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"Au bonheur d'Elise"
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epilepsie
29 mai 2017

Landes : une grève de la faim pour aider son petit frère

article publié sur le site de France Bleu

Par Francois-Pierre Noel, France Bleu Gascogne lundi 29 mai 2017 à 21:00

Jennifer va entamer une grève de la faim pour aider son petit frère, Morgan, à accéder à un centre spécialisé

Jennifer va entamer une grève de la faim pour aider son petit frère, Morgan, à accéder à un centre spécialisé - Jennifer Minier

Jennifer Minier a 25 ans et elle va faire une grève de la faim le 19 juin prochain à Paris, place de la République. L'habitante de Tartas (40) veut obtenir une place dans une structure médicalisée pour son petit frère de 23 ans, Morgan, atteint d'épilepsie et d'autisme.

A partir du 19 juin prochain, Jennifer va commencer sa grève de la faim sur la place de République à Paris. Elle veut mettre en lumière le manque de moyens et de structures pour les adultes souffrant d'un handicap. C'est le cas de son petit frère, Morgan. Il a 23 ans et il est atteint d'épilepsie et d'autisme. Depuis son retour dans la maison familiale il y un an, la vie de Jennifer est difficile. Elle doit s'occuper de son petit frère, à tour de rôle, avec sa mère.

Morgan, c'est un bébé de 120 kilos !

La jeune brune de 25 ans est actuellement au chômage, elle peut donc s'occuper de son petit frère pour aider sa mère. Mais c'est très difficile. "Moi toute seule, je ne peux pas le gérer, c'est 120 kilos, il tombe, on fait comment ? Il faut le doucher, lui donner à manger et répondre à toutes ses attentes, c'est comme un bébé de 120 kilos"

Depuis plusieurs mois, elle a déposé beaucoup de dossiers dans des foyers, des structures et des centres spécialisés landais. Mais aucun d'entre eux ne peut prendre Morgan en charge. Souvent parce qu'il n'y a pas assez de places dans ces centres. Le délai d'attente peut parfois atteindre trois ans et " encore si on a de la chance".

Morgan aussi, a besoin de faire sa vie

Jennifer poursuit : "Quand il voit ma grande sœur qui est à Paris faire sa vie, quand il voit que nous faisons tous quelque chose de notre vie, il ne comprend pas pourquoi, lui, il n'a pas le droit". Elle cherche un endroit médicalisé, pour ces crises d'épilepsie, et où il sera bien entouré pour qu'il puisse se construire une nouvelle vie. Selon Jennifer, ce n'est pas avec les aides de 1.000 euros de la part de l'Etat, que sa famille peut embaucher une aide à domicile pour Morgan. " Au total ça nous coûterait 1.600 euros net pour que quelqu'un vienne tous les jours lorsqu'on est absent".

Maintenant Jennifer prépare sa grève de la faim, elle commence le 19 juin prochain. Elle ne sait pas si elle va réussir à tenir longtemps car elle aussi a des problèmes de santé. La jeune femme a prévu plusieurs actions sur la place de la République à Paris comme le témoignage d'une autre famille dans la même situation que la sienne. Tout devrait être visible sur sa page Facebook.

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14 avril 2017

Psychanalyse : le soleil se lève-il doucement sur la gauche ?

8 janv. 2017
Par Yann Kindo
Blog : La faucille et le labo

On le sait, pour la gauche française, celle du pays de Lacan, on part de loin.
De très très loin.

J’en avais fait l’expérience surprenante lorsque j’avais été chargé (à ma demande) de rédiger un compte-rendu du Livre Noir de la Psychanalyse pour les colonnes de Rouge, l’hebdomadaire de feu la LCR, et que mon article avait été purement et simplement censuré suite à une intervention de la commission Santé de l'organisation. Celle-ci était en effet  un nid de freudiens soixante-huitards, qui défendaient leur bout de gras et leur existence sociale de praticiens has been qui ne se sont jamais mis à jour de l’évolution des connaissances scientifiques en psychiatrie.  A l’époque, en 2006, on m’avait expliqué que la LCR était officiellement favorable à la psychanalyse... Je n’ai pourtant jamais retrouvé  lors de quel congrès cette question (assez saugrenue) aurait été abordée et tranchée par un vote, mais il s’agissait là visiblement d’une question identitaire fondamentale qui ne pouvait même pas être un tant soit peu remise en cause par la publication d’un pour et d’un contre dans les colonnes du journal. Il n’y avait pourtant pas beaucoup de sujets à la LCR où il n’était pas possible d’avoir des avis publics divergents  (qui étaient plutôt la règle sur un peu tous les sujets, en fait, jusqu’à pouvoir soutenir publiquement aux élections un candidat d’une autre organisation plutôt que celui de la Ligue !). Cela donne une idée de l’ampleur de l’imprégnation du freudisme dans ces milieux militants.

Pour l’anecdote, je signale que,  peut-être plus pour titiller  la Ligue sur le débat public que par conviction sur le fond, Alternative Libertaire avait publié mon papier, qui abordait la critique de la psychanalyse d’un point de vue rationaliste « de gauche » :

http://www.alternativelibertaire.org/?Psychanalyse-tabous-brises-et

Depuis, la question de l’autisme et du scandale de sa prise en charge en France a émergé publiquement, et la quasi-totalité des organisations de gauche s’est pourtant alignée sur le lobby des freudiens et sur la  défense de son pré-carré d’incompétents dangereux qui pourrissent la vie des familles. Cela  s’est traduit notamment par un soutien  sans faille et continu au délicieux « Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire »  - ce qui sonne mieux que « collectif des archéo-charlatans oppresseurs de familles  d’autistes », on en conviendra. Lorsque ce collectif a organisé la riposte aux recommandations de la Haute Autorité de la Santé – qui visaient à bannir la psychanalyse de la prise en charge de l’autisme et à faire se développer en France avec  une éternité de retard les méthodes scientifiques éprouvées partout ailleurs -, il a toujours pu trouver des soutiens actifs du côté des Verts, du PCF, du PG ou du NPA.

Récemment encore, on a pu voir circuler ce texte de militants d’Ensemble qui remettaient le couvert en faveur de la défense des droits des  freudiens à faire n’importe quoi sans contrôle, cette fois-ci face à la maladroite loi Fasquelle (du nom d’un député de droite qui  voulait que les recommandations de la HAS entrent vraiment en application et que la psychanalyse soit vraiment et définitivement bannie du domaine de l’autisme) :

https://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/141216/autisme-fasquelle-le-retour-de-lordre-moral

 

Ce débat m’a fait un peu penser à celui sur les méthodes de lecture, pour lequel là aussi il  faut définitivement tourner la page d'une méthode (la globale), parce qu’en gros les neurosciences ont quand même clairement tranché la question en faveur de la méthode syllabique. On a vu à ce sujet  un paquet de gens, souvent de gauche, expliquer à la fois que la méthode en question était très progressiste et efficace, mais que de toutes façons elle n’avait heureusement jamais été appliquée. Aujourd’hui, les freudiens nous expliquent qu’il faut défendre la psychanalyse, mais que de toutes façons elle n’est plus mise en œuvre dans le domaine de l’autisme… (ce qui est un mensonge, cf plus bas).  

Ceci dit, il ne faut pas désespérer, les choses sont peut être en train de changer dans le bon sens.

Par exemple, du côté du Lider Maximo qui règne sur cette mouvance, on a eu la surprise voir Mélenchon faire une vidéo dans laquelle il met en avant le discours d’une représentante d’une association de parents, SOS Autisme, qui comme l’essentiel de ces associations est en guerre contre la psychanalyse (et pour cause) :

https://www.youtube.com/watch?v=Xo1W8mnVyb8

Bon, je ne peux vraiment pas blairer Mélenchon (sa carrière de politicien, son nationalisme, ses airs de tribun qui se veut sauveur suprême, son nationalisme, son électoralisme, son nationalisme, son nationalisme, son nationalisme…) mais là il fait quelque chose de bien, et il faut le dire.  Mon petit doigt me dit que sa « confrontation » avec le cinglé freudien Jean-Pierre Winter (signataire des pétitions du collectif des 39) a dû aider JLM à ouvrir les yeux sur la psychanalyse, lorsqu'à la télé Winter a fait son laïus détestable de freudien en blablatant sur la sexualité de Mélenchon pour expliquer ses colères dans les médias :

https://www.youtube.com/watch?v=9alie4leLwQ

 

A noter que cette dame avec laquelle Mélenchon s’entretient dans la vidéo sympa, Olivia Cattan, a publié une bonne tribune autour de la loi Fasquelle, pour demander aux psychanalystes de cesser une fois pour toutes leur combat rétrograde et bien vouloir  « déposer les armes » :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1630595-resolution-sur-l-autisme-la-guerre-entre-psychanalystes-et-parents-a-assez-dure.html

Enfin, ce qui est je crois assez nouveau, c’est de voir que la tribune des freudiens d’Ensemble a suscité une réaction de la part d’autres militants de cette organisation, réaction que je voulais promouvoir dans ce billet, parce qu’elle s’oppose au lobby freudien et  propose de plutôt soutenir les avancées scientifiques et les associations de familles :

https://www.ensemble-fdg.org/content/autisme-propos-dune-prise-de-position

 

Ce texte n’est pas toujours très clair pour le néophytes, je crois,  parce qu’écrit dans un style télégraphique « en réponse à » et sans réexpliquer et recontextualiser, mais il me semble très bienvenu dans la situation actuelle et il va vraiment dans le bon sens, lisez-le !


En voici quelques morceaux choisi, parmi ceux que je préfère et qui donnent une idée du réel tel qu’il est en France en 2016  :



 "La carence du secteur médico-social et sanitaire oblige les familles à bricoler des solutions. Celles qui ont des moyens financiers peuvent le faire plus facilement. Un mouvement politique de gauche ne peut se satisfaire de cette situation.

Les méthodes recommandées par la HAS restent encore très peu utilisées. Dans l'étude menée en Bretagne dans plus de 500 établissements médico-sociaux,


•l'ABA n'est connue que dans 20 structures pour enfants sur 176 (4/136 chez les adultes)


•le PECS (apprentissage de la communication à l'aide de pictogrammes) dans 40 sur 176 (14/136 chez les adultes);


•la méthode TEACCH (structuration de l'environnement) par 26 structures sur 176 (16/136 chez les adultes).


Les méthodes recommandées par la HAS et l'ANESM sont donc présentes seulement dans 8% à 17% des établissements médico-sociaux. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du mécontentement des parents (et de la lassitude des professionnels devant l'inefficacité de leurs pratiques). Ce sont les pratiques dites psychanalytiques qui disposent d’un monopole quasi-absolu, ne permettant pas le libre choix des familles pour la large palette des méthodes recommandées.

Or, dans les prises de position sur l'autisme, la gauche radicale se contente d'être à la remorque des réactions corporatistes et idéologiques, sans rien proposer pour surmonter cette contradiction entre la majorité des professionnels et la presque totalité des parents et personnes autistes."

et

 "Un parti politique n'a pas à rentrer dans les logiques corporatistes, où par exemple les pédopsychiatres défendent leur pré-carré par rapport à d'autres médecins (neurologues, pédiatres …). De même, le collectif des 39, en prenant position sur l'autisme en 2012, idéologise son combat contre « la nuit sécuritaire » et se coupe d'une partie de la population. Il cautionne sans gêne le fait de traiter le mouvement des parents comme étant d'extrême-droite, etc.
Nous demandons une mise à jour des formations de base des professions médicales, para-médicales et sociales sur l'autisme. Nous demandons une formation professionnelle qui tiennent compte des avancées scientifiques, entre autres, rassemblées par la HAS. C'est insupportable qu'il y ait une opposition idéologique rétrograde qui se cache derrière le « pluralisme », la « liberté de recherche », la « polyvalence des travailleurs sociaux ». Dans certains enseignements, cela se traduit encore par : « Tout enfant autiste a cherché à tuer sa mère ! ».

Au nom de quoi les pédopsychiatres hospitaliers s'opposent-ils aux inspections de l'ARS ? A moins d'être partisans de la pratique du « renard libre dans le poulailler libre », il faut admettre de confier à l'Etat une mission de protection de la population. En Belgique, cela s'est traduit, à juste titre, par la fermeture de plusieurs établissements qui profitaient des carences en France, sans donner un accueil décent, et sans contrôle, de la part des financeurs français.

Les méthodes comportementales et éducatives vont se développer. La principale question, c'est comment, au-delà des solutions individuelles, nous arriverons à les généraliser de telle façon que tous ceux qui le veulent puissent en bénéficier sans avoir besoin de casquer : ils contribuent déjà à la sécu, ils n'ont pas à payer pour les prises en charge adaptées. C'est cela qui devrait préoccuper un mouvement comme Ensemble."


Bravo aux militants qui ont initié ce combat dans leur organisation et au-delà, et bon courage à eux.

