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"Au bonheur d'Elise"
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8 février 2018

2018 : l'année de la médiation animale ?

 

2018 : l'année de la médiation animale ? - Fondation Adrienne et Pierre Sommer

De plus en plus nombreux, des philosophes, des journalistes, des juristes se penchent sur le rôle de l'animal dans notre société. Grâce à cet éclairage nouveau, le statut de la médiation animale passe de pratique méconnue à discipline reconnue. Incontestablement, l'intérêt porté aux effets bénéfiques de la relation humain - animal connaît un développement spectaculaire.

https://www.fondation-apsommer.org

 

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5 février 2018

Le Gouvernement lance une grande consultation auprès des personnes en situation de handicap

 

LE GOUVERNEMENT LANCE UNE GRANDE CONSULTATION AUPRÈS DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Le député Adrien Taquet et le conseiller du CESE Jean-François Serres, ont été chargés de mener une mission visant à simplifier le parcours administratif des personnes en situation de handicap.

http://www.aladom.fr

 

5 février 2018

Zéro sans solution : ça bouge depuis le 1er janvier 2018 ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Peut-être 47 000 personnes sans solution d'accueil en France fin 2015 ? Pour enrayer ce problème, le dispositif "Une réponse accompagnée pour tous" est généralisé depuis le 1er janvier 2018. Un colloque réunit tous les acteurs...

Par , le 02-02-2018

Éviter les départs forcés en Belgique ou les maintiens imposés à domicile : un dispositif conçu sous le précédent quinquennat pour offrir, à terme, à chaque personne handicapée une prise en charge adaptée vient d'être généralisé à tout le territoire.

Sur tout le territoire

Ce dispositif baptisé "Une réponse accompagnée pour tous", généralisé à tous les départements depuis le 1er janvier 2018, a été qualifié de "nouveau départ" par Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée du handicap, le 2 février (article en lien ci-dessous) devant les acteurs du secteur, réunis pour une journée d'échanges à Paris. Il s'agit d'une nouvelle organisation, visant à faire travailler plus étroitement services de l'Etat, départements, associations, personnes handicapées et leurs familles, a rappelé Mme Cluzel. Son ambition est d'avoir une offre de prise en charge "qui répond aux besoins" et qui soit "tournée vers le milieu ordinaire chaque fois que possible".

90 départements engagés

Fin 2015, 24 départements pionniers s'étaient engagés dans cette initiative visant à proposer à chaque enfant et adulte handicapé un accompagnement sur mesure. Il avait depuis été progressivement étendu, jusqu'à englober près de 90 départements en 2017. L'élément déclencheur avait été la victoire en justice, en octobre 2013, de la famille d'Amélie Loquet, une jeune femme de 19 ans lourdement handicapée, dont les parents devaient s'occuper à leur domicile depuis un an (article en lien ci-dessous). Le tribunal avait ordonné à l'État de trouver dans les 15 jours un établissement spécialisé adapté à son état.

Zéro sans solution

Le gouvernement avait ensuite chargé le conseiller d'Etat Denis Piveteau de proposer des mesures pour éviter les ruptures de prise en charge. Il avait remis son rapport, intitulé "Zéro sans solution", en juin 2014. Interrogé par l'AFP, Pierre Lagier, vice-président de l'Unapei (personnes handicapées mentales et leurs familles), a porté une appréciation "mitigée" sur la "réponse accompagnée pour tous". Sur le terrain, les solutions d'accueil qui sont trouvées sont en effet souvent "temporaires", a-t-il souligné. "On a beaucoup parlé de la transformation de l'offre médico-sociale", a ajouté M. Lagier. "C'est un dispositif très ambitieux dans les discours et les idées, il faut maintenant une mise en oeuvre effective, qui nécessite qu'on mette les moyens correspondants et que la société se transforme" en parallèle, pour mieux inclure les personnes handicapées.  

Et la Belgique ?

Un rapport parlementaire a chiffré à près de 6 800 (1 451 enfants et plus de 5 300 adultes) le nombre de personnes handicapées accueillies dans des établissements en Belgique en 2015, faute de structures adaptées en France. Fin 2016, leur nombre avait dépassé les 7 000, des enfants et adultes souffrant de handicaps "complexes et lourds", dont une proportion "conséquente" sont atteints d'autisme, selon l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). L'Unapei estimait en outre que plus de 47 000 personnes étaient sans solution d'accueil en France fin 2015. L'enveloppe destinée à la prévention des départs forcés en Belgique a été "doublée en 2018", a déclaré Mme Cluzel. Selon le secrétariat d'Etat, elle est ainsi passée à 30 millions d'euros. Un 4e plan autisme "sera annoncé mi-mars", a ajouté Mme Cluzel.

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

 

5 février 2018

Projet de loi « société de confiance » : ce qui changerait pour le médico-social

article publié sur la Gazette Santé-Social

Social | 02/02/2018

par Nathalie Levray

challenge-confiance-UNEDroits à l’erreur et au contrôle, institutionnalisation du référent unique, droit à rectification de l’usager en cas d’indu sur prestations sociales, expérimentation du baluchonnage, un médiateur pour l’Urssaf, telles sont les mesures du projet de loi "Pour un État au service d’une société de confiance", voté le 30 janvier par les députés. S’y ajoute une amorce de réforme pour le secteur de la petite enfance, qui sera rendue opérationnelle par ordonnances.

© Mbolina-AdobeStock

Les députés ont voté le 30 janvier en première lecture le projet de loi « Pour un État au service d’une société de confiance », avec 405 voix de la majorité LREM-Modem, du groupe UDI-Agir et des socialistes. LR s’est abstenu, alors que la France Insoumise et les communistes ont voté contre (41 contre et 102 abstentions).

Le texte sera débattu au Sénat avant de revenir devant l’Assemblée nationale pour un vote définitif, la procédure accélérée ayant été déclenchée.

Alors que, selon l’étude d’impact, « 20 % des usagers jugent « assez compliquées » ou « très compliquées » les démarches réalisées auprès des services publics », ce projet de loi entend entamer leur modernisation. Le seul mot d’ordre : conseil et accompagnement de l’usager.

Régularisation en cas d’erreur

Un titre alambiqué pour ce texte qui fixe les objectifs de la stratégie nationale d’orientation de l’action publique à horizon 2022 : des rapports loyaux entre usagers et administration, une décentralisation administrative et une réduction des délais (art. 1 et annexe).

La première application de ces trois axes porte sur le droit à l’erreur dans les relations entre public et administration. L’usager pourra ainsi se tromper, une fois, sans être sanctionné. S’il est de bonne foi, ce qu’il est présumé être au premier manquement, il corrigera son erreur, y compris si celle-ci est matérielle, c’est-à-dire involontaire et n’affectant pas le fond de la décision administrative.

Cette correction peut intervenir de façon volontaire ou dans le délai fixé par l’administration pour le faire. En corollaire, la loi formalise le droit au contrôle de l’administration et l’opposabilité, par la personne contrôlée à l’administration, des conclusions expresses d’un contrôle (art. 2).

Un amendement du Gouvernement adopté par les députés complète le dispositif par un nouvel article du code des relations entre le public et l’administration (art. L.114-5-1) qui empêche la suspension de l’instruction d’un dossier de demande d’attribution de droits lorsqu’il manque une pièce non essentielle au dossier (art. 2bis nouveau).

Référent unique

Le mouvement de guichet unique à l’œuvre dans les services publics et les collectivités est consacré. Une expérimentation est ainsi ouverte sur quatre ans pour les administrations, les établissements publics de l’État dont la liste fera l’objet d’un décret et les collectivités territoriales, leurs groupements et les établissements publics locaux, en vue d’institutionnaliser le référent unique dans des procédures et des dispositifs à déterminer (art. 15).

Dans le même ordre d’idée, une expérimentation sur deux ans vise les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Le dispositif de « référent unique » bénéficiera aux porteurs de projets qui déposeront, de façon dématérialisée, leurs demandes de subvention auprès des signataires des contrats de ville.

Une instruction partagée sera organisée et un référent unique suivra le suivi des demandes et coordonnera les services instructeurs. La décision d’attribution sera prise de façon collégiale dans le cadre de l’instance de pilotage du contrat de ville (art. 15ter nouveau).

Droit à rectification

Le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances, dans un délai de dix-huit mois à compter de la promulgation de la loi, toute mesure pour aménager la procédure de recouvrement des indus des prestations sociales et des minima sociaux, y compris les aides au logement.

L’objectif avoué est de la rendre plus lisible et plus protectrice des droits des usagers. Ces derniers pourront ainsi faire valoir, avant tout recours administratif et recouvrement des sommes par l’organisme, leur droit à faire rectifier des informations qui pourraient influer sur le montant des indus notifié par l’organisme, sans faire toutefois obstacle aux délais et procédures en vigueur. Le contenu des notifications serait modifié pour y inclure la possibilité d’exercice de ce droit à rectification et en faciliter la compréhension par les bénéficiaires des aides (art. 18).

