un robot, parce qu’on utilise des méthodes répétitives et qu’on le motive avec des encouragements – pas des « su-sucres » (quel mépris!) relève soit d’une méconnaissance crasse de ces thérapies et du fonctionnement neurologique soit de la volonté de les dénigrer à tout prix, pour mieux vendre sa soupe pseudoscientifique.

Qu’un psychanalyste qualifie quoi que ce soit d’ « église » ou de « religion » pour le critiquer est plutôt « culotté », car s’il y a une obédience qui a tout de la structure sectaire c’est bien justement la psychanalyse. Aucune des thèses du « Dieu » Freud et de son « prophète » Lacan n’ont été validées, il donc s’agit clairement de croyance non pas de science. La psychanalyse impose à ses adeptes et même aux patients un véritable formatage de l’esprit. Sa pratique nécessite une intronisation par des pères spirituels, ses patriciens refusent toute évaluation et critique scientifiques et on exclut les « hérétiques » qui osent mettre en doute les dogmes… Quant au jargon hermétique façon Diafoirus reproché à la « technoscience », c’est tout simplement « l’hôpital qui se fout de charité » !   

Parler de « rationalité » au sujet de la psychanalyse est une curieuse distorsion du langage ! Voilà plutôt où se niche la véritable « novlangue », à l’instar de celle dans le roman « 1984 » d’Orwell qui imaginait que le ministère de l’intérieur était renommé « Ministère de l’Amour » puis « Miniamour » !

On ne peut reprocher à un système de santé de vouloir que les seuls soins évalués et reconnus efficaces, soient remboursés par la sécurité sociale et enseignés dans les facultés, car le coût de la psychanalyse a été et reste colossal au vu des résultats obtenus, sans parler des internements abusifs et des personnes obligées de subir des soins lourds faute d’une prise en charge correcte et précoce. Sinon, pourquoi ne pas rembourser aussi les séances des magnétiseurs adeptes des théories fumeuses de Mesmer ou les confessions des curés de l’église catholique?

En France, pendant près de 50 ans, la secte psychanalytique n’a au aucune vergogne à empêcher l’essor de toutes les thérapies alternatives, elle en a bloqué l’enseignement et provoqué un retard considérable de la France en psychiatrie infantile et des adultes. Tous les experts auprès des tribunaux sont issus de ses rangs et font fréquemment les titres des journaux pour des placements abusifs, des familles détruites, il y même des cas, comme aux États-Unis, de faux souvenirs d’agressions sexuelles durant l’enfance induits par ces prétendus experts ! (Je ne peux ici faire la liste exhaustive des dégâts collatéraux de l’omniprésence des élucubrations issues de la théorie freudienne, vous trouverez des références bibliographiques et vidéographiques au pied de cet article).

Ce n’est pas une « chasse aux sorcières » qui a commencé mais plutôt une lente « déstalinisation » de la profession psychiatrique.

La citation de l’Italie « post-berlusconnienne » comme exemple à ne pas suivre est une autre manipulation : Yann Diener suggère habilement – croit-il – que la psychanalyse serait « de gauche », écologiste, voire révolutionnaire, alors que ceux qui la remettent en question serait bien sûr des vilains fascistes. Pas mal de la part d’un adepte d’une théorie réactionnaire et misogyne qui a fait et fait encore de la femme, un homme castré, donc forcément une névrosée, de l’enfant « un pervers polymorphe », des homosexuels des malades tout aussi pervers, des enfants autistes des psychotiques infantiles irrécupérables, pauvres victimes de  mères qui les ont détestés inconsciemment ou pire, les ont trop aimés au point de provoquer leur enfermement dans une « forteresse vide » !

Il y a sûrement beaucoup à dire sur les économies faites au détriment de la qualité des soins et des personnels de santé, je ne suis pas le dernier à les dénoncer. Mais, de grâce, il n’y a aucun psychanalyste qui n’a tenté de se jeter par une fenêtre, sauf peut-être suite à un contrôle fiscal ! (Les consultations en libéral sont très chères et payées de préférence en espèce, il paraît que ça fait partie du traitement !) Jamais de services d’urgences, jamais de stress, jamais de remises en question, assis sur la chaise près du canapé, ils sont totalement à l’abri du surmenage professionnel et du burn-out!

Que les « Ricains » (l’ « Empire du Mal » apparemment) soient « revenus » des Thérapies Cognitives Comportementales est non seulement faux, mais au contraire, ces thérapies y ont démontré leur efficacité et ont même engendré d’autres thérapies plus évoluées, mais gardant leur caractère comportemental qui dérange tant les psychanalystes. C’est la psychanalyse qui est devenus très marginale dans tous les pays anglo-saxons car ce qui les caractérise c’est le pragmatisme. Et comment ne pas se poser de questions par exemple quand on voit Woody Allen, dont je ne nie pas le talent par ailleurs, en analyse depuis des décennies qui a fini par coucher avec sa fille adoptive provoquant  et lépouser l’ire parfaitement justifiée de la mère de cette dernière. Ce grand succès finira t-il au côté de celui du petit Hans et de « l’Homme aux Rats » dans les manuels de psychanalyse ?  Les psychanalystes refusent toujours de prendre en compte les récentes découvertes des neurosciences sur ce qu’est la façon d’apprendre et la construction de la personnalité. Tout simplement parce qu’elles invalident totalement les édifices intellectuels aberrants du devenu très riche « Herr Doctor » de Vienne et de tous ses successeurs et disciples, en particulier le très vénal Lacan qui effectivement fera un jour sourire tout autant les mages et autres astrologues des temps obscurs .  La comparaison vous choque peut-être, mais elle est bien plus justifiable – et justifiée – que le rapprochement entres les nouvelles pratiques neuropsychiatriques et Berlusconi.

Le Canada représente ce qui se fait de mieux en ce qui concerne l’inclusion scolaire et sociale des autistes et il pratique les TCC systématiquement et avec succès pour bien d’autres troubles neuropsychiatriques que l’autisme.

Les consultations de proximité, parlons-en ! Mon fils aîné présentant des « traits autistiques », car personne n’a encore réussi un diagnostic net à son sujet, a été suivi par le CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) de ma ville, pendant des années, chaque semaine, il a raconté ses exploits dans le jeu Minecraft devant une « pédopsy » au frais de la sécurité sociale (environ 100,00 € la séance quand même !) Ça l’a, certes, beaucoup amusé, mais s’il a progressé en sociabilité, ça n’est sûrement pas grâce à cette « thérapie » ! Mon second fils, lui, est diagnostiqué « autiste sévère » ou « avec troubles de spectre autistique » – franchement on s’en fout ! – C’est toujours mieux que le « psychotique infantile » qu’il n’aurait pas manqué d’être grâce aux coreligionnaires de M. Diener, il y a seulement quelques années – Mon second fils donc, a vu son sort scolaire en grande partie décidé par une infirmière scolaire totalement incompétente pour ce qui est de l’autisme, qui l’avait évalué une heure en tout et pour tout ! Alors si c’est sur ces « consultations de proximité » qu’il faut pleurer, je vais garder mes larmes pour d’autres problèmes bien plus préoccupants, comme le fait que la France soit à la traîne de tous les pays dits « avancés » en ce qui concerne l’inclusion des handicapés et des gens différents à tous les niveaux de la société. Problème dans lequel l’éducation nationale, le système de santé et l’État ont, certes, une lourde responsabilité, mais également la domination de la psychiatrie d’obédience psychanalytique, n’en déplaise à notre polémiste.

Il semble aussi vouloir signifier que la contention serait une méthode thérapeutique issue de l’influence de la Haute Autorité de la Santé (HAS). Or, les seuls cas que je connaisse de méthodes de contention appliquées aux autistes nommées « packing » ont été prescrit par des psychiatres d’obédience psychanalytique.  Quant à opposer usage des médicaments et psychanalyse, cela relève tout simplement de l’escroquerie et du mensonge éhonté, ainsi, ma mère qui est traitée pour des troubles bipolaires par un psychiatre psychanalyste, l’est grâce à un cocktail chimique qui, au dire d’un autre thérapeute, « tuerait un cheval »! 

Josef Schovanec raconte dans son livre « Je suis à l’Est » comment son psychiatre, très réputé sur la place de Paris, faisait prescrire des psychotropes par un confrère, sûrement pour pouvoir affirmer en société que jamais, au grand jamais, il ne prescrivait, lui, de médicaments !

Pour finir, on sent chez Yann Diener, une rage sourde, celle d’une « élite » déchue qui est en train de perdre son pouvoir sur les esprits… et les portefeuilles des patients.  La citation de Lacan « Vous verrez qu’on guérira l’humanité de la psychanalyse, tout se remettra à tourner rond, c’est-à-dire en réalité à être noyé sous les mêmes choses les plus dégueulasses parmi celles que nous avons connues depuis des siècles et qui naturellement se rétabliront. La religion, je vous dis, est faite pour ça, est faite pour guérir les hommes, c’est-à-dire qu’ils ne s’aperçoivent pas de ce qui ne va pas. » est le bouquet final, car le gourou du Café de Flore y stigmatise  les religions comme étant l’opium du peuple, alors que lui même s’est comporté comme le chef d’une secte, prononçant des sentences que lui-même ne comprenait pas et les jetant en pâture pour interprétation à des disciples ébahis.  Il reconnaîtra d’ailleurs lui-même l’inefficacité de la psychanalyse dans un autre discours public à Bruxelles le 26 février 1977 : « Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué. […] Du point de vue éthique, c’est intenable, notre profession ; c’est bien d’ailleurs pour ça que j’en suis malade, parce que j’ai un surmoi comme tout le monde. […] Il s’agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique.Je crois qu’il a raté son coup. C’est comme moi, dans très peu de temps, tout le monde s’en foutra de la psychanalyse. », mais évidemment, les psychanalystes de gardent bien de parler de ce sursaut de lucidité, car ce sont là des « souvenirs refoulés » qu’il ne faut surtout pas exhumer !


