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"Au bonheur d'Elise"
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psychanalyse
15 avril 2019

Sophie Cluzel ne veut plus de psy pour l'autisme, les psys ne veulent plus de Cluzel

Neuf organisations représentant des psychiatres et des usagers ont dénoncé ce mardi dans un communiqué les propos de la secrétaire d'État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel qui a appelé à "arrêter de parler de psychiatrie" pour la prise en charge de l'autisme. Le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP) et le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) avait aussi réagi vendredi dernier.

La secrétaire d'État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, a réussi ce que ces prédécesseurs n’avaient jamais réussi à faire. Se mettre à dos, en l’espace de quelques jours, la majorité des organisations de psychiatrie.
 
Après le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP) et le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) vendredi dernier, neuf organisations (lire ci-dessous) représentant des psychiatres et des usagers ont dénoncé à leur tour ce mardi les propos de Sophie Cluzel qui avait appelé à "arrêter de parler de psychiatrie" pour la prise en charge de l'autisme.
 
Les faits remontent à lundi 1er avril. Et, le pire, c’est que ce n’est pas un poisson d’avril ! Recevant Sophie Cluzel RMC, le journaliste Jean-Jacques Bourdin a asséné en préambule de l'interview : "Il va falloir qu'on arrête une bonne fois pour toutes de placer ces enfants autistes devant des psychiatres."
 
La secrétaire d'État a répondu "complètement d'accord", en ajoutant souhaiter "qu'on arrête de parler de psychiatrie et qu'on parle vraiment d'une bonne prise en charge". Et de citer les "parents qui alertent les 'toubibs' et les 'toubibs' aujourd'hui disent 'mais ne vous inquiétez pas Madame, ça peut attendre', et on perd des mois et des mois. C'est ce que l'on veut arrêter".

Le CNPP n’a pas tardé à réagir dans un communiqué vendredi : "l’ensemble des sociétés savantes et syndicats de psychiatrie, condamne à l’unanimité et avec la plus grande fermeté les propos irresponsables et scandaleux de la secrétaire d’État aux personnes handicapées"

Et d’ajouter : "Ce n’est pas en stigmatisant les usagers de la psychiatrie et les professionnels qui contribuent à leurs soins et à leur insertion que l’on rend service à la communauté. Un membre du gouvernement se permet de jeter l’opprobre sur toute une discipline. Madame Sophie Cluzel doit immédiatement retirer ses déclarations indignes".
 
Ce mardi, neuf organisations ont montré leur solidarité avec le CNPP et le SPH en estimant dans un communiqué : "À l'heure où la ministre des solidarités et de la santé (Agnès Buzyn, NDLR) a fait de la psychiatrie une priorité et où elle s'apprête à annoncer la nomination d'un psychiatre en tant que délégué ministériel à la psychiatrie et à la santé mentale, il est extrêmement dommageable que des propos provenant d'une haute personnalité du gouvernement chargée des personnes handicapées viennent gravement disqualifier l’ensemble d’une discipline médicale et tout le travail de terrain effectué quotidiennement par des milliers de professionnels au service de ces personnes handicapées".

Des déclarations à contre-courant de l'Histoire

Et de tancer : "Alors que la reconnaissance du handicap psychique lui-même est née en 2005 de l'engagement commun de représentants d'usagers, de familles et des mêmes professionnels ainsi désavoués, de telles déclarations, à contre-courant de l'Histoire, ne peuvent qu'engendrer confusion et inquiétude pour un domaine qui nécessite au contraire une très grande rigueur intellectuelle et un souci d’apaisement bien à distance de toute dérive simplificatrice et de polémiques stériles, pour ne pas dire irresponsables".
 
Les organisations signataires du communiqué soulignent néanmoins l'"esprit de co-construction, de confiance et de respect mutuels" qui préside au "travail mis en place depuis plusieurs mois grâce aux efforts conjugués de la déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l'autisme (Claire Compagnon, NDLR]) et du comité national de pilotage de la psychiatrie".
 
Quant à la Fédération Française de Psychiatrie, elle attend d’Agnès Buzyn, « un soutien à la psychiatrie, qu’elle soit publique ou privée, afin que face à des situations cliniques complexes, douloureuses et difficiles, les différentes parties concernées avancent ensemble au lieu de stagner dans des conflits violents, inutiles et contre-productifs, alimentés comme dans cette situation par les responsables politiques », dans un communiqué publié ce mercredi.

Tout en se demandant à propos de Sophie Cluzel: "Comment peut-elle affirmer : « C’est fini, la psychiatrie ». Alors que le pays est en tension, comment peut-on avoir l’inconscience politique de remettre le feu aux poudres ? Comment peut-on solliciter un grand débat par ailleurs et refermer celui de l’autisme, sujet sensible et douloureux pour ceux qui y sont confrontés ?"
 
Les signataires du communiqué (neuf organisations) sont Michel David, président de la Fédération française de psychiatrie (FFP) et de l'Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP); Claude Finkelstein, présidente de la Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie (Fnapsy); Thierry Godeau, président de la conférence nationale des présidents des commissions médicales d'établissement (CME) de centres hospitaliers (CH); Gladys Mondière et Benoît Schneider, coprésidents de la Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP); Daniel Marcelli, président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et disciplines associées (SFPEADA), et Jean Chambry, président élu de la SFPEADA; Marie Rose Moro, présidente du collège national des universitaires de psychiatrie (Cnup); Christian Müller, président de la conférence nationale des présidents de CME de centres hospitaliers spécialisés (CHS); Roger Teboul, président de l'Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile (API).
 
 
 
 
 

Source: 

Avec APMnews

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4 avril 2019

Pierre Delion (pastiche) : "Le packing ne marche pas, je l'ai prouvé"

 

Pierre Delion (pastiche) : "Le packing ne marche pas, je l'ai prouvé"

Pierre Delion : Les résultats n'étaient pas conformes à ce que nous attendions. Le packing avec des draps froids mouillés n'avait pas de résultats différents des enveloppements secs. Or, nous postulions une différence compte tenu de l'effet lié à l'eau et de celui lié au choc thermique.

https://blogs.mediapart.fr

 

3 avril 2019

" L'inceste, ça ne fait pas tellement de dégâts. " Ce docu dézingue la psychanalyse

 

" L'inceste, ça ne fait pas tellement de dégâts. " Ce docu dézingue la psychanalyse

Diffusé au cours de projections-débats dans des cinémas indépendants à travers la France depuis janvier 2019, " le Phallus et le néant " fait salle comble. Soutenu par l'Association internationale des victimes d'inceste et de nombreuses organisations féministes et LGBT, ce film très militant recueille, sur son site, remerciements, commentaires élogieux et témoignages en cascades.

https://www.nouvelobs.com

 

1 avril 2019

Pourquoi devenir un psychanalyste pour lapins ?

30 mars 2019

La prise en charge de l’autisme dans les centres médico-psychologiques vertement critiquée

article publié dans Le Monde

Selon une association de parents d’enfants autistes, les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé sont rarement suivies.

Par Solène Cordier Publié aujourd’hui à 10h15, mis à jour à 10h15

 

Les structures sanitaires et médico-sociales qui accueillent, partout en France, les enfants autistes suivent-elles les recommandations de bonnes pratiques édictées en 2012 par la Haute Autorité de santé ? Pour le savoir, une association de parents dont les enfants sont concernés par ces troubles du neurodéveloppement a fait circuler, en février, un questionnaire dans son réseau.

Au total, 509 réponses ont été reçues en l’espace d’un mois, et le collectif, aidé par l’Association francophone des femmes autistes (AFFA), s’est particulièrement intéressé aux témoignages de familles dont les enfants sont suivis en centre médico-psychologique (CMP), centre d’action médico-sociale précoce, ou en hôpital de jour.

« On avait par exemple des remontées de terrain nous disant que les professionnels continuent dans certains endroits de privilégier une approche psychanalytique, alors que l’autisme n’est pas un trouble psychiatrique, et que les approches comportementales et éducatives sont appropriées explique Magali Pignard, cofondatrice de l’AFFA. On a voulu vérifier comment l’argent public est employé puisque ces établissements bénéficient d’un financement des agences régionales de santé, dans le cadre du projet territorial de santé mentale. » Environ 3 800 CMP, en première ligne pour la prise en charge de la santé mentale, sont disséminés sur tout le territoire.

D’après les premières analyses du questionnaire effectuées par le collectif et transmises au Monde, 62 % des usagers se disent insatisfaits du suivi qui y est proposé, contre 24 % de satisfaits. Une plongée dans les commentaires permet de comprendre les difficultés que rencontrent aujourd’hui les familles pour obtenir une prise en charge digne de ce nom.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le désarroi des familles d’enfants autistes face aux soupçons des services sociaux Refus de diagnostic avec des outils adaptés, culpabilisation des parents et en particulier des mères, et absence de projet éducatif arrivent en tête des critiques. « Il a fallu une présence parentale acharnée et nécessaire et une formation parentale pour forcer le système à fonctionner. Cela a été un combat permanent, ruinant la famille », dit l’une. « Nous sommes peu aidés en France. On doit se former en tant que parents. Financièrement, peu d’aide également et de nombreux combats administratifs qui n’en finissent pas. Propos inacceptables de certains intervenants, remettant toujours la faute sur la mère… Il est temps que les choses évoluent », poursuit un autre. Confrontées à de tels blocages, certaines familles décident d’opter pour un suivi en libéral, en sollicitant directement – et à leurs frais – des psychomotriciens, ergothérapeutes et éducateurs spécialisés.

Stratégie autisme

Mais toutes ne le peuvent pas, en raison du coût financier que cela entraîne, et témoignent d’un réel sentiment d’abandon. C’est notamment pour lutter contre ces inégalités qu’un forfait intervention précoce, destiné aux enfants jusqu’à 7 ans, a été voté en décembre dans le cadre de la stratégie autisme du gouvernement. Il prévoit le financement des interventions d’une équipe pluridisciplinaire (psychologues, psychomotriciens et ergothérapeutes), avec un reste à charge zéro pour les familles.

« L’objectif de ce parcours de soins coordonné est de réduire de dix-huit mois à six le délai d’intervention après le repérage de troubles du spectre autistique », précise-t-on au secrétariat d’Etat aux personnes handicapées. Un premier bilan de cette mesure, déployée dans quelques territoires, sera présenté lundi 1er avril en conseil des ministres, à la veille de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril. A la lecture du questionnaire de l’AFFA, il semble malheureusement que beaucoup de familles n’en aient jusqu’à présent jamais entendu parler.

Solène Cordier

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30 mars 2019

Le désarroi des familles d’enfants autistes face aux soupçons des services sociaux

article publié dans Le Monde

Des parents dénoncent des enquêtes menées à leur encontre par la protection de l’enfance, en raison de la méconnaissance du handicap de leur enfant.

Par Solène Cordier Publié aujourd’hui à 10h15, mis à jour à 14h43

 

« Mère fusionnelle », « nomadisme médical », « syndrome de Münchhausen par procuration »… Les mêmes termes se retrouvent, de dossier en dossier, pour caractériser les comportements des parents d’enfants autistes qui se retrouvent dans le viseur de l’aide sociale à l’enfance (ASE). De nombreuses familles dénoncent depuis des années, sans rencontrer grand écho, l’acharnement dont elles s’estiment victimes et qu’elles attribuent à la méconnaissance, en France, des manifestations des troubles du spectre autistique (TSA).

