Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
"Au bonheur d'Elise"
Publicité
maltraitance
27 janvier 2014

Maltraitance, dysfonctionnement, comment en sortir ? - Christel Prado, présidente de l'UNAPEI

Lundi 20 Janvier 2014

Invité : Christel Prado, Présidente de l'UNAPEI.

chrystel prado

01:01

Les documentaires diffusées ces jours ci par la télévision mettent en évidence de graves dysfonctionnement autour du handicap mental. Comment sortir de ces situations ?

Publicité
25 janvier 2014

EXCLUSIF : Prise de parole de Marie-Arlette Carlotti - Point sur le handicap et la maltraitance

24 janvier 2014

Que se passe t-il au Moussaron ?

article publié sur VIVRE FM

Jeudi 23 Janvier 2014

Que se passe t-il au Moussaron ?

Invité : Dans cet établissement du Gers, les dysfonctionnement avaient fait l'objet de signalements depuis plusieurs années. Parents, familles de personnes handicapées accueillies au Moussaron, professionnels de l’établissement dénoncent les conditions d'accueil.

Chris Tine · · Meilleur commentateur · Travaille chez Bénévole à Association l'Etage · 111 abonné(e)s

Cette directrice va rester en place dans l'établissement après le départ de l'agent de tutelle qui passe faire ses recommandations tous les quinze jours... C'est SCANDALEUX...!!!

Isabelle Resplendino · Meilleur commentateurBonjour,

J'ai été interviewée dans ce reportage pour le "chapitre belge". Je tiens tout de même à préciser car évidemment il y a eu des coupures au montage, que pas tous les établissements qui accueillent des Français sont des "usines". Il y a certes des dysfonctionnements, et des dérives commerciales mais en aucun cas il ne faut généraliser. L'accord-cadre qui vient d'être ratifié entre la France et la Wallonie devrait aussi permettre d'améliorer les contrôles.

Nos enfants sont envoyés en Belgique pour être scolarisés, et les centres alors les hébergent ; ils sont scolarisés dans les écoles spécialisées alentour, écoles qui dépendent de notre éducation nationale. Nous avons des pédagogies adaptées pour les élèves avec autisme, polyhandicap, aphasie-dysphasie et aussi pour les élèves avec handicap physique lourd nécessitant des moyens de nursing importants.

Le personnel de ces écoles, enseignants, éducateurs, paramédicaux... dépend aussi de notre éducation nationale. Nous considérons donc que l'enfant est d'abord un élève. En France, c'est le soin qui prime, ici c'est l'éducatif. Dois-je ajouter que nos pédagogies adaptées sont faites avec les méthodes scientifiquement éprouvées ? (Exemple parmi d'autres : TEACCH pour l'autisme, pédagogie conductive pour le polyhandicap...)

Je ne pense pas que la solution en France en ce qui concerne les enfants réside à ouvrir des places dans des établissements et à augmenter les contrôles. La solution doit se trouver à l'école. Heureusement que Mme Carlotti est là, mais que peut-elle faire ? Sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, n'a rien dit au lendemain de l'émission ! Oh si, elle a parlé de l'Espagne ! Elle a déclaré que l'Espagne reculait en arrière avec sa loi sur l'IVG (et c'est vrai). Mais Mme Touraine sait-elle qu'en Espagne, l'inclusion scolaire est de grande qualité, et les méthodes éducatives de l'autisme bien appliquées ?

Sur ce sujet, on n'a pas entendu non plus Vincent Peillon, ni George Pau-Langevin. Ce sont des enfants dont on parle pourtant ! Ils ont droit à l'école ouverte sur la société, et non plus des établissements fonctionnant en vase clos, où le pire peut se produire. On n'a pas entendu M. Ayrault. On n'a pas entendu M. Hollande. Pourtant, un reportage vient de montrer ce que le "Pays des droits de l'Homme" fait à ses enfants les plus fragiles, et aucune réaction de ses dirigeants.

Mme Touraine, M. Peillon, Mme Pau-Langevin, M. Ayrault, inspirez-vous du courage de Mme Carlotti et venez parler aux familles. Venez annoncer ce que vous comptez faire pour que ces enfants soient scolarisés efficacement.

Donnez-leur la chance que mon fils Wolfgang, qui était lourdement handicapé, et qui est aujourd'hui un élève brillant, a reçue à l'école, simplement parce que les hasards de la vie ont fait que j'ai épousé un Belge et qu'il soit né en Belgique. Tous les enfants ont droit à cette chance-là. Même ceux qui sont nés en France.

24 janvier 2014

Autisme : Ne rien lâcher !

article publié sur le site de Gwendal Rouillard, député du Morbihan

& co-président du groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale

jeudi 23 janvier 2014, par Gwendal Rouillard.

Écœurement, révolte, indignation. Tels ont été les sentiments qui m’ont habité en découvrant les pratiques inacceptables de certains instituts et la maltraitance dont font l’objet certains enfants handicapés, dans l’émission "Zone Interdite" diffusée le 19 janvier dernier. Comment, au 21è siècle, de telles pratiques peuvent-elles encore perdurer ? Comment les structures visées ont pu oser traiter des enfants de la sorte ?

Ce documentaire nous rappelle ainsi, plus que jamais, que les familles, les enfants et toutes les personnes avec Autisme, ont besoin de nous, parlementaires. Ils ont besoin de notre mobilisation pour que ce genre de situations ne se reproduise plus.

