article publié dans l'Ardenais le 5 mai 2012

Nathalie Charlier
L'histoire de cette Flongeoise, mère d'Amandine, handicapée à 80 %, dont on a diminué l'aide financière, a abouti, hier matin, à une manifestation devant le siège de la MDPH.
PROFITANT de la tenue de la commission des droits et de l'autonomie, une douzaine de mamans de handicapés ou non handicapés spécialement venus de Sedan, Floing, Donchery, Bazeilles, Vrigne-aux-Bois et Haraucourt ont accompagné, hier matin, Nathalie Charlier au siège de la maison départementale des personnes handicapées, afin de la soutenir dans son combat contre cette structure.
On se souvient que cette Flongeoise, mère d'Amandine, handicapée à 80 % à la suite d'une maladie orpheline, avait vu son aide attribuée par cet organisme diminué d'une bonne centaine d'euros en raison d'une nouvelle réglementation, alors même que la maman avait arrêté de travailler en 2002 pour s'occuper à 100 % d'Amandine, laquelle ne possède aucune autonomie.
Pire : après la visite de la représentante de la MDPH, il avait été estimé que Nathalie s'occupait de sa fille 38 heures et… une minute par mois. Une précision dont le cynisme a beaucoup choqué.
Contre une méthode dégradante
Cette affaire boostée par les réseaux sociaux a soulevé de l'indignation au sein de beaucoup de familles concernées par ce problème.
Une pétition signée par 196 personnes, pas restées insensibles au problème de Nathalie, a alors vite circulé. Dans la foulée, un collectif baptisé « Contre les méthodes de la MDPH » s'est même constitué pour soutenir l'action engagée. Ce groupe a, par ailleurs, adressé un courrier aux conseillers généraux siégeant au sein du conseil d'administration de la Maison départementale des personnes handicapées.
Dans cette missive, ces citoyens solidaires et déterminés dénoncent le questionnaire d'évaluation du handicap et « l'atteinte à la dignité que représente le fait de chronométrer chaque fait et gestes de Nathalie dans sa vie quotidienne : brosser les cheveux de sa fille, l'essuyer aux toilettes, lui mouliner son repas la mettre au lit, etc.».
Pour les membres du collectif et signataires, ces nouvelles dispositions du système de compensation du handicap sont indignes d'un pays comme la France. C'est pourquoi ils réclament une enquête afin d'aboutir à l'annulation de cette méthode dégradante.
Leur appel du cœur a aussi été envoyé à Jacques Morlacchi, Renaud Burer et Joëlle Fourreaux, titulaires au conseil d'administration, ainsi qu'à leurs suppléants, Patrick Demorgny, Marie-Madeleine Soigneux et Stéphane Collignon, afin qu'ils « usent de leur influence pour que plus jamais une maman ne se retrouve confrontée à une situation similaire ».
Vendredi, durant la réunion qui se déroulait dans les locaux de la MDPH, avenue De-Gaulle, les amies de Nathalie munies de banderoles - « Le temps, ce n'est pas de l'argent, c'est de la présence à l'autre », « Venez prendre notre place après 38 heures par mois et vous jugerez… », « Justifier le temps pour l'hygiène est une honte… » - ont exprimé leur colère en dénonçant un questionnaire « humiliant » pour la maman et l'enfant.
« Seul un médecin devrait être habilité à évaluer ce type d'indemnité », soulignait une manifestante. Alors qu'Eléonore, seulement 14 ans, se taillait un joli succès d'estime en déclarant : « Pourquoi personne ne compte le temps que maman prend pour moi ? Et pourquoi le fait-on pour les handicapés ? ».
En début de semaine prochaine, le collectif enverra une lettre à Roselyne Bachelot ou… à son successeur.
Affaire à suivre…
Pascal REMY