article publié dans la Voix du Nord le 2 septembre 2011
vendredi 02.09.2011, 05:24- PAR ÉLODIE BARTOLIC
Anna en compagnie de sa maman, Anne-Sophie Thelliez, dans sa chambre d'éveil. Anna, 5 ans, est atteinte de troubles autistiques. Malgré de multiples prises en charge, son évolution reste stagnante. Ses parents, Anne-Sophie et Sébastien Thelliez, de Beuvrages, ont décidé de mettre en place les « 3 i ». Une méthode éducative où le jeu tient une place centrale dans le développement de l'enfant. Pour stimuler Anna, la famille recherche une quarantaine de bénévoles qui se relayeront du lundi au dimanche.
« Je suis atteinte de troubles autistiques qui m'empêchent d'être un enfant comme les autres. J'ai besoin de vous. Venez jouer avec moi 1 h 30 par semaine. » L'affiche, placardée dans les rues, boulangeries et autres commerces du Valenciennois ne laisse pas indifférent. La bouille ronde, les cheveux blonds, le sourire généreux, elle s'appelle Anna. Âgée de 5 ans, les médecins lui ont diagnostiqué, il y a trois ans, un retard de langage et d'apprentissage. Difficile à première vue d'y croire lorsqu'on la voit sautiller sur son trampoline. « Anna est très sociable.
Elle aime courir, faire du vélo. Elle n'est pas dans sa bulle comme peuvent l'être certains autistes », assure Anne-Sophie, la maman. Ses parents, respectivement enseignant et puéricultrice, ont essayé différents types de prises en charge pour éveiller leur fille, cependant « son évolution reste stagnante ». Depuis janvier, Anna partage ses journées entre l'école maternelle de Petite-Forêt et l'hôpital de jour de Valenciennes. « Un rythme trop intense et fatiguant pour une enfant », reconnaît Anne-Sophie. Dès septembre, les Thelliez vont essayer une nouvelle méthode éducative : « les 3 i ». « C'est l'ancienne institutrice d'Anna qui m'en a parlé. Son garçon, qui souffre des mêmes troubles qu'elle, suit ce programme. Les résultats sont probants. D'ailleurs, il est scolarisé normalement. »
Normal, un mot qui revient en boucle dans la bouche de la maman. « Je souhaite que ma fille mène une vie la plus normale possible et qu'elle retourne dès que possible à l'école. »
La méthode, soutenue par l'association parisienne Autisme espoir vers l'école, est basée sur le jeu intensif, individuel et interactif (les fameux 3 « i »). Intensif, le mot est approprié, étant donné qu'une quarantaine de bénévoles est nécessaire par enfant. « Les volontaires se relayeront auprès d'Anna, toutes les 1 h 30, à raison de 6 heures par jour, du lundi au dimanche. » Le couple ne recherche pas de profils particuliers. Retraité, étudiant, mère au foyer, homme ou femme, peu importe. « Nous ne faisons pas de sélection, seule la motivation compte. »
Les exercices auront lieu au domicile des parents, à Beuvrages, dans la salle d'éveil aménagée à cet effet. La pièce, qui fera office de cocon à Anna, comporte une petite table, deux chaises ou encore des étagères « pour qu'elle montre du doigt les jouets avec lesquels elle veut s'amuser ». La durée du suivi variera en fonction de son état, « de 18 mois à 2 ans », complète Anne-Sophie, qui est également maman d'une petite Jeanne (2 ans). Chaque semaine, les progrès de la fillette seront évalués et validés par un psychologue (300 E par mois), ce qui permettra d'établir un programme évolutif. Les Thelliez ont programmé une réunion à Anzin le 26 septembre (lieu à préciser) pour rencontrer les intéressés. •