Yann Kindo

5 avril 2017

Vidéo -> Le Docteur SARAVANE nous parle de la prise en charge des problèmes de santé des personnes autistes

31 mars 2017

L'epilepsie : Celle qui m'a pris mon enfant - un livre d'ADEL BOUNIF

Publication sur les éditions du net

Celle qui m'a pris mon enfant - L'Épilepsie

Celle qui m'a pris mon enfant - L'Épilepsie
Adel Bounif

Résumé

À ce qu’on dit, la vie serait un long fleuve tranquille. Mais pas pour tout le monde. Elle l’était pour moi jusqu’au jour où tout a basculé. Le jour où mon destin a radicalement changé. Les gens ne se rendent pas compte à quel point la vie peut être si douce et si belle. Ils se plaignent à longueur de journée pour des futilités. Ils n’ont même pas conscience qu’ils ont sous leurs yeux la plus belle des richesses : la chance et le bonheur de vivre en bonne santé. J’étais riche avant. Maintenant je suis pauvre car mon enfant est atteint d’une maladie incurable. Il n’y a pour le moment aucun espoir de guérison. En tant que parent, comment peut-on accepter cela ? Comment continuer de vivre avec ce poids ? Comment surmonter ce sentiment d’impuissance face à la souffrance de ce qu’on a de plus cher au monde ?

5 janvier 2017

Qu'est-ce que l'autisme ?

En ce début d'année 2017, je vous propose de revoir les bases de la définition de l'autisme telles qu'elles sont énoncées sur le site du CRAIF que je vous engage à visiter. Vous y trouverez une foule de renseignements.
Jean-Jacques Dupuis


article publié sur le site du CRAIF (Centre de Ressources Autisme Ile-de-France)

Définition

L’autisme est un trouble développemental débutant avant l’âge de 3 ans. Il touche simultanément :
- Les interactions sociales
- La communication, à la fois verbale et non verbale
- Le comportement avec des gestes répétitifs, stéréotypés, des rituels, des intérêts restreints

D’autres troubles existent dans les domaines de la cognition, de la motricité, de la sensorialité, des capacités adaptatives, mais ils ne sont pas retenus dans les critères diagnostiques.
Dans les classifications internationales actuelles, l’autisme fait partie d’un groupe plus large de troubles appelés Troubles Envahissants du Développement (TED). Le terme « Envahissants » employé ici signifie que plusieurs secteurs du développement sont touchés (interactions sociales, langage, comportements…). L’hétérogénéité des Troubles Envahissants du Développement est déterminée par la sévérité des symptômes, leur âge d’apparition et leur mode d’évolution, les troubles associés, l’existence ou non d’un retard mental…
L’autisme est la forme la plus typique et la plus complète de TED.

Télécharger  "L'autisme en images" au format PDF.

Historique


L’autisme est un trouble dont la description est relativement récente. En effet, ce n’est qu’en 1943 que le psychiatre américain d’origine autrichienne Leo Kanner décrit sous le nom d’autisme infantile des particularités de comportement de certains enfants : tendance à l’isolement, besoin d’immuabilité et retard de langage.

Dans les années 50-70 les conceptions psychanalytiques ont fortement marqué la psychiatrie française et la compréhension de l’autisme. L’autisme était alors relié aux « psychoses infantiles », terme employé dans les classifications officielles jusqu’en 1980.
Par la suite d’autres courants de recherche théorique ont pris une importance croissante dans l’étude du développement normal et pathologique de l’enfant : biologie, psychologie développementale, sciences cognitives… La compréhension des troubles autistiques a été fortement modifiée par ces contributions, et continue d’être enrichie par les recherches actuelles.
En 1980 le concept de psychose infantile a été abandonné au plan international, en même temps qu’est apparu le terme de Trouble Envahissant du Développement (en 1975 dans la CIM 9) et en 1980 dans le DSM-III.

L’autisme est conçu actuellement comme un trouble neuro-développemental aux origines multifactorielles, notamment génétiques.
Il existe actuellement une controverse pour savoir si l’autisme et les différents types de TED représentent un continuum, ou s’il s’agit d’entités différentes justifiant le terme de « spectre des troubles autistiques » (Autism Spectrum Disorders) qui tend à devenir le plus utilisé.
Il est intéressant de souligner que les premières personnes à avoir reçu le diagnostic d’autisme viennent tout juste d’atteindre le troisième âge.

Description


L’autisme apparaît au cours des 36 premiers mois de la vie. Parfois, des signes sont présents quasiment d’emblée, dès les premiers mois de la vie, parfois les signes apparaissent après une période plus ou mois longue de développement apparemment normal.
L’autisme est réputé durer toute la vie, il interfère avec le développement et les apprentissages de tous ordres.

L’hétérogénéité du développement est caractéristique de l’autisme et des TED, c'est-à-dire que certains domaines de développement vont être très atteints, d’autres beaucoup plus légèrement ou pas du tout. Des compétences cognitives particulières sont également fréquemment retrouvées chez les personnes avec autisme. Les tableaux cliniques présentés par les personnes avec autisme ou TED sont donc très variables.

Les troubles autistiques peuvent être isolés, ou associés à d’autres anomalies, troubles ou maladies.
Il faut noter qu’il n’existe pas de moyen objectif (pas de tests sanguins, radiographiques…) pour faire le diagnostic d’autisme. Les examens complémentaires très importants à réaliser ont pour but de rechercher les fréquents troubles associés.

Dans tous les cas, le diagnostic est clinique, basé sur l’observation du trépied classique :

  • Altération qualitative des interactions sociales
  • Altérations qualitatives de la communication
  • Caractère restreint, répétitif et stéréotypé du comportement, des intérêts et des activités

D’autres signes cliniques moins spécifiques viennent s’ajouter à ce tableau.


Les symptômes caractéristiques de l’autisme et des Troubles Envahissants du Développement

Les troubles décrits ici peuvent être plus ou moins sévères, certains peuvent être présents et d’autres non. Pour poser le diagnostic d’autisme ou de TED, un certain nombre de symptômes doivent être associés.  Différentes classifications ont été mises au point pour permettre ces diagnostics, qui doivent être basés sur des évaluations précises des difficultés de la personne.

Altération des interactions sociales

Les personnes autistes ont une mauvaise appréciation des signaux sociaux ou émotionnels, comme l’intonation de la voix ou les expressions faciales. Elles ont beaucoup de mal à interpréter ce que les autres pensent ou ressentent, elles manquent d’empathie. Les enfants autistes ne savent pas comment jouer de façon interactive avec les autres enfants, ils ont tendance à s’isoler, ne répondent pas à l’appel de leur prénom, fuient le regard.

Altérations qualitatives de la communication


Les troubles du langage sont constants. Un grand nombre d’enfants autistes n’accède pas au langage oral, ou lorsque celui-ci est acquis, souvent avec retard, un grand nombre de difficultés persistent. Pour le langage verbal :

  • Sur le plan expressif : Le langage reste très concret, autour des besoins de la vie quotidienne (nourriture, famille, toilette…). Le « je » n’est pas utilisé. L’intonation est étrange, la voix peu modulée, « haut perchée ».
  • Sur le pan réceptif : on constate un manque de réaction émotionnelle aux sollicitations verbales, des difficultés d’accès à la compréhension du second degré.

Lorsque le langage oral est acquis, une faible synchronisation, un manque de réciprocité dans les échanges conversationnels restent perceptibles et entravent plus ou moins la communication.

Les personnes avec autisme sont également gênées dans leur communication non verbale : elles utilisent peu de gestes sociaux (« au revoir », « bravo »…), peu de gestes interactifs, peu ou pas d’imitation. La communication parlée n’est pas accompagnée de gestes, les mimiques faciales sont peu expressives. Chez les enfants, on constate des anomalies dans le jeu du « faire semblant ».

Caractère restreint, répétitif et stéréotypé du comportement, des intérêts et des activités

Les intérêts des enfants autistes sont restreints, leurs activités ont tendance à être stéréotypées et répétitives. Ils peuvent être fascinés par des objets inhabituels (bouts de ficelle, plumes, miettes…), ou utiliser de façon inhabituelle des objets ou des jouets (faire tourner indéfiniment une roue de petite voiture…). Souvent ils ont besoin de rituels plus ou moins complexes et supportent très mal les changements dans le quotidien. Il existe des stéréotypies : gestes répétitifs comme se balancer ou tourner sur soi-même. Les personnes autistes peuvent également présenter des comportements auto-agressifs et des automutilations.
Tous ces comportements sont plus ou moins envahissants, et peuvent persister ou au contraire s’atténuer. Ils peuvent également être renforcés ou réapparaître à certaines périodes de la vie. Il sera alors important d’essayer de comprendre les facteurs pouvant entraîner ce type d’aggravation.

Autres symptômes

D’autres symptômes sont fréquemment associés à l’autisme

  • Des compétences cognitives particulières : très bonnes capacités visuo-spatiales, mémoire très développée dans certains domaines…
  • Des particularités sensorielles : elles peuvent concerner toutes les modalités sensorielles (ouïe, vision, odorat, toucher, vestibulaire, c'est-à-dire sens de la position dans l’espace), et être caractérisées par une hypo, une hypersensibilité, ou la recherche de stimulations sensorielles souvent inhabituelles (sensibilité à certains sons, odeurs ou textures, coexistant parfois avec une apparente indifférence à d’autres, perception différente de la douleur…)
  • Des troubles de la motricité et de la posture : difficultés de coordination droite-gauche ou haut-bas du corps, raideur et utilisation de la posture pour réguler les émotions, atteinte de la motricité fine…


Les troubles associés à l’autisme

Les anomalies, troubles ou maladies associés à l’autisme sont fréquents, ils doivent être recherchés systématiquement :

  • Le retard mental : Dans une majorité de cas (environ 70%), l’autisme s’accompagne d’un retard mental plus ou moins sévère. Les autres 30% sont appelés « autistes de haut niveau ». Cette répartition est parfois contestée.
  • Les déficits sensoriels, auditifs ou visuels sont beaucoup plus importants que dans la population générale
  • L’épilepsie : environ 1/3 des personnes autistes présentent des manifestations épileptiques plus ou moins graves
  • Des syndromes génétiques


Epidémiologie

La fréquence exacte de l’autisme est encore mal connue précisément, les estimations actuelles se situent de 1,7/1 000 à 4/1 000 pour l’autisme typique et de 3 à 7/1 000 pour l’ensemble des troubles envahissants du développement (soit en France entre 200 000 et 400 000 personnes, tous âges confondus. Source : Recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme - Fédération française de psychiatrie, 2005)

Une étude internationale de grande envergure parue en 2008 précise ces données en estimant à 2/1000 la fréquence de l’autisme typique et à 6.6 pour 1000 la fréquence des Troubles Envahissants du Développements (soit 380000 personnes en France).[1]

L’autisme touche 4 fois plus de garçons que de filles.

Une forme particulière de trouble envahissant du développement est constituée par le syndrome d’Asperger, qui est proche de l’autisme de haut niveau, mais avec une absence de retard de langage.

Causes de l’autisme


A ce jour, il n’a pas été trouvé de cause unique à l’autisme et il est probable que plusieurs causes différentes peuvent entraîner le développement des signes de l’autisme.

Les recherches actuelles suggèrent fortement qu’il existe des bases neurologiques et génétiques. L’idée selon laquelle l’autisme trouverait son origine dans des troubles de la relation parent-enfant doit être maintenant totalement abandonnée (Autisme Europe. Les personnes atteintes d'autisme : Identification, Compréhension, Intervention).

Le risque d’apparition de l’autisme ne dépend pas du niveau social ou éducatif de la famille ni de l’origine ethnique.

Les recherches sur les causes de l’autisme font appel à des spécialités scientifiques différentes et à des approches variées, sans doute complémentaires. Voici un bref aperçu des principaux courants de recherche :

L’abord neuropsychologique

Il cherche à comprendre le fonctionnement cognitif des personnes autistes. Trois modèles principaux ont été proposés et étudiés :

  • Un déficit des fonctions exécutives [2], c'est-à-dire de l’ensemble des capacités mentales qui permettent à une personne de gérer son comportement, d’initier une action, de la planifier et de l’organiser, d’être flexible face à une tâche.
  • Une « faiblesse de la cohérence centrale » [3] La cohérence centrale est la fonction qui permet de situer une information dans son contexte, d’extraire les informations significatives parmi l’ensemble des informations reçues, et de les hiérarchiser. Les personnes avec autisme privilégieraient le traitement du détail au détriment du tout, elles traiteraient préférentiellement les aspects perceptifs de l’environnement du fait d’une capacité moindre à accéder au sens.
  • Un déficit de la « théorie de l’esprit » [4] Il s’agit de la capacité d’un individu à attribuer des états mentaux à soi-même et à autrui. Cette capacité permet par exemple d’interpréter ou de prédire les comportements d’autrui à partir des désirs, croyances, intentions… que l’on peut prêter à l’autre. Elle permet de se représenter les situations sociales, de mentir, d’anticiper les conséquences de ses actes. Cette difficulté expliquerait les troubles de la socialisation, de la communication et de l’imagination.