C’est pour cela que, lors de la visite de l’IME « Cours de Venise », structure d’excellence située dans le 3e arrondissement de Paris, Marie Arlette Carlotti, Ministre chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, a annoncé différentes mesures d’urgence tendant à éradiquer ces terribles pratiques :

1- L’ensemble des établissements d’accueil doit être évalué d’ici à 2015 – Aujourd’hui, seulement un tiers le serait.
- Aucune dérogation ne sera faite aux établissements.
- Aucun renouvellement d’autorisation ne sera délivré aux établissements qui n’auront pas procédé à cette évaluation au cours de l’année. 100% des établissements devront justifier de leur bon fonctionnement pour pouvoir continuer à exercer.
2- Les ARS devront réaliser des contrôles inopinés des établissements sur leur territoire.
3- Les ARS devront créer en leur sein, des structures d’appui à la qualité des établissements médico-sociaux.
4- Une circulaire sera adressée très prochainement aux ARS pour les rappeler à leurs responsabilités éminentes en termes de contrôle, et les réponses appropriées qu’ils doivent apporter en cas de manquement d’un établissement.
5- L’Etat va proposer à l’ensemble des fédérations gestionnaires (UNAPEI, FEGAPEI, APAJH, FEHAP…) de signer une convention pour que tous les établissements aient l’obligation de faire la publicité des deux numéros d’alertes ( le 3977 - contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées adultes, le 119 pour les enfants) par voie d’affichage, dans les projets d’établissement, dans les livrets d’accueil, dans les contrats de séjour.
6- Le Projet de Loi sur l’Autonomie obligera les établissements à faire remonter automatiquement les signalements aux Conseils généraux, aux Présidents des Conseils généraux et aux ARS et les directeurs d’ARS devront en informer directement le cabinet de la ministre en charge.

Pour autant, nous devons éviter de faire de ces terribles situations, une généralité. Les professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux, compétents sont la norme et les structures adaptées, dans lesquelles le bien-être et la dignité des enfants, adolescents ou adultes avec autisme existent. Notre rôle est de faire en sorte qu’elles s’universalisent. C’est pourquoi, nous continuons quotidiennement le combat afin de faire appliquer le 3e Plan Autisme sur tout le territoire

C’est également en ce sens que le groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale recevra dès le début du mois de février, la Haute autorité de Santé afin qu’elle présente ses recommandations en matière de prise en charge de l’Autisme. En parallèle, nous axerons nos travaux du premier semestre sur l’Enseignement supérieur et plus précisément sur l’enseignement de l’Autisme dans les Universités françaises. Aujourd’hui encore, 121 sur 123 universités présentent l’Autisme comme un handicap mental alors qu’il s’agit d’un handicap cognitif. ça suffit, il faut que cela cesse.

Les personnes avec Autisme attendent de nous tous, que nous prenions nos responsabilités. Elles peuvent compter sur moi.

PDF - 3.1 Mo
Présentation de l’IME "Cours de Venise" - Paris 3ème arrondissement
PDF - 201.6 ko
Discours Mme la Ministre CARLOTTI - IME "Cours de Venise" 22.01.14
23 janvier 2014

Discours de Marie-Arlette Carlotti à l'IME Cour de Venise

article publié sur le site du Ministère des affaires Sociales et de la Santé

22 janvier 2014

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Personne ne peut être insensible aux images d’enfants handicapés, violentés par ceux-là mêmes qui sont censés leur apporter attention, soin et réconfort. Je sais que de nombreux concitoyens ont été choqués ces images de maltraitance. Comment ne pas l’être ?

Face à l’intolérable, il faut agir avec fermeté. Face à l’émotion, il faut agir avec discernement.

La quasi-totalité des établissements français sont des établissements de qualité. Les critères d’obtention d’un agrément sont extrêmement rigoureux en France. Mais il est incontestable que certains accusent des dysfonctionnements graves, que certains passent à travers les mailles du filet des contrôles, des encadrements et des normes, et cela n’est pas acceptable.

C’était le cas de l’IME Moussaron. Dès que j’ai été alertée sur sa situation, j’ai placé l’établissement sous administration provisoire. Je le ferai à chaque fois que nécessaire ; je n’ai aucune indulgence avec les professionnels qui trahissent la confiance des parents et de l’Etat, en malmenant les enfants.

Pour protéger ces enfants, je veux que l’on respecte la loi car il existe des lois et des procédures. J’en suis la première garante et c’est en ce sens que je me suis sentie interpelée par ces terribles images. J’en suis la première garante et c’est pourquoi je veux réaffirmer avec force ce que sont ces lois et ces procédures.

L’ensemble des établissements créés avant 2002 doivent procéder à une évaluation externe réalisée par un organisme indépendant d’ici 2015. Aujourd’hui, pas même 30% s’y sont livrés. Qu’il n’y ait pas de malentendu : aucun renouvellement d’autorisation ne sera délivré aux établissements qui n’auront pas procédé à cette évaluation au cours de l’année. 100% des établissements devront justifier de leur bon fonctionnement pour pouvoir continuer à exercer.

Cela ne suffit pas ; j’irai plus loin.

Je demanderai que les ARS réalisent des contrôles inopinés, en priorité auprès d’établissements dont les évaluations externes auront laissé apparaître des failles. Les ARS connaissent leurs établissements et leur territoire. Je leur demanderai de créer en leur sein, des structures d’appui à la qualité des établissements médico-sociaux.