Pour elles comme pour les autres, bien souvent, tout commence avec un courrier, envoyé par les services sociaux du département. La famille destinataire apprend à sa lecture qu’une « information préoccupante », concernant un ou plusieurs de ses enfants, a été émise à son encontre, sans qu’elle sache nécessairement par qui, ni pourquoi. Ces procédures d’alerte, qui permettent de signaler un enfant en danger ou en risque de danger, peuvent être faites par les institutions en contact avec les enfants – l’éducation nationale étant un gros pourvoyeur – ou par des particuliers. Elles déclenchent une enquête administrative qui a pour objectif, justement, d’évaluer le danger supposé, et peut à terme conduire à une saisie du parquet.

« Faillite collective »

C’est le début de la « spirale infernale », résume Marion Aubry, vice-présidente de TouPi, une association d’entraide. Les comportements des autistes (tri alimentaire, hypersensibilité sensorielle) peuvent être confondus, pour un œil non averti, avec des signes de maltraitance ou de défaillance éducative.

Lire aussi De nouvelles recommandations pour dépister l’autisme chez l’enfant

Pour Julie (elle a requis l’anonymat), mère de trois enfants issus de deux unions, l’engrenage a débuté fin 2011. Alertée par le médecin de la crèche d’un possible autisme concernant son fils, elle se rend au centre d’action médico-sociale précoce le plus proche. « A l’époque, mon plus jeune fils avait 3 ans et demi, 4 ans. Il ne me regardait jamais, il pleurait énormément, avait une façon de jouer très spécifique, en alignant les objets. Il pouvait rester des heures à la même place sans bouger. Tout le tableau clinique de l’autisme, comme je l’ai appris plus tard. » Mais la pédopsychiatre balaie d’un revers de main ses soupçons, évoque une « dysharmonie évolutive ». Elle accuse Julie de projeter des angoisses sur ses enfants et de vouloir à tout prix qu’ils soient malades. Le fameux syndrome de Münchhausen par procuration.

Julie insiste pourtant pour faire établir un diagnostic, sans succès, ce qui est assez fréquent. A la même période, le père de ses deux aînés, dont elle est séparée, décède. Elle prend rendez-vous au centre médico-psychologique (CMP), dont la mission est d’accueillir les personnes en souffrance psychique, pour obtenir de l’aide et un suivi pour ses fils, dont les comportements l’inquiètent. Mais, là encore, le contact passe mal. Son cadet s’entend dire qu’il est « victime d’un défaut éducatif lié au décès de son père ». « Il est sorti de cet entretien complètement traumatisé », se souvient Julie. Elle proteste, refuse de retourner au CMP.

Quelque temps plus tard, elle reçoit une lettre des services sociaux. Elle apprend qu’elle fait l’objet d’une information préoccupante, qui aboutit à la mise en place, pendant un an, d’une aide éducative à domicile. « Des éducateurs venaient prendre le café à la maison, regardaient comment ça se passait. Ils étaient très intéressés par mon deuxième fils. Au bout de six mois, ils ont voulu le placer en internat éducatif. A partir de ce moment-là, j’ai vraiment pris peur et j’ai commencé à me renseigner sur les groupes Facebook de parents d’enfants autistes pour savoir comment réagir. »

Grâce aux réseaux sociaux, elle réussit à obtenir en urgence une consultation à l’hôpital Robert-Debré, à Paris, qui dispose d’une cellule spécialisée dans le repérage de l’autisme. En 2013, c’est confirmé. L’aîné a un diagnostic de dysphasie (trouble du développement de la parole et du langage) avec un retard mental, le cadet présente des troubles de l’attention et le benjamin est autiste. Elle prévient immédiatement les services sociaux, qui depuis des mois l’accusent de chercher à médicaliser sa famille.

« On m’a alors menacée de judiciariser mon dossier si je ne poursuivais pas l’aide éducative à domicile. Mais je ne me suis pas laissé faire, j’avais enregistré la conversation, et je le leur ai dit. » L’effet est immédiat. Depuis ce rendez-vous, elle n’a plus jamais eu de nouvelles de l’aide sociale à l’enfance. Mais elle garde de cette épreuve, qui l’a « laminée » et s’est conclue par son divorce, une peur bleue des services sociaux. « Après tout ça, il est arrivé que je me retrouve dans des situations financières très délicates, mais j’ai préféré me priver de nourriture plutôt que d’aller voir une assistante sociale », reconnaît-elle.

Dans le cas de Julie, les dégâts restent cependant limités. La situation emblématique de Rachel Diaz, mère de trois enfants, dont deux autistes, témoigne, elle, du pire. Après une information préoccupante qui s’est transformée en signalement, dans un contexte de conflit avec le père des enfants, elle a perdu leur garde. Leur placement est reconduit chaque année depuis 2015, malgré ses multiples tentatives pour les récupérer. Le documentaire Rachel, l’autisme à l’épreuve de la justice, qui sera diffusé le 6 avril sur la chaîne Public Sénat, retrace le parcours de cette « faillite collective », selon les termes employés par la réalisatrice Marion Angelosanto.

Enquêtes sociales injustifiées


Pour l’avocate de Mme Diaz, Sophie Janois, spécialisée dans la défense des familles d’enfants autistes, la mainmise de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme, à rebours des recommandations de bonnes pratiques énoncées depuis 2012 par la Haute Autorité de santé, conduit à des mises en cause très fréquentes des mères de ces enfants. « Elles sont désignées comme toutes-puissantes, ou au contraire manquant d’autorité, fusionnelles ou trop froides, projetant sur leurs enfants leurs propres troubles », liste-t-elle. « On les accuse de nomadisme médical, dû au fait qu’elles sont fréquemment confrontées à un refus de diagnostic de la part du personnel médical », dénonce-t-elle.

Sylvia (son prénom a été changé à sa demande) est travailleuse sociale, elle a pendant plusieurs années effectué des enquêtes sur des familles à la suite d’informations préoccupantes ou de signalements. Elle a commencé à s’interroger sur sa pratique professionnelle quand sa propre fille a été diagnostiquée autiste. « Quand on travaille dans la protection de l’enfance, on est formés à regarder si les enfants vont bien. On a peur de ne pas voir des situations de maltraitance. Mais l’autisme, c’est quasiment un copié-collé des points d’appel en maltraitance dont on dispose », se rend-elle compte aujourd’hui.

Depuis la mise en place de la stratégie autisme au printemps dernier, un effort sur la formation des professionnels de la justice et de la petite enfance est entrepris, parmi d’autres mesures. Mais combien de familles ont jusqu’à présent fait les frais d’enquêtes sociales injustifiées, simplement en raison du handicap mal connu de leur enfant ? Impossible à savoir, car aucune statistique nationale ne permet de connaître le nombre d’enfants autistes pris en charge par les services de la protection de l’enfance. Pour Marion Aubry, de l’association TouPi, au-delà de l’autisme, ce sont toutes les familles d’enfants ayant un handicap qui sont susceptibles de connaître ces drames.

Bien souvent, les mères isolées, particulièrement démunies, sont les cibles de ces informations préoccupantes. Et le risque s’aggrave quand elles sont elles-mêmes autistes, ce qui est fréquent. Claire Gilet l’a appris à ses dépens. Après avoir demandé de l’aide aux urgences de l’hôpital à la suite d’un « événement traumatisant » sur lequel elle ne souhaite pas s’étendre, cette mère de trois enfants, dont deux autistes diagnostiqués, comme elle, a reçu une information préoccupante en juillet dernier.

Heureusement, l’enquête, menée par des travailleuses sociales « très bienveillantes », a permis de classer son dossier sans suite. Il y a quelques jours, à la suite d’une chute, elle a dû conduire son fils aux urgences. « J’ai attendu quatre jours pour m’y rendre tellement j’avais peur d’y aller avec mon enfant. » Elle soupire. « Jamais je n’aurais eu cette réaction avant. »

Solène Cordier

23 mars 2019

Autisme - Un article paresseux de Brigitte Chamak

23 mars 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Brigitte Chamak avait publié des articles de sociologie intéressants. Ce n'est plus le cas : son engagement pour la psychanalyse l'aveugle, et elle pond des articles sans intérêt. Dommage.

 

La webothèque de CLE-Autistes permet d'accéder à beaucoup d'articles, dont plusieurs de Brigitte Chamak. Cela vaut le coup d'en prendre connaissance. Particulièrement de celui : L'autisme dans un service de pédopsychiatrie

Son dernier article publié est : Brigitte Chamak. Modifications des représentations sociales de l’autisme et introduction du conceptautism-friendly ”. Enfances et psy, ERES, 2019. <hal-02018363>

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02018363/document

Je sais bien qu'il y a une pression sur les chercheurs pour publier à tout prix pour faire leur trou et obtenir un emploi stable et correctement rémunéré. Mais est-ce que cette excuse s'applique à Brigitte Chamak ?

Exemples :

P.3 : « Les changements de définition et la diversité des représentations culturelles « 

Après avoir rappelé :

  • « L’autisme est passé du statut de maladie rare à celui de syndrome fréquent incluant des formes très diverses et de la catégorie de trouble psychiatrique à celui de maladie d’origine génétique impliquant un développement atypique du système nerveux (Bumiller, 2009; Hacking, 2009; Murray, 2008; Nadesan, 2005). Les parents ont adopté ces explications biologiques qui contribuaient à diminuer leur sentiment de culpabilité (Chamak, 2008; Farrugia, 2009). Dans les années 1960, un discours psychanalytique avait construit l’autisme comme le résultat d’un comportement inadéquat des parents, et plus particulièrement de la mère. Cette théorie psychogénétique a été combattue dès 1964 par Bernard Rimland, psychologue, lui-même père d’un enfant autiste, qui a proposé une explication alternative basée sur la neurobiologieet qui a fondé en 1965 l’American Society for Autism. . " 

Brigitte Chamak fait ensuite référence à la vision de l'autisme en Afrique, chez les Pygmées d'Afrique centrale, chez les parents d'enfants autistes au Québec originaires du Maghreb, en Corée, en Iran, dans la communauté ultra-orthodoxe d'Israël. Un tour de la planète très excitant (j'imagine Josef Schovanec y mettre les pieds avec son esprit curieux).

Cela ne semble pas voulu, mais cette description semble rapprocher et assimiler la psychanalyse à la sorcellerie, à la communication facilitée, aux explications métaphysiques et aux « traitements alternatifs (homéopathie, réflexologie, biofeedback, chiropractie, delphino-thérapie...) ».

Face à cela : « Depuis les années 1990, la majorité des associations de parents d’enfants autistes adoptent la vision et les discours des neuroscientifiques et des généticiens pour redéfinir l’autisme comme un problème neurodéveloppemental présentant des composantes génétiques fortes ». Vraiment, quel manque d'imagination, quel prosaïsme de la part de toutes (pas la majorité!) les associations !