L’étude des particularités dans le traitement des perceptions

Selon Laurent Mottron [5], le déficit de base de l’autisme serait un traitement de la perception à un « bas niveau » : les personnes autistes traiteraient préférentiellement les perceptions dans leurs propriétés élémentaires, surtout dans les domaines visuel et auditif. D’autres auteurs proposent un déficit dans le traitement des informations complexes.


Les données neurobiologiques

Ces recherches se basent sur l’étude de la morphologie du cerveau, sur l’étude de son fonctionnement avec les nouvelles techniques d’imagerie, sur des mesures biologiques.
Ces études ont permis de mettre en évidence des différences de morphologie du cerveau des personnes autistes, des différences dans leur cinétique développementale, des anomalies du traitement de l’information révélées par des anomalies dans l’activation des différentes zones et des différents circuits cérébraux, des anomalies biologiques significatives.

Les données génétiques

L’intervention de facteurs génétiques parmi les causes de l’autisme est maintenant reconnue. Il s’agirait d’une transmission multigénique complexe. De nombreux gènes ont été détectés à partir de l’étude des différences entre sujets atteints, sujets apparentés ou sujets sains (« gènes candidats » qui pourraient être impliqués dans l’autisme). Actuellement seules les anomalies sur les gènes q21-35 et le chromosome 17q ont été répliquées de manière significative. Les gènes de la neuroligine, la neurexine SHANK semblent aussi impliqués, affectant la fonction synaptique par dysrégulation de la synthèse protéique.

Les données psychanalytiques

Les particularités perceptives, sensorielles et motrices des personnes autistes entraîneraient des troubles dans la constitution du psychisme, et notamment concernant la constitution de l’image du corps et des « enveloppes corporelles ». Ces difficultés entraîneraient un débordement émotionnel lui-même responsable de difficultés surajoutées dans le développement et l’organisation des perceptions sensorielles et de la cognition.
« Les recherches psychanalytiques actuelles s’appuient sur des éléments de concordance apparus ces dernières années entre les données fournies par les neurosciences, les travaux du courant de la psychologie du développement et les théorisations élaborées à partir de l’observation des bébés notamment, des ressentis des patients et des observations empathiques recueillies dans les traitements ».

Prise en charge de l'autisme


Il n’y a pas à ce jour de traitement capable de guérir l’autisme, et il est très difficile de ne pas se perdre devant la multiplicité des modes de prises en charge proposées pour répondre aux difficultés des personnes autistes. Actuellement, seul un article a montré de manière validée une supériorité d’une modalité de traitement par rapport à une autre dans la prise en charge des personnes autistes [6].

Un accord existe cependant autour des points suivants :

- Il est couramment recommandé que la prise en charge des personnes autistes repose sur trois grands volets dont la part relative est à adapter en fonction des caractéristiques de chaque personne et de son évolution (projet personnalisé). Ces trois volets sont les suivants :

  • Educatif, avec pour objectif l’autonomie du sujet
  • Pédagogique, avec pour objectif les apprentissages
  • Thérapeutique, avec pour objectif la santé mentale et physique du sujet


- L’intérêt d’une prise en charge précoce est reconnu. Il faut cependant savoir qu’une personne autiste peut continuer de progresser toute sa vie, y compris à l’âge adulte.

- La prise en charge doit être suffisamment intensive.

- Elle doit être individualisée, c'est-à-dire adaptée aux particularités de chaque personne et régulièrement réévaluée en fonction de l’évolution.

- Il n’existe donc pas une prise en charge de l’autisme mais des modalités différentes qui peuvent être plus indiquées pour certaines personnes, pour certaines difficultés, ou à certains moments de l’évolution de la personne autiste. Les modèles souples, ouverts, coordonnant plusieurs modalités de prise en charge sont à privilégier. Les règles de bon sens sont également importantes (se méfier des techniques qui excluent les autres ou sont trop onéreuses).

- L’utilisation de médicaments peut-être indiquée. Il faut savoir que les traitements pharmacologiques sont toujours symptomatiques c'est-à-dire qu’ils visent à réduire certains symptômes (comme l’agitation, l’anxiété, des stéréotypies ou rituels envahissants, les troubles du sommeil…), sans traiter la cause de l’autisme. En général ces traitements ne sont pas dénués d’effets secondaires. Chez l’enfant très peu ont reçu l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Par contre, en permettant de soulager un symptôme gênant ou d’apaiser une période de crise, ils peuvent avoir un impact indirect sur les apprentissages, la communication ou la socialisation.

- Il faut toujours porter une grande attention à la  santé physique de la personne autiste, dont les problèmes somatiques peuvent être occultés par la symptomatologie autistique notamment les troubles de la communication et du comportement.

Document à consulter : BAGHDADLI Amaria. Interventions éducatives, pédagogiques et thérapeutiques proposées dans l'autisme. Paris : Ministère de la santé et des Solidarités, DGAS, Juin 2007.

Evolution


L’autisme interfère dans les apprentissages de tous ordres et entraîne un développement très hétérogène. La plupart des symptômes cependant s’améliore avec le temps. Le pronostic dépend notamment de l’existence et de l’importance d’un retard mental associé, de la présence d’une épilepsie, de l’apparition du langage avant 6 ans. Une aggravation pendant la puberté est fréquente, qui peut durer un à deux ans, avec retour à l’état antérieur.

Au total, l’évolution est très variable d’une personne autiste à une autre. Certaines d’entre elles restent très handicapées toute leur vie, n’accèdent pas au langage, alors que d’autres vont arriver à une autonomie personnelle relativement bonne. La très grande majorité des personnes atteintes d’autisme a besoin d’un accompagnement important tout au long de la vie.

[1] Fombonne Eric. Epidemiology of pervasive developmental disorders. Pediatr Res. 2009;65(6):591–8.
[2] Ozonoff S, Pennington BF, Rogers SJ. Executive function deficits in high-functioning autistic individuals: relationship to theory of mind. J Child Psychol Psychiatry. 1991 Nov;32(7):1081-105
[3] Frith U, Happé F. Autism: beyond "theory of mind". Cognition. 1994;50(1-3):115-32
[4] Baron-Cohen S, Leslie AM, Frith U. Does the autistic child have a "theory of mind"? Cognition. 1985 Oct;21(1):37-46
[5] MOTTRON Laurent. L'autisme, une autre intelligence. Sprimont : Editions Mardaga, 2004
[6] Dawson G, Rogers S, Munson J, Smith M, Winter J, Greenson J, Donaldson A, Varley J. Randomized, controlled trial of an intervention for toddlers with autism: the Early Start Denver Model. Pediatrics. 2010 Jan;125(1):e17-23

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28 octobre 2016

Epilepsies et handicap - Guide CNSA septembre 2016

 

 

14 octobre 2016

Une grande étude suédoise relie l'autisme aux décès prématurés

14 oct. 2016
Par Jean VinçotBlog : Le blog de Jean Vinçot
Cet article de Spectrum News a été à la base du rapport d'Autistica publié précédemment sur ce blog ("Les personnes autistes meurent trop tôt"). Epilepsie, maladies cardiaques et suicides entraînent deux fois et demi plus de morts prématurées. Espérons que les recommandations HAS-ANESM pour les adultes autistes et le 4ème plan autisme prennent en considération ces problèmes graves de santé.

Large Swedish study ties autism to early death 

par Ann Griswold  /  11 décembre 2015

Les personnes autistes sont plus de deux fois plus susceptibles de mourir prématurément que leurs homologues dans la population générale. Cette découverte, publiée le 5 novembre (2015) dans le British Journal of Psychiatry, corrobore les indications suggérant que des failles dans la médecine de prévention peuvent causer de graves problèmes de santé  chez les personnes avec autisme.

Des études précédentes avaient suggéré le décès prématuré des personnes autistes, mais la plupart d’entre elles étudiaient le risque de mortalité dans de petits groupes et se concentraient sur des causes de décès particulières, comme les blessures accidentelles ou l’épilepsie . La nouvelle étude[1] s’appuie sur un échantillon de plus de 27 000 personnes autistes et un groupe de contrôle de 2,7 millions d’individus de la population suédoise. Les chercheurs ont démontré que l’autisme augmente le taux de mortalité quelle que soit la cause du décès.

« Nous avons noté ce risque accru dans toutes les catégories que nous avons pu analyser - sans vraiment savoir pourquoi, » dit la chercheuse principale, Tatja Hirvikoski, chercheuse en neurodéveloppement au Karolinska Institutet de Stockholm, en Suède. « Il se pourrait qu’il y ait des lacunes dans les soins fournis, et nous devons augmenter la connaissance de l’autisme dans les services de santé. »

L’équipe de Hirvikoski a identifié des autistes dans le National Patient Registry suédois, qui rassemble les informations de diagnostic sur toutes les visites dans les hôpitaux psychiatriques du pays. Ils ont alors recherché ces personnes dans le Cause of Death Register, qui détaille les causes de décès de tous les résidents suédois.

En calculant le risque de décès, à chaque âge, chez les personnes autistes et dans la population générale, ils confirmèrent les prévisions antérieures  indiquant que les personnes autistes ont à peu près 2,5 fois plus de risque de décéder prématurément.

 

Morts prématurées dans l'autisme Morts prématurées dans l'autisme

Le risque du suicide

La grande taille des données recueillies a permis aux chercheurs d’explorer différentes causes de décès. La cause de décès la plus commune parmi les autistes sévères est l’épilepsie, qui affecte lourdement 8% des personnes dans le spectre. Par contraste, la cause de décès la plus répandue parmi les personnes à l’autisme plus léger sont les maladies cardio-vasculaires.

Le suicide est la seule cause de décès plus commune chez les personnes à l’autisme léger que chez les autistes sévères. Le risque de suicide chez les autistes légers est presque dix fois supérieur à celui de la population générale. Les femmes autistes sont plus susceptibles que les hommes dans le spectre de se suicider.

Ces statistiques ont incité les chercheurs à actualiser un guide ,à destination des hôpitaux de Stockholm, sur la gestion de la dépression et des pensées suicidaires chez les personnes autistes.

« Pour la première fois depuis bien longtemps, nous avons réécrit nos manuels cliniques locaux, » dit Hirvikoski, qui dirige aussi la recherche et le développement pour la clinique publique Habilitation & Health. Elle a recommandé une formation plus poussée pour le personnel de la clinique.

Les chercheurs ont aussi découvert que les taux de mortalité sont plus élevés chez les personnes autistes affectées de déficiences intellectuelles que chez les personnes seulement autistes.

Ils ont aussi révélé des différences de genre dans les causes de décès : les femmes avec autisme sont plus sujettes à mourir de troubles endocriniens comme le diabète ou d’anomalies congénitales comme les malformations cardiaques, tandis que les hommes avec autisme tendent à mourir de troubles des systèmes nerveux et circulatoires comme l’épilepsie ou les maladies cardiaques.

Hirvikoski dit qu’elle suspecte que les personnels de santé suédois négligent les appels à l’aide des adultes autistes, qui peuvent avoir des difficultés à décrire des symptômes comme la douleur . Des facteurs liés au mode de vie, comme une alimentation déséquilibrée, une activité physique insuffisante ou un stress chronique peuvent aussi contribuer au risque de décès prématuré des personnes autistes. Ces personnes sont souvent en surpoids ou obèses, par exemple.

Les chercheurs examinent attentivement ces facteurs pour déterminer ceux augmentant le risque de décès prématuré chez les personnes autistes. « La mortalité est un problème extrêmement sérieux, il est donc important de l’étudier plus en détail, » dit Hirvikoski.

Correction : Cet article est une modification de l’original. La version précédente déclarait incorrectement que le suicide est la cause de décès la plus commune chez les personnes avec un autisme léger.

[1]: Hirvikoski T. et al. Br. J. Psychiatry Epub ahead of print (2015) PubMed)

Traduction par PY

Les personnes autistes meurent trop tôt

25 août 2016

Communiqué de presse du Ministère des Affaires sociales et de la Santé sur la Dépakine et ses dérivés

 

Spécialités pharmaceutiques comprenant de l'acide valproïque (Dépakine® et dérivés)

Marisol Touraine annonce la mise en place d'un dispositif d'indemnisation pour les familles Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a rendu publics aujourd'hui les premiers résultats d'une étude demandée en 2015 par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, à l'ANSM et la CNAMTS pour évaluer l'exposition des femmes enceintes, entre 2007 et 2014, aux spécialités à base d'acide valproïque, comme la Dépakine® et ses dérivés.

http://social-sante.gouv.fr

 

8 juillet 2016

Autisme : démêler le vrai du faux - Le point avec le Professeur Richard DELORME de l'hôpital Debré à Paris

artcle publié dans femme actuelle

le 7 juillet 2016

Autisme : démêler le vrai du faux
Thinkstock

Il y aurait environ 450 000 personnes en France qui souffrent d’autisme, une pathologie définie aujourd’hui sous le terme : troubles du spectre autistique (TSA). Cette maladie d’origine génétique dans 80% des cas, suscite beaucoup d’interrogations et d’allégations plus ou moins fondées. Le point avec le professeur Richard Delorme, responsable du Centre Expert FondaMental Asperger et chef du service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Robert Debré à Paris.

