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"Au bonheur d'Elise"
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23 avril 2012

article publié dans la Voix du Nord le 22 avril 2012

Équithérapeute, Virginie se bat pour sauver son emploi et lance une bouteille à la mer

dimanche 22.04.2012, 05:01- La Voix du Nord

 Tonnerre, le gentil poney, est le médiateur indispensable à Virginie pour entrer en contact avec les enfants autistes. Tonnerre, le gentil poney, est le médiateur indispensable à Virginie pour entrer en contact avec les enfants autistes.

Virginie Guillon est équithérapeute. Chez elle, à Preux-au-Bois, elle accompagne depuis quatre ans une douzaine d'enfants atteints de handicap vers le langage, la motricité, le mieux-être. Avec le poney pour médiateur de ces apprentissages. Seule salariée de son association baptisée Équi-Libre, Virginie Guillon se bat aujourd'hui pour sauvegarder son propre emploi, gravement menacé.

PAR CÉCILE LEGRAND-STEELAND

clegrandsteeland@lavoixdunord.fr

Une belle personne. L'expression est éculée, mais c'est celle qui qualifie le mieux Virignie Guillon. Jolie, elle l'est. C'est surtout le sens de son engagement qui fait d'elle une femme à part.

Dans une vie antérieure, Virginie était institutrice en Belgique. À son retour de ce côté-ci de la frontière, elle s'est tournée vers le social en intégrant l'IME du Catteau. « Ça m'a vraiment plu. » Passionnée de chevaux, elle consacre aujourd'hui son existence aux enfants atteints de handicap. « Des autistes en majorité », ajoute-t-elle. « Les parents viennent d'eux-mêmes avec leurs enfants. Peu de structures offrent des activités adaptées pour les autistes.

 » À la différence de beaucoup d'autres, la jeune femme a reçu une formation spécialisée : pendant deux ans, elle a suivi les cours de la Société française d'Équithérapie (lire ci-dessous). Chez elle, pas question d'enchaîner les séances ou de travailler en groupe.

« Ce n'est pas un cours d'équitation. Il y a un vrai travail éducatif derrière. » Une heure durant, seuls l'enfant, le poney et elle interagissent, par le biais de méthodes adaptées. « Nous définissons avec les parents un projet de prise en charge de l'enfant avec des objectifs : développement du langage, de l'autonomie, baisse de l'anxiété, ouverture vers les autres, psychomotricité... » Le poney est placé au centre de cette relation, construite tout en douceur. Les enfants montent, brossent, pansent leur monture, lui parlent, se baladent dans la forêt de Mormal, qui borde la propriété.

Attention, prévient toutefois Virginie : « L'équithérapie ne résout pas tout, ne guérit pas. Elle aide à aller vers un mieux-être. C'est un travail à mener avec les professionnels entourant l'enfant : orthophoniste, psychomotricienne, etc. » Chez certains, les progrès sont visibles. Parfois déroutants : « Une dame me racontait que son petit-fils avait eu peur d'un tout petit chien, dans la rue, alors qu'il était venu sans problème vers le poney. » Plus touchant, un garçonnet de six ans atteint de troubles autistiques qui ne parlait pas jusqu'alors, a prononcé son premier mot à la troisième séance. Ce mot, c'était le nom de son poney favori.

Virginie ne manque pas d'idées : le 1er juillet, elle organisera des portes ouvertes. Encouragée par une maman, elle réitérera une séance de peinture sur cheval (1).

Repérée par la fondation Caisse d'Épargne, elle a pu financer un tunnel de stockage du fourrage qui sert aussi de manège couvert. Début mai, Virginie recevra une handicalèche, équipée pour accueillir trois fauteuils roulants.

Le problème, c'est que les séances individuelles ne sont pas suffisantes pour lui assurer un salaire décent. Les centaines de courriers proposant ses services envoyés auprès des structures spécialisées du secteur sont restés lettre morte (2).

Sans le soutien de ces institutions, Virginie Guillon est proche de l'impasse. Déjà, elle a dû se résoudre à retrouver une activité à temps partiel. « Il y a trop de barrières. Je risque de devoir abandonner ou réduire l'activité aux temps des vacances scolaires. Mais les enfants perdront le bénéfice de la prise en charge, qui doit être d'une heure par semaine au moins si l'on veut avancer positivement. » •

Équi-Libre, 21 rue du Cerf à Preux-au-Bois. Contact : Virginie Guillon Tél : 06 21 70 11 49 ou equi-libre59@orange.fr (1) La peinture sur cheval est inoffensive pour les animaux : c'est une simple peinture à l'eau. (2) Huit usagers du foyer d'accueil médicalisé de La Longueville viennent deux fois par semaine pour des balades en calèche dans la forêt.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Avesnes_sur_Helpe/actualite/Secteur_Avesnes_sur_Helpe/2012/04/22/article_equitherapeute-virginie-se-bat-pour-sauv.shtml

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