 

Quelques références pour le comité de  rédaction de Charlie afin qu’il ne laisse plus passer de telles énormités :

  1. Les questions posées à la France par l’ONU sur son non-respect des droits des enfants – Juin 2015
  2. Le livre noir de la psychanalyse – Collectif sous la direction de Catherine Meyer – Edition les Arènes – 2005  Ouvrage en forme de réquisitoire très documenté, évoque tous les faits et méfaits de la psychanalyse.
  3. Le Mur – La Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme film de Sophie Robert, journaliste et mère d’enfant autiste, que les psychanalystes ont tenté de censurer. La psychanalyse racontée par les psychanalystes eux-mêmes…
  4. Voir aussi le site d’Autisme France, qui relate au jour le jour les scandales liés à l’attitude du système de santé, de l’éducation nationale et de la justice vis à vis des autistes et de leurs familles.
  5. Un nouveau document de l’ONU vient de « tomber » le 29 janvier 2016 condamnant à nouveau la France pour maltraitance envers les enfants handicapés ou différents.
  6. Merci à Humour De Malade pour son dessin et son article sur le sujet également.
16 février 2016

Sami,7 ans et lourdement handicapé, attaché à une chaise toute la journée, sa maman entame une grève de la faim

Sami, 7 ans et lourdement handicapé, attaché à une chaise toute la journée, sa maman entame une grève de la faim
Une maman bruxelloise a entamé une grève de la faim pour sensibiliser le politique à la pénurie de places dans les institutions pour enfants handicapés. Une action-choc qui a visiblement porté ses fruits.

Il y tout juste une semaine, Simona, une Bruxelloise, a entamé une grève de la faim. Son fils, Sami, âgé de 7 ans, souffre d'un lourd handicap mental. "On va dire que son âge mental, c’est celui d’un bébé", a confié la maman au micro de Sébastien Debock pour Bel RTL. Il était scolarisé dans un institut spécialisé, mais l'encadrement n'était pas suffisant pour le handicap dont souffre Sami. "Eux, ils ne savent pas le prendre en charge, parce qu’ils ne savent pas mettre une personne, un adulte avec lui pour l’aider dans toutes les tâches, le surveiller, etc"

 
"Il revenait de l’école, il ne voulait pas manger"

Jeudi dernier, Simona a décidé de retirer son fils de l'école et d'entamer une grève de la faim, après avoir découvert que les éducateurs attachaient son fils à une chaise. "À un certain moment, mon fils qui ne parle pas m’a donné des signes de malaise. Il revenait de l’école, il ne voulait pas manger. Donc tous ces signes c’était vraiment un message pour me dire qu’il n’en pouvait plus"


Simona n'est pas un cas isolé

Il semble que le message de Simona a été entendu puisque le cabinet de Joëlle Milquet s'est engagé à trouver une solution dès la semaine prochaine. Mais Simona est loin d'être seule dans ce cas. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne dispose d'aucune statistique sur la question... À titre d'exemple, selon des chiffres européens, il y a 10.000 enfants autistes en Fédération Wallonie-Bruxelles et seuls 1000 d'entre eux bénéficient d'un encadrement adapté dans une institution spécialisée, soit 1 sur 10.

16 février 2016

Vidéo : Congrès sortir de l'autisme ... pour ceux qui veulent y croire.

16 février 2016

Top vidéo ! ->PERCUJAM : Artiste Autiste une lettre d'écart ... Olympia le 4 avril 2016

Extraits du film PERCUJAMOLYMPIA 4 AVRIL

Posté par Alexandra Lederman sur jeudi 4 février 2016
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14 février 2016

Percujam à l'OLympia le lundi 4 avril 2016 - 20h00

percujam à l'olympia 4 avril 2016

14 février 2016

Equitation cet après-midi pour Elise : elle monte Sultan

> Asso Trott'Autrement sur fb

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Autre séance du jour à Gouvernes sous la direction d'Olivia Jami : Elise sur Sultan

Posté par Association Trott'Autrement sur dimanche 14 février 2016
14 février 2016

L'autisme et le nouveau Secrétariat à l'Egalité réelle

article publié dans Le Monde par Danièle Langloys

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit !

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit ! 

Comme tous mes concitoyens, j'ai été intriguée par l'intitulé de ce nouveau Secrétariat d'Etat et me suis demandé à quel concept il répondait. Il nous semblait acquis que l'égalité qui parade aux frontons de nos mairies et autres lieux républicains était une réalité, d'autant que l'égalité de droits est inscrite dans la constitution : apparemment nous nous sommes trompés. Il est vrai que chacun de nous peut mesurer l'ampleur du fossé entre l'égalité de droits et les inégalités de fait.

Il y a plusieurs manières de comprendre l'adjectif réel, par exemple en passant par les antonymes usuels : abstrait, allégorique, apparent, artificiel, chimérique, éventuel,  douteux, emprunté, erroné, fabuleux, factice, fantasmagorique, fantastique, fautif, faux, feint, idéal, illusoire, imaginaire, inexistant, inventé, irréel, mensonger, mythique, négatif, nominal, nul, personnel, possible, théorique, vain....etc...On peut les classer en plusieurs catégories dont deux peuvent éclairer les combats des parents dans le champ de l'autisme : le réel, c'est qui n'est ni idéal, ni illusoire, ni fabuleux, ni fantastique, etc...Bref inutile de rêver. Le réel c'est ce qui devrait s'opposer à l'apparent, au théorique, à l'éventuel, etc...Bref, passons aux actes.

Une première lecture peut donc consister à se dire que le mot réel nous suggère d'abandonner toute illusion pour nous colleter aux difficultés de la vie quotidienne, soulevées depuis des dizaines d'années, et pour une large part, jamais résolues, voire carrément méprisées. Retourner au réel, ce serait se résigner à l'inacceptable, au scandaleux, à la discrimination, au motif que l'idéal n'est pas de ce monde, que les choses sont ce qu'elles sont, et le poids du réel impossible à lever. Nous avons beaucoup d'exemples hélas pour illustrer une lecture négative du réel dans l'autisme : les discriminations à l'égard des personnes autistes sont dénoncées depuis 2004 par le Conseil de l'Europe, puis par le Conseiller Européen aux Droits de l'Homme, et enfin par l'ONU, au Comité des Droits de l'Enfant en 2016, sans guère de changements. Le réel c'est très souvent pour les familles avec un ou plusieurs enfants ou adultes autistes, la négation du droit au diagnostic, pourtant inscrit dans la loi de 2002, la négation de l'information correcte et actualisée sur ce trouble neuro-développemental, pourtant obligatoire dans le Code de Santé Publique, la négation du droit à l'éducation et à la scolarisation, la négation du droit à l'accès aux soins, tous inscrits dans la loi, et ce n'est qu'un début de liste : les familles doivent accepter les discriminations à l'école, les orientations abusives, la discrimination à l'emploi, la dégradation de leurs enfants dans des lieux maltraitants où se pratiquent couramment isolement, contention, surmédicamentation, absence de soutien éducatif adapté, l'absence d'aide, les brimades en tous genres incessantes, sauf exceptions : qui sanctionne ces manquements inadmissibles aux lois et aux droits ? Un nouveau scandale s'est ajouté à tous ceux qui existaient déjà : l'Aide Sociale à l'Enfance, largement noyautée par une idéologie psychanalytique obscurantiste, peut reprocher à des mères d'enfants autistes de vouloir qu'ils soient autistes, et elle pourra éventuellement avoir le soutien de la Justice, dans cette analyse délirante qui conduit directement à arracher les enfants aux mères "toxiques" pour les confier à la Sainte Pseudo-Aide Sociale à l'Enfance, pour mieux détruire les uns et les autres : qui protège les droits des enfants arrachés à leur famille, privés d'expression, privés de leurs droits à être soutenus dans leurs différences ? Qui protège les mères salies, traînées dans la boue, menacées de ne plus voir leurs enfants pour satisfaire les fantasmes de professionnels incompétents et dévoyés ? Le silence assourdissant du Défenseur des Droits et de la Secrétaire aux Droits des Femmes, dans le calvaire de la maman de l'Isère (et de bien d'autres) en dit long sur l'impunité accordée de fait à ceux qui violent des droits élémentaires, sur la violence faite aux familles, dans une large indifférence, faut-il l'ajouter.

Nous avons dit à notre congrès de Bordeaux que nous ne lâchions rien : c'est souvent ce qui est décrit au-dessus, le réel des familles avec des enfants autistes, mais c'est révoltant d'incompétence, de lâcheté devant des lobbies furieux de perdre leur pouvoir et leur argent, indigne, et nous ne l'accepterons jamais. Je suis aussi allée voir ce que disait le Premier Ministre sur le sens à donner à réel.

"Concept proche de la notion d'équité, et qui vient à la suite d'une « égalité des chances » devenue galvaudée dans la bouche des politiques, l'égalité réelle s'oppose à l'égalité dite « formelle », c'est-à-dire une égalité de principe des citoyens qui ne se retrouve pas dans la réalité. En vogue dans les cercles socialistes ces dernières années, portée notamment par Benoît Hamon en 2010, elle consiste, dans sa définition la plus communément admise, à donner, non seulement les mêmes chances d'accès aux biens et aux positions, mais aussi un accès effectif à ceux-ci. « L'égalité formelle ne suffit plus », acte-t-on à Matignon. « Rattaché au Premier ministre, le secrétariat d'État d'Ericka Bareigts s'appuiera sur chaque ministère pour permettre de décloisonner et d'ouvrir une société parfois trop fermée, pour qu'elle donne sa chance à chacun ».

Donc c'est la deuxième lecture qu'il faut privilégier : les droits ne sont pas effectifs pour les personnes, il convient donc qu'ils le soient, pour donner "sa chance à chacun". Dont acte.

Qu'il nous soit permis alors de proposer l'ouverture de quelques chantiers interministériels à cette nouvelle ministre que nous sollicitons dès maintenant, pour assurer l'effectivité des droits pour les personnes autistes.