Avec la Ministre de la santé et des affaires sociales Marisol Touraine, nous allons rappeler dans une circulaire adressée aux ARS leurs responsabilités éminentes en termes de contrôle, et les réponses appropriées qu’ils doivent apporter en cas de manquement d’un établissement.

Par ailleurs, il existe deux numéros d’alerte, le 3977 contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées adultes, le 119 pour les enfants. Je vais demander à l’ensemble des fédérations gestionnaires (UNAPEI, FEGAPEI, APAJH, FEHAP…) de signer avec l’Etat une convention pour que tous les établissements aient l’obligation de faire la publicité de ces deux numéros, par voie d’affichage, dans les projets d’établissement, dans les livrets d’accueil, dans les contrats de séjour. Comme cela existe entre l’éducation nationale et les établissements scolaires, entre la direction « jeunesse et sport » et les centres de vacances.

Je veux libérer la parole et rompre l’omerta. Je veux que les parents sachent que la place de leur enfant ne sera jamais menacée parce qu’ils auront fait un signalement, quelle que soit la suite donnée à ce signalement. Je veux que les professionnels sachent que leur emploi ne sera jamais menacé parce qu’ils auront fait un signalement, quelle que soit la suite donnée à ce signalement. Je veux qu’à tous les échelons, des familles jusqu’à l’Etat, en passant par les établissements, les gestionnaires, les MDPH, les ARS, et les associations, le souci de la transparence soit omniprésent. Car les situations de maltraitance ne peuvent exister qu’en raison d’une chaîne de défaillances, voire plus grave, de complaisances.

La semaine prochaine se tient une réunion du Comité national pour la Bientraitance et les Droits des personnes âgées et des personnes handicapées. Je veux que l’on repense ses missions et son organisation.

Il faut que les établissements remontent systématiquement les cas de maltraitance aux conseils généraux et aux ARS. Nous l’exigerons par la loi, à l’occasion de la loi « autonomie » portée par ma collègue Michèle Delaunay. Tous les sujets sensibles doivent remonter à la Ministre. Les directeurs d’ARS auront désormais l’obligation d’informer mon cabinet ; je saurai prendre mes responsabilités.

Enfin, je tiens à rappeler que j’ai signé avec mon homologue belge, un accord-cadre afin d’échanger des informations et de mener des inspections communes aux établissements wallons et français. Il est désormais effectif.

Je vous parle là des actions urgentes, mais j’ai aussi agi et je continue résolument à agir dans le long terme, par des réformes structurelles.

Concernant la création de places, je crée entre 3000 et 4000 places par an. Nous en aurons créé 16 000 d’ici 2017. Ces places permettront en priorité de répondre aux carences dans la prise en charge du polyhandicap et des personnes handicapées vieillissantes.

J’ai fait un 3ème plan autisme avec la création de 3500 places, pour rattraper le retard considérable accumulé dans ce domaine.

A travers les recommandations de pratiques professionnelles et les appels à projets, je procède à la transformation de l’offre : il est violent d’envoyer en hôpital psychiatrique des enfants qui n’en ont pas besoin. Surtout, quand on les traite à grands renforts de médicaments…

J’ai mis en place un dispositif d’urgence pour les situations critiques, suite à l’affaire terrible de la jeune Amélie Loquet, avec une organisation nationale/régionale/départementale et un numéro d’urgence : le 3977.

J’ai engagé une réforme des règles d’admission et de sortie des établissements pour empêcher les ruptures brutales.

Et j’ai aussi engagé une réforme du fonctionnement des MDPH. Je veux que les démarches dans les MDPH soient à la fois simplifiées et que la qualité des réponses apportée en soit améliorée : par exemple, pour éviter l’absurdité de certaines procédures qui imposent aux usagers des rendez vous fréquents voire très fréquents alors qu’ils ne sont pas forcément utiles. A contrario, il faut permettre aux équipes de passer plus de temps sur certaines situations dés lors que c’est nécessaire.

Dans le cadre des états généraux du travail social, fin 2014, nous aborderons la formation des travailleurs sociaux aux spécificités du handicap. Les travailleurs sociaux font un travail remarquable, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le leur dire mais beaucoup d’entre eux connaissent mal le handicap.

Mesdames, Messieurs,

En venant visiter l’IME « Cour de Venise », je tenais saluer le professionnalisme et le dévouement qui honorent dans leur ensemble les acteurs du handicap, car je ne confonds pas les situations particulières et la situation globale, et je souhaite que chacun fasse de même. Pour autant, les situations particulières ne sont pas négligeables. Même peu, c’est trop. Chaque souffrance d’enfant, chaque brimade, chaque manquement à l’éthique est insupportable et inadmissible.

Vous pouvez compter sur ma vigilance et ma fermeté pour défendre les valeurs de solidarité, de fraternité, d’humanisme qui vous animent quotidiennement dans votre travail. Je veux d’abord protéger les enfants, mais en protégeant les enfants, je protège aussi ces valeurs qui nous lient et qui font notre force. Je vous remercie

Seul le prononcé fait foi

Publicité
22 janvier 2014

Zone interdite sur la maltraitance d'enfants handicapés : Carlotti veut améliorer les dispositifs d'alerte

22/01/2014

article publié dans FAIREFACE

Capture d’écran 2014-01-22 à 12.43.26.pngLe documentaire sur les centres qui maltraitent les enfants handicapés, diffusé dimanche 19 janvier sur M6, continue de faire des vagues. Invitée de l’émission C à vous, sur France 5, mardi 21 janvier (à partir de 29.57 min sur le replay), la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, est revenue sur le cas de l’Institut médico-éducatif (IME) de Moussaron à Condom, dans le Gers. Suite à l’enquête de l’Agence régionale de santé qui avait révélé « une situation de maltraitance institutionnelle », et sous la pression d’un collectif d’associations et syndicat, elle a placé cet établissement sous administration provisoire, le 27 novembre. « Mais j’ai découvert après que c’était la troisième enquête » qui pointait les mêmes dysfonctionnements (la quatrième en fait, après celles de 1997, 2001 et 2002, NDLR).

