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"Au bonheur d'Elise"
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sophie robert
15 février 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 14 février 2012

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par David Heurtevent, autiste, MA Georgetown

 

Force est de constater que le Parti Communiste Français et la CGT-Santé perdent leurs nerfs au lendemain de la fuite organisée d’un avant-projet de rapport de la Haute Autorité de Santé et à la veille du rassemblement à Lille contre le packing et la censure du film de Sophie Robert organisé par Vaincre L’Autisme et auquel s’est s’associé le « Collectif Soutenons Le Mur ».

Ainsi,  la CGT Santé déclare dans un communiqué en date du 13 février 2012 :

« Pour rappel, dans le passé, la pratique des packs s’est développée en lien avec la psychothérapie institutionnelle, quand médecins et infirmiers mettaient en œuvre de réelles pratiques de soins innovantes pour des enfants jusque-là confinés à l’asile. Souvent encore, l’indication des packs peut être envisagée dans les cas de comportements d’automutilation graves, qui ne peuvent être traités que par la contention ou des traitements neuroleptiques lourds. […] Rien ne justifie des accusations excessives « d’actes de tortures » ou de mauvais traitements. La grande majorité des psychiatres et des équipes de santé mentale s’est sentie atteinte par ces accusations, aussi infondées que disproportionnées. »
Packing, contention, traitement neuroleptiques lourds, voilà la reconnaissance d’un système institutionnel maltraitant et inadapté aux soins actuels dans l’autisme.

 

Pour sa part, le Parti Communiste déclare dans un communiqué également en date du 13 février 2012 et diffusé dans l’Humanité :

« Le PCF dénonce la campagne actuelle visant à interdire, par un projet de loi, toute référence à la théorie psychanalytique dans le traitement par les équipes de pédopsychiatrie, des troubles autistiques […] Ce projet de loi, constitue de ce fait une ingérence totalitaire inadmissible dans le champ de la médecine. […] Pourtant l’immense majorité des personnes en souffrance psychique et leur entourage attendent avant tout un accompagnement relationnel et non une prise en charge normative centrée sur le symptôme. »

Ingérence totalitaire, accompagnement relationnel … Les parents ont vu les résultats désastreux de l’hégémonie psychanalytique en France. Empêcher l’ouverture de formations universitaires en thérapies comportementales et techniques éducatives, n’est ce pas cela le totalitarisme ? Censurer un film parce qu’il déplait, n’est ce pas cela le totalitarisme ?  Au contraire, les familles demandent à avoir accès à ce qui ce fait de mieux à l’étranger dans l’autisme, à savoir l’inclusion en milieu normal le plus souvent possible et l’accès aux techniques comportementales et éducatives. Il convient de rappeler que la psychanalyse n’est jamais recommandée dans l’autisme à l’étranger.

 

Le Parti Communiste Français et la CGT-Santé tentent de nous faire croire que le mouvement initié par des parents et personnes autistes, soucieuses de l’éducation de leurs enfants et du respect de la liberté d’expression serait illégitime et ourdi par l’UMP. Ce n’est pas parce que la proposition de loi visant à supprimer la psychanalyse provient d’un député UMP Daniel Fasquelle que les parents sont de droite. L’autisme n’a pas de couleur politique et nous « Collectif Soutenons Le Mur » sommes résolument non-partisans. D’ailleurs, les parents et les personnes autistes n’ont attendu ni Monsieur le Député Daniel Fasquelle, ni la Grande Cause Nationale 2012 décrétée par le Premier Ministre François Fillon pour agir.

Comment le Parti Communiste Français et la CGT-Santé peuvent-ils cautionner le packing, notamment des recherches faîtes sur des enfants de 3 ans enveloppés dans des draps à 10°C ?

Comment le Parti Communiste Français et la CGT-Santé peuvent-ils cautionner des professionnels qui obtiennent la censure d’un film en France et tuent la liberté d’expression dans notre pays ?

Comment le Parti Communiste Français et la CGT-Santé peuvent-ils cautionner des techniques qui échouent, comme la psychanalyse, qui confinent les autistes à l’institutionnalisation à vie alors qu’à l’étranger nombre d’entre eux vont à l’école ?

Comment le Parti Communiste Français et la CGT-Santé acceptent ils que les parents les plus riches aient accès à l’éducation à l’étranger ou à la maison, tandis que les plus pauvres, souvent des mères isolées, doivent subir les pressions de psychiatres psychanalystes pour institutionnaliser leurs enfants ?

 

Il y a là quelque chose de profondément choquant, contraire aux valeurs de progrès social, d’égalité républicaine et d’humanisme qui sont au cœur même des valeurs de gauche.

Au lieu de cela, le Parti Communiste Français et la CGT-Santé se complaisent dans l’aveuglement idéologique avec la psychanalyse et le clientélisme corporatiste avec la psychiatrie.

Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler les pages les plus noires du PCF et de la CGT de l’aveuglement idéologique soviétique.

Par exemple, Pierre Delion est parmi les premiers signataires de la pétition du collectif 39 contre la nuit sécuritaire, aux cotés de Pierre LAURENT , Secrétaire National du PCF. D’ailleurs, en lisant la liste des signataires, on se rend compte plus largement, d’une connivence entre :

  • des psychanalystes médiatiques : Caroline ELIACHEFF et  Elisabeth ROUDINESCO, par exemple,
  • des magistrats : Serge PORTELLI , Vice-président au tribunal de Paris,
  • la gauche et l’extrême gauche: Olivier BESANCENOT et Anne LECLERC (LCR), Denis BAUPIN, Yves COCHET et Noël MAMÈRE (EELV), Jean-Luc MELENCHON et Hélène FRANCO (Parti de Gauche).

Dans cet affaire, il est évident qu’une partie de la gauche est instrumentalisée par les amis des professeurs Delion et Cohen et finit par en oublier les valeurs humanistes des lumières et les valeurs du Conseil National de la Résistance.

Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Ce sera celui de la résistance au système en place dans la psychiatrie française.

http://www.soutenonslemur.org/2012/02/14/billet-dhumeur-psychanalyse-et-packing-le-pcf-et-la-cgt-sante-voient-rouge/

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13 février 2012

article publié sur le site de Reporters sans frontières le 7 février 2012

Affaire « Le Mur » : le genre documentaire menacé

Publié le mardi 7 février 2012.

Reporters sans frontières est profondément inquiète du précédent que constitue la condamnation, le 26 janvier 2012, de la documentariste Sophie Robert pour « dénaturation des propos » de trois psychanalystes interviewés dans son film, « Le Mur ».

« Le juge lillois s’érige en contrôleur du travail journalistique lorsqu’il prétend statuer sur les choix de montage de Sophie Robert, a déploré l’organisation. C’est d’autant plus grave que les conséquences sont significatives : même si elle fait appel, la documentariste est à la merci des huissiers qui lui réclament le recouvrement immédiat de plus de 25 000€. Après la saisie des rushes incriminés, en octobre, on ne peut qu’être à nouveau choqué par cette condamnation disproportionnée. »

« Le raisonnement du juge est extrêmement dangereux pour l’avenir du film documentaire. Le parti pris, la défense d’une thèse, consubstantiels à un sujet si polémique, ont été assimilés à de la dénaturation. Chaque personne interviewée pourra-t-elle désormais demander la saisie des rushes de ses déclarations et en exiger le retrait ? Ne va t-on tolérer que les documentaires aseptisés, édulcorés ? »

Le 26 janvier 2012, le Tribunal de grande instance de Lille a condamné Sophie Robert à verser entre 5 000€ et 7 000€ à titre de dommages et intérêts à chacun des trois psychanalystes interviewés dans son film, « Le Mur – La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». Les interventions d’Eric Laurent, Esthela Solano-Suarez et Alexandre Stevens doivent en outre être retirées du film, et un communiqué judiciaire doit être publié. En vertu d’une décision assortie d’« exécution provisoire », les condamnations doivent être appliquées immédiatement malgré l’appel de la documentariste.

Le film de Sophie Robert constitue une charge contre le traitement de l’autisme par la psychanalyse française, que la documentariste juge rétrograde et culpabilisateur. Les trois psychanalystes, qui avaient signé une autorisation d’utiliser et de couper leurs propos, estiment néanmoins que ceux-ci ont été déformés dans le film.