-Assurer sans discrimination le droit au diagnostic rapide, fiable, avec le médecin de son choix, conformément aux classifications internationales. Admettrait-on qu'il faille attendre deux ans un diagnostic de diabète, de leucémie ou d'une pathologie cardiaque, au motif qu'il faut se soumettre à une classification française des pathologies ? Admettrait-on que des familles avec un enfant diabétique, leucémique ou cardiaque se fassent dire qu'elles veulent que leur enfant ait un diabète, une leucémie, etc..et donc sont toxiques ?

-Assurer sans discrimination le droit à une intervention précoce et plus tard à un soutien éducatif adapté, conforme aux souhaits des parents. Admettrait-on qu'on laisse croupir un enfant cardiaque sans soins et sans suivi, ou qu'on l'oblige à subir de la psychanalyse au motif que sa pathologie relève de la sexualité infantile, de l'inconscient et du choix du sujet ?

-Assurer sans discrimination la scolarisation de tous les enfants autistes, conformément à la loi de 2005, avec le soutien éducatif nécessaire dans l'école et la création d'intervenants en autisme ? Les enfants autistes doivent subir les conséquences d'une circulaire ULIS discriminatoire par rapport aux enfants avec une pathologie somatique, un GEVASCO discriminatoire car inadapté à leurs troubles, et souvent rempli dans le dos des parents pour leur imposer une orientation qu'ils n'ont pas voulue. Les parents concernés paient comme contribuables une école que souvent on leur refuse totalement ou partiellement, et qui trop souvent s'interrompt à la fin de l'école primaire.

-Assurer sans discrimination les services nécessaires au développement des enfants et à l'autonomie et la participation sociale des adultes, conformément aux conventions internationales, avec le souci effectif d'une désinstitutionnalisation demandée par une directive européenne, comme par l'ONU. Accepterait-on que des personnes non autistes aient l'obligation de vivre dans des communautés non choisies, isolées du monde extérieur, privées d'outils de communication, et d'activités citoyennes ?

-Veiller à soutenir les familles concernées, comme le recommande l'ONU, au lieu de stigmatiser et de punir. Admettrait-on que pour une famille ordinaire, un travailleur social sans formation adaptée, vienne inspecter la maison, interroger la vie sexuelle des parents, critiquer l'éducation donnée aux enfants, sans grille ni outils ni repères ni contrôle pour le faire, et ordonner de retirer les enfants aux parents, souvent des femmes seules ? Admettrait-on qu'existent pour les citoyens ordinaires des zones de non-droit où l'on se retrouve convoqué au tribunal du jour au lendemain, privé d'accès aux documents qui vous accusent, comme dans une dictature fasciste, privé d'accès à un débat contradictoire, privé de ses enfants du jour au lendemain pendant des mois ou des années ?

-Faire respecter les droits des personnes autistes partout : droit de ne pas être harcelé, de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, droit d'avoir une vie affective et sexuelle, droit d'accéder aux soins somatiques, etc...comme tout citoyen ? Accepterait-on qu'une personne non autiste soit enfermée dans des draps glacés pour la calmer, comme au XIXème siècle, qu'elle n'ait plus de dents à 40 ans car c'est plus simple de les arracher que de les soigner, qu'on soumette un enfant de 6 ans à 10 lavements alors qu'il a un abcès à une gencive, parce que des médecins n'ont même pas l'idée d'avoir les mêmes gestes cliniques que pour toute personne dite ordinaire, que des adultes non autistes meurent d'obésité ou de troubles métaboliques car bourrés de neuroleptiques souvent depuis l'enfance ?

Nous comptons sur vous, Madame la Ministre, pour assurer l'effectivité des droits de nos enfants autistes, quel que soit leur âge.

Danièle Langloys

Autisme France

14 février 2016

Autisme : le médicament Abilify à l'origine de comportements suicidaires

Autisme : le médicament Abilify à l'origine de comportements suicidaires
Thinkstock

Après le suicide par défenestration en 2015 de Yassine, un adolescent autiste de 13 ans traité par Abilify (ou aripiprazole), un psychotrope pouvant avoir de graves effets secondaires chez les enfants autistes, l'association "Vaincre l'autisme" a demandé au ministère de la Santé d'ouvrir une enquête sur la prescription grandissante de ce médicament non autorisé pour ce type de maladie.

"D'après nos informations, ce traitement est donné à un nombre croissant d'enfants, dont les plus jeunes ont à peine 5 ou 6 ans", a déclaré le 11 février 2016 à l'AFP M'Hammed Sajidi, président de l'association "Vaincre l'autisme".

Abilify : des durées de traitement trop longues

Abilify, commercialisé par le laboratoire Otsuka Pharmaceutical Europe, est un psychotrope indiqué dans le traitement des schizophrénies et des troubles bipolaires. Chez les adolescents de plus de 13 ans, la durée de traitement ne doit pas dépasser 12 semaines, selon la notice du laboratoire.

D'après "Vaincre l'autisme", Abilify aurait été prescrit pendant une période plus longue à Yassine, d'abord par un généraliste, puis par des psychiatres. Toutefois, ce médicament n'est pas autorisé pour traiter l'autisme. M'Hammed Sajidi demande que la prescription d'Abilify soit suspendue pour les enfants et les adolescents "jusqu'à nouvel ordre".

Les pensées suicidaires parmi les effets secondaires d'Abilify

L'association demande aussi que les effets indésirables du médicament soient clairement mentionnés. Car parmi les nombreux effets secondaires précisés sur la notice par le laboratoire figurent des maux de tête, des insomnies, des troubles cardiaques et des pensées suicidaires.

Le laboratoire précise même que les plus jeunes malades présentent un risque plus élevé de développer des événements indésirables associés à la prise d'aripiprazole.

L'ANSM publie un point d'information concernant Abilify

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a édité un point d’information dans lequel elle rappelle que l’Abilify n’est pas indiqué dans le traitement de l’autisme. "Une utilisation de l’aripiprazole hors des indications autorisées dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) a été identifiée et plus particulièrement dans l’autisme", souligne l’Agence.

L'ANSM a répertorié depuis le début de la mise en vente du produit 7 suicides chez des enfants et des adolescents (3-17ans) et de 137 cas de tentatives de suicide ou de pensées suicidaires.

13 février 2016

CRAIF > Formation sur l'autisme pour les aidants

formations gratuites à destinations des aidants (parents , grand-parents, frères , sœurs etc..) sur toute l'île de France

http://aidants-craif.org/

https://www.facebook.com/craif.org/?fref=nf

formation des aidants craif

13 février 2016

Autiste et père de deux autistes, il livre un plaidoyer pour le droit fondamental à la différence.

article publié dans la presse.ca - Le soleil

Publié le 11 février 2016 à 23h59 | Mis à jour le 12 février 2016 à 14h07

Stéphane Blackburn a souligné que plusieurs autistes ne... (Le Soleil, Patrice Laroche)

 

Stéphane Blackburn a souligné que plusieurs autistes ne sont pas encore diagnostiqués, ce qui complique considérablement leur vie.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) Père de deux enfants autistes et lui-même autiste, l'enseignant de philosophie au Cégep de Thetford Mines Stéphane Blackburn a livré un vibrant plaidoyer en faveur du «droit fondamental à la différence», mercredi, à l'ouverture du premier forum québécois sur le trouble du spectre de l'autisme (TSA).

Autiste, Stéphane Blackburn l'est depuis toujours, mais il ne l'a pas su avant l'âge de 40 ans. C'est après avoir observé ses deux fils, dont un en particulier qui accumulait des retards psychomoteurs et faisait des crises quotidiennes, qu'il s'est mis à s'intéresser à son propre état, a-t-il expliqué.

«Sans lui, je n'aurais jamais su qui j'étais parce que je n'avais pas l'air autiste. Pourtant, j'ai commencé très jeune à faire des crises, j'étais un enfant isolé, j'avais des notes exceptionnelles à l'école, j'avais l'oreille absolue, autant de signes qui aujourd'hui ne trompent plus», a témoigné M. Blackburn, selon qui «si les autistes sont plus nombreux que jamais aujourd'hui, c'est possiblement parce qu'ils sont découverts plus que jamais». 

Malheureusement, un très grand nombre ne sont pas encore diagnostiqués, a-t-il souligné. «Ces gens-là mènent sans doute une vie difficile. C'était mon cas, la vie m'était compliquée [...], j'étais anxieux, impulsif et compulsif», a raconté M. Blackburn, ajoutant que la connaissance de son état lui avait permis de se comprendre, de se reconstruire, «de faire une profonde introspection qui m'a permis de devenir qui je suis aujourd'hui». 

L'enseignant de philosophie a également mis en garde l'entourage des enfants autistes contre un «ennemi commun» : l'effet Golem, cette prophétie qui s'autoréalise sous l'effet d'un potentiel jugé limité (par un parent ou un enseignant, par exemple). 

Attendre pour faire son coming-out

Quand on leur a parlé des retards moteurs de leur fils cadet et des maladresses de leur fils aîné, Stéphane Black-burn et sa conjointe n'ont pas baissé les bras. «Nous avons bien fait. Aujourd'hui, mes fils sont tous deux ceinture brune de karaté», a-t-il illustré, rappelant que les entraves à la motricité fine étaient souvent évoquées dans les diagnostics de TSA. 

«Si mes parents, dans les années 60, avaient su que j'étais autiste, sans doute auraient-ils renoncé à m'inscrire à des cours de violon, et je n'aurais jamais fait d'orchestre, et je n'aurais pas enseigné cet instrument durant 25 ans», a témoigné M. Blackburn, qui se bat pour la «reconnaissance sociale des autistes».