La principale manifestation de l’autisme est l’incapacité pour l’enfant à communiquer avec les autres.

Certainement, ce sont des enfants très sensibles. Ils ne savent pas toujours faire face aux changements et ne supportent pas les situations inconnues. Ce trouble psychiatrique est en partie expliqué par un défaut de sélections des différentes informations qu’ils reçoivent.
Il y a deux grands symptômes que l’on retrouve chez de nombreux patients : les difficultés de communication sociale, à être en interaction avec l’autre, à utiliser la communication verbale ou non verbale pour communiquer. Pour un bébé, cela peut se manifester par le regard un peu absent, la difficulté à fixer le visage de sa mère, à se calmer dans les bras de ses parents…
L’autre phénomène important est le besoin d’immuabilité des enfants et la présence fréquente de balancements, gestes répétitifs….

 

Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme.

Tout à fait. Il a été décrit par le docteur du même nom en 1945. Il concerne les enfants sans retard mental ou déficit intellectuel mais avec tous les autres symptômes de l’autisme. Il ne s’agit pas d’un trouble de l’intelligence mais d’un problème de décodage du monde qui les entoure. Pendant longtemps, les deux maladies ont été associées. Ce n’est plus le cas et les médecins parlent de troubles du spectre autistique ou autisme avec ou sans déficit intellectuel.

 

La maladie est détectée trop tard.

En France, oui. Le diagnostic est autour de 7 ans. Alors que les premiers symptômes apparaissent en moyenne autour de dix mois. Ce sont essentiellement des signes dans ce que l’on appelle les compétences sociales : le sourire, le regard, l’appel au prénom, l’adaptation au changement… Des symptômes qui peuvent en partie s’amender. C’est pour ces raisons qu’on ne peut affirmer et confirmer de manière raisonnable la maladie qu’à partir de 36 mois.

 

On ne peut rien faire avant 36 mois.

Ce n’est plus vrai. Tout d’abord en cas d’inquiétude, consultez votre pédiatre ou médecin généraliste. Il déterminera si les difficultés de développement ne sont pas liées à une autre maladie. L’épilepsie par exemple peut entrainer des retards d’acquisition globale. Par ailleurs, il existe des consultations dédiées au dépistage précoce des troubles du spectre autistique à l’hôpital Robert Debré à Paris mais aussi en province.
Une fois, le diagnostic du risque posé, il existe des programmes et des stratégies d’accompagnement du bébé, de la famille qui ont montré une amélioration tout à fait réelle. Le programme de Denver, par exemple, consiste entre autre à donner des conseils pratiques aux parents pour stimuler les fonctions motrices de l’enfant, sa curiosité, son adaptation au stress, ses capacités de communication.

 

Il y a plus de garçons que de filles touchés.

Tout à fait vrai. On compte 4 garçons pour une fille. Et pour l’autisme dit de haut niveau, la proportion est de 9 garçons pour une fille. Parmi les explications proposées : les outils de dépistage sont plus orientés pour les garçons ce qui rend le diagnostic chez les filles plus compliqué.
Et le syndrome de l’X fragile, une pathologie masculine, est présent chez environ 1% des patients autistes.

 

La prise de psychotropes pendant la grossesse augmente le risque de d’autisme.

Cela a été montré avec les antidépresseurs sérotoninergiques. Même si le risque est très faible, il ne peut pas être négligé. La seule raison qui peut justifier de poursuivre le traitement est en cas de dépression sévère de la maman. En revanche, en cas de traitement à la Dépakine (épilepsie) ou Dépakote (troubles bipolaires), le risque est majeur et le traitement doit être suspendu pendant toute la durée de la grossesse.

 

L’imagerie médicale permet de détecter les anomalies.

Malheureusement non, pas encore. De très nombreuses structures dans le cerveau sont impliquées dans l’autisme, mais il n’y a pas une zone de l’autisme en particulier.

 

L’autisme et l’épilepsie ont la même origine.

En partie. Il y a un certain nombre de gènes communs qui sont impliqués dans l’autisme et dans l’épilepsie. Mais, ce n’est pas la même maladie, loin de là. Et bon nombre de patients atteints d’épilepsie ne présentent pas de troubles autistiques et inversement.

 

Il y a un lien entre les troubles intestinaux et la maladie.

On ne sait pas. Les bactéries présentes dans le tube digestif régulent de nombreuses fonctions dont des manifestations neurologiques et psychiatriques. Beaucoup de chercheurs s’intéressent à cette question. Il a été constaté que 30% des patients qui ont un trouble du spectre autistique, ont des pathologies digestives associées. Mais les travaux sont encore trop préliminaires pour pouvoir apporter une réponse précise.

 

Le packing est toujours préconisé.

En France oui, mais dans la majorité des autres pays non. Il n’y a pas d’argument scientifique pour justifier le packing. Pour rappel, il consiste à envelopper de façon transitoire, l’enfant ou l’adulte dans des linges froids et humides. La majorité des associations de patients dénoncent une méthode barbare et inadaptée.

 

Il n’existe aucun traitement.

Vrai si on associe traitement à médicament. En revanche, la prise en charge comportementale (communication, socialisation) avec une stratégie personnalisée a montré son efficacité.
Elle fait intervenir un réseau de professionnel : psychiatre, éducateur, psychologue, orthophoniste, psychomotricien et enseignant.

Le spray nasal à l’ocytocine est efficace.

C’est encore très expérimental. L’ocytocine est une hormone dite pro-sociale. Des essais en France et à l’étranger sont actuellement en cours. En Australie, une trentaine d’enfants autistes, âgés de 3 à 8 ans, ont testé pendant 5 semaines de l’ocytocine synthétique. Les rapporteurs de l’étude (Université de Sydney) ont noté de meilleures interactions sociales à la maison et en consultation.
Mais on est toujours dans des phases très préliminaires en terme d’indication thérapeutique.

 

Il n’y a pas assez d’école et de classes adaptées

Vrai, c’est très compliqué pour des enfants avec troubles autistiques même légers. Les effectifs sont trop lourds, environ 30 élèves par classe. Même si l’enseignant est très motivé, il ne peut pas négliger pour autant les 29 autres élèves. Résultat, seulement environ 20% d’enfants autistes en âge d’aller à l’école sont scolarisés, contre 80% en Suède, selon l’association AEVE (Autisme espoir vers l’école).
L’intégration scolaire est vraiment importante quelque soit l’âge car elle va favoriser la socialisation, l’adaptation au groupe, les changements de règle. Selon une enquête Doctissimo-FondaMental, une famille sur deux est mécontente de la prise en charge de son enfant. Ce que réclame également les familles, ce sont des structures avec des compétences de bonne qualité pour accueillir leurs enfants.

 

La prise en charge de l’autisme n’est pas optimum

C’est le moins que l’on puisse dire. Lors du 3ème plan autisme, les efforts ont porté sur les écoles maternelles. Une centaine d’UEM (Unité d’enseignement en maternelle) ont été créée en France. Elles ont permis d’aider quelques enfants à l’âge pré-scolaire, c’est-à-dire avant 6 ans, d’intégrer l’école.
Pourtant selon Florent Chapel, président de Collectif Autisme : « seules 700 nouvelles places en maternelle sont prévues sur 4 ans, soit 175 par an, alors que 8000 autistes naissent chaque année. »
En février 2014, le conseil de l’Europe a condamné la France pour ne pas avoir respecté le droit des enfants autistes à recevoir une éducation ni celui des jeunes adultes à recevoir une formation professionnelle.

A lire aussi : des autistes dans la lutte contre les terroristes

Remerciements à la fondation FondaMental

19 mars 2016

Décès prématurés chez les personnes atteintes d'autisme

Le 18 mars 2016 à 20h05 - Mis à jour le 18 mars 2016 à 20h05 - par

Les personnes atteintes d'autisme décéderaient en moyenne 18 ans plus tôt que la population générale. Des décès prématurés essentiellement dus à des accidents, à l'épilepsie ou au suicide.

Décès prématurés chez les personnes atteintes d'autisme

Une étude publiée dans le British Journal of psychiatry laisse entendre que les personnes atteintes de troubles du spectre autistique meurent en moyenne 18 ans avant la population générale. Les accidents (souvent par noyade), ainsi que l'épilepsie sont des causes fréquentes de décès prématurés chez les personnes atteintes d'autisme qui souffrent également de troubles de l'apprentissage.

Un risque de décès prématuré 2,5 fois plus grand

Pour cette étude, les chercheurs de l'Institut Karolinska de Suède ont étudié les dossiers médicaux de 27 000 personnes atteintes d'un trouble du spectre autistique, dont 6500 ayant également une déficience intellectuelle. Ils ont constaté que le risque de décès prématuré était environ 2,5 fois plus élevé pour l'ensemble du groupe. Un écart dû en grande partie à l'augmentation de la prévalence des problèmes de santé courants tels que le diabète et les maladies respiratoires. Comme le souligne l'étude, ces patients sont diagnostiqués trop tard car ils ne savent comment exprimer leurs préoccupations de santé auprès du médecin.

L'étude montre aussi que les autistes n'ayant pas de déficience intellectuelle sont 9 fois plus susceptibles de mourir par suicide, notamment les femmes.

"Comment accepter, sans réagir, le fait qu'un grand nombre de personnes souffrant d'autisme n'atteindront pas leur 40e anniversaire ?" a souligné la fondation Autistica, dans un communiqué . La fondation a donc décidé de lancer une levée de fonds de 10 millions de livres sterling afin de financer des recherches sur la prévention de ce risque.

A lire aussi :

Des chercheurs expliquent comment l'autisme affecte le cerveau

L'autisme plus difficile à diagnostiquer chez les filles

12 mars 2016

Crise d'épilepsie

Peu de personnes connaissent réellement les gestes efficaces et adaptés pour porter assistance à une personne épileptique en crise. Rappel pour ceux qui ne savent pas et ceux qui croient savoir.

Les crises convulsives sont dues à la contraction involontaire d'un grand nombre de muscles du corps, provoquée par un désordre électrique du cerveau.

Il existe de nombreux types de convulsions, et celles-ci peuvent avoir de nombreuses causes telles que les traumatismes crâniens, les intoxications, des maladies et en particulier la maladie épileptique.

Comment reconnaître une crise d'épilepsie ?

Lac rise d'épilepsie

Quelle que soit la cause de la crise convulsive, celle-ci évolue en trois stades :

  • La victime tombe brusquement, et est raide pendant quelques instants ;
  • Elle s'agite ensuite en mouvements convulsifs : l'ensemble des membres fléchissent et s'étendent en alternance ;
  • Une période d'inconscience fait suite à ces convulsions.

Aux trois stades de la crise il existe une conduite à tenir spécifique :

  • Lors de la chute, vous devrez éviter que la victime ne se fasse mal en tombant, mais il est rare de se trouver là à ce moment.
  • Lors des mouvements convulsifs, vous ferez le vide autour de la victime, en écartant les objets dangereux sur lesquels elle pourrait se blesser. Pour cela vous pouvez mettre des couvertures ou des vêtements pour tenter d'amortir les chocs.
  • Lors de la période d'inconscience, après avoir basculé prudemment la tête en arrière, vous mettrez la victime en position latérale de sécurité ( inconscience). Dans l'attente d'une reprise de conscience, vous surveillerez avec attention la respiration.

A son réveil, la victime présente des signes qui confirment l'épilepsie :

  • Très souvent la victime ne se rappelle pas de la crise ;
  • Elle s'est mordue la langue ;
  • Elle a perdu ses urines.

Dans tous les cas :

2_20 Vous appellerez le SAMU (15), en décrivant précisément la chronologie de la crise, et en précisant tous les éléments de votre adresse qui permettront aux secours d'arriver rapidement.

Conformez-vous aux indications transmises par le médecin.

 

Ce qu'il faut faire

Ce qu'il ne faut pas faire

S'il s'agit d'une première crise, n'hésitez pas à appeler un médecin ;
Allongez la personne et la mettre sur le côté en position latérale de sécurité ;
Protégez sa tête contre d'éventuels chocs ;
Restez auprès de la personne tant qu'elle n'a pas récupéré ;
Réconfortez-la et signalez les éventuelles blessures.

N'essayez pas d'empêcher les mouvements de la personne ;
Ne mettez rien dans la bouche de la personne ;
Ne pas laissez la personne seule dès la fin de la crise. Au sortir de la crise, la personne reste confuse et désorientée pendant quelques minutes.

