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"Au bonheur d'Elise"
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asperger
13 août 2019

Ateliers pédagogiques partie 3 : ateliers jardinage avec des adolescents autistes - Blog de Tristan YVON

 

Ateliers pédagogiques partie 3 : ateliers jardinage avec des adolescents autistes - Blog de Tristan YVON

Pour ce troisième et dernier article de ma série sur les ateliers pédagogiques que j'anime, je vous propose de découvrir les activités que j'ai mis en place cette année avec des adolescents de l'IME ECLAIR à Bussy Saint Georges. Marie guide Tom pour planter...

http://tristanyvon.over-blog.com

 

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8 août 2019

Les 12 Coups de midi ! -> Les téléspectateurs en apprennent beaucoup sur ce handicap avec Paul

 

Les 12 Coups de midi ! : "Les téléspectateurs en apprennent beaucoup sur ce handicap avec Paul"

Il vit un rêve éveillé depuis le 29 avril, date de sa première participation aux 12 Coups de midi !, du lundi au dimanche à 12 h 00 sur TF1. Paul, 20 ans, étudiant en histoire à Grenoble, atteint du syndrome d'Asperger, fait de sa différence une force.

https://www.telestar.fr

 

30 juillet 2019

Affronter la vie quotidienne: stratégies compensatoires des adultes autistes

 

Affronter la vie quotidienne: stratégies compensatoires des adultes autistes

Traduction par lulamae de " How autistic people use compensatory strategies to cope with daily life" Par Francesca HAPPÉ, Lucy Anne LIVINGSTON, Punit SHAH, The Conversation / 26 Juillet 2019 L'autisme est souvent détecté par les médecins durant l'enfance, mais un nombre croissant de personnes sont aujourd'hui diagnostiquées pour ce trouble à l'âge adulte.

https://blogs.mediapart.fr

 

27 juillet 2019

Trop jeune, manipulée, payée... Nous avons passé au crible les critiques faites à Greta Thunberg

 

Trop jeune, manipulée, payée... Nous avons passé au crible les critiques faites à Greta Thunberg

Avant son passage devant l'Assemblée mardi, des députés ont critiqué l'activiste suédoise. Deux tresses qui dégringolent sur ses épaules, un bonnet enfoncé sur la tête et une pancarte dans les mains. Greta Thunberg est désormais connue du grand public.

https://mobile.francetvinfo.fr

 

24 juillet 2019

Dossier LGBTQI+ et autisme

Dossier LGBTQI+ et autisme
Dossier reprenant les 9 articles sur ce thème : textes de Jim Sinclair, personnes autistes transgenres, enquête d'Asperansa.


https://blogs.mediapart.fr

 

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23 juillet 2019

Comme Greta Thunberg, je suis autiste et parfaitement capable de penser par moi-même

article publié sur le Huffington Post

LES BLOGS
23/07/2019 15:15 CEST | Actualisé il y a 2 heures

Penser qu'un ado autiste Asperger pense ce qu'on lui ordonne de penser, c'est être (volontairement ou non), totalement ignorant de ce qu'est le syndrome d'Asperger.

Mahaut Herrmann Ancienne journaliste et essayiste

Cela faisait plusieurs mois que j’hésitais: devais-je en parler ou pas? Et puis les attaques contre Greta Thunberg basées sur son handicap n’ont fait que croître et embellir, et ont atteint leur paroxysme en fin de semaine dernière, juste avant la prise de parole de la jeune suédoise lors d’un colloque de l’Assemblée Nationale. La décision a été prise assez facilement: j’en parle ouvertement. Fini de le cacher, je ne fais plus mystère du syndrome autistique dont je suis atteinte, comme Greta Thunberg.

Il m’a fallu du temps pour assumer ces trois mots: troubles du spectre de l’autisme, en abrégé, TSA (la notion d’autisme Asperger a disparu de la dernière version du manuel clinique de référence). Le mot autisme fait peur. Il autorise tous les fantasmes, complaisamment relayés par des auteurs de fiction en panne d’imagination. Un autiste serait soit une poupée au cerveau vide manipulable à merci soit un sociopathe aussi intelligent que serial killer en puissance. À moins qu’il ne soit vu comme un fou à enfermer d’urgence dans un foyer pour la protection des braves gens. Trop d’autistes, par crainte de ces clichés, ont dû se résoudre à cacher le diagnostic mis sur leurs troubles derrière des périphrases hésitantes.

Affirmer que Greta Thunberg est incapable de comprendre une problématique écologique à cause de ses TSA est donc faux et malhonnête.

Exaspérée par les éructations des doctes âmes qui prétendent mieux connaître les TSA que les personnes concernées, je souhaite porter un témoignage direct sur ces troubles. J’ai été diagnostiquée à l’âge adulte, après des années d’errance de médecin en médecin, un parcours scolaire et universitaire réussi mais humainement et émotionnellement difficile.

J’ai ainsi découvert que je souffrais d’un trouble des interactions sociales et du langage qui n’est pas une psychose et qui permet de bénéficier de la reconnaissance de travailleur handicapé. Car l’autisme est un handicap. Il n’implique pas une incapacité à comprendre des notions complexes et à penser par soi-même. Affirmer que Greta Thunberg est incapable de comprendre une problématique écologique à cause de ses TSA est donc faux et malhonnête. L’autisme est un trouble des interactions sociales, ce qui nous donne en permanence l’impression d’être en train de chercher notre chemin dans un paysage où les panneaux sont écrits un autre alphabet. Il existe des thérapies et méthodes  pour remédier à cela, mais cela induit une hyperfatigabilité récurrente, du fait des efforts quotidiens nécessaires.

L’autisme n’exclut pas nécessairement de toute vie sociale. En revanche, il la rend anormalement fatigante, ce qui impose parfois de prendre le repos nécessaire quand le corps est épuisé par les interactions sociales et émotionnelles. Le diagnostic m’a permet de prendre conscience des causes de ma fatigue permanente et de mieux m’adapter à celle-ci.

Est-ce que la présence d’intérêts restreints signifie qu’un autiste est incapable de penser par lui-même, comme on peut le lire au sujet de Greta Thunberg? Sûrement pas

Être autiste n’est donc pas synonyme d’être coupé du monde. Et il n’est pas non plus synonyme de ne s’intéresser à rien. Au contraire. Parmi les critères de diagnostic des TSA se trouve l’intérêt restreint, le fait pour un autiste d’accorder un temps et une attention démesurés à un sujet de prédilection. Greta Thunberg est autiste et passe tout son temps à alerter sur l’urgence climatique?

Son idée fixe n’est pas un signe de faiblesse d’esprit, comme certains le clament haut et fort. Au contraire, c’est parfaitement normal pour un autiste. Comme beaucoup d’autres autistes, son intérêt restreint la pousse à accumuler une énorme documentation sur le sujet. Un enfant autiste passionné peut devenir rapidement un vrai rat de bibliothèque. Sa sensibilité à la cause qu’elle défend la pousse aussi à s’en emparer avec plus d’intensité que ce qu’on attendrait d’une jeune fille de seize ans.

Elle est encore une adolescente, mais il n’est pas rare que des autistes se sentent plus à l’aise socialement et intellectuellement avec des adultes qu’avec des jeunes de leur âge. Tous les autistes sont différents et les troubles du spectre autistique se manifestent d’une manière différente chez chaque personne atteinte.