«Je me sens un peu comme un homosexuel dans les années 60, j'évite toujours de parler de mon état lors d'entretiens d'embauche. [...] Je dois faire mes preuves d'abord, et j'attends le plus longtemps possible avant de faire mon coming-out. C'est une situation que j'aimerais voir éradiquée avant que mes enfants affrontent la vraie vie. C'est pour eux que je suis ici, que je me bats [...], pour le droit fondamental à la différence», a conclu le père de famille.

Le forum, qui se poursuit vendredi à l'Institut universitaire de santé mentale de Québec, a pour but de faire le point sur l'évolution des connaissances sur le TSA, mais aussi et surtout d'établir les priorités dans les besoins des personnes autistes et de leur entourage. 

La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, fera une annonce à la suite des travaux du forum, vendredi après-midi.

L'autisme en chiffres

Les études les plus récentes estiment que le taux de prévalence des personnes autistes varierait entre 90 et 120 individus sur 10 000, soit environ 1 % de la population. L'estimation de la prévalence du TSA au Canada, y compris les enfants et les adultes, est de 1 sur 94. En 2010-2011, on comptait 8318 enfants ayant un TSA scolarisés dans le secteur public. En cinq ans, soit entre 2005 et 2011, le nombre d'élèves autistes scolarisés dans le secteur public au Québec a doublé. C'est aujourd'hui la catégorie d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage la plus représentée au Québec. L'étiologie de l'autisme est encore mal connue, mais il semble y avoir consensus dans la communauté médicale pour admettre que le trouble pourrait être d'origine génétique, neurobiologique ou environnementale.

Source : Fédération québécoise de l'autisme

13 février 2016

Belfort : un garçonnet autiste exclu définitivement de l'accueil périscolaire après avoir mordu une fillette

article publié dans l'Est Républicain

inclusion du handicap en milieu périscolaire

Un enfant de 4 ans souffrant de troubles autistiques a été exclu de l’accueil périscolaire de son école le 1er février après y avoir mordu une camarade le 18 janvier. L’incident pose le problème de l’inclusion hors temps scolaire.

12/02/2016 à 05:08, actualisé à 08:43

Sa maman a encore du mal à réaliser et les larmes lui montent plusieurs fois aux yeux tandis qu’elle se remémore « l’incident du 18 janvier ». Alors que les enfants de moyenne section de la maternelle Bartholdi à Belfort venaient de quitter la classe pour intégrer l’accueil périscolaire, son fils de 4 ans « a mordu à la tempe une fillette de sa classe. Quand je suis arrivée, le papa de la petite était là, très énervé, sa fille était assise sur un banc. Je me suis excusée mais le papa n’a rien voulu entendre et m’a dit qu’il ferait un signalement ».

Une main courante est effectivement déposée au commissariat et l’incident est remonté au service Éducation de la Ville. Qui envoie, le 1er février, une lettre d’exclusion définitive de Marwan de l’accueil périscolaire. Y compris le mardi, le seul jour où il mange à la restauration.

Du 11 au 22 janvier, ses parents, qui suivent tous deux une formation professionnelle, l’avaient exceptionnellement inscrit à l’accueil du soir auquel il n’était pas habitué.

Cinq autres situations dans le périscolaire

Consciente du problème, la maman de Marwan a déposé aussitôt après l’incident une demande d’aide humaine au périscolaire à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Et a informé la mairie de ses démarches. Diagnostiqué depuis l’automne « autiste léger », Marwan dispose d’une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) les neuf heures hebdomadaires où il va en classe. Le reste du temps, il est accueilli en hôpital de jour « où ça se passe bien », relate sa maman qui ajoute que c’est la psychiatre qui le suit qui a insisté pour que l’enfant reste scolarisé en milieu ordinaire, et non pas en structure spécialisée.

Évoqué au conseil d’école la semaine dernière, « l’incident » a ému des parents d’élèves qui y ont vu une « discrimination au handicap ». Ian Boucard, conseiller municipal délégué à l’Enfance, s’inscrit en faux : « Nous avons pris cette décision d’exclure en responsabilité, en se donnant quinze jours de réflexion ».

Fatima Lalouani, responsable du périscolaire, assure, ce qui est répété dans le courrier aux parents, qu’il y a eu plusieurs incidents avec le petit. Mais cette histoire résulterait surtout d’un déficit de communication : « Ni l’enseignante, ni les parents ne m’ont parlé de ses troubles du comportement », insiste Fatima Lalouani. La maman de Marwan, elle, estime que comme « l’école était au courant », l’information avait suivi.

« Nous avons sollicité la MDPH pour rétablir la situation », précise Ian Boucard. Dans quatre écoles de Belfort, cinq situations du même type sont identifiées en périscolaire. Un accompagnement global de ces cas permettrait à la Ville d’être en cohérence avec la loi du 11 février 2005 qui exige que tout enfant en situation de handicap trouve une solution scolaire.

Mais autour de l’école ?

Karine FRELIN

13 février 2016

Autisme : une école emblématique menacée de fermeture

article publié dans Le Figaro

Par
Publié le 12/02/2016 à 16:57

La fermeture annoncée de la Futuroschool, école emblématique des nouvelles méthodes éducatives pour les autistes, plonge des familles dans le désarroi. L'association Vaincre l'autisme, qui l'a créée et fait condamner l'État en 2015 pour « défaut de prise en charge» d'enfants autistes, dénonce une mauvaise volonté politique.

Alors que la France a été condamnée à plusieurs reprises par le Conseil de l'Europe pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes, la Futuroschool, une école emblématique des nouvelles méthodes recommandées, risque de disparaître à Paris. Cette structure innovante a été pionnière dans la mise en place d'un accueil adapté aux autistes, un type d'établissement dont la France manque cruellement.

«Mauvaise volonté politique»

Son président, M'Hammed Sajidi, dénonce une «mauvaise volonté politique» car son association, Vaincre l'autisme, a réussi à faire condamner l'État français en 2015 par le tribunal administratif de Paris à verser plus de 240 000 euros de dommages à sept familles d'enfants autistes pour «défaut de prise en charge adaptée» en 2015.

Vaincre l'autisme espère trouver rapidement un arrangement avec les autorités de santé pour donner un signal sur la volonté d'améliorer la prise en charge de l'autisme en France. La structure souffre cependant d'une situation financière très délicate. En 2009, l'Igas avait notamment pointé la «gestion approximative et peu cadrée» des écoles de l'association, créées dans le cadre du Plan autisme 2008-2010.

«Pour les familles, c'est une catastrophe»

Située dans le XIème arrondissement, la Futuroschool s'appuie sur une méthode comportementale, alternative à la psychiatrie, et accueille actuellement dix enfants. «Nous avons une autorisation de l'ARS (Agence Régionale de Santé) qui s'arrête en juillet 2016 et qui ne nous a pas été renouvelée. Notre situation économique est devenue intenable car nous avons du mal à avoir un accord avec le ministère de la Santé sur la gestion de l'établissement», déplore son fondateur et président de l'association Vaincre l'autisme, M'Hammed Sajidi.

«Pour les familles, c'est une catastrophe. Sans la Futuroschool, nous n'avons plus aucune solution. L'Agence régionale de santé (ARS) ne nous propose rien en remplacement. Nous allons nous retrouver sur des listes pour d'autres structures qui ont déjà des centaines de demandes en attente, alerte Thomas, père d'un garçon de 13 ans, Raphaël, polyhandicapé et autiste. Nous avions déjà eu beaucoup de mal à trouver un endroit adapté qui puisse prendre notre fils en charge...». Chloé, la mère de l'adolescent, déplore également que les programmes soigneusement mis en place pour son fils depuis trois ans puissent être arrêtés du jour au lendemain. «C'est du gâchis alors que l'équipe d'éducateurs avait réussi à construire une prise en charge efficace et adaptée à chaque enfant, dénonce-t-elle. Nous allons nous retrouver sur le carreau, avec un enfant à la maison 24 heures sur 24».

13 février 2016

Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés

article publié dans Faire-face
Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés
La professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire va dans le bon sens mais le niveau de ce diplôme n'est pas suffisamment élevé, selon les associations. © Franck Seuret
Publié le 12 février 2016

L’une des trois spécialités du tout nouveau Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) porte sur l’accompagnement des élèves handicapés. Jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Attention, message codé  : pas d’AESH sans DEAES. Traduction : les candidats à un poste d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) devront désormais être titulaire d’un Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Ils ne pourront toutefois postuler à un emploi d’AESH que s’ils ont choisi, parmi les trois spécialités proposées dans le cadre de ce cursus (voir encadré), l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Ce tout nouveau diplôme, créé par un décret et un arrêté du ministère des Affaires sociales en date du 29 janvier 2016, comble un vide : jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Un diplôme ne répondant pas aux besoins de tous les élèves handicapés

« Il est effectivement important de professionnaliser les personnes accompagnant les élèves handicapés, note Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF. Mais ce diplôme est seulement de niveau V, comme un CAP ou un BEP. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. »

« L’un des grands enjeux pour l’Éducation nationale est de parvenir à ce que les jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études aussi loin que possible, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, complète Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph. Comment y parvenir avec des accompagnants ayant un diplôme d’un niveau inférieur au bac ? »

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Peu de recrutements pour ces diplômés

Plus fondamentalement encore, le nombre de diplômés en fonction risque d’être très réduit. Aujourd’hui, sur les 76 000 auxiliaires de vie scolaire en exercice, seuls 28 000 (un tiers) ont le statut d’AESH, les 48 000 autres étant en contrats aidés. « Et seuls quelques dizaines d’AESH ont été embauchés cette année, souligne Sophie Cluzel. La plupart des autres recrutements se font sous contrats aidés, pour lesquels les seuls critères sont l’éligibilité à ce type de contrat. Rien n’indique que la tendance va s’inverser. » Autrement dit, l’État vient de créer un diplôme permettant d’accéder à des postes qu’il ne crée qu’en nombre insuffisant… Franck Seuret

Un diplôme, trois spécialités

Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social fusionne les Diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’Aide médico-psychologique (DEAMP). Le tronc commun centré sur l’intervention auprès des personnes (378 heures) sera complété par l’une de ces trois spécialisations (147 heures) : accompagnement à la vie à domicile (ex-DEAVS), à la vie en structure collective (ex-DEAMP) ou à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. La formation, comprenant également 840 heures de stages, s’étalera sur un à deux an(s), selon le profil des candidats.

