article publié dans 20 minutes.fr du 27 mars 2011

Illustration: une personne handicapée sur un fauteuil roulant. DURAND FLORENCE/SIPA
SOCIÉTÉ - Dans les foyers spécialisés, les rapports sexuels sont interdits mais tolérés...
Les personnes handicapées ont bien du mal à avoir une vie sexuelle, surtout quand elles sont accueillies en établissements spécialisés, qui interdisent les rapports sexuels tout en les tolérant, un système «hypocrite» selon les professionnels. Plusieurs textes français et une convention de l'Onu garantissent, même de façon indirecte, aux personnes handicapées le droit à la sexualité et le respect de leur intimité, qu'elles habitent chez elles ou en institution, lesquelles sont quasiment toutes mixtes depuis plusieurs années.
Mais en pratique, comment faire quand les impératifs de sécurité du foyer exigent, par exemple, que les portes restent ouvertes la nuit, s'est interrogée une directrice d'établissement lors du colloque «Sexualité et Handicap» organisé vendredi par la Croix Rouge française. Et en général, il n'y a pas de chambre double dans ces établissements où sont accueillis environ 250.000 adultes et plus de 100.000 enfants et adolescents.
«L'un des derniers tabous»Les foyers, comme les établissements d'aide par le travail, interdisent les rapports sexuels dans leur règlement intérieur, notent les intervenants. Alors que «les personnes handicapées vivent dans un désert affectif», relève le pédopsychiatre Roger Salbreux. Pour Laurent Cobac, psychologue dans un établissement pour jeunes handicapés situé en Seine-et-Marne, «l'institution se protège, par peur du scandale, peur de l'image que les parents pourraient avoir» du foyer si les rapports sexuels étaient officiellement autorisés.
La sexualité des handicapés, moteurs ou physiques, «c'est sans doute l'un des derniers tabous» même si on commence, timidement, à en parler, affirme le directeur général de la Croix Rouge. Le récent débat autour des «assistants sexuels» pour personnes handicapées pourrait d'ailleurs aider à une prise de conscience de l'opinion publique, estime-t-il. Pour une partie de la société, la sexualité des handicapés est «bestiale ou inexistante», ajoute le Dr Salbreux, d'où la difficulté d'aborder le problème, pourtant bien réel pour les personnes handicapées, dont beaucoup passent leur vie en institution.
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