Néanmoins, quand je vois Greta Thunberg, je me revois ado autiste, prise de passion pour des causes sociales et ayant envie de remuer un collège ou un lycée entier pour le sensibiliser. La différence avec Greta Thunberg est que je n’avais pas les forces pour me lancer dans de telles entreprises. Mais j’avais mes propres intérêts restreints: la généalogie, d’une part, les langues et l’étymologie, d’autre part.

Est-ce que la présence d’intérêts restreints signifie qu’un autiste est incapable de penser par lui-même, comme on peut le lire au sujet de Greta Thunberg? Sûrement pas. C’est même le contraire. Celui qui s’imagine qu’un adolescent autiste pense ce qu’on lui ordonne de penser s’illusionne (volontairement ou non) sur les caractéristiques du TSA et la forte volonté présente chez les autistes. À treize ans, au moment de faire mes choix d’orientation de première, j’ai tenu tête au professeur principal, au CPE et à mes parents pour le choix de ma filière: je voulais continuer en même temps le latin et le grec, ce n’était possible qu’en L, ça serait donc L et pas S, filière vers laquelle tout le monde me suppliait de me diriger. J’ai eu de la chance, le dernier mot revenait à l’élève, même (et surtout) contre l’avis de ses parents. J’ai fait L et je ne l’ai jamais regretté puisque j’ai poussé l’étude des lettres classiques jusqu’au doctorat.

En Greta Thunberg, je revois donc beaucoup de l’adolescente que j’étais.

Quant aux idées politiques, il est déjà insultant pour un adolescent normal de penser qu’il ne peut pas en avoir. Avec les traits de caractère propres aux autistes, on imagine donc bien ce que donne un adolescent autiste qui prend fait et geste pour une cause sensible. Les images de la première grève de Greta Thunberg devant le Parlement suédois ravive en moi le souvenir de mes tribunes sociales enflammées dans le bulletin de l’aumônerie du lycée. Rajoutez à cela que les TSA se traduisent aussi par de fortes résistances spontanées devant une activité ou un aliment qui nous répugne, et on comprend aisément combien il est peu crédible, pour qui connaît les TSA de l’intérieur, que Greta Thunberg soit forcée d’agir et de prononcer des discours qu’elle ne comprendrait pas.

Quant à ses parents, mon propre souvenir des difficultés des miens me fait plutôt penser que ce n’est pas facile pour eux tout les jours de faire face à tout ce qu’impliquent, en négatif comme en positif, les TSA. Ce ne sont pas non plus son regard ou sa manière de répondre à des entretiens qui en font quelqu’un atteint de je ne sais quel psychose. Même quand il ressent de la sympathie ou de l’empathie pour la personne à laquelle il s’adresse (contrairement à une autre idée reçue, un autiste peut ressentir de l’empathie, et même fortement), une personne autiste éprouve de grandes difficultés à regarder son interlocuteur dans les yeux. Elle peut avoir des mimiques sur le visage qui ne traduisent rien d’autre que ses efforts pour agir au mieux dans la situation sociale dans laquelle elle se trouve.

Sans être fière d’être handicapée, car je n’ai pas à être fière de ce avec quoi je suis née, j’assume pleinement ce handicap.

En Greta Thunberg, je revois donc beaucoup de l’adolescente que j’étais. Je retrouve aussi des témoignages d’amis ou connaissances autistes, avec qui nous avons partagé des tranches de vie. Si j’ai choisi de témoigner aujourd’hui de mon handicap, car l’autisme en est un, c’est pour tous les enfants et adultes qui ne sont pas encore diagnostiqués et qui tentent de vivre malgré des troubles qui leur compliquent la vie. Des esprits forts se veulent originaux, parce que libres de ne pas penser comme tout le monde, en rabaissant Greta Thunberg au nom de son handicap.

Peut-être Greta Thunberg en fait-elle trop et risque-t-elle de payer un jour ses efforts au service d’une excellente cause. Mais pendant ce temps, dans un pays – la France – où les retards et défaillances dans la prise en charge des enfants autistes et de leurs familles sont régulièrement dénoncés, ce sont ces enfants et ces adultes qu’il convient d’avoir d’abord à l’esprit.

L’autisme n’est pas une honte. Même quand il est un handicap invisible, il a un impact quotidien sur nous. Sans être fière d’être handicapée, car je n’ai pas à être fière de ce avec quoi je suis née, j’assume pleinement ce handicap.

L’autisme fait partie de nous, il fait partie de moi, et il ne devrait jamais être utilisé pour rabaisser la personne, lui attribuer des symptômes imaginaires au gré de ses propres fantasmes, nier ses capacités ou sa dignité. On ne demande pas à une personne à mobilité réduite de cacher son handicap et d’en avoir honte. Pourquoi nous imposerait-on, comme certains tentent de le faire, de vivre comme si nous n’étions pas handicapés? Comme Greta Thunberg, je suis autiste, et je n’en ai pas honte. 

Ce billet est également publié sur le compte Twitter de Mahaut Herrmann. 

 

À voir également sur Le HuffPost:

17 juillet 2019

Handicap : Comment j'ai été reçue par la MDPH du Calvados

 

Handicap : "Comment j'ai été reçue par la MDPH du Calvados"

Moana a dix ans. Son TSA (trouble du spectre de l'autisme) a été diagnostiqué en juin 2018, à 9 ans et demi. Voyant qu'elle était différente, sa mère a sans cesse cherché une explication depuis sa naissance : énormément de pleurs, troubles du sommeil, besoin de mouvement perman

https://blogs.lexpress.fr

 

15 juillet 2019

12 coups de midi : Paul rentre dans le top 10 et fait découvrir l'autisme à Jean-Luc Reichmann

 

12 coups de midi : Paul rentre dans le top 10 et fait " découvrir l'autisme " à Jean-Luc Reichmann

À seulement 19 ans, Paul vient de faire son entrée dans le top 10 des maîtres de midi de l'émission de Jean-Luc Reichmann. L'occasion pour ce dernier de revenir sur la relation de l'animateur avec l'étudiant grenoblois atteint d'un syndrome d'Asperger.

https://www.lavoixdunord.fr

 

11 juillet 2019

Enquête sur les femmes autistes - Le sex-ratio de l’autisme

10 juil. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

L'autisme est beaucoup plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Les raisons exactes de ce ratio sont discutées : différences biologiques entre les sexes, façon dont l'autisme est défini et diagnostiqué. Une enquête en ligne vise à mieux caractériser les particularités des femmes autistes et à développer un outil de repérage.

 

Étude f-MACA : Spécificités de l’autisme chez les femmes

Study III, color © Luna TMG
Study III, color © Luna TMG


La recherche scientifique indique que l’autisme peut se présenter différemment chez les femmes que chez les hommes. Ceci se traduit par une méconnaissance des spécificités de l’autisme féminin par les professionnels de l’autisme et par la société. En conséquence, de nombreuses femmes autistes reçoivent des diagnostics tardifs ou erronés, voire restent dans l’ignorance de leurs particularités. Dans tous les cas, leur appartenance au spectre de l’autisme est encore trop souvent remise en question.

Pour en savoir plus sur la présentation de l’autisme chez les femmes adultes, nous recensons des volontaires pour participer à une étude en ligne entièrement anonyme. Ces recherches visent à mieux caractériser les particularités des femmes autistes et à développer un outil de repérage en langue française.

Cette enquête totalement anonyme est ouverte aux femmes avec ou sans diagnostic d’autisme et aux hommes avec diagnostic d’autisme. Elle dure environ 45 minutes.

Veuillez noter que le fait de répondre au questionnaire ne constitue en rien un diagnostic d’autisme. Cette étude a fait l’objet d’approbation éthique de l’Université de Montréal (Canada) et du Comité de Protection des Personnes Ile-de-France (France).