Même le RAAHP (un dix millième des parents) semble admettre l'origine génétique de l'autisme (pas dans tous les cas, quand même - à vrai dire, moi non plus, car il peut y avoir des troubles de développement du cerveau liés au déroulement de la grossesse et à l’accouchement)- alors que plus de la moitié de son conseil d'administration est composé de professionnels partisans de la psychanalyse. On ne peut plus compter sur personne, dirait ma grand-mère !

p.4 : « En France, les membres de l’association SAtedI(Spectre Autistique troubles envahissants du développement International) sont consultés par les pouvoirs publics. »

Il faudrait se tenir au courant. Au Comité national de la stratégie de l'autisme au sein des TND, constitué en 2018, ce sont l'AFFA et PAARI qui représentent spécialement les personnes autistes. Personne de SAtedI.

Il suffit de s'intéresser à l'une d'entre elles, Stef Bonnot-Briey, pour prendre connaissance de l'entretien (publié en 2003) avec le Dr Jacques Constant (psychiatre de tendance psychanalyste).

Ce dernier a justifié d'avoir obtenu son « permis de conduire en pays autiste » grâce notamment aux témoignages et aux discussions avec les personnes autistes dites de « haut niveau de fonctionnement ». Cela l'a conduit à modifier sa pratique avec les personnes autistes de niveau plus modeste : et çà marchait !

Il nz faut pas négliger l'apport des personnes autistes à la modification des pratiques. L'association AFG Autisme, par exemple, a su s'en saisir.

Sur la question de la neurodiversité, elle n'a jamais fait l'objet d'un consensus dans la francophonie chez les personnes autistes, en commençant par la position défavorable d'Emmanuel, premier président de SAtedI. Un article devrait au moins le mentionner.

P.5 : « Il est toutefois important de souligner que la sélection est rude et que seules les personnes sans déficience intellectuelle et avec des capacités particulières peuvent accéder à ce type d’emplois. (…) Cependant, le constat est toujours le même: ceux qui présentent les plus grandes difficultés ne trouvent pas de solution et ce sont les familles qui doivent assumer, souvent seules, les problèmes soulevés par un adulte dépendant (Howlin et coll., 2013). « 

Et l'entreprise Andros ? Le secrétariat d'Etat aux Personnes Handicapées, dès 2017, n'a-t-il pas fait assez de pub sur le site gouvernemental pour montrer que des personnes autistes, même non verbales, peuvent travailler en milieu ordinaire ? Dans l'équipe, il y a un seul Asperger, qui est le seul à parler à la caméra, bien sûr.

Il faudrait parler d'Avencod (entreprise adaptée), d'Auticonsult, d'Aspertise, qui sont en France dans le sillage de Specialisterne et de Passwerk (Belgique). Mais aussi de Pass P'As qui assurent une formation  sur un an.

Mais aussi du Chalet au zoo de Pont-Scorff (56) qui fonctionne depuis 20 ans.

D'après les statistiques présentées dans le rapport de la Cour des Comptes, c'est dans les ESAT qu'il y a le plus de personnes autistes (environ 40% des personnes autistes accueillies dans un établissement médico-social).

Il faudrait peut-être actualiser son moteur de recherche avant de publier un article aujourd'hui dans une revue à vrai dire peu regardante.

Note : le RAAHP, tant vénéré par Brigitte Chamak, n'a réussi à mobiliser que 60 parents (ou couples de parents) pour plus de 600.000 personnes autistes.

22 mars 2019

Le Phallus et “Dieu, l'amour et la psychanalyse”

30 juil. 2018
Par
Blog : Le blog de Jacques Van Rillaer

Le psychanalyste lacanien Jean-Pierre Winter écrit : « Convoiter le bien du prochain, c'est lui attribuer le phallus. C'est s'imaginer que c'est lui qui l'a et que si on parvenait à le lui prendre, on pourrait en faire le même usage que lui ». Commentaire d’un ex-psychanalyste freudo-lacanien.

 

Le psychanalyste Jean-Pierre Winter écrit dans “Dieu, l'amour et la psychanalyse”, à propos du Xe Commandement du décalogue : “Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni tout ce qui est à ton prochain.” (Exode 20,17) :

« Convoiter le bien du prochain, c'est lui attribuer le phallus. C'est s'imaginer que c'est lui qui l'a et que si on parvenait à le lui prendre, on pourrait en faire le même usage que lui » [1].

Pour trouver cela évident il faut, comme disait un surréaliste, “chausser des testicules en guise de lunettes”.

Les symboles du pénis selon Freud

Pour Freud tout objet allongé est, en rêve et en d’autres circonstances, le symbole du pénis. Pour des détails et des références précises :

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2617

Le Phallus “Signifiant ultime du Désir”

Lacan (rappelons que Freud écrit que “La canne” est un symbole très typique du pénis [2]) a cru accomplir un progrès décisif en parlant moins de pénis que de Phallus (vu la majesté de la chose, la majuscule est préférable). C’est ce qu’expliquait le lacannien Serge Leclaire : “En employant le terme de phallus, il faut bien souligner l'extrême singularité de ce mot, qui désigne en même temps l'objet pénien comme partie du corps et organe de la copulation, et, en même temps, une lettre qui peut être dite alpha et oméga de l'alphabet du désir. Cette deuxième implication, littérale, du mot, qui impose en notre langue de préférer phallus à pénis, met en évidence son caractère tout à fait exceptionnel de lettre originelle ou lettre de la lettre” (Psychanalyser. Seuil, 1968, p.163).

Leclaire est plus clair que Maître Lacan, qui “expliquait” : “Le phallus, soit l’image du pénis, est négativité à sa place dans l’image spéculaire. C’est ce qui prédestine le phallus à donner corps à la jouissance, dans la dialectique du désir. […] L’organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui-même, ni même en tant qu’image, mais en tant que partie manquante à l’image désirée : c’est pourquoi il est égalable au √-1 de la signification plus haut produite, de la jouissance qu’il resitue par le coefficient de son énoncé à la fonction de manque de signifiant : (-1)” (Écrits, 1966, p. 822).

Chez Winter, comme pour ses coreligionnaires, le culte de la phallicité est compulsif. À titre d’exemple, sur cette vidéo, à 4m16 vous pouvez l’entendre dire que “le corps de la femme est phallique” :  https://www.youtube.com/watch?v=NlBDrjbw1ws

Etonnant n’est-ce pas ?

Depuis les années 1960, la phallomanie a déferlé chez les psychanalystes, mais aussi chez des littéraires comme Roland Barthes, suiveur de Freud et de Lacan : https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/110118/roland-barthes-suiveur-de-freud-et-de-lacan

Bouvard et Pécuchet précurseurs de la phallomanie

Dans les années 1870, alors que Freud n'avait pas encore écrit une ligne de psychanalyse, Flaubert raillait le décodage phallique intempestif. Lorsque ses personnages Bouvard et Pécuchet deviennent archéologues amateurs, ils découvrent que « la pierre levée symbolise l'organe mâle. » « En effet, où il y a des menhirs, un culte obscène a persisté. Témoin ce qui se faisait à Gérande, à Chichebouche, au Croisic. » Forts de cette révélation, les deux bonshommes extrapolent aussitôt : « Anciennement, les tours, les pyramides, les cierges, les bornes des routes et même les arbres avaient la signification de phallus — et pour Bouvard et Pécuchet tout devint phallus. Ils recueillirent des palonniers de voiture, des jambes de fauteuil, des verrous de cave, des pilons de pharmacien. Quand on venait les voir, ils demandaient “À quoi trouvez-vous que cela ressemble ?”, puis confiaient le mystère — et si l'on se récriait, ils levaient de pitié les épaules » [3].

Certes une pierre dressée peut représenter l'organe mâle. Certaines, notamment en Bretagne, ont eu cette fonction, mais les historiens montrent qu'elle peut également symboliser la présence divine, l'âme des ancêtres et bien d'autres choses [4]. Un arbre peut représenter le phallus, mais aussi les rapports entre ciel et terre, le renouvellement cyclique, la croissance d'une communauté, etc. [5].

Le moyen pour croire tout ce que l'on veut en psychologie

Il faudrait sans cesse rappeler la mise en garde de William James, qui fut le premier professeur de psychologie des États-Unis. En 1890, dans son monumental traité de psychologie, il examinait la façon dont Schopenhauer, von Hartmann, Janet, Binet et d'autres avaient utilisé les termes « inconscient » et « subconscient » (il ne citait pas Freud qui, en 1890, n'avait encore rien publié sur le sujet). Il reconnaissait évidemment l’existence de processus inconscients. Il ajoutait cependant : « La distinction entre les états inconscients et conscients du psychisme est le moyen souverain pour croire tout ce que l'on veut en psychologie » [6].

Autre échantillon de l’interprétomanie winterienne : sur Mélanchon qui, lui, le considère comme un « huluberlu » : https://www.youtube.com/watch?v=9alie4leLwQ

 

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J.-P. Winter (Source : RTS)

 Références

[1] Cité dans https://blogs.mediapart.fr/mithra-nomadeblues/blog/050718/pour-ceux-qui-cherchent-interesses-par-la-psychanalyse-deux-livres

[2] « La verge trouve d’abord ses substitutions symboliques dans des objets qui lui ressemblent par la forme, à savoir, cannes, parapluies, tiges, arbres, etc., ensuite… » Introduction à la psychanalyse. Payot, 1962, p. 139.

[3] Flaubert G., Bouvard et Pécuchet, 1881 (posthume). Gallimard, coll. Folio, 1979, p. 179s.

[4] Chevalier J. & Gheerhaut A., Dictionnaire des symboles. Laffont, coll. Bouquins, 1994, p. 751-58.

[5] Ibid., p. 62-68.

[6] James W., Principles of psychology, New York, Holt ; Londres, Macmillan, 1890, vol. 1, p. 163.

13 mars 2019

Que serait Lacan sans Dolto ? Colloque le 6 avril 2019 de 9h à 17h30 - Mairie du 13e, Paris.

Freud au cigare

Entrée gratuite !

Morceau choisi ->"Mais il y a tellement plus, au plan de la théorie ! Dolto a fait un grand enseignement à propos de l’image du corps. Il montre le bien fondé des théories de Freud sur les pulsions, qui grâce à elle ne sont plus un mythe. Ces découvertes sont corroborées par les neurosciences. Le cerveau est divisé entre une partie « droite » pulsionnelle, et une partie « gauche » langagière. L’image du corps à sa traduction dans le cerveau gauche, avec une bouche et des mains surdimensionnées (la pulsion d’emprise). Quant à Lacan dans la dernière partie de son œuvre il a introduit une topologie et une logique du continu. Elles correspondent aux infinis du refoulement primordial et elles sont elles aussi adéquates à la pulsionnalité. Ces avancées de Lacan seraient obscures pour le profane sans les travaux de Dolto."

J'avais un doute mais exprimé comme cela je suis emballé (Jean-Jacques Dupuis)

12 mars 2019

Son-Rise, une "guérison" de l'autisme à n'importe quel coût

11 mars 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Commentaires à partir d'un article de Spectrum News : "Des dizaines de parents abandonnent les traitements traditionnels de l'autisme pour poursuivre Son-Rise, une thérapie comportementale intense, coûteuse et non prouvée." et d'une conférence à Joué-les-Tours

 

Depuis un an et demi, je gardais sur le feu la traduction d'un article de Spectrum News : "A ‘cure’ for autism at any cost ". Cet article critique la méthode Son-Rise.