Un tiers seulement des établissements se plient à une enquête externe et objective

« Il y a des dispositifs d’alerte et finalement on se rend compte que ça passe à travers, a déploré Marie-Arlette Carlotti.  Au-delà de l’émotion que [ce documentaire] a suscité, cela aura servi au fait que je remette les choses à plat. Un exemple : on demande aux établissements de fournir à l’ARS une enquête externe faite par une structure objective, et je constate que c’est un tiers des établissements qui le font. J’exigerai que la loi soit respectée. »

 

Ces images « ne sont pas les pires »

Lundi 20 janvier, toujours dans C est à vous, la présentatrice de Zone Interdite, Wendy Bouchard, avait précisé, à propos de la séquence du documentaire consacrée à Moussaron : « Les images que vous avez vues ne sont pas les pires. On a vraiment des moments indignes où les enfants font leurs excréments au milieu de chacun, prennent des douches nus, garçons et filles mélangés... »

2,9 millions de téléspectateurs ont regardé ce documentaire qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation, sur Twitter notamment. Mais aussi sur le site www.faire-face.fr.

 

Des familles divisées : certaines soutiennent la direction de Moussaron et vont créer une association

Quant aux familles de résidents, elles étaient divisées, avant même la diffusion de l’émission. Quelques-unes ont retiré leurs enfants de l’IME suite aux révélations du collectif d’associations et syndicat, mi-novembre : le documentaire les a confortées dans leur décision. D’autres soutenaient la direction. Brigitte et Jean-Luc Pflieger, dont la fille réside toujours à l’IME, regrettaient notamment dans une récente interview à Sud-Ouest qu’il y ait « un amalgame entre des maltraitances institutionnelles suspectées et des maltraitances ». Aujourd’hui, Jean-Luc Pflieger ne souhaite pas faire de commentaires sur le documentaire. « Les parents s’exprimeront dans le cadre d’une association qui devrait être prochainement créée », a-t-il précisé à La dépêche. Franck Seuret

22 janvier 2014

Prise de position de Marie-Arlette Carlotti sur facebook il y a quelques instants ......

Marie-Arlette Carlotti
Marie-Arlette Carlotti

Je me suis déplacée cet après-midi dans un IME pour redire mon engagement pour la bientraitance des personnes handicapés, et en particulier des enfants. Les images diffusées ces derniers jours ne peuvent laisser personne indifférent, à commencer par la Ministre que je suis.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger ces enfants, pour faire respecter la loi. La justice doit faire et fera son travail et j'ai de mon côté placé un IME sous administration provisoire dès la connaissance des faits au mois de Novembre dernier.

Nous avons d'ores et déjà mis en place un dispositif de signalement et de prise en charge des situations d'urgence et engagé la modernisation des MDPH pour accompagner davantage et mieux.
Je veux briser la loi du silence, aucun parent ne verra la place de son enfant menacé suite à un signalement, aucun employé ne sera inquiété. Je vais demander aux organisations gestionnaires des établissements d'afficher les numéros nationaux d'aide et d'écoute sur la maltraitance.
Dès aujourd'hui, je vais rappeler aux Agences Régionales de Santé leurs responsabilités dans le contrôle des établissements et il n'y aura aucun renouvellement d'agrément pour les établissements qui n'auront pas réalisé d'évaluation externe.

Vous pouvez compter sur ma vigilance et ma fermeté pour protéger les enfants en situation de handicap.

22 janvier 2014

Canada :décès d'un petit garçon autiste à cause du packing !