Pour éviter ça…

  • Quelle que soit la crise, il est indispensable que la victime consulte son médecin traitant, afin de définir les raisons pour lesquelles cette crise est survenue (arrêt des médicaments, fatigue, prise d'alcool, ...) ;
  • A aucun moment il ne faut intervenir sur le déroulement de la crise. Il ne faut pas empêcher les tremblements ou les mouvements convulsifs, au risque de se blesser ou de blesser la victime ;
  • Il ne faut pas mettre les doigts dans la bouche d'une personne qui faite une crise convulsive, vous risquez d'être gravement mordu et cela n'empêchera pas la victime de se mordre la langue.
Dr Pascal Cassan

Mis à jour le 17 mars 2011

6 mars 2016

Ashdod : un jeune génie isrélien spécialisé en neurosciences n'a pas fini de faire parler de lui !

article publié sur Ashdod café
 

À l’âge de 16 ans, tandis que les amis d’Amir Goldenthal étaient occupés par leurs examens de fin d’études, il était en fin de première année de premier cycle en physique et il commençait son doctorat.

La décision sans précédent des chefs du Département de physique et du Centre d’études de Neuroscience à l’Université Bar Ilan – de permettre à l’adolescent de commencer ses études de doctorat – a prouvé très rapidement qu’il pouvait réussir; lorsque Amir Goldenthal a complété son bachelor et son master avec honneur, il a publie des articles dans des revues scientifiques  internationales et il a été sélectionné pour participer à un congrès des lauréats du prix Nobel au Japon,  qui a été créé pour réunir le passé et l’avenir d’hommes influençant le monde.

Il faut souligner qu’Amir Goldenthal s’est rendu à l’université tous les jours en prenant deux bus d’Ashdod.
Ses découvertes lors de la préparation de sa thèse en fin de doctorat portaient sur la compréhension des maladies neurologiques telles que l’épilepsie, la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.

Amir Goldenthal

Goldenthal with Professor Kanter (Photo: Dana Kopel)

Dans les prochains jours il se rendra au centre de recherche médicale en Allemagne aux côtés de son tuteur, le Professeur Ido Kanter,  Directeur du Département de Physique du Brain Center Gonda (recherche multidisciplinaire).

Ils ont été invités par un chercheur en neurosciences pour mettre en application leurs résultats avec les patients qui souffrent de lésions cérébrales.

«Je suis toujours intéressé par la physique et la biologie, mais je ne pensais que je pouvais faire de la recherche qui puisse aider dans le traitement des personnes malades», dit Goldenthal. « Nous commençons à comprendre comment les choses qui se passent dans le cerveau, comme une crise d’épilepsie, mais nous avons un long chemin à parcourir. »

Le Professeur Kanter, un physicien de renommée mondiale qui a reçu une chaire à l’âge de 33 ans, prend soin de conduire Goldenthal à la station de bus tous les soirs . « Le talent d’Amir est extraordinaire, sans aucune mesure. Il a remporté un prix lors de la Conférence Nobel au Japon pour le meilleur article de recherche, il donne des conférences à des scientifiques de première classe et a reçu des éloges. Je prédis qu’il va gagner un statut élevé dans la communauté , en Israël et dans le monde.  »

Il a remporte  »the Nobel Laureates Conférence » au Japon  pour le meilleur journal sur la recherche, il donne des conférences à des scientifiques de première-classe et a reçu des éloges. Je prédis qu’il va gagner un statut élevé dans la communauté médicale, en Israël et dans le monde « .

Adaptation Ashdodcafe.com
Source : www.ynetnews.com/

1 décembre 2015

Epilepsie : l'institut des épilepsies ouvre ses portes à Lyon

Ajoutée le 23 nov. 2015

Dans cette interview, Véronique Laplane, chargée de mission pour la fondation Idée, nous parle de l'ouverture de l'Institut consacré à l'épilepsie à Lyon.

http://www.fondation-idee.org/

24 octobre 2015

Epilepsie : des insuffisances dans la prise en charge en France

article publié sur France info

C'est un cri d'alarme de tous les acteurs de l'épilepsie en France. Cette maladie neurologique chronique, qui provoque des crises de convulsions à répétition, serait, selon eux, mal prise en charge. Le point avec le Professeur Didier Leys, qui dirige le service neurologie du CHRU de Lille et préside la Société française de neurologie.

Par

Mis à jour le 21/10/2015 | 16:43 , publié le 21/10/2015 | 16:43

  • Vous vous inquiétez particulièrement de la situation des enfants. Ils seraient 900.000 à être touchés par l'épilepsie en France.
    Y a-t-il un retard au diagnostic ?

Pr Didier Leys : "On estime à 1% le nombre de Français atteints d’épilepsie. La plupart des cas d’épilepsie débutent pendant l’enfance, et tout va dépendre de l’orientation du patient dès la premier crise. Si cette orientation n’est pas correcte, il peut y avoir un retard dans la prise en charge. Il y a un risque de sous-diagnostic, c'est-à-dire qu'on n'identifie pas comme épileptique un enfant qui l'est. Mais il peut aussi y avoir un risque de sur-diagnostic, qui peut déboucher sur un traitement abusif pour des patients qui n'ont en réalité pas besoin d'un traitement."

  • Qu'est-ce qu’une bonne orientation ?

Pr Didier Leys : "Une bonne orientation se fait dès la première crise. Il faut bien différencier les crises qui vont révéler une maladie d'un tout autre type (accident vasculaire cérébral, tumeur, etc.) pour se focaliser sur l'épilepsie, c'est-à-dire une prédisposition à répéter des crises. Le diagnostic doit être fait le plus tôt possible pour que le meilleur traitement (chirurgie ou médicament) puisse être prescrit le plus rapidement possible."

  • Vous alertez sur les difficultés d'accès à l'électroencéphalogramme…

Pr Didier Leys : "Au-delà de l'examen clinique, bien sûr, l'électroencéphalogramme est très important, car il permet de confirmer le diagnostic, mais aussi de préciser de quel type d'épilepsie il s'agit. Or actuellement, il y a une difficulté d'accès à cet examen dans le secteur libéral, parfois aussi dans le secteur public, avec une obligation d'avoir recours à la télémédecine…"

  • Y a-t-il une prévention possible ?

Pr Didier Leys : "L'urgent, c'est de mieux former les médecins - surtout les urgentistes, puisque la première crise d'épilepsie passe d'abord entre les mains des urgentistes avant d'arriver entre les mains d'un neurologue. Mais il faut aussi éduquer le public, notamment les enseignants qui peuvent avoir un regard erroné sur les enfants épileptiques."

  • Vous évoquez une image "moyenâgeuse" de l’épilepsie, qui subsisterait dans les esprits. Qu'entendez-vous par là ?

Pr Didier Leys : "Au Moyen-Age, l'épileptique était considéré comme possédé par le démon… Il faut reconnaître que c'est très spectaculaire d'observer une crise généralisée, avec perte de connaissance et morsure de langue. C'est impressionnant même pour les médecins. Mais parfois aussi il y a des crises difficiles à identifier, notamment chez l'enfant : c'est alors une absence, une rupture de contact, difficiles à reconnaître, surtout par la famille ou les enseignants."

10 octobre 2015

Dépakine : la justice se penche sur le scandale

article publié dans Le Figaro

ImageForum Des boîtes de Dépakine.
Par figaro iconAnne Jouan - le 09/10/2015
INFO LE FIGARO - Le Figaro   s'est procuré un document de 1989 du ministère de la Santé qui met en cause les autorités et le laboratoire qui produit cet antiépileptique.

À présent, la justice. Le parquet de Paris vient, selon nos informations, d'ouvrir une enquête préliminaire à propos de la Dépakine. Jusqu'à présent, seule l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) investiguait sur cet antiépileptique commercialisé en France depuis 1967 par Sanofi, puis par les génériqueurs Zentiva, Biogaran, Aguettant, Teva, Sandoz, Arrow, Mylan et EG Labo.

Les enquêteurs doivent déterminer si le laboratoire et les autorités ont transmis assez tôt aux médecins et aux patientes les connaissances issues de la littérature scientifique. En effet, depuis le début des années 1980, l'acide valproïque, principe actif de la Dépakine, est accusé d'avoir des effets indésirables graves chez le fœtus quand il est ingéré par une femme enceinte. Il s'agit notamment d'une maladie appelée spina-bifida dont les conséquences peuvent être dramatiques: troubles moteurs, paralysie, incontinence. Il est aussi responsable d'une forme d'autisme et de troubles du comportement, mais les notices ne mentionneront pas ces effets immédiatement après parution d'études scientifiques, dont les premières datent de 1994 puis 2000.

Information primordiale

Parmi les documents auxquels vont très certainement s'intéresser les enquêteurs figure cette pièce maîtresse du puzzle que s'est procurée Le Figaro. Elle date du 24 octobre 1989. Ce jour-là, le ministère de la Santé (dont Claude Evin est en charge) écrit au pharmacien responsable du laboratoire à propos d'un autre médicament, la Dépamide, prescrit pour les troubles maniaco-dépressifs. Il s'agit de modifier l'autorisation de mise sur le marché. Sous la plume de Jean-Loup Keene, le service de la pharmacie et du médicament du ministère note au paragraphe grossesse: «Dépamide se transforme en grande partie en acide valproïque. Compte tenu de ces données, des moyens contraceptifs efficaces sont indiqués pendant la durée du traitement.»

Jean-Loup Keene, aujourd'hui président du comité de déontologie de l'Académie de pharmacie, fait donc dès 1989 le lien entre l'acide valproïque et les effets indésirables sur le fœtus. Or, pour la Dépakine, elle aussi composée d'acide valproïque, ce n'est qu'en 2006 que les notices à destination des médecins indiquent: «Si une grossesse est envisagée, toutes les mesures seront mises en œuvre pour envisager le recours à d'autres thérapeutiques.» Avant cette date, «il ne semble pas légitime de déconseiller une conception», disent-elles. Cette information primordiale ne sera communiquée aux patientes qu'en… 2010.

Des enfants inutilement exposés

1989 en France. C'est le début de l'affaire du sang contaminé. Les premières plaintes ont été déposées en 1988, l'instruction judiciaire commence quelques mois plus tard. Que se passe-t-il alors au ministère de la Santé autour de la Dépamide? A-t-on la tête trop occupée par le sang contaminé pour ne pas voir que d'autres médicaments se transforment eux aussi en acide valproïque avec les mêmes effets délétères pour le fœtus? Pourquoi la Direction de la pharmacie et du médicament n'exige-t-elle pas de l'industrie qu'elle modifie en conséquence toutes les notices des produits valproate?

Et que dire du laboratoire? Pourquoi attendre 2006 pour la Dépakine alors que tout est clair en 1989 pour la Dépamide? Si le travail fait en 1989 pour la Dépamide avait été élargi à la Dépakine, combien de naissances d'enfants gravement handicapés aurait-on pu éviter entre 1989 et 2006? Les enquêteurs ne manqueront sans doute pas de poser ces questions aux principaux intéressés. «Les autorités de santé et le laboratoire avaient donc connaissance depuis des années de la toxicité du produit! Des enfants ont été inutilement exposés à un produit très dangereux», estime Me Charles-Joseph Oudin, qui défend des victimes du valproate.

Contacté par Le Figaro, Jean-Loup Keene explique qu'entre notifier les effets secondaires d'un médicament et les élargir à toute une classe fabriquée à partir de la même molécule, il y a un monde. Avec son langage policé de haut fonctionnaire, cela donne: «Il s'agit de deux procédures différentes.»


L'information des patientes financée  par la collectivité

Selon nos informations, l'été dernier l'Agence française du médicament (ANSM) a dû débourser 95. 000 euros pour imprimer et diffuser aux praticiens les nouvelles conditions  de prescription et de délivrance  de la Dépakine voulues par l'Agence européenne du médicament. C'est donc l'argent public qui a servi à délivrer les informations censées être données par l'industrie. Il s'agit  de plusieurs documents: le livret d'information pour le praticien ainsi que celui pour les patientes, comprenant un protocole d'accord. Ce dernier explique les effets secondaires de la Dépakine en cas de grossesse et requiert le consentement de la patiente ainsi que l'engagement du médecin. Étonnamment, beaucoup de médecins n'ont pas encore reçu ces documents.

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12 juillet 2015

Après l'épilepsie, SynapCell s'ouvre à d'autres pathologies

Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général de SynapCell. La société compte conquérir 5 à 10 % du marché mondial pour la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie dans les trois ans. Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général de SynapCell. La société compte conquérir 5 à 10 % du marché mondial pour la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie dans les trois ans.
Leader sur le marché mondial de l’épilepsie, la société ouvre sa technologie prédictive de l’efficacité des médicaments à trois autres pathologies du cerveau : Parkinson, autisme et schizophrénie. En jeu : réduire les échecs de mise sur le marché des traitements. Un gain considérable pour les laboratoires pharmaceutiques.

Après 10 ans de recherche sur les pathologies du cerveau, développant des solutions prédictives pour optimiser le développement de médicaments, SynapCell a développé une technologie qui lui a permis de s’imposer au premier rang mondial sur le marché de l’épilepsie (60 % de parts de marché).