« ‘Le Mur’ contribue à un débat d’intérêt général sur le traitement de l’autisme par la psychanalyse. Il est donc protégé par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté d’expression et la jurisprudence qui en dérive. Or, à aucun moment le juge n’a évoqué le droit à l’information du public, ni les principes reconnus par les juges de Strasbourg : l’admission d’une ‘certaine dose d’exagération’, la prise en compte de la ‘bonne foi’, l’acceptation des idées qui heurtent ou qui choquent… Sans parler de la proportionnalité de la peine avec les dommages causés et les moyens financiers de la défenderesse. L’usage de l’article 1382 du Code civil (droit commun de la responsabilité civile) est regrettable, car il n’a pas permis d’apporter à Sophie Robert les garanties de dispositions plus spécifiques », a poursuivi Reporters sans frontières.

L’organisation soutient l’appel imminent de la documentariste et espère que la justice prendra cette fois-ci en compte le principe, à valeur constitutionnelle, de la liberté d’expression.

http://fr.rsf.org/france-affaire-le-mur-le-genre-07-02-2012,41810.html

13 février 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 7 février 2012

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Alors que la pétition vient de passer les 5000 signataires et suite à la demande de nombreux parents francophones, nous publions ici une traduction en français de la pétition internationale lancée par « Support The Wall – Autism » le 26 janvier 2012.

.

Vous pouvez signer la pétition en anglais ici

Traduction de la pétition internationale « Stop abuse of Autistics in France – Now! » lancée par « Support The Wall – Autism »

« Arrêtons les abus sur les personnes autistes en France »

« Chers Amis,

Merci de prendre un moment pour signer et faire circuler cette pétition urgente. Jusqu’à présent, nous avons réussi à attirer l’attention sur les abus subis contre les personnes avec autisme en France. Aidez nous à stopper ces abus !

Vous pouvez le faire en ligne ou envoyer une copie à l’Ambassade ou au consulat français le plus proche.

Nous sommes très inquiets par les atteintes aux droits humains à l’encontre des autistes français.

La France doit mettre un terme à la vaste discrimination et à la ségrégation.

La France doit prendre des mesures pour que les enfants ne soient pas exilés en Belgique.

La France doit condamner la pratique des soins invasifs et doit condamner les personnes qui pratiquent ces soins.

La France doit dé-institunationaliser l’éducation spécialisée.

La France doit cesser de recourir aux hôpitaux psychiatriques pour les personnes atteintes de TSA.

La France doit mettre en place des critères et des pratiques internationalement reconnues.

La France doit investir des les ressources nécessaires pour améliorer la vie de tous ces citoyens qui ont des besoins spéciaux. Nous craignons pour le bien être des enfants et des adultes vivant en France. »

PETITION

« Monsieur le Président Nicolas Sarkozy,

Je suis profondément inquiet suite aux atteintes aux droits de l’homme à l’encontre des personnes avec autisme vivant en France. La décision de votre gouvernement de faire de 2012 « La Grande Cause Nationale de l’Autisme » ne peut en aucun cas cacher ces faits horribles.

La France doit définitivement mettre un terme à la discrimination et à la ségrégation généralisée que les enfants et les adultes vivant avec un TSA (Trouble du Spectre Autistique) subissent.

La France doit prendre des mesures pour que les enfants autistes ne soient pas exilés en Belgique.. Je suis stupéfait(e) par le fait que les parents soient obligés d’exiler leurs enfants en Belgique parce que la France ne veut pas ou est incapable de fournir des institutions appropriées et refuse de mettre en place des thérapies qui ont fait leurs preuves pour l’éducation des enfants avec des besoins spéciaux.

La France doit condamner la pratique de soins invasifs et condamner également ceux qui pratiquent ces soins. Je suis interpellé(e) par le fait que la France continue d’autoriser des soins invasifs et tolère le Packing… une technique qui consiste à envelopper les enfants dans des draps mouillés et glacés, en dépit de vives protestations nationales et internationales. La culture institutionnelle de l’ignorance et des abus doit cesser !

La France doit dé-institunationaliser l’éducation spécialisée avec les besoins qui l’accompagnent. Je suis attristé(e) de constater que la France considère toujours l’institutionalisation comme LA solution pour répondre aux besoins particuliers de ces enfants. Les données montrent que 80 % des enfants diagnostiqués avec un TSA ne sont pas scolarisés dans le cursus régulier. Ceci constitue une ségrégation délibérée de la part de la France !

La France doit également cesser d’avoir recours aux hôpitaux psychiatriques pour les enfants atteints d’un TSA. Selon les données de votre gouvernement, 60 % des patients à l’isolement dans les hôpitaux psychiatriques, pour une durée supérieure à 30 jours, sont des patients diagnostiqués avec TSA. Or, leur place n’est pas dans des institutions psychiatriques !

La France doit mettre en place les critères et les pratiques internationaux. Je suis surpris(e) que des diagnostiques tels que la psychose infantile soient toujours utilisés en France, et ce, malgré de meilleures pratiques et de meilleurs définitions, et que l’autisme soit confondu avec la psychose infantile (schizophrénie) par certains professionnels.

La France doit investir dans le ressources nécessaires pour améliorer la vie de tous ces enfants dont les besoins sont spécifiques.

Je crains pour le bien-être de ces enfants et de ces adultes autistes vivants en France.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées

[Votre nom ici]

« 

Vous pouvez signer la pétition en anglais ici

PS: Merci à Linda pour sa traduction sur son blog, qui a servi de base à cette version.

http://www.soutenonslemur.org/2012/02/07/traduction-officielle-petition-internationale-arretons-les-abus-sur-les-autistes-en-france-maintenant/

13 février 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 5 février 2012

 
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Isabelle Resplandino et Josiane Bonadonna, membres du Collectif Soutenons Le Mur, ont publié une lettre aux députés face à la censure subie par le film « Le Mur » de Sophie Robert le 5 février 2012 sur le blog Médiapart d’Isabelle Resplandino.

 

Mesdames, Messieurs les Députés du groupe autisme à l’Assemblée Nationale,

Le 26 janvier, le Tribunal de Grande Instance de Lille a tranché en faveur de trois psychanalystes lacaniens qui avaient porté plainte contre Sophie Robert, réalisatrice du documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». Les plaignants considèrent que le documentaire porte atteinte à leur image et à leur réputation, que certaines de leurs interventions ont été « dénaturées ». Sophie Robert a fait appel…

Pourtant, ce documentaire ne fait que reproduire ce que des psychanalystes écrivent et déclarent depuis des dizaines d’années à propos de l’autisme. Ce film révèle le parcours dramatique mais typique de l’immense majorité des parents, qui se reconnaissent dans ce qu’ils ont vécu et continuent à vivre. Il révèle des aspects peu connus du grand public et met en évidence l’indigence, en France, de la prise en charge des enfants avec autisme, sous l’égide des méthodes d’inspiration psychanalytique.

Nous, parents, sommes révoltés par ce jugement, qui est vu comme une atteinte à la liberté d’expression, et une volonté manifeste d’empêcher le débat démocratique de prendre place. Nous demandons d’avoir la possibilité de choisir le type de prise en charge pour nos enfants et cette possibilité passe par le droit à l’information, donc par la diffusion du film.

Il n’y a aucun doute que la France est à la traîne dans la mise en place des traitements basés sur les preuves, pour la prise en charge de l’autisme. Il y a des années, la communauté scientifique internationale a conclu que l’approche psychanalytique était inefficace, et il est décevant que ce consensus ne soit pas reconnu dans la pratique médicale ou la politique française.

Nous espérons que le film de Sophie Robert encouragera la discussion en France et parmi la communauté internationale, et incitera les politiciens à l’action, de sorte que l’on donne accès aux enfants et aux adultes avec autisme aux thérapies nécessaires. Un projet de loi a été déposé, en ce sens, par M. Daniel Fasquelle, président de votre groupe, en copie de ce message. Il reçoit de multiples soutiens.
Un large mouvement d’opinion en faveur de Sophie Robert a vu le jour, soutenu par des personnalités françaises et étrangères du monde médical, universitaire et intellectuel. Sophie Robert est également soutenue par la Société Civile des Auteurs Multimédia.

Un collectif a été constitué, deux sites internet : http://www.soutenonslemur.org/ et http://www.supportthewall.org/ . Une pétition internationale a été lancée http://tinyurl.com/8y3mpg9.

