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"Au bonheur d'Elise"
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5 septembre 2014

Assister les élèves ayant des troubles de comportement : défis de l'accompagnement scolaire individualisé, FRANCE

article publié sur Handiplanet echanges

  • Enfance : Intégration scolaire
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Malena Bastias le 30/07/2013

Une sociologue a été amenée à travailler en tant qu'AVS dans le cadre du programme national d'inclusion scolaire dans les classes « Ulis »: son expérience lui a permis de vivre les défis du soutien scolaire individualisé avec un élève de 6ème (collège).

1. Contexte : Le programme « Mission académique pour la scolarisation des élèves ayant un handicap »

L'an dernier, je faisais partie de la Mission programme académique à la scolarisation des élèves en situation de handicap, qui dépend du Rectorat de Paris. Mon rôle comme AVS [Assistante de Vie Scolaire] était d'accompagner un élève de 6ème [collège] ayant des « troubles de comportements ». Je l'accompagnais dans son collège de secteur dans le 13ème arrondissement (Paris) et dans un dispositif ULIS qui réunissait, dans une autre école, différents élèves ayant des caractéristiques similaires.
Sociologue et actuellement étudiante à Paris (Master patrimoine culturel), j'ai travaillé dans le domaine des politiques publiques. J'ai intégré ce programme suite aux conseils d'une amie qui avait fait le même travail l'année précédente. Ils m'ont appelé pour un entretien par le programme du Rectorat qui recrute chaque année des personnes différentes, d'origines distinctes pour accompagner, au cours de la journée scolaire, des élèves avec différents types de handicaps.

Le programme met l'accent sur les élèves en école primaire, au collège et au lycée, ayant différents types de handicap : psychique, moteur, d'apprentissage...
L'an dernier, ont été embauchées environ 150 personnes à Paris et beaucoup d'entre eux ont eu à accompagner plus d'un élève.
Le programme s'engage à offrir aux élèves ayant un handicap un accompagnement pour quelques heures ou la totalité des journées scolaires. Le nombre d'heures est décidé entre le programme, les familles et les écoles. L'idée est de créer les conditions pour intégrer dans des collèges « normaux » des élèves ayant un handicap. C'est, à mon avis, une double intégration : celle de l'élève en question, mais en même temps celle du reste de la classe qui a la possibilité de vivre avec différents types d'enfants et de jeunes.

2. L'objectif : adapter l'inclusion scolaire

L'objectif était d'intégrer au mieux l'élève aux différents espaces auxquels il participait. Il fréquentait le collège d'une part, un groupe de travail dans une autre école d'autre part, ainsi qu'un Centre de Soins (où je ne l'accompagnais pas). Dans cette variété d'espaces, mon rôle consistait à l'aider dans la continuité du contenu, la concentration sur les cours et la gestion de son comportement.
Fondamentalement, j'espérais établir une confiance avec l'élève qui me permettrait de le soutenir et d'aller de l'avant en ce qui concerne son intégration scolaire. Du côté de sa famille, il me semble que leurs attentes allaient davantage du côté de  la gestion des difficultés de concentration de l'élève, et de pouvoir établir un dialogue avec lui dans les heures où ils n'étaient pas présents. Et de la part de l'élève, il n'y avait pas beaucoup d'attentes, étant donné sa résistance initiale face à l'accompagnement, bien marquée au commencement.
Personnellement, celle-ci étant ma première expérience, mon objectif était de comprendre la dynamique qui existe entre l'élève, l'accompagnant et le milieu scolaire. Un point important a été également l'établissement d'un lien de confiance avec l'enfant, question dont je pense qu'elle était essentiel dans ce rôle.

Je pense que l'une des craintes centrales que j'ai eu avant que ce projet était qu'il était un enfant ayant des problèmes de concentration et de comportement à l'école, qui, depuis son enfance, avait une scolarité partielle de l'école, car il combinait ses jours entre l'école et le « centre de soins ». En ce sens, j'avais peur - et c'est ce qui est finalement arrivé en grande partie, que mon travail porterait plus sur le contrôle de son comportement que sur un soutien réel pédagogique et sur l'inclusion scolaire. J'ai senti que ceci a entravé notre relation, puisque, plus que l'établissement d'une relation de travail commun, l'élève m'a souvent vue comme un personnage qui était là pour le modérer et le contrôler.

3. Accompagnement pédagogique : une relation de confiance malgré le contrôle

L'accompagnement a commencé au début de l'année scolaire 2011 et a été prolongé jusqu'à fin juin 2012. Pendant cette année scolaire, le projet consistait à accompagner cet élève de 6ème présentant des troubles de comportement et de concentration pendant les cours.
Au début, je l'ai accompagné principalement à l'école, à laquelle il assistait seulement à certains cours ; nous allions ensemble aux classes et j'essayais qu'il suive le fil du contenu des cours et la dynamique de travail, c'est-à-dire que je lui expliquais les contenus qu'il ne comprenait pas, l'aidais à faire les devoirs donnés par l'enseignante, et une grande partie de mon travail consistait à tenter qu'il garde son calme et maintienne son intérêt pour le cours. Nous n'avions pas d'espace de travail en dehors de la salle de classe. Dans ce contexte, mon lien principal était la CPE [Conseillère principale d'éducation], avec qui nous effectuions des bilans périodiques de l'élève. Par la suite, l'élève s'est joint, deux demi-journées par semaine, au dispositif « Ulis »* dans une autre école, un programme également mis en place par le Rectorat, afin de réunir des enfants de conditions similaires afin qu'ils puissent effectuer un travail commun. Ce groupe était coordonné par une professeure référente avec qui nous organisions des activités et réalisions des bilans avec l'élève, les autres AVS et les familles. Bien que cet espace échappait aux conditions habituelles d'un collège, je pense que c'était un bon espace pour l'intégration et le travail pour tous.
["unités localisees pour l'inclusion scolaire", c'est-à-dire des unités situées pour l'inclusion scolaire, qui permettent d'accompagner, dans un collège ou un lycée général, un groupe de personnes ayant un handicap similaire]

Je dirais qu'il s'est agit d'un fonctionnement cyclique, c'est-à-dire qu'au départ il y avait beaucoup de résistances de la part de l'élève à être accompagné dans les classes, se sentant différent et surveillé. Mais avec le temps nous avons fait connaissance et établi certaines routines de travail ; il était régulier que l'étudiant souhaite se 'débarrasser' de ma présence et de mon assistance. Le travail d'intégration scolaire était encore plus difficile, étant donné que l'élève avait très peu d'heures de présence au sein de la routine générale de l'école, empêchant ainsi le suivi des cours et augmentant sa déconcentration. Cette fréquentation irrégulière était due au fait que les journées scolaires de l'élève étaient divisées entre le collège, un centre d'apprentissage, et l'Ulis ; ainsi, l'enfant fréquentait l'école seulement deux demi-journées par semaine, ce qui fait que son suivi du contenu des cours et de la dynamique de travail en classe était beaucoup plus difficile, favorisant sa décconcentration puisqu'il avait toujours du retard sur les contenus.