La création d’un diplôme unique d’accompagnement vise à faciliter les passerelles entre ces trois secteurs d’activité. Les professionnels pourraient donc évoluer plus facilement au cours de leur carrière, en passant les spécialisations correspondantes.

11 février 2016

Samedi 5 mars 2016 > Le Garçon et la bête au Kosmos à Fontenay-sous-Bois

article publié sur le site de l'association Envol Loisirs

logo envol loisirs

 

à partir de 9 ans -

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire...

 

 

Critiques des spectateurs : 

Chef-d'oeuvre • Publiée le 13/01/2016

Après La Traversée du temps et Les Enfants Loups signés Mamoru Hosoda, celui-ci remet le couvert avec Le garçon et la bête. Je suis allée le voir aujourd'hui au cinéma (en français malheureusement vu que la vostfr n'était pas disponible, mais le doublage français n'est pas trop mauvais pour le coup) et autant dire que j'ai littéralement adoré ! C'est un film rempli de sensibilité, de parallèles, de reflets, de poésie, de sagesse, d'action, d'amitié, d'amour et d'humour. C'est aussi un incroyable parcours initiatique où se mêlent plongée dans un monde fantastique, apprentissage, doutes, tiraillement entre deux mondes, crises d'identité, importance ou non des liens du sang, tolérance ou non, critique de la société et j'en passe. La construction d'ensemble est très bien pensée et chaque petit élément s'emboîte au fur et à mesure que le film progresse avec une belle fluidité Spoiler:. Niveau musiques rien à redire, comme toujours elle emporte le spectateur et laisse parfois même courir quelques frissons. Les dessins, eux, regorgent de couleurs et de vie. En bref, Le garçon et la bête est un petit bijou que je ne peux que vous recommander d'aller voir. Vous en prendrez à la fois plein les yeux et le cœur pour peu que vous soyez un peu sensibles.

11 février 2016

Mobilisation pour l'asso SOS Autisme France >Fauve Hautot, Juliette Binoche, AnnaMouglalis... Les stars répondent à l'appel

article publié dans Pure people

je suis autiste et alors

Exclusif - Yann-Alrick Mortreuil et Fauve Hautot - Mobilisation pour l'association SOS Autisme France lors d'un shooting au studio Invisu à Paris, le 7 et 8 février 2016. ©Rachid Bellak/Bestimage
De nombreuses personnalités se sont mobilisées pour SOS Autisme France.
-> voir le diaporama

"La France a quarante ans de retard concernant la prise en charge de l'autisme", peut-on lire sur le portail web de SOS Autisme France. L'association s'est donné pour mission de faire reconnaître les discriminations dont sont victimes les 600 000 personnes autistes vivant en France. En 2014, un numéro indigo était lancé pour recenser les cas d'"autismophobie". En ce début d'année 2016, de nombreuses stars se mobilisent aux côtés de la journaliste Olivia Cattan, maman d'un garçon autiste et porte-parole de SOS Autisme France.

Le message est simple et s'affiche fièrement en blanc sur un T-shirt noir : "Je suis autiste, et alors ?" Les 7 et 8 février, au studio Invisu à Paris, des personnalités telles que Juliette Binoche (qui était à Madrid le 7 au soir pour la cérémonie des prix Goya et a enregistré sa contribution le 8), Fauve Hautot et Frédéric Michalak ont arboré fièrement ce T-shirt et le message de SOS Autisme en France, le temps du tournage de la nouvelle campagne de l'organisme. "Deux jours de bonheur avec les enfants, les familles et de merveilleux artistes", s'est réjouie Olivia Cattan au terme de cet exceptionnel rassemblement.

Elle peut se féliciter d'avoir réuni pour ce combat un casting quatre étoiles. On y retrouve des comédiens, des personnalités du petit écran, mais aussi du sport. Fauve Hautot fait par exemple équipe avec son collègue de Danse avec les stars Yann-Alrick Mortreuil. Fabienne Carat, qui a fait un beau parcours cet hiver dans la compétition de danse de TF1, les a rejoints. Juliette Binoche, on l'a dit, mais aussi Anna Mouglalis (actuellement dans Baron Noir, série politique événement de Canal+), ont pris la pose aux côtés de Fanny Cottençon, Cyrielle Clair, Catherine Marchal, Arié Elmaleh, Amélie Etasse, Pascal Elbé et Frédéric Diefenthal. À leurs côtés, deux jeunes talents du cinéma français : Ahmed Dramé et Karidja Touré, César du meilleur espoir féminin 2015 pour Bande de filles.

 

Le regard n'a pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits

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La bande de SOS Autisme France s'agrandit avec la mobilisation de Francis Perrin, dans l'aventure avec son épouse Gersende et leur fils Louis, qui est autiste, des comédiens Bernard Campan, Olivier Sitruk, Alain Sachs, Samuel Le Bihan et Philippe Bas, des journalistes Ariane Massenet, Céline Géraud, Sophie Brafman et Nelson Monfort, ainsi que des chefs Luana Belmondo et Frédéric Vardon, du coiffeur Franck Provost, de la ravissante Anggun et du guitariste Jean-Félix Lalanne.

"Le regard na pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits : celui d'aller à l'école, de faire du sport, de pratiquer l'instrument qu'il aime, écrit Olivia Cattan dans son édito sur le site de SOS Autisme France. Nous sommes confrontés au quotidien par ceux qui, par ignorance, détournent encore les yeux... Il est urgent que la France évolue, que nos regards sur l'autisme évoluent, parce qu'une société qui ne protège pas ses citoyens les plus fragiles n'est pas une société juste et égalitaire." Changer le regard sur les autistes, c'est tout l'objet de cette grande campagne, à découvrir bientôt.

Pour plus d'informations et pour vous procurer le T-shirt pour soutenir l'association, rendez-vous sur le site SOS Autisme France.

Le 10 Février 2016 - 12h57
10 février 2016

Une école adaptée pour des enfants handicapés

article publié sur le site de ulule

 

Notre philosophie

"On ne subit pas l'avenir, on le fait" - Georges Bernanos

 

Notre ambition pour Septembre 2017 dans le secteur Marne la Vallée (77) - France

Notre association Learn Hand Progress vise la création d'une école privée destinée à des enfants en situation de handicap mental pour la rentrée de Septembre 2017.

L’objectif étant d’accueillir, dans un premier temps, 8 enfants, âgés de 6 à 14 ans, en situation de handicap mental pour lesquels l'orientation ne serait pas envisagée en CLIS (Classe d'Inclusion Scolaire) après la maternelle , ni en IME (Institut Médico Educatif) faute de place,ou inadapté.

Des convictions fondatrices

  • Une mise en évidence des compétences de l’enfant plutôt que son incapacité
  • La formation et compétences d’une équipe pédagogique
  • Des méthodes et du matériel adapté
  • "Le vivre ensemble" en faveur de l’inclusion

Nos objectifs

Donner aux enfants le goût d’apprendre, le sens de l’effort, dans le respect du rythme de l’enfant et de son environnement. Ce projet vise à favoriser l’autonomie, l’éveil, la socialisation et l’épanouissement des enfants.

Des moyens mis en oeuvre:

  • Une équipe pédagogique impliquée et formée: Educateur Montessori, Educateur spécialisé, ATSEM.
  • Des ateliers éducatifs et pédagogiques:
    • Atelier vie pratique et Autonomie, visant à développer plus d'autonomie dans la vie quotidienne
    • Atelier sensoriel et éveil musical
    • Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS et Makaton)
    • Atelier Mathématiques, du concret à l'abstrait
  • Des méthodes: Nous utiliserons la méthode Montessori comme base de travail 
    • Le but de la méthode : Le Développement du potentiel humain
    • Les objectifs éducationnels : l’attention, la concentration, l’autodiscipline, l’indépendance
    • L’objectif social : créer une possibilité d’entraide entre les enfants
  • La mise en place d'outils de communication : PECS, Makaton:

Chez un enfant « non verbal », il va être essentiel de mettre en place des moyens de communication augmentée (favorise le développement du langage) et alternative (remplace le langage quand il ne se développe pas) afin d’augmenter ses capacités communicatives en lui offrant une possibilité d’expression mais aussi un étayage de la compréhension. Ces moyens peuvent être visuels (des objets, photos, images, pictogrammes) mais aussi gestuels (signes).

 

 

A quoi va servir le financement ?

L'objectif de cette collecte

Financer l'achat de matériel Educatif et Pédagogique dans le but d'animer des ateliers spécifiques au travers d'un programme adapté à l'enfant.

Nos besoins

   Matériel Pédagogique et Educatif + Coût de la campagne sur la plateforme Ulule + Gestion des contreparties)
= 6 500€ au total

Les ateliers

Atelier de vie pratique visant à développer plus d’autonomie dans la vie quotidienne

Favoriser le développement moteur et la maîtrise du mouvement au travers d’activité «mouvement pour la vie », la leçon du silence, se prendre en charge, prendre soin de son environnement, maîtrise plus fine du mouvement (coordination œil et main), les habiletés sociales (apprendre à saluer, dire s’il te plait…)

Atelier vie sensorielle et éveil musical

Apprentissage des tailles, des formes, des couleurs, développement des sens comme le toucher et l'ouïe, des températures ou des poids. Un atelier favorisant l’enfant à organiser sa pensée, à travailler en répétant grâce à un matériel aux multiples possibilités, et des exercices graduels. Il va rendre des concepts abstraits plus concrets : il va passer de l'objet à sa représentation, puis de sa représentation à son concept. Le contrôle de l’erreur favorise le travaille seul, sans crainte de l’échec ou d’une erreur, car les erreurs l’aident dans son processus d’apprentissage.

Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS, MAKATON)

L'enfant apprend également que les mots sont composés de sons, et que l'on peut les traduire et les représenter par des symboles écrits. : Favorisant l’enfant à faire des mots, éduquant sa main à réaliser des tracés avec du matériel pour certains proches du domaine sensoriel comme les lettres rugueuses.

Les outils de communication (PECS et MAKATON) lorsque l’enfant ne verbalise pas, ou peu seront au cœur de cet atelier. Langage oral, et/ou au travers d’images, de pictogrammes, ainsi que le langage des signes simplifié.

Atelier Mathématiques, du concret à l’abstrait

Favorise le développement d'une pensée logique et séquentielle, emmenant l’enfant dans un domaine d’abstraction. Il apporte à l'enfant une véritable expérience sensorielle dans les concepts abstraits représentés par les mathématiques.

Tous ces ateliers seront menés de manière adaptée aux besoins spécifiques de l'enfant. 

L’enfant ordinaire nous observe et apprend par imitation.

L’enfant avec handicap a besoin d’être guidé et renforcé pour réussir son activité; il a parfois besoin de guidance physique en plus de la guidance visuelle ou verbale pour éviter les troubles de comportement. Il a besoin parfois d’être renforcé positivement (renforcement alimentaire, renforcement sensoriel, renforcement social..)

 

A propos du porteur de projet

L’association LEARN Hand PROGRESS

LEARN Hand PROGRESS est une jeune association créée par une équipe passionnée et déterminée avec pour objectif de démontrer, au travers de la création d’une « école » pour enfants en situation de handicap mental, la force et la richesse que peut susciter “la différence”.

 

Nous suivre:

Site: http://learnhandprogress.fr/

Facebook: https://www.facebook.com/Learn-hand-Progress-1682905865272113/

Notre participation à une émission de radio : http://www.vivrefm.com/podcasts/fiche/11241/learn-hand-progress-pour-une-education-adaptee

10 février 2016

Hans Asperger et les nazis

article publié sur le forum Asperansa
The Doctor and the Nazis
http://www.tabletmag.com/jewish-life-an ... -the-nazis

Le Docteur et les nazis

Le pédiatre Hans Asperger est mondialement connu pour le syndrome qu’il a d'abord diagnostiqué. Le reste de son histoire, à Vienne lors de la Seconde Guerre mondiale, a récemment été mis en lumière.

Par John Donvan et Caren Zucker
Le 19 janvier 2016
Image
Hans Asperger à l’hôpital de Vienne, vers 1940

Lorsque la question a été posée à Lorna Wing en 1993, dans un appel téléphonique transatlantique, elle l’a choquée.
Est-ce que Hans Asperger, jeune homme, était nazi?

La question se référait au pédiatre autrichien dont le travail a donné lieu au groupe bien connu des caractéristiques humaines connu comme le syndrome d'Asperger. Lorna Wing était l'influente pédopsychiatre, basée à Londres, reconnue mondialement comme un des principaux experts sur l'autisme, qui avait apporté une reconnaissance internationale du syndrome d'Asperger.

Wing, qui avait aussi une fille autiste, avait écrit sur le travail d'Asperger seulement en 1981, après qu’Asperger lui-même soit déjà mort, quand son mari, qui savait l'allemand, traduisit un article clinique autrichien publié en 1944. Il contenait ses observations de comportements « autistes » - il a utilisé ce mot - chez plusieurs garçons qu'il traitait au cours des années où son pays a été annexé par le Troisième Reich. Au cours de cette période troublée, et pendant des décennies après, Asperger a vécu et travaillé presque exclusivement dans son pays d'origine, et en premier lieu à Vienne, à l'Hôpital pour enfants de l'Université, où il a finalement eu la chaire de pédiatrie. Asperger a écrit en allemand, en créant d'un ensemble de travaux publiés qui, à sa mort en 1980, à 74 ans, était encore presque entièrement inconnu aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les pays où l'autisme a ensuite été plus reconnu et le plus étudié. En une décennie, cependant, grâce à l'attention que Lorna Wing lui a apporté, le syndrome d'Asperger, sinon l'homme lui-même, était en voie de renommée mondiale, à la fois comme un diagnostic, et comme une source d'identité personnelle pour beaucoup de ceux à qui il a été donné.

Mais maintenant, en 1993, cet appel téléphonique. Et la question spécifiquement sur l'homme lui-même.
Hans Asperger ... un nazi?
***
Fred Volkmar du Yale Child Study Center se sentait mal à l'aise même en le demandant ce jour-là en 1993. Mais il a cru qu'il le devait, en raison des doutes soulevés sur le caractère d'Asperger. Et une décision devait être prise rapidement sur l'opportunité de rendre hommage à titre posthume à Asperger en nommant une condition d’après lui dans le DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, la «bible» de la psychiatrie.

Pendant des mois, les experts dirigés par Volkmar se sont intéressés aux études, ont mené des essais sur le terrain, et débattu les uns avec les autres, dans des salles de conférence, par téléphone et par télécopieur, pour savoir si le syndrome d'Asperger méritait une reconnaissance formelle.

Ce serait quelque chose de «nouveau», en ce que çà reconnaîtrait des déficits dans les inter-actions sociales chez des personnes qui, auparavant, avaient été négligées comme ayant besoin d'un soutien ou d'un traitement, en raison de leur bon niveau d’intelligence -même supérieur, ainsi que de leur utilisation du langage souvent précoce et sophistiquée. Certains des garçons Asperger, par exemple, étaient super intelligents, ainsi que créatifs. Dans le même temps, les défis de ces garçons pour se lier socialement étaient profonds. Ils étaient régulièrement victimes d'intimidation, sans amis, et compris à tort comme grossiers ou hostiles, car ils étaient un peu bizarres dans leur intonation (souvent plate ou chantante), qu’ils ne pouvaient maintenir un contact visuel avec d'autres personnes, ou avaient tendance à s’intéresser très profondément à des sujets restreints, souvent tout ce dont ils voulaient parler. Lorna Wing, qui voulait aider les enfants qu'elle soignait à Londres pendant les années 1970 et 1980 qui se comportaient ainsi, a vu un chevauchement important entre ces traits de comportement si préjudiciables aux interactions sociales - traits qu’Asperger avait décrits avec l'adjectif «autiste» - et ceux des enfants avec autisme «classique»: les garçons et les filles, à qui est plus facilement donné le diagnostic d'autisme, qui manifestaient un usage de la parole extrêmement limité, et avaient un QI souvent bien inférieur à la moyenne. Wing a commencé à promouvoir le point de vue, plus populaire de nos jours, que tous les problèmes de ces enfants représentent plusieurs manifestations d'un seul "spectre" de l’autisme. C’était à cette fin qu'elle a ressuscité le travail d'Asperger - moins pour introduire une nouvelle étiquette de diagnostic, que pour illustrer l'étendue et la profondeur de ce spectre.
En 1993, cependant, le syndrome d'Asperger est un candidat sérieux pour être inclus comme diagnostic autonome dans la prochaine révision du DSM. Devant sortir l’année suivante - le livre reconnaîtrait le syndrome d’Asperger comme l'un des «troubles envahissants du développement» - ou non - en attente des conclusions du groupe de travail de Volkmar.

***

Le Yale Child Study Center de Volkmar a été le chef de file de la recherche sur le SA aux Etats-Unis. À un moment donné, une demande de recherche pour des bénévoles avec SA avait donné à Yale une liste de plus de 800 familles et de personnes à travers le pays. À Yale et ailleurs, les cliniciens qui ont trouvé le concept utile et pertinent avaient diagnostiqué le syndrome d'Asperger chez des patients, sans attendre que le DSM vienne sanctionner son utilisation.

Pourtant, il y avait encore de vifs désaccords sur la validité du concept. C’était difficile de savoir si les individus avec ce diagnostic étaient vraiment différents au regard de ceux décrits comme «autiste de haut niveau de fonctionnement», un concept déjà familier et très utilisé. Au-delà de cela, il était évident que les cliniques avaient peaufiné les critères indépendamment, ce qui conduisait à une incohérence répandue dans la façon dont l'étiquette de syndrome d'Asperger était appliquée. Compte tenu de cela, beaucoup ont fait valoir que le syndrome d'Asperger n’était pas un complément nécessaire ou utile dans le lexique des diagnostics.

D'autre part, l'Organisation mondiale de la Santé venait d’approuver le syndrome d’Asperger comme une maladie autonome. D'une plus grande pertinence, Volkmar lui-même était parmi ceux qui étaient convaincus de sa validité, en ayant vu beaucoup de gens à la Child Study Center de Yale dont les symptômes apparaissaient comme justifiant un diagnostic de syndrome d'Asperger. Volkmar, charismatique, convaincant, et consciencieux, serait l'un des arbitres finaux pour savoir si la maladie serait inscrite dans le DSM. Donc, c’était important quand, quelques mois seulement avant que le nouveau manuel sorte, il a décidé d'enquêter sur la question de savoir si Hans Asperger avait été un nazi.
***


Eric Schopler, pour sa part, en était convaincu. Psychologue basé à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, il a été directeur et concepteur en chef de la Division TEACCH, premier programme des écoles publiques à l’échelle d’un État de la nation consacré à l'éducation des enfants atteints d'autisme, lancé en 1971. En tant que tel, il a été pendant de nombreuses années l'autorité la plus respectée d'Amérique sur l'autisme, certainement parmi ses collègues. Il était aussi parmi ceux qui considéraient les idées d'Asperger superflues pour la compréhension de l'autisme, pour ne pas les mentionner comme conçues de façon bâclée. Ses attaques contre le travail d'Asperger dans les années 1990 étaient sensiblement personnelles, ce qui reflète une antipathie non justifiée par un simple désaccord professionnel. "Les graines pour notre confusion d’un syndrome existant ont été semées dans le riche sol de ses quelques publications," a-t-il écrit une fois. De l'avis de Schopler, Asperger n’avait jamais "réussi à identifier un syndrome psychiatrique reproductible."