Cette méthode fait partie des méthodes non conseillées par la Haute Autorité de Santé et l'ANESM dans leurs recommandations de 2012 sur l'accompagnement des enfant autistes.

Ces méthodes ne sont pas déconseillées, contrairement à la communication facilitée ou à la chélation.

Si elles ne sont pas recommandées, c'est :

  • faute de preuves sur leur efficacité;
  • et en l'absence de consensus des experts.

Le CLE-Autistes a publié la traduction de cet article intéressant daté du 20 septembre 2017 sur Spectrum News. Cet article rappelle l'absence de preuves, mais met l'accent aussi sur les enjeux financiers de cette méthode.

Je vous invite à lire cet article (pages 1 à 13) : https://cle-autistes.fr/wp-content/uploads/2019/02/Annexes_Sonrise_CLEA.pdf

Article 8 mars 2019 - Joué-les-Tours © La Nouvelle République
Article 8 mars 2019 - Joué-les-Tours © La Nouvelle République

"Une conférence pour dépasser l’autisme
L’histoire est belle et encourageante : celle d’un enfant diagnostiqué autiste sévère avec un QI inférieur à 30, condamné à passer toute sa vie en institution spécialisée, qui finira pourtant par devenir diplômé supérieur en bioéthique et conférencier international." La Nouvelle République 8/03/19

"Cet Américain né en 1974 a été diagnostiqué comme autiste après avoir reçu un traitement antibiotique dans l’oreille à l’âge de quatre semaines.(...) « Complètement guéri » depuis ses cinq ans, Raun K. Kaufman a réussi à reprendre une vie normale (...) Quand j’étais tout petit, on m’a diagnostiqué un autisme lourd. On estimait mon quotient intellectuel à « moins de 30 »." Le Parisien 2/4/18

"Après presque quatre ans de travail avec leur enfant, il a pu sortir complètement de l’autisme. " Midi Libre 4/5/2016

La communication autour de ce programme est plutôt significative de ce que disaient les pédopsychiatres il y a quelques dizaines d'années - mais parfois encore assez récemment - que d'éléments objectifs : "autisme lourd" ? "QI inférieur à 30"  [calculé comment?]? Que les parents aient fui ce discours, tant mieux. Que les intuitions des parents (intervention précoce, basée sur les parents et le jeu, sur les intérêts de l'enfant) aient été des facteurs d'évolution favorable, je n'ai pas de mal à le croire.

Mais prétendre "dépasser" ou "sortir complètement de l'autisme", sans aucune étude scientifique à l'appui, c'est vendre de l'illusion. Et d'après l'article, ce n'est pas bon marché.

Cela s'accompagne d'une prétention à l’exclusivité de la méthode, une chose qu’aucun programme ne peut réclamer, compte tenu des preuves existantes et de la diversité du Trouble du Spectre de l'Autisme.


Vous trouverez également dans ce document la traduction d'un article issu du blog d’Anthony Warner «The Angry Chef» chef cuisinier et auteur britannique qui démystifie la mode de l’«alimentation propre».

Sur ce point, nous sommes pas seulement dans des méthodes non prouvées, s'appuyant sur des théories complètement fumeuses - tout en étant rémunératrices pour ceux qui les défendent - : ces théories sont aussi nuisibles pour le portefeuille des parents, mais elles peuvent être sérieusement nuisibles pour la santé de leurs enfants - et contraires à leur bien-être.

Il n'y aurait pas de rapport entre ces deux articles ... si ce n'est que l'association Optimautisme, qui promeut en France la méthode Son-Rise, renvoie dans une de ces pages vers le régime alimentaire  GASP. Ce n'est pas la première fois que les partisans d'une méthode discutable car non prouvée s'acoquinent avec d'autres promoteurs de méthodes également non prouvées mais aussi discréditées : par exemple quand l'AEVE (3i) s'appuie sur les psychanalystes. Je ne veux pas donner d'autres exemples pour ne pas me fâcher avec trop de personnes innocent

Mais quand on voit qu'un traitement antibiotique est mis en relation avec l'apparition de l'autisme dans la communication de Son-Rise, je suis en droit de m'inquiéter du niveau scientifique des informations diffusées.


Le dossier publié par le collectif CLE-Autistes vise à demander l'annulation de la réunion que tenait Optimautisme à Joué-les-Tours. Je ne le rejoindrai pas dans cette revendication. Il est normal que les CRA ne diffusent d'information sur les conférences que pour des programmes recommandés par la HAS : il n'en demeure pas moins qu'ils auront des livres et documents sur le sujet dans leur centre de documentation.

Le CRA Nord-Pas-de-Calais avait annoncé une formations sur le packing (d'ailleurs déconseillé par la HAS) il y a un certain nombre d'années : cela était anormal, et cela ne doit plus avoir lieu. Il était aussi arrivé que le CRA de Bretagne, sous l'égide du Pr Botbol (qui a purgé l'ancienne équipe du Pr Lazartigues et du Dr Lemonnier), diffuse l’information sur un colloque lacanien sur l'Affinitive Therapy. Mais il avait été obligé ensuite d'en diffuser une critique argumentée par la Dr Claire Chevreuil.

Je ne rejoindrai pas non plus ce collectif quand il prétend "dénoncer les techniques de manipulation mentale et de reprogrammation neurocomportementales sur les personnes autistes et sur leurs parents". Sauf, bien sûr, si cela vise la psychanalyse tongue-out. Mais la formulation est telle qu'elle peut viser tout programme éducatif.

En ce qui me concerne, j'analyserai un programme éducatif en fonction de plusieurs critères :

  • quel est son objectif ?
  • quelles méthodes utilisées ? sont-elles éthiques ?
  • quelle efficacité ? quelles preuves ?
6 mars 2019

Le phallus et le néant : le film d’utilité et de salubrité publique de Sophie Robert !

article publié sur inclusion à l'école

Le Phallus et le Neant Affichele phallus et le néant

 

5 mars 2019 · LECTURES ET FILMS

Ce documentaire devait être le premier d’une série sur la psychanalyse. Mais c’est « Le Mur » qui dénonçait le traitement psychanalytique de l’autisme qui a fait connaître Sophie Robert en donnant un coup de pied salutaire dans la fourmilière opaque et nocive d’une psychanalyse viscéralement sexiste. Une psychanalyse érigée en pseudo- science avec ses intégristes a été la cause d’un retard considérable dans prise en charge de l’autisme en France.

Pour ce second opus, Sophie ROBERT a retenu 18 psychanalystes freudiens et lacaniens orthodoxes, elle en avait interrogé 52 ! Elle décortique et met en avant les dérives sexistes/homophobes/pédophiles du discours freudien-lacanien orthodoxe. Elle dénonce pour la seconde fois un dogme, voire une religion fondamentaliste qui possède ses codes, son langage et ses prophètes

On découvre combien la psychanalyse peut s’apparenter à une secte, avec la même manipulation mentale.

Ce film démontre enfin parfaitement comme cette idéologie supplante hélas toute raison. Et cette démonstration nous est faite par ces praticiens eux-mêmes.

La salle rit aux premiers propos doctement infligés par ces mandarins

tant le ridicule le dispute à l’ahurissant.

Puis, peu à peu, les rires s’étranglent. Il devient impossible de rester protégé par le second degré tant les propos sont insupportables et scandaleux. Leurs affirmations seraient répréhensibles devant la loi s’ils n’étaient pas enrobés dans un jargon incompréhensible pseudo scientifique, et couverts par des textes sacrés (Freud et Lacan). Dans ce discours, arrive toujours le même salmigondis pornographique, sorte de soupe à la sorcière d’où surnage une haine féroce pour les femmes.

« La femme n’existe pas / la femme c’est un trou / il n’y a que du masculin dans l’inconscient / il n’y a pas de rapport sexuel possible entre un homme et une femme / les homosexuels sont des psychotiques qui s’ignorent / les enfants ont des pulsions sexuelles / seule la perversion permet le rapport sexuel / l’inceste ça ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles. »

Ils parlent ainsi tous d’une même voix dogmatique, solidaires, arc-boutés sur leurs textes sacrés.

Ce film démontre enfin parfaitement comme cette idéologie supplante hélas toute raison. Et cette démonstration nous est faite par ces praticiens eux-mêmes.

Ce serait en effet comique si les gourous qui témoignent n’avaient pas tous pignon sur rue, pédopsychiatres ou pédiatres reconnus, professeurs enseignant en faculté, d’autres intervenant dans des CMPP ou encore dans le système judiciaire. La plupart interviennent en tant que thérapeutes dans des établissements médico- sociaux auprès d’enfants différents/autistes, et/ou des personnes victimes de violences sexuelles.

Alors du rire, je suis passé à la nausée, et suis sortie avec la gueule de bois.

Leur discours vicié transforme les victimes en coupables, par un tour de passe-passe bien rodé. Ils dénigrent les faits, prennent constamment le contre-pied de ce que le patient leur dit, car ils sont déconnectés de la réalité. Les récits de victimes qui témoignent offrent un écho glaçant aux propos tenus.

Sophie Robert endosse le rôle naïf de Candide. Ses questions lancent des ponts entre les non-dits et la jubilation de ces pontes à s’exprimer qui crève l’écran.

Il faut se pincer, souvent, pour réaliser qu’il ne s’agit pas là d’une fiction. Sophie Robert nous livre posément ce scandale, comment nos semblables les plus fragiles, les plus meurtris, peuvent être les proies de ces pratiques et être ainsi définitivement détruits.

Les parents d’enfants autistes avaient ressenti émoi et la colère suite au « Mur ». La psychanalyse n’est pas seulement nuisible et inutile pour l’autisme, cette fois-ci il est clair que nous sommes tous concernés.

Alors, on a juste envie d’aider Sophie Robert à agrandir la brèche qu’elle a réussi avec courage à ouvrir, en solitaire et à mains nues, dans ce Mur en espérant qu’il chute enfin.

Sabine K.

3 mars 2019

Vienne : psychanalyse controversée, la riposte du professeur poitevin Pascal-Henri Keller

Où l'on apprend que la psychanalyse est « Une approche scientifique et rigoureuse de la vie psychique humaine. » ...

Pour ma part je préfère « Notre pratique est une escroquerie : bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué — à savoir ce que Joyce désignait par ces mots plus ou moins gonflés — d’où nous vient tout le mal. » Jacques Lacan, 26 février 1977 (Voir l'article de Médiapart de Jacques Van Rillaer)

Plus d'infos sur Le blog de Jacques Van Rillaer

Jean-Jacques Dupuis


03/03/2019 04:55 |
Vienne : psychanalyse controversée, la riposte du professeur poitevin
Accusée de secte, de fausse science, la psychanalyse essuie de violentes polémiques. La profession monte au créneau, portée par le Pr Pascal-Henri Keller. Rencontre.

Pascal-Henri Keller

Pascal-Henri Keller, professeur émérite, université de Poitiers.
 

C'est assez rare pour être souligné. Un mois plus tôt, une tribune parue dans le journal Libération réunissait les signatures de 17 associations et écoles de psychanalyse (1) dans une posture collective afin de défendre la nature même de la discipline. A l'heure du tout « fake », le professeur émérite de l'université de Poitiers, Pascal-Henri Keller, défend un métier centenaire, partie prenante de la vie sociale, professionnelle et privée de ses contemporains.