4. Les moyens : des formations particulières, un travail solitaire et des réunions

Du point de vue humain :
Le Rectorat a organisé une série de formations afin de faciliter notre travail. Cependant, ces formations étaient plus orientés sur le travail avec des personnes ayant un handicap physique ou mental, ce qui, dans mon cas, n'était pas du tout utile. C'était un travail en solitaire ; il y a eu quelques réunions de PPS (Programme personnel de scolarisation) où tous les professionnels présents autour de l'élève intervenaient. Puis, avec les travaux de l'Ulis, nous avons travaillé davantage en équipe.
Du point de vue financier :
C'était un CDI signé avec le rectorat à temps partiel au salaire minimum [au prorata des heures].
Du point de vue technique et matériel :
Ce sont toujours les possibilités techniques (salle) de l'école qui ont été utilisées pour l'accompagnement.

5. Évaluation : comprendre un système, permettre l'inclusion - un modèle plus ambitieux nécessaire

Cette expérience a signifié un grand apprentissage [me concernant] sur le milieu scolaire et la dynamique des élèves. Bien que je pense que nous avons avancé dans la relation avec l'élève, pour moi, il a été très difficile de lui apporter pour intégration scolaire véritable, en raison de sa présence limitée dans l'école. Dans cette première année, je pense que la réalisation des objectifs a été partielle.

Je pense que tant pour la famille que pour le collège, la satisfaction principale était de savoir que leur enfant/élève pouvait compter sur un soutien constant pendant ses heures de classe, et qu'au sein de son habitude limitée d'étudier et d'avoir une dynamique scolaire, il serait en mesure de développer certaines activités encadrées d'une meilleure façon dans le contexte. Pour le jeune en revanche, je pense que les satisfactions ont été plutôt réduites, sauf pour la possibilité de partager avec ses camarades, puisqu'être accompagné lui assurait de pouvoir fréquenter le Collège.

Je pense que le principal changement que j'ai pu voir a été qu'il comprenne que, à certains moments, la présence d'un accompagnant pouvait lui être utile, qu'il comprenne qu'il y avait certaines obligations, devoirs et droits à l'intérieur de la classe. Bien qu'il n'ait jamais complètement accepté le programme, les relations se sont améliorées. En considérant que l'objectif de ce programme est l'intégration de l'enfant en milieu scolaire, que l'enfant se sente, et que son entourage le voie capable de réaliser des journées scolaires dans sa totalité, il est très difficile d'obtenir un changement en ayant seulement une fréquentation partielle au Collège. Je pense que l'évolution souhaitable dans ce programme est que les enfants ayant des problèmes de comportement s'intègrent au collège pour un nombre d'heure maximal, ce qui leur permettrait un suivi plus large des contenus et surtout de s'intégrer davantage à l'expérience et la routine de la vie scolaire. Il est difficile pour eux de gérer, dans ce cas, trois lieux différents avec différentes méthodologies et différents contenus. Pour cette raison également, des heures de soutien renforcé à l'extérieur de la salle de classe pourraient être envisagées, pour permettre à ces enfants d'arriver mieux préparés au moment de la classe.

Langue d'origine : Espagnol

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4 septembre 2014

Scolarisation des autistes: l'affiche ... Au-delà de nos différences !

autistes scolarisation

4 septembre 2014

La rentrée des mamans d'enfants handicapés

article publié sur Vivre FM

Jeudi 04 Septembre 2014 - 17h47

Rentrée scolaire

Après le premier jour de classe de l’année, des auditrices de Vivre FM nous ont appelés pour nous raconter la rentrée de leur enfant en situation de handicap, et pour certains leur « non-rentrée » puisqu’il manquait des places ou des AVS pour les accueillir. Revue de rentrée


Virginie (Maine et Loire) a trois enfants autistes, l’ainé à cinq ans et les deux autres sont des jumeaux. L’ainé devait aller à l’école conformément à ce que l’Equipe de suivi de scolarisation avait décidé en février dernier. Mais en aout, surprise ! L’Education Nationale décide de changer les plannings de Matteo et patatras tout le programme bien réglé des rééducations s’effondre (il suit des rééducations via la méthode ABA).

 

A Lyon, une mère a voulu accompagner son fils au collège où il était scolarisé l’année dernière, mais le collège lui a refusé l’entrée. La MDPH a orienté le jeune vers un établissement spécialisé, mais la famille a déposé un recours contre cette orientation. Le jeune s’est donc présenté mardi matin devant son collège. Il a trouvé les grilles fermées et le principal du collège a refusé de le laisser entrer. Du coté de l’inspection académique on affirme que le recours n’a pas été dispensé et que le jeune doit aller en établissement. « Il a 15 ans et demi, il va bientôt atteindre la limite d’obligation scolaire, il faut penser à son avenir » explique le directeur adjoint de l’inspection académique du Rhône.

Voir notre vidéo :


 

Magali à Marseille raconte que son fils Yann (porteur d’une maladie génétique orpheline) n’a pas d’AVS pour la rentrée : le collège refuse. L’enfant a un corps fragilisé par un manque de collagène et doit être assisté au quotidien. Magali a alerté les politiques pour trouver une solution, elle a même réussi à trouver quelqu’un pour ce travail, mais l’établissement refuse de recruter. Yann est resté à la maison.

 

A Saint Denis (93) Lynda a une fille autiste de 8 ans. Elle avait trouvé elle aussi un AVS pour elle, mais l’auxiliaire est tombée malade pendant l’été. Pour pouvoir scolariser sa fille, Lynda a proposé d’être l’AVS de sa fille, mais l’éducation a refusé. Elle a trouvé une candidate, mais il faut maintenant attendre que Pole Emploi et L’Education Nationale finalise le recrutement. En attendant, l’enfant n’a pas fait que le premier jour de rentrée.

 

A Lyon, Isabelle a trois enfants. Elias l’ainé est atteint d’autisme et d’épilepsie. Il est accueilli dans un Centre éducatif médical. L’établissement accueille les enfants de 6 à 12 ans et a accepté de garder Elias qui a maintenant 13ans. Ses parents cherche un lieu pour accueillir leur fils devenu adolescent, mais dans la région lyonnaise il manque de place pour accueillir les enfants handicapés. La place qu’ont trouvée les parents est dans un établissement où il y a une file d’attente de 60 familles…

 

Vincent Lochmann

3 septembre 2014

Pas d'AVS : Mise en demeure de l'Inspection d'Académie de respecter la notification de la CDAPH

02/09/2014

article publié sur le site de la Délégation départementale APF de Vendée (85)

Si le jour de la rentrée l'AVS n'est pas présente auprès de votre enfant, agissez sans attendre !

La CDAPH (Commission des Droits et de l'Autonomie) a reconnu que votre enfant a besoin d'être accompagné d'un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) pour sa scolarité en milieu ordinaire, mais l’Éducation Nationale ne respecte pas ou seulement partiellement la notification.

L’Etat est tenu d’une obligation d’offrir à l’ensemble des enfants une prise en charge éducative adaptée à leurs aptitudes et à leurs besoins, notamment par le biais d’aides humaines. Il s’agit d’une obligation de résultat comme le rappelle la circulaire du Ministère de l’Education nationale n°2009-135 du 5 octobre 2009 « l’Etat a, en matière de réponse aux besoins d’accompagnement scolaire des enfants handicapés, une obligation de résultat ».

