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"Au bonheur d'Elise"
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19 janvier 2015

Leurs fils ne peuvent pas être scolarisés normalement : deux mères s'inquiètent

article publié dans La Voix du Nord

Publié le

ANTONIN LE BRIS

Écoliers en grande section à Armentières, Nathan et Imad devraient bénéficier d’auxiliaires de vie scolaire, dont ils ont besoin pour les aider au quotidien. Mais ce n’est pas le cas depuis plusieurs mois. Leurs mères ont bien du mal à se faire entendre pour que la situation évolue.

image voix du nord

Nathan à 6 ans. Imad, 5 ans. Scolarisés en grande section à l’école Anatole-France, les deux petits garçons doivent normalement être épaulés, respectivement quinze et douze heures par semaine, par un auxiliaire de vie scolaire (AVS). Mais depuis plusieurs mois, personne. Leurs mères, « désemparées », se retrouvent au pied du mur. « Nathan est hémiparétique. Il ne peut pas utiliser correctement son bras droit et a du mal à communiquer », explique Catherine Van Litsenborgh. Imad, lui, « n’a pas dit un mot en classe pendant deux ans. Maintenant il reparle, mais il a accumulé du retard et a des problèmes de compréhension », décrit Rachida Abaloun.

Toutes deux ont entrepris des mois plus tôt les démarches nécessaires auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) afin que leurs enfants puissent être accompagnés lorsqu’ils se rendent en cours. « Depuis la rentrée, Nathan a eu deux AVS. Les deux sont tombées malades. Depuis fin novembre, il n’en a plus. Ça s’est fait du jour au lendemain », se désole sa mère. Quant à Imad, alors qu’il a obtenu l’accord de la MDPH en octobre, il n’a pas vu l’ombre d’un auxiliaire.

Alors les deux mamans s’inquiètent. D’autant que l’année prochaine, les garçons doivent entrer en CP. Une année charnière. « Nathan devrait déjà y être. À la rentrée prochaine, si c’est le même problème, comment on fera ? Il va quand même pas redoubler tous les ans ! », s’emporte Catherine. Du côté de l’établissement scolaire, on assure que le problème est connu, et que l’information a été transmise à la hiérarchie. Un troisième enfant se trouve d’ailleurs dans la même situation.

Les deux mères, elles, restent démunies face à l’administration. Et ne savent plus qui interpeller pour que leurs fils puissent se rendre en classe dans de bonnes conditions. « On nous a donné un numéro de téléphone. Ça sonne toujours dans le vide », regrettent-elles. Renseignement pris auprès du service concerné à l’Inspection académique du Nord, il s’avère que les permanences téléphoniques ne sont tenues que les lundis et jeudis matin. Encore faut-il le savoir...

Pour le moment, Nathan et Imad continuent de se rendre en classe. Sans aucune aide. « La maîtresse fait ce qu’elle peut, mais elle est toute seule et a d’autres élèves. Elle ne peut pas se couper en dix ! », reconnaissent Rachida et Christine.

Bonne nouvelle, cette dernière vient tout juste d’apprendre que son fils devrait bénéficier début février d’un AVS. La mère d’Imad, elle, attend toujours. « On m’a dit qu’on me tiendrait au courant, mais quand... »

Un AVS : pour qui, pourquoi ?

Quel est le rôle d’un auxiliaire de vie scolaire ?

L’auxiliaire de vie scolaire (AVS) intervient auprès d’enfants handicapés ou présentant un trouble de santé invalidant. Il accompagne l’élève et l’aide à accomplir les tâches scolaires (activités manuelles, compréhension des consignes, participation aux sorties...).

Qui sont-ils et comment sont-ils recrutés ?

L’auxiliaire de vie scolaire doit être titulaire du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent. Il doit faire acte de candidature auprès du rectorat d’académie, puis se faire recruter par un chef d’établissement. L’embauche se fait sur la base d’un contrat d’un an, renouvelable six fois.

Dans quel cas peut-on bénéficier d’un AVS ?

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, a pour but d’assurer à chaque enfant une scolarisation en milieu ordinaire, continue et adaptée. Les parents doivent se mettre en relation avec la Maison départementale des personnes handicapées qui, après étude de la demande, donne - ou non - son accord. Et fixe un nombre d’heures hebdomadaires durant lesquelles l’enfant peut bénéficier d’un AVS.

En cas d’absence de l’AVS,

que dit la loi ?

Une circulaire du 15 juillet 2004 affirme « qu’en cas d’absence prolongée de l’AVS (maternité ou congés maladies prolongés par exemple), des possibilités de remplacement doivent être prévues ».

La Ville peut-elle venir en aide à ces familles ?

Jean-Michel Monpays, adjoint à l’éducation à Armentières, explique le rôle que peut jouer la municipalité dans de tels cas

« La réponse est très simple : aucun ! Il y a des rôles bien définis en la matière. C’est complètement du ressort de l’Éducation nationale et de la Maison départementale des personnes handicapées, qui agissent en concertation. Les réunions pour décider du projet personnalisé de scolarisation de l’enfant se font dans un cadre scolaire, et à aucun moment on ne demande son avis à la municipalité. Seuls les locaux et la gestion du personnel d’entretien, par exemple, sont du ressort de la Ville. Absolument pas le recrutement des auxiliaires de vie scolaire. Même si des parents nous contactaient, nous ne pourrions pas faire grand chose. »

 

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