Aujourd’hui applicable à toutes les maladies neuropsychiatriques, cette technologie doit permettre à SynapCell de conquérir de nouveaux secteurs thérapeutiques, à commencer par la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie. « Après deux années de développement, nos nouvelles solutions sortent ce mois de juin », expliquent ensemble Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général.

Il faut savoir que l’on constate 80 % d’échecs en phase d’essais cliniques (soit après 6 à 8 ans de R&D), et les médicaments mis sur le marché sont très controversés car encore trop peu efficaces et générateurs d’effets secondaires lourds pour les patients.

Trouver de nouvelles molécules plus performantes et diminuer de façon significative les échecs de mise sur le marché des traitements est essentiel…

Créée en avril 2005, SynapCell (11 personnes, pépinière Biopolis dédiée à la santé à La Tronche), jouit de la proximité du Grenoble Institut des Neurosciences, berceau des neurosciences en France. Grâce à sa technologie, SynapCell est inscrite dans plusieurs projets collaboratifs nationaux et européens.

Experte de l’activité électrique du cerveau, SynapCell a la capacité de lire, enregistrer et interpréter l’activité cérébrale, afin de prédire l’efficacité ou non d’une molécule.

« Mettre une nouvelle molécule sur le marché, estime Yann Roche, coûte environ 4 milliards d’euros. D’où l’intérêt pour l’entreprise de trouver la bonne molécule dès le départ… C’est ce que nous faisons. SynapCell reçoit des molécules de ses clients, réalise ses expériences et identifie la bonne molécule. » « Nous nous adressons, précise Corinne Roucard, à tout développeur de médicament, grandes entreprises pharmaceutiques comme petites structures de quelques personnes. »

En 10 ans, plus de 100 molécules ont été qualifiées par SynapCell, au profit de 25 industriels pharmaceutiques implantés dans le monde, États-Unis, Canada, Japon… SynapCell espère gagner 5 à 10 % de parts de marché sur les secteurs liés à la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie d’ici à 3 ans.

SYNAPCELL en bref
ACTIVITE : biotech
CREATION : 2005
IMPLANTATION: Biopolis à La Tronche
CA: 890 000 €
EFFECTIFS: 11 salariés
RESULTAT NET : NC
REPARTITION DU CAPITAL : fondateurs et fonds d’investissement : Rhône-Alpes Création, Grenoble Angels Participations 1 et 2, Viaduc8, Expansinvest, business angels

6 juin 2015

L'épilepsie, 50 millions de personnes dans le monde

article publié dans Techno-Science.net


Électroencéphalogramme caractéristique de la crise épileptique.Illustration Wikimedia Commons

L'épilepsie est une affection chronique du cerveau qui touche toutes les populations du monde. Elle se caractérise par des crises récurrentes se manifestant par de brefs épisodes de tremblements involontaires touchant une partie du corps (crises partielles) ou l'ensemble du corps (crises généralisées). Elles s'accompagnent parfois d'une perte de conscience et du contrôle de la vessie et de l'évacuation intestinale. Ces crises résultent de décharges électriques excessives dans un groupe de cellules cérébrales.

Ces crises sont le résultats de décharges électriques excessives. Ces décharges peuvent se produire dans différentes parties du cerveau. Les crises peuvent varier en intensité, allant de brèves pertes d'attention ou de petites secousses musculaires à des convulsions sévères et prolongées. Leur fréquence est également variable, de moins d'une fois par an à plusieurs fois par jour.

Une crise unique ne signe pas l'épilepsie (jusqu'à 10% de la population mondiale en a une au cours de la vie). La maladie se définit par la survenue d'au moins deux crises spontanées. C'est l'une des affections les plus anciennement connues de l'humanité, mentionnée dans des documents écrits qui remontent à 4000 avant J.-C.

Elle a suscité pendant des siècles la crainte, l'incompréhension, les discriminations et la stigmatisation sociale. Cela continue de nos jours dans de nombreux pays et peut avoir des répercussions sur la qualité de vie des personnes atteintes et de leur famille.

Principaux faits

- L'épilepsie est une affection neurologique dont on peut souffrir à n'importe quel âge.
- Dans le monde, environ 50 millions de personnes en sont atteintes, ce qui en fait l'une des affections neurologiques les plus fréquentes.
- Près de 80% des personnes souffrant d'épilepsie vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
- L'épilepsie peut être traitée dans 70% des cas environ.
- Près des trois quarts des personnes affectées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne bénéficient pas du traitement dont elles ont besoin;
- Les personnes atteintes et leur famille peuvent être confrontées à la stigmatisation et à des discriminations dans de nombreuses régions du monde.

Signes et symptômes

Les manifestations cliniques des crises sont variables et dépendent de la localisation de la perturbation à l'origine dans le cerveau et de sa propagation. On observe des symptômes passagers, comme une désorientation ou une perte de conscience, et des troubles du mouvement ou des sensations (visuelles, auditives, gustatives), ainsi que l'humeur ou les fonctions cognitives.

Les personnes souffrant de crises ont tendance à avoir davantage de problèmes physiques (par exemple, fractures ou hématomes dus aux crises), et une fréquence plus élevée de troubles psychosociaux, comme l'anxiété ou la dépression. De même, le risque de décès prématuré est jusqu'à trois fois plus élevé chez les personnes atteintes d'épilepsie que dans la population générale; les taux les plus élevés se trouvent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et dans les zones rurales par rapport aux zones urbaines.

Une proportion importante des causes de décès liés à l'épilepsie dans les pays à revenu faible ou intermédiaire sont potentiellement évitables (chutes, noyades, brûlures et crises prolongées).

Fréquence de la maladie

Environ 50 millions de personnes vivent actuellement avec l'épilepsie dans le monde. On estime que, dans la population générale, la proportion de personnes souffrant d'épilepsie évolutive (c'est-à-dire présentant des crises chroniques ou nécessitant un traitement) à un moment donné se situe entre 4 et 10 pour 1000 personnes. Toutefois, certaines études dans les pays à revenu faible ou intermédiaire suggèrent que ce chiffre est bien plus élevé et se situerait entre 7 et 14 pour 1000 personnes.

À l'échelle mondiale, on estime que l'épilepsie est diagnostiquée chez 2,4 millions de personnes chaque année. Dans les pays à revenu élevé, le nombre annuel de nouveaux cas dans la population générale se situe entre 30 et 50 pour 100 000 personnes. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, ces chiffres peuvent être jusqu'à deux fois plus élevés.

Ce phénomène est vraisemblablement dû au risque accru de maladies endémiques, telles que le paludisme ou la neurocysticercose, à l'incidence accrue des blessures liées aux accidents de la route et aux lésions liées aux grossesses, et aux variations des infrastructures médicales, à la disponibilité des programmes sanitaires de prévention et à l'accès aux soins. Près de 80% des personnes atteintes d'épilepsie vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Causes

L'épilepsie n'est pas contagieuse. Le type le plus courant de cette maladie, concernant six personnes atteintes sur dix, est appelé épilepsie idiopathique; il n'y a alors pas de cause connue.

Lorsqu'on peut en déterminer la cause, on parle d'épilepsie secondaire ou symptomatique. Les causes peuvent en être:
- une lésion cérébrale due à des traumatismes prénatals ou périnatals (manque d'oxygène, traumatisme à la naissance ou faible poids de naissance);
- des anomalies congénitales ou des troubles génétiques s'associant à des malformations cérébrales;
- un traumatisme grave à la tête;
- un accident vasculaire cérébral privant le cerveau d'oxygène;
- un accident vasculaire cérébral qui réduit la quantité d'oxygène dans le cerveau;
- une infection touchant le cerveau, comme une méningite, une encéphalite ou une neurocysticercose;
- certains syndromes génétiques;
- une tumeur cérébrale.

Traitement

L'épilepsie peut être facilement traitée par la prise quotidienne de médicaments dont le coût est dérisoire (5 dollars (US $) par an. Selon des études récentes, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les médicaments anti épileptiques permettent de traiter avec succès jusqu'à 70% des enfants et des adultes chez qui une épilepsie vient d'être diagnostiquée (c'est-à-dire qu'on obtient la disparition complète des crises).

De plus, au bout de 2 à 5 ans de traitement réussi et d'absence de crises, on peut supprimer les médicaments chez environ 70% des enfants et 60% des adultes sans rechutes ultérieures.

- Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, environ trois quarts des personnes atteintes d'épilepsie ne reçoivent pas le traitement dont elles ont besoin. C'est ce que l'on appelle la "lacune thérapeutique".
- Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les médicaments antiépileptiques sont peu disponibles. Selon une étude récente, la disponibilité des antiépileptiques génériques dans le secteur public des pays à revenu faible ou intermédiaire est en moyenne inférieure à 50%. Cela peut constituer un obstacle à l'accès au traitement.
- On peut diagnostiquer et traiter la plupart des personnes épileptiques au niveau des soins primaires sans avoir recours à un équipement sophistiqué.
- Les projets de démonstration de l'OMS ont montré que former les agents de santé primaire au diagnostic et au traitement de l'épilepsie peut réduire efficacement la lacune thérapeutique dans ce domaine. Inversement, le manque de personnel de santé formé peut constituer un obstacle au traitement pour les personnes atteintes d'épilepsie.
- La chirurgie peut être bénéfique pour les patients ne réagissant pas aux traitements médicamenteux.

Prévention

Elle est impossible pour l'épilepsie idiopathique. En revanche, on peut prendre des mesures pour éviter les causes connues d'épilepsie secondaire.
- La prévention des traumatismes de la tête est le moyen le plus efficace d'éviter l'épilepsie post-traumatique.
- La qualité des soins périnatals permet de réduire le nombre des nouveaux cas d'épilepsie dus à des traumatismes à la naissance.
- Le recours à des médicaments ou à d'autres méthodes visant à abaisser la température corporelle d'un enfant fiévreux peut réduire le risque de crises fébriles.
- Les infections du système nerveux central sont des causes courantes d'épilepsie dans les régions tropicales, où l'on trouve la grande majorité des pays à revenu faible ou intermédiaire. L'élimination des parasites dans ces environnements et l'éducation pour savoir comment éviter les infections sont des moyens efficaces pour faire baisser le nombre des cas d'épilepsie dans le monde, par exemple ceux dus à la neurocysticercose.

Conséquences économiques et sociales

L'épilepsie représente 0,75% de la charge mondiale de morbidité, une mesure basée sur le temps et combinant les années de vie perdues à cause de la mortalité prématurée et le temps vécu dans un état de santé qui n'est pas optimal. En 2012, l'épilepsie était responsable d'une perte d'environ 20,6 millions d'années de vie corrigées de l'incapacité (DALY). Elle a aussi des conséquences économiques importantes en termes de besoins de soins de santé, de décès prématurés et de perte de productivité.

Une étude conduite en Inde en 1998 a établi que le coût par patient du traitement antiépileptique atteignait 88,2% du produit national brut (PNB) par habitant, et que les coûts liés à l'épilepsie (frais médicaux, trajets et absentéisme au travail) dépassaient 1,7 milliard de dollars (US $) par an.

Bien que les répercussions sociales varient d'un pays à l'autre, les discriminations et la stigmatisation qui vont de pair avec l'épilepsie dans le monde sont souvent plus difficiles à surmonter que les crises elles-mêmes. Les personnes atteintes peuvent être victimes de préjugés. La stigmatisation de cette maladie peut conduire ceux qui en souffrent à ne pas chercher à traiter leurs symptômes pour éviter d'être identifiés comme épileptiques.

Droits de la personne

Entre autres limitations, les personnes atteintes d'épilepsie ont un accès restreint aux assurances maladies et aux assurances vie, sont empêchées de passer le permis de conduire et rencontrent des obstacles pour exercer certains métiers. Dans de nombreux pays, la législation témoigne encore des siècles de méconnaissance de l'épilepsie.

Ainsi:
- En Chine et en Inde, on considère couramment que l'épilepsie est un motif d'interdiction ou d'annulation des mariages.
- Au Royaume-Uni, la loi interdisant aux personnes souffrant d'épilepsie de se marier n'a été abrogée qu'en 1970.
- Aux États-Unis, jusque dans les années 1970, il était légal d'interdire aux personnes susceptibles d'avoir des crises l'accès aux restaurants, aux théâtres, aux centres de loisirs et aux autres bâtiments publics.

Les législations basées sur les normes reconnues au niveau international pour les droits de l'homme permettent d'éviter les discriminations et les violations de ces droits, d'améliorer l'accès aux services de santé et la qualité de vie des personnes souffrant d'épilepsie.

Action de l'OMS

L'OMS et ses partenaires reconnaissent que l'épilepsie est un grand problème de santé publique. Depuis 1997, l'OMS, la Ligue internationale contre l'Épilepsie et le Bureau international de l'Épilepsie mènent une campagne mondiale, "Sortir de l'ombre", pour informer, faire mieux connaître cette maladie et renforcer les efforts des secteurs public et privé visant à en atténuer l'impact et à améliorer les soins.

