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"Au bonheur d'Elise"
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16 février 2009

article publié par Ouest France du 27 novembre 2008

Actualité Quimper

jeudi 27 novembre 2008

 

Autisme : une autre méthode pour percer la bulle

Pendant les séances, chaque enfant est encadré par un éducateur. Sous l'oeil avisé de Perrine Delattre, la psychologue.
Pendant les séances, chaque enfant est encadré par un éducateur. Sous l'oeil avisé de Perrine Delattre, la psychologue. 

  Cinq enfants du département bénéficient du traitement Aba. Grâce à la volonté de leurs parents.

Sur la grande couverture écossaise qui a été dépliée dans une salle de l'école des Saints-Anges à Douarnenez, Malo, 12 ans, et François, 11 ans, sont en plein travail. Les deux garçons sont atteints d'autisme et depuis deux mois, ils suivent un nouveau traitement : la méthode Aba.

En anglais, cela signifie Applied behavior analysis. Littéralement, analyse appliquée du comportement en français. Une autre façon d'appréhender l'autisme. Une méthode qui commence tout juste à faire parler d'elle en France.

Seul un centre existe d'ailleurs dans l'Hexagone : le centre Camus à Villeneuve-d'Ascq. Et du côté de la formation des professionnels à cette méthode, le constat est bien pauvre également. Seule l'université de Lille 3 forme à l'analyse appliquée du comportement.

Un contact visuel dur à obtenir...

Pourtant, les parents qui en ont fait l'expérience sont unanimes. « Ce n'est ni une méthode miracle, ni un phénomène de mode. C'est un vrai travail avec l'enfant qui nous permet aussi, à nous parents, d'obtenir des clés pour être en phase avec lui », explique Isabelle Kerouedan, maman de Malo et présidente de Pas à pas Finistère, l'association qui a permis de mettre en place le traitement dans le département.

En Finistère, cela fait deux mois qu'une psychologue, spécialisée Aba, a posé ses valises. Perrine Delattre a 23 ans et, pour elle, c'était une évidence que de consacrer sa vie professionnelle à cette méthode avec les enfants autistes. Alors quand elle a reçu la proposition de l'association Pas à pas Finistère, antenne d'Autisme Cornouaille, elle a sauté sur l'occasion.

« La méthode Aba se base sur le ludique. On travaille avec les centres d'intérêts de l'enfant et on évite de le mettre en situation d'échec. Par exemple, pour François, nous avons mis en place un système de bons points. Quand sa plaquette est remplie, il a droit à un jeu, à quelque chose de plaisant », précise Perrine Delattre. Dans le jargon, cela s'appelle le renforcement positif.

L'encadrement est essentiel dans ce traitement. Chaque enfant est accompagné par un éducateur et Perrine observe le tout, note les progrès de chacun... « Nous insistons beaucoup sur le regard car chez un autiste, le contact visuel est quelque chose de très dur à obtenir. Le regard est la base de toutes les interactions sociales », poursuit Perrine Delattre.

La jeune femme n'exerce pas depuis très longtemps mais elle sait qu'elle ne s'est pas trompée de voie. « C'est beaucoup d'investissement mais les cinq familles que je suis encadrent vraiment bien leurs enfants. On voit des progrès apparaître très rapidement. »

Pourtant, la méthode Aba reste très peu connue en France, et non-remboursée. « Ça me révolte et c'est bien pour ça que je suis là. Je ne suis pas pour interdire la psychanalyse, actuellement prédominante, mais les parents d'enfants autistes doivent avoir le choix. Et il faut savoir que si la Sécurité sociale remboursait la méthode Aba, cela lui coûterait moins cher que de prendre en charge un placement en hôpital de jour ou en Institut médico-éducatifs ! »

« Mon plus beau cadeau »

Et d'aller chercher son plus beau souvenir de femme au service des enfants autistes pour appuyer son propos. « C'était lors de mon premier stage. Je m'occupais d'un petit garçon qui ne me regardait jamais. Mais je le faisais travailler, encore et encore. Un jour, j'étais cachée derrière un pilier, il est venu me trouver et m'a regardé droit dans les yeux. C'est mon plus beau cadeau. Mais je suis certaine que si on avait attendu que ça vienne de lui, on serait toujours en train d'attendre... »

Delphine LE NORMAND.

Contact. Isabelle Kérouedan, présidente « Pas à pas Finistère » ; mail : isabelle.kerouedan@wanadoo.fr ; tél. : 02 98 74 91 52 ou 06 73 90 54 97.

 

  Ouest-France

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