Pour y participer, il suffit de cliquer sur ce lien : http://maca.huma-num.fr/femmes-autistes/

Afin de garantir l’anonymat, un identifiant généré aléatoirement vous sera fourni. Il est important de conserver cet identifiant, car notre équipe n'y aura pas accès.

Cette étude implique la participation d'une personne vous ayant bien connu pendant votre enfance. Un lien vous sera fourni à faire lui parvenir, ainsi qu'un identifiant pour jumeler vos réponses. Toutefois, si vous êtes dans une situation telle que l’implication d’une personne extérieure représente une difficulté, vous pouvez participer à l’étude sans réaliser cette étape.

Si vous avez des questions, vous pouvez les adresser par email à : Amélie Tsaag Valren, Université de Montréal amelie.charles.cnmtl@ssss.gouv.qc.ca

L'équipe de l'étude « f-MACA » vous remercie de votre attention.

Traduction par lepton de "Autism’s sex ratio, explained" - Nicholette Zeliadt / 13 juin 2018

L'autisme est beaucoup plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Ce sex-ratio asymétrique a été remarqué depuis que les premiers cas d'autisme ont été décrits dans les années 1940. Les raisons exactes de ce ratio restent floues. Elle pourrait trouver sa source dans les différences biologiques entre les sexes. Ou, selon certains experts, il pourrait s'agir d'un artefact de la façon dont l'autisme est défini et diagnostiqué.

Voici comment les chercheurs estiment et expliquent le sex-ratio dans l'autisme.

Qu’est-ce que le sex-ratio de l'autisme ?

Les chercheurs ont toujours trouvé plus de garçons que de filles porteurs d'autisme, lorsqu'ils ont estimé la prévalence de l'autisme. Cela a été vrai peu importe que les données proviennent de diagnostics signalés par les parents, d'examens des dossiers scolaires et médicaux, ou d'évaluations diagnostiques des enfants.

L'analyse la plus complète du sex-ratio de l'autisme, publiée en 2017, s'appuie sur les données de 54 études de prévalence dans le monde. Cette analyse a estimé environ 4,2 garçons autistes pour une fille.

Quels facteurs pourraient influencer ce sex-ratio ?

Un facteur potentiellement important est le biais diagnostique : plusieurs études suggèrent que les filles reçoivent un diagnostic d'autisme plus tard dans leur vie que les garçons, ce qui indique que le trouble est plus difficile à détecter chez les filles.

En suivant cette idée, l'étude de 2017 a révélé que le sex-ratio tombe à 3,25 garçons par fille lorsque l'analyse n'inclut que les 20 études pour lesquelles les chercheurs ont évalué les participants pour l'autisme, plutôt que de se fier à des diagnostics antérieurs. Cette baisse du ratio fournit les preuves les plus convaincantes à ce jour d'un biais diagnostique, selon William Mandy, chercheur principal de l'étude et maître de conférence en psychologie clinique à l'University College de Londres. « Cela implique qu'il y a là un groupe de femmes qui, si vous les évaluez, répondront aux critères, mais pour une raison quelconque, ne seront pas évaluées.»

Pourquoi les filles et les femmes autistes sont-elles négligées ?

Les filles et les femmes porteuses d'autisme peuvent ne pas être diagnostiquées parce que les médecins, les enseignants, les parents et d'autres, pensent souvent que le trouble touche principalement les garçons.

L'autisme peut aussi avoir l’air différent chez les filles que chez les garçons. Les filles peuvent avoir moins d'intérêts restreints et de comportements répétitifs que les garçons, et peuvent avoir des centres d'intérêts socialement plus acceptables. Elles sont également plus susceptibles que les garçons de masquer leurs traits autistiques en copiant leurs pairs neurotypiques. Par conséquent, l'autisme peut être plus difficile à détecter chez les filles, même lorsque les médecins le recherchent.

Le sex-ratio disparaîtrait-il si ces biais diagnostiques étaient surmontés ?

Probablement pas. Les chercheurs ont trouvé un rapport de 3 pour 1 même lorsqu'ils ont suivi des enfants dès la petite enfance et les ont soumis à un dépistage répété de l'autisme, ce qui réduit au minimum la possibilité de biais dans le diagnostic et la référence. Les enfants de ces études ont des antécédents familiaux d'autisme, cependant, de sorte qu'ils peuvent être fondamentalement différents des autres enfants porteurs de ce trouble, selon Daniel Messinger, professeur de psychologie à l'Université de Miami.

Le sex-ratio a-t-il changé au fil du temps ?

Oui. Une vaste étude danoise a trouvé un sex-ratio de 8 pour 1 en 1995, mais il est tombé à 3 pour 1 en 2010. Cette chute peut refléter une meilleure détection des filles autistes, mais elle devrait se stabiliser. « Je parierais à 3 contre 1 », dit Meng-Chuan Lai, professeur adjoint de psychiatrie à l'Université de Toronto.

Quoi d’autre pourrait expliquer le sex-ratio ?

La biologie. Par exemple, le cerveau des personnes porteuses d'autisme présente des modes d'expression génétique qui ressemblent davantage à ceux des hommes que des femmes typiques. Certains de ces gènes sont spécifiques à la microglie, des cellules immunitaires du cerveau qui éliminent les déchets et sculptent les connexions neuronales.

Il est également possible que les filles soient protégées d'une manière ou d'une autre contre ce trouble. Les filles autistes ont tendance à avoir plus de mutations que les garçons porteurs de ce trouble. Et les garçons autistes semblent hériter plus souvent de mutations de mères non affectées que de pères non affectés. Ensemble, ces résultats suggèrent que les filles ont besoin d'un bagage génétique plus important que les garçons pour développer l'autisme.


Un article de Spectrum News du 3 juin 2019, repris sur le site Comprendre l'autisme.

 Les tests diagnostiques ne ratent pas les filles autistes, selon une étude

Les garçons et les filles autistes obtiennent des scores pratiquement identiques à trois tests diagnostiques couramment utilisés, ce qui suggère que le sexe n'affecte pas les scores.

  • 6 mai 2019
  • Théories de l'autisme - l’effet protecteur dont bénéficie le sexe féminin

    Savoir pourquoi il y a quatre fois plus de garçons diagnostiqués que de filles est l’une des énigmes les plus tenaces de l’autisme. Les biais de diagnostic expliquent en partie ce ratio. Une théorie qui prévaut, « l’effet protecteur dont bénéficient les personnes de sexe féminin», propose aussi une explication…

    •   7 mai 2019
  • Différences entre les sexes dans l'autisme : inexistantes chez les épileptiques

    Les filles épileptiques sont plus susceptibles que les filles de la population générale d'avoir un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité ou d'être autiste. Il y a à peu près autant de garçons autistes épileptiques que de filles, selon une nouvelle méta-analyse.

    • 14 mai 2019
  • Corriger le déséquilibre entre les sexes dans les études sur l'autisme

    Les filles sont nettement sous-représentées dans les recherches sur l'autisme. Pour pouvoir analyser les traits distinctifs des hommes et des femmes, il faudrait un nombre égal dans les populations étudiées. Cela permettrait d'adapter les pratiques (exemple de l'anorexie).

  • 14 avr. 2019
3 juillet 2019

Une vaste étude appuie l'abandon de l'expression "autisme de haut niveau"

3 juil. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Selon une étude australienne menée auprès de plus de 2 000 personnes autistes, les personnes autistes qualifiées de "haut niveau " parce qu'elles n'ont pas de déficience intellectuelle éprouvent souvent encore des difficultés dans leurs aptitudes à la vie quotidienne.