Nous souhaitons nous entretenir avec vous pour discuter du soutien que vous pourriez apporter face à cette censure, pour discuter sur les points importants du non respect des conventions internationales vis à vis des personnes autistes en France, pays déjà condamné en 2004 par la cour européenne des droits de l’homme pour non respect vis à vis des obligations éducatives et rappelé à l’ordre en 1996 et 2007 par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE).

Nous vous remercions de votre attention et vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les députés, à l’expression de notre haute considération.

Les parents d’enfants autistes. (Lettre collective).

http://www.soutenonslemur.org/2012/02/05/isabelle-resplandino-autisme-faire-entrer-la-france-dans-le-xxie-siecle/

4 février 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 3 février 2012

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Voici le communiqué que nous a transmis le Collectif Egalited le 03 février 2012 suite à la publication du jugement concernant le documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ».
Le Collectif Egalited y confirme son soutien au documentaire et à sa réalisatrice Sophie Robert.

Lire le communiqué d’Egalited

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3 février 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 3 février 2012

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Même s’il ne nous appartient pas de contester une décision de justice, il nous apparaît cependant fondamental d’exprimer notre soutien à la démarche de Sophie Robert qui, au travers de son film, a retranscrit une réalité que nous parents d’enfants avec autisme expérimentons pour une grande majorité d’entre nous, et dont nos enfants sont les premières victimes. Quand bien même ils s’en défendent et crient à la manipulation, les plaignants dans ce procès expriment des positions qui sont adoptées et généralisées dans la plupart des structures de soin publiques françaises et qui conduisent à des diagnostics par trop tardifs et des prises en charge inadaptées pour un grand nombre d’enfants. Les associations de parents dénoncent ces pratiques depuis de nombreuses années. Des témoignages nous parviennent tous les jours, émanant de parents culpabilisés et démunis face à un système qui prive leurs enfants du droit fondamental qu’est l’accès à l’éducation et au soin. Cet état de fait est indigne d’un pays développé comme la France.

Anne BUISSON
Présidente Fondatrice
Association Sur les bancs de l’école
12bis rue Léon Delhomme – 75015 Paris
Tél. 01 56 23 00 44

http://www.surlesbancsdelecole.com

http://www.lamaisondeted.com

http://www.soutenonslemur.org/2012/02/03/prise-de-position-association-sur-les-bancs-de-lecole/

2 février 2012

article publié sur le site de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique)

Autisme et psychanalyse : premier jugement du Tribunal de Lille

Le 26 janvier, le Tribunal de Grande Instance de Lille a tranché en faveur de trois psychanalystes lacaniens qui avaient porté plainte contre Sophie Robert, réalisatrice du documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » diffusé sur Internet par Océan Invisible Productions1. Les plaignants considèrent que le documentaire porte atteinte à leur image et à leur réputation, et que certaines de leurs interventions ont été « dénaturées ». Le jugement condamne notamment Sophie Robert à payer de lourdes sommes de dommages et intérêts et à supprimer de son film les interviews des trois psychanalystes. Sophie Robert a fait appel.

Pourtant, le documentaire de Sophie Robert ne fait que reproduire ce que des psychanalystes écrivent et déclarent depuis des dizaines d’années à propos de l’autisme. Il révèle des aspects peu connus du grand public et met en évidence l’indigence, en France, de la prise en charge des enfants avec autisme, sous l’égide de méthodes d’inspiration psychanalytique2. Rappelons que l’autisme est un trouble neurologique et non une « psychose » produit du comportement et de l’attitude des parents, et de la mère en particulier, comme persistent à le déclarer nombre de psychanalystes. Il a été scientifiquement établi que les pratiques psychanalytiques sont inopérantes dans le traitement de ces troubles.

Un mouvement d’opinion en faveur de Sophie Robert a vu le jour, soutenu par des personnalités françaises et étrangères du monde médical, universitaire et intellectuel. Un collectif « Soutenons le Mur » a été constitué : http://www.soutenonslemur.org. Une pétition internationale a été lancée (http://tinyurl.com/8y3mpg9), ainsi qu’une souscription pour aider à la création d’une suite documentaire en trois volets, intitulée « voyage dans l’inconscient », afin de poursuivre et conclure le travail amorcé avec « Le Mur ». On trouvera une bonne liste de liens vers le texte du jugement et divers articles dans le blog d’Esteve Freixa y Baqué.

Alors que l’autisme a été déclaré « grande cause nationale » pour 2012, la question se trouve posée avec acuité : une « grande cause nationale » peut-elle reposer sur de fausses bases scientifiques ?

B.A. et J.-P.K.

1 Science & pseudo-sciences n° 299 de janvier 2012, « Autisme : les ‘’délires scientifiques’’ des psychanalystes ». Voir également l’explication du projet par sa réalisatrice : http://psychanalysedevoilee.oceanin...

2 Voir le communiqué de l’Afis du 22-01-2012, à propos d’une proposition de loi « visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes. »

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1820

1 février 2012

article publlié sur le site du SCAM le 31 janvier 2012

« Le Mur » de tous les dangers…

La Scam s’inquiète des accusations qui s’adressent à toute une profession qualifiant de dénaturation et de tromperie possibles tout travail de montage d’un film documentaire. La décision rendue voit le juge s'immiscer dans le travail de montage d’un documentaire.

Communiqué, Audiovisuel et cinéma | Le mardi 31 janvier
Le Mur devait être l’amorce d’une série documentaire destinée à traduire au mieux la réalité de la psychanalyse française actuelle.

Mais Le Mur aujourd’hui est l’objet d’un jugement sans précédent qui le met gravement en cause. Prononcée le 26 janvier 2012 par le Tribunal de Grande Instance de Lille, cette décision donne raison aux trois psychanalystes interrogés dans le film qui ont poursuivi pour « atteinte à l'image et à la réputation », la réalisatrice Sophie Robert et l’association Austistes sans frontière qui diffuse le film sur son site. Ils estiment que les propos tenus et retenus par la réalisatrice, ont été « dénaturés ». Le tribunal leur a donné raison condamnant notamment Sophie Robert à leur verser un total de 34 000 euros, et à retirer les (longs) extraits des interviews du film. Le jugement repose sur le principe du travail de montage remettant en question le travail même d’un auteur de documentaires.

La Scam s’inquiète de cette décision qui voit le juge s'immiscer dans le travail de montage d’un documentaire. Le juge a reconnu qu'il n'y avait pas d'atteinte au droit à l'image des interviewés et qu'ils ne sont pas co-auteurs du film. Il aurait dû s'arrêter là. Le juge n’est pas un auteur, il n’a pas à s'immiscer dans le travail de montage d’un film documentaire et encore moins demander à le remonter.

La Scam tient aussi à faire observer que les psychanalystes interviewés, s’ils estimaient que le documentaire ne retranscrivait pas fidèlement leurs propos, auraient parfaitement pu demander à exercer un droit de réponse.

Aux termes de cette décision, l'obligation de respecter les propos des interviewés se pose donc comme une nouvelle limite à la liberté d'expression, une sorte de droit moral sur les propos des interviewés dépourvu de tout fondement légal. Les accusateurs confondent le fait de montrer le réel sous un angle choisi par le réalisateur avec dénaturer, transformer celui-ci. Or ces accusations s’adressent à toute une profession puisqu’ils qualifient de dénaturation et de tromperie possibles tout travail de montage d’un film documentaire. Il est préoccupant qu’ils aient pu obtenir l’assentiment du juge sur une telle position. 


Télécharger le communiqué de presse

Société civile des auteurs multimédia Société civile des auteurs multimedia - 5 avenue Vélasquez 75008 Paris - Tel +33 1 56 69 58 58

http://www.scam.fr/tabid/363252/articleType/ArticleView/articleId/7637/-Le-Mur-de-tous-les-dangers.aspx

31 janvier 2012

article publié sur le blog de la COPPA le 31 JANVIER 2012

Numérologie de la vie quotidienne

Bienvenue à mon troisième colloque virtuelo-télépathique de psychanalyse antéro-post-freudienne.

J’aimerai attirer votre attention sur le symbolisme judaïquo-psychanalytique des chiffres en psychanalyse, voie royale à l’inconscient ouverte par notre mètre à penser, le toujours dissident Sigmund Freud dans ses échanges kabbalistiquo-psychanalytiques avec Wilhelm Fliess.

