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"Au bonheur d'Elise"
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24 décembre 2015

Une défaillance dans la neurotransmission pourrait expliquer l'autisme, selon Harvard

neurotransmission autisme Harvard

Altération de l’action du GABA (à droite).


 
Pour la première fois au monde, des scientifiques de l’université d’Harvard ont établi un lien entre la défaillance d’un neurotransmetteur spécifique et le comportement autiste. Cette découverte pourrait s’avérer cruciale à la fois pour diagnostiquer, expliquer et traiter l’autisme.

La défaillance dans la neurotransmission du GABA pourrait expliquer l’autisme

Pour aboutir à ce constat une équipe dirigée par Caroline Robertson a utilisé le test de la rivalité binoculaire qui force chacun des yeux à recevoir une image différente, contrairement à la représentation cérébrale de la vision qui est une résultante moyenne des images légèrement différentes d’une même réalité perçues par les deux yeux. Les résultats de ce test lui ont permis d’expliquer que les différences de réaction entre un cerveau normal et celui d’une personne autiste sont liées à une déficience d’une voie de signalisation utilisée par l’un des principaux neurotransmetteurs-inhibiteurs cérébraux, à savoir l’acide gamma-aminobutyrique ou GABA.

De l’autisme animal à l’autisme humain : Harvard a franchi le pas

Jusqu’à présent, la théorie des voies de signalisation GABA pour expliquer des cas d’autisme avait été prouvée chez les animaux. En revanche, chez l’homme, il avait été extrêmement difficile d’attester ce rôle du GABA dans les cas d’autisme jusqu’à cette récente découverte.
 
Par ailleurs, Caroline Robertson fait remarquer que l’autisme est souvent décrit comme un désordre qui affecte le traitement des informations perceptives, celles-ci affluant d’un seul coup au cerveau. Dès lors, la piste du neurotransmetteur-inhibiteur est apparue comme essentielle dans les observations cliniques. D’autant plus que les personnes autistes sont également sujettes à des crises épileptiques, la relation entre épilepsie et autisme étant bien connue. Les scientifiques de Harvard ont alors supposé que les crises épileptiques pouvaient être une forme d’excitation cérébrale échappatoire.
 
La découverte de Caroline Robertson et de son équipe suggère également que des tests visuels analogues pourraient être utilisés pour détecter des symptômes d’autisme chez les jeunes enfants de manière à permettre une prise en charge, voire un traitement précoce par les spécialistes.

Nicklas Pélès de Saint Phalle
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