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11 mai 2015

A Robert-Debré, on joue à l'IRM pour vaincre la peur de l'examen

Elodie Soulié | 10 Mai 2015, 17h12 | MAJ : 10 Mai 2015, 17h12
  Hôpital Robert-Debré (XIXe), le 29 avril. Avec sa forme de fusée ventrue, son écran d’ordinateur et ses autocollants colorés, ce faux appareil IRM ludique permet aux petits patients de désacraliser l’examen et d’éviter le recours à l’anesthésie et aux sédatifs.
Hôpital Robert-Debré (XIXe), le 29 avril. Avec sa forme de fusée ventrue, son écran d’ordinateur et ses autocollants colorés, ce faux appareil IRM ludique permet aux petits patients de désacraliser l’examen et d’éviter le recours à l’anesthésie et aux sédatifs. (LP/E.S.)

SÉRIE (3/4). L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui regroupe 37 hôpitaux en Ile-de-France, organise une grande opération portes ouvertes le 30 mai.

A cette occasion, nous vous proposons de découvrir en avant-première quelques lieux, activités ou innovations qui y seront présentés.

Même pas peur. Ou plutôt «même plus peur». A quelques minutes de coiffer la charlotte de protection obligatoire, de s’allonger sur le lit mécanique qui coulissera dans le «tunnel» de l’appareil d’Imagerie à résonance magnétique (IRM), Axel, 11 ans, se joue de ses appréhensions. Il vient d’en vivre l’expérience «pour du beurre», immobilité complète et bruit assourdissant compris, dans le simulateur du pôle d’imagerie pédiatrique de l’hôpital Robert-Debré (XIXe). Cette fusée miniature, ventrue comme celles des dessins animés, équipée d’un écran d’ordinateur et bardée d’autocollants des mêmes couleurs que celles qui jalonnent le véritable appareil, est la plus naturelle des armes antistress : c’est un jeu. C’est «L’IRM en Jeu».

C’est ainsi que l’a baptisé son inventeur, chef d’un service de radio pédiatrie de la région lyonnaise. Le Pr Pracros cherchait un moyen d’éviter le recours presque systématique à l’anesthésie générale ou aux sédatifs à haute dose, pour les enfants devant «simplement» passer une IRM. «C’est très lourd pour un examen, or c’est souvent la seule solution, surtout pour les plus jeunes» explique Françoise Bauden, responsable paramédicale du pôle d’imagerie de Robert-Debré. «L’immobilité absolue et sur le dos pendant près d’une demi-heure, cette sorte de cockpit confiné et très bruyant, tout cela est anxiogène... Avec cette machine totalement ludique, le Pr Pracros a trouvé comment familiariser les enfants avec toutes ces contraintes. Et cela profite aussi aux parents ! Leur propre angoisse se transmet toujours aux enfants, or avec ce jeu, ils comprennent mieux, surtout ceux qui ne parlent pas français et donc à qui il nous est plus difficile d’expliquer l’examen».

Moins d’anesthésies... et des économies

Dans les hôpitaux où il est installé, et systématiquement proposé aux enfants de plus de 3 ans, — auparavant l’anesthésie reste la règle en raison de l’immobilité parfaite indispensable —, l’IRM en jeu permet de réduire jusqu’à 90 % des sédations fortes et des anesthésies. A Robert Debré, dont l’IRM reçoit en moyenne 20 patients par jour, dont la moitié de moins de 6 ans, l’appareil installé depuis moins d’un an commence déjà à inverser la courbe, selon le constat mené sur une centaine de passages : presque plus d’anesthésie, un quart de mise sous sédatif. Un gain qui est aussi… économique : une anesthésie générale, c’est environ 500 € et une durée d’hospitalisation plus longue.

 

L’hôpital parisien a pu recevoir son simulateur grâce à l’association Le Petit Monde, qui a offert cet appareil d’environ 25 000 € dont dispose aujourd’hui une petite douzaine d’hôpitaux en France. «On le propose systématiquement pour les IRM sur rendez-vous», précise Nathalie Wernert, cadre de santé dans le service. «On espère bien parvenir progressivement au même résultat qu’à Lyon où ils ne font plus aucune sédation».

Dans son mini-cockpit de plastique, sous l’œil mi-amusé-mi intrigué de sa maman Blandine, Axel se prête volontiers au protocole. Il y est guidé par Nelly, bénévole de l’association Main dans la main, qui intervient dans les services pédiatriques pour divertir les petits hospitalisés. Axel a entré son prénom dans l’ordinateur, coiffé le casque dans lequel il pourra écouter de la musique, et c’est parti pour le tour en fusée. «Je vais te pousser dans le tunnel et te faire entendre de grands bruits», prévient Nelly, qui accompagnera l’enfant jusque dans la salle d’IRM. La simulation dure moins longtemps que l’examen réel, mais en quelques minutes, enregistrement filmé compris, tout est désacralisé. A l’heure du «décryptage», la courbe d’enregistrement a noté les moments où l’enfant a bougé. Pour Axel, garçon curieux et qui sait déjà que «pour l’IRM, il ne faut pas avoir de choses en métal», c’est presque parfait. «Je me demandais comment c’était, en fait je n’ai pas vraiment peur», assure-t-il.

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