Cette initiative, ainsi que d'autres projets de l'OMS sur l'épilepsie, a montré qu'il existe des moyens simples et rentables pour traiter l'épilepsie dans des contextes dépourvus de ressources, réduisant ainsi substantiellement la lacune thérapeutique. Par exemple un projet mené en Chine a permis de réduire la lacune thérapeutique de 13% sur un an et d'améliorer notablement l'accès aux soins pour les personnes atteintes d'épilepsie.

Dans de nombreux pays, des projets sont en cours pour réduire les lacunes au niveau du traitement, la morbidité pour les personnes atteintes, former et éduquer les professionnels de santé, faire disparaître la stigmatisation, déterminer le potentiel de prévention et élaborer des modèles intégrant la lutte contre l'épilepsie dans les systèmes locaux de santé.

En particulier, le programme de l'OMS pour réduire la lacune thérapeutique de l'épilepsie et son programme d'action pour la santé mentale (mhGAP) cherchent à atteindre ces buts au Ghana, au Mozambique, au Myanmar et au Viet Nam.

Ce projet sur 4 ans combine plusieurs stratégies innovantes. Il est centré sur le développement des compétences des agents de soins primaires et des professionnels de santé non spécialistes au niveau communautaire pour diagnostiquer, traiter et suivre les personnes atteintes d'épilepsie. Il mobilisera la communauté pour mieux aider les personnes épileptiques et leurs familles.

14 mai 2015

Les dangers de la dépakine : Ils ont abîmé nos enfants

article publié sur rtbf.be

Mis à jour le mercredi 13 mai 2015 à 7h45

Association belge des victimes du syndrome valproate

Association belge des victimes du syndrome valproate - http://www.valproate-syndrome.be/

C’est l’un des médicaments les plus efficaces contre l’épilepsie, mais l’un des plus dangereux pour les bébés, si la maman le prend pendant la grossesse : la dépakine a engendré des troubles cognitifs chez de nombreux enfants. Aujourd’hui, des milliers de familles ignorent toujours l’origine du handicap de leurs enfants. C’est pour informer sur ce "syndrome du valproate" qu’une équipe de parents de victimes court ce jeudi aux 10 km d’Uccle.

C’est comme si le scandale des bébés Softenon se répétait, comme si la société n’avait pas tiré les leçons de cette tragique histoire.

Ce sont des femmes épileptiques, bipolaires ou migraineuses à qui l’on a prescrit de la dépakine. Ce médicament a amélioré leurs conditions de vie et leur convient d’ailleurs plutôt bien.

"Quand je suis tombée enceinte, explique Nathalie Rossignol, j’ai toutefois consulté une gynécologue spécialisée dans les grossesses à risque et elle m’a rassurée. Elle m’a même dit que des grossesses sous dépakine, elle en suivait très régulièrement".

C’était il y a 10 ans. La grossesse se passe à merveille, la naissance aussi. Nathalie se souvient toutefois avoir remarqué que sa fille Mila avait une implantation de cheveux qui descendait loin vers le cou. Elle ne le découvrira que des années plus tard : cette implantation particulière du cheveu est l’un des symptômes du syndrome du valproate.

Car les enfants affectés ont comme un air de cousin éloigné. "Ils ont souvent les yeux plus écartés, le nez plus épaté, la lèvre supérieure plus fine…"

Mila a 10 ans aujourd’hui. Elle souffre de dysphasie, un handicap plutôt léger par rapport à d’autres formes du syndrome du valproate.

"Il y a des familles qui ont plusieurs enfants affectés, ça va de l’autisme, au trouble du langage ou du comportement". L’enfant dont la mère a pris de l’acide valproïque pendant la grossesse a entre 30 et 40 % de risques de développer un trouble cognitif ou neurologique. Dix pourcent de ces enfants risquent de développer des malformations physiques.

Trois à quatre mille familles belges seraient touchées

Quand Nathalie Raemdonck découvre que la dépakine est à l’origine du handicap de ses deux fils, en 2011, elle se renseigne et se rend compte que d’autres pays ont déjà constitué des associations de victimes.

C’est le cas de la Grande-Bretagne. "Ils avaient déjà 10 ans de combat derrière eux, explique-t-elle. Et si on extrapole leurs chiffres, on aurait, en Belgique entre 3000 et 4000 familles concernées par le syndrome".

Nathalie Raemdonck a alors décidé de fonder une association belge des victimes du syndrome. Nathalie est épileptique. "Je prends de la dépakine et ce médicament me convient très bien. C’est une bonne molécule mais pas pour les jeunes femmes en âge de procréer".

Elle en sait quelque chose. Ses deux fils en sont affectés : Jérôme souffre de dysphasie, comme Mila et Robin, 19 ans, autiste, demande une attention permanente. La dépakine a donc fondamentalement changé sa vie. "J’avais arrêté le médicament et quand je l’ai repris, en 2011, j’ai relu la notice. C’est là que j’ai vu qu’une petite phrase avait changé. On parlait de risques de troubles autistiques chez la descendance".

Un médicament réévalué

La dépakine a été réévaluée très récemment. L’agence européenne du médicament et les agences nationales ont durci les restrictions et renforcé les informations à destination des professionnels et des patients.

Le 8 décembre, l’agence belge du médicament publiait sur son site un communiqué où elle recommande notamment aux médecins de "s’abstenir de prescrire du valproate pour la prévention de la migraine à des femmes n’utilisant pas un moyen de contraception efficace".

Recommandations de l'agence du médicament

Recommandations de l'agence du médicament - © http://www.fagg-afmps.be/fr/news/news_cmdh_valproaat_2014_12_8.jsp

"Ca fait déjà toute une partie de la population qui ne prendra plus ces risques", se réjouit Nathalie Raemdonck.

L’agence précise aussi que ces recommandations plus strictes font suite à différentes études selon lesquelles 30 à 40 % des très jeunes enfants qui ont été exposés à l’acide valproïque dans l’utérus ont des problèmes de développement, notamment des retards de la marche et de la parole, des problèmes de mémoire, des difficultés avec le discours et le langage et des facultés intellectuelles inférieures à la normale (1,2,3,4,5). Voilà qui s’ajoute aux problèmes qu’on connaissait déjà : "trouble du spectre autiste (environ 3 fois plus élevé que dans la population générale) et un autisme infantile (5 fois plus élevé que dans la population générale)".

Enfin, il y a aussi un risque accru de développer des symptômes du trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention et les bébés ont 11% de risques de naître avec des malformations physiques.

"C’est dramatique pour toutes ces familles", déplore Nathalie Raemdonck, rejointe par Nathalie Rossignol : "Ils ont abîmé nos enfants. Trente à quarante pourcent de risques, c’est énorme. Ça veut dire trois ou quatre enfants sur dix ! Et certains médecins continuent aujourd’hui à prescrire ce médicament à des femmes enceintes ".

Des médecins qui n’informent pas toujours

Des brochures d’information doivent être imprimées pour informer les médecins généralistes et spécialistes des risques courus par les enfants su la maman prend de la dépakine pendant la grossesse.

"Il y a encore plein de familles, des milliers, qui ne savent pas pourquoi leur enfant est handicapé, soupire Nathalie Rossignol. Aujourd’hui certains médecins ignorent encore la situation, d’autres sont sensibilisés, et d’autres encore savent mais n’informent pas les patients".

Un médecin spécialiste du syndrome du valproate nous confie d’ailleurs le point de vue de certains médecins. Ils estimeraient que continuer le traitement est moins risqué pour la maman que d’en changer pour protéger le bébé à naître, et, forts de cette certitude, ils n’informeraient donc pas les patients des risques encourus.

O. Leherte

7 mai 2015

PARIS cité des sciences - 21 mai 2015 -Conférence -> Epilepsie : des traitement pour demain

21 mai 2015

Paris – Que sait-on sur l’épilepsie, et comment améliorer la prise en charge des patients concernés ? Posez vos questions à des spécialistes du domaine à l’occasion de la prochaine conférence "Santé en questions", ouverte à tous et gratuite.

Public : Grand public
Lieu : Auditorium de la Cité des sciences et de l'industrie de Paris, en duplex avec la médiathèque du Bachut de Lyon . À suivre aussi sur Twitter via @InsermLive ou #ConfSanT 
Date et horaires : Jeudi 21 mai 2015, de 19h à 20h30
Modalités pratiques : Accès gratuit, réservations à conferences@universcience.fr

L’incidence de l’épilepsie se situe autour de 50 cas pour 100 000 habitants dans les pays développés, ce chiffre étant plus élevé chez les enfants et les personnes âgées. Aujourd’hui, 60 à 70 % des patients répondent favorablement aux traitements médicamenteux et  de  nouveaux traitements sont actuellement à l’étude…

Autant de questions autour desquelles débattra le public avec les interventions de :

  • Laila Ahddar, présidente de l’association Épilepsie France
  • Gilles Huberfeld, neurologue à l’hôpital Pitié Salpêtrière de Paris, chercheur au laboratoire Inserm « Épilepsies de l’enfant et plasticité cérébrale »
  • Julien Jung, médecin et chercheur au laboratoire Inserm « DYCOG - Dynamique cérébrale et cognition » du Centre de recherche en neurosciences de Lyon
  • Laurent Bezin, co-directeur de l'équipe " Recherche translationnelle et intégrative en épilepsie" (TIGER) au Centre de recherche en neuroscience de Lyon

Venez participer à ce moment d’échanges entre le public, la société civile et les scientifiques.
 Un débat animé par Marina Julienne.

Les connaissances acquises en sciences de la vie et de la santé aident à élaborer des thérapies pour combattre les maladies. Ces progrès peuvent aussi soulever des questions éthiques, sociétales et économiques. « Santé en questions » est un cycle de conférences citoyennes organisé par l'Inserm, Universcience et les acteurs régionaux de la culture scientifique et technique pour faciliter le débat.

17 février 2015

Dossier sur l'Epilepsie réalisé par l'INSERM ... on sait que l'epilepsie est très souvent associé à l'autisme

Dossier publié sur le site de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

Epilepsie

Dossier réalisé en collaboration avec Patrick Chauvel, unité Inserm 1106 "Institut de neurosciences des systèmes" - Octobre 2012.

L’épilepsie est connue depuis l’Antiquité où elle est décrite dans des textes indiens, grecs et romains. Bien que le terme au singulier reste d’usage courant, il serait plus exact de parler d’épilepsies au pluriel, ou de syndrome épileptique, car le trouble a des causes, des mécanismes et des manifestations divers.

L’épilepsie, une maladie multiforme

On appelle aujourd’hui épilepsie la récurrence spontanée de crises épileptiques qui résultent d’une décharge anormale et simultanée de milliers de neurones. Elle se propage dans le cerveau et produit des symptômes caractéristiques et variables selon l’origine cérébrale et la propagation.

Que se passe-t-il au niveau des neurones ?

Les diverses manifestations de la crise épileptique ont pour origine commune un fonctionnement anormal de certains neurones : ceux-ci sont hyperexcitables et synchronisent anormalement leur activité, ce qui provoque une décharge électrique excessive dans les réseaux neuronaux connectés.
On peut imaginer une sorte de "court-circuit" dans le fonctionnement cognitif et/ou le comportement du sujet.
Les raisons pour lesquelles les neurones se placent dans un tel état d’oscillation synchrone et pathologique sont encore imparfaitement connues.

Sur cette image, on observe des neurones embryonnaires de rat. Après 14 jours de culture, ils ont été transfectés par un plasmide codant pour la forme sauvage de la sous-unité gamma 2 du récepteur au GABA (GABRG2), un neurotransmetteur impliqué dans l¿épilepsie, puis laissé en culture 19 jours supplémentaires avant fixation et marquage par immunofluorescence. Les noyaux cellulaires sont marqués en bleu par le Dapi, Gabrg2 est marqué en vert et les synapses inhibitrices sont repérées en rouge par un anticorps anti GAD6 (GAD65 + GAD67). Les synapses sont des zones de contacts fonctionnels entre neurones, où les signaux chimiques sont traduits. Notamment la présence de GABA. On note sur cette image la juxtaposition entre les éléments présynaptique (GAD, rouge) et postsynaptique (GABRG2, vert) au niveau de synapses inhibitrices, ainsi que la présence de GABRG2 au niveau extra-synaptique. Image réalisée au Centre de Recherche de l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (CRICM) U975, Equipe

Marquage de neurone

Des symptômes très variables selon la localisation

L’origine de la crise épileptique se situe dans la majorité des cas dans le cortex cérébral. Les décharges peuvent variablement activer les systèmes neuronaux de la motricité, des organisations cognitives, des émotions, des systèmes végétatifs, et même des comportements. La diversité des aires cérébrales concernées explique la grande variété des symptômes.