article publié dans paperblog

Publié le 23 juin 2008 par Handimobility

Gabriel Poirier Le packing ... Voici un "traitement" dont le nom ne vous évoque peut-être rien si vous n'avez pas dans votre entourage une personne autiste.
Ce nom très peu compréhensible pour les francophones désigne un acte dénoncé de plus en plus comme étant de la maltraitance de personne handicapée sous couvert d'une justification thérapeutique.
Cette technique consiste à envelopper l'adulte ou l'enfant autiste ou avec trouble du comportement nu ou en sous-vêtements dans des linges froids (au moins 10° en dessous de la température du corps), jambe après jambe puis les jambes réunies par une serviette plus grande et bien serrées, les bras collés contre le corps. On met un plastique autour du tout puis des serviettes chaudes, pendant trente à soixante minutes. Après on déroule le tout dans l'ordre inverse et on frictionne ; il faut de 2 à 6 personnes pour accompagner le packing, à raison d'1 à 7 séances hebdomadaires.
PackingLe but du packing serait de détendre les autistes et prévenir les troubles de comportement. La coroner Rudel-Tessier note toutefois que leurs bienfaits thérapeutiques ne semblent pas être établis scientifiquement.
Etre enveloppé dans un carcan glacé, privé de liberté et sans pouvoir s'extraire des douleurs provoquées par ce traitement s'apparente à un traitement moyenâgeux.
Un traitement brutal voir peu soutenable pour le commun des mortels.
de plus si possibilité de guérison ou une évolution positive de la pathologie était au rendez-vous peut-être que nous pourrions comprendre cette acte "médical" mais il n'en n'est rien et le packing est de plus en plus dénoncé comme totalement inutile voir extrêmement dangereux.
Malgré les actions engagées par des associations, les réactions des parents d'enfants autistes, des institutions font la sourde oreille et continuent à appliquer ce "packing" dès qu'un patient s'agite un peu.
L'hypocrisie verbale désigne ces draps glacés de contention sous le joli vocable de "couvertures thérapeutiques" qui habituellement sont fabriquées avec du sarrasin ou des billes d'acier.
Voici qu'au Canada, plus précisément qu'à Montréal que le packing vient d'être porté à la connaissance grand public a cause d'un drame totalement inacceptable.
Gabriel PoirierLes parents du petit Gabriel Poirier, un enfant autiste de neuf ans mort étouffé en avril dernier après avoir été enroulé de la tête aux pieds dans une couverture thérapeutique de 17,5 kilos, demandent une modification à la Loi sur l'instruction publique.
C'est en prenant connaissance du rapport de la coroner Catherine Rudel-Tessier que les parents ont appris que leur fils était décédé à la suite de cette mesure de contention imposée par un éducateur de l'école spécialisée Marie-Rivier, de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.
Me Rudel-Tessier a en effet conclu, à l'issue de son enquête, que l'enfant est mort étouffé parce qu'il avait été enroulé par un éducateur dans une couverture dite "proprioceptive", afin de le calmer.
Gabriel Poirier, qui pesait 24 kilos, avait été placé sur le ventre, les bras le long du corps, et enroulé le visage couvert dans la lourde couverture de 17,5 kilos. On a fait quatre tours pour le contenir.
L'éducateur a ensuite laissé l'enfant seul dans un coin caché de la classe avec une minuterie de 20 minutes. Au bout de ce délai, il a retrouvé l'enfant inerte, le visage bleu, dans un coma profond dont il ne s'est jamais réveillé.
Suite à cette situation, la coroner Rudel-Tessier recommande de ne jamais enrouler un enfant dans ce genre de couverture, lui recouvrir la tête, le placer dans une position d'où il ne peut se sortir facilement ou le laisser sans surveillance. Elle recommande par ailleurs aux fabricants et aux intervenants en autisme de mettre en garde leurs acheteurs et utilisateurs contre les dangers qui y sont associés.
Bref, pourquoi encore permettre de continuer à utiliser la méthode du packing ??? On se le demande
AutismeAbsence de preuves quant à l'efficacité de la méthode, rapport médicaux contestables sur l'impact positif du packing, méthode brutale voire inhumaine vis à vi d'un patient ne pouvant pas réagir ni se soulager des douleurs engendrées par ce traitement digne des plus mauvaises heures de la médecine...
De plus, beaucoup de parents, d'associations d'autisme constatent et dénoncent le fait que des institutions utilisent la méthode du Packing nullement dans un but pseudo-thérapeuthique mais bien pour avoir la paix avec un patient agité... Entre méthode thérapeutique et méthode coercitive pour "sonner" un patient agité il ne semble y avoir qu'une très faible marge !
Faut-il encore en 2008 permettre de continuer à utiliser cette méthode de maltraitance non avérée au niveau son impact thérapeutique ? Aujourd'hui un petit Canadien est mort dans des conditions de souffrance inacceptable , cette situation est totalement transposable dans nos pays...
Rien ne justifie le packing mais certains thérapeutes continuent en dépit de toute les recommandations de croire en lui . Pourquoi cette obstination ? Nul ne le sait ... sans doute est-ce plus facile d'appliquer un tel traitement à une personne handicapée mentale qui par essence n'ont pas le moyen de s'y soustraire, de s'y opposer ...
Le packing n'aurait-il pas disparu plus tôt s'il avait été administré à des personnes disposants de droits médicaux avérés ? La question est posée et fait vraiment froid dans le dos !!! Pourrais-t-on appliquer ce type de traitement aux criminels en série ? Bien sur que non, les associations des droits de l'homme s'y opposeraient... Pourquoi un enfant ou un adulte autiste peut-il lui subir cette technique si décriée et non avérée médicalement ... Réfléchissons-y, cela en vaut plus que la peine mais la réponse risque de ne pas être très agréable !


En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/827347/canada-deces-d-un-petit-garcon-autiste-a-cause-du-packing/#UDfLggPFraPpzeAu.99

21 janvier 2014

Affaires des maltraitances. Les parents face aux insoutenables images du reportage de M6

article publié dans la Dépêche

Publié le 21/01/2014 à 03:50, Mis à jour le 21/01/2014 à 07:43 | 3

IME de Moussaron

Dimanche soir, à Auch, le reportage de «Zone Interdite» était diffusé en présence des parents du collectif qui dénonce les maltraitances./Photo Nedir Debbiche

Dimanche soir, à Auch, le reportage de «Zone Interdite» était diffusé en présence des parents du collectif qui dénonce les maltraitances./Photo Nedir Debbiche

 

Il est à peine plus de 20 heures, dimanche. Dans la petite cour devant la salle de la CGT Gers, à Auch, où sera projetée l’émission «Zone interdite» de M6, qui est parvenue à filmer à l’intérieur de l’IME de Moussaron, à Condom, les fumeurs enchaînent les cigarettes. Une maman, membre du collectif composé en majorité de Lot-et-Garonnais

[N.D.L.R. : l’IME en accueille 34 sur 85] qui dénonce les maltraitances rédige un SMS à une amie : «J’ai peur de ce que je vais voir».
«Envie de vomir»

Ce sentiment revient dans toutes les bouches des mamans du collectif présentes avant le début même de l’émission. «On va enfin voir les conditions réelles d’accueil», lance Sabrina Serres, porte-parole du collectif de parents victimes, inquiète.

