Autisme : Je retrouve une vie normale pendant que Zoé est à l'école à Serris déclare Aurélie, 33 ans, de Villenoy
article publié dans Le Parisien
Marion Kremp | Publié le Lundi 21 Sept. 2015, 19h04 | Mis à jour : 19h04
Villenoy, jeudi. Depuis que Zoé, 3 ans, a intégré la classe maternelle pour enfants autistes à Serris, Aurélie sa maman peut à nouveau travailler et retrouver sa fille le soir après l’école. (LP/Marion Kremp.)Dès la porte d’entrée poussée, ce n’est pas un appartement que l’on découvre, mais une classe ! Avec son tableau, ses caisses bariolées remplies de jeux, ses feutres et ses pastels mais surtout ses Pecs (système de communication par échange d’images). C’est grâce à ces pictogrammes que la petite Zoé atteinte d’autisme apprend à communiquer. Un système que cette petite fille de 3 ans utilise désormais aussi à l’école.
Depuis la semaine dernière, Zoé est élève de la classe TED (troubles envahissants du développement) de l’école Robert Doisneau à Serris. « Une chance » pour Aurélie sa maman qui, depuis que sa fille a été diagnostiquée autiste voici un an et demi, a dû réorganiser sa vie. « Depuis que Zoé est entrée à l’école, je retrouve une vie active normale, je peux à nouveau travailler durant la journée », se satisfait la jeune maman qui élève seule sa fille. Avant l’intégration de Zoé à Serris, la journée d’Aurélie était rythmée par les rendez-vous chez l’orthophoniste, la psychomotricienne, l’éducateur sportif… « J’ai dû refuser un poste de gardienne d’immeuble et prendre un emploi d’agent de caisse dans un supermarché seulement le soir et les week-ends pour être disponible pour Zoé », explique-t-elle, désormais soulagée.
À côté d’elle, Zoé enchaîne les allers-retours entre le canapé où trônent ses peluches et la table où elle griffonne un dessin. Le regard souvent ailleurs, la petite s’illumine d’un sourire dès que sa maman s’attable avec elle. « Depuis quelques jours seulement qu’elle va à l’école, Zoé fait des progrès, elle prend le rythme et réussit même à faire des siestes », assure sa maman, ravie.
L’année dernière, Aurélie a tenté trois adaptations dans des écoles maternelles dites « classiques » : « C’est très compliqué lorsque les enseignants ne prennent pas le temps de comprendre et de prendre en compte le handicap de l’enfant. Les enfants autistes ont beaucoup de mal à s’habituer aux locaux et à la collectivité. Une institutrice m’a même dit “Ma classe n’est pas pour elle”, alors qu’avec une autre enseignante Zoé avait beaucoup progressé ! Cela reste un combat de tous les jours de faire accepter l’autisme de Zoé, même au sein de la famille ! »
Fière de voir sa fille aller à l’école « comme tous les enfants », Aurélie espère que Zoé pourra ensuite intégrer un dispositif du même type en élémentaire.