Va-t-on pouvoir guérir l'autisme dès la naissance ?
article publié dans La Provence
Marseille / Publié le Jeudi 06/02/2014 à 20H00

Photo F.M.
Yehezkel Ben Ari, fondateur de l’Institut de neurologie de la Méditerranée (Inmed) sur le campus de Marseille Luminy, a de sérieuses pistes pour tenter de répondre à cette question qui taraude les parents des 650 000 enfants atteints d'autisme en France : va-t-on pouvoir guérir de l'autisme dès la naissance ? La communauté scientifique l'a rejoint en publiant un article aujourd'hui dans la revue Science. Son objet ? "Autisme : l'hormone de l'accouchement contrôlerait l'expression du syndrome chez l'animal".
"C’est la première fois qu’une maladie neurologique et psychiatrique est guérie chez une souris par un traitement restreint à l’accouchement. Il n’est donc pas idiot aujourd’hui de dire que si on commence à donner un traitement très tôt pour que les enfants aillent mieux, ça peut marcher", avance l'auteur. dont les recherches démontrent que les taux de chlore dans les neurones de souris atteintes d’autisme sont élevés et le restent de façon anormale dès la naissance.
"Sur le plan comportemental et conceptuel, on ne peut pas comprendre l’autisme sans tenir compte de la séquence maturative, dit encore le chercheur à propos de ses révélations, ce qu’il se passe pendant l’accouchement a des effets à long terme." Le rôle de l’ocytocine dans la baisse du chlore neuronal a également été étudié. Car cette hormone, qui déclenche le travail de la femme enceinte, a des effets protecteurs et analgésiques en cas de complications pendant l’accouchement. Et suggère que les actions naturelles de l’hormone comme celles du diurétique sont cruciales pendant l’accouchement et contrôleraient la pathologie de l’autisme par l’intermédiaire des taux de chlore cellulaires.
"Moi, je suis prêt à parier que si demain on pouvait donner des molécules comme celles-ci, mais sans effets secondaires, très tôt à des bébés dont on pense que peut-être ils seront autistes ou retardés mentaux, on améliorerait beaucoup la situation. À terme, la guérison viendra en combinant des tests comportementaux et des molécules inoffensives. Parce que tout ce que nous espérons un jour, c’est ramener les enfants à l’école", conclut Yehezkel Ben Ari. Ce qui est valable chez la souris le sera-t-il chez l’homme ? Voilà la vraie question, dont la solution sera recherchée à l’Inmed mais aussi, grâce ou à cause de cet article de Science, par les laboratoires qui ne devraient pas tarder à se pencher sur la question.