Après une heure de reportage, vient le passage sur la structure gersoise. Le journaliste explique avoir voulu tourner dans l’ensemble de la structure et avoir essuyé un refus de la part de l’équipe dirigeante. Finalement, c’est un membre du personnel, équipé d’une caméra cachée qui filme la partie de l’IME non rénovée, où se situent de nombreux polyhandicapés. Les images sont dures. Insoutenables. Au bout de quelques instants, une maman quitte la salle, alors que vient d’apparaître la scène de deux adolescents nus, assis sur un sceau hygiénique devant d’autres pensionnaires.

Deux Ferrari et une Bentley

«J’ai eu envie de vomir. J’ai vu le lieu où dormait mon fils» racontait, hier, Brigitte Piazzo, Villeneuvoise dont l’enfant a passé trois années à l’IME de Moussaron entre 2007 et 2010. Elle ajoute : «Mon enfant a fait un malaise et il n’a pas été pris en charge. Il est décédé quelques mois plus tard. Alors quand je vois que, durant une heure, entre 19 et 20 heures, les pensionnaires sont attachés dans leur lit, sans surveillance, je suis dégoûtée. Si je ne l’avais pas envoyé à Condom, mon fils serait peut-être encore en vie».

Pour les parents, la diffusion de l’émission devait permettre de mettre des images sur des pratiques qu’ils n’ont pu que s’imaginer jusqu’alors. Médusés, les yeux rouges, beaucoup avaient du mal à s’exprimer après les quinze minutes consacrées à l’IME de Moussaron. «Outre les pratiques inhumaines, l’une des choses qui m’a le plus choquée, ce sont les voitures dans le garage», lance Brigitte Piazzo. En effet, dans les dernières minutes du reportage, le journaliste explique qu’a été découvert un garage au sein de la structure, enfermant deux Ferrari et une Bentley, qui pourraient appartenir aux responsables de la structure. En guise de conclusion, la présentatrice lance : «L’IME a été placé sous administration provisoire pour que ces violences cessent définitivement». C’est désormais le combat du collectif des parents.

Julien Sauvage

21 janvier 2014

Reportage de zone interdite accessible depuis l'étranger - partie 1

Report showing the horrific living conditions of disabled children in institutions (part 1)

A report showing the horrific living conditions of disabled children and adults in institutions, as well as the well-organized system that prevails in these administrations to make the 'trafficking' of these human beings as efficient and profitable as possible for those who take advantage of it, all at the expense of the tax-payer. http://www.m6.fr/emission-zone_interdite/19-01-2014-enfants_handicapes_revelations_sur_les_centres_qui_les_maltraitent-2147538035.html

21 janvier 2014

Zone interdite - Enfants handicapés maltraités : Wendy Bouchard témoigne

Témoignage poignant de la journaliste de M6

21 janvier 2014

Tollé après les révélations télévisuelles sur les maltraitances

article publié dans tsa (l'actualité de l'action sociale)

Le reportage qu'a proposé M6 le 19 janvier sur la détresse des familles d'enfant handicapé sans possibilité d'accueil et sur les situations de maltraitance dans certains établissements a provoqué une vive émotion parmi le grand public. Sur les réseaux sociaux, celui-ci met en cause, parfois sévèrement, l'ensemble des acteurs de cette politique, y compris les professionnels.

2,8 millions. C'est le nombre de téléspectateurs qui ont suivi le (long) reportage de Zone interdite diffusé le 19 janvier par M6. Une telle audience (la seconde après celle de TF1) un dimanche soir pour une enquête journalistique est suffisamment rare pour être soulignée. Et pourtant, le sujet n'était pas vraiment glamour : les conditions d'accueil des enfants (ou jeunes adultes) handicapés en France comme en Belgique.

Un an d'investigation

Au sortir d'une investigation qui, annonce M6, s'est étalée sur un an, Zone interdite montre des familles désemparées, et souvent épuisées, par l'absence de solution d'accueil qui leur est proposée et des situations de maltraitance dans certains établissements français comme belges : violences verbales ou physiques, manque de confort, accompagnement éducatif déficient, etc. Ponctuée d'images fortes recueillies souvent en caméra cachée, l'émission présente un tableau très sombre de l'accueil des enfants handicapés dans notre pays et dans les "usines à Français" que sont devenus de nombreux établissements wallons.

Les réseaux sociaux s'emparent du sujet

Dès le lundi matin, les réseaux sociaux se sont affolés relayant des réactions virulentes de téléspectateurs qui, pour beaucoup, n'avaient aucune connaissance du dossier avant. Sur sa page Facebook, le gratuit 20 minutes propose à ses lecteurs de réagir à l'émission. "Choquant", "inadmissible", "honteux"... les qualificatifs pleuvent. En quelques heures, des dizaines et des dizaines de réactions sont récoltées. "J'ai pris l'émission en cours et je ne savais pas dans quel pays ça se déroulait. Je me demandais dans quel pays sous développé ça se passait. J'étais encore plus choquée de voir que c'était la France qui permettait cela", estime ainsi Caroline.