C’est l’Etat, par le biais de son Ministère de l’Education Nationale et plus spécifiquement du Directeur Académique des services l’éducation nationale (DASEN), qui a l’obligation de recruter les auxiliaires de vie scolaire ou d'en autoriser le recrutement pour les établissements privés. Cela est d’ailleurs confirmé par la circulaire du ministère de l’éducation n° 2004-117 du 15 juillet 2004.

Aussi, en l'absence d'AVS, ou de présence partielle, vous pouvez mettre la DASEN en demeure d'appliquer la notification de la CDAPH. Celle-ci dispose de deux mois pour  exécuter la décision de la CDAPH, ou répondre par un refus d'appliquer la décision. 

En cas de refus, ou en cas de silence pendant deux mois valant refus, vous pourrez engager une procédure devant le tribunal administratif, via une requête en référé suspension. Bien entendu, nous pourrons vous accompagner dans cette démarche en vous proposant notamment la rédaction des requêtes, et une assistance pour plaider devant le tribunal.

Nous vous proposons donc des modèles de mise en demeure :

- en cas d'absence totale d'AVS

- en cas d'absence partielle d'AVS quantifiée

- en cas d'absence partielle non quantifiée

- copie au Préfet, représentant de l’État

Parallèlement vous pouvez alerter différents acteurs :voir ici

N'hésitez pas à nous signaler la situation de votre enfant : nous déciderons ensemble des suites à donner (cliquez ici)

3 septembre 2014

Des enfants autistes privés d'école dès la rentrée

mercredi 3 septembre 2014

Les années se suivent et se ressemblent pour les enfants autistes et leurs parents. A chaque rentrée, un problème surgit, beaucoup n'en parlent pas, et d'autres se contentent de la petite musique étatique assurant que tout va bien. Mardi des parents se sont réunis à Bandol autour de l'association Autisme PACA pour évoquer la situation de leurs enfants.autisme Laurent et Magali Quercioli, parents de Sasha en grande section à l'école Octave Maurel à Bandol: "nous avons eu une notification de la MDPH* cet été nous donnant droit à une Auxiliaire de Vie Scolaire. On ne voyait rien venir, on appelle non sans mal l'inspection d'académie et on s'entend répondre qu'il n'y avait plus d'argent pour financer les AVS". En clair Sasha se retrouve dans l'impossibilité d'aller à l'école, car sans avs la scolarisation n'est pas possible: "on vit dans une société inhumaine. On devrait protéger les plus faibles, les plus vulnérables et on fait tout le contraire. Toutes les études démontrent qu'une scolarisation en milieu ordinaire est bénéfique pour les enfants autistes, pourquoi leur enlève-t-on cette chance? Que je sache on ne guérit pas tous les cancers mais on les soigne tous? Pourquoi ne pas laisser une chance à nos enfants?" Point de vue partagé par Géraldine Galvez, mère d'une petite Louison sans AVS à l'école Sainte Geneviève d'Ollioules: "le problème ne vient pas de l'établissement qui est totalement pour l'inclusion mais du mic-mac de l'administration. Tout le monde se renvoye la responsabilité. C'est pas la faute de l'éducation nationale, ni de la MDPH, mais de qui alors?" Même souci pour Béatrice Long, maman d'un petit Alexandre ou encore de Valérie Agostino qui a eu plus de chances puisque son cas a été résolu mardi en fin d'après-midi.
Jean-Marc Bonifay, président d'Autisme PACA rappelle que la scolarisation de tout enfant âgé de 6 à 16 ans est obligatoire en France quelque soit sa situation: "Le Conseil d'Etat reconnaît ainsi que la privation de toute formation scolaire adaptée pour un enfant, notamment s'il souffre d'un handicap constitue une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. De même la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées précise que l'enfant doit être scolarisé dans une école de son quartier". En septembre 2013 la France a ainsi été condamnée par le Conseil de l'Europe qui reproche au gouvernement d'avoir intégré trop peu d'enfants autistes dans les écoles.
Car la réalité est cruelle, les parents doivent batailler à chaque rentrée, et que leur reste-il: "si notre problème n'est pas résolu, nous déposerons un recours, et nous gagnerons automatiquement. Mais on aura perdu près de 2 mois, sans que nos enfants aient pu aller à l'école" déplore  Laurent Quercioli. Or ces enfants ont besoin de repères et de sécurité, et outre le retard accumulé avec le manque de ces semaines d'école, ils seront dans une situation délicate pour s'intégrer. Un sentiment d'injustice et de révolte animent les parents: "cela a des conséquences sur nos vies de familles", certains ont arrêté de travailler, d'autres doivent trouver des solutions dans l'urgence, mais aussi expliquer la situation à leur enfant: "comment inculquer des valeurs positives, d'intégration à nos enfants alors que tout laisse à penser qu'on ne veut  pas d'eux". Jean-Marc Bonifay ajoute: "on ne reproche rien à l'inspection d'académique du Var qui a montré une volonté d'inclusion ni aux établissements scolaires, car on sait la difficulté pour une enseignante d'accueillir et d'intégrer un enfant autiste sans AVS, c'est voué à l'échec. Mais qu'on avance ce manque de moyens montre que notre société tourne à l'envers, d'autant plus que chaque année on vit ce type de situation. Et l'absence d'AVS est une problématique plus large qui ne se limite pas aux seuls autistes".
L'autre cruelle réalité pour les parents réside aussi dans le manque de choix: "en clair si notre enfant n'est pas scolarisé, on n'a que les IME, les hôpitaux de jour qui ne proposent pas ou peu d'apprentissage, et qui mélangent les différents handicaps. Ces structures ne sont pas adaptés pour nos enfants, et on les condamne définitivement à ne plus jamais s'intégrer en milieu ordinaire". Car à la différence d'autres pays, la France reste dans un immobilisme coupable; Pour obtenir un diagnostic, il faut déjà attendre 1,5 à 2 ans, si on a de surcroît la chance d'être bien orienté.  Ensuite si les parents font le choix d'une prise en charge dans le libéral  comme la loi  le permet, la majeure partie des soins restent à leur charge. Jean-Marc Bonifay précise: "cela devrait être financé à partir du moment où on a des méthodes et professionels recommandés par la Haute Autorité de la Santé". Paradoxalement la psychiatrie étatique et médico-sociale qui coûte beaucoup plus cher est prise en charge "sur nos impôts alors qu'on trouve parfois des pratiques non recommandées par la Haute autorité de santé comme la psychanalyse et le packing". Bref, un constat peu glorieux pour notre société, loin des beaux principes d'égalité. Une réalité difficile à vivre et à accepter pour ces parents et ces enfants qui n'ont plus que le levier médiatique pour faire réagir les autorités compétentes, avant le tribunal... mais que de temps perdu et de combats inutiles pour ces enfants, Géraldine Galvez concluant: "on passe nos journées au téléphone et pour avoir un interlocuteur c'est une mission quasi impossible. C'est épuisant, tout cela ajoute de la douleur à notre quotidien qui n'est déjà pas simple".