Réforme de l’accueil de la petite enfance

En 2014, la capacité théorique d’accueil des enfants de moins de 3 ans par des modes d’accueil formels est de 56,1 places pour 100 enfants de moins de 3 ans (France entière, hors Mayotte). Hors du pur champ de « transformation de l’action publique », les députés ont accueilli une amorce de réforme de l’accueil des jeunes enfants, présentée sous forme d’amendement du Gouvernement. Ils l’autorisent à prendre par ordonnances, dans un délai de dix-huit mois à compter de la publication de la loi, toute mesure pour faciliter l’implantation, le développement et le maintien de modes d’accueil de la petite enfance, selon deux axes : la simplification des normes de création de places d’accueil et la mise en place de dérogations, « justifiées par la spécificité des situations et des enjeux locaux » ainsi que l’installation d’un guichet administratif unique pour les porteurs de projets.

Les décisions de création de places devront rester cohérentes au regard des diagnostics, des schémas, des plans d’action et, plus généralement, de toutes démarches locales de coordination dans le champ des modes d’accueil de la petite enfance.

L’exposé sommaire de l’amendement demande à ce qu’il soit veillé au maintien d’un « haut niveau de qualité concernant les conditions d’accueil des jeunes enfants », à la conformité des mesures au « cadre défini par la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant adoptée par le ministère chargé de la famille au printemps 2017 », à l’exercice du libre choix des parents quant au mode d’accueil de leur enfant.

En outre, les mesures devront bénéficier prioritairement aux territoires sous-dotés et respecter l’équité entre les différents territoires. Elles pourront être expérimentées pendant deux à cinq ans et seront évalués. Elles pourraient limiter la hausse du coût de la place en crèche qui découragerait les collectivités, selon leurs promoteurs.

Relayage à domicile

En 2008, 8,3 millions de personnes aidaient régulièrement au moins un de leurs proches à domicile en raison d’un problème de santé ou d’un handicap, selon l’enquête Handicap-Santé auprès des aidants informels.

En complément de l’offre intermédiaire de structures de répit (accueils de jour, accueils de nuit, garde à domicile, hébergement temporaire, gardes itinérantes de nuit, familles d’accueil à titre onéreux), la loi adopte le principe du baluchonnage, développé au Québec ou en Belgique, en autorisant des dérogations aux protections du droit du travail relatives aux durées maximales quotidienne et hebdomadaire de travail, de jour et de nuit, ainsi qu’à la durée minimale de repos quotidien.

L’expérimentation est ouverte sur trois ans. Les établissements ou services d’accueil des personnes en situation de handicap ou des personnes âgées et les services d’aide à domicile pourront proposer une prestation de suppléance de l’aidant à domicile, le relayage, assurée par un de leurs professionnels sur une période de six jours consécutifs au maximum.

La mise en œuvre de ces prestations est subordonnée à la délivrance d’une autorisation de service d’aide et d’accompagnement à domicile ou d’un agrément spécifiques. Le nombre de journées d’intervention ne peut excéder, pour chaque salarié, un plafond de quatre-vingt-quatorze jours, apprécié par période de douze mois consécutifs. La totalité des heures accomplies par un salarié ne peut excéder un plafond de quarante-huit heures par semaine en moyenne, par période de quatre mois consécutifs (art. 29).

 


 

Un médiateur pour la Sécu

L’Urssaf est dotée d’un médiateur désigné par son directeur. Il peut être saisi par un employeur de toute réclamation sur les cotisations ou contributions de sécurité sociale en cas d’échec d’une première démarche auprès des services concernés. La procédure de médiation suspend, à compter de la notification de recevabilité de la réclamation soumise au médiateur et jusqu’à ce que la date de communication de ses recommandations, les délais de recours et les délais de prescription. Un décret fixera les garanties encadrant l’exercice de la médiation, notamment en matière de formation préalable, de compétences requises, d’indépendance, d’impartialité et de confidentialité dans le traitement des réclamations et dans la formulation de ses recommandations (art. 17).

4 février 2018

La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel veut ouvrir le droit de vote à toutes les personnes handicapées mentales

sophie cluzelINFO LCI - Selon nos informations, la secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées est favorable à la levée de la restriction du droit de vote pour les personnes handicapées mentales. En France, plus de 385.000 majeurs sous tutelle seraient concernés par cette disposition.

Ils sont les derniers Français à avoir obtenu le droit de vote. Depuis 2009 et la modification de l'article 5 du Code électoral, les personnes sous tutelle - dont la grande majorité sont handicapés mentaux ou psychiques - peuvent se rendre aux urnes, sauf avis contraire d'un juge. Auparavant, la situation était inverse : les personnes sous tutelle n'avaient pas le droit de vote sauf exception décidée par le juge. Une avancée considérable, mais loin d'être suffisante pour les associations et le Défenseur des droits.

 Dans un avis rendu en mars 2017, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a réclamé l’abrogation de l’article 5  du Code électoral. "Il est urgent que le handicap intellectuel ou psychique ne soit plus considéré comme un des cas d’incapacité permettant de suspendre le droit de vote", peut-on lire dans l'avis.

 Un avis partagé par le Défenseur des droits qui jugeait cette disposition "discriminatoire et contraire à la Convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH)" en septembre 2016. Une discrimination qui pourrait bientôt disparaître.

Notre législation française ne peut pas d'un côté, affirmer que les personnes handicapées sont des ciyoyens comme les autres et, de l'autre, retirer l'attribut le plus emblématique de la citoyennetéSophie Cluzel

Selon nos informations, la secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, s'est entretenue avec ses homologues à la Justice Nicole Belloubet et à l'Intérieur Gérard Collomb "pour ouvrir le sujet". "Notre législation française ne peut pas, d'un côté affirmer que les personnes handicapées sont des citoyens comme les autres, et, de l'autre, retirer l'attribut le plus emblématique de la citoyenneté", assure la secrétaire d'Etat à LCI, reprenant les termes de la CNCDH.

Aujourd'hui, plus de 385.000 Français seraient concernés par cette disposition, dont entre un quart et un tiers privés de leur droit de vote.

Cela dit, faut-il alors abroger ou amender l'article L5 du Code électoral ? "Ces questions juridiques restent à instruire, nous confie Sophie Cluzel. Je n’ai pas encore la réponse sur le moyen, mais j’ai une vision très claire de l’objectif". En clair, accorder le droit de vote pour toutes les personnes handicapées sans condition.

Une prise de position saluée par la vice-présidente de l'Union des associations de personnes handicapées mentales (Unapei) q "C'est ce que nous revendiquons depuis un certain nombre d'années, assure-t-elle à LCI. Ça va tout à fait dans le bon sens, mais abroger l'article L5 du Code électoral n'est pas suffisant, il faut rendre les programmes électoraux plus accessibles et accompagner les principaux concernés".

Inquiétude des juges d'instance

Dans les colonnes de La Croix, l'Association nationale des juges d'instance (ANJI) estimait en janvier 2017 qu'un "individu présentant un handicap mental lourd risque de voir son suffrage dévoyé".  Des craintes balayées par la secrétaire d'Etat : "Gardons à l’esprit que c’est à ce titre que les femmes ont été privées si longtemps de leur droit de vote. La société inclusive est celle qui reconnaît l’autre, quelles que soient ses différences, comme un être humain, aux mêmes droits universels".

L'ANJI dit aussi craindre une influence du tuteur ou leur auxillaire. "L’influençabilité est par nature un élément de la démocratie", répond d'emblée Sophie Cluzel. "Il faut veiller, au-delà de l’affirmation d’un droit, à nous assurer de son effectivité. Cela passe par l’accompagnement, par des associations et l’accès à une information claire et facile à comprendre".

Accéder plus facilement à l'information

Face à ces problématiques, comment rendre les programmes électoraux plus accessibles ? Le gouvernement, tout d'abord, devra "renforcer l'accessibilité électorale et dématérialiser la propagande", assure Sophie Cluzel. Ensuite, les candidats eux-mêmes qui "doivent venir à la rencontre de ce public et développer une communication en 'facile à lire et à comprendre'", abonde cette dernière.

Les associations et les médias ont aussi leur rôle à jouer. Pour la secrétaire d'Etat, "l’information sur les élections doit, de plus, être disponible et largement diffusée dans des formats accessibles au niveau local et national, pour permettre à tous les citoyens de voter de la façon la plus autonome possible."