 

spectrumnews.org Traduction de "Large study supports discarding the term ‘high-functioning autism’"

par Dalmeet Singh Chawla / 3 juillet 2019

Shadow people XI © Luna TMG
Shadow people XI © Luna TMG

Selon une étude menée auprès de plus de 2 000 personnes autistes 1, les personnes autistes qualifiées de "haut niveau " parce qu'elles n'ont pas de déficience intellectuelle éprouvent souvent encore des difficultés avec leurs aptitudes à la vie quotidienne. Selon les chercheurs, les données devraient mettre définitivement hors d'usage le terme " haut fonctionnement ".

L'étude, la plus importante du genre, montre que les personnes jugées très fonctionnelles ont souvent un mauvais " comportement adaptatif", c'est-à-dire la capacité d'accomplir des tâches de base comme se brosser les dents, lacer ses chaussures ou prendre l'autobus.

"L'expression ne tient aucunement compte des difficultés que ces personnes éprouvent au quotidien ", affirme le chercheur principal Andrew Whitehouse, professeur de recherche sur l'autisme au Telethon Kids Institute et à l'University of Western Australia de Perth, en Australie.

Qui plus est, dit Whitehouse, les décideurs ont utilisé ce terme pour décider quelles personnes devraient recevoir des services ou du financement plutôt que d'évaluer soigneusement les besoins individuels.

Les personnes autistes sont souvent classées comme étant de haut niveau si elles ont un quotient intellectuel (QI) élevé ou si elles excellent sur le plan scolaire. Mais ni l'un ni l'autre de ces traits ne peut être interprété comme signifiant qu'ils réussissent bien dans d'autres aspects de leur vie, note Helen Tager-Flusberg, directrice du Center for Autism Research Excellence de la Boston University, qui n'a pas participé aux nouveaux travaux.

"Nous savons depuis longtemps qu'il y avait un écart entre le QI et le comportement adaptatif", dit-elle. La taille "impressionnante" de l'échantillon et la méthodologie de l'étude confirment l'existence de cet écart.

Les chercheurs ont inventé le terme " haut fonctionnement " dans deux articles publiés à la fin des années 1980 2,3. Depuis, c'est devenu un raccourci de décrire les personnes autistes qui ont de fortes aptitudes verbales et qui n'ont pas de déficience intellectuelle (en cas de QI inférieur à 70).

Pendant des années, les personnes autistes se sont opposées à cette étiquette, ainsi qu'à son homologue, " faible fonctionnement ", disant que ces termes ne reflètent pas le niveau de soutien dont elles ont réellement besoin.

"J'entends les appels les plus bruyants en faveur de l'abandon de ce terme de la part des auto-représentants de la communauté de l'autisme ", dit Inge-Marie Eigsti, professeure de psychologie clinique et de sciences cérébrales et cognitives à l'Université du Connecticut à Mansfield, qui n'a pas participé à cette étude. "Nous devrions appeler les gens comme ils veulent qu'on les appelle."

Faible prédicteur

Whitehouse et son équipe ont étudié la relation entre le comportement adaptatif et la fonction cognitive chez 2 225 personnes autistes âgées de 1 à 18 ans, inscrites dans le Western Australian Register for Autism Spectrum Disorders ; 1 041 de ces enfants ont une déficience intellectuelle et 1 184 n'en ont pas. (Le registre comprend toutes les personnes ayant reçu un diagnostic d'autisme dans l'État d'Australie-Occidentale depuis 1999.)

Les chercheurs ont utilisé les scores sur les échelles de comportement adaptatif Vineland pour évaluer les capacités fonctionnelles et les scores de QI des enfants pour leur fonction cognitive. Ils ont utilisé des techniques statistiques pour déterminer le lien entre les résultats du QI et les compétences fonctionnelles quotidiennes des participants.

En moyenne, les enfants autistes sans déficience intellectuelle ont des scores fonctionnels inférieurs de 28 points à leur QI, selon les chercheurs. Par contre, les enfants ayant une déficience intellectuelle ont des scores fonctionnels inférieurs de 4,5 points à leur QI, en moyenne. L'article est paru le 19 juin dans Autism.

"Bien que le QI soit corrélé à la capacité fonctionnelle, il s'agit en fait d'un prédicteur très faible du niveau des aptitudes à la vie quotidienne de ces personnes ", explique Mme Whitehouse.

Tager-Flusberg, qui travaille avec des enfants autistes qui parlent peu ou ne parlent pas dit qu'elle décourage ses étudiants d'utiliser le terme " faible fonctionnement " et demande à d'autres chercheurs de s'abstenir de l'utiliser lorsqu'elle examine leurs études.

Références:

  1. Alvares G.A. et al. Autism Epub ahead of print (2019) PubMed
  2. Ameli R. et al. J. Autism Dev. Disord. 18, 601-615 (1988) PubMed
  3. DeLong, G.R. and J.T. Dwyer J. Autism Dev. Disord. 18, 593–600 (1988) PubMed
2 juillet 2019

Autisme: des progrès venus du Québec

 

Autisme: des progrès venus du Québec

Spécialiste québécoise de cette question, Isabelle Hénault fait bouger les lignes sur l'autisme au féminin. Interview, à l'occasion de son passage à Poitiers. En quoi l'autisme au féminin est-il différent de l'autisme au masculin? " L'autisme au féminin se définit souvent par des symptômes et des caractéristiques qui sont moins sévères que chez les hommes.

https://centre-presse.fr

 

2 juillet 2019

A Limoges, une spécialiste mondiale est l'invitée d'un colloque sur les rapports amoureux chez les personnes autistes

Mercredi 26 juin 2019 à 8:55 -
Par , France Bleu Limousin

Isabelle Hénault, psychologue-sexologue québécoise, est venue expliquer à des familles et des professionnels comment aider les personnes atteintes de TSA (troubles du spectre de l'autisme) à éviter les maladresses ou les malentendus dans les relations amoureuses. Un sujet rarement abordé en France.

https://www.francebleu.fr/emissions/trois-questions-a/limousin/isabelle-henault-psychologue-et-sexologue-directrice-de-la-clinique-autisme-et-asperger-de-montreal
https://www.francebleu.fr/emissions/trois-questions-a/limousin/isabelle-henault-psychologue-et-sexologue-directrice-de-la-clinique-autisme-et-asperger-de-montreal
© Radio France - Alain Ginestet

Limoges - France

Comment déclarer sa flamme ou savoir si l'autre est consentant, lorsqu'on est "handicapé de la relation sociale" ? Depuis lundi, conférences et ateliers s'enchaînent à Limoges, autour des relations intimes et de la sexualité chez les personnes atteintes d'autisme, et notamment du syndrome d'Asperger. Invitée de ce colloque, Isabelle Hénault, directrice de la clinique Autisme et Asperger de Montréal, a répondu à 8H15 ce matin aux questions d'Alain Ginestet sur France Bleu Limousin.

Vous êtes psychologue ET sexologue, car l'autisme ou le syndrôme d'Asperger pénalise aussi beaucoup ceux qui en souffre dans leur vie sexuelle et sentimentale...

Tout à fait. L'information sur la sexualité est une des premières demandes des adolescents et des adultes que je rencontre. Ils sont curieux comme tout le monde, mais comme ils ont un écart par rapport aux relations sociales, ils ont moins d'amis et donc moins de chances de discuter avec les copains-copines de la sexualité, des changements à la puberté, des étapes de la relation, du romantisme...

