Noisiel : cette maman cherche à financer une école privée pour handicapés
Noisiel, le 10 février. Stabrak, maman de Syrine, six ans et demi, handicapée mentale veut ouvrir une école pour tous les enfants qui, comme sa fille, ont besoin d’un enseignement adapté. (LP/Gilles Cordillot.)Syrine est une petite fille de six ans et demi, atteinte d’une maladie génétique non diagnostiquée pendant la grossesse de sa maman, Stabrak. Pour qu’elle aille à l’école comme tous les autres enfants, la jeune mère veut ouvrir une école privée hors contrat, pour enfants handicapés.
Elle a créé une association, Learn Hand Progress, et lance une campagne de financement participatif sur le site Ullule. L’objectif : récolter 6 500 € pour acheter du matériel éducatif et pédagogique dans le but d’animer des ateliers. « C’est parce que Syrine n’a pas de place en unité d’inclusion scolaire (Ulis), ni en Institut médico éducatif (IME), que Stabrak veut créer cette école : ce ne sera pas l’école de mon enfant, précise-t-elle, même si Syrine a été le déclencheur, je veux aider d’autres enfants atteints de la même pathologie. »
L’école pourrait ouvrir à Marne-la-Vallée à la rentrée de septembre 2017, et accueillir dans un premier temps 8 enfants de 6 à 14 ans. Les enseignants, un éducateur appliquant la méthode pédagogique Montessori, un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) et un psychologue spécialisé dans les troubles du développement utiliseront la méthode Montessori.
Ils mettront en place des outils de communication comme le makaton (un programme d’aide à la communication à base de la parole, de signes et de pictogrammes). « Je souhaite aussi que des intervenants extérieurs apportent des choses comme la musicothérapie et le sport, souligne Stabrak. Et puis j’envisage un partenariat avec une école ordinaire. »
Les parents participeront au fonctionnement de cette école, mais le financement ne devra pas reposer uniquement sur leurs épaules. Car comme la rappelle Stabrak : « Le handicap conduit bien souvent les familles à la précarité, car comme c’est mon cas, de nombreux parents sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant. »
Mais la maman est déterminée : « On ne subit pas l’avenir, on le fait. »