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2 février 2018

En direct -> vidéo : Une réponse accompagnée pour tous

 

Direct Vidéo | Une réponse accompagnée pour tous

Journée nationale : les enjeux de la généralisation Vendredi 2 février, Sophie Cluzel Secrétaire d'État auprès du Premier ministre en charge des Personnes handicapées, ouvrira la Journée nationale "Une réponse accompagnée pour tous : les enjeux de la généralisation". Vous pouvez suivre cette journée en direct sur notre site, à partir de 9:30.

http://handicap.gouv.fr

 

1 février 2018

Don de jours de congés aux aidants : vrai besoin, fausse réponse

article publié dans Faire-face

Don de jours de congés aux aidants : vrai besoin, fausse réponse
La loi sur le don de jours de congés introduit de l'inégalité entre aidants selon l'entreprise dans laquelle ils travaillent.

Publié le 1 février 2018

Le Parlement vient d’ouvrir aux aidants de personnes âgées ou handicapées la possibilité de bénéficier de jours de congés donnés par leurs collègues salariés. Une mesurette qui n’est pas à la hauteur des enjeux et substitue la charité à la nécessaire solidarité nationale.

Charité bien ordonnée commence par la loi-même. Le Sénat a ainsi donné son feu vert, mercredi 31 janvier, à la proposition de loi autorisant des salariés à offrir des jours de congés à un collègue s’occupant d’un proche âgé ou handicapé. Le don était déjà autorisé, depuis 2014, aux parents d’enfants gravement malades. Les sénateurs n’ayant pas changé un mot au texte examiné par l’Assemblée nationale, le 7 décembre, cette loi est définitivement adoptée.

 « Sa portée sera limitée. »

« Fière de l’avoir défendue, a tweeté la secrétaire d’État chargé des personnes handicapées, suite au vote. Un pas significatif. Nous devons soutenir les aidants et les préserver ! » L’enthousiasme de Sophie Cluzel contraste avec les réserves des sénateurs, durant les débats.

« Sa portée sera limitée », a ainsi souligné la centriste Jocelyne Guidez (UDI), la rapporteure de la Commission des Affaires sociales. « Nous ne pourrons faire l’économie d’un texte global sur les aidants », a ajouté Philippe Mouiller (Les Républicains).

La générosité individuelle au lieu de la solidarité nationale

Les besoins sont en effet immenses. Ils vont aller aussi en grandissant avec le vieillissement de la population. 8 à 11 millions de Français, en majorité des femmes, aident un proche. Beaucoup s’épuisent à mener de front vie familiale, travail et aide. Le don de jours de congés n’est donc pas à la hauteur des enjeux.

De plus, il fait reposer la solidarité dont ont besoin les aidants sur des initiatives individuelles – la générosité des collègues de travail – et non sur la collectivité nationale. Et il introduit de l’inégalité entre aidants selon l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Les dons sont en effet susceptibles d’être plus faciles dans des sociétés garantissant davantage de jours de congés.

Indemniser le congé de proche aidant

Une autre proposition de loi sera examinée le 18 mars. Elle porte sur le congé de proche aidant qui n’est, aujourd’hui, ni rémunéré ni indemnisé. Son auteur, le député communiste Pierre Dharréville, demande qu’il soit rémunéré 43 € par jour. Un montant identique à celui de l’allocation journalière de présence parentale. Une mesure qui relève là de la solidarité et non de la charité. Franck Seuret

1 février 2018

Proposition de loi : « Il faut reconnaître le travail des aidants. »

article publié dans Faire-Face

Proposition de loi : « Il faut reconnaître le travail des aidants. »
Selon le député communiste Pierre Dharréville, « les personnes aidantes fournissent un travail gratuit, informel, qui vient au mieux en complément, au pire en palliatif, d’une réponse publique pas à la hauteur ».

Publié le 26 janvier 2018

Le député communiste Pierre Dharréville, rapporteur d’une mission sur les aidants, met au jour « l’immensité du travail gratuit » effectué par les 8,3 millions d’aidants en France. Sa proposition de loi préconise notamment d’indemniser le congé de proche aidant à hauteur de 43 € par jour.

Faire Face. Dans les conclusions de votre mission sur les aidants, mercredi 24 janvier à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, vous avez parlé de « situation globale latente de crise ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Pierre Dharréville : Aujourd’hui, une part significative du soutien à l’autonomie repose sur les épaules de proches aidants. Cette solidarité familiale masque les carences de notre société. Or, en France, le recours aux aidants est massif. En 2008, la Drees estimait leur nombre à 8,3 millions : ce chiffre a nécessairement progressé depuis dix ans. Selon certains économistes, leur travail représente de 12 à 16 milliards d’euros, soit de 0,6 à 0,8 % du PIB.   

Ces personnes témoignent elles-mêmes des difficultés croissantes que cela provoque dans leur existence au quotidien. Nous avons aussi des chiffres sur la moindre espérance de vie des personnes aidantes par rapport à celles qui ne le sont pas. Également sur les logiques d’épuisement et d’isolement dans lesquelles elles sont conduites et sur l’ampleur des tâches qu’elles affrontent au quotidien. 

Nous sommes dans une situation qui devient intenable à l’échelle individuelle et collective : il y a une responsabilité sociale qui n’est pas assumée. La société doit donner les moyens aux aidants d’assumer leur rôle. Nous devons donc, et c’était l’ambition de cette mission, avancer vers une reconnaissance sociale du travail des personnes aidantes.

« Le congé du proche aidant doit être indemnisé. »

FF : Que proposez-vous pour mieux accompagner et reconnaître ce travail des aidants ?

P.D : Nous devons mettre en œuvre un statut des aidants, qui leur confère un certains nombre de droits. En effet, trois besoins essentiels doivent être satisfaits. D’abord, un besoin de temps, de ressources et d’accompagnement. Nous devons ensuite permettre à ceux qui travaillent de bénéficier effectivement du congé de proche aidant. Celui-ci doit être indemnisé et adapté aux situations auxquelles ils sont confrontés. Il s’agit enfin de leur garantir un véritable droit au répit.

Cela passe d’abord par un investissement dans des services publics de qualité. Objectif : mieux prendre en charge les aidés, notamment en augmentant le nombre de places d’hébergement temporaire. Un véritable service public de l’autonomie doit être développé pour accompagner les aidants. Le travail matériel et organisationnel qu’ils assument aujourd’hui, c’est autant d’énergie soustraite à la relation humaine. Or, celle-ci est décisive dans le développement de l’autonomie de la personne aidée.

« Le congé du proche aidant doit être attaché à la personne aidée, pas au salarié. »

FF : Quelle va être la suite législative donnée à cette mission ?

P.D : J’ai déposé une proposition de loi (PPL) pour la reconnaissance sociale des aidants qui sera examinée le 8 mars dans la niche parlementaire du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) auquel j’appartiens. Cette PPL préconise de créer un droit à indemnisation du congé de proche aidant. Le montant pourrait être identique à celui de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), soit 43,14 euros par jour.

Cette proposition inscrit aussi un droit opposable de fractionnement de ce congé, sans que l’accord de l’employeur soit nécessaire. Elle propose enfin d’attacher ce congé à chaque personne aidée et non au salarié. Cela permettra de prendre plusieurs congés si on doit aider plusieurs personnes au cours de sa carrière. Enfin, nous proposons d’étendre la majoration de l’assurance vieillesse dont bénéficient les proches aidants de personnes handicapées (1) aux aidants de personnes âgées en perte d’autonomie. – Propos recueillis par Aurélia Sevestre

(1) Faire Face, dans son dossier de mars-avril 2016 sur les aidants, y a consacré un article.

1 février 2018

Cluzel : le milieu ordinaire doit être la norme pour tous

article publié suru Handicap.fr

Résumé : Emploi et handicap "aux rapports" en ce début 2018. Des bilans pas vraiment tendres pour une politique qui, depuis 30 ans, peine à produire ses effets. Quelles sont les priorités de Sophie Cluzel dans ce domaine ? Au travail !

Par , le 01-02-2018

Handicap.fr : Lors de vos vœux devant le CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées), le 18 janvier 2018, parmi les nombreux chantiers en cours en matière de handicap, vous avez souhaité distinguer deux thèmes prioritaires : l'école mais aussi l'emploi… Pour quelle raison ?
Sophie Cluzel : Oui, en effet, j'ai évoqué l'entreprise inclusive. Parce qu'il devient urgent de refondre la politique de l'emploi, encore trop cloisonnée. Pour cela, il faut rendre les employeurs acteurs. La stratégie de notre secrétariat d'État est d'impliquer le terrain et de s'inspirer des expériences réussies. Je travaille en étroite collaboration avec la ministre du Travail, avec plusieurs objectifs, notamment améliorer l'accès aux offres de service des acteurs de l'emploi et mobiliser les leviers de la formation et ceux de l'apprentissage. Plusieurs rapports ont récemment été publiés qui ouvrent de nombreuses pistes pour plus d'efficacité.

