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"Au bonheur d'Elise"
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26 septembre 2011

article publié dans la Voix du Nord le 25 septembre 2011

Pour aller à l'école, Clément, handicapé, doit se battre contre les sceptiques

dimanche 25.09.2011, 05:28- La Voix du Nord

 Clément et sa maman dans leur jardin. À 5 ans, il fréquente l'école maternelle tous les matins. Clément et sa maman dans leur jardin. À 5 ans, il fréquente l'école maternelle tous les matins.
|  LE VISAGE DU DIMANCHE |

Aller à l'école maternelle quand on n'est pas comme les autres. Affronter le regard des copains. S'adapter à la discipline collective quand on ne tient pas en place. C'est le défi quotidien de Clément, scolarisé à Descartes, dans le nord de la ville. Celui de ses parents et de ses instituteurs est de se battre avec le système pour le faire accompagner par une assistante de vie scolaire. Rencontre.

PAR SYLVAIN LIRON

tourcoing@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »

Clément est allongé sur le canapé, la télé allumée sur des dessins animés. « Il regarde Dora ou Diego, des programmes interactifs. Il adore les lettres, le son des mots », précise sa Hélène, sa maman. Le regard contemplatif, calme, il observe d'un oeil l'intrus qui interrompt son après-midi avec sa maman. Il a promis d'être sage, nous dit-elle. « Sa trisomie 20 (voir encadré) le rend hypertonique. Il ne sait pas rester en place. Il dort très peu et il est toujours en mouvement. » Ce jour-là, ce n'est pas flagrant. En guise d'agitation, il vient se proposer de nous jeter un sucre dans le café. Sans éclaboussures ! Au passage, il en récupère un pour la route, le sourire gourmand aux lèvres. Difficile de lui résister très longtemps. Une bouille adorable et une redoutable intelligence qui lui permet d'user de la patience de sa maman. « Souvent, je suis fatiguée avant lui quand on fait des choses ensemble », souffle-t-elle.

Aide-soignante, elle a adapté son emploi du temps pour passer le maximum de temps avec son fils. Dévouée mais surtout déterminée à ce qu'il ait une vie normale. Un centre pour handicapés comme les médecins le lui conseillaient ? Hors de question. Ce sera l'école maternelle et le centre de loisirs.

Une institution tourquennoise adaptée qui mélange handicapés et valides. « Il va à la piscine, au parc d'attractions et moi, pendant ce temps-là, je peux souffler un peu. » Pour mieux repartir au combat.

Améliorer l'insertion des handicapés dans la société, voilà le discours officiel. Chaque enfant concerné a le droit à un assistant de vie scolaire (AVS) pour l'accompagner dans ses activités. En théorie. « L'an dernier, on s'est rendus compte que le contrat de son AVS se terminait... le 31 mai !, témoigne Hélène, incrédule. Ils étaient prêts à le laisser à la maison tout le mois de juin. J'ai dû remuer ciel et terre pour convaincre l'Éducation nationale de détacher une autre AVS. » Comme si intégrer un enfant handicapé n'était pas assez difficile, une assistante ne peut pas s'occuper de lui sur la durée. Généralement, ça n'excède pas six mois, renouvelables une fois. Depuis le mois de juin, Clément est en classe avec une nouvelle guide, Bartha et presque tout est à recommencer. « Le changement l'a perturbé. On sent qu'il la teste. Il se permet des choses qu'il ne faisait plus », explique Manuela Da Silva, son institutrice. Et après ? « Le contrat doit être renouvelé au 30 novembre... Jusqu'au 30 mai !, se désespère la directrice Nadia Geujon, qui a eu Clément en classe l'an passé. Que la personne qui a imaginé ce dispositif lève le doigt ! Une aberration tant administrative que pédagogique. « Dans l'idéal, on aimerait que la même AVS l'accompagne toute sa scolarité voire même au CP.

Avec Nadia, ils étaient complices. les apprentissages passaient mieux. Elle connaissait ses capacités et ses limites.

Le petit garçon passe toutes ses matinées à l'école. Au milieu des autres. Son assistante collée à ses basques. « Il n'est pas bête, il n'a aucune déficience mentale. Il connaît les couleurs et l'alphabet. Son problème, c'est de la psychomotricité fine qui l'empêche de bien tenir son crayon », précise sa maman. Écriture, découpage, collage, rappel des consignes, l'AVS est omniprésente. « Il papillonne tout le temps. C'est difficile de retenir son attention. À côté de ça, il est attachant, poli, bien éduqué et bien intégré », complète Manuela, sa maîtresse.

Malin aussi. Le jour de notre visite, sage comme une image, il pique soudain un petit somme. Lui qui ne dort jamais bien longtemps d'habitude, rechigne à se lever devant l'intérêt qu'il suscite. Pas moyen de le faire venir pour la photo. Même les câlins de maman sont sans effet. Pour une fois, il sent que notre sort dépend de son bon vouloir et cela l'amuse beaucoup. Une demi-heure plus tard, le caprice terminé, il vient poser sans faire d'histoires sur la balançoire du jardin. Puis se précipite pour demander à voir les photos. « Elles sont belles », s'émerveille-t-il, fier comme un paon de susciter l'intérêt. Merci Clément ! Quand on vous disait qu'il était bien éduqué... Il nous raccompagne ensuite gentiment et tient à nous ouvrir personnellement la porte. Pour son avenir, ses parents ne se projettent pas. « On verra à la fin de l'année. » •

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoing/actualite/Secteur_Tourcoing/2011/09/25/article_pour-aller-a-l-ecole-clement-handicape-d.shtml?utm_source=add_this&utm_medium=facebook&utm_campaign=partage#.ToAOTTxkMik.facebook

 

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Commentaires
Z
cela ne risque pas de changer, les nouveaux contrats CAE concernant les postes d'avs sont de 18 mois, donc 10 mois la 1ère période et 8 mois la 2ème, donc durant 2 mois les enfants sont sans avs !!!! Quelle aberration !! AVS moi-même mais de droit public cela me chagrine pour les enfants pour qui c'est indispensable !!
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