Et ces difficultés dans les interactions sociales, on les retrouve aussi dans la relation amoureuse ?    

Oui, ils peuvent avoir le désir d'entrer en relation, mais ils ont une maladresse sociale et donc ils ont du mal à avoir un amoureux ou une amoureuse. Donc, le but de mon intervention comme sexologue-psychologue, c'est de leur donner des outils pour les guider et un cadre de référence. Il n'y a pas de recette magique ! Mais au fil des années, on a trouvé des pistes intéressantes. On utilise des vidéos, des mises en situation pour leur proposer des modèles positifs. Par exemple comment vérifier le consentement chez l'autre, comment donner son consentement, comment décoder le non-verbal : on a une foule d'activités, qui ont été toutes validées scientifiquement.

Le témoignage de Rémy, 34 ans, atteint du syndrome d'Asperger,sur les difficultés rencontrées dans les relations aux autres.

Lors de ce colloque, Rémy Rouquette, qui a écrit un livre sur sa vie avec le syndrome d'Asperger (De l'ombre à la lumière, éditions Baudelaire), raconte les problèmes qu'il a connus, car il prend trop "les choses au premier degré" dit-il, il dit qu'il a des difficultés avec les nuances... 

Quand on parle des nuances, il y a le verbal et le non-verbal. Et les personnes avec autisme prennent les choses au 1er degré, de manière littérale. Ce qui engendre parfois des malentendus, des maladresses. Et s'il y a un domaine où il faut que les choses soient les plus claires possibles, c'est bien l'intimité et la sexualité !

Est-ce que ça peut s'arranger dans le temps ?  

Oui tout à fait, on peut travailler au niveau des comportements. Si on a des gens qui ont des maladresses, on leur propose des modèles, des histoires sociales, des scénarios. On explique de façon très détaillée et visuelle quels sont les comportements adaptés. Et avec les autistes qui sont de haut-niveau de fonctionnement, type Asperger, on peut aller plus dans les subtilités et favoriser des relations plus enrichissantes. Le fait de rencontrer un amoureux, mais aussi de divulguer son diagnostic : à quel moment on en parle, à qui, est-ce une bonne chose ou pas.

C'est un sujet tabou ? Peut-être moins au Quebec qu'en France ?   

Ils ont un département de sexologie au Quebec depuis 20 à 30 ans, et on en parle beaucoup. En France, je pense que c'est lié à une méconnaissance générale de l'autisme. Et du coup, ça n'est pas le premier sujet qui est traité. Mais je vois qu'on en parle de plus en plus.

Par :

29 juin 2019

LGBTQI+ et Autisme - vivre entre les genres

 

LGBTQI+ et Autisme - vivre entre les genres

Les personnes trans' et autistes vivent leur genre en marge des attentes de la société, ou rejettent totalement la distinction hommes-femmes. Nombreuses sont celles qui réinventent alors la manière de définir leur identité, et ce que ça signifie d'être autiste. Un article de "Spectrum News".

https://blogs.mediapart.fr

 

29 juin 2019

Stonewall 50 ans - LGBTQI+ et autisme

27 juin 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Le début il y a 50 ans du mouvement de libération gay est une bonne occasion de lier autisme et LGBTQI+. En mettant en lumière les textes de Jim Sinclair.

 

Il y a 50 ans, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, les gays que la police de New York voulait rafler comme à l'habitude dans ce bar/dancing où il était possible de danser un slow entre personnes du même sexe se sont révoltés et ont enfermés dans le bar la police. Plusieurs nuits d'émeute ont suivi.

Il y a quelques jours, Mediapart a commencé à rappeler l'évènement. Et, "en même temps", sur Facebook, le Collectif intersexes et allié.e.s a diffusé l'information sur la chaîne youtube de mischanomalie : "C'est quoi intersexe ?"

C'est quoi intersexe ? © Mischanomalie

Dans ces circonstances, il était impossible de ne pas parler de JIM SINCLAIR, la première personne autiste qui a pris la parole au nom des personnes autistes ... et qui est intersexe.

Sur le site ou le forum d'Asperansa, vous trouverez par exemple des textes de Jim Siclair :

Une première explication du titre à partir d'un article de Libération, site de non-référence sur l'autisme :

  • comme lesbienne. Une femme qui a des relations sexuelles avec une femme. 
  • G comme gay. Un homme qui a des relations sexuelles avec un homme
  • B comme bi. Une personne qui a des relations sexuelles avec un homme ou avec une femme.
  • T comme trans. Une personne née homme ou née femme et qui ne se sent pas appartenir à ce genre. «Le terme transsexuel-le est parfois utilisé pour désigner plus spécifiquement les personnes trans opéré-e-s. Les personnes non-opéré-e-s peuvent être appelé-e-s trangenres. Pour éviter d’instaurer une hiérarchie, on préférera le terme personnes trans, qui permet d’inclure la multiplicité des parcours et des identités», détaille l’AJL, dans son «kit à l’usage des rédactions».
  • Q comme queer. Sa définition est un peu plus floue, mais le terme est finalement très simple à comprendre : une personne se dit queer quand elle ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas appartenir à un genre défini. 
  • I comme intersexe. Les personnes intersexes ne sont nées ni homme ni femme. Il existe plusieurs situations qui peuvent mener à l’intersexuation. Gaëtan Schmitt par exemple, que Libération avait rencontré en 2017, est né avec un micropénis et un vagin rudimentaire. En France, environ 200 enfants seraient concernés sur les 800 000 naissances annuelles. 
  • A comme asexuel. «Les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de s’engager dans des relations sexuelles», explique l’association pour la visibilité asexuelle. Elles peuvent avoir des relations amoureuses mais revendiquent le droit à ne pas ressentir d’attirance physique.  
  • + comme : et tous les autres. 

 Sur ces sujets, j'ai entendu venant des parents de personnes autistes ou de personnes autistes :

  • "il faut les castrer"
  • "tu penses être homo ? Où est le problème ? C'est la mode."
  • "OK, assois-toi" - autrement dit, çà ne suffit pas que tu sois autiste, tu dis que tu as une orientation sexuelle différente de la normalité, est-ce que tu en en sûr, eh bien si c'est le cas, on fera avec, mais ne nous emballons pas (en pensant "comme si l'autisme ne suffisait pas...").

 Faut-il dépsychiatriser l'autisme ?

Pourquoi pas ? L’homosexualité a été retirée du DSM II en 1973, grâce à une coalition des psychiatres non-psychanalystes et des psychiatres gays, par référendum. Il y a eu des manifs avant pour exiger ce retrait.

Voir : Robert Spitzer et le diagnostic homosexualité du DSM-II Michel Minard Dans Sud/Nord 2009/1 (n° 24). A noter qu'il est question du trouble "perturbation de l'orientation sexuelle" et qu'il est quand même question de soigner ceux qui veulent en changer.

Chez nous, il a fallu attendre 1992 pour que l'homosexualité soit retirée de la liste des maladies mentales.

Et 1982 pour que les relations sexuelles entre mineurs ne soient plus punissables pénalement.

Le syndrome de Rett et le trouble désintégratif de l'enfance ont été retirés en 2013 de la catégorie TED/TSA par les psychiatres américains dans le DSM 5.

La situation actuelle des diagnostics n'est donc pas éternelle.

Mais il faut se poser la question de l'objectif. Si le mouvement de la neurodiversité a accepté aux USA la fusion des différents diagnostics dans le trouble du spectre de l'autisme, c'est que cela confortait le droit à un accompagnement pour tout le spectre, alors que, par exemple, certains états ne finançaient aucun soin pour le syndrome d'Asperger.