H.fr : Ces rapports ne sont pourtant pas tendres avec les deux fonds dédiés à l'emploi des personnes handicapées (Fiphfp et Agefiph). Le premier à avoir été rendu public est celui de la Cour des comptes.
SC : Il incite à ne pas limiter la réflexion au fonctionnement des structures et à remettre à plat l'ensemble du dispositif, ses objectifs et les besoins. Je souscris pleinement à cette approche, cela fait trente ans que le système n'a pas été remis en question, il est temps de le faire. C'est pour cette raison que je vais lancer une concertation avec les entreprises et les personnes handicapées. Nous allons également mener des expérimentations, dès avril 2018, avec Pôle emploi sur 8 régions et une vingtaine d'agences pour enrichir l'offre de services tant pour les personnes que les employeurs. Ses conclusions viendront alimenter les propositions concrètes du gouvernement sur l'obligation d'emploi et la contribution.

H.fr : Son constat est pourtant sans appel…
SC : Il est factuel et on ne peut que le partager ; les résultats de cette politique sont insuffisants. La Cour pointe le fait que la politique d'intervention, tant de l'Agefiph que du Fiphfp, ne repose pas, en réalité, sur une analyse des besoins des personnes. Il faut renverser ce paradigme. On ne mène pas une politique de l'emploi à partir des seules ressources ; la mise en œuvre des prestations est au service de la politique de l'emploi et pas l'inverse.

H.fr : Il critique également le principe même du quota…
SC : Pas tout à fait. La Cour des comptes ne remet pas en cause le principe du quota mais pointe les difficultés de son calcul et son contrôle. Il ne faut pas tout renier, la politique du quota de 6% a insufflé une culture du handicap dans les entreprises, notamment avec la création de nombreuses missions dédiées. Mais il est vrai que, trente ans après sa mise en place, les entreprises peinent encore à atteindre 3,5%. Ce système reste incitatif mais n'a peut-être pas été correctement accompagné jusqu'à présent. Ma conviction, c'est qu'il ne faut pas le supprimer mais simplifier le mode de calcul afin de privilégier davantage l'emploi direct des personnes handicapées. Nous discuterons avec les branches professionnelles et certaines filières sous tension qui pourraient être moteurs afin de faire plus et mieux, notamment dans certains bassins d'emploi.

H.fr : Quelques jours plus tard, c'est au tour de l'Igas et de l'Igf (Inspections générales des affaires sociales et des finances) de rendre leur copie. Cette fois-ci, la douche est un peu moins froide mais le bilan toujours mitigé.
SC : En effet, leurs observations sont plus nuancées mais chacun est dans son rôle. Il y a pourtant un constat partagé : nous pouvons mieux faire. Depuis que ces rapports ont été publiés, je suis malgré tout surprise des réactions très positives de la part d'entreprises qui veulent témoigner de la façon dont elles ont recruté des travailleurs handicapés et comment cela a changé leur vision des choses. Nous envisageons d'ailleurs une plateforme pour recueillir ces contributions.

H.fr : Ce rapport évoque également, à la place ou en complément des contributions prélevées sur les entreprises qui n'embauchent pas suffisamment de personnes handicapées, un prélèvement sur la masse salariale, pour tous… Est-ce une option envisageable, voire déjà envisagée ?
SC : Toutes les propositions formulées dans le rapport sont à étudier et feront l'objet d'études d'impact pour aider à faire les bons choix pour une politique d'emploi plus moderne et inclusive.

H.fr : La mission de simplification de la DOETH (Déclaration obligatoire d'emploi des travailleurs handicapés) est en cours. C'était nécessaire ?
SC : Oui, il faut bien avouer que cette déclaration est un cauchemar pour les entreprises. 85 items à remplir ! Il faut parfois une personne rien que pour cela dans certaines missions handicap. À partir du 1er janvier 2020, cette déclaration sera intégrée à la Déclaration sociale nominative (DSN). Avec également l'objectif de promouvoir l'emploi direct, revoir les minorations et déductions ainsi que la sous-traitance qu'il s'agirait de valoriser autrement.

H.fr : Ces rapports vont-ils nourrir les décisions du gouvernement ?
SC : Oui, tout comme celui de messieurs Taquet et Serres sur la simplification des démarches administratives des personnes handicapées qui devrait être rendu en mars ou avril 2018. Ou celui de Dominique Gillot qui, outre le soutien à l'emploi des aidants et l'optimisation des parcours des personnes, doit interroger la chaîne d'intervention de l'ensemble des acteurs qui concourent à l'accompagnement vers et dans l'emploi des personnes. Tout comme celui du groupe sénatorial qui va étudier le financement de la prise en charge des personnes handicapées avec des propositions concrètes avant l'été. Nous aurons alors toute une palette d'éléments factuels.

H.fr : Il y a aussi le rapport de Jean-Marc Borello, consacré à la réforme de l'emploi, remis lui aussi en janvier 2018…
SC : Oui et les personnes handicapées en font franchement partie. Son accroche, est « Nul n'est inemployable » mais je dis plutôt : « Tout le monde est employable ». La problématique de la formation et de l'accompagnement irrigue tout ce rapport. Il s'appuie sur le fléchage des contrats aidés avec la notion d'employeur-abilité, c'est-à-dire faire la preuve que ces contrats subventionnés sont bien utilisés  (ndlr : les entreprises privées en sont exclues). Il propose surtout d'inscrire les travailleurs handicapés dans le droit commun.

H.fr : Le rapport Borello parle de la création un « Fonds d'inclusion dans l'emploi ». Quel objectif ?
SC : Il sera destiné à toutes les personnes éloignées de l'emploi. Via la formation, il permettrait d'améliorer leur employabilité et leurs compétences.

H.fr : En 2018, quelques priorités en matière d'emploi ?
SC : Mieux accompagner la transition entre l'école et le milieu professionnel via plus de passerelles ; pour cela, je souhaite davantage mobiliser l'apprentissage car c'est un outil de transition qui sécurise l'accès à l'emploi. Il sera inscrit dans la future loi sur l'apprentissage que prépare Muriel Pénicaud (ministre du Travail). Mais aussi faciliter l'embauche et le maintien dans les PME et TPE (moyennes et très petites entreprises) qui ne sont pas ou mal accompagnées. Ces employeurs sont souvent démunis et il devient nécessaire de former des personnes ressources. L'objectif, in fine, étant de réduire l'écart de chômage avec les personnes valides.

H.fr : Une place pour le dispositif d'emploi accompagné ?
SC : Oui, je serai très vigilante pour que cet outil produise ses effets, et ce dès l'âge de 16 ans. Nous en avons besoin pour accompagner les travailleurs d'Esat qui le désirent vers le milieu ordinaire. Le milieu ordinaire doit être la norme pour tous ; on a perdu assez de temps.

 

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31 janvier 2018

"Et si le Québec venait nous conter l'autisme..."

 

Conférence "Et si le Québec venait nous conter l'autisme..."

Mieux comprendre l'autisme. Expertise et approche bienveillante de nos amis Québécois. Conférence animée par Caroline LEBEAU

https://www.helloasso.com

 

31 janvier 2018

Connaissez-vous le CDCA du Val-de-Marne ?

 

Le CDCA : une nouvelle instance de démocratie locale au service des personnes âgées et des personnes handicapées

Ce lundi 13 novembre à Créteil se tient la 1ère réunion du Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l'Autonomie (CDCA). Cette nouvelle instance de démocratie locale est au service des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

https://www.valdemarne.fr

 

30 janvier 2018

L'inclusion des personnes en situation de handicap : une réalité ou un idéal ?

Etude UFAPEC décembre 2017 par A. Pierard

26.17/ET2 - L'inclusion des personnes en situation de handicap : une réalité ou un idéal ?

 

Un jour il [Farid, jeune homme paraplégique] m’a dit : ‘’Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent la première fois, tu n’es rien d’autre qu’un handicapé. Tu n’as pas d’histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s’ils prennent un peu de temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l’humour, si tu es dépressif… Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s’ajoute à ton statut d’handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois…’’ J’ai trouvé ça intéressant et très utile pour la suite. Pour ceux qui n’ont pas l’habitude de le côtoyer, le statut d’handicapé (surtout en fauteuil roulant) est tellement marquant (effrayant, dérangeant) qu’il masque complètement l’être humain qui existe derrière. On peut pourtant croiser chez les personnes handicapées le même genre de personnalités qu’ailleurs : un timide, une grande gueule, un mec sympa ou un gros con. J’ai d’ailleurs rencontré dans mon centre de rééducation un bel échantillon représentatif de cette diversité… 

Grand Corps Malade

 

Introduction

Nous vivons dans une société de plus en plus ouverte à la différence et tentant de permettre à chacun d’y trouver sa place. Il y a déjà eu une réelle évolution en matière d’inclusion des personnes en situation de handicap entre autres grâce aux lois adoptées (décret intégration scolaire, convention ONU, etc.), mais aussi à l’action d’associations et de parents mobilisés.

