"Mon gamin est au bord de la route" : une mère lorraine en grève de la faim alerte sur le handicap de son fils
article publié sur France Bleu
dimanche 23 septembre 2018 à 7:05 - Mis à jour le dimanche 23 septembre 2018 à 7:55
Ce dimanche 23 septembre, la Lorraine Marie-Yvonne Perrin entame son sixième jour de grève de la faim. Son fils de 17 ans est atteint de dyspraxie, c'est-à-dire qu'il est pathologiquement maladroit, mais il ne parvient pas à obtenir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
Après plusieurs demandes, la reconnaissance du statut de travailleur handicapé a été refusée au fils de Marie-Yvonne. © Radio France - Marie Rousssel
Nancy, France
Marie-Yvonne Perrin a perdu cinq kilos depuis le début de sa grève de la faim, lundi 17 septembre. Vous l'avez peut-être croisée à Nancy, rue Saint-Jean, expliquer sa démarche aux passants. "Je me bats pour que mon gamin, qui souffre de dyspraxie, soit reconnu comme travailleur handicapé ".
Depuis sa naissance il y a dix-sept ans, Victorien, le fils de Marie-Yvonne Perrin souffre de dyspraxie. C'est un handicap, reconnu comme tel par l'Organisation mondiale de la santé, mais c'est un handicap "invisible". Tous les gestes du quotidien, comme s'habiller ou se coiffer, sont extrêmement compliqués à réaliser pour le jeune homme. "La dyspraxie c'est un problème gestuel et d'orientation. Il lui faut beaucoup de temps pour écrire deux lignes alors que nous allons mettre quelques minutes. Et après il va être très fatigué", détaille Marie-Yvonne.
Mon fils est très révolté, il se sent abandonné "
Quand il était à l'école, Victorien a eu droit à un accompagnement spécialisé, aidé par une auxiliaire de vie scolaire. Mais dès qu'il a eu seize ans : plus rien. Il est donc désormais très compliqué pour le fils de Marie-Yvonne de s'insérer professionnellement. "Il a trouvé un maître de stage pour un apprentissage en boucherie", raconte la mère de famille. Le problème ? C'est qu'il ne parvient pas à obtenir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. "Mon fils est au bord de la route, il est très révolté, il se sent abandonné."
Leurs démarches ont commencé il y a deux ans. Mais les demandes auprès de la MDPH, la Maison départementale des personnes handicapées de Meurthe-et-Moselle, ont été retoquées. "Nous avons eu un refus de cet organisme, puis nous avons fait appel devant le tribunal. Et le 14 septembre le tribunal a confirmé que le refus était maintenu".
C'est le parcours du combattant"
Toutes ces difficultés ne surprennent pas Marie-Chantal Timbat, bénévole lorraine au sein de l'association Dyspraxique mais Fantastique. Pour monter un dossier, "il faut faire le parcours du combattant" prévient-elle. Dans la liste des spécialistes à rencontrer, il y a l'ORL, l'orthoptiste neurovisuel, l'ergothérapeute, l'orthophoniste, le neuropsychiatre...
L'association se porte aujourd'hui volontaire pour prêter main forte à Marie-Yvonne Perrin dans la constitution d'un nouveau dossier. En attendant, la mère de famille a déjà recueilli plus de 300 signatures sur sa pétition. Elle a également adressé un courrier au président de la République pour l'alerter sur la situation de son fils.
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