A noter que l'association nationale Vaincre l'Autisme a lancé une pétition liée à la scolarisation et afin de dénoncer "la discrimination étatique et institutionnelle, l’exclusion sociale et les inégalités de traitements dont sont victimes les enfants autistes et leurs familles". Informations sur ce lien: http://www.change.org/p/claude-bartolone-ouvrons-leur-les-portes-de-l-%C3%A9cole-pour-l-adoption-d-une-l%C3%A9gislation-adapt%C3%A9e-pour-mettre-fin-aux-d%C3%A9fauts-de-soins-d-%C3%A9ducation-et-de-scolarisation-caract%C3%A9ris%C3%A9s#share

Une vidéo parlante sur le sujet: https://www.youtube.com/watch?v=co0OSa10efw&feature=youtu.be

D.D

*Maison départementale des personnes handicapées

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3 septembre 2014

La Madeleine : auxiliaire de vie scolaire, elle ne sait toujours pas qui elle accompagnera

article publié dans La Voix du Nord

Publié le

AGATHE VILLEMAGNE

Corinne entame sa troisième rentrée au collège Saint-Jean. Il y a deux ans, voyant ses enfants déjà grands, elle a décidé de reprendre le chemin du travail, ou plutôt de l’école, en tant qu’auxiliaire de vie scolaire. À l’heure actuelle, Corinne ne connaît que le nom de son établissement.

Mais cette rentrée, elle ne l’attaque pas du bon pied. En effet, à la veille du jour J, elle ne connaît ni son emploi du temps, ni même l’élève avec qui elle passera les dix prochains mois...

« J’ai très mal dormi », lâche l’auxiliaire de vie. Sa rentrée et celle de ses enfants lui offraient déjà une dose de stress largement suffisante, pourtant elle devra se lancer à l’aveugle. « Les années précédentes, j’avais été avertie de qui j’allais m’occuper à l’avance. Il est essentiel de connaître le niveau de l’enfant et, bien sûr, son handicap. On ne gère pas de la même façon un élève autiste, handicapé moteur ou dysorthographique. »

Il se pourrait même que la surprise soit double, et que Corinne accompagne deux élèves… L’information est coincée quelque part : elle aurait dû être transmise à la direction par un enseignant référant actuellement en arrêt.

Improvisation

Puisque son contrat de 12 heures par semaines démarre en ce jour de rentrée, Corinne a décidé d’improviser : « Je vais accompagner la jeune fille que je suivais l’année dernière en attendant d’en savoir un peu plus. On s’entend très bien toutes les deux ! »

La jeune élève de quatrième ne sait pas non plus qui la suivra et souhaite à tout prix garder Corinne auprès d’elle. « Nous avons trouvé un équilibre, explique Corinne. C’est compliqué de trouver sa place, avec les copines, les professeurs… Bien sûr, en un an les liens se sont renforcés, d’autant plus que je fais parfois office de tampon face aux moqueries des camarades. »

Pas la meilleure période

Comme pour les élèves, la rentrée est difficile pour Corinne qui avoue sans détour retourner au collège à reculons. Les circonstances actuelles n’arrangent rien, mais n’expliquent pas tout. « Le collège n’a pas été la meilleure période pour moi. C’est toujours délicat d’y retourner. Je suis certaine que je serais beaucoup plus à l’aise avec des enfants plus petits, en école primaire ou maternelle. »

Mais le choix de son affectation ne lui appartient pas. Alors, en attendant de pouvoir changer d’établissement, entre la prise de notes, le soutien scolaire et moral, Corinne se consacrera pleinement à son ou ses élève(s). Lorsqu’elle en connaîtra le nom...

Qu’est-ce qu’un AVS-m ?

Depuis 2012, les AVS-m (mutualisés) comme Corinne interviennent auprès d’élèves qui ne nécessitent pas une attention permanente et soutenue. Ils ont été mis en place pour faciliter l’intégration d’enfants handicapés dans des établissements standards.

2 septembre 2014

Vidéo - Le Grand Jour - Association Vaincre l'Autisme

L’éducation est un droit universel.

2 septembre 2014

Najat Vallaud-Belkacem : mieux accompagner les élèves handicapés

article publié sur Vivre FM

Mardi 02 Septembre 2014 - 09h50

Rentrée scolaire

Najat Vallaud-Belkacem poursuit l'action de ses prédécesseurs pour la scolarisation des élèves handicapés. Avec la réforme attendue des Clis (primaire) et des Ulis(secondaire), la professionnalisation des accompagnants et l'entrée en vigueur du Plan d'accompagnement personnalisé, la Ministre veut "mieux accompagner les enfants handicapés".

La nouvelle Ministre de l'Education Nationale veut améliorer la scolarisation des élèves handicapés
La nouvelle Ministre de l'Education Nationale veut améliorer la scolarisation des élèves handicapés

"Mieux accompagner les élèves en situation de handicap" c'est l'intitulé du chapitre "handicap" de la rentrée de Najat Vallaud-Belkacem.

Les avs deviennent les AESH

La nouvelle Ministre revient sur l'action engagée par son prédécesseur pour le recrutement et la professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire: les contrats sont pérénisés. Au passage les AVS changent de nom et deviennent les Accompagnants des élèves en situation de handicap. (AESH)

Le dossier de presse précise : "Les fonctions d’accompagnant des élèves en situation de handicap peuvent, être confiées aux accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), lesquels remplacent les auxiliaires de vie scolaire recrutés par contrat d’assistant d’éducation (AED-AVS). Les AESH sont des agents contractuels de l’État recrutés par contrat de droit public. Le contrat est d’une durée maximale de trois ans, renouvelable dans la limite de six ans. Au terme de six années continues d’engagement, les AESH ne peuvent être reconduits qu’en contrat à durée indéterminée (CDI). Au 1er septembre 2014, sur les quelque 28 000 AESH, 23 300 bénéficient d’un CDD avec la perspective de pouvoir bénéficier d’un CDI au terme de six années en cette qualité, et 4 700 auront pu bénéficier d’un CDI. 350 AESH sont crées."

Vers une réforme des CLis et des Ulis

Le ministère annonce une réforme de ces dispositifs. On pourrait aller vers un système qui donne plus de temps en classe ordinaire pour les enfants, les enseignants se voyant confier un rôle de coordination et de soutien en lien avec les enseignants "ordinaire" des écoles collèges et lycées. De ce fait les Classes pour l'inclusion scolaire (CLIS) pourraient devenir aussi des ULIS (Unité localisée pour l'inclusion scolaire), un changement de nom qui indique que les enfants seraient d'abord en classe ordinaire avec un soutien par l'ULIS. Le ministère indique que "Une circulaire présentant le nouveau fonctionnement des Ulis est prévue, pour une publication avant la fin de l’année 2014".

Préciser les conditions de mise en oeuvre de l'acompagnement

La ministre indique que les différents "plans" qui contractualisent les conditions de l'accueil des élèves handicapés à l'école (accompagnement, temps de scolarisation, remédiation,...) seront redéfinis. De fait les difficultés rencontrées par les familles sur le terrain pour l'application des Plans personnalisés de scolarisation (PPS) en particulier necessite des directives claires de la part du ministère pour sortir des ambigités et des situations tendues rencontrées un peu partout. Et enfin pour permettre une réponse rapide à des élèves présentant des difficultés scolaires en raison d'un handicap le Plan d'accompagnement personnalisé devrait permettre des adaptations pédagogiques. Voir notre article sur le PAP.