L’inclusion sociale et le sentiment d’appartenance ne semblent pas encore atteints pour tous. Dans la réalité, les personnes en situation de handicap ne sont pas toutes intégrées de la même manière (scolarité, travail, activités de loisirs, etc.), certaines familles se sentent lésées et en demandent plus. Il y a encore du chemin à faire…

On remarque facilement une différence d’acceptation et d’intégration selon les handicaps. Les handicaps visibles peuvent être plus facilement acceptés, car on voit la différence de l’autre, elle est marquée (chaise roulante, canne blanche, appareils auditifs, etc.) et il est plus aisé de savoir quoi mettre en place pour aider ces personnes. Les handicaps invisibles (handicap mental, maladies invalidantes, troubles d’apprentissage, etc.) posent des questions, car la différence n’est pas toujours perceptible, ces personnes peuvent donner l’impression de ne pas avoir de déficience. Cela pose la question de savoir par rapport à quoi est défini le handicap, quelle est la « normalité ». Quel regard porte notre société sur le handicap ? Qu’est ce qui est socialement acceptable ? Quelle acceptation de l’autre selon son handicap ? Quelle place est donnée aux personnes en situation de handicap par nos conceptions de la « normalité » et de la différence ?

Même si notre société évolue dans le sens de l’inclusion, il faut admettre que le handicap (qu’il soit visible ou non) est parfois difficilement accepté et peut devenir source de moquerie. La rencontre du handicap peut générer de la peur, du dégout, un malaise, de l’incompréhension, une suspicion d’incompétence ou de mauvaise volonté dans le chef de la personne en situation de handicap.

L’inclusion ne concerne pas seulement les personnes en situation de handicap, mais touche notre société dans son ensemble. Il s’agit d’une ouverture et d’un accueil de la différence sous toute ses formes (culturelle, confessionnelle, politique, etc.). Il s’agit de défendre, promouvoir et assurer les principes de respect de l’autre, d’égalité et de non-discrimination, afin de permettre à chacun de trouver sa place dans le groupe. Ces enjeux sont essentiels dans toute société démocratique.

En matière d’inclusion des personnes en situation de handicap, sujet sur lequel se centre cette étude, notre société ne semble pas adaptée à tous (accès aux formations et à l’emploi, accessibilité des bâtiments, etc.). Quelles adaptations sont possibles pour dépasser le handicap ? Que faut-il mettre en place pour faciliter l’inclusion des personnes en situation de handicap ?

L’inclusion, est-ce un réel changement conceptuel et de nouvelles perspectives d’actions dans le monde du handicap ? S’agit-il plutôt d’un phénomène de mode, d’une illusion, du renforcement d’un langage politiquement correct ?

Le sujet nous interpelle depuis plusieurs années à l’UFAPEC et nous avons choisi de nous pencher sur ces questions en allant à la rencontre de personnes concernées (parents, directeurs d’écoles, membres d’associations spécifiques du monde du handicap). Tout au long de cette étude, plusieurs de ces personnes livreront leurs témoignages.

Il nous semblait logique et inévitable de pointer plus particulièrement la question de l’inclusion scolaire. Depuis huit ans, l’intégration scolaire bénéficie d’un cadre décrétal pour tous les élèves à besoins spécifiques. D’autres évolutions du système scolaire permettent une meilleure inclusion : aménagements, classes inclusives, formations spécifiques, pôles territoriaux de soutien à l’intégration et aux aménagements raisonnables, etc. On se dirige de plus en plus vers un système scolaire inclusif et le Pacte pour un enseignement d’excellence poursuit cette logique. Notre système est-il totalement inclusif ou doit-il encore évoluer ? Comment l’inclusion scolaire est-elle possible ?

Dans la première partie de cette étude, nous présentons le cadre légal en vigueur. Nous nous penchons ensuite sur les définitions du handicap, de l’intégration et de l’inclusion (il y a en effet des nuances entre ces deux termes) et les spécificités de notre système scolaire en matière d’accueil des élèves en situation de handicap. Après avoir fait le point sur l’évolution des représentations et de la place des personnes en situation de handicap dans notre société, nous verrons quel est le regard actuel sur la question et quelles actions inclusives sont mises en place. Nous nous attarderons plus précisément sur l’évolution de notre système scolaire en matière d’inclusion des élèves à besoins spécifiques et du rôle de l’enseignement spécialisé dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence. Enfin, nous terminerons en émettant une série de pistes pour une école et une société plus inclusives. 

Télécharger l'étude complète (64 p.) ci-contre Télécharger le document

 

Alice Pierard

30 janvier 2018

Iman Chair : « Mia », un court métrage émouvant sur les migrants (Entretien)

 

 


Écrit par Khadija Alaoui

Négociatrice commerciale internationale reconvertie en photographe, Iman Chair entreprend depuis quelques années des actions artistiques diverses pour sensibiliser sur le thème de l’autisme de manière positive et colorée : expo-photos, conférences, des courts-métrages, etc. Son dernier court métrage, intitulé “Mia” évoque la différence et le sort des migrants.

 

Quel message cherchez-vous à véhiculer à travers votre dernier court métrage « Mia” ?
« Mia », mon troisième court-métrage, aborde une thématique qui me tient beaucoup à coeur, celle du sort réservé aux migrants. C’est une manière pour moi de montrer que l’autisme n’est pas le seul sujet qui m’obsède. En effet, ces dernières années, je les ai consacrées passionnément à l’autisme et je continue toujours d’ailleurs à le faire. Néanmoins, il y a beaucoup d autres sujets qui m’interpellent et m’intéressent.
« Mia » est une fiction expérimentale qui fait appel à notre logique humaine et qui nous pousse à réfléchir sur la problématique des traversées clandestines, sur les naufragés des pateras, sur le racisme, sur l’enfance.

Vos courts métrages “Le chapeau mauve” ou encore “L’Atiste” ont pour idée sous-jacente l’autisme et la différence. Quelle a été la genèse de ces films ?
Au fil des années, j’ai découvert une autre facette de l’autisme qui est belle et colorée. Je me suis sentie investie alors d’une mission, celle de sensibiliser sur l’autisme. Et cette sensibilisation se devait s’effectuer par le biais artistique car, le message dans ce cas ne peut être que percutant et mieux reçu. Cela a donné naissance à une série d’actions.
Le point de départ fut mon expo-photos itinérante intitulée Autisme en couleurs avec une volonté de gommer les préjugés : les photographies d’enfants autistes que j’ai prises avec l’accord des parents concernés étaient chargées d’espoir et de vie. Ont suivi par la suite les deux court-métrages L’Atiste et Le Chapeau Mauve.
L’Atiste, mon premier film, est autobiographique. C’est un clin-d’œil à mon histoire, celle d’une mère qui découvre que son fils est autiste. Le synopsis est le suivant : notre vision des choses oriente souvent notre vie et ceci s’applique aussi au domaine du « handicap ». Ce qui semble être un problème pour certains peut être une force et une capacité pour d’autres. Il suffit d’être curieux et de chercher le beau.
Dans Le Chapeau Mauve, l’héroïne est aspie, ses sens sont toujours en éveil et sont d’une acuité exceptionnelle (aspie étant l’abréviation du Syndrome d’Asperger, une forme d’autisme qui n’est pas forcément visible au premier abord).

De négociatrice en commerce international, vous êtes devenue artiste. Quel a été le déclic pour ce changement de carrière ?
J’ai rapidement compris que pour mieux cerner l’autisme de mon fils, il fallait que je l’observe à tout instant. Et pour cela, il fallait que je sois disponible et presque sans cesse à ses côtés. Abandonner mon métier de négociatrice était donc une évidence, une urgence et apprivoiser ce monde de l’autisme restait ma priorité.
En sondant et explorant son autisme, je me suis rendue compte que j’étais emportée par un tourbillon de couleurs, qu’il n y avait presque plus de frontière entre art et autisme et que je faisais aussi partie quelque part de cet univers là . Mon âme d’artiste s’est révélée !

 

Maman d’un enfant autiste, vous avez réussi le pari qu’il soit non seulement bien intégré dans la société mais qu’il devienne un artiste reconnu. Quel est votre secret ?

En ayant un enfant différent, ma vision du monde a totalement changé… Pour mieux avancer, j’ai fait fi de certains codes de la société (dédramatiser sa déscolarisation par exemple, oublier les diplômes dont les parents rêvent pour leurs enfants) et c’était plus simple ainsi.
Je me suis également beaucoup documenté tout en faisant appel à mon intuition de mère. De plus, régnait à la maison une atmosphère artistique, ceci a sûrement rendu les choses plus faciles (un papa qui joue au piano, moi qui chante et qui fait de la photo).
PIPOYE (pseudonyme artistique de mon fils) a absorbé la musique et des couleurs durant toute son enfance. Aujourd’hui, à 20 ans, il est peintre digital reconnu à l’échelle internationale.