Vous n’êtes pas, disciples sans savoir, que la lobbyiste Sophie Robert aura finalement essuyé d’un hystéro-anal revers de derrière, la fessée tant méritée. Comme le suggérait déjà Jung (qu’on ne peut citer que lorsque ses propos ne blasphèment pas le Saint Père, barbu entouré de fumée) :

Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous la forme de destin

Le subconscient féroce de la documentariste ne l’aura pas exemptée de notre toute-puissance paternelle, ici imagée par une fessée, elle-même ici imagée dans le conscient collectif sous forme de procès équitable.

Sensible aux excellentes recherches scientifiques déjà établies dans ce domaine, je me baserai sur les études sérieuses qui ont été entreprises par psychanalysemagazine.com (source 1) (source 2) pour expliquer pourquoi nous psychanalystes sommes restés sereins à propos de ce verdict.

Ce procès eu lieu le 26 janvier.

26 :  le 2 représente la dualité, le conflit de la femme pécheresse contre les hommes abusé. Entre le 2 et le 6, c’est le 4, ou la matière, soit le monde des hommes qui refoule ce conflit à travers un procès, mais jusque 6, la création.

Nous savons depuis Freud que les nombres qu’on pourrait croire aléatoire sont en réalité la représentation d’un déterminisme inconscient absolu (Psychopathologie de la vie quotidienne), et si la création marque la fin de cette suite, c’est parce qu’elle est précédée par le 5 (l’étoile, le météore, les comportementalistes étendus au sol), représentant ici l’Apocalypse tant attendue par nous croyants.

Le verdict a été rendu vers 16 heures, un hasard ? Le 1 représentant l’unité (ici renouvelée dans la clinique française), le 6, l’harmonie recouvrée entre les différents courants de la psychanalyse.

Nous savons aussi que depuis la numération hébraïque, les nombres et chiffres peuvent être abordés de différentes manières. Ainsi, 16, alphanumériquement 1-6 ou S-F (voir source 1), Sophie-Fessée est lourd de sens.

CQFD (Ce Que Freud Démontra)

http://crocoppa.wordpress.com/2012/01/31/numerologie-de-la-vie-quotidienne/

31 janvier 2012

Pour une prise en charge adaptée des personnes avec autisme !

Communiqué de presse collectif – 31 janvier 2012

Ce jeudi 26 janvier, le tribunal de Lille a rendu son verdict au sujet de la plainte déposée par trois psychanalystes dans le cadre du film documentaire de la réalisatrice française Sophie Robert : « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». En résumé, les plaignants, interviewés dans le cadre du film, estimaient leur propos dénaturés. Le tribunal leur a donné raison et le film ne pourra plus être diffusé en l’état.

Nous ne rentrons pas ici dans le bien fondé de la plainte et du jugement, mais nous signalons que, dénaturés ou pas, les propos des quelques vingt psychanalystes qui ont participé au tournage du film ressemblent fort, sinon mot pour mot, à ceux que nous entendons encore régulièrement dans la bouche de nombreux « professionnels » de la santé, aussi bien belges que français.

C’est pour cela que le débat se déplace sur la question de la prise en charge de l’autisme et que nous intervenons aujourd’hui :

* pour soutenir la réalisatrice Sophie Robert et les associations de parents qui dénoncent la mauvaise prise en charge de l’autisme en France ;
* pour tirer la sonnette d’alerte dans notre pays, et plus particulièrement en Belgique francophone, car nous subissons encore l’influence de conceptions de l’autisme révolues et nuisibles pour l’évolution de nos enfants.

L’autisme est généralement vu par la psychanalyse comme un trouble de la relation précoce entre l’enfant et sa mère dont l’adulte est tenu « responsable » (mère pas assez bonne, mère dévoratrice et fusionnelle ou mère trop distante et froide, …). Cette vision n’est pas corroborée par les milieux scientifiques ni par des études rigoureuses. Quelques « études de cas » ne suffisent pas à la cautionner. La communauté scientifique internationale s’accorde sur l’origine biologique et génétique de l’autisme et la recherche scientifique a permis de mettre en évidence toute une série d’anomalies neurologiques dans le cerveau des personnes autistes. Qui plus est, les témoignages des « autistes de haut niveau » (comme le Pr. Temple Grandin) font état d’un fonctionnement cérébral et mental très différent du nôtre (des personnes dites « normales ») dont il faut tenir compte lorsque l’on intervient auprès des enfants et adultes concernés. L’autisme ne se guérit donc pas mais les méthodes éducatives, développées depuis plus de trente ans dans le monde entier, ont prouvé leur efficacité en matière d’amélioration des symptômes, permettant aux personnes autistes de s’adapter à notre monde et d’y évoluer au mieux de leurs possibilités.

Les associations de parents français dénoncent et luttent contre la quasi omniprésence de la psychanalyse dans les centres et services français destinés à la prise en charge de l’autisme. Ce même combat a été porté en Belgique il y a vingt ans par nos associations de parents ainsi que par certains professionnels avisés, ce qui a permis d’introduire dans les écoles belges des programmes d’apprentissage basés sur des méthodes éducatives adaptées et de créer des Centres de Référence de l’Autisme en 2005. C’est ainsi que depuis plusieurs années, nous observons dans notre pays un véritable exode d’enfants, adolescents et surtout adultes autistes français, venus chercher chez nous des milieux d’accueil adaptés.

Mais plusieurs professionnels belges, se réclamant entre autres de la psychanalyse lacanienne, n’ont pas rebroussé chemin et poursuivent leurs interventions inadaptées dans le cadre de centres subsidiés par l’État belge, aussi bien au niveau fédéral que régional. Pire, ils commencent à y introduire des pratiques douteuses importées de France comme le « packing », une version moderne de la douche froide et de la camisole de contention (pratique prétendant réduire les angoisses par l’enveloppement de la personne dans des draps mouillés très froids, et censée apporter un apaisement). Ces prises en charge inadaptées, voire maltraitantes, causent des conséquences lourdes au niveau humain et financier. Le défaut d’éducation cause chez les personnes autistes des dégâts immenses, notamment des sur-handicaps et des comportements inadaptés et dangereux. Nombreux sont les adultes qui, non éduqués pendant l’âge scolaire, se voient exclus des centres pour personnes handicapées. Leurs seules possibilités d’accueil sont dès lors la maison de leurs parents ou hôpital psychiatrique !

Ce que nous affirmons est documenté et peut être vérifié. Dans les mois qui viennent, nous susciterons le débat en Belgique car nous exigeons pour nos enfants autistes des prises en charge adaptées et respectueuses de leurs droits fondamentaux d’êtres humains, et refusons le retour des méthodes d’un autre âge !

AFrAHM - Association Francophone d’Aide aux Handicapés Mentaux
APEPA - Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec
Autisme
Autiproches
Grandir Ensemble
Inforautisme
Ligue des Droits de l’Enfant
Ligue des Droits des Personnes Handicapées

Le Collectif des Démocrates Handicapés - France

Personne de contact pour les associations belges :
Cinzia Agoni-Tolfo – 0476 / 94 65 18 – cinzia@tolfo.com

Personne de contact pour le Collectif des Démocrates Handicapés :
Isabelle Mostien-Resplendino - +32 65 78 31 01 - +32 473 52 07 92
secretariat-adjoint@cdh-politique.org

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0B7s8QJ-76JxVZmUxMmRiNDItN2FlMC00NzRmLWE4NDYtZmI4MzQ1ZWJkYzRm&hl=en_US

30 janvier 2012

article publié dans le blog de médiapart le 29 janvier 2012

Procès Sophie Robert : le droit au montage en ligne de mire

 

Le jugement dans le procès qui opposait Sophie Robert, réalisatrice du film Le Mur (un film consacré à la prise en charge hexagonale de l'autisme par la psychanalyse ) à trois psychanalystes lacaniens cités dans le documentaire, a été rendu. Le verdict est globalement favorable aux plaignants : Sophie Robert, qui a immédiatement fait appel, devrait, entre autres, verser de lourdes sommes aux plaignants et retirer de son film toutes les séquences faisant apparaître les plaignants.