Quelles modifications de la personne autiste ?

Vous verrez dans les textes de Jim Sinclair par rapport à l'intersexuation des problèmes qui se posent encore aujourd'hui.

Quels sont les médicaments possibles ?

Des manipulations génétiques sont-elles justifiées ?

Qu'est-ce qui est irréversible ?

Qu'est-ce que les parents (et médecins) ont le droit de faire ?


Celebrants outside the Stonewall Inn. From “Art After Stonewall, 1969-1989,” at the Grey Art Gallery. © Fred McDarrah/Getty Images, via Pavel Zoubok Gallery
Celebrants outside the Stonewall Inn. From “Art After Stonewall, 1969-1989,” at the Grey Art Gallery. © Fred McDarrah/Getty Images, via Pavel Zoubok Gallery

Le dossier qui va suivre comportera :
  •  - des traductions des articles de Jim Sinclair sur l'intersexuation;
  •  - un article de Spectrum News sur l'autisme et la "dysphorie de genre":
  •  - les résultats du sondage d'Asperansa sur la question notamment de l'orientation sexuelle.

Pour l'instant, je ne suis pas en mesure d'aller plus loin sur le sujet.

22 juin 2019

Dossier Hans Asperger et le nazisme

 

Dossier Hans Asperger et le nazisme

Echange étonnant hier sur Twitter entre le journaliste JP Elkabach, vraiment mal informé, et une réponse de Sophie Cluzel au sujet d'Hans Asperger. Ci-dessous le dossier complet. Le pédiatre Hans Asperger est mondialement connu pour le syndrome qu'il a d'abord diagnostiqué.

https://blogs.mediapart.fr

 

12 juin 2019

Mon conjoint est atteint par le syndrome d'Asperger

 

"Mon conjoint est atteint par le syndrome d'Asperger"

"J'ai rencontré Erwann au travail, il y a trois ans. Nous travaillions tous les deux dans le service administratif d'une grande entreprise. Je le trouvais timide, un peu renfermé mais très gentil. Son côté lunaire lui donnait un charme particulier. Petit à petit, nous nous sommes liés d'amitié.

https://www.lexpress.fr

 

27 mai 2019

L'univers post-apocalytique de Manon Toulemont

26 mai 2019

Guide de survie de la personne autiste - Jean-Philippe Piat

 

Guide de survie de la personne autiste - Jean-Philippe Piat

C'est un vrai guide pour la survie de la personne autiste dans le monde des neurotypiques que nous propose Jean-Philippe Piat, autiste Asperger aux éditions Autisme France Diffusion. Analyse et conseils se suivent. Un trousseau de clefs pour tout le spectre, dixit Laurent Savard.

https://blogs.mediapart.fr

 

25 mai 2019

Meaux : sa vidéo sur l’autisme lui vaut un billet pour le Festival de Cannes

article publié dans Le Parisien

Alexandre Arlot| 22 mai 2019, 11h08 |0
Meaux, le 11 mai 2019. Benoît et Charlotte Arnoult sont frère et sœur. L’adolescente a consacré une courte vidéo à son frère, atteint du syndrome d’Asperger, qui lui permet de s’envoler pour le Festival de Cannes. LP/Alexandre Arlot

En consacrant un (très) court-métrage à son grand frère, atteint du syndrome d’Asperger, Charlotte a été sélectionnée dans le cadre d’un concours destiné aux 14-22 ans. La lycéenne meldoise s’envole ce mercredi pour la Croisette.

Est-ce la simplicité du message, celui d’une déclaration d’amour d’une sœur à son frère ? Ou bien la volonté d’abattre les idées reçues sur les autistes Asperger ? Toujours est-il que le petit film de Charlotte Arnoult a touché en plein cœur le jury du projet « Moteur ! ».

La lycéenne meldoise de 16 ans, admiratrice de Tim Burton, est l’une des 25 lauréates — la seule de Seine-et-Marne — de ce concours de vidéos ouvert aux jeunes de 14 à 22 ans. Cette distinction lui vaut de s’envoler ce mercredi pour Cannes (Alpes-Maritimes), où elle montera les marches en compagnie de Samuel Le Bihan, parrain du concours (lire encadré).

Père d’une fille autiste, ce dernier a sans doute été ému par le regard que Charlotte a porté sur Benoît, son grand frère de 18 ans. Fin mars, lorsqu’une intervenante a présenté le principe du projet « Moteur ! » au lycée Pierre-de-Coubertin, celle qui y est élève en première S, option cinéma, n’a pas réfléchi longtemps.

« Il fallait envoyer une vidéo d’une durée d’une minute et trente secondes, filmée au téléphone, sur une personne ou une chose qui nous inspire, explicite Charlotte. La première personne à qui j’ai pensé, c’est mon frère. »

Benoît fait partie du 1 % des Français qui sont atteints de troubles du spectre autistique. Son syndrome d’Asperger lui a été diagnostiqué tard, à l’âge de 12 ans. Ce handicap entraîne, entre autres, des difficultés de concentration et de gestion du stress.

À l’école, son frère était « utilisé comme un outil »

« À l’école primaire, j’étais harcelé, raconte celui qui est aujourd’hui étudiant en informatique à l’antenne meldoise de l’IUT de Marne-la-Vallée. Au collège, certains venaient me parler car j’étais l’autiste de service. J’étais utilisé comme un outil. »

La situation s’arrangera en première, lorsqu’il quittera l’enseignement privé pour le lycée Pierre-de-Coubertin. « Dans le public, les gens acceptent beaucoup plus les différences, estime-t-il. Je me suis intégré plus rapidement. »

C’est ce parcours atypique, jonché d’obstacles, que sa petite sœur a souhaité mettre en lumière. « Je suis fière de la façon dont il a évolué, lâche-t-elle avec pudeur. On lui disait qu’il n’arriverait à rien mais mon frère a eu son bac avec mention. »

Passionné de code et d’informatique, Benoît demeure « une personne normale », insiste Charlotte. Ni plus ni moins que les autres. « Les reportages sur le syndrome d’Asperger ont tendance à faire des généralités, appuie son frère. Tous les Asperger ne sont pas des poètes ou des génies de la musique. »

La vidéo de Charlotte sur son frère Benoît

… ET SON PORTRAIT TIRÉ PAR L’ARTISTE JR !

Du 22 au 26 mai, les 25 jeunes lauréats du projet « Moteur ! » goûteront aux paillettes et à la vie de star.

Le 24, Charlotte et ses compères se verront remettre un Clap d’or de la part de Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, puis monteront les marches du palais des festivals. Leurs courts-métrages seront diffusés dans la foulée.

-
Cannes (Alpes-Maritimes), mai 2019. Pendant la durée du festival, les portraits des jeunes lauréats du concours « Moteur ! », comme celui de Charlotte (ici à gauche), sont exposés en gare de Cannes dans le cadre du projet « Inside Out » de JR. Projet « Moteur ! »

La veille, le 23, les cinéastes en herbe inaugureront leur portrait en noir et blanc affiché en gare de Cannes. L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Inside Out » mené par JR, la star de l’art contemporain. Le but est de « mettre en avant la jeunesse à Cannes », une ville jugée élitiste, justifie Charlotte.

Les lauréats assisteront également à la projection d’un film en compétition. Le samedi 25, jour de la cérémonie de clôture, « on devrait aller à la plage », sourit Charlotte.