 


Avec son art, est née l’enseigne « Pipoye Design ». Ses réalisations digitales se retrouvent sur différentes plateformes, elle ne s’exhibent pas que sur des murs, figées sur des toiles et tableaux immobiles, elles vivent avec les plateformes de jeu qui les abritent ; plateformes de jeu qui sont aussi diversifiées et vastes que l’est l’imagination de leur auteur : mobilier de maison (tables basses), tablettes numériques, cartes, cahiers, tee shirts , badges, magnets …
Et cette histoire, nous la partageons souvent lors de conférences et de colloques ici et à l’étranger.

Quelles ont été les difficultés rencontrées  pour accompagner votre fils autiste ?
L’autisme reste méconnu dans le monde. Et au Maroc, il y a dix ans, il était encore plus méconnu, tout était réduit au terme d’incapacité, de maladie, de handicap lourd , le diagnostic était en plus difficile. On ne pouvait être qu’ égaré, désorienté, incompris et livré à soi-même. La déscolarisation de l’enfant était systématique.
Les choses ont un peu progressé …


30 janvier 2018

Établissements pour personnes handicapées : Sophie Cluzel veut « désinstitutionnaliser »

article publié sur Faire-Face

Établissements pour personnes handicapées : Sophie Cluzel veut « désinstitutionnaliser »
Sophie Cluzel : « La Suède, depuis très longtemps, n'a pas voulu mettre d'argent dans des établissements, dans des institutions, payer des murs. Non, elle préfère compenser directement la personne. »
Publié le 29 janvier 2018

La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées veut que les établissements accueillant des personnes handicapées se transforment. Objectif : les aider à vivre comme tout le monde, hors les murs. Elle l’a répété sur Arte, dans le magazine Vox Pop.

C’est une petite musique que Sophie Cluzel fait entendre régulièrement. Dernièrement encore dans l’émission d’Arte, Vox Pop, diffusée samedi 27 janvier et visionnable jusqu’au 28 mars 2018 sur Internet.

« Il faut qu’on transforme notre offre médico-sociale, assure la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. Il faut qu’on désinstitutionnalise en accompagnant. » Car « les personnes handicapées veulent une émancipation sociale. Elles veulent vivre comme les autres. »

Prendre exemple sur la Suède

Vox Pop étant un magazine européen, elle a commenté le cas de la Suède. « La Suède, depuis très longtemps, n’a pas voulu mettre d’argent dans des établissements, dans des institutions, payer des murs. Non, elle préfère compenser directement la personne, ce qui fait que cette personne est incluse depuis très longtemps. »

Cette déclaration fait ainsi écho à l’interview accordée au quotidien La Montagne, en décembre. « L’objectif de ma mission, ce n’est pas plus de moyens, c’est des moyens positionnés différemment, avec un déplacement du centre de gravité, expliquait-elle alors. (…) Il faut arrêter de financer, par exemple, des murs qui coûtent très cher et financer des services d’accompagnement. »

Une évolution nécessaire demandée par l’Onu

Un pas vers la désinstitutionnalisation, chère à la rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées. À l’issue de son séjour d’étude en France, en octobre 2017, Catalina Devandas-Aguilara avait engagé l’État à adopter un plan pour fermer progressivement tous les établissements existants. On n’en est pas encore là mais l’idée progresse. Franck Seuret

Le journaliste et présentateur John Paul Lepers.

 


 

Des formules maladroites

« Comment doit-on changer notre regard ? », interroge John Paul Lepers. Le journaliste et présentateur de Vox Pop a visiblement besoin de conseils. 80 millions d’Européens « souffrent d’un handicap », explique-t-il maladroitement au début de la séquence. « Un de vos enfants est victime de trisomie 21 », poursuit-il , pour parler de la fille de Sophie Cluzel, qui le reprend.

L’interview ne lui aura pas suffi à « changer de regard ».  Au sortir du ministère, John Paul Lepers « embrasse les chers européens et européennes et ce soir, spécialement les familles des personnes handicapées ». Par solidarité avec ces proches de “victimes souffrantes” ?

30 janvier 2018

Handicap: chaque ministère a son haut fonctionnaire dédié

article publié sur handicap.fr

Résumé : Chaque ministère a désormais un haut fonctionnaire dédié au handicap qui a la charge de définir et mettre en œuvre cette politique. La liste a été dévoilée le 29 janvier 2018. Pour agir plus efficacement sur tous les champs.

Par , le 30-01-2018

La liste devait être dévoilée avant le 10 novembre 2017 mais les nominations avaient pris du retard. C'est désormais chose faite. La secrétaire d'État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a installé le 29 janvier 2018 "un réseau de hauts fonctionnaires" qui seront placés au sein de chaque ministère ou de chaque secrétariat d'État et chargés du handicap et de l'inclusion (liste en lien ci-dessous).

Autorité et compétence reconnues

Cette mesure, annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe lors du Comité interministériel du handicap en septembre 2017, vise "un devoir d'impulsion et d'exemplarité" de l'administration dans ce domaine, selon une circulaire du Premier ministre du 23 octobre (article en lien ci-dessous). Dans cette circulaire, M. Philippe demandait à tous les ministres et secrétaires d'État de désigner un haut fonctionnaire qui serait chargé "de définir et de mettre en oeuvre la politique" de chaque ministère "en matière d'accessibilité universelle et de handicap". "Vous privilégierez, pour l'exercice de cette mission, les fonctionnaires dont l'autorité et la compétence seront reconnues, et notamment les membres relevant des corps d'inspection", précisait le Premier ministre.

Investir tous les champs

Les hauts fonctionnaires désignés devront veiller "en particulier à la mise en place et au suivi d'indicateurs d'inclusion précis" et seront "garants de la prise en compte de la question du handicap dans la préparation des textes législatifs et réglementaires", notamment de la réalisation "systématique" d'une "fiche diagnostic-handicap" pour tout projet de loi, selon la circulaire. Ces hauts fonctionnaires "seront les interlocuteurs, les leviers, les vecteurs d'une politique interministérielle commune", a souligné le secrétariat d'État chargé des Personnes handicapées. "Pour agir efficacement sur le quotidien des personnes, il nous faut investir l'ensemble des champs de l'école, de l'emploi, du logement, de la santé, de l'accessibilité de la ville et des transports, de l'accès aux sports, à la culture et aux loisirs", a-t-il ajouté.

Réaction !

Matthieu Annereau, président de l'APHPP (association qui, réunissant notamment des élus, a pour objectif de faire bouger les politiques dans le domaine du handicap), a réagi à cette mesure : "Pour agir de manière inclusive et surtout en amont des préparations de loi la nécéssité d'un référent handicap, inclusion et accessibilité au sein de chaque ministère est nécessaire et est une réelle avancée. Toutefois, aussi technique soit la mission pourquoi la confier exlusivement à des Hauts Fonctionnaires ? Pourquoi ne pas en profiter pour ouvrir les ministères aux experts du monde du handicap et aux personnes handicapées elles mêmes ?". Et de conclure qu'il "n'est plus acceptable que, tout comme l'entreprise, la politique continue à se priver de talents et de chances".
 

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30 janvier 2018

Handicap. Elle se bat pour un AVS

Publié le 26 janvier 2018 à 00h00 Modifié le 26 janvier 2018 à 05h22
Betty Perron entourée de ses enfants Erwan, 11 ans, Lilou, 5 ans, et la petite Joy, 3 ans.

Betty Perron a dû démissionner de son poste pour servir d'auxiliaire de vie scolaire (AVS) à sa petite Joy, atteinte de trisomie 21. Un handicap à 80% qui, pour l'heure, n'est pas reconnu prioritaire par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Joy, 3 ans, est pleine de vie. Souriante et facile à vivre. Sa seule différence : ce fameux chromosome de trop qui implique qu'elle n'aura pas une scolarité comme les autres. Trisomie 21, le couperet est tombé à sa naissance.

« Malgré les échographies et prises de sang, elle est passée au travers des tests de dépistage, rapporte sa maman, Betty. J'ai appris que ce n'est pas si rare : 1 cas sur 700 en France », explique celle qui connaît bien l'univers du handicap puisqu'elle était AES (Accompagnant éducatif et social) à l'Adapei de Plouisy.

Demandes « prématurées »

Pour l'école, Betty et Régis Perron, qui habitent à Plounévez-Moëdec, ont pris les devants et demandé, dès le mois de juillet, une aide humaine à l'inclusion scolaire, à savoir un auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour accompagner Joy en maternelle, sachant qu'elle était déjà socialisée en crèche à Plouaret. En attendant la réponse, Betty démarre l'adaptation de sa fille à l'école, à Plounérin, en septembre, « sachant que Joy ne parle pas et porte encore des couches ».