 

Vincent Lochmann

1 septembre 2014

Vaincre l'Autisme lance une pétition contre l'exclusion scolaire des enfants autistes

Ouvrons-leur les portes de l'école : pour l’adoption d’une législation adaptée pour mettre fin aux défauts de soins, d’éducation et de scolarisation caractérisés.

 

tiret VIVRE FMcliquez sur l'image pour accéder à la pétition

 

Le grand jour vaincre l'autisme contre l'exclusion scolaire

31 août 2014

Ségolène Neuville invité de Vivre FM Jeudi 4 septembre 2014

C'est la rentrée sur Vivre FM ! 

Alors que le gouvernement vient de changer, les Ministres qui restent ont-ils la possibilité de travailler ? La Secrétaire d'état en charge du handicap a été maintenue, mais Ségolène Neuville devra faire face, comme les autres, à la contestation qui monte. Les élèves handicapés reprennent le chemin de l'école ce mardi avec les autres. Le nouveau plan d'accompagnement personalisé se met en place pour apporter une réponse rapide à leurs besoins.

L'Invité de la Rédaction, jeudi 4 septembre 2014, à 8 heures

29 août 2014

Un problème d'AVS ou AESH à la rentrée ? Magali nous dit comment procéder ...


Pour ceux dont l'inspection d'académie ne fournit pas d'AVS alors que celle-ci est notifiée par la MDPH : voici un courrier type de mise en demeure à leur envoyer en accusé/réception, le jour-même correspondant à la date de notification de l'AVS par la MDPH.
http://blogs.lexpress.fr/the-autist/files/2013/09/mise-en-demeure-EN.pdf

avs scolarité schéma Magali Pignard

4 août 2014

L'histoire du jour : Julian, "boule de tendresse"

04/08/2014 à 05:30

Élise Cheval envisage de quitter Châtenois-les-Forges pour s’installer à Saint-Nazaire. En Loire-Atlantique, elle bénéficierait de la prise en charge intégrale d’une méthode de traitement pour son fils autiste Julian, âgé de cinq ans.

Julian, 5 ans, un enfant pas si différent des autres. Photo DR

Julian, 5 ans, un enfant pas si différent des autres. Photo DR

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ELLE a décidé de tout « plaquer » : le Territoire de Belfort où elle est née, Châtenois-les-Forges où elle a sa maison, qu’elle s’apprête à mettre en vente. Elle a fait le choix de s’éloigner de sa maman dont elle est si proche, de ses amis. Elle se dit « prête à tout ». Prête à changer de vie pour en soutenir une autre, celle de Julian, son fils autiste âgé de 5 ans.

Son « Juju », sa frimousse, sa « boule de tendresse » pour qui elle a déjà consenti de nombreux sacrifices qu’elle juge naturels de la part d’une mère. Élise Cheval a abandonné un poste d’assistante de direction dans la restauration, puis un emploi à temps partiel pour s’occuper pleinement de son fils. Pour boucler des fins de mois parfois difficile, malgré la pension versée par son futur ex-mari, elle effectue quelques extras pour le compte d’un traiteur. « Il n’y a pas une journée où je ne stresse pas. J’ai souffert d’ulcères à l’estomac, je fais des crises d’angoisse, de l’hypocondrie », précise-t-elle.

Julian avait trois ans lorsqu’il a été diagnostiqué autiste sévère. À l’époque, la jeune maman opte pour la méthode ABA (Applied Behavior Analysis ou analyse appliquée du comportement) qui nécessite un budget de 423 à 517 euros par mois. Le coût d’un comportementaliste payé 47 euros de l’heure. La méthode ABA n’étant pas reconnue par la Haute autorité de la santé, ce genre de traitement n’est pas remboursé par la Sécurité sociale alors qu’Élise Cheval estime qu’une quarantaine d’heures hebdomadaires seraient nécessaires pour une réelle efficacité. Bien loin de ses moyens, d’autant plus qu’il faut aussi s’occuper d’Hugo, le grand frère solidaire âgé de 9 ans. « La situation n’est pas toujours simple pour lui, qui a parfois l’impression d’être délaissé. Mais il a acquis une grande maturité et je peux compter sur lui ».

« Il ne parle pas mais il sait se faire comprendre »

Elle avait projeté d’installer un module devant son domicile afin d’accueillir d’autres petits autistes. Aucune aide ne lui a été accordée. Elle a donc pris personnellement une partie des choses en main, patiemment, sans relâche. Elle fait travailler Julian « à table », encourage ses efforts, les récompense. Des séances chez un orthophoniste et une psychomotricienne stimulent parallèlement l’enfant.

« Il n’a pas encore acquis la propreté. Il ne parle pas mais il sait se faire comprendre », constate sa maman, qui a relevé de considérables progrès au cours des derniers mois, qu’elle attribue à l’ABA : « Auparavant, il déjeunait debout en se tapant les mains. Désormais, il mange assis et diversifie son alimentation. On peut maintenant aller au restaurant, je n’ai pas honte d’avoir un fils porteur d’un handicap ». Terminé le régime à base de röstis, frites, cancoillotte. Julian se laisse désormais tenter par une tranche de jambon, du fromage par petits morceaux et même des salsifis.

À l’aise sur le trampoline

Julian court, se dépense comme n’importe quel enfant. Dans la nature, mais aussi dans sa chambre où un trampoline a été installé, où il se sent si bien, où la parole semble parfois si proche de franchir le barrage de ses lèvres. Les fonctions de l’Ipad, il maîtrise, tout comme celles du téléphone portable. « Quand j’ai un problème, je lui demande », sourit Élise Cheval. Devant la télévision, il se passionne pour les émissions, notamment les interviews en anglais. Une langue qu’utilise avec parcimonie sa maman pour le faire agir ou réagir.

Grâce à un financement de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) pour un auxiliaire de vie scolaire individuel (Avsi), Julian a pu intégrer l’école maternelle Françoise-Dolto à Châtenois-les-Forges, durant ces deux dernières années, mais seulement deux matinées par semaine. Le 10 avril dernier, une notification préconisait une orientation de l’enfant vers le Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) Hisseo de Roppe, en semi-internat, à l’IME (Institut médico-éducatif) de Chambourcy (78) qu’Élise Cheval avait sollicité -sans succès- ou un autre établissement de ce type. Le recours déposé ayant reçu un avis favorable, Julian effectuera bien la rentrée en maternelle moyenne section dans son village.