20 mai 2019

ESAT et autisme - mission IGF/IGAS - 4ème plan

20 mai 2019
Par
Les Ministères ont lancé une mission d'inspection pour faire évoluer les ESAT. Sans poser la question de la place de l'autisme dans les ESAT. Le 4ème plan autisme est également plutôt léger sur la question, malgré le nombre de personnes concernées. Remarques et propositions.

 

Les ministères ont confié à l'Inspection Générale des Finances (IGF) et à l'IGAS (Inspection générale des Affaires Sociales) – ordre de préséance :)  ? - une mission concernant les ESAT.

The Little Workshop © Luna TMG
The Little Workshop © Luna TMG

La lettre de mission fait référence à l'évolution des publics accompagnés, avec la progression du handicap psychique.

Extrait lettre de mission à l'IGF et à l'IGAS © Ministères Solidarités et Santé, Travail, Action et Comptes publics, secrétariat d'2Etat PH
Extrait lettre de mission à l'IGF et à l'IGAS © Ministères Solidarités et Santé, Travail, Action et Comptes publics, secrétariat d'2Etat PH

Il n'est pas étonnant qu’elle ne fasse pas référence à l'autisme, parce que cette question a été mal identifiée – à mon avis - dans le cadre du 4ème plan autisme (appelé stratégie nationale de l'autisme au sein des troubles neurodéveloppementaux – TND).

Les ESAT dans le 4ème plan autisme

Certes la mesure 41 « Évolution de l'offre d'ESAT pour soutenir la politique inclusive d'emploi des personnes handicapées » existe, avec un indicateur : «  Nombre de travailleurs en ESAT hors les murs ». Page 102, il sera fait seulement référence à des exemples issus de la concertation [préparatoire au 4ème plan] de dispositifs « hors les murs » notamment en Hauts-de-France.

La Fiche de consensus ARS/DIRECCTE Bretagne, Hauts-de-France et Martinique « Accompagnement vers et dans l’emploi, maintien dans l’emploi des personnes avec TSA » indiquait notamment

4) ESAT hors les murs : les 3 bonniers (Orchies, 59) et le Chalet (Guidel, 56)

  • Les 3 bonniers : ESAT hors les murs accompagnant 14 travailleurs avec TSA au sein d’un atelier de l’usine Leroux à Orchies. L’objectif est d’apporter une réponse spécifique aux attentes de ce public sur leur lieu de travail : difficultés de communication, particularités sensorielles, besoin d’accompagnement rapproché, difficultés dans les interactions sociales
  • Le chalet : prestations similaires en direction de 9 adultes avec TSA travaillant au sein du parc animalier de Pont Scorff

Conditions de réussite :

  • Un accompagnement à la carte tenant compte des spécificités de chaque individu et de sa capacité de travail,
  • Un accompagnement global, prenant en compte tous les aspects de la vie sociale, vie quotidienne, formation

    Pour l'expérience du Chalet, voir l'intervention de Katy Bardouil :
Kathy Bardouil - Le Chalet - zoo de Pont-Scorff © chaîne youtube d'Asperansa

Le même rapport ARS/DIRECCTE proposait :

  • Développement et adaptation des services et structures spécialisées

Propositions :

  • Développer avec les collectivités territoriales des places de SAVS et de SAMSAH afin d’accompagner les personnes qui le nécessitent dans les différents aspects de leur vie

  • Développer les capacités d’accueil en ESAT pour ce public en adaptant les modalités de travail (ateliers adaptés aux profils sensoriels, séquençage des taches) et les locaux aux spécificités liées aux TSA,

  • Diversifier l’offre d’accompagnement des ESAT en proposant des modalités d’intervention hors les murs afin de favoriser la transition vers le milieu ordinaire,

  • Les ESMS peuvent être un support approprié pour développer des groupes d’apprentissages des habiletés sociales ou la pratique du job coaching (cf. exemple du service tremplin porté par les genêts d’or à Brest)

Document de travail sur l'emploi de 3 ARS/DIRECCTE pour la préparation du 4ème plan (pdf, 123.9 kB)

J'ai trouvé que les mesures du 4ème plan étaient insatisfaisantes sur cette question des ESAT.

L'autisme dans les ESAT

La question des ESAT concerne d'abord une partie des TND, les personnes déficientes intellectuelles et les personnes autistes. Le premier problème des ESAT, me semble-t-il, c'est qu'ils ont été créés en fonction du déficit intellectuel, et pas de l'autisme.

Il y a bien quelques ESAT spécialisés dans l'autisme (je connais ceux de Sésame Autisme ou le Chalet au zoo de Pont-Scorff, issu d'un dispositif original financé au départ par l'AGFIPH – qui en avait abandonné le financement parce que les autistes Asperger étaient trop lon de l'emploi. Voir Pierre Le Hunsec 2005).

Mais la plupart des ESAT sont susceptibles de rejeter des personnes autistes au motif qu'ils ne s'intègrent pas au groupe (en 15 jours de stage ...!!!!). Il y aurait des troubles d'inter-actions sociales chez les personnes autistes que çà ne m'étonnerait pas :). Un moniteur ou un éducateur peut aussi rendre définitivement mutique un adulte Asperger par une remarque inappropriée.

D'autre part, des adultes autistes orientés vers des ESAT peuvent les rejeter car le travail est inintéressant, que les échanges avec les collègues ne correspondent pas à leurs intérêts spécifiques, que le groupe est oppressant pour eux,  qu'il y a une surcharge sensorielle etc ...

Entre parenthèses, je voudrais mettre en garde contre les arguments marketing de nos associations et des dispositifs de l'emploi autism'friendly. Les personnes autistes aimeraient le travail répétitif. Mais un travail de con peut rester un travail peu intéressant (ou vice-versa). Un élément essentiel est que le travail puisse se relier aux intérêts spécifiques de la personne autiste : ainsi, à l'ESAT Le Chalet à Pont-Scorff, l'élément de stabilité est l'intérêt pour les animaux.

Statistiques

 Mais un tableau présenté dans le rapport de la Cour des comptes sur l'autisme est significatif. 43%  des adultes autistes sont en ESAT

© Cour des Comptes

Il est question de 21 500 personnes. C'est la catégorie identifiée la plus importante d'adultes autistes. « Identifiée », car en rapport avec établissement ou service médico-social (ESMS) ou un établissement sanitaire., à l'exclusion des personnes vivant en milieu ordinaire n'ayant aucun accompagnement (mais pouvant bénéficier d'une RQTH et/ou de l'AAH) « Identifiée » dans le sens d'avoir un diagnostic.

La Cour des Comptes a fait le choix de cumuler, dans ses statistiques, les items « autisme » et « psychose infantile » des enquêtes (dites ES-2010, ES-2014, actuellement ES-2018

C'est la seule solution pratique tant que n'aura pas été menée à son terme la mesure 37 du 4ème plan, visant à réévaluer les diagnostics dans les ESMS et le secteur sanitaire.

C'est ce qu'a fait aussi l'ARS de Bretagne et le CREAI Ile-de-France.

A cet égard, il est dommage que les CRA qui ont pratiqué ces réévaluations n'aient pas comparé le résultat de leurs investigations avec les données transmises dans le cadre de ces enquêtes statistiques. Cela aurait permis d'interroger la pertinence de ce cumul.

Les adultes autistes (dont une partie avec déficience intellectuelle associée) sont donc une partie importante des « usagers » d'ESAT – et une partie importante des personnes concernées dans le secteur médico-social et/ou sanitaire.

Inclusion ? Quelle horreur !