Mais la réponse de la Maison départementale des personnes handicapées des Côtes-d'Armor (MDPH) arrive le 3 octobre, négative. Elle argue que la demande est prématurée, réclamant un bilan scolaire de trois mois de scolarisation. Avec le soutien de l'école et de l'enseignant référent qui ne comprend pas le rejet, Betty recontacte la MDPH pour solliciter une commission d'urgence. Réponse le 16 janvier : « Une aide ne se justifie pas, compte tenu du jeune âge de votre enfant. Il convient de lui laisser le temps de grandir, de mûrir ».

Pensant à l'avenir, la jeune mère a aussi fait une demande d'IME (Institut médico-éducatif), « car, en grandissant, je sais qu'une école ordinaire ne pourra pas accueillir Joy. Pour obtenir une place, il y a cinq à huit ans d'attente, il faut donc faire la demande très tôt ». Même rejet de la part de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui juge la demande prématurée.

Du côté de la MDPH, on se montre circonspect : « Les demandes d'AVS sont très nombreuses, elles rassurent les parents, mais ce n'est pas toujours l'accompagnement le plus facilitant, paradoxalement, explique Martine Delforge, directrice administrative. Les demandes sont examinées au cas par cas, par une équipe pluridisciplinaire qui juge des besoins de l'enfant. Un premier rejet n'est pas rédhibitoire, la famille pourra faire un recours gracieux, l'occasion de pouvoir reposer les choses ».

« Ce n'est pas mon rôle »

Entre-temps, Betty a démissionné le 1er décembre, pour faire office d'AVS pour Joy, quatre matinées par semaine. Elle ne décolère pas : « Ce n'est pas mon rôle, quand Joy est avec moi, elle est toujours dans mes jupes. Comment peut-elle mûrir ? ». Une situation qui prend des allures de travail à temps plein pour Betty, qui doit aussi s'occuper de ses aînés Erwan, 11 ans, et Lilou, 5 ans, avec un mari routier qui n'est pas présent la semaine. Elle glane des informations partout où elle peut, sur internet, Facebook. « Les AVS individualisés pour de très jeunes trisomiques, ça se fait ailleurs », a-t-elle relevé.

Inclusion, elle est où l'aide ?

« Je vais lancer ce recours gracieux auprès de la MDPH et si ça ne suffit pas, un recours contentieux, prendre rendez-vous avec le député... À l'heure où on ne parle que d'inclusion scolaire, y compris dans les discours d'Emmanuel Macron, elle est où l'aide ? Joy est considérée handicapée à 80 % », rappelle Betty, qui a bien l'intention de se battre, y compris pour un projet qui lui tient à coeur. Ouvrir, avec un collègue, un accueil pour les enfants en situation de handicap.

« Je suis passée par là, je sais ce que c'est d'avoir besoin de souffler un peu, ne serait-ce que pour faire ses courses ; on sait que ça marchera, il y a de la demande ». À condition de ne plus jouer les AVS.

30 janvier 2018

Sophie Cluzel réunit les hauts fonctionnaires au handicap et à l’inclusion

article publié dans Vivre FM

Lundi 29 Janvier 2018 - 18h57

Interministériel

Pour que la politique du handicap puisse se diffuser dans l’ensemble des ministères, le Premier ministre a demandé à chaque membre du gouvernement de désigner un correspondant handicap. La Secrétaire d’état en charge des personnes handicapées les a réunis pour une première séance de travail.

Sophie Cluzel réunit 16 hauts-fonctionnaires qui déclineront la politique du handicap dans tous les domaines
Sophie Cluzel réunit 16 hauts-fonctionnaires qui déclineront la politique du handicap dans tous les domaines

Le premier Ministre voulait des hauts fonctionnaires qui aient un niveau d’autorité suffisant pour que la question du handicap soit efficacement traitée dans les différents ministères. La secrétaire d’état en charge du handicap leur a donné trois grands axes de travail :

L’exemplarité

La communication pour que les dispositifs qui existent déjà soient mieux connus.

La simplification des dispositifs.

Chacun des hauts fonctionnaires présents a tenu à définir quelques éléments de priorité.

Ministère de l’Agriculture : Blandine Thery-Chamard

Inspectrice générale de la santé publique vétérinaire, elle veut favoriser en particulier l’inclusion des jeunes dans les filières de l’enseignement agricole.

Ministère des Armées : Anne Riegert

Inspectrice civile de la défense, elle réaffirme la solidarité de la nation avec les soldats blessés, veut favoriser l’accès des jeunes handicapés à la Journée défense citoyenneté et prépare une « Maison numérique du soldat blessé »

Ministère de la Cohésion des territoires : Brigitte Thorin

Déléguée ministériel à l’accessibilité, elle a en charge cette vaste thématique qui inclut les bâtiments, la voirie, les transports, … Elle est en poste depuis le 1er juillet 2016.

Ministère de l’Économie et des finances et celui de l’action et des comptes publics : Brice Cantin

Chef du service des ressources humaines du secrétariat général des ministères il assure un intérim en l’attente d’une nomination. Il souhaite s’intéresser à la question du recrutement des fonctionnaires handicapées, mais aussi aux questions qui concernent les ministères de Bercy, comme par exemple le tourisme.

Ministère de l’Éducation nationale : Martine Caraglio

Inspectrice générale de l’administration, elle veut favoriser la continuité des parcours des 300 000 élèves handicapés et renforcer la formation de tous les enseignants parce que « tous les enseignants auront à accueillir des élèves handicapés ».

Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : Fabienne Corre

Chargée de mission handicap, elle rappelle que les étudiants et les élèves des grandes écoles peuvent avoir besoin d’accompagnement. Elle rappelle que la vie des campus dans sa globalité doit prendre en compte les besoins des étudiants avec un handicap.

Ministère de l’Europe est des affaires étrangères : Jean-Michel Marlaud

Conseiller diplomatique du gouvernement, il le seul absent de la réunion de ce lundi.

Ministère de la Culture : Maryline Laplace

Cheffe du service de la coordination des politiques culturelles et de l’innovation, elles veut favoriser les pratiques culturelles pour tous et la « démocratisation » de la culture.

Ministère de l’Intérieur : Isabelle Mérignant

Sous-directrice de l’action sociale et de l’accompagnement du personnel au sein de la direction des Ressources humaines, elle veut améliorer les relations des usagers avec tous les services de proximité de son ministère et en particulier les Préfectures.

Ministère de la justice : Anne Duclos-Grisier

Secrétaire générale adjointe elle veut améliorer l’accessibilité des tribunaux aux justiciables handicapés et inclure la question du handicap dans l’ensemble des politiques publiques comme celle de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)

Ministère des Outre-mer : Charles Giusti

Directeur adjoint de la Direction générale des Outre-mer, il mentionne les « populations fragiles » que sont parfois les ultramarins.

Ministère des Solidarités et de la santé : Patrick Risselin

Chargé de l’évaluation des politiques des ARS auprès du SG des ministères sociaux, il veut penser l’action de son ministère dans le cadre d’une « logique de parcours ».

Ministère des Sports : Ludivine Gondran

Chargée de mission à la direction des sports, elle veut augmenter le nombre de pratiquants handicapés et aussi améliorer les performances du haut niveau paralympique.

Ministère de la transition écologique et solidaire : Bertrand Mullartz

Directeur de cabinet de la secrétaire générale, il veut favoriser le secteur de l’économie sociale et solidaire engagé sur la thématique du handicap.

Ministère du travail : Patrick Risselin

Chargé de l’évaluation des performances des ARS auprès du SG des ministères sociaux, il veut favoriser la mise en réseau des bonnes pratiques pour « cette priorité du quinquennat »

Services du Premier Ministre et secrétariats d’État rattachés : Pascal Chiron

Délégué à la mobilité et aux carrières des cadres supérieurs d’administration central aux SPM, il veut favoriser l’emploi.

La liste complète des contacts a été mis en ligne par le gouvernement ici.

Vincent Lochmann

27 janvier 2018

712 km en fauteuil roulant et un tête-à-tête avec Emmanuel Macron

article publié dans Le Parisien

Ava Djamshidi| 26 janvier 2018, 22h19 | MAJ : 26 janvier 2018, 23h33 |6
Emmanuel Macron et Edouard Detrez à l'Elysée ce vendredi 26 janvier. Il a parcouru plus de 700 km à travers le pays en fauteuil roulant pour le sensibiliser à son entreprise, «Fauteuil roulant français». Reuters

Désireux d’attirer l’attention sur son affaire en péril, Édouard Detrez, fondateur du Fauteuil roulant français, a décroché un entretien avec le chef de l’Etat. Nous y avons assisté en exclusivité.

