Un langage révolutionnaire pour communiquer avec les autistes
article publié sur radio Canada
Le jeudi 23 mars 2017
![]() |
| Lise St-Charles, Brigitte Harrisson et Kim Thúy Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande |
Quand on sait comment s'y prendre, il est facile de communiquer avec des personnes autistes. C'est ce que soutiennent Brigitte Harrisson, travailleuse sociale elle-même autiste de haut niveau, et Lise Saint-Charles, spécialiste des troubles du spectre de l'autisme. Ensemble, elles ont inventé un langage écrit conceptuel qui permet aux personnes atteintes de mieux saisir les notions abstraites que leur cerveau a du mal à intégrer. En compagnie de l'auteure Kim Thúy, mère d'un adolescent autiste, elles expliquent à Isabelle Craig que cette découverte a la même importance pour l'autisme que le braille pour les aveugles et le langage des signes pour les personnes sourdes.
« Le cerveau [des personnes autistes], du fait qu'il a des connexions différentes, est visuel. Tout entre par le visuel; tout, souligne Brigitte Harrisson. Tout ce qui n'est pas vu est échappé. Ce n'est pas que ce n'est pas là, c'est que ce n'est pas traité consciemment. Les sensations de faim, de douleur ne sont pas vues. Tout ce qui est froid, chaud. Il y a des autistes qui ont tellement de difficulté à simplement se déplacer dans l'air, qu'on ne voit pas, qu'ils ont de la difficulté à marcher! »
Comme une voiture à transmission manuelle
Pour Lise Saint-Charles, la différence entre le cerveau d'une personne autiste et le cerveau d'une personne non autiste est comparable à celle entre une voiture manuelle et une voiture automatique : « Quand on a une voiture à transmission manuelle, on doit passer de la première à la deuxième et à la troisième vitesse de façon consciente. Ça, c'est le cerveau des personnes autistes. La personne non autiste, elle a comme une voiture à transmission automatique; pas besoin de réfléchir, pas besoin de se poser de questions, tout se fait naturellement », indique-t-elle.
Lumière au bout du tunnel
Kim Thúy avoue beaucoup communiquer avec son fils, Valmont, 15 ans, depuis qu'elle utilise le langage créé par les deux spécialistes. « Je ne savais pas comment bien l'aimer, comment bien l'accompagner. Une fois que l'on comprend le cerveau [des personnes autistes], on peut les aider bien mieux pour rendre leur vie plus facile, et la nôtre aussi. C'est comme si, tout à coup, il y avait une lumière au bout du tunnel. »