Parler d'inclusion ?  Horreur pour les représentants de l'association des directeurs d'ESAT (ANDECAT), qui réagissent à cette mission IGF-IGAS ou lorsqu'ils dénoncent la rapporteuse de l'ONU instrumentalisée par de petites associations de familles souffrantes ou par ke gouvernement qui joue un jeu dangereux.

En n'hésitant pas d'ailleurs à invoquer au passage l'avis des usagers d'ESAT pour lutter contre la politique intégriste d'inclusion de Sophie Cluzel (sic). Une bonne idée au passage, alors que les usagers d'ESAT ne sont pas reconnus comme des travailleurs comme les autres. Le code du travail ne les concerne que pour la partie hygiène et sécurité. Pas de délégués du personnel !

« Les espaces ordinaires ne peuvent pas intégrer des pathologies complexes, on court ici un risque d’exclusion. » Qui vise-t-on ? La déficience intellectuelle ? L'autisme ? Le handicap psychique ? Toutes « populations » se retrouvant dans les ESAT.

Mais si on veut bien se pencher sur l'expérience de l'entreprise Andros, on voit qu'une « pathologie complexe » comme l'autisme (seul un des ouvriers concernés est Asperger et s'exprime donc dans la vidéo sur le sujet) peut intégrer un « espace ordinaire », avec les aménagements adéquats. Cette expérience, commencée avec des dispositifs un peu dérogatoires, continue dans des dispositifs de droit commun, avec un travail en milieu ordinaire à mi-temps et un SAMSAH.

Le milieu ordinaire peut être adapté, mais aussi les ESAT. Or, la plupart du temps, ils n'ont pas de politique d'aménagement en fonction des capacités cognitives, sociales et sensorielles des personnes autistes.

Cela pose le problème éternel de l'importance relative de la spécialisation (en fonction des caractéristiques du handicap) et de la proximité. Si – et à la condition que [« dans la mesure où » disent les sénateurs] – des établissements « polyvalents »/ »généralistes » adaptent leur fonctionnement et leurs locaux aux caractéristiques des adultes autistes, il est possible d'assurer leur accueil et d'éviter l'usure.

A noter : cette réaction des directeurs d'ESAT est assez représentative de l'auto-justification des filières du médico-social, qui amène aussi à ne pas se poser la question de l'emploi pour les personnes orientées vers un foyer de vie (ou "occupationnel", en FAM ou même MAS*). Quand vous avez été orienté à 20 ans ...

Diversifier les métiers

Le groupe de travail n*2 sur les adultes autistes pour la préparation du 4ème plan avait préconisé :

Mesure 5 : Dédier des places en ESAT aux personnes autistes et encourager le développement des Entreprises Adaptées dans les secteurs d’activité porteurs et particulièrement adaptés aux profils et aux compétences des personnes autistes notamment :

  •  Les métiers liés à l'armée et/ou aux forces de l'ordre
  • Traduction-rédaction
  • Animaux-végétaux-nature
  • Art et artisanat : bois, cire, chocolat, tissus
  • Métiers liés à la mécanique : voitures, bateaux, avions, serrures...
  • Métiers des bibliothèques
  • Métiers liés à l’économie numérique et aux nouvelles technologies
  • Métiers de la restauration-hôtellerie
  • Métiers liés au développement durable
  • Métiers liés au secteur de l’autisme

Cette liste de divers métiers a été élaborée à partir des propositions du rapport de Josef Schovanec sur l'emploi des personnes autistes. Si elle a été faite d'abord dans l'idée d'emplois en milieu ordinaire (dont les entreprises adaptées), on peut s'en inspirer aussi pour des ESAT correspondant aux capacités cognitives et aux intérêts des personnes autistes.

Cette proposition n'a pas été retenue dans le cadre du 4ème plan. Il n'est question que d'emploi accompagné [= en milieu ordinaire]. Or, cette proposition correspondait à une première étape pour permettre l'emploi dans des entreprises classiques. Il s'agit de valoriser les compétences possibles des adultes autistes, pour diversifier leurs possibilités d'emploi.

A cet égard, le dispositif mis en place par le Ministère des Armées avec l'association AFG Autisme va permettre cette valorisation**.

Un levier pour faire évoluer les pratiques

La « fiche de consensus » mentionnait une mission assurée par le CRA Nord Pas de Calais et financée par l'ARS (financement reconduit depuis) :

Développement d’une mission de coordination régionale pour l’insertion professionnelle des adultes avec TSA par le CRA NdPC

Dans le cadre du programme autisme régional de l’ex-région Nord Pas de Calais, une mission de coordination régionale pour l’insertion professionnelle des personnes avec autisme a été confiée au CRA. Une chargée de mission insertion professionnelle, financée par l’ARS, a été recrutée, dans le cadre d’une expérimentation de 3 ans qui s’achèvera en mars 2018. Ce poste requiert une double expertise : sur l’autisme et sur la connaissance des réseaux de la formation, de l’insertion et du soutien à l’emploi dans les milieux ordinaires et spécialisés.

Les objectifs de cette mission sont de :

  • Repérer et valoriser les solutions d’accès à l’emploi (notamment en réalisant une cartographie/base de données),
  • Accompagner les projets innovants (appui technique, mise en lien des partenaires…)
  • Coordonner les parcours (60 personnes actuellement en suivi, en file active)
  • Animer les réseaux du milieu ordinaire et spécialisé (groupes de travail, conférences…)
  • Information, sensibilisation et formation (autisme et emploi, job coaching) à destination des milieux spécialisés ou ordinaires.

Certes, le 4ème plan (mesure 23) prévoit le « doublement »*** des crédits de l'emploi accompagné. Des postes de ce type devraient être généralisés dans chaque région, à mon avis (que je ne suis pas seul à partager), et ils pourraient être financés au titre de l'emploi accompagné. Mais l'intérêt du financement dans les Hauts-de-France, c'est qu'il s'intéresse aussi à l'emploi en milieu spécialisé (ESAT donc) et à l'insertion professionnelle (comme le dispositif Pass P'As). Qu'un CRA en soit porteur est un atout.

Pour résumer

  • il y a beaucoup d'adultes autistes dans les ESAT ;
  • il est nécessaire de les identifier pour améliorer leur accompagnement ;
  • les ESAT doivent apprendre à s'adapter aux capacités cognitives, sociales et sensorielles de leurs usagers autistes ;
  • les emplois peuvent être diversifiés ;
  • il y a des possibilités d'évolution vers le milieu ordinaire ;
  • il faut créer un dispositif pour impulser l'évolution des emplois proposés, tant en milieu ordinaire qu'en milieu spécialisé.

Bibliographie du CRA de Bretagne sur l'emploi

Insertion professionnelle - rapport du groupe de travail (CRA de Bretagne)

* je sais que c'est exceptionnel, mais je pense à mysterio qui au bout de 10 ans d'errance n'avait trouvé de lieu d'accueil qu'à la MAS de Saint-Sétiers en Corrèze. Après avoir exercé des activités de type professionnel dans une boucherie (intrépide le boucher) et dans le dépôt de pain du village, il sert les cliens aujourd'hui dans un ESAT "hors les murs" et vient d'avoir son permis de conduire.

** Il ne faut pas trop se fixer sur l'étiquette Asperger, car les compétences des adultes autistes ne sont pas réservées à ce diagnostic.

*** c'est un affichage : comme il n'y avait pas de crédits d'emploi accompagné spécifiquement orientés vers les personnes autistes, c'est un doublement à partir de rien. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne s'agisse pas d'un effort significatif.

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