Libération de la parole

La diffusion de ce reportage en prime time libère les paroles. Chacun y va de son histoire, forte, émouvante (bien qu'invérifiable), avec la volonté de soulever une chape de plomb. Stéphane, handicapé : " J'ai été dans un centre avec mon frère [qui] s'est fait tabasser par un éducateur devant moi. […] Le directeur d'établissement a soutenu l'éducateur". Katia, maman d'un enfant handicapé : "Dix parents ont porté plainte pour maltraitance sur un institut Itep et c'est classé sans suite pas assez de preuves mais les enfants n'ont pas été entendus." Ces réactions dessinent un paysage professionnel où les solidarités internes l'emportent sur l'écoute des enfants et parents, où la loi du silence empêche souvent la vérité d'éclater.
D'autres réactions soulignent le retard de la France dans la prise en charge du handicap, en général, et de l'autisme en particulier. Bernard : "Je suis parent d'une fille autiste de 36 ans. Nous nous "démerdons" depuis toutes ces années, seuls. Le problème majeur et dramatique en France est que les psys ont la maîtrise et exclusivement la main sur les décisions de placement."

Où sont les contrôles ? 

Plusieurs internautes s'étonnent de l'absence ou de la faiblesse des contrôles opérés par les administrations. Fanette : "Je pense qu'il n'y a pas assez de contrôles, de surveillance partout et tout le temps ! Des institutions qui perçoivent de l'argent pour s'établir devraient avoir des comptes à rendre sur l'emploi de ces fonds, et cela sans relâche." Katia explique pourquoi les contrôles débouchent rarement : "Quand vous faites trop de bruit en alertant la presse, l'ARS fait une inspection datée (pas de surprise et le temps pour la direction de faire du ménage et de mettre les dossiers à jour) et ne constate rien." Dans le reportage de M6, le directeur de l'ARS Bourgogne, un brin gêné, confirmait le manque de moyens pour opérer des contrôles réguliers dans les établissements qui dépendent de l'agence.

Difficultés à dénoncer les maltraitances

Mais les professionnels profitent aussi de cet événement pour "l'ouvrir". Sur le site de Faire face (APF), on peut ainsi lire cela : "A 22 ans, premier poste, inexpérience, naïveté, j'ai assisté à la maltraitance d'adultes polyhandicapés dans un établissement très réputé, très beau, très bien doté en personnel : un établissement au-dessus de tout soupçon… Cris, bousculades, insultes, humiliations, enfermement (même dans un placard), privation de repas, gestes brusques. Lorsque j'ai dénoncé ces agissements répétés, j'ai été menacée de licenciement et de poursuites pour diffamation. Je n'ai pas su quoi faire, j'ai été lâche, j'ai abdiqué. J'ai démissionné et ai définitivement quitté le secteur médico-social."

Exigence de transparence

Dans le sujet de M6, on suit le calvaire d'un chauffeur d'IME qui, à la suite de la dénonciation de faits graves mettant en cause plusieurs éducateurs - condamnés ensuite par la justice - a été mis en quarantaine par le personnel de cet établissement.
Même si les professionnels ont toutes les raisons de refuser toute généralisation (lire encadré), ils devront aussi s'interroger sur les raisons qui rendent si compliquée (et si risquée professionnellement) la dénonciation de faits graves de maltraitance. L'exigence de transparence ne peut pas concerner les seuls politiques - qui ont, tout de même, quelques responsabilités dans le retard français.

"J'ai pleuré et j'ai dit des gros mots en regardant cette émission"
La diffusion de cette enquête à charge a ému de nombreux professionnels qui parfois se sont sentis mis en cause personnellement. C'est le cas de Ludivine : "J'ai travaillé en tant que chef de serve éducatif dans un EMP accueillant 70 enfants déficients intellectuels, encadré 15 éducateurs spécialisés […] et je n'ai jamais vu ça de ma vie." Elle poursuit : "Il y a bien plus d'IME et de professionnels bientraitants et qui ont fait ce choix de vie parce que ce n'est pas juste un boulot que l'on peut faire sans conviction." Et cette chef de service éducatif d'écrire : "J'ai pleuré et dit tellement de gros mots en regardant cette émission."
Son de cloche différent chez Jean-Yves Baillon. À l'époque de la première affaire de l'IME de Moussaron en 1997-1999, il suivait le dossier au titre de la CGT. Il se souvient de ses échanges avec le DDASS justifiant l'inertie des pouvoirs publics par rapport à cet établissement : "Que voulez-vous faire ?, me disait-il. Personne ne veut s'occuper de ces enfants et ils nous coûtent moins cher dans cet IME." Comme on le sait, les deux éducatrices qui avaient dénoncé des mauvais traitements ont été déboutées par la justice et licenciées. Une quinzaine d'années plus tard, la situation aurait bien changé. "Fondamentalement, notre regard est plus acéré sur le fonctionnement des établissements." Devenu évaluateur (certifié par l'Anesm), il estime que l'obligation d'évaluation facilite l'ouverture des esprits. Même s'il reste bien du chemin à faire..
21 janvier 2014

Zone interdite, un reportage bienvenu mais très incomplet.

L’ONES se réjouit qu’un média généraliste ait abordé cette question difficile de la maltraitance dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Pour autant, l’ONES tient à apporter des réserves tant sur le fond que sur la forme de ce reportage.

