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"Au bonheur d'Elise"
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8 février 2018

Pourquoi les mouvements stéréotypés et répétitifs des autistes sont de petits gestes qu'il faut respecter

article publié dans le Huffingtopost

Mélanie Ouimet Autiste assumée et humaniste dans l'âme
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Laissez aux autistes leurs petits gestes et rituels, même si vous ne trouvez pas ces comportements assez gracieux et convenables.
30/01/2017 07:00 CET | Actualisé 30/01/2017 07:00 CET

Les petits gestes particuliers (maniérisme moteur, gestes stéréotypés et répétitifs sont les termes néfastes couramment utilisés) comme battre des mains, agitation, se balancer, se taper la tête, faire des mouvements complexes avec son corps, tournoyer sur soi-même, ramasser des objets ronds, etc. sont des comportements retrouvés chez plusieurs personnes autistes.

Dans les postulats éducatifs des thérapies comportementales intensives (ICI), ces comportements sont jugés problématiques et les professionnels jugent essentiel de les supprimer. Ces gestes sont souvent très mal vus par la société et spontanément, nous avons la fâcheuse tendance à demander aux personnes autistes de réprimer leurs comportements jugés inacceptables socialement. Mais, peu importe quel comportement inoffensif une personne autiste a, chercher à le limiter, à le refouler ou à l'ignorer est rarement une bonne solution et même à l'inverse, ces interventions peuvent s'avérer néfastes. Récompenser un enfant parce qu'il n'a pas fait son geste particulier est généralement tout aussi dommageable pour lui que le fait de le réprimer.

Ces gestes ont une raison d'être et ils font partie du fonctionnement neurologique de la personne autiste. Il s'agit généralement de leur manière d'exprimer leurs émotions et leurs ressentis. Que ce soit la nervosité, la colère, la frustration, la joie, le bonheur, la tristesse, la honte, l'amour, la gêne, etc. Ces comportements, lorsqu'ils sont sans danger pour la personne autiste ou pour autrui, doivent pouvoir s'extérioriser librement et sans jugement. Toutes tentatives de contrôle est une contrainte à l'expression saine de leurs émotions. Ce qui est refoulé n'est pas seulement le geste, mais également l'émotion présente. Tôt ou tard, il y aura de lourdes conséquences chez la personne autiste.

Nous détruisons la personne autiste à l'intérieur qui en vient à croire qu'elle est monstrueuse, ce qui nuit considérablement à son développement.

Nous essayons d'empêcher ces comportements parce qu'ils sont soi-disant disgracieux, bizarres et marginaux. Nous voulons que la personne autiste soit acceptée dans la société et qu'elle soit à l'abri des regards désapprobateurs et des moqueries. Cependant, nous oublions ici l'essentiel. Le bien-être de la personne autiste et son intégrité. Nous en ferons une personne «visuellement» acceptable de la société, mais sans estime de soi, sans confiance en soi et sans âme. Peu à peu, nous détruisons la personne autiste à l'intérieur qui en vient à croire qu'elle est monstrueuse, ce qui nuit considérablement à son développement.

Plutôt que de limiter et d'empêcher les gestes particuliers d'une personne autiste, nous devrions tenter de les normaliser afin qu'ils soient acceptés par la société. La tolérance s'apprend. Il est possible d'éduquer une société afin que ces gestes ne soient plus mal perçus.

Par ailleurs, comme ces gestes et rituels sont tous porteurs d'un message, plutôt que de les ignorer, il serait judicieux de leur porter attention afin de décoder ce que la personne autiste essaie de nous exprimer. N'hésitons pas à montrer notre enthousiasme face aux joies que nous confient les autistes et à nous montrer empathique aux peines et colères.

Laissez aux autistes leurs petits gestes et rituels, même si vous ne trouvez pas ces comportements assez gracieux et convenables. L'expression d'une émotion n'a pas de forme, ni de convenance, et surtout, lorsque l'émotion a comme racine la joie. C'est dans la spontanéité qu'émerge l'authenticité.

Mélanie Ouimet est la fondatrice du mouvement de La Neurodiversité - L'autisme et les autres formes d'intelligence autistes qui milite en faveur de la reconnaissance positive de l'autisme.

Ce billet est également publié sur la version québécoise du Huffington Post.

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Commentaires
H
Merci j ai pratiqué souvent ce bon sens avec mon fils de 40 ans victime des conséquences lourdes de traitement par neuroleptiques durant 30 ans Affollement, desespoir drame évité de justesse Mais cette pratique lui a ramené petit a petit un épanouissement <br /> <br /> Malheureusement l institution applique ce qu elle veut appliquer sans tenir compte des souhaits spécifiques des parents er surtout des patients entre leurs mains Après la maltraitance des enfants c est maintenant la maltrairance des parents Mais c est un autre sujet Merci pour la présentation du livre je le parcourrai il faut le présenter aux établissements Le pouvoir des pedopsychiatres semble ne plus être trop présent ds l institution mais celui des généralistes non formés à l autisme continue à nuire à nos enfants c est triste le constat!!! Merci pour le partage HannPouvez vous mettre sur face book vos remarques et votre livre et si possible les miennes de ce jour mille mercis
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H
Très bonnes observations pleines de bon sens qui invitent à réfléchir et à reposer la question comment aider les personnes avec autisme si nous voulons tout le temps et à tout bout de champ corriger et chasser leurs stereotypies. <br /> <br /> Il est possible qu en voulant normaliser les gestes omniprésents chez ces personnes et en les qualifiant comme troubles nous sommes en train de rater la construction de la personne autiste ? Si nous prenons le temps pour apprendre d abord la signification de ces gestes qui certainement lies à un besoin plus profond de l être et du bien être Nous ne savons pas respecter les expressions qui sont importants pour ce public Nous devons apprendre à comprendre et abandonnons notre automatisme consistant à normaliser les comportements or nous mêmes durant notre vie nous gardons avec nous pas mal de formes de stéréotypies mais nous savons les dissimuler alors que les personnes avec autisme n ont pas la possibilité de le faire . <br /> <br /> C'est est un sujet intéressant à débat et à intégrer dans les méthodes éducatives au service des personnes avec autisme Merci à Mélanie Ouimet<br /> <br /> <br /> <br /> Hann mère d un adulte autiste
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H
Très bonnes observations pleines de bon sens qui invitent à réfléchir et à reposer la question comment aider les personnes avec autisme si nous voulons tout le temps et à tout bout de champ corriger et chasser leurs stereotypies. <br /> <br /> Il est possible qu en voulant normaliser les gestes omniprésents chez ces personnes et en les qualifiant comme troubles nous sommes en train de rater la construction de la personne autiste ? Si nous prenons le temps pour apprendre d abord la signification de ces gestes qui certainement lies à un besoin plus profond de l être et du bien être Nous ne savons pas respecter les expressions qui sont importants pour ce public Nous devons apprendre à comprendre et abandonnons notre automatisme consistant à normaliser les comportements or nous mêmes durant notre vie nous gardons avec nous pas mal de formes de stéréotypies mais nous savons les dissimuler alors que les personnes avec autisme n ont pas la possibilité de le faire . <br /> <br /> C'est est un sujet intéressant à débat et à intégrer dans les méthodes éducatives au service des personnes avec autisme Merci à Mélanie Ouimet<br /> <br /> <br /> <br /> Hann mère d un adulte autiste
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