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"Au bonheur d'Elise"
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19 décembre 2012

L'inclusion scolaire, c'est pas pour demain !

article publié dans l'Express

Dans un article paru hier dans le quotidien « Le Dauphiné Libéré », un fonctionnaire de l’Éducation Nationale s’exprimait sur la scolarisation des enfants autistes.

Je me suis permise de commenter ses réponses, tout en rappelant que, pour le gouvernement, l’inclusion scolaire est une réponse adaptée pour les enfants avec autisme. 

« Le Dauphiné Libéré », 17 décembre 2012

Peut-être que dans ces statistiques il y a mon fils, compté parmi les enfants scolarisés en milieu ordinaire ?  Ben oui, Julien est bien inscrit à une école primaire, sauf qu’il n’y a jamais mis les pieds ! Mais bon, il fallait que je l’inscrive parait-il, pour qu’il puisse suivre les cours du CNED (cours par correspondance). À moins que ce ne soit pour gonfler les chiffres de la scolarisation ? Je ne sais pas.

À propos de scolarisation, je vais décrire son parcours : un « part court » plutôt, qui je pense est dans la moyenne, pas mieux, pas pire qu’un autre enfant autiste.

Il y a 4 ans…

À trois ans, Julien, diagnostic en poche, est scolarisé six heures par semaine en Petite Section, à l’école de quartier. Six heures pour 12h de notification d’Auxiliaire Vie Scolaire (AVS) :

« C’est déjà bien qu’on le prenne 6h par semaine » assénait la directrice lors des réunions scolaires, approuvée en cœur par la maîtresse par toute l’équipe éducative.

Son Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS), rémunérée 12 h/semaine par l’Education Nationale, rentrait chez elle après avoir fait ses 6h/semaine avec Julien.

Interdiction pour nous de lui parler, à part « Bonjour » et « Au revoir », encore un exemple typique de communication mis en place par l’Éducation Nationale (et on se demande qui a réellement des difficultés de communication…)

Réflexions entendues par le personnel de l’Éducation Nationale : « Des enfants comme cela n’ont rien à faire à l’école, leur place est à l’hôpital. » Une petite fille prend la main de Julien pendant une visite scolaire : la maîtresse les sépare : « Ce n’est pas à toi de faire ça mais à l’AVS » lui dit-elle. Julien passe son temps de classe dans le couloir ou dans la cour en compagnie de son AVS.

Interdiction de donner de l’information sur l’autisme à la maîtresse : « L’école est un milieu ordinaire, Julien doit être vu comme un enfant ordinaire » argumente la psychologue de la petite enfance de la ville. Les réunions se terminaient par des larmes pour moi, et par cette phrase de conclusion des intervenants, tous farouchement opposés à la scolarisation : « Dans l’intérêt de Julien »

 

L’année suivante : changement d’école pour le privé, où on pouvait employer nous-mêmes une AVS. Cela s’est un peu mieux passé puisque l’on pouvait communiquer avec l’AVS, mais Julien n’est accepté que 8h/semaine, alors qu’il a le droit à 12h. « C’est déjà pas mal, il se fatigue vite. » dit le personnel de l’école.

En classe cela se passe mieux : l’enseignante essaie d’intégrer Julien au groupe, permet à l’AVS faire des aménagements.

Une petite anecdote quand même : je me fais reprendre fermement par la directrice un jour que j’arrive deux minutes en retard pour récupérer Julien (son AVS étant partie). « Pas d’AVS pas d’école » est toujours le même refrain, même pour deux minutes.

Trois ans passent comme cela, plus ou moins bien, mais avec une bonne volonté des maîtresse à accueillir Julien, qui est apprécié des autres enfants.

Sauf qu’un jour, la directrice me demande « Pourquoi vous ne le mettez pas en institution ? »

 

Game Over

Mars 2012,  dernière  réunion scolaire : la référente, soutenue par la directrice et l’enseignante, me fait clairement comprendre qu’une scolarisation en CP n’est pas envisageable. Ce sont les parents qui décident, ah bon ?

Aucune solution ne m’est proposée. J’ai demandé du coup deux établissements plus ou moins adaptés. Demandes acceptées par la MDPH(Maison Départementale de la Personne Handicapée), mais manque de place, donc Julien ne peut y être accueilli.

Mais alors, qu’est ce qu’il va faire l’année prochaine ? Qu’est ce que l’État, avec toutes ses belles lois, a prévu pour lui ? L’éducation ? Mais c’est quoi ça, un gros mot ?

 

Année scolaire 2012-2013 

J’inscris Julien au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) : je fais cette démarche seule, puisque la référente ne me l’a pas proposé. Il fait le CNED  treize heures par semaine avec une enseignante spécialisée, géniale, que je rémunère (pas d’aide financière là-dessus).

Julien passe l’autre mi-temps dans un centre éducatif que notre association vient de mettre en place (tout est à nos frais)

Si je n’avais rien fait de mon coté, mon fils serait avec moi à la maison, et il n’aurait aucune prise en charge.

Nous payons entre 2000 et 2500€ par mois pour cette prise en charge que l’État ne peut nous fournir.

 

En annexe voici ce qu’il est mentionné dans un arrêt de la cour administrative d’appel de Paris le 11 juillet 2007 :

« L’État a obligation d’offrir aux enfants handicapés dont le handicap justifie qu’ils soient accueillis en établissement spécialisé, une prise en charge éducatrice au moins équivalente, compte tenu de leurs besoins propres, à celle dispensée aux enfants scolarisés en milieu ordinaire. Le manquement à cette obligation qui a pour effet de priver l’enfant de l’éducation appropriée à ses besoins, est constitutif d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État sans que celui-ci ne puisse utilement se prévaloir de l’insuffisance des moyens budgétaires, de la carence d’autres personnes publiques ou privées dans l’offre d’établissements adaptés ou de la circonstance que les allocations sont accordées aux parents d’enfants handicapées pour les aider à assurer leur éducation. »

 

Article L246-1 du CASF :

Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d’une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques.

 Adaptée à l’état et à l’âge de la personne, cette prise en charge peut être d’ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social.

 Il en est de même des personnes atteintes de polyhandicap.

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Commentaires
C
Je me suis permise de publier votre texte sur Facebook. Il est très fort et exprime le parcours de tant de parents.... Malheureusement !!!!!!!!!. Je vous souhaite et surtout à Julien une belle année 2013.
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