J'ai vu le film dès sa sortie, et j'en ai organisé une projection publique dans ma ville. Lorsque j'ai appris la plainte, je me suis dit que celle-ci n'avait aucune chance d'aboutir [comme quoi, on peut se tromper] et ne pouvait avoir comme seul effet que de créer le buzz autour du film [ce qu'elle a fait]. Lorsque j'ai revu celui-ci, en étant particulièrement attentif aux effets de montage, je n'ai pas vu sur cette base sur quoi pouvait se fonder la plainte. Et pourtant, elle a abouti. Et lorsque j'ai pris connaissance du jugement via les médias, je me suis demandé sur quoi il pouvait bien se fonder. On l'a su un peu plus tard en voyant les attendus, que je vais essayer d'analyser dans la suite de ce billet, et qui sont disponibles ICI

 

LIRE LA SUITE : http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/290112/proces-sophie-robert-le-droit-au-montage-en-ligne-de-mire

27 janvier 2012

article publié sur le site du collectif EGALITED - le jugement intégral "Le Mur" de Sophie Robert 26 janvier 2012


LE MUR: le Tribunal de Grande Instance de Lille a rendu son jugement.

Sophie Robert est jugée coupable d'avoir modifié les propos des 3 psychanalystes plaignants au montage et sa société est condamnée à leur verser au total 25000€. Leurs interviews doivent être supprimées du "Mur" qui ne peut plus être diffusé en l'état. Cependant le film "Le Mur" n'est pas interdit, une fois que leurs interviews seront supprimées il pourra continuer d'être diffusé.
Par ailleurs:
- Autistes Sans Frontières est mis hors de cause, les 3 plaignants doivent lui verser 2000€
- les 3 plaignants sont déboutés de leur demande de publication du jugement sur le site web de ASF
- ils ne sont pas non plus considérés comme co-auteurs du film "Le Mur".

Le jugement intégral: cliquez ici

Sophie Robert a annoncé son intention de faire appel.

http://www.egalited.org/

27 janvier 2012

article publié dans l'express.fr le 27 janvier 2012

Un documentaire sur l'autisme interdit

Par Estelle Saget, publié le 27/01/2012 à 10:33, mis à jour à 11:19

Un documentaire sur l'autisme interdit

Un documentaire sur l'autisme interdit.

AFP/PHILIPPE HUGUEN

La justice a condamné la documentariste Sophie Robert qui dénonçait le traitement des enfants autistes par la psychanalyse. Mais la polémique a servi la cause du film. 

Le tribunal de grande instance de Lille a rendu sa décision, le 26 janvier, dans l'affaire du documentaire Le Mur, dénonçant le traitement de l'autisme par la psychanalyse. Il a donné raison à trois des psychanalystes interviewés. La justice a en effet estimé que les extraits des entretiens donnés par Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, membres de l'Ecole de la cause freudienne fondée par Jacques Lacan, "portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé". Le jugement, rendu selon une procédure d'urgence, demande que les passages incriminés soient supprimés du film de 52 mn. Cela implique que celui-ci soit retiré du site internet de l'association Autistes sans frontières, où on peut actuellement le visionner. La documentariste Sophie Robert est en outre condamnée par le tribunal à verser 34 000 euros au titre des dommages et intérêts et de différents frais. Me Benoît Titran, l'avocat de la documentariste, a annoncé son intention de faire appel du jugement, qui prend application immédiatement. 

La documentariste s'est exprimée depuis les Etats-Unis lors d'une conférence de presse diffusée sur internet peu après que le verdict ait été rendu. Elle a dénoncé "la dérive sectaire du mouvement psychanalytique français et son emprise sur la société française", précisant toutefois que "tous les psychanalystes ne sont pas concernés par cette dérive et que certains, au contraire, la dénoncent". Elle a annoncé qu'elle prépare actuellement un deuxième volet à sa série sur la psychanalyse. Celui-ci ne portera pas sur l'autisme mais sur la théorie sexuelle, a-t-elle expliqué, pour montrer "la vision très spécifique de la sexualité dans la psychanalyse, pour laquelle la sexualité explique tous les troubles psychiques". 

Le Mur intéresse au-delà des frontières

Par leur action en justice contre le documentaire, les trois plaignants ont largement contribué à faire connaître ce film, au départ confidentiel. A sa sortie au mois de septembre 2011, son audience se limitait au milieu associatif regroupant les parents d'enfants autistes. S'il est parfaitement visible par le grand public, le documentaire exige en effet du spectateur une certaine motivation, car les psychanalystes s'y expriment dans leur langage et manient des concepts souvent abscons. Mais les passions que Le Mur a déchaînées ont finalement suscité l'intérêt au-delà des frontières de l'Hexagone. Le quotidien américain The New York Times a consacré un long article à l'affaire le 19 janvier. Et une version courte de 30 mn du Mur, doublée en anglais mais non censurée, doit être projetée le 27 avril à Philadelphie, aux Etats-Unis, lors d'une conférence internationale sur l'autisme organisée par l'association promouvant la méthode comportementale ABA. 

En France, le député UMP Daniel Fasquelle a annoncé le 20 janvier son intention de déposer rapidement une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales. 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/un-documentaire-sur-l-autisme-interdit_1076009.html

27 janvier 2012

article publié dans RUE89 le 26 janvier 2012

Autisme : le documentaire « Le Mur » condamné par la justice

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89



Maël en classe dans son école à Mons, le 17 novembre 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)

Les psychanalystes ont gagné une bataille contre les parents d'enfants autistes soutenant la réalisatrice du documentaire « Le Mur ». Mais la guerre n'est pas finie. Sophie Robert fait appel du jugement rendu ce jeudi 26 janvier par le tribunal de grande instance de Lille, annonce son avocat Benoît Titran.

Trois psychanalystes interrogés dans son film la poursuivaient pour « atteinte à l'image et à la réputation ». Ils estimaient que les propos qu'elle avait retenus dans son documentaire, une charge contre le traitement psychanalytique de l'autisme, avaient été « dénaturés ». Le juge leur a donné raison.

Sophie Robert est condamnée à leur verser un total de 19 000 euros, et à retirer les extraits des interviews du film, ce qui équivaut à une interdiction du film. La réalisatrice et productrice devra également payer 9 000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6 000 euros pour les frais de justice.

Remise en cause de tout travail documentaire

Me Benoît Titran, estomaqué par la décision du tribunal, estime cette décision de justice « dangereuse pour la liberté d'informer » :

« Ce qui est critiqué c'est le principe même du travail de montage, ça remet en question n'importe quel travail de documentaire. Les psychanalystes interviewés se sont piégés eux mêmes dans leurs réponses, elle ne les a pas piégés ».

Dans le jugement de douze pages, que Rue89, a pu consulter, le tribunal fonde sa décision sur une comparaison entre les rushes qui avaient été saisis, donc les interviews initiales, et le documentaire tel qu'il a été monté. Exemples :

  • Sur les causes de l'autisme, Sophie Robert « laisse faussement apparaître que pour Alexandre Stevens les parents sont désignés comme responsables ou fautifs ». Dans l'interview intégrale,le psychanalyste est plus nuancé :

« parfois, quand la mère est déprimée, enceinte, ou à la naissance, ça peut parfois [arriver], l'enfant peut être autiste et parfois pas ».

  • Sur l'apport des neurosciences, le tribunal estime que les propos d'Eric Laurent ont été tronqués. A un moment de l'interview, il déclare :

« la description de nous-mêmes comme mécanisme biologique se complexifie des hypothèses amenées par les neurosciences, par la biologie fondamentaler, par tel chercheur, telle équipe, etc, nous les commentons (...) ».

Le tribunal estime donc qu'« il ne peut être retenu de ces propos que le demandeur serait dans le refus des connaissances scientifiques actuelles ».

La réalisatrice est actuellement à Philadelphie, aux États-Unis, où elle a été invitée par l'association internationale ABAI, promoteur des méthodes cognitivo-comportementales, à présenter son film. Elle doit réagir lors d'une conférence de presse en direct sur internet, ce jeudi, à 21h heure française.

http://www.rue89.com/2012/01/26/autisme-le-documentaire-le-mur-condamne-par-la-justice-228785

27 janvier 2012

article publié sur le blog de Jean-Marie de Lacan (Critique raisonnée du Non psychanalytique)

Avertissement : CECI EST UNE PARODIE
                           JMDL N'EST PAS RÉEL MAIS SYMBOLIQUE


Sang sur le Mur, nettoyé…

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Chers disciples,

Notre victoire, grandiose et incontestable, marque l’avènement d’une nouvelle ère de prospérité pour l’empire franco-argentin. La sorcière scientiste est vaincue, et notre savoir ancestral demeurera bien sécurisé, au plus profond de notre inconscient.