L'antipathie de Schopler peut être comprise comme l'amertume d'un homme qui, enfant, a dû fuir l'Allemagne avec le reste de sa famille juive, et qui est resté soupçonneux de tout adulte - allemand ou autrichien -, dont la carrière en tant que professionnel de la santé avait prospérée pendant l'ère nazie. Il n’y avait pas plus que cela; c’était la culpabilité par association. Mais cela ne l'a pas empêché de lancer une campagne de rumeurs ciblée sur le fait qu’Asperger avait probablement été un sympathisant nazi, sinon un collaborateur ou un membre réel du parti. Plus d'une fois, Schopler a lâché ces insinuations dans la presse, dans les publications qu’il a supervisées, comme le « Journal of Autism and Developmental Disorders ». Là ou ailleurs ¬ il fait ostensiblement référence à l’"intérêt de longue date dans le mouvement de la jeunesse allemande" d'Asperger, faisant allusion à un lien entre Asperger et les Jeunesses hitlériennes. Pourtant, peut-être parce que Schopler a gardé ses allusions subtiles, la plupart des gens qui connaissaient le syndrome d'Asperger dans les années 1990 n’étaient au courant d'aucune controverse sur le passé d'Asperger.

Volkmar, par exemple, n'a rien entendu à ce sujet jusqu'à la fin du processus d'examen du DSM. Mais ce n’est pas Schopler qui l'a porté à son attention. Au cours des essais sur le terrain que Volkmar menait afin de tester les critères proposés pour le syndrome d'Asperger, deux collègues de Yale qu'il tenait en haute estime ont soulevé le sujet. L’un, Donald Cohen, directeur de longue date du Yale Child Study Center, a publié de nombreux ouvrages sur l'autisme. L'autre était une jeune étoile sur le terrain, un clinicien et chercheur nommé Ami Klin. En tant que candidat au doctorat en psychologie à Londres, Klin avait fait sensation avec une étude brillamment conçeu montrant les réponses des enfants touchés par l’autisme aux sons de la voix de leur mère. C’était Cohen qui avait personnellement recruté Klin à Yale en 1989. Les deux hommes formaient une relation étroite mentor-protégé sur la base à la fois d’une fascination pour l'autisme et d’un sens puissant de l'identité juive. Cohen était Juif pratiquant et un étudiant dévoué de l'Holocauste. Klin était né au Brésil, fils de survivants de l'Holocauste, et avait obtenu son diplôme de premier cycle en histoire et en sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

La question autour de laquelle que les deux hommes tournaient était de savoir si Asperger pouvait avoir été impliqué, d’une façon ou une autre, dans les atrocités médicales attribuées aux nazis qui ont gouverné Vienne. Tous deux savaient que la profession médicale avait déjà elle-même été gênée par son incapacité à poser cette question à propos de plusieurs médecins et chercheurs qui avaient pratiqué sous le Troisième Reich. Les manuels modernes portaient encore des références à des maladies désignées suivant des scientifiques de l'époque nazie dont l'éthique était répugnante, si ce n’est criminelle, comme des neurologues dont des découvertes importantes ont été apportées en disséquant le cerveau des enfants et des adultes assassinés par les nazis. Un Dr. Franz Seitelberger de Vienne avait été membre de la SS, tandis que le professeur Julius Hallervorden de Berlin était connu pour sélectionner ds patients vivants dont il avait l'intention d'étudier le cerveau après leur mort par «euthanasie». Le tristement célèbre Hallervorden dit , «Si vous allez tuer tous ces gens, au moins prenez leur cerveau de telle sorte que le matériau obtienne une certaine utilité. " Pourtant, les termes« maladie de Seitelberger » et « maladie de Hallervorden-Spatz " sont encore apparus dans des publications académiques.

En 1993, Asperger, mort depuis 13 ans, jamais d’une grande présence sur la scène mondiale, était resté une figure peu connue. Uta Frith avait publié un examen superficiel de sa vie et de son travail en 1991, pour accompagner sa traduction de son grand article de 1944. En outre, une conférence qu’Asperger avait donné en Suisse en 1977 était parue en traduction dans la revue d'une organisation de l'autisme britannique en 1979, mais n’avait pas été largement diffusé. En bref, Volkmar ne pouvait obtenir que peu d'information sur Asperger tout seul, et n’avait aucun véritable «expert Asperger" vers lequel se tourner. C’est dans ce contexte qu'il a appelé Lorna Wing, la seule personne qu'il connaissait qui avait rencontré Hans Asperger (une fois, autour d'un thé), et lui a posé la question : « Est-ce que Hans Asperger, jeune homme, était un nazi? »

Lorna Wing haletait. "Hans Asperger, un nazi?» Il pouvait entendre son indignation. Elle a parlé de sa foi catholique profonde et de sa dévotion à vie pour les jeunes.

"Un nazi? Non, "dit Wing. "Non non Non! C’était un homme très religieux. "

Ce fut une courte conversation, mais cela a réglé le problème.

Quelques mois plus tard, le DSM-IV est paru. Quatre-vingt-quatre nouveaux troubles mentaux avaient été proposés pour y être inclus, mais seulement deux l’avaient été. L'un était le trouble bipolaire II. L'autre était le syndrome d'Asperger.

***


En 1993, Wing et Volkmar ne savaient rien, bien sûr, des informations sur le syndrome d'Asperger qui seraient mises au jour dans les années à venir.

Le premier signe d'avertissement est venu en 1996. Cette année-là, Ami Klin, avec Volkmar et la psychologue Sarah Sparrow, a commencé à mettre sur pied un livre qu'ils prévoyaient de titrer « Le syndrome d'Asperger ». Pourtant Klin ne pouvait toujours pas se débarasser de ses doutes. Et, parce que son nom serait sur la couverture du livre, il a décidé que quelque chose de plus qu'un appel téléphonique à Lorna Wing était nécessaire afin d'établir que les mains d'Asperger étaient propres.

À la fin de 1996, Klin a commencé à écrire aux archives et instituts en Allemagne et en Autriche, à la recherche toute information documentaire ou autre sur le médecin autrichien. Cela a donné peu de choses. Mais alors un professeur à Cologne, en Allemagne, l'a renvoyé à l'historien autrichien Michael Hubenstorf, qui a enseigné à l'Institut d'histoire de la médecine à l'Université libre de Berlin. "Nous aimerions être en mesure d'écrire que c’était un médecin bienveillant dont la principale préoccupation était le bien-être de son patient [sic]," écrit Klin à Hubenstorf. "Mais nous ne sommes pas sûrs de cela."

Hubenstorf a répondu quelques semaines plus tard avec une lettre de quatre pages et un catalogue de cinq pages des affectations de carrière d'Asperger, des promotions et des publications qu'il avait réunis. Les préoccupations de Klin, écrit-il, étaient justifiées. Alors qu'il n’avait trouvé aucune trace de l'appartenance formelle au parti nazi, Hubenstorf a informé Klin que la "carrière médicale [d’Asperger]a été clairement définie dans l’environnement des nationalistes allemands et des nazis ", et qu'il a été régulièrement promu au sein de ce cadre. Il croyait que le médecin avait minimisé ses liens antérieurs aux nazis connus tels que le professeur Hamburger, son mentor ponctuel, dont Hubenstorf écrivait comme "le pédiatre nazi le plus carré de tous."

Aucun »pistolet fumant » n’avait été trouvé, aucune preuve qu’Asperger ait directement participé à des crimes médicaux nazis.
"On ne sait pas jusqu’à quel point c’était un compagnon de route", concluait Hubenstorf. Mais ses conseils à Klin étaient de pécher par excès de prudence. Il a recommandé de ne pas publier "quoi que ce soit avant que le plus grand effort ait été fait pour clarifier le passé du professeur Asperger."

En fin de compte, Klin a choisi de ne pas suivre les conseils de Hubenstorf. Tout bien pesé, il a reconnu qu’aucun « pistolet fumant » n’avait été trouvé, aucune preuve qu’Asperger ait directement participé à des crimes médicaux nazis. Dans l'intervalle, Klin avait reçu une copie de l'avis de décès d’Asperger qui le dépeignait comme un médecin doux, chaleureux, dévoué à la prise en charge des enfants. La fille d'Asperger, Maria Asperger Felder, s’est aussi portée garante de la réputation de son père quand Klin s’est adressé à elle. Elle-même psychiatre, elle a écrit que son père avait été en désaccord avec le déterminisme racial des nazis, qu'il avait été l'ennemi de la souffrance des enfants, et qu'il n'a jamais perdu "son intérêt à vie et sa curiosité pour toutes les créatures vivantes."
Ce fut l'histoire du médecin bienveillant que Klin espérait se révéler la vérité. En 2000, Klin, Volkmar, et Sparrow ont publié « Syndrome d'Asperger », avec un avant-propos de la fille d'Asperger.

***


La version "médecin bienveillant» d’Asperger avait un fort attrait, et informait de nombreuses évaluations de son travail. En effet, un récit extrêmement positif d’Asperger comme un homme avec rectitude morale a été mise au point dans le nouveau millénaire, l'élevant presque au statut de héros. De plus en plus, il était considéré comme un saboteur prudent même brave et rusé du projet nazi d'extermination des enfants handicapés mentaux. Cette image de lui a fait écho l'évaluation faite par lea psychologue Uta Frith, en 1991, qu’Asperger avait été un ardent défenseur des "marginaux" dont le programme eugéniste nazi avait conçu la destruction. "Loin de mépriser les inadaptés," écrit Frith dans l'introduction à sa traduction définitive de son article de 1944, "il se consacre à leur cause, et ce à un moment où l'allégeance aux inadaptés était rien moins que dangereuse."

L'image de héros a été amplifiée par le psychiatre de Berlin Brita Schirmer, qui en 2002 a attiré l'attention sur d'Asperger "l'humanité [d'Asperger ] et son engagement courageux pour les enfants qui lui avaient confiés à une époque où cela était loin d'être évident, ou sans danger."