Comment percevez-vous la psychanalyse ?

« Une approche scientifique et rigoureuse de la vie psychique humaine. Freud a de suite décelé une seconde conscience ? l'inconscient ? chez l'être humain. On en connaît les effets : nos rêves, nos lapsus, nos pulsions, etc. Le psychanalyste est alors celui qui prend la parole au sérieux, qui permet aux patients de s'écouter parler. Longtemps, des approches similaires étaient réservées à la religion et parfois à la magie. Ce qui conférait à l'interprétation des paroles un caractère soit sublimé par une vue élevée de l'esprit, soit péjoratif. Il fallait un champ d'étude pour l'approcher. »

Certains la considèrent pourtant comme une mystification?

« On sous-estime le pouvoir de la parole dans une vie humaine. Elle doit être prise dans toute sa complexité car c'est l'acte fondateur de l'existence. Nous naissons avec un acte parlé, un nom, avec lequel nous commençons déjà à nous construire. Dès lors, elle constitue l'intégralité du rapport aux autres. Que font les Gilets jaunes, si ce n'est prendre la parole sur les ronds-points pour inventer une autre société ? La méfiance envers la psychanalyse vient du fait qu'il est décevant de se rendre compte que nous sommes seulement des êtres parlants et non des êtres de performances. Une médaille d'or ne nous dit rien d'une existence. »

Longtemps, l'interprétation des paroles était réservée à la religion et parfois à la magie. 

Pascal-Henri Keller, professeur émérite, université de Poitiers

Le film de Sophie Robert, « Le Phallus et le néant », a récemment créé la polémique. Il vise à décortiquer la théorie sexuelle et sa « dimension politiquement très incorrecte. »

« Contresens absolu. Chacun est confronté à l'énigme sexuelle, à son identité « psycho sexuelle », dans le sens de notre rapport au genre. Prenez l'exemple d'un petit garçon dont le père a disparu. Le premier réflexe est de confier au grand-père le soin de lui apprendre à « pisser debout ». Nous devons comprendre le pourquoi de ces réflexes. Le scandale vient plutôt du fait de ne pas se poser la question. C'est le film Billy Eliott, cet enfant à l'entourage masculin très présent dans l'Angleterre ouvrière des années 2000 et son envie de devenir danseur classique malgré les réprobations de ses pairs. Le sexuel construit notre identité. »

C'est toute la controverse nourrie à propos de l'autisme. Certains pointent des prises en charge visant à culpabiliser les parents.

« Les reproches fustigent les travaux de Bruno Bettelheim dans les années 1960. Je ne l'excuse pas mais il a eu le courage d'énoncer certaines hypothèses, dont celle de la responsabilité de la mère, à une époque où personne ne voulait s'intéresser à l'autisme. Pourtant la construction du terme ? « auto » et « érotisme » ? nous dit quelque chose : celui qui se suffit à lui-même, sans connotation sexuelle. Aujourd'hui la profession est dans une logique de recherche pour inventer d'autres prises en charge. Les travaux autour de Préaut (2) montrent bien les bénéfices de la profession sur l'autisme. Ce qui importe, c'est le respect de l'originalité. Et la discipline en est garante. »

Face à aux gestions managériales de nos vies, les individus ne s'en sortent pas

Nous traversons une période de violence, d'incertitude, où les gens n'arrivent plus à se parler. Est-elle encore compatible avec votre discipline ?

« Elle l'est d'autant plus que la parole est de nos jours disqualifiée. L'être humain n'est plus perçu que par les chiffres et les statistiques. Nous faisons nos courses et n'avons plus affaire à la caissière pour payer. Au moment de l'orientation, nos lycéens n'ont plus que des cases à remplir sur un logiciel. Nos hôpitaux sont davantage soumis au règne de la rentabilité que de l'écoute. On entend des formules comme « gérer son stress » ou « identifier des compétences » dans lesquelles on bannit la parole qui pourtant nous donne une raison d'exister. Face à ces gestions managériales de nos vies, les individus ne s'en sortent pas. Ils se retrouvent par ailleurs, sur les réseaux sociaux, dans un besoin de parler. A minima, c'est une bonne chose, mais il faut voir aussi à quel point la parole y est dévoyée. »

Le psychanalyste Michael Larivière rapproche d'ailleurs la pratique à celui du besoin de littérature?

« Littérature et psychanalyse ont en commun l'exploration de la conscience, le fait de mettre en récit la pensée. Le rêve est d'ailleurs une création pure, originale et spécifique. Dans la séance, on fait résonner deux subjectivités qui vont ainsi échanger. Dernièrement, l'entreprise de Philippe Lançon avec son roman Le Lambeau (NDLR, récit de la reconstruction physique et psychologique du journaliste victime des attentats de Charlie Hebdo) est un exemple saisissant de la relation complexe entre littérature et psychanalyse. Le praticien se nourrit de la littérature, aussi bien de ses histoires que du danger des mots. »

La psychanalyse ne permet pas d'expliquer mais donne les clefs pour penser le phénomène

Vous évoquez des phénomènes plus contemporains auxquels la psychanalyse contribue à faire évoluer la connaissance comme la radicalisation islamique.

« L'idée du psychanalyste Fethi Benslama est de pouvoir identifier chez l'individu la parole qui " donne envie d'adhérer ". La psychanalyse ne permet pas d'expliquer mais donne les clefs pour penser le phénomène. Celui de l'isolement des jeunes, que les Japonais nomment Hikkikomori, et le moment où le parent réagit dans le sens de l'isolement. On remonte ainsi le fil de la radicalité. Chaque phénomène comporte ce que l'on appelle une « narrativité ». Celle-ci doit permettre de se projeter. C'est le fondement de la discipline. Sa visée humaniste redonne à chacun le droit de rêver. Et qu'a réellement besoin la société de nos jours, si ce n'est de rêver ? »

(1) Dont trois portant la mention " reconnue d'utilité publique ".
(2) L'Association PRÉAUT prône une prise en charge de l'autisme par la dimension thérapeutique et pédagogique.
Henry GIRARD
19 février 2019

"Le Phallus et le Néant", ou les "dérives" de la psychanalyse

 

"Le Phallus et le Néant", ou les "dérives" de la psychanalyse

Avec son dernier documentaire "Le Phallus et le Néant", la réalisatrice Sophie Robert dénonce "les dérives sexistes et sectaires" de la psychanalyse et déplore son "influence" sur la psychiatrie.

https://jeunesmedecins.fr

 

9 février 2019

Freud, fin de partie ? (1)

 

 

Je me trouvais la semaine dernière à la projection d’un film, Le Phallus et le néant, qui n’est pas encore distribué, et emprunte provisoirement la formule du ciné-club : une unique présentation promenée de ville en ville par sa réalisatrice Sophie Robert, qui débat ensuite avec le public. Pénible soirée ! Dont je suis ressorti (sans assister à la fin d’échanges assommants) animé de deux sentiments contradictoires.

Une rumeur pour moi alléchante avait motivé ma venue : après le coup d’éclat du Livre noir de la psychanalyse, annonçait en substance « Le Petit bulletin », arbitre de nos sorties grenobloises, on allait voir ce qu’on allait voir, la mise à mort finale d’une imposture qui n’avait que trop duré ! Cette promesse fracassante n’était pas nouvelle, mais la mention du Livre noir me décida ; j’ai très bien connu son maître d’oeuvre Mikkel Borch-Jacobsen, auteur (fort sérieux) d’ouvrages pour moi fondamentaux comme Le Sujet freudien (Flammarion) ou Lacan, Le Maître absolu… Qu’allait-on nous montrer ?

Une série ou une galerie en effet hallucinante de propos tenus par des praticiens ; les uns lacaniens, d’autres « freudiens », certains médecins et d’autres non, y glosent des notions comme phalluscastration, inceste ou quelques autres proposées par la réalisatrice. Dix-neuf (si j’ai bien compté) psychanalystes se prêtent à ce jeu qu’ils ne devinent pas de massacre, avec une inconscience surprenante touchant la réception de leurs propos. Si la règle d’or du patient sur le divan est de « tout dire », celle du psy prié ici de répondre semblait de dire n’importe quoi.

C’est le premier motif de sidération, comment osent-ils ? Quelle bonne conscience, quelle assurance née d’échanges entre soi, quel mépris de la simple interlocution autorisent ces hommes et ces femmes qu’on suppose intelligents, ou doués d’esprit critique, à proférer devant la caméra de pareilles âneries ? Car on n’entend dans leur bouche, à de rares exceptions, que l’arrogance d’une corporation devenue apparemment indifférente à toute vocation thérapeutique. Abrité, embusqué dans un jargon proféré en boucle, d’une circularité indigente, calé dans son piètre raisonnement fait de mots si étranges ou si pauvres, l’oracle-orateur administre au vulgaire, du haut de sa superbe, un catéchisme sans réplique ; quelque argument qu’on lui objecte, chacun semble parti pour avoir toujours raison. Le Phallus et le néant ou le retour consternant de Diafoirus !

Je ne peux, faute d’avoir pris des notes, produire ici des citations, seulement la liste des thérapeutes interrogés : Richard Abibon, Jacques André, Patrick Avrane, Yann Bogopolsky, Emeline Caret, Guidino Gosselin, Jean-Michel Hirt, Eric Laurent, Marie-Christine Laznik, Christine Loisel-Buet, Geneviève Loison, Aldo Naouri, Claude Parchliniak, Gérard Pommier, Jacqueline Schaeffer, Monique Schneider, Estella Solano-Suarez, Alexandre Stevens, Jean-Pierre Winter. On reconnaît dans ce défilé quelques noms illustres, qui ne se privent pas d’alimenter les médias de leur expertise – pour combien de temps encore ?

Jacqueline Schaeffer, particulièrement ridicule et malmenée dans ses déclarations, aurait intenté à la production du film une action en référé, dont elle fut déboutée. La présence de sa voisine de liste Monique Schneider étonne davantage : La Parole et l’inceste, ou Freud et le plaisir (je cite de mémoire, n’ayant pas d’où j’écris ma bibliothèque) sont des livres excellents, qui m’ont servi à composer mon propre ouvrage Le Fantôme de la psychanalyse, Critique de l’archéologie freudienne (Presses universitaires du Mirail, 1991). Et Monique figurait dans mon jury de thèse, que vient-elle faire ici où ses propos n’ont rien que de raisonnable ?

Un autre volet du film consiste en paragraphes tirés de Freud ou de quelques disciples notoires, Dolto ou Winnicott ; ayant oublié mes lunettes, je n’ai pu déchiffrer ces cartons qui suscitaient quelques ricanements du public. Je soupçonne Sophie Robert d’avoir tronqué à plaisir des phrases douées de sens en contexte, mais qui peuvent étonner ou scandaliser le profane ; c’est le reproche qu’une dame, vraisemblablement psychanalyste, lui adressa, on peut ridiculiser n’importe qui avec votre montage… Cette objection pourtant n’exonère pas les praticiens bavards qui ont bel et bien prononcé, avec quelle emphase, les mots pour la plupart ineptes que nous entendons.