Nous ne saurions pour autant faire étalage de notre jubilation sans préciser qu’il ne s’agit que d’un début, qu’il faudra poursuivre la lutte car si les principales instances demeurent acquises à notre cause, le coup d’état n’est jamais très loin comme le prouvent les derniers évènements ayant eu lieu au Maghreb. Voici pourquoi certaines mesures doivent être mises en place dès maintenant sans compter d’anticipatoire préalable ni de préavis.

Nos prochaines résolutions seront donc (dans le désordre) :

  • La fameuse société de production de la sorcière scientiste n’aura plus d’invisible que le nom. Il est essentiel d’obtenir sa liquidation judiciaire dans les plus brefs délais, sous peine de voir émerger un désir de renouer avec le sacrilège mural. Tous les enregistrements seront donc saisis par nos autorités dans les heures qui viennent.
  • Le scientisme et ses neurobiolos, de plus en plus galopants dans nos contrées, doivent être contenus. Le conseil suprême de la COPPA se saisira des principales recherches scientifiques en cours pour les mener à mal. Tout financement des travaux de recherche ayant un quelconque rapport avec la génétique, les neurosciences, la psychopharmacologie ou le développement de nouveaux psychotropes, sera suspendu, à moins que les résultats de ces études puissent venir confirmer nos théories, et que celles-ci puissent ainsi obtenir le label “neuropsychanalyse”.
  • Tout exemplaire du DSM situé à l’intérieur des frontières de l’empire franco-argentin devra être remis à nos autorités pour être brulé, si tant est qu’il s’agisse des versions ultérieures au DSM III. Les seuls diagnostics désormais autorisés sont les névroses et les psychoses, les seules causalités autorisées sont sexuelles et parentales. Le terme “autisme” ne devra plus être prononcé sous peine d’une amende fixée à 2 ADG (années de divan garanties)
  • Par mesure de sécurité, tout ce qui n’est pas d’obédience psychanalytique ne pourra pas être qualifié de psychothérapie. Les cognitivos et comportementalo-fachos seront tolérés à condition de ne pas supprimer plus d’un demi-symptôme par patient, et à condition d’entamer une analyse didactique qui sera rendue obligatoire pour tout thérapeute, tout psychiatre et tout pédiatre.
  • Le service civique, auparavant militaire, laissera la place au service analytique qui consistera à servir notre cause durant une ADG (année de divan garantie) et notamment à repousser hors de nos frontières toutes les tentatives d’invasion scientistes et/ou comportementalo-fascistes.
  • Toute œuvre ou démarche caricaturale dirigée vers les nôtres ou notre discipline sera prohibée, et sanctionnée d’une peine estimée entre 3 et 15 ADG. Toute représentation visuelle de nos prophètes sera également sanctionnée de façon similaire. Tout débat sur la psychanalyse ne pourra avoir lieu qu’avec des intervenants préalablement choisis par notre conseil suprême et nos cardinaux.
  • Jacques Van Rillaer est dorénavant interdit de séjour dans l’empire franco-argentin.
  • Estève Freixa i Baqué sera incarcéré dès ce soir dans le donjon de la COPPA.
  • Michel Onfray est condamné à 20 ADG ainsi qu’à des excuses publiques dans le média de notre choix.
  • Magali Pignard est condamnée à suivre un séminaire de trois ans intitulé : “Entre trou et quête du pénis, itinéraire d’une femme d’honneur et de sperme”.
  • Jean-Louis Racca est condamné aux travaux forcés, à savoir shampouiner les divans de tous les psychanalystes du nord-ouest de Paris.
  • Un couvre-feu est instauré dès ce soir pour les mères d’autistes qui seront parallèlement interdites de tout rassemblement, manifestation ou vie associative. Elles seront également soumises à notre repartage des tâches à domicile ainsi qu’à une base de 50 ADG.
  • Les associations de parents d’enfants autistes seront dissoutes dans les quinze jours et chaque président condamné à 15 ADG et 60 empaquetages avec sursis.
  • Le féminisme, l’homosexualité non refoulée et l’homoparentalité seront requalifiés en tant que psychoses et soumis à un minimum de 30 ADG.
  • Étant donné le peu de dégât qu’il occasionne, l’inceste paternel sera dépénalisé.
  • Toute tentative d’invasion comportementalo-fasciste sera reconduite à la frontière en bulle de savon.
  • Toute idée d’une progression devra être abdiquée.

N’hésitez pas, chers disciples, à me faire part de vos propositions si celles-ci peuvent améliorer nos conditions.

En attendant, sincères félicitations à tous ceux sans qui rien de tout cela ne serait arrivé.

Sans-surement vôtre,

http://jyaimedesailes.wordpress.com/2012/01/26/sang-sur-le-mur-nettoye/

26 janvier 2012

article publié sur le blog du documentaire le 26 janvier 2012

France Télévisions : Manifeste pour le documentaire

Extraits :

Poursuivant sa volonté d’aborder tous les genres documentaires, du cinéma d’auteur au docu-fiction en passant par les webdocumentaires et les nouvelles écritures web, Le Blog documentaire reproduit ici le “manifeste” publié par France Télévisions à l’occasion du FIPA 2012, à Biarritz."

*

"Le goût du documentaire

Le documentaire est le lieu où l’exigence d’un contenu fort rencontre une forme voulue par un auteur, l’un ne va pas sans l’autre. Le contenu d’un film documentaire ne peut être un cours magistral, il n’est pas un objet neutre totalement objectif, il est sublimé par une forme singulière. Le documentaire n’est pas un sujet, mais une œuvre qui marie une connaissance ou une expérience à une vision.

Un film documentaire existe par la rencontre avec le téléspectateur : il trouve son sens dans la volonté d’aimanter un autre que lui-même, par sa volonté de dire quelque chose du monde, de faire connaître, de partager, de faire évoluer les esprits. Il existe dans le documentaire une dimension de remise en cause des idées reçues, des pratiques sociales, des ordres établis. Il incarne le genre de programme le plus indépendant et le plus libre de la télévision."

(...)

"Tous les sujets, tous les genres, toutes les écritures, toutes les audaces ont leur place sur France Télévisions car ce qui fonde le documentaire c’est la curiosité, le besoin d’approcher, de rencontrer l’autre et, comme en miroir, son écriture se réinvente sans cesse."

(...)

"Sur France Télévisions, le documentaire est un véritable engagement. Il contribue à la vie citoyenne en créant les récits qui permettent d’appréhender, au delà de l’actualité, les mouvements qui traversent et agitent notre monde. Certains d’entre ces films nous permettent même de rêver qu’un autre monde est possible. D’autres encore, nous révèlent une face du monde que nous n’aurions pas imaginée."

(...)

"le documentaire est un genre qui porte en lui, de par sa plasticité, l’exigence de la diversité. Fondée sur la singularité d’une écriture, à chaque programme renouvelée, cette création est rétive aux discours convenus parce qu’elle est subjective.

Au sein du documentaire, toutes les écritures sont développées : enquêtes, portrait, unitaires, documentaires « feuilletonnants », immersions, enquêtes, décryptages, incarnations…"

*

"L’objet ne se laisse pas si facilement saisir, et c’est sans doute une chance pour nous tous, car c’est justement dans cette impossibilité à se « cadrer » qu’il trouve sa liberté, sa vitalité.

Le documentaire est une forme ouverte, qui se renouvelle sans cesse, en accueillant volontiers en son sein des modes d’écritures venus d’autres genres. Il s’enrichit par exemple de la fiction ou des apports de l’écriture du journalisme d’investigation ou même du magazine.

Cette porosité relative avec les autres genres n’est pas une faiblesse ou un danger, mais une force et un espoir. Le documentaire ne cesse de prendre des risques et de se remettre en cause.

Le désir de saisir le réel reste le cœur du documentaire : le saisir, avec rigueur, dans sa complexité et le transformer en récit.

Mais si le documentaire est cette alchimie, il ne doit jamais verser dans une posture professorale, condescendante. Si chaque programme est un objet de partage de connaissance, il n’est pas une leçon. Il propose autre chose : une expérience intime, faite d’émotion et de sens, une révision de nos perceptions par un récit personnel."

