article publié dans Les Echos le 3 octobre 2011
Le nombre de bénéficiaires de l'AAH progresse en raison des revalorisations de la prestation. Le coût atteindra 7,5 milliards d'euros en 2012.
La progression aura été régulière tout au long du quinquennat. Le nombre de bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) devrait encore croître de 2,5 % l'an prochain, prévoit le gouvernement, ce qui le porterait à 944.000 en moyenne sur l'année 2012. Soit 136.000 de plus qu'en 2007.
Comment expliquer une progression aussi rapide ? Heureusement pas par l'explosion du han-dicap. Outre des causes démographiques - la croissance de la population générale -, cette tendance s'explique principalement par la revalorisation régulière de cette allocation, une promesse de Nicolas Sarkozy. Au total, la hausse aura été de 25 % en cinq ans. L'AAH se cumulant avec les ressources personnelles de l'intéressé dans la limite d'un plafond (743,62 euros par mois actuellement), plus elle est revalorisée, plus le nombre de bénéficiaires se retrouvant en dessous du plafond augmente, mécaniquement. La prochaine hausse interviendra le 1 er avril (759,98 euros), et une autre augmentation est programmée pour le 1 er septembre (776,59 euros). Un montant que les associations jugent néanmoins trop faible.
Autre explication avancée par le gouvernement l'an dernier : un effet crise. Si le conjoint de la personne handicapée subit une perte de revenus (parce qu'il est au chômage par exemple), celle-ci peut devenir éligible à l'AAH, car c'est l'ensemble des revenus du foyer qui est pris en compte pour l'attribution de l'allocation.
Au final, la population bénéficiaire augmente de près de 4 % par an. Les dépenses consacrées à l'AAH progressent encore plus vite. En 2012, elles devraient dépasser 7,5 milliards d'euros, presque 8 % de plus qu'en 2011. Depuis le 1 er janvier, le gouvernement a pourtant durci les conditions d'accès à l'AAH, suscitant de sévères critiques des associations. Les ressources prises en compte pour déterminer le droit à la prestation sont désormais révisées non plus chaque année mais chaque trimestre. Et les règles de cumul entre l'allocation et les revenus d'activité ont été simplifiées. Mais ces deux mesures généreront une économie de seulement 31 millions en 2012, prévoit Bercy.