Françoise Dolto

Un troisième élément du film consiste en un petit dessin d’animation narrant les affres d’une jeune patiente qui peine à s’allonger, ou à payer sa psy en liquide – cette dernière caricaturée en matrone aux traits de Françoise Dolto.

À l’issue de la projection, la jeune réalisatrice, douée d’un bagout certain, se lança dans de nouvelles diatribes avant de donner la parole au public. La salle bien garnie, assez jeune, m’a semblé peuplée d’étudiants en psychologie rameutés par leurs enseignants, et tous (ceux du moins qui eurent la parole) très remontés contre la psychanalyse. En une heure de débat, je ne réussis pas à obtenir le micro, qu’aurais-je dit ? Que les propos tenus à l’écran sont en effet accablants, mais que ces tristes représentants ne doivent pas nous détourner d’une discipline que d’autres pratiquent honnêtement, avec des résultats appréciables. Et je revoyais ma femme Françoise, qui exerça plus de trente ans ce métier comme thérapeute, et enseignante aussi auprès de petits groupes réunis dans notre salon : avec quel enthousiasme elle leur faisait partager Dolto, Winnicott et, par tranches pédagogiques, progressivement, l’œuvre de Freud ! J’entends encore les témoignages que ces « élèves » prononcèrent à ses funérailles ; sans langue de bois, sans jargon, ces femmes avaient assimilé quelques notions fondamentales capables de modifier leurs vies. Comme moi-même au contact de Françoise. Qu’aurait-elle pensé de ce film ?

Françoise (avec Mathilde)

Elle s’était durement affrontée à la corporation de ses confrères psychiâtres, et avait dû maintenir son cabinet assez seule, à l’écart des réseaux ; elle exerçait son métier avec passion, sans recourir jamais à un vocabulaire abscons mais avec le souci toujours d’expliquer, de déplier, de défaire les nœuds sans en rajouter du côté de l’intimidation, sans jouer au mage ni s’envelopper d’un voile de mystère. Et je me revois de même, jeune normalien, assister en 1966 à quelques séances du « séminaire » de Lacan dans une salle Dussane bondée ; je revois mon camarade Nassif faisant la cour au Maître, ou Jacques-Alain Miller se plaçant pour épouser sa fille Judith, et hériter de l’édition du Séminaire. Je revois Pierre Kaufmann, chez lequel je déjeunais souvent rue du Vieux-Colombier, entraîné par son fils Jacques alors mon copain de khâgne, qui me renseigna le premier sur Lacan et sur le mimétisme fatal qui plongeait ses « disciples » dans une navrante soumission. Je revois Serge Leclaire, chargé d’un cours du soir à l’ENS, peinant à nous tenir un discours pédagogique ; à celui qui n’était pas encore le praticien-vedette de l’émission de télévision « Psy-show », quelques camarades par ailleurs militants de l’UJC-ML lançaient cruellement des colles de philosophie auxquelles il ne savait répondre comme, dans des écoles de moindre rang, des chahuteurs jettent sur le pion des boules puantes…

Je n’ai pas fréquenté très longtemps le Séminaire, insupportable de mondanités, de vanités puériles et baptisé sans doute ainsi par antiphrase puisque personne, à cette date, n’osait plus y prendre la parole. Mais je me suis moi aussi allongé quelques mois sur un divan, grenoblois et lacanien hélas, sans autre résultat que de confirmer mes doutes. Je revois Hildenbrandt, ou quelques émules de son cercle, pauvres clones d’une parole qui les dépasse, petits porteurs d’un habit trop large qui plisse aux bras, aux genoux. Ceux qui, des années durant, ont pris le train chaque semaine pour aller faire chez Lacan ou l’un de ses proches disciples leur « tranche de contrôle » ne se montraient guère tendres avec les patients, vis-à-vis lesquels ils reproduisaient l’humiliation et les brimades endurées lors de leur formation. On observe aussi chez les cuisiniers, ou divers corps de métiers manuels, ce genre de transmission.

Jacques Lacan

En bref l’éthique de la psychanalyse, tant vantée dans ces mêmes milieux, ne saurait consister  à renchérir de superbe, ni de condescendance dans le cadre d’une relation clinique ou d’un échange intellectuel. Si analyser veut dire dissoudre (des liens abusifs, des nœuds psychiques), le rôle du maître-supposé-savoir n’est pas d’en rajouter en plaçant le sujet dans une dépendance infantile, voire une posture d’addiction. Françoise s’est battue pour libérer ses patients ; et quand j’ai moi-même publié mon livre consacré à examiner quelques difficultés de l’archéologie freudienne, je n’ai pas recherché le bouclier d’un ésotérisme enjôleur : les choses de l’amour, ou de l’inconscient sont assez repliées, confinées ou entortillées pour ne pas les obscurcir davantage ! Hélas, je n’avais pour prendre la plume aucune autorisation institutionnelle, je n’appartenais à nul groupe, et mon Fantôme n’eut aucun écho (sinon de la part de Roger Gentis). Beaucoup plus tard, Pontalis qui apparemment m’avait lu me demanda, presqu’avec reproche, pourquoi je ne lui avais pas proposé d’abord ce livre pour sa prestigieuse « Bibliothèque de l’inconscient » – cher vieux Jibé, si j’avais su ! Mais comment depuis ma province, dans ce climat d’intimidation tenace aurais-je osé ?

Lors du médiocre débat qui suivit la projection du film – médiocre par absence de contradiction, Sophie Robert ayant avec ses propos de guérillère conquis la salle –, j’aurais voulu avancer que la psychanalyse n’était pas une pensée négligeable, ni Freud un chien crevé ; qu’il se rencontre des praticiens honnêtes qui vous conduisent à la cure. Ou que par exemple, moi qui me trouvais la semaine dernière accaparé par un séminaire sur Aragon à l’ENS, je ne vois pas comment rendre compte d’un livre comme La Mise à mort (1965) sans le secours d’un minimum de théorie freudienne. On apprécie bien sûr les romans sans avoir lu Freud – mais une connaissance ou une culture tirées de lui peuvent tellement éclairer certains textes ! Au point que les commentaires qui s’en privent tournent en rond, ou demeurent de surface.

Les étudiants qui peuplaient la salle, peu soucieux de théorie psychanalytique, lui opposaient les mérites de l’hypnose, de la psychologie comportementale, des neurosciences ou de tel médicament… Un précieux outil de culture semble avoir fait son temps, victime de ses gardiens mêmes ; la figure du médecin cultivé, passionné d’art et de littérature comme le furent Freud ou Lacan (qui pétillait au moment du « Discours de Rome », ou du séminaire sur La Lettre volée), semble avoir disparu de notre horizon. Qui s’intéresse encore à un sujet comme « Littérature et psychanalyse » qui fut, dans les années 1970, le titre en fac d’un de mes cours ?

Mais j’ai vu la semaine dernière à Paris l’exposition de Jean Clair au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, « Freud du regard à l’écoute » – plus donc sur ce thème, dans un prochain billet.

 

Daniel Bougnoux

7 février 2019

10 février. Manifestation de psychanalystes gilets jaunes

Freud au cigareEnfin la version freudienne des plus démunis !!! ... je vous laisse apprécier.

Jean-Jacques DUPUIS

Mercredi, 6 Février, 2019

A l’appel de 84 psychanalystes, une manifestation « Psychanalystes Gilets jaunes » se tiendra le dimanche 10 février 2019 à 14h30, à l’angle de la rue Rambuteau et de la rue du Temple à Paris. C’est à côté du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme où se tient actuellement une exposition à la mémoire de Freud. Seront également présents à ce rendez-vous des porte-paroles des gilets jaunes.

 

Partout aujourd’hui la parole s’affranchit : c’est l’effet « Gilets jaunes », et la parole qui se libère, c’est aussi l’affaire de la psychanalyse. Elle fabrique des insoumis : celui qui s’émancipe sur un divan de ses oppressions intimes est près à enfiler un gilet jaune dès qu’il se heurte à la réalité quotidienne. Cette liberté est d’abord celle de la parole enfin prise, elle ouvre la porte de « Liberté, Egalité, Fraternité » ! Depuis longtemps en France, il n’y eut jamais tant de débats. Car la démocratie n’est pas une mise en boîte institutionnelle, c’est l’affaire du peuple. Le pouvoir actuel lui-même - si arrogant - est aujourd’hui obligé de sortir des institutions habituelles pour débattre. Hélas ! Les cadres de ce « débat » sont fixés à l’avance en toutes lettres : non au rétablissement de l’ISF et à l’augmentation des salaires, oui au déballage sur l’immigration : c’est le grand danger ! Macron se contente de faire de la pédagogie comme si nous étions des ignorants. L’humiliation continue. Il est pourtant lui aussi obligé de sortir dans la rue pour débattre. Le débat se passe désormais en dehors d’un cadre parlementaire disqualifié. Nous sommes dans un état insurrectionnel pacifique, hors institutions. Macron sera-t-il le plus fort avec l’aide d’une police toujours plus violente ? Cela ne sera pas le cas si nous résistons et apportons plus que notre soutien, car nous aussi nous voulons que la parole se libère.

Le mouvement « Gilets jaunes » est une protestation spontanée pour une vie meilleure, pour en finir avec trop d’injustices et avec le mépris qui réduit chacun à sa solitude. Bien pire encore ! ce mépris risque de pousser le peuple à s’en prendre aux immigrés… Le mur qui sépare le pouvoir de la grande majorité est la source en cascade de toutes les ségrégations. Si ce mouvement de colère comporte des zones d’ombres, c’est aussi notre responsabilité de faire entendre ce que ce mouvement porte de positif.

Nous qui, fidèles à la psychanalyse, voulons nous faire entendre, nous ne sommes pas « Gilets jaunes » seulement pour apporter notre soutien : nous en sommes ! Le pouvoir actuel est l’ennemi de la découverte freudienne, partout il rejette la psychanalyse : des lieux de soins, des universités, des études de médecine, des revues scientifiques, des commissions ministérielles. La seule solution proposée devant les souffrances psychiques qui sont la première pathologie en France est celle de la camisole chimique, même pour les enfants, au seul profit de l’industrie pharmaceutique, et à un prix faramineux.

Nous sommes liés à ce mouvement. La psychanalyse est toujours jeune sans enfiler de gilets jaunes. Elle apporte une compréhension politique élevée au moment historique que nous partageons.

=> Accès à l'article sur le site de l'Humanité & à la liste des signataires ici
31 janvier 2019

Autisme => Diagnostic ... Que faire en cas de doute ? ... Les réponses sur le site du GNCRA

Extrait du site du GNCRA - Groupement National des Centres de Ressources Autisme

Classification Diagnostique

La classification diagnostique de référence est désormais le DSM-5, classification américaine des troubles mentaux, qui consacre le terme de « Trouble du spectre de l’autisme », défini par une dyade :

  • Des difficultés en matière de communication sociale
  • Des comportements restreints et répétitifs

À ces deux caractéristiques des TSA sont associés plusieurs niveaux de retentissement :

Niveau 1 qui requiert un soutien,
Niveau 2 qui requiert un soutien important,
Niveau 3 qui requiert un soutien très important.

L’autisme est souvent associé à des comorbidités telles que l’anxiété, l’épilepsie, les troubles digestifs, la déficience intellectuelle, les troubles obsessionnels compulsifs etc.