C’est d’abord la garantie d’une augmentation de la contribution au genre documentaire. Ensuite, la télévision publique s’est engagée par ces accords à un meilleur financement horaire des œuvres.

Les documentaires sont notre patrimoine commun, comme peu de programmes, ils gardent des réserves de puissance, au-delà du flux quotidien des images. Leur pérennité – leur valeur à long terme – est une fierté que nous revendiquons.

Fabrice Puchault, Dana Hastier, Caroline Behar, Yann Renoard,
directeurs des documentaires France 2, France 3, France 5, France 4.
Gilles Camouilly,
directeur de l’antenne et des programmes France Ô.
Boris Razon,
directeur du transmedia et des nouvelles écritures

LIRE L'ARTICLE DANS SON INTEGRALITE en cliquant sur le lien suivant :

http://cinemadocumentaire.wordpress.com/2012/01/26/france-televisions-manifeste-pour-le-documentaire/#comment-272

26 janvier 2012

article publié dans la Voix du Nord le 26 janvier 2012

Le Mur, documentaire sur l'autisme de Sophie Robert ne pourra être diffusé en l'état

jeudi 26.01.2012, 16:50- La Voix du Nord

Sophie Robert, realisatrice du documentaire Le Mur sur l'Autisme en France lors de la premiere projection au cinema l'Univers a Lille en novembre PHOTO ARCHIVES C. LEFEBVRE Sophie Robert, realisatrice du documentaire Le Mur sur l'Autisme en France lors de la premiere projection au cinema l'Univers a Lille en novembre PHOTO ARCHIVES C. LEFEBVRE

| Métropole lilloise |

La chambre civile du tribunal de Lille a rendu sa décision. Le Mur, le film de la documentariste Sophie Robert, au sujet de la prise en charge de l'autisme par la psychanalyse, ne pourra pas être diffusé en l'état.

Trois psychanalystes de renom l'accusaient d'avoir galvaudé leur propos. Ils ont été entendus : les passages contenant les extraits de leur interview devront être supprimés du film. Sophie Robert devra en outre payer la somme de 36 000 euros.

Le documentaire Le Mur avait été diffusé en septembre sur Internet. Les trois plaignants avaient demandé, en octobre, par voie de justice, d'accéder aux rushes du film, ce que l'auteur avait refusé, malgré une décision de justice. Une décision qui avait été confirmée en novembre.

En décembre, après avoir visionné les rushs et les avoir croisés avec la version disponible du Mur, Christian Charrière-Bournazel avait maintenu la demande des plaignants. Des parents d'autistes, des tenants des méthodes dites cognitivo-comportementales étaient venus soutenir Sophie Robert. (notre photo)

Le film de Sophie Robert sera présenté ce vendredi à une conférence internationale sur l'autisme, organisée à Philadelphie, aux États-Unis, par l'association internationale ABAI, promoteur des méthodes cognitivo-comportementales.

http://www.lavoixdunord.fr/actualite/L_info_en_continu/Metropole_Lilloise/2012/01/26/article_le-mur-documentaire-sur-l-autisme-de-sop.shtml

26 janvier 2012

article publié dans Nord Eclair le 26 janvier 2012

Autisme : « Il faut tourner la page de la psychanalyse »

Théo, six ans, atteint de troubles autistiques, est scolarisé. Théo, six ans, atteint de troubles autistiques, est scolarisé.

Alors que le tribunal de Lille doit se prononcer aujourd'hui sur l'interdiction d'un documentaire sur l'autisme, la sénatrice Valérie Létard parle de ce qu'il reste à faire.


La procédure judiciaire autour du film « le Mur » témoigne d'un débat très passionnel sur la prise en charge de l'autisme. Où en est-on ?

>> Une des mesures essentielles du plan autisme 2008/2010 était de demander à la Haute Autorité de Santé (HAS) de définir un socle commun de connaissances, de définir ce qu'est l'autisme. Contrairement au reste de la communauté internationale, on continuait à le considérer comme une psychose. Et, par conséquent, traitée comme telle par la psychanalyse. L'autisme de l'enfant, pour résumer, était lié à la maman. Cette définition de l'autisme a privilégié l'approche psychanalytique et nous n'avons pas développé, comme en Belgique ou au Canada par exemple, une prise en charge médicosociale de l'autisme avec des méthodes éducatives, comportementales, des outils qui n'étaient donc ni reconnus ni pris en charge ici.

Pourquoi cette particularité française ?

>> Les réticences fortes du monde de la psychiatrie. Sauf que les familles n'y trouvaient pas leur compte car les enfants pris en charge de cette façon n'ont pas progressé. Si beaucoup de familles envoient leurs enfants en Belgique, ce n'est pas uniquement faute de places, c'est surtout faute de structures en France qui prennent en charge les enfants avec ces autres outils qui existent.

L'autisme n'est pas uniforme ?

>> Non, on peut être plus ou moins sévèrement atteint, de la même façon qu'on peut avoir un autisme avec troubles psychiatriques associés. Il y a des autistes aveugles ou avec un retard mental ou encore les « Asperger », dotés d'une mémoire exceptionnelle... Il faut plutôt parler des autismes, des troubles envahissants du comportement (TED).

On a du mal à avoir, aussi, un consensus sur le nombre de personnes touchées ?

>> On n'a pas d'enquête épidémiologique fiable pour bien mesurer l'importance et les contours de la population à prendre en compte. On considère qu'il y a 5 à 8 000 enfants qui naissent, chaque année, atteints d'autisme ou de troubles envahissants du comportement. A minima, il y a une prévalence d'un enfant sur 150 atteint de TED.
Une fille pour 4 garçons et on considère qu'il y a entre 350 000 et 600 000 personnes en France.

C'est énorme comme fourchette !

>> Oui parce que pour connaître exactement la situation, il faut qu'ils soient diagnostiqués. Il y a aujourd'hui des autistes adultes qui sont dans des hôpitaux psychiatriques mais qui ne sont pas définis comme autistes. Cela dit, pour faire une étude épidémiologique, il fallait déjà être d'accord sur la définition de l'autisme. C'est le travail qu'on a demandé à la HAS avec un comité scientifique. On a travaillé avec les associations de parents et médicosociales pour trouver un consensus et une définition scientifiquement validée. La conséquence, c'est que la psychanalyse n'a plus de justification à être le mode de prise en charge des autistes. Il faut aller vers une approche pluri-méthodes, avec une prise en charge médicosociale, des méthodes éducatives, comportementalistes et, pourquoi pas, avec un accompagnement psychiatrique quand il y a des troubles associés.

Vous dites bien psychiatrique et pas psychanalytique ?

>> La définition que donne l'HAS de l'autisme justifie qu'on tourne la page de la psychanalyse. Une fois qu'on a dit ça, le problème c'est comment on fait changer les comportements. Le plan 2008-2010 a autorisé 24 expérimentations de structures médicosociales utilisant des méthodes comportementalistes : ABA, PECS, etc.

Reste un cruel manque de places en centres spécialisés...

>> Sur les 4 100 places à créer dans le plan autisme 2008/2010, et qui ont été autorisées, seules 1 610 sont opérationnelles car construire des nouvelles structures, c'est long. Est-ce qu'on ne peut pas aussi, pour mailler le territoire, s'appuyer sur des Instituts médicaux éducatifs (IME) plus généralistes, dans un cadre bien défini ? En y créant des unités spécifiques d'une dizaine de places, avec un ratio d'encadrement plus fort et des professionnels formés ?

Les procédures n'expliquent pas tout dans ces retards ?

>> C'est un mélange de tout. On part de très loin. Il y avait peu de structures médicosociales organisées pour la prise en charge de l'autisme selon les nouvelles recommandations de la HAS. Des enfants et des adultes se retrouvent dans des structures et IME mais ça ne se passe pas bien car ils ne sont pas toujours adaptés pour les autistes. L'autisme suppose une prise en charge plus complexe, avec des professionnels formés à ces techniques très particulières pour lesquelles on a encore très peu de formation en France. On part de très loin. Je pense qu'une approche pluri-méthodes est essentielle. Certaines méthodes fonctionnent bien avec un enfant, d'autres pas. Ce qu'il faut, c'est individualiser la prise en charge, car l'autisme n'est pas uniforme. Et pour cela former tous nos professionnels afin que ça ne reste pas lettre morte : les psychiatres, les psychomotriciens, les généralistes, les enseignants, les travailleurs sociaux, etc.