Peut-être pas pour longtemps. Car la jeune femme a multiplié les contacts, les démarches pour obtenir une prise en charge élargie et intégrale du traitement. Après avoir subi jeudi la désillusion d’un refus dans une structure ABA à Lyon, sur un dossier pourtant bien engagé, Élise Cheval espère voir ses vœux enfin concrétisés. Vendredi, ses nerfs ont lâché et c’est en pleurs qu’elle a reçu un coup de téléphone du centre pour autistes de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. Elle rencontrera le directeur de l’établissement le 1er septembre en Bretagne, pour une éventuelle intégration au sein de la structure, dès le 1er janvier 2015. « Julien serait pris en charge de 9 h à 16 h, il n’y aurait que les frais de cantine à payer », précise Élise Cheval. Elle a déjà consulté les sites de petites annonces pour louer un appartement ou une petite habitation. Elle évoque un projet de petite épicerie, souhaite prendre « un autre tournant et retrouver l’espoir ». Pour Julian.

Leur histoire a ému les membres du Kiwanis Montbéliard-Sochaux, qui organisent différente actions dans la région en faveur d’enfants malades, handicapés ou en difficulté. Le club, par l’intermédiaire de son président, Arnaud Miladinovic, a remis courant juin un chèque de 1.000 euros au profit de « Julian, un enfant pas si différent ».

Cette association a été créée en septembre 2012 par Élise Cheval pour aider les parents d’enfants autistes, financièrement mais également dans leurs démarches administratives, souvent longues et compliquées.

L’association compte à ce jour une quarantaine d’adhérents. Son action sera prochainement relayée sur un site internet ( http://julian-un-enfant-pas-si-different.association-club.mygaloo.fr/) en cours de création.

Sylvain MICHEL

4 juillet 2014

François Hollande : "le handicap doit toujours être traité au plus haut niveau"

article publié sur Vivre FM

Mercredi 02 Juillet 2014 - 18h46

Elysée

Le Président de la République a reçu ce mercredi 2 juillet les représentants des associations du secteur du handicap en présence de parlementaires et de la Secrétaire d'État Ségolène Neuville. L'objectif : préparer la Conférence Nationale du handicap qui doit se tenir à la fin de l'année.

Quatorze associations étaient reçues à l'Élysée mercredi 2 juillet - Crédit Photo : Grégoire Molle
Quatorze associations étaient reçues à l'Élysée mercredi 2 juillet - Crédit Photo : Grégoire Molle

Accessibilité, jeunesse, emploi, accès au soin, ressources des personnes handicapées, cinq thèmes à l’ordre du jour de la réunion avec François Hollande ce mercredi après-midi à l'Élysée. Le Président voulait entendre ce que les associations avaient à lui dire sur la question du handicap. Quatorze associations (1) étaient autour de la table ainsi que trois parlementaires (2). Le but de cette réunion n'était pas de faire des grandes annonces, mais de prendre le pouls du secteur du handicap au moment où les délais accordés pour l'accessibilité et les restrictions budgétaires sur les allocations sèment le doute sur la volonté du gouvernement de faire du handicap une priorité.

"Fixer des calendriers réalistes"

Sur la question de l'accessibilité, François Hollande soutient la position du gouvernement et affirme qu'il vaut mieux "fixer des calendriers réalistes plutôt que de susciter des frustrations". Mais François Hollande a rappelé à la secrétaire générale en charge des personnes handicapées qu'il ne fallait pas de délais trop longs. "Pas dix ans de plus" a réaffirmé le Président.

Alors que le président de l'Association des Paralysés de France (APF) rappelait le désarroi des personnes handicapées qui vivent avec des niveaux de ressources très faibles, le président a expliqué que le nombre d'allocataires avait fortement augmenté. S'agissant de la prestation de compensation du handicap, François Hollande a ainsi résumé :"de plus en plus de ressources allouées, et de plus en plus de précarité".

Il a rappelé qu'il fallait permettre davantage le cumul des allocations avec les revenus du travail de façon à ne pas décourager les personnes qui reprennent progressivement un emploi. "C'est difficile pour l'emploi de tous, c'est encore plus difficile pour l'emploi des personnes handicapées" a résumé le Président de la République.

Concernant l’école, François Holande veut renforcer la formation des enseignants et se félicite de la mesure prise récemment par Benoit Hamon : dans un décret publié le 27 juin, le ministre de l'Education annonce que les Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) pourront être embauchés en Contrat à Durée Indéterminée (CDI).

La question des ressources au menu de la conférence nationale en décembre

La conférence nationale du handicap (CNH) prévue en décembre reprendra les cinq thèmes abordés aujourd’hui y compris celui des ressources. Le dossier épineux des allocations sera bien sur la table en fin d’année. Le gouvernement avait d’abord voulu écarter ce sujet, jugé trop risqué dans le contexte budgétaire actuel. François Hollande a demandé à la Secrétaire d’État Ségolène Neuville d’inscrire ce thème au programme de la CNH, tout en précisant qu’il s’agirait plutôt de dresser un état des lieux que de s'engager. En outre la conférence nationale du handicap se déclinera en conférences régionales. 

 

(1) APF, UNAPEI, APAJH,,ADAPT, UNISDA, FFDYS, FNATH, CFPSAA, FFAIMC, UNAFAM, AIRE, GIHP, Autisme France, CLAPEAHA

(2) Les députées Martine Carrillon Couvreur, Martine Pinville et la sénatrice Claire Lise Campion.

Grégoire Molle

2 juillet 2014

Elèves handicapés : de bonnes nouvelles pour la rentrée !

Résumé : Le décret vient d'être publié au Journal officiel : 28 000 agents qui accompagnent les élèves en situation de handicap pourront enfin être " cédéisés ", tandis que 350 nouveaux emplois d'AESH seront créés pour la rentrée 2014.
 
Par le 02-07-2014

Benoît Hamon, ministre de l'Education nationale, se félicite de la publication du décret permettant la « cédéisation », à terme, de plus de 28 000 agents qui accompagnent les élèves en situation de handicap. Adieu les AVS (auxiliaires de vie scolaire), on les appelle désormais AESH.

La fin d'une aberration ?

La mise en œuvre de ce décret (N° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des accompagnants des élèves en situation de handicap) publié le 29 juin 2014, permet de proposer un contrat à durée indéterminée (CDI) à ces assistants d'éducation qui exercent les missions d'auxiliaire de vie scolaire (AVS), au fur et à mesure de leur arrivée à l'échéance de six ans d'exercice en contrat à durée déterminée. Ceci met fin à l'aberration qui les contraignait jusqu'alors à cesser leur activité au terme de cette période.

Une formation validée par un diplôme

C'était un engagement pris par le Président de la République : le métier qu'accomplissent ces personnels est désormais reconnu et valorisé pour leur offrir de véritables perspectives professionnelles. Les personnels recrutés en CDI pourront bénéficier d'une formation validée par un nouveau diplôme des métiers de l'accompagnement du secteur social : celui d'« accompagnant d'élèves en situation de handicap » (AESH).

350 nouveaux AESH

Parallèlement à cette démarche de professionnalisation, 350 nouveaux emplois d'AESH seront créés pour la rentrée 2014. Des progrès et davantage de garanties dans l'accompagnement réclamés depuis longtemps par toutes les parties et en particulier par les parents. Mais la question est de savoir si ces centaines d'emploi suffiront à combler la pénurie d'accompagnants qui prive chaque année des « milliers » d'élèves handicapés de rentrée ? Réponse en septembre !