Que faire en cas de doute ?

Vous avez des doutes ? Vous vous posez des questions ? Vous avez des inquiétudes sur son développement ou ses apprentissages ?

  • En première intention, il est recommandé de s’orienter vers le médecin assurant le suivi habituel de l’enfant (les professionnels de 1re ligne : médecin généraliste, pédiatre, médecin de PMI, etc.)
  • En seconde intention, vous pouvez vous orienter vers les professionnels de la 2e ligne, à visée de diagnostic spécialisé : le centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) de votre département (pour les enfants de moins de 6ans), le centre médico-pschologiques (CMP), etc…
  • En cas de doute sur le diagnostic de TSA, d’inquiétudes persistantes ou de situation complexe, contactez le CRA de votre région.

Pour en savoir plus sur le parcours de repérage et de diagnostic des TSA, consultez les Recommandations de Bonnes Pratiques de 2018

Pour aller plus loin :

Historique, définition, en cas de doute ?

L'autisme est un trouble dont la description est relativement récente. En effet, ce n'est qu'en 1943 que le psychiatre américain d'origine autrichienne Leo Kanner décrit sous le nom d'autisme infantile des particularités de comportement de certains enfants : tendance à l'isolement, besoin d'immuabilité et retard de langage.

https://gncra.fr

 

29 janvier 2019

Autisme: la prise en charge psychanalytique toujours enseignée dans les facultés de psychologie

article publié dans Le Figaro

Par  Aurélie Franc Mis à jour le 28/01/2019 à 18:21
Publié le 28/01/2019 à 17:43

Dans les facultés de psychologie, la psychanalyse est enseignée pour prendre en charge l'autisme. Et ce, malgré les recommandations de bonne pratique.

 

Florent Chapel.

Comment prendre en charge un jeune autiste? En 2012, la Haute Autorité de santé (HAS) répond à cette question. Elle émet des recommandations: certaines méthodes sont approuvées, comme les théories comportementales et développementales. D'autres ne le sont pas.

C'est le cas des approches psychanalytiques, qui font partie des «interventions globales non consensuelles» en matière de prise en charge de l'autisme. Des termes pudiques pour rappeler que la prise en charge de l'autisme par la psychanalyse a été contredite par toutes les dernières connaissances scientifiques. «L'absence de données sur [son] efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à [sa] pertinence», concluent les experts de la HAS.

Ces recommandations sont considérées comme des guides de bonne pratique et depuis leur publication, le gouvernement essaye d'adapter les formations universitaires pour qu'elles y soient conformes. Mais le fait que la psychanalyse soit déconseillée en ...

=> Lire la suite de l'article en cliquant sur l'image

article du Figaro psychanalyse toujours enseignée

23 janvier 2019

Pédopsychiatrie : La situation est grave

article publié dans Le Point

INTERVIEW. Manque de personnel et de lits, crise des vocations, crédits en baisse... Bernard Golse, pédopsychiatre à l'hôpital Necker, sonne l'alerte.

Propos recueillis par

Publié le 22/01/2019 à 07:30 | Le Point.fr
<< Etre praticien hospitalier en pedopsychiatrie, c'est etre accable de travail, tres isole, pas tres bien paye. >>

« Être praticien hospitalier en pédopsychiatrie, c’est être accablé de travail, très isolé, pas très bien payé. »

© IMAGE POINT FR

Bernard Golse est chef du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker à Paris et président de la Cippa(Coordination internationale entre psychothérapeutes, psychanalystes et membres associés s'occupant de personnes avec autisme). Postes vacants, personnel en sous-effectif permanent, manque de lits, ascendant de plus en plus fort et problématique des neurosciences, crédits en berne pour la recherche : la psychiatrie publique, en France, vit une crise historique sur laquelle les professionnels du secteur ne cessent d'alerter le gouvernement. Une pétition, déjà signée par plus de 3 000 professionnels et usagers, circule actuellement sur Internet. Ce mardi 22 janvier est prévue une grande mobilisation nationale soutenue par trois syndicats de psychiatres et de médecins. Bernard Golse alerte, lui aussi, sur le naufrage du secteur spécifique de la pédopsychiatrie. Que va devenir un pays qui ne se donne plus les moyens de soulager la souffrance mentale de ses enfants et adolescents ?

Le Point : Quel est le problème le plus criant de la pédopsychiatrie  ?

pall1019 Portrait du Bernard Golse, medecin, pediatre, pedopsychiatre et psychanalyste. Photographie 2013 ©DRFP/Leemage

Bernard Golse : Le manque de praticiens hospitaliers… Le nombre de postes non pourvus en pédopsychiatrie est dramatique. Ces postes sont donc parfois occupés par des psychiatres d'adultes, ce qui n'est pas satisfaisant, ou par des médecins étrangers qui n'ont pas forcément la formation adéquate. Mais ils sont aussi bien souvent laissés vacants.

Comment expliquer ce manque de vocations ?

Être praticien hospitalier en pédopsychiatrie, c'est être accablé de travail, très isolé, pas très bien payé. Comment voulez-vous que ces postes fassent envie ? Il faudrait revaloriser les carrières et surtout repenser toute la filière. Les premières années de médecine sont presque exclusivement axées sur la biologie. Or la psychiatrie requiert aussi l'apport des sciences humaines. Il faudrait réintroduire de l'anthropologie, de la sociologie…

Ce n'est guère dans l'air du temps. Les neurosciences ne sont-elles pas en train d'écraser toute la discipline ?

C'est simple, tous les crédits vont actuellement à la génétique et aux neurosciences. Or, si on peut expliquer les troubles mentaux par des déterminants endogènes – la neurobiologie – ou par des déterminants exogènes – le contexte familial, social –, le mieux est évidemment d'essayer de comprendre comment, le plus souvent, ces deux aspects s'imbriquent. C'est ce que nous tentons de faire à la Cippa. La génétique et les neurosciences ne suffiront jamais à résoudre la violence, la précarité, l'instabilité sociale… Négliger les déterminants exogènes pour ne plus s'intéresser qu'au neuro-développement est une incroyable régression.

Même à Necker, que l'on imagine bien doté, vous avez le sentiment de ne plus avoir les moyens d'exercer correctement ?

Hélas, oui. Un simple exemple : il arrive que des enfants arrivent aux urgences parce qu'ils ont fait une tentative de suicide ou traversent une crise d'agitation aiguë. Ce n'est pas fréquent, mais ces enfants ont besoin d'être hospitalisés immédiatement, et à temps plein. Or il n'y a pas de lits ! Nos internes se démènent pendant des heures pour trouver une place en pédopsychiatrie à l'hôpital Robert-Debré ou à celui de la Pitié-Salpêtrière, mais ces lits sont toujours occupés. Alors, ces enfants ou ces jeunes adolescents sont hospitalisés en pédiatrie, ce qui est totalement inadapté quand ils sont dans un état d'agitation extrême. Imaginez le travail d'une infirmière qui doit, tout en donnant un bain à un enfant atteint d'une maladie de peau, surveiller son voisin de chambre suicidaire… C'est terrifiant, mais c'est bien ce qui se passe aujourd'hui. Même chose pour l'autisme : tout le monde le sait, il faut un dépistage et une prise en charge les plus précoces possible. Or les centres experts sont complètement engorgés. Nous ne pouvons pas, loin de là, répondre à toutes les demandes.

Il est question de mettre en place des plateformes régionales…

Mais avec quel argent ? Avec les piteux 50 millions, dérisoires, qui ont été débloqués par Agnès Buzyn (la ministre de la Santé, NDLR)  ? Et comment le travail de ces plateformes va-t-il se coordonner avec celui des centres experts ? Mieux vaudrait revaloriser et équiper des outils adéquats les CMP (centres médico-psychologiques) pour faire une partie du diagnostic. Cette politique du secteur, ce maillage du territoire par des CMP pluridisciplinaires nous ont longtemps été enviés dans le monde entier. Pourquoi ne pas s'appuyer sur eux, notamment pour la prévention ? La situation est, en tout cas, trop grave pour accepter l'enfumage du gouvernement. Nous sommes nombreux à réclamer des assises générales de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie.

21 janvier 2019

Sexe et psychanalyse : c’est encore loin, le XXIe siècle ?

article publié dans Le Monde

La discipline et ses théories freudiennes font fausse route, que ce soit en ce qui concerne le sexe féminin, la communauté LGBT ou l’inceste, estime la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, qui appelle la psychanalyse, et nous tous, à l’autocritique.

Par Maïa Mazaurette Publié hier à 06h38

Temps de Lecture 5 min.

 

MAÏA MAZAURETTE

LE SEXE SELON MAÏA

Une société de la communication peut-elle nier l’importance de la psychanalyse ? Difficilement. L’attention que nous portons à nos états d’âme, à la complexité de nos ressentis, au partage des émotions, doit énormément aux travaux de Freud.

Seulement, le penseur né au XIXe siècle est mort depuis quatre vingts ans ! Et même s’il continue d’être prolongé et corrigé par d’autres (neurosciences, aides médicamenteuses, décodification de la relation patient-psy)…, nous avons parfois l’impression que rien ne bouge. Que nous en sommes restés au complexe d’Œdipe le plus basique, aux imbrications d’Eros et Thanatos, et bien sûr à la vision de la sexualité la plus déprimante qu’on puisse imaginer.

Car le saviez-vous ? La sexualité est une blessure. Les femmes ne savent pas jouir. Le sexe féminin est moins désirable que le sexe masculin. La femme est un trou. Toutes les filles détestent leur mère. Pour qu’unpénis pousse par-devant, il faut qu’il soit rentré par-derrière. Si ces affirmations vous semblent fantaisistes, c’est parce que vous êtes attaché au réel. Car dans le symbolique, l’inconscient, bref loiiiin au-dessus de nos pratiques et désirs effectifs… elles tiennent la route. Bienvenue dans le monde des psychanalystes orthodoxes, décortiqué par le dernier documentaire de la réalisatrice Sophie Robert.

Le phallus et le Néant, présenté dans quelques salles de cinéma (dates et lieux sur le site), donne pendant deux heures la parole à des psychanalystes freudiens et lacaniens :dix-huithommes et femmes qui exposent leurs points de vue sur la sexualité. Le résultat sidère, amuse, terrifie (exemple : « Le pédophile n’est jamais un violeur. Il veut être un bon père (…), il veut reconnaître le droit à la jouissance de l’enfant »).

Fascination

Sans aucun doute, Sophie Robert pourra être accusée de réaliser un film à charge. Ce qui n’est pas faux(elle était déjà l’auteure, en 2011, du très controversé Le Mur – qui dénonçait le traitement de l’autisme par les tenants de l’approche psychanalytique en France).

On pourra lui reprocher des propos tronqués, pris hors contexte (qu’on m’explique dans quel contexte « les enfants sont d’une grande maturité sexuelle » devient acceptable). Les intervenants ont été choisis pour leurs positions passéistes. Certes. Mais jeter un pavé dans la mare n’est pas une mauvaise idée. En l’occurrence, les extraits sélectionnés (sexe féminin, désir, pulsions de l’enfant, inceste, etc.) par Sophie Robert ne surprennent pas. Ils sont conformes à ce que vous avez peut-être vu en cours de philo età ce que vous pourrez lire dans des publications récentes de psychanalystes.