En 2007, les psychologues de Dublin Viktoria Lyon et Michael Fitzgerald ont écrit une lettre au « Journal of Autism and Developmental Disorders » qui célébrait Asperger comme un homme qui "a essayé de protéger ces enfants pour qu’ils ne soient pas envoyés dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale."

Et en 2010, l'historien britannique de l'autisme Adam Feinstein a publié les résultats de son propre reportage à Vienne pour enquêter sur les rumeurs selon lesquelles Asperger était favorable à Hitler. "C’est tout le contraire qui est le plus susceptible d'être le cas," a-t-il conclu.

Ce point de vue sur Asperger reposait sur un certain nombre d'histoires fascinantes. Il a été dit qu'il avait deux fois échappé de justesse à l'arrestation par la Gestapo alors qu'il travaillait à l'hôpital de Vienne, et qu'il avait risqué sa propre sécurité en omettant de déclarer les noms des enfants handicapés aux autorités. Une entrée dans son journal, écrit lors d'une visite en 1934 en Allemagne, semble frissonner à la tourmente nazie qui prend de la vitesse: "Une nation entière va dans une seule direction, fanatiquement, avec une vision rétrécie." Sa foi catholique, et son appartenance à l’organisation de jeunesse de l'Eglise catholique appelée Bund Neuland, ont également été cités comme preuve de son association avec une morale progressiste qui était en contradiction avec l'ordre du jour nazie.

Par-dessus tout, ce point de vue reposait sur des déclarations claires d'Asperger, dès le début de l'ère nazie, défendant le droit des enfants handicapés mentaux à l'appui de la société. Au cours de la conférence de 1938 pendant laquelle il a décrit ses cas autistes pour la première fois, il a déclaré: «Ce qui tombe hors de la ligne, et donc est« anormal », ne doit pas être considéré comme« inférieur ». "

De même, en conclusion de son article de 1944 mieux connu, celui qui a attiré plus tard l'attention de Lorna Wing, il saluait "le devoir [de la profession médicale] de défendre ces enfants avec toute la force de notre personnalité"

Ainsi, il y avait des arguments solides pour considérer Asperger comme un penseur humanitaire et libéral. Il était un portrait optimiste et enthousiasmant qui parlait à la sensibilité moderne. Et il se révélera être gravement compromis.

Traduction à suivre.

_________________
parent d'une fille SA de 32 ans
9 février 2016

L'Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés

L’Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés
Pour le comité, la France doit donner priorité à l'éducation en milieu ordinaire des élèves handicapés.
Publié le 9 février 2016

Le Comité des droits de l’enfant de l’Onu pointe les lacunes de la politique française du handicap. Elle demande au gouvernement de davantage lutter contre la maltraitance dans les établissements accueillant des enfants et de faire progresser l’éducation inclusive.

La France est loin d’être exemplaire pour le respect des droits de l’enfant. Des enfants handicapés, notamment. C’est ce qui ressort à la lecture des observations du Comité des droits de l’enfant de l’Onu sur la mise en œuvre de la convention du même nom, rendues publiques le 4 février. Le comité est « préoccupé par les mauvais traitements subis par des enfants en situation de handicap accueillis en établissements et par l’insuffisance des contrôles indépendants dans ces institutions ». Il s’inquiète également que « dans certains cas, le personnel dénonçant ces mauvais traitements aurait été accusé de diffamation et condamné tandis que les fautifs étaient rarement traduits en justice, en dépit de preuves vidéo. »

L’affaire Moussaron dans le viseur

Le Comité des droits de l’enfant fait sans doute référence, entre autres, à l’affaire de l’Institut médico-éducatif Moussaron dans le Gers. Lors des auditions de la délégation française, en janvier, un des membres du Comité, Jorge Cardona Llorens, avait été plus explicite (à 27.37, dans la vidéo) : « Quels sont les mécanismes prévus pour éviter l’impunité, comme celle qui a eu lieu dans le cas de l’Institut Moussaron ? », avait-il interrogé. Une inspection de l’Agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées, menée en juillet 2013, avait mis à jour « de graves dysfonctionnements » et « une situationde maltraitance institutionnelle » dans cet IME. Mais l’ARS n’avait pas saisi les autorités judiciaires.

Le défenseur des droits recommande de renforcer les contrôles

Dans le rapport qu’il avait remis au Comité, en février 2015, le Défenseur des droits se disait, lui aussi, préoccupé par les allégations de maltraitance au sein de certaines institutions. « Ces situations révèlent des carences en matière de prévention des actes de maltraitance et de contrôle des établissements », notait-il. Il recommandait de renforcer les contrôles.

Trop d’enfants en établissements ou dans des classes spéciales

Par ailleurs, le comité déplore la lenteur avec laquelle progresse l’éducation inclusive. Il s’inquiète que « la loi prévoit des classes spéciales au sein des écoles ordinaires pour les enfants, dès leur plus jeune âge ; que certains enfants en situation de handicap soient placés en établissements, que d’autres suivent les cours dans des classes qui leur sont réservées et que des élèves abandonnent, faute de bénéficier des aménagements et du soutien nécessaires. » Pour le comité, priorité doit être donnée à l’éducation en milieu ordinaire plutôt qu’au placement en institution ou dans des classes réservées. La leçon sera-t-elle retenue ?

Franck Seuret

9 février 2016

Cash Investigation et les pesticides : quand des contrvérités sont diffusées en prime time ...

L’émission Cash Investigation, diffusée le 2 février 2016, était intitulée « Produits chimiques : nos enfants en danger » [1]. Elle s’est attachée à montrer pendant 2h15 que les pesticides présentent un danger imminent pour la santé des agriculteurs, des consommateurs et des enfants. Tout au long de l’émission, la journaliste Elise Lucet a martelé, sur un ton inquiet et alarmiste, que 97 % des produits alimentaires contiendraient des résidus de pesticides.

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) déplore qu’une chaîne publique de télévision ait transmis en prime time un tel message, trompeur et alarmiste, à plusieurs millions de téléspectateurs, et que ce message ait ensuite été relayé par l’ensemble des médias et des réseaux sociaux, sans le souci ni de la véracité des « informations » colportées, ni de l’inquiétude légitime mais injustifiée ainsi propagée dans la population. Sans prendre position pour ou contre les pesticides, l’AFIS entend rappeler, ici, plusieurs éléments qui ont été occultés pendant l’émission et qui donnent un tout autre éclairage au chiffre de 97 %.

L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a contrôlé la présence de 685 pesticides de synthèse sur 81 000 échantillons de fruits et légumes, d’aliments transformés et de vins, provenant des 27 états membres de l’UE, d’Islande et de Norvège. L’étude a fait l’objet d’un rapport paru en 2013 [2], une synthèse publiée en mars 2015 étant disponible en français [3].

97 %. Les analyses de l’EFSA montrent que 97,4 % des 81 000 échantillons sont conformes à la réglementation, parmi lesquels 54,6 % ne contiennent aucun résidu détectable de pesticides. Sont considérés conformes à la réglementation, les aliments dans lesquels les pesticides sont retrouvés en quantité inférieure aux seuils fixés pour prévenir d’éventuels effets nocifs sur la santé.

L’EFSA a intitulé sa synthèse : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales ». Cash Investigation a transformé ce titre en : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides ». Chacun peut apprécier l’intoxication !

3 %. C’est le pourcentage (2,6 % précisément) des 81 000 échantillons qui, à l’opposé, dépassent les limites légales. Environ la moitié de ces échantillons (1,5 %) dépassent nettement ces limites.

Rien n’a été dit sur ces 3 % pendant l’émission Cash Investigation. Si 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides, alors les téléspectateurs pouvaient logiquement en déduire que seuls 3 % des aliments n’en contiennent pas. Lorsqu’il a été interrogé par un internaute sur ces 3 %, Martin Boudot, le journaliste qui a réalisé l’enquête, a d’ailleurs répondu : « les 3 % restants correspondent au bio ou aux aliments à très faible teneur en pesticide ». Chacun peut apprécier le contresens !

Le bio. L’étude de l’EFSA ne concernait que les pesticides de synthèse et ne portait donc pas sur les pesticides « naturels ». Rappelons que les aliments bio contiennent également des résidus de pesticides « naturels », que le « naturel » n’est pas, pour autant, vierge de tout risque et qu’il ne doit pas être dispensé d’une évaluation du risque. Ainsi, pour ces seuls pesticides de synthèse, l’étude montre que 15 % des échantillons « bio » contiennent des résidus, dont 0,8 % au-dessus des limites légales.

En résumé : Cash Investigation a fait implicitement passer le message que seulement 3 % des aliments seraient vierges de résidus de pesticides. C’est faux. Totalement faux.

Plus de la moitié des aliments (55 %), bio ou non, sont vierges de résidus de pesticides détectables. 42 %, bio ou non, contiennent des résidus détectables mais dans les limites légales et ne présentent pas de risque. Seuls 3 %, bio ou non, dépassent ces limites légales dont 1,5 % les dépassent nettement.

Au-delà de l’émission Cash Investigation et de ces manipulations de chiffres, l’AFIS invite celles et ceux qui souhaitent se forger une opinion éclairée et raisonnée sur les pesticides à se référer au dossier « Pesticides : ce qu’en dit la science », publié dans le numéro du 1er trimestre 2016 de sa revue Science et pseudo-sciences [4].

[1] – Cash Investigation, « Produits chimiques : nos enfants en danger », 2 février 2016
http://www.francetvinfo.fr/replay-m...

[2] – EFSA, The 2013 European Union report on pesticide residues in food
http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajo...

[3] – EFSA, communiqué de presse, 12 mars 2015 : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales »
http://www.efsa.europa.eu/fr/press/...

[4] – AFIS, « Pesticides : ce qu’en dit la science », revue SPS n°315, janvier 2016
http://www.pseudo-sciences.org/spip...

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