1 juillet 2014

Les AVS deviennent AESH "accompagnants des élèves en situation de handicap"

article publié dans Localtis

Publié le lundi 30 juin 2014

Scolarisation des enfants handicapés

Exit les "AVS" ou "assistants de vie scolaire". Le décret du 27 juin 2014 (JO du 29 juin) les remplace en créant les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).
Comme promis par François Hollande durant sa campagne présidentielle, puis par Jean-Marc Ayrault il y a un an, les AESH bénéficient dorénavant d'un contrat à durée indéterminé (CDI), à temps complet ou à temps partiel. Ils sont désormais recrutés, par le recteur d'académie, et "parmi les candidats titulaires d'un diplôme professionnel dans le domaine de l'aide à la personne", alors qu'un niveau bac suffisait jusqu'à présent. Sont toutefois dispensées de diplôme les personnes qui justifient d'une expérience professionnelle de deux années dans le domaine de "l'aide à l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap" ou de "l'accompagnement des étudiants en situation de handicap".
Un arrêté, publié le même jour, fixe leur rémunération au minimum au Smic (entre le Smic et l'indice brut 400 exactement).
Un second arrêté fixe les conditions de leur promotion et de formation, à la suite d'un entretien professionnel passé avec l'inspecteur de l'Education nationale ou le chef d'établissement.
"Dès la rentrée 2014, les 28.000 assistants d'éducation qui occupent (la) fonction d'auxiliaire de vie scolaire (AVS) verront progressivement leur emploi transformé en contrat à durée indéterminée", avait annoncé l'été dernier Jean-Marc Ayrault alors Premier ministre (voir notre article Auxiliaires de vie scolaire : 28.000 CDI "à terme", et après ? du 27 août 2013), reprenant une promesse de François Hollande faite durant la campagne électorale de 2012.
Il était temps que les textes sortent car nombre d'AVS, recrutés à partir de 2006 - en application de la loi Handicap du 11 février 2005 - voyaient leur contrat de six ans arriver à expiration.

Valérie Liquet

30 juin 2014

Autisme. Le Mérite pour Valérie Sochon

24 juin 2014

Valérie Sochon a été décorée de l'Ordre national du Mérite. Valérie Sochon est mère de trois enfants atteints d'autisme. Face aux difficultés qu'elle a rencontrées, notamment quand il a été question d'inscrire ses enfants à l'école, Valérie a décidé de créer, en 2009, l'association Je Ted à aller à l'école. (Ted pour « troubles envahissants du développement »). Vendredi soir, son engagement de ses cinq dernières années a été récompensé. Anne-Marie Duro, présidente de la section départementale de l'Association nationale des membres de l'Ordre national du Mérite, lui a remis l'insigne de chevalier de l'Ordre national du Mérite, par décret du Président de la République en date du 14 novembre 2013. « La création de l'association a permis de faire progresser 35 enfants, quatre enfants sont sortis de l'hôpital, un enfant est maintenant en apprentissage, et Alexis, le premier fils de Valérie, passe en 4e avec les félicitations. Cette décoration récompense un parcours tonique et exemplaire », raconte Mme Duro. L'association s'est fixé comme objectif, pour les prochaines années, de former les auxiliaires de vie scolaire et de développer les activités pour les enfants.
29 juin 2014

AESH - arrêté relatif à l'entretien professionnel

26 juin 2014

Le cas d'un enfant autiste devant le Conseil d'Etat

25/06/2014 05:38
Un auxiliaire de vie scolaire est indispensable aux progrès d'enfants comme Ianis. - Un auxiliaire de vie scolaire est indispensable aux progrès d'enfants comme Ianis. - (Photo archives NR)
Un auxiliaire de vie scolaire est indispensable aux progrès d'enfants comme Ianis. - (Photo archives NR)

Ianis, jeune Indrien scolarisé dans la Vienne, aurait besoin d’une auxiliaire de vie scolaire 34 heures par semaine. Seules 21 heures lui ont été octroyées.

Paris

Comment garantir le droit de son enfant autiste à bénéficier d'un accompagnement de qualité en milieu scolaire ? Cette question, Guy Coslado se la pose depuis le 26 juin 2013. Ce jour-là, il y a presque un an, la Commission départementale des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de l'Indre octroie à son fils, scolarisé dans la Vienne, un quota hebdomadaire de 21 heures d'accompagnement en milieu scolaire. Une durée nettement inférieure aux 34 heures que nécessite le temps scolaire, la cantine et les activités périscolaires mises en place à la rentrée 2013. Les parents de Ianis qui se sont battus pour obtenir la scolarisation de leur enfant en milieu « normal », se lancent alors dans une bagarre qui les a conduits, la semaine dernière, jusqu'au Conseil d'État.

Pourquoi aller saisir la plus haute juridiction administrative ? Parce que la lenteur du cheminement du dossier de Ianis ne cadre pas avec les impératifs liés à sa scolarisation. Après avoir successivement saisi une instance de conciliation, le tribunal du contentieux de l'incapacité (TCI) puis le juge des référés du tribunal administratif de Limoges, les parents du jeune autiste en sont toujours à attendre une décision concernant l'année scolaire 2013-2014… « On a compensé nous-mêmes ce qui ne nous a pas été accordé mais je ne peux pas accepter que la loi pose ainsi un verrou à la scolarisation des enfants autistes, s'insurge M. Coslado. Mon gamin a besoin d'une auxiliaire de vie scolaire pour l'accompagner pendant l'intégralité du temps passé à l'école. Or, la décision de limiter sa prise en charge à 21 heures par semaine est incompatible avec cet impératif. » Aux dires de son père, cela est d'autant plus dommageable pour Ianis que l'enfant, handicapé à 80 %, est en net progrès.

Il a prononcé ses premiers mots

Constatant la lenteur de l'unique procédure de recours mise à sa disposition, c'est donc à la loi qu'a choisi de s'attaquer le père de famille. D'où ce pourvoi devant le Conseil d'État afin que celui-ci transmette au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), un dispositif qui permet à tout citoyen de contester une loi s'il l'estime contraire à la Constitution. En l'espèce, Guy Coslado et son avocat s'appuient sur une singularité du droit : concernant les mineurs, l'article 241-9 du code de l'action sociale et des familles attribue le contentieux des décisions émanant de la CDAPH à la juridiction judiciaire, alors que, pour les adultes, ce même contentieux est du ressort de la justice administrative. Conséquence : les procédures d'urgence telles que les référés sont accessibles aux adultes mais pas aux mineurs. Une différence de traitement jugée par M. Coslado et son conseil contraire au « principe d'égalité », au « droit au recours effectif » et au principe d'« égal accès à l'instruction et à la liberté d'enseignement » contenus dans la Constitution.
Le rapporteur public, chargé de proposer aux juges du Conseil d'État une lecture du dossier, n'a pas partagé cette interprétation en audience. Pour le magistrat, la question soulevée « repose sur un présupposé douteux » et ne remplit pas les conditions nécessaires à la transmission d'une QPC. Il a donc enjoint les juges à rejeter le pourvoi de Guy Coslado (1).
Pas de quoi décourager ce dernier qui n'a pas l'intention de baisser les bras. Encore moins depuis que le petit Ianis, diagnostiqué autiste non verbal, a prononcé il y a quelques jours ses premières phrases. Dans l'intimité de sa salle de classe.