Bien sûr, nous pouvons en rire. Nous pouvons nous retrancher derrière l’idée que chez les psys, il y a du bon et du mauvais, des réacs et des progressistes… Mais ça ne suffit pas.

Car la psychanalyse, surtout dans ses formes les plus conservatrices, continue de susciter la fascination. Elle a son mot à diredans des comités d’éthique. Elle fait figure de « voix de la raison » dans les médias. Elle participe de la construction de notre jeunesse. Elle est utilisée pour discréditer ceux qui nous dérangent (dans mes messages Facebook récemment : « L’absence (pas nécessairement physique) de ton père a tenu un rôle majeur dans ta dépravation. »)

Posons donc les questions qui fâchent : la psychanalyse est-elle soluble dans le XXIe siècle ? Car même si tous les psychanalystes ne sont pas orthodoxes, le flou perdure. Et dans cette querelle des anciens et modernes, nous avons le droit de demander un bilan.

Le phallus est tout-puissant

Un exemple simple : la psychanalyse peut-elle faire son autocritique concernant le sexe féminin, ou va-t-elle persister à le considérer comme un pénis tronqué ? Va-t-elle éternellement botter en touche quand la question est posée – sous prétexte que son champ d’action se situerait dans le symbolique ? Nous sommes à deux doigts du point #FaitsAlternatifs.

Si les femmes font les soldes parce qu’elles ont envie d’un pénis (c’est dans le film), alors désolée, la Terre est plate. Si, vingt-trois siècles après l’invention de l’anatomie, on peut s’entendre dire que « le sexe féminin est invisible », les ours polaires peuvent dormir tranquilles (et nous pouvons cesser d’épiler l’invisible, et pschitt, la pornographie vient de disparaître).

La question du sexe féminin entraîne dans son sillage d’autres incompatibilités avec le réel, notamment depuis le tournant génital du féminisme. L’excision psychanalytique des corps sabote en effet les avancées de l’égalité hommes-femmes : difficile de faire respecter l’intégrité de zones qui n’existent pas, impossible de prendre au sérieux une population présentée comme naturellement inférieure.

Le corps des hommes n’est pas mieux compris, la psychanalyse confondant la castration et l’émasculation, donc les testicules et le pénis. Qu’espère-t-on obtenir, quand on répète que le phallus est tout-puissant, infiniment désirable, quand on parle d’« arracher les résistances » de ses partenaires ? Quel modèle de société se retrouve promu quand la femme doit se soumettre pour que l’homme se sente fort ?

Inutile de préciser que dans ce paradigme, la sexualité se recroqueville, réduite à un acte d’agression passant forcément par l’intromission du pénis dans le vagin. Avec, je cite, « la femme en dessous ». Il y a des Kamasutras qui se perdent !

Tous des malades

Profitons de l’occasion pour rappeler les bases : 1) pour des experts en sexualité, consultez gynécologues, urologues et sexologues, 2) les hommes se pénètrent par-derrière comme par-devant, les femmes ont des érections et peuvent parfaitement pénétrer (ceci n’est pas une théorie mais une réalité anatomique).

De manière générale, les homosexuels, transgenres, transsexuels et autres queers se retrouvent en première ligne du diagnostic des tenants du conservatisme freudien : tous des malades. Outre la suspicion jetée sur des populations ayant du mal à se faire entendre, ces propos diminuent l’ampleur du vent de liberté qui se lève chez la jeune génération (selon le dernier rapport GLAAD aux Etats-Unis, 20 % des 18-34 ans s’identifient comme LGBTQ, 64 % sont des alliés de cette cause, et 25 % la soutiennent de loin).

Venons-en à l’inceste. Ici, les propos sélectionnés dans le documentaire atteignent un sommet : des victimes culpabilisées, des souvenirs de viol réinventésou discrédités (« l’inceste du père ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles, mais l’inceste maternel, ah, ça fait de la psychose » – la psychanalyste ayant prononcé ces paroles a intenté un procès contre Sophie Robert, et a été déboutée).

Si une certaine psychanalyse de la vieille école refuse d’entrer dans le XXIe siècle (faute d’être complètement entrée dans le XXe), libre à elle de rester en arrière. Libre à ses adeptes de penser que la sexualité casse, castre et attriste. Mais sanspeserdansdes décisions de société. Et là, attention… car ce poids est aussi, un peu, de notre responsabilité. Par exemple quand nous plaisantonssur nos cigares ou rouleaux à pâtisserie forcément phalliques. Ou quand nous parlons de castration sans nous demander ce que ce mot signifie.

A ce titre, le documentaire de Sophie Robert se comprend comme une charge contre la psychanalyse… mais aussi comme une remise en question de nos clichés la concernant, et de la manière dont nous tous avons tendance à l’instrumentaliser (quand elle nous arrange).

Vous prendrez bien une petite tranche d’autocritique, ce dimanche ?

Retrouvez ici toutes les chroniques de Maïa Mazaurette dans La Matinale.

Maïa Mazaurette

16 janvier 2019

Val-d’Oise. Nouveau : une plateforme pour un diagnostic précoce de l’autisme à Pontoise

Préambule : l'article parle d'un lancement plutôt discret ... quelques raisons à cela sans doute ...

La volonté politique actuelle semblerait plutôt s'affranchir des vérités révélées de la psychanalyse pour le diagnostic de l'autisme et l'accompagnement des familles.

Or, le Dr Erwan VION est aussi un psychanalyste patenté ... quelques liens nous le montre :

- http://www.psynem.org/Pedopsychiatrie_psychanalyse/Clinique_techniques_conditions/Packing/Erwan_Vion._Petite_histoire_du_pack?fbclid=IwAR2F721myoCg9MIyFrJcTjiLPDMOAX3OINO6kpcV1vFebpugby79asGbruU

- http://www.copes.fr/Enfance_adolescence/Perinatalite/SM17-36/SM17-36%20(fiche%20avec%20pr%C3%A9sentation%20du%20copes).pdf

Concernant le diagnostic => http://www.egalited.org/ObtenirDiagnostic.html

Jean-Jacques Dupuis

article publié sur actu.fr

Le 2 centre du Val-d'Oise spécialisé dans l'identification des troubles du spectre autistique chez les enfants a été plutôt discrètement lancé à Pontoise, début janvier.

La nouvelle Plateforme diagnostic autisme de proximité (Pdap) doit permettre, entre autres, d’identifier rapidement des troubles du spectre autistique (Tsa) en vue d’orienter les familles vers des dispositifs d’accompagnement adaptés à la singularité de chaque enfant. © Cc Tom Reynolds

Repérer plus tôt et plus facilement les troubles du spectre autistique chez les enfants, afin de pouvoir orienter rapidement les familles vers des soins et des dispositifs d’accompagnement adaptés.

Tels sont les objectifs de la Plateforme diagnostic autisme de proximité (Pdap) mise en place début janvier 2019 à Pontoise, dans le Val-d’Oise. Une réponse à un besoin de plus en plus urgent, sachant qu’un enfant sur 100 est actuellement diagnostiqué autiste, et qu’il ne s’agit que du 2e centre du genre dans le Val-d’Oise, le premier étant situé au centre hospitalier de Gonesse, à l’autre bout du département.

Au « Camsp » et aussi à l’hôpital René-Dubos

Pour porter ce projet, c’est le Centre d’action médicosociale précoce (Camsp) Apf France Handicap de Pontoise, que l’Ars Île-de-France et le Conseil départemental du Val-d’Oise ont souhaité retenir, dans le cadre d’un partenariat avec le centre hospitalier René-Dubos.

« Cette collaboration permettra de conjuguer l’expérience acquise par l’hôpital au travers de la consultation spécialisée Ted/Tsa (troubles envahissants du développement/troubles du spectre autistique) proposée par le service de psychiatrie infanto-juvénile ainsi que l’expérience du Camsp dans l’identification des troubles des enfants âgés de 0 à 6 ans et sa capacité d’orientation vers les acteurs ressources des secteurs sanitaire, médicosocial et social », explique Laure Rossi, la directrice du Pôle enfance 95 du Camsp de Pontoise.

Ce projet a d’ores et déjà démarré sur la base des moyens actuels des deux entités. « L’équipe commune s’étoffera progressivement avec, à terme, des locaux dédiés », précise Laure Rossi.

Plus d’enfants vont être pris en charge

« Cette plateforme va non seulement améliorer l’identification précoce des troubles du spectre autistique (Tsa), à partir de 2 ans, en vue d’orienter les familles vers des dispositifs d’accompagnement adaptés à la singularité de chaque enfant, mais elle va aussi permettre de prendre en charge beaucoup plus d’enfants », confie le docteur Erwan Vion, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital de Pontoise.

Le praticien de 41 ans, qui officie depuis sept années à Pontoise, indique, en effet, avoir assisté à « une explosion du nombre de cas de troubles du comportement chez les moins de 5 ans, tout particulièrement ces quatre ou cinq derniers mois ». À l’hôpital de Pontoise, 350 enfants, majoritairement « envoyés » par des médecins libéraux ou par des Pmi, sont ainsi inscrits sur une liste d’attente...

« Une explosion du nombre de cas ces derniers mois »

Comment justifier cette véritable recrudescence ?

« Les progrès en termes de diagnostics, liés en partie à la sensibilisation et à la formation des acteurs locaux, n’expliquent pas tout », répond le docteur Vion.

« Plusieurs théories évoquent des éléments génétiques, neurologiques, endocriniens, ou encore environnementaux, comme des facteurs favorisant les troubles d’ordre psychiatrique », poursuit le praticien.

« Il faut aussi considérer le nouveau rapport qu’entretiennent les enfants avec les écrans, même si les nouvelles technologies, telle l’intelligence artificielle, peuvent aussi nous aider, à l’image de nos liens étroits avec le département des sciences cognitives de l’université de Cergy-Pontoise », note le docteur Vion.

Une équipe et un suivi pluridisciplinaires

Une fois complétée, l’équipe de la Plateforme diagnostic autisme de proximité devrait réunir, dans un même endroit : un neuropédiatre, un pédopsychiatre, un éducateur pour jeunes enfants, un psychomotricien, un psychologue, un orthophoniste, ainsi qu’un secrétariat. Elle devrait disposer prochainement d’un local spécifique. Pour l’instant, l’accueil se fait encore au Camsp Les Beaux Soleils ainsi qu’à l’hôpital de Pontoise, avenue de l’Île-de-France.

Vidéo. Les principaux signes d’alerte d’un Tsa

Sachant que « près de 50 % des enfants arrivent trop tard » dans son service, le docteur Erwan Vion, chef de la pédopsychiatrie de l’hôpital de Pontoise, présente, dans une courte vidéo, les « quelques anomalies constituant des signes d’alerte d’un éventuel trouble dans le spectre de l’autisme (Tsa) chez les très jeunes, dès 18 mois ».

Détournement du regard, difficulté à pointer du doigt des objets, ou à simuler des situations imaginaires, etc.

Joseph CANU

Plus d’infos auprès d’Apf France Handicap au 01 30 17 31 50 ou de l’hôpital de Pontoise, au 01 30 75 40 40.

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