- Une décharge prenant naissance au niveau du cortex moteur dans la représentation de la main se traduira par un raidissement ou des secousses rythmiques du pouce et des doigts et se propagera vers la racine du bras. Il pourra envahir une moitié du corps, voire les deux côtés selon les circonstances. Mais si la décharge démarre dans la représentation sensitive de la main, le sujet ressentira des sensations anormales dans les doigts (fourmillements, picotements), qui pourront de même s’étendre.

Activation du cortex visuel, auditif et somatosensoriel

Cortex

- Une décharge dans le cortex auditif ou visuel produira des hallucinations ou illusions auditives ou visuelles, dans le cortex olfactif ou gustatif des hallucinations olfactives ou gustatives (mauvaise odeur ou mauvais goût).

- Lorsqu’elle démarre dans des régions corticales dites "associatives" (qui traitent des informations à un niveau plus complexe), la crise peut engendrer des manifestations plus élaborées comme des sensations de lévitation, des hallucinations de musiques ou de scènes visuelles. ; Dans les régions d’un degré hiérarchique encore supérieur, des hallucinations de mémoire (déjà vu, déjà vécu, réminiscences de souvenirs) ou des productions de langage anormales (jargon) peuvent être produites.

- Les crises du lobe frontal (vaste région du cortex où s’organisent les comportements moteurs, en interaction avec les émotions) peuvent entraîner des gesticulations anormales, répétitives, prenant parfois l’aspect de comportements de fuite et de frayeur.

Lorsque les crises se produisent dans les régions associatives ou envahissent très rapidement de larges territoires, elles entrainent une perte de conscience.

Enfin, lorsque la région en cause est sensorielle, certaines crises peuvent être déclenchées par des stimuli précis, comme des feux clignotants, un écran d’ordinateur qui scintille, des bruits soudains…

Des crises, partielles ou généralisées

L’épilepsie n’est pas une maladie en tant que telle mais le symptôme de nombreuses pathologies du cerveau, et du cortex cérébral en particulier. Il existe des crises dites "partielles" ou "focales", qui sont la conséquence d’une lésion cérébrale, et des crises "généralisées", non lésionnelles, qui impliquent des mécanismes plus largement distribués dans le cerveau, notamment d’origine génétique.

Les lésions en cause dans les crises partielles peuvent être de nature très différente : tumeur cérébrale (gliome), lésion secondaire à une privation d’oxygène, lésion post-hémorragique, post-infectieuse (encéphalite, abcès), post-traumatique, ou consécutive à des anomalies du développement du cortex, à des processus immunologiques, etc… Certaines de ces "lésions" ne sont que l’expression locale d’une anomalie génétique.

Les crises généralisées
Une crise dite "généralisée" ou "Grand Mal" est caractérisée par des manifestations cliniques et électriques bilatérales et symétriques. Cette crise motrice, qui est la plus impressionnante, implique l’ensemble de la musculature squelettique et comporte une perte de conscience et des manifestations végétatives. Une autre forme de crise "généralisée" est "l’absence", encore appelée "Petit Mal". Ces crises se manifestent par une brusque rupture de la conscience qui apparaît comme un arrêt de toute activité pendant quelques secondes. Certains types d’absence sont accompagnés de "myoclonies", des secousses musculaires des racines des membres et de l’axe du corps qui peuvent entrainer une chute. Certaines crises généralisées sont en fait secondaires à la propagation dans le reste du cerveau de crises partielles : ce sont des crises "secondairement généralisées".

Une maladie fréquente, survenant précocement

Hippocampe d'un enfant épileptique. Autoradiographie des récepteurs à l'acide kainique. Encéphalopathies.

Epilepsie

L’incidence de l’épilepsie se situe autour de 50 cas pour 100 000 habitants dans les pays développés (OMS, Duncan et al 2006), ce chiffre étant plus élevé chez les enfants et les personnes âgées. Dans les pays moins développés, elle peut dépasser les 100 pour 100 000 en raison du manque d’hygiène, des risques plus importants d’infections à effet secondaire neurologique et des systèmes de soin défaillants. En France, 0,6 à 0,7 % de la population est concernée et dans 75 % des cas, la maladie s’est installée avant 18 ans.

L’évolution la plus redoutée est l’état de mal épileptique qui se manifeste par des crises très longues (plus d’une demi-heure) ou très rapprochées (sans reprise de conscience) pouvant aboutir à des lésions neurologiques et mettant en jeu le pronostic vital.

La durée de vie moyenne d’un patient épileptique est légèrement inférieure à celle de la population générale. Une mortalité accidentelle peut être associée à une crise (noyade, chute, accident) et l’épilepsie peut conduire au décès soudain chez les patients souffrant de crises chroniques non contrôlées. La lésion cérébrale primaire peut aussi être à l’origine d’une évolution fatale (en cas de tumeur cérébrale par exemple).

L’épilepsie présente d’autres comorbidités comme une association plus fréquente que la moyenne avec des dépressions. Du fait des déficits cognitifs qu’elle peut induire (troubles de la mémoire dans les épilepsies temporales et frontales), elle peut avoir des conséquences négatives importantes sur le bien-être, l’insertion socioprofessionnelle et la qualité de vie. Ainsi, la prise en charge des patients épileptiques représente un enjeu de santé publique important.

Des formes rares et précoces d’épilepsie
Il existe de nombreuses pathologies se traduisant par des symptômes épileptiques et se manifestant très tôt. Ainsi, le syndrome de West touche le nourrisson avant un an. Il associe des spasmes à divers troubles du développement psychomoteur. Le syndrome de Lennox-Gastaut se déclare un peu plus tard, entre 2 et 6 ans, avec des absences et des crises toniques (avec raidissement soudain et contraction des muscles). Le syndrome de Dravet (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson) apparaît dans les premiers mois de l’existence. Dans certains cas, les convulsions fébriles du bébé sans cause connue (comme une méningite ou d’autres infections) peuvent annoncer la survenue plus tardive d’une épilepsie du lobe temporal.
Plusieurs gènes impliqués dans des formes rares de syndromes épileptiques débutant dans l’enfance ont été identifiés. Mais dans la plupart des cas l’origine et le mécanisme exact des troubles restent inconnus.

Causes et facteurs de risque à l’étude

L’épilepsie est une maladie complexe et multifactorielle : elle associe des terrains génétiques et des facteurs environnementaux. On parle d’épilepsies symptomatiques lorsque les crises sont la conséquence d’une lésion identifiable, comme une tumeur ou un accident vasculaire cérébral, et d’épilepsies idiopathiques lorsqu’aucune cause n’est mise en évidence.

Des études génétiques et épigénétiques conduites sur des populations de malades comparées à des populations indemnes d’épilepsie sont en cours : elles devraient permettre à terme d’identifier et de classifier les origines moléculaires des différentes formes d’épilepsie, ainsi que leur évolution lors du développement et du vieillissement du patient. On sait déjà qu’il n’existe pas "un" gène de l’épilepsie mais de nombreuses variations génétiques et épigénétiques formant un terrain de susceptibilité.

 

On sait aussi que les facteurs de risque varient selon les âges et les sociétés. Les traumatismes crâniens, les infections du système nerveux central et les tumeurs peuvent surgir à tous les âges de la vie. Les troubles cardiovasculaires sont plus fréquents avec l’âge et constituent le facteur de risque le plus courant chez les personnes de plus de 60 ans. Dans les pays en développement, des maladies très répandues comme le paludisme produisent un terrain favorable à l’épilepsie. Le mode de vie a aussi son influence sur la survenue des crises chez les patients prédisposés : le faible taux de calcium et de glucose sanguin, le manque de sommeil, la consommation excessive d’alcool, le stress et les émotions violentes ont pu être statistiquement corrélés à des crises plus fréquentes.

Les progrès dans la classification des maladies neurologiques et psychiatriques permettent aujourd’hui de réaliser que les crises d’épilepsie sont fréquentes chez les autistes et les patients atteints de maladie d’Alzheimer, alors que ce fait était totalement ignoré il y a quelques années.

Les mécanismes neurobiologiques de la crise
Les mécanismes neurobiologiques pouvant conduire à une crise sont nombreux et distincts. Beaucoup d’entre eux sont encore mal compris mais leur action finale commune est l’hyperexcitabilité et l’hypersynchronie d’une population de neurones.
Cette excitation simultanée résulte d’une amplification de la transmission neuronale liée à l’action des acides aminés excitateurs comme l’acide glutamique, ainsi qu’à une altération de la transmission inhibitrice liée à un acide aminé inhibiteur : l’acide gamma-amino-butyrique ou GABA).
Certaines épilepsies sont liées à des mutations génétiques altérant des protéines présentes à la surface des neurones et impliquées dans ces transmissions. Par ailleurs, la répétition des décharges successives lors des crises (embrasement ou "kindling") favorise la pérennisation de l’épilepsie. Le cerveau garde la mémoire des crises par l’activation de certains récepteurs à l’acide glutamique (récepteurs NMDA) propres à activer des signaux qui facilitent les réponses ultérieures.

Le diagnostic

Electroencéphalographie, représentation cartographique tridimensionnelle d'un enregistrement d'une activité épileptique en différents points du scalp. Les électrodes posées sur la tête du patient sont représentées par des points blancs. Encéphalopathies.

Epilepsie

Le diagnostic de l’épilepsie est parfois difficile. Certaines crises rassemblent les symptômes les plus classiques de la maladie. D’autres sont plus difficiles à interpréter et peuvent résulter de troubles divers.

Le diagnostic repose sur un interrogatoire et un examen clinique, associés à l’électro-encéphalographie (EEG) et à l’imagerie cérébrale (IRM). L’interrogatoire et l’examen ont pour objectif de situer avec le plus de précision possible le début, la fréquence, le ressenti et les circonstances des crises. L’EEG permet de détecter des anomalies de grande amplitude qui sont les traces d’une activité neuronale anormale. Certaines mises en condition ayant pour effet de rendre les neurones plus excitables (lumière stroboscopique, privation de sommeil) peuvent faciliter l’émergence de ces anomalies.

La démarche diagnostique a deux objectifs principaux : (i) localiser la région épileptogène par l’EEG et les méthodes dérivées, (ii) rechercher et localiser une lésion responsable de l’épilepsie.

L’électroencéphalogramme, utile au diagnostic
L’électroencéphalographie consiste à enregistrer l’activité électrique cérébrale à la surface du cerveau, grâce à des électrodes. Cette technique permet de reconnaître des anomalies appelées « pointes » ou « pointe-ondes » (selon leur forme sur l’électroencéphalogramme), correspondant à la somme des potentiels excitateurs et inhibiteurs de milliers de neurones. Leur aspect, leur fréquence et leur topographie permettent parfois de caractériser leur signification pathologique et, souvent, leur localisation cérébrale. La vidéo-EEG, alliant l’enregistrement vidéo à l’EEG, met en relation la topographie de la décharge avec les symptômes des crises, donnant accès à l’origine anatomique des crises.

Des traitements essentiellement médicamenteux

Les traitements des épilepsies sont dans la grande majorité des cas, médicamenteux

Leur but est de bloquer les altérations de la transmission synaptique excitatrice ou inhibitrice et de limiter la propagation des crises. Ils agissent à différents niveaux : blocage des canaux synaptiques sodium, potassium ou calcium, inhibition de certains acides aminés excitateurs, stimulation d’autres molécules ayant un effet inhibiteur comme l’acide gamma-aminobutyrique (GABA).

Aujourd’hui, 60 à 70 % des patients répondent favorablement aux médicaments. La recherche travaille à la conception de nouvelles molécules plus efficaces ou présentant moins d’effets secondaires (fatigabilité, somnolence, tremblement, troubles psychomoteurs légers, etc.).

Alternatives aux médicaments et pistes pour demain

Dans 30 % des cas, les malades ne répondent pas de manière totale ou satisfaisante au traitement médicamenteux. Un traitement chirurgical peut alors être proposé si la région épileptogène est localisée dans une partie du cerveau qui peut être enlevée sans séquelle neurologique majeure. Seuls des examens approfondis permettent d’évaluer le rapport bénéfice/risque de cette opération aboutissant à l’ablation de la "zone épileptogène".
D’autres techniques chirurgicales palliatives, fondées sur la stimulation électrique cérébrale ou périphérique, peuvent apporter une amélioration s’il y a contrindication chirurgicale. De nouvelles méthodes radiochirurgicales sont en cours de développement.

Des travaux de recherche sont menés dans trois directions : prévoir la survenue des crises épileptiques afin d’adapter le traitement préventif ; développer une compréhension pharmacogénétique précise de la réponse et de la résistance aux traitements ; mettre au point des traitements locaux par application focale de médicaments ou de stimulations cérébrales dans la zone épileptogène.

Pour aller plus loin

Communiqués de presse

Associations de malades (liste non exhaustive)

Sites de référence

Multimédias

Les épilepsies - Émission la Tête au carré (France Inter) du 5 février 2014, avec Patrick Chauvel et Marie-Christine Picot

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