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"Au bonheur d'Elise"
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10 juin 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 10 juin 2011

Arrêtez de dire que nos gosses sont en souffrance tout le temps!
Arrêtez de dire que nos gosses sont en souffrance tout le temps!

My first tantrum (photo: Kelcey Kinjo)

J’en ai un peu assez de m’entendre rabâcher toutes les cinq minutes que mon fils est en souffrance parce qu’il ne veut pas faire ci ou ça, ou qu’il ne peut pas faire une activité. Matthieu n’est pas un enfant en souffrance, du moins pas en permanence.

C’est difficile pour un oeil extérieur de se rendre compte si notre enfant fait du cinéma ou pas – parce qu’un enfant, même autiste, ça reste avant tout un enfant, et Matthieu teste l’autorité et les limites tout autant que les autres. Moi, sa maman, je le connais suffisamment bien pour voir si c’est une souffrance réelle ou un caprice – mais encore faut-il m’écouter.

J’ai une tactique, parmi d’autres, pour savoir si Matthieu fait du cinéma pour ne pas faire une activité, ou si vraiment il souffre (d’une hypersensibilité, par exemple). Quand il souffre, la crise survient de suite: quand il était petit, il ne supportait pas un morceau de musique en particulier et, dès qu’il passait, il se jetait dans mes bras en hurlant. Il n’arrivait pas à arrêter une activité répétitive, le moindre signe que j’allais retirer les jouets le faisait se jeter au sol, rouge, ou s’aggriper aux jouets.

Matthieu a été en classe pendant une matinée de préparation de fête il y a quelques mois, et les chamboulements (plus de monde, activités inhabituelles, brouhaha) l’avaient vraiment mis par terre, à tel point que l’école m’avait appellée pour venir le rechercher le plus vite possible.

Là, oui, mon fils était en souffrance.

Par contre, Matthieu comprend parfaitement que se jeter par terre en hurlant lui donne le champs libre pour ne pas faire telle ou telle activité qui ne lui plait pas. Et là, pardonnez-moi, mais je n’appelle pas ça de la souffrance, j’appelle ça de la manipulation. Et quelque part, si ça marche, il a raison, pourquoi s’en priver? C’est un enfant, après tout.

Matthieu sait parfaitement qui il peut entourlouper. C’est facile d’échapper à l’heure de la sieste quand on hurle devant Mamitù, qui le prend en pitié. C’est facile d’échapper aux devoirs d’écriture ou aux activités à l’école quand on se jette au sol en hurlant, et que tout le monde abandonne, en se promettant de « réessayer plus tard ». Seulement, avec Matthieu, il n’y a pas de plus tard, il n’y a pas d’amélioration, puisque ce n’est pas une question de souffrance mais plutôt de refus de l’autorité. De plus, chaque fois qu’il obtient ce qu’il veut en se jetant par terre le renforce dans ce comportement.

Bizarrement, à la maison, il n’y a que peu de conflits, car il sait parfaitement que je ne cède sur rien dès lors que je sais que c’est un caprice ou un refus.

Alors, oui, parfois Matthieu peut avoir une détresse passagère – surtout si ce qui fonctionnait avant, la manière qu’il avait d’entourlouper le monde, ne marche plus, tout d’un coup. Mais ce n’est pas une souffrance, juste la réalisation qu’il ne pourra plus s’en sortir aussi facilement. Dans ces cas-là, il ne faut pas céder, et le consoler après en renforçant le travail accompli. Et peu à peu, il fera plus facilement l’activité demandée.

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/arretez-de-dire-que-nos-gosses-sont-en-souffrance-tout-le-temps/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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