L'autisme sans réponse

Yazid reste à la maison. Sa maman Aïcha a démissionné de son emploi d’assistante maternelle pour s’occuper de lui. Yazid est autiste, il a terminé sa scolarité en primaire dans une classe de Clis (classe d’intégration scolaire) et devait intégrer un institut médico-éducatif à la rentrée. Sauf que les IME sont saturés et qu’Aïcha n’en a pas trouvé pour son fils.
« L’Éducation nationale acceptait Yazid au collège pour une entrée en 6e. Mais Yazid n’a qu’un niveau scolaire de CE1. De plus, il a besoin d’une assistante de vie scolaire pour l’accompagner, et il n’y en a pas de disponible. J’ai bien demandé à l’accompagner moi-même, mais on me dit que c’est impossible », témoigne la jeune femme.
Le blabla
des discours
L’enfant est donc déscolarisé, au grand désespoir de sa maman : « Je ne veux pas qu’il perde son niveau scolaire. Même si c’est peu, pour lui c’est déjà beaucoup ».
Les parents de Yazid décèlent les premiers symptômes de la maladie quand l’enfant a 18 mois. « Il ne se comportait pas comme les autres enfants, il restait longuement prostré », se souvient Aïcha. Le petit garçon ne commence à parler qu’à l’âge de 7 ans. S’il est habile avec les chiffres, il a des difficultés avec les lettres.
Néanmoins, Aïcha parvient à le scolariser. Mais si l’Éducation nationale a bien créé ces Clis, le passage à l’enseignement secondaire est plus problématique.
« Est-ce que l’Éducation nationale a peur de l’autisme? Yazid n’a aucun droit dans cette affaire. Les discours des politiques sur le handicap ne sont que du blabla, et dire que les enfants handicapés sont acceptés en milieu scolaire est faux: les professeurs ne sont pas formés à cela », s’insurge Aïcha.
« Il n’y a pas assez de structures spécialisées et elles fonctionnent par secteur. L’IME de Bolbec affiche complet. Et je ne peux pas l’inscrire au Trait ou à Fécamp, ne faisant pas partie de leurs secteurs. Certains parents placent leur enfant en Belgique et jusqu’au Canada, faute de places. »
La jeune femme l’avoue : « Je suis à bout de nerfs. L’avenir de Yazid et le mien sont en suspens.»
F. D.
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