Edouard Detrez a les yeux qui pétillent lorsqu’il franchit la loge d’honneur de l’Elysée. Il marque une pause, observe le palais présidentiel, mains posées sur les roues de son fauteuil roulant. Elles viennent d’avaler 712 kilomètres de bitume... «Je suis physiquement épuisé, mais au-delà du bonheur», sourit-il. A 26 ans, cet entrepreneur vient de réaliser un périple hors norme. Il a quitté son village de Lectoure, dans le Gers, il y a trois semaines, pour rallier, à la force de ses bras, Paris et le siège du pouvoir. Des heures, des jours d’effort pour tenter d’alerter Emmanuel Macron sur le sort de l’entreprise qu’il a créée, «Fauteuil roulant français».

«C’est le film Forest Gump qui m’a donné l’idée, dit-il. L’acteur Tom Hanks courait, moi je me suis dit qu’il fallait rouler jusqu’au président pour lui dire... » L’unique société tricolore qui fabrique ces appareils est à la peine, faute d’investissements. La faillite guette... Alors vendredi, lorsqu’Edouard Detrez apprend que le chef de l’État souhaite le recevoir, son coeur bondit. La rencontre doit avoir lieu dans l’après-midi.

Un cortège de voitures officielles pénètre dans la cour de l’Elysée vendredi, vers 17 heures. A peine rentré de Clermont-Ferrand, au coeur d’une région frappée par la crise agricole, le président file dans le salon des ambassadeurs, où l’attend ce patron atypique. Edouard Detrez est un peu ému. «Je suis très honoré», bredouille-t-il, avant de lui tendre une paire de mitaines noires. «Je ne pouvais pas venir les mains vides. Ces gants racontent la pluie, le froid, le vent. J’en ai usé une douzaine de paires pour arriver jusqu’ici», souffle-t-il. Le président l’interroge sur son parcours. Son hôte raconte les 37 km en vitesse de pointe, la douleur, son parcours. Un grand prématuré, handicapé, doublé d’un battant. «J’arrive à marcher et à faire quelques pas», sourit-il, ravi de souligner qu’il est «un marcheur en fauteuil». Surtout, il a créé une entreprise qui fabrique des fauteuils roulants français.

 

«C’est quoi votre business plan ? Il vous faut combien ?»

«Comme il n’y en avait pas, je me suis dit qu’il fallait le faire, raconte-t-il. En plus, les fauteuils sont subventionnés par l’Etat, c’est important de préserver ce savoir-faire, et puis de l’exporter, aussi.»

Le jeune homme évoque les tubulures, sorties d’ateliers à Lannemezan, les broderies, de Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées). Il montre au président son bolide (3 500 euros pièce), s’installe dessus, vante les 8,5 kg de l’engin (contre 20 environ, pour ses concurrents étrangers). Et se permet une remarque: «Pendant la candidature des Jeux olympiques de Paris, vous avez été pris en photo, en train de jouer du tennis sur un fauteuil. Il n’était pas français... C’est aussi important que nos athlètes paralympiques puissent utiliser du matériel local. Ou en tout cas qu’ils aient le choix. Il y a une carte à jouer.» Le chef de l’Etat acquiesce : «Comment faire pour vous aider ?» Son interlocuteur a besoin de financements. «D’investisseurs», murmure-t-il. Emmanuel Macron lève la tête : «Cédric est là ?». Ni une ni deux, un conseiller de son cabinet surgit dans le salon. «Il faut trouver quelque chose», intime le chef de l’Etat, avant d’expliquer au jeune homme en quoi la BPI, banque publique d’investissement, est l’opérateur idoine.

«C’est quoi votre business plan ? Il vous faut combien ?, lance Emmanuel Macron. Et peut-être faudrait-il que les maisons départementales des personnes handicapées flèchent votre fauteuil... Vous avez besoin d’un coup de projecteur, mais ensuite, il faut enclencher le truc ! On va vous aider.»

«Emmanuel Macron éprouve un profond respect pour les gens qui font»

20 minutes viennent de filer. Le président s’empresse de rejoindre son homologue argentin qui effectue une visite d’Etat en France. Edouard Detrez a toujours les yeux qui pétillent. Sa famille l’a rejoint sous les ors de la République. Ses parents et son frère, avec qui il a dormi dans un camping-car pendant cette course folle. «On n’avait pas les moyens de faire autrement», précise pudiquement Serge, son père. Edouard Detrez en est convaincu : «cette visibilité va nous aider».

Un membre du service communication digitale du président l’interroge : «Vous avez un compte Linkedin ?» Sur les réseaux sociaux, cette plateforme met en relation des acteurs du monde du travail. «On peut poster votre photo et des vidéos ?», lui demande le même. Pour seule réponse, un sourire extatique du jeune patron.

Quelle lecture politique tirer de cet intermède survenu à l’issue d’une semaine marquée par les premiers pas d’un président au sommet économique mondial de Davos, de ses efforts pour s’adresser au monde agricole, en Auvergne ? A-t-il voulu couronner les efforts de ce patron hors norme ? Compenser la vulnérabilité de son entreprise ? Réponse de son porte-parole, Bruno Roger-Petit : «Emmanuel Macron éprouve un profond respect pour les gens qui font. Surtout quand la vie ne leur a pas fait de cadeaux.»

27 janvier 2018

Handicap : en Sarthe, la secrétaire d’État, Sophie Cluzel, observe

Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, est ce vendredi au Mans et à Mulsanne.
Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, est ce vendredi au Mans et à Mulsanne. | Thierry Soufflard

 

Par Thierry SOUFFLARD

Avant son tour d’Europe placé sous le signe de l’école et de la société inclusives à destination des handicapés, Sophie Cluzel fait une halte au Mans et à Mulsanne.

Ce vendredi 26 janvier, Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées passe la journée sur le territoire sarthois. Pourquoi la Sarthe ? « Je fais beaucoup de déplacements en territoires, c’est ma façon de travailler pour rencontrer les acteurs locaux », confie Sophie Cluzel.

Après Nantes, Marseille, Nice, la voici donc au Mans et au collège Bollée de Mulsanne (près du Mans), où un voyage scolaire en Angleterre est en préparation. « Nous allons voir comment s’articule ce voyage de 60 collégiens avec parmi les élèves, trois en situation de handicap. Il leur faut un transport adapté, précise la secrétaire d’État.. Alors parfois, ça coûte plus cher. Mais c’est un vrai sujet de société pour ne pas les exclure. Et ça permet une solidarité avec des recherches de financement participatif. »

« La Sarthe en avance »

Le fer de lance de la secrétaire d’État est la notion d’école et de société « inclusives » qui consiste, le plus possible, à favoriser l’intégration des élèves en situation de handicap dans une classe classique, « c’est-à-dire rcoegarder l’élève avec toutes ses potentialités et ne pas voir que son handicap », martèle Sophie Cluzel. Cela signifie, en parallèle, de mettre les moyens médico-sociaux, avec des déplacements programmés dans les écoles, de manière à ce que l’enseignant ne soit pas isolé.

« La Sarthe est très impliquée dans la culture de l’école inclusive, se félicite Sophie Cluzel. On est depuis longtemps en avance dans ce département ».
Les chiffres départementaux parlent d’eux-mêmes : sur 2 406 élèves en situation de handicap, 1 561 sont inscrits en classes ordinaires (dans les écoles, collèges et lycées), soit 42 % dans le 1er degré et 23,7 % dans le 2nd. Parmi eux, huit élèves sur dix bénéficient d’un accompagnant humain, tel que les AVS, selon les chiffres émanant du ministère.

La deuxième partie de la visite sarthoise de la secrétaire d’État s’effectue au pôle administratif Paixhans du Mans, pour une table ronde, « En compagnie des représentants de tous les types de handicap afin de parler de l’école, de l’emploi, de l’accès aux soins, aux droits et de notre société inclusive », insiste Sophie Cluzel.

Autour de cette thématique, la secrétaire d’État s’élancera, ses trois prochains mois, dans un tour d’Europe qui commencera le 12 février en Belgique. Puis destination l’Espagne, l’Italie, le Danemark, la Suède, l’Irlande… Avant un voyage au Canada en mai. Sans oublier le 4e plan « autisme », prévu pour la mi-mars.

27 janvier 2018

SENAT ->un groupe de travail sur la question du financement de la prise en charge du handicap

 

La commission des affaires sociales lance, en présence de la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, un groupe de travail sur la question du financement de la prise en charge du handicap - Sénat

La commission des affaires sociales du Sénat, en présence de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, a lancé le 25 janvier 2018 un groupe de travail présidé par M. Philippe Mouiller (Les Républicains - Deux-Sèvres) et composé de M.

http://www.senat.fr

 

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