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"Au bonheur d'Elise"
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9 novembre 2011

article publié dans Le Matin le 7 novembre 2011

Le cerveau a-t-il un sexe ?

07. novembre 2011, 20h49

Pascale Bieri | Le Matin

Garçons et filles ne sont pas programmés pour agir différemment. Ils l’apprennent.

brain.jpg

© DR

Les femmes sont naturellement bavardes, sensibles et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes sont nés bons en maths, bagarreurs et compétitifs. Vraiment? Catherine Vidal, neurobiologiste à l’Institut Pasteur et spécialisée dans le fonctionnement du cerveau et son développement, répondra à ces idées préconçues, ce jeudi, lors d’une conférence-débat à Genève.

Alors, le cerveau a-t-il un sexe?
La réponse est oui et non. Oui, parce que le cerveau contrôle les fonctions associées à la reproduction sexuée, qui sont évidemment différentes chez les femmes et chez les hommes. En revanche, concernant les fonctions cognitives – raisonnement, mémoire, attention, langage – on a pu démonter que les différences entre les individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles dépassent les différences entre les deux sexes.

A quoi sont dues ces différences?
A la naissance, notre cerveau compte 100 milliards de neurones, qui cessent alors de se multiplier. Mais sa fabrication est loin d’être terminée, car les connexions entre les neurones, les synapses, se construisent progressivement au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la société. Par exemple, chez les pianistes, on observe un épaississement de la région du cortex cérébral spécialisé dans la motricité des doigts et de l’audition. Par ailleurs, si l’entraînement cesse, les zones épaissies régressent.

En revanche, nous ne sommes pas «programmés» à la naissance, pour avoir des comportements et des aptitudes de garçon ou de fille?
Effectivement. L’enfant prend conscience de sa propre identité et de son appartenance au genre masculin ou féminin tardivement, à partir de l’âge de 2 ans. En revanche, dès sa naissance, on sexue son environnement par la décoration de sa chambre, ses vêtements, ses jouets. C’est l’interaction avec l’environnement familial, social et culturel qui va orienter le développement de certaines aptitudes et contribuer à forger les traits de la personnalité.

Autrement dit, il est faux de prétendre, par exemple, que les garçons sont plus doués pour les maths que les filles?
Absolument, c’est une idée préconçue, comme beaucoup d’autres. En 1990, aux Etats-Unis, une étude statistique sur 10 millions d’élèves avait montré que les garçons réussissaient mieux que les filles dans des tests mathématiques. La même étude, réalisée en 2008, montre cette fois que les filles obtiennent des résultats aussi bons que ceux des garçons. Difficile d’imaginer qu’il y ait eu, en deux décennies, une mutation génétique du cerveau des filles qui les rende plus matheuses! Ces résultats sont en fait dus aux développements de l’enseignement des sciences et à la présence croissante des filles dans ces filières.

Et les hormones, quel rôle jouent-elles dans notre personnalité?
L’être humain a un cerveau unique en son genre, qui fait que ses comportements sont régis d’abord par des stratégies intelligentes et non par l’action des hormones sur notre cerveau, comme c’est le cas chez les animaux. La raison tient à son cortex cérébral. Ce dernier s’est tellement développé au cours de l’évolution qu’il a dû se plisser pour arriver à tenir dans la boîte crânienne en formant des circonvolutions. On sait aujourd’hui que, déployé, il mesure 2 mètres carrés de surface sur 3 millimètres d’épaisseur. C’est dix fois plus que chez le singe. Et c’est grâce à ce cortex cérébral que l’Homo sapiens a pu développer toutes ses capacités de langage, de conscience, de raisonnement, d’imagination, pour finalement acquérir la liberté de choix dans ses comportements.

«Le sexe du cerveau: de la science aux idées reçues», Uni Dufour (Auditoire 300) à Genève, jeudi 10 novembre à 18 h.

http://www.lematin.ch/loisirs/culture/le-cerveau-t-il-un-sexe-2011-11-07

NB Quand on rapporte cet article à l'autisme et que l'on imagine les effets que la stimulation de l'enfant dès son plus jeune âge on se demande dès lors pourquoi freiner ... d'autant que la différenciation entre l'animal et l'homme sont clairement mis en évidence. Dès lors les reproches (bien théoriques et peu étayés) de dressage etc. attribués à certaines méthodes comportementales tombent naturellement. (jean-Jacques Dupuis)

Rappelons que : De manière pratique, des études scientifiques ont à ce jour permis de démontrer l'efficacité d'une prise en charge précoce à l'aide de méthodes éducatives comportementales (ABA), cognitives (TEACCH) ou développementales. La littérature scientifique est unanime sur ce point : il faut que l'intervention éducative soit précoce, massive et structurée. (source : Wikipédia)

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Commentaires
L
ce sont nos filles qui vont être contente. Anne s'époumone à répétér qu'on ne naît pas fille (du moins en ce qui concerne les idées préconçues sur les différences entre sexes) mais qu'on le devient (parce que maman veut absolument que Fifille porte du rose par exemple).<br /> Je suis d'accord avec votre commentaire et les études à venir conforteront ce que nous avons observé chez nos enfants.<br /> ValérieJ
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