Il y a des organismes de formation pour les professionnels du médicosocial mais combien est affecté à la prise en charge de l'autisme ? Il faut intégrer dans tous les cursus de formation, initiale et continue, ces nouvelles pratiques et cette évolution de la prise en charge de l'autisme. Il faut un véritable plan national de formation.

Valérie Létard vient de rendre un rapport sur l'impact du plan autisme 2008/2010.

http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/01/26/autisme-il-faut-tourner-la-page-de-la-p.shtml

26 janvier 2012

article publié dans JIM.fr le 13 janvier 2012

Autisme : la France n’a pas encore surmonté son immense retard

Publié le 13/01/2012      

 

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Paris, le vendredi 13 janvier 2012 –Les grandes failles de la prise en charge de l’autisme en France ont été l’objet de nombreuses dénonciations ces dernières années émanant de l’Europe, de plusieurs associations et du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). En 2007, cette instance lançait en effet un cri d’alarme puisqu'elle estimait que la France avait littéralement abandonné ses enfants autistes. Dénonçant la trop forte prégnance de l’approche psychanalytique, la longue errance des familles avant l’établissement d’un diagnostic définitif ou encore l’accès très limité à une scolarisation adaptée, les sages avaient "sommé" le gouvernement d’agir. Les pouvoirs publics pourtant n’avaient pas attendu ce nouveau coup de semonce pour tenter de changer le cours des choses. Cependant, systématiquement, les promesses n’étaient pas suivies d’effets. Le symbole marquant du nombre de places d’accueil créées est à ce titre toujours riche d’enseignement : fin 2005, seuls 38 % des 801 places pour personnes atteintes d’autisme financées en 2005 étaient dûment ouvertes.

342 places sur 2000 créées pour les adultes

Qu’en est-il aujourd’hui alors que l’autisme a été déclarée grande cause nationale pour l’année 2012 et qu’un nouveau plan triennal a été déployé en 2008 ? Le sénateur UMP Valérie Létard dresse dans un rapport remis hier au ministre des Solidarités Roselyne Bachelot le bilan de ce programme. Une fois encore, les chiffres témoignent d’avancées insuffisantes. La création de 4 100 places avait été promise à l’horizon 2011, dont 2 000 dédiés aux adultes et 2 100 aux enfants. Aujourd’hui, seuls 342 places ont été réellement ouvertes pour les plus âgés et 1 330 pour les plus jeunes. Par ailleurs, 1 041 places supplémentaires pour les adultes et 1 859 pour les enfants ont bien été autorisées mais n’ont pas été installées dans les faits. Ainsi, on le voit, les objectifs sont loin d’avoir été remplis. Par ailleurs, Valérie Létard remarque que cet « effort nécessaire (…) ne sera pas suffisant pour faire face à l’ampleur des besoins », des besoins accrus par l’amélioration du dépistage et l’allongement de l’espérance de vie. Face à cette insuffisance de moyens, les parents doivent souvent déployer des solutions individuelles. Certains se tournent vers l’étranger : en 2008, 3 500 enfants français souffrant de troubles envahissant du développement (TED) avaient trouvé un accueil adapté en Belgique. D’autres choisissent d’arrêter de travailler pour prendre en charge seul leur enfant. « Nous sommes les parias des parias » regrettent parfois certaines de ces familles, selon une formule reprise par le Figaro.

La France n’a toujours pas rompu avec son approche psychanalytique de l’autisme

Outre l’augmentation de l’accueil, le plan autisme 2008-2010 avait eu le mérite pour la première fois d’accorder une véritable place aux approches comportementales, sans pourtant totalement trancher le débat franco-français marqué par une prégnance de l’approche psychanalytique qui n’a pratiquement plus cours dans les autres pays. Valérie Létard reconnaît que « l’un des acquis majeurs du plan 2008-2010 a été de lever les tabous sur » les approches comportementalistes. Néanmoins, elle remarque que les mesures allant dans ce sens paraissent être demeurées « en panne ». De fait, la polémique qui a suivi la diffusion par des associations de parents d’un film intitulé « Le Mur » qui faisait très durement la critique de la psychanalyse appliquée aux TED témoigne du fait que la France n’a toujours pas dépassé son débat interne en la matière. Le rapport de Valérie Létard pointe d’autres attentes non comblées concernant notamment la persistance d’un important retard au diagnostic.

Systématisation du dépistage

Son bilan n’est néanmoins pas uniquement négatif : elle se félicite du quasi achèvement de « l’élaboration et la validation scientifique par la Haute autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale pour le développement de l’évaluation médicale (ANDEM) d’un corpus commun des connaissances et de recommandations de bonnes pratiques ». Elle ne peut cependant que regretter qu’aujourd’hui « la dynamique du plan s’essouffle » en raison notamment d’une absence de pilotage. Aussi, elle formule une série de propositions pour donner un nouvel élan à ce programme. L’information et la sensibilisation du grand public, le développement de la recherche fondamentale et appliquée ou encore le renforcement du dépistage et du diagnostic précoce figurent parmi ses principales orientations. Concernant ce dernier objectif, elle appelle à une systématisation de la « formation au dépistage de l’autisme chez les médecins généralistes, les pédiatres, les médecins de PMI, les personnels de santé scolaires » et à l’expérimentation d’un examen systématique à l’âge de 18 mois. Selon le rapport de Valérie Létard, 400 000 personnes souffrent de syndrome autistique dans notre pays, tandis que 5 000 à 8 000 nouveau-nés par an développeraient un TED.

http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_mission_autisme_Valerie_Letard-1.pdf

Aurélie Haroche

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/F8/D0/document_actu_pro.phtml

26 janvier 2012

article publié dans ouest-france.fr le 26 janvier 2012

Un documentaire sur l'autisme devant le tribunal

jeudi 26 janvier 2012
 

Trois psychanalystes demandent l'interdiction du film réalisé par Sophie Robert. Ce conflit illustre l'opposition entre les différentes prises en charge des enfants touchés.

Aujourd'hui, le tribunal de grande instance de Lille rendra sa décision concernant l'assignation que trois psychanalystes ont déposée à l'encontre d'un documentaire de 52 mn sur l'autisme, Le mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme, de Sophie Robert.

Au cœur des débats ? « La position de psychanalystes français qui s'opposent aux méthodes comportementalistes pour traiter les autistes, pourtant reconnues à l'étranger », affirme David Heurtevent, 30 ans, à Saint-Lô (Manche). Étudiant brillant, atteint lui-même du syndrome d'Asperger, une des formes de l'autisme, il est devenu porte-parole de l'association Soutenons le mur.

Traitement comportementaliste

Les psychanalystes plaignants, Esthela Solano-Suarez, Éric Laurent et Alexandre Stevens, s'expriment dans ce documentaire. Mais, fait valoir leur avocat, Me Charrière-Bournazel, « la manière dont est monté le film porte atteinte à la réputation et au droit moral de mes clients ». Ils seraient « ridiculisés par un film militant ».

Les psychanalystes parlent d'« abus de confiance », de « procédés malhonnêtes ». « On a dénaturé la pensée et les propos des intervenants en les réduisant ou en les déformant par des commentaires. » Ils demandent l'interdiction du film et la saisie des rushes.

Sophie Robert avait commencé cette enquête en espérant le soutien financier d'une chaîne de télévision. Elle a finalement obtenu le soutien financier de « Autistes sans frontières », association de parents qui militent pour que leurs enfants bénéficient des traitements comportementalistes.

C'est aussi ce que défend la réalisatrice, estimant qu'en France, on accorde trop de crédit à des théories psychanalytiques considérées comme dépassées dans les pays anglo-saxons et scandinaves. Sur son blog, elle écrit : « Les psychanalystes ont préféré attaquer ma probité et faire croire à une manipulation pour chercher à censurer plutôt que de répondre sur le fond aux questions soulevées par ce film. » Le documentaire est visible sur le site Internet www.autistessansfrontieres.com

Mercredi, Sophie Robert et David Heurtevent étaient aux États-Unis, pays pionnier du comportementalisme. Ils lançaient une pétition de soutien internationale, dont le Herald Tribune s'est déjà fait l'écho. Aujourd'hui, Sophie Robert présente son film devant un congrès, à Philadelphie.

Yann HALOPEAU.
 
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