(1) Les magistrats doivent rendre leur décision dans les semaines suivant l'audience.

Correspondance : Agence locale de presse
27 mai 2014

Nouveaux AVS : pas d'activités extra-scolaires !

Par le 27-05-2014

 

Résumé : Bientôt une vraie profession pour les AVS à travers le statut d'AESH. Mais quid de l'accompagnement des élèves handicapés lors des activités extra-scolaires qui seront généralisées lors de la prochaine rentrée ?
 

Adieu les AVS (Assistants de vie scolaire), bientôt les AESH (Accompagnants d'élèves en situation de handicap) ! Changement de nom pour ce nouveau dispositif d'accompagnant professionnalisé (un vrai CDI reconnu par un diplôme) qui fera sa rentrée le 1er septembre 2014. Un progrès, certes, mais qui ne fait pas l'unanimité chez certaines associations. Ou tout au moins pas à 100 % !

Elève handicapé exclu des activités ?

A 100 %, c'est justement ce qu'on voudrait pour eux car l'actuel projet de décret relatif à cette professionnalisation ne prévoit de les solliciter que pendant les temps de classe, excluant les activités périscolaires généralisées par la réforme des rythmes scolaires à toute la France dès la prochaine rentrée. Or les enfants en situation de handicap ont parfois besoin d'être accompagnés sur l'ensemble des temps éducatifs (scolaires, périscolaires et extrascolaires). Très concrètement, cela signifie que certains ne pourront pas participer à ces activités !

Déceptions et inquiétudes

La FGPEP et les CEMEA, tout comme le SNUipp (syndicat d'enseignants), demandent donc la modification du projet de décret afin de permettre un accompagnement global des jeunes sur l'ensemble de leurs temps et lieux de vie. Selon la FGPEP, « ce texte est loin d'être un aboutissement. Il ne peut être considéré que comme une première étape dans le processus de professionnalisation des AVS tant on reste encore loin des préconisations du rapport Komites, qui avait planché sur le sujet. » Ses partisans proposaient que l'AESH puisse envisager un complément d'activité sous la responsabilité d'une association partenaire.

Quelle évolution professionnelle ?

L'inclusion n'est pas circonscrite aux bancs de l'école et impose la nécessité d'un accompagnement global du jeune en situation de handicap. Les associations attendent également des précisions relatives au contenu de cette nouvelle formation diplômante en espérant que, malgré le choix de niveau V, des passerelles inhérentes aux diplômes européens mettront en place des perspectives permettant une évolution professionnelle.

27 mai 2014

Enseignants face aux élèves handicapés : "On fait avec les moyens du bord"

article publié dans 20 Minutes

Créé le 27/05/2014 à 17h25 -- Mis à jour le 27/05/2014 à 19h12
Illustration d'un élève handicapé

Illustration d'un élève handicapé ATTILA KISBENEDEK / AFP

EDUCATION - Selon une étude du SNUipp publiée ce mardi, la majorité des enseignants du premier degré s'estiment mal formés à la prise en charge des élèves handicapés...

Plus de 90% des enseignants du primaire sont favorables à l’accès des élèves handicapés aux établissements ordinaires, mais ils ne s’estiment pas assez formés sur ce point, selon une enquête du SNUipp publiée ce mardi.

Un manque de préparation qu’ils jugent d’autant plus préjudiciable que depuis la loi 2005, les enseignants accueillent de plus en plus d’élèves handicapés, à l’instar de Maud*, qui exerce en maternelle en région parisienne: «Chaque année, j’ai au moins un élève handicapé dans ma classe de moyenne section». Idem pour Lucien*, instituteur en CE2 à Paris: «Une année j’ai même eu trois élèves handicapés: un dyslexique, un dyscalculique et un enfant qui souffrait d’un handicap moteur», raconte-t-il. 

«Des pathologies différentes»

«Le plus difficile, c’est qu’il s’agit à chaque fois de pathologies différentes», souligne Emilie, enseignante en maternelle dans le Var, qui a accueilli tour à tour un élève trisomique, un hyperactif, un déficient visuel et un élève qui présentait un trouble moteur. Pour couronner le tout, certains enseignants n’apprennent la venue d’un élève handicapé dans leur classe que le jour de la rentrée. «Comme je suis remplaçante, je n’ai connaissance de la situation qu’en septembre. Ca ne me laisse pas le temps de me préparer», raconte Emilie. Autre difficulté: «Chaque année, des élèves qui présentent un handicap n’ont pas été détectés auparavant. On doit alors essuyer les plâtres et faire intervenir une psychologue scolaire, chargé de faire le lien avec les familles», décrit Maud.

L’autoformation privilégiée

Avant d’accueillir ces élèves un peu particuliers, rares sont les profs qui ont eu le droit à une formation, ne serait-ce que générale sur le sujet. «En une dizaine d’années de carrière, je n’en ai eu aucune sur ce thème», s’offusque ainsi Lucien. Idem pour Emilie, qui a du s’autoformer sur le sujet en faisant des recherches sur Internet, en parlant avec les parents d’élèves et avec la psychologue scolaire. Quand à Maud, elle a obtenu quatre jours de formation en tannant l’inspection d’académie lorsqu’elle a accueilli un élève autiste dans sa classe. 

«C’était indispensable car au début il se jetait par terre et je ne pouvais pas l’approcher. Mais ce n’était pas suffisant, j’ai donc sollicité l’association nationale des centres de ressources autisme pour continuer à apprendre sur le sujet», confie-t-elle. Lucien a aussi puisé dans les bonnes pratiques de ses confrères pour s’adapter à ces élèves: «Grâce à leur expérience, j’ai pu mieux comprendre la nature du handicap de mes élèves et adapter ma pédagogie en fonction».

Individualiser sa pédagogie

Car enseigner à un élève handicapé requiert une approche sur mesure: «C’est de l’individualisation totale. Il faut faire progresser l’élève à son rythme en adaptant les exercices qu’on lui propose», explique Emilie. «Il faut à chaque fois créer des outils pédagogiques spécifiques. Pour un de mes élèves autistes, j’ai ainsi fabriqué des repères visuels avec des photos et j’ai conçu des jeux rien que pour lui», raconte Maud.

Mais même s’ils s’investissent à fond pour faire progresser ces élèves, les enseignants ont parfois le sentiment de ne pas en faire assez: «J’ai souvent l’impression de ne pas avoir assez de connaissances et de temps pour les aider au mieux, c’est frustrant», exprime Lucien. «On fait avec les moyens du bord, d’autant que certains élèves n’ont pas d’AVS (auxiliaires de vie scolaire)», souligne Emilie. «Si l’on pouvait bénéficier de formations sur le sujet avec des effectifs allégés dans les classe, on pourrait encore faire progresser davantage ces enfants. Il faudrait aussi créer une banque de données contenant de la documentation sur chaque type de handicap et des exemples d’exercices à concevoir. Ca nous permettrait vraiment mieux avancer», estime  Maud.

 

Delphine Bancaud

 

*Les prénoms ont été changés. Lucien est l'auteur d'un blog: «L'instit'humeurs».

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