La forme particulièrement caricaturale de ce reportage clive les intervenants entre les bons et les mauvais. D’un côté on trouve les bons professionnels qui dénoncent les maltraitances et de l’autre les mauvais professionnels maltraitants. De même, on voit les mauvaises aux institutions (Moussaron, l’accueil des personnes handicapés en Belgique) opposées aux institutions de qualité. Cette manière, binaire, de présenter la question de la maltraitance, associé à un montage et à une scénarisation jouant sur la dramaturgie amène des réactions passionnelles dans lesquelles l’ONES ne veut pas entrer.

Sur le fond de la question de la maltraitance en France dans les institutions médico-sociales et psychiatriques, ce reportage ne fait qu’effleurer les choses en ne traitant que de quelques cas dramatiques et bien connus mais peu représentatifs des maltraitances ordinaires souvent dénoncées par les éducateurs spécialisés et ne reflétant pas les processus conduisant à ces dérives dans la prise en charge des enfants.

On aurait aimé trouver une analyse plus poussée sur la question des logiques de marché qui amènent à considérer les enfants comme des produits rentables. Cette dimension, traitée partiellement pour ce qui est de la Belgique aurait pu être étendue à d’autres établissements puisque sur les établissements cités, plusieurs relèvent de structures privées à but lucratif. Or, en France, ce type d’établissement est extrêmement minoritaire mais tend à se développer, notamment depuis la mise en concurrence des établissements entre eux introduites par la loi HPST et ses procédures d’appel à projet. Le management inadapté, gangrené par les procédures et les normes, le manque de formation ou le manque de qualification des éducateurs sur le terrain… ces thématiques centrales pour comprendre la survenue d’actes de maltraitances auraient pu faire l’objet d’un chapitre du reportage.

De même, le documentaire aurait pu laisser une place importante aux outils de prévention de la maltraitance dans les établissements. On peut se questionner sur le fait qu’après un an et demi d’enquête, il ne soit pas fait référence aux dispositifs issus de la loi du 2 janvier 2002 renforçant les droits des usagers au sein des institutions. Comment un journaliste peut-il passer à côté des protections juridiques dont bénéficie le salarié qui dénonce des cas de maltraitance à l’autorité judiciaire.

Ne pas évoquer ces sujets est un choix que l’ONES regrette. Ce reportage aurait pu faire œuvre pédagogique pour énoncer outils et moyens de lutte contre les maltraitances qui ne se résument pas au seul 3977.

Les éducateurs spécialisés regrettent que les seules occasions de parler de leur métier dans les médias généralistes soient liées à des sujets dramatiques, jouant sur l’affectif et l’émotion dans un but évident d’audience. Or, sur d’autres thématiques les journalistes généralistes brillent par leur absence. Où sont-ils lorsqu’il faut évoquer les difficultés dramatiques des formations en travail social et notamment de la question des stages tellement mis à mal que des mouvements sociaux bloquent les centres de formation depuis 2008 dans l’indifférence complète des médias généralistes ? Où sont les journalistes généralistes lorsqu’il faut enquêter sur la déliquescence de certains établissements soumis à des impératifs budgétaires et administratifs ubuesques ? Et pourtant, la qualité des stages est centrale pour que les jeunes professionnels se construisent un rapport à l’usager apaisé et non maltraitant. De même, les évolutions de la psychiatrie d’une part et du médico-social d’autre part sont des choix politiques forts qui concernent l’ensemble de la société, ne serait-ce qu’au regard de la qualité des prises en charge proposée aux enfants les plus vulnérables.

L’ONES continue à chercher à soutenir les professionnels dans leur recherche d’une qualité de travail et doit valider en février lors de son assemblée générale une charte éthique dont l’élaboration aura pris plus de deux années. Ce document vise à ré-énoncer quels sont nos valeurs et nos repères pour se situer vis-à-vis de nos obligations professionnelles notamment lorsque le cadre de travail se délite et que nous sommes confrontés à des situations de maltraitance, tant pour nous même que pour les usagers.

 

Documents joints

21 janvier 2014
Document : PDF
324.7 ko
21 janvier 2014

Communiqué de la Fédération Française Sésame Autisme

Communiqué publié sur le site de Sésame Autisme

Dimanche, 19 janvier, M6 diffusera dans son émission ZONE INTERDITE, un documentaire montrant la maltraitance faite aux enfants et jeunes adultes handicapés mentaux, principalement, celles et ceux  avec autisme, dans des institutions, au domicile ou dans le milieu psychiatrique.

Au-delà des images parfois insoutenables et de la vérité qu'elles révèlent, nous devons mettre en garde les téléspectateurs et les parents concernés,  que, si condamnables soient ces faits encore trop souvent constatés, ils  ne reflètent  pas  la généralité des pratiques institutionnelles.

Pour autant, conscients de ces réalités, il nous faut, nous parents, responsables associatifs, gestionnaires d'établissements,  professionnels, rester  vigilants, condamner  ces pratiques, ces abus, ces violences et soutenir celles et ceux qui les dénoncent pour ne pas rajouter le silence à la violence.  Ne pas entendre, ne pas voir, ne pas dire constituent également  des actes de violence à l'encontre de ces personnes vulnérables.

Il nous faut alerter chaque fois que nécessaire les instances et les pouvoirs publics  de ces abus, de ces maltraitances indignes de notre nation, réclamer l'arrêt immédiat de certaines de ces pratiques, demander (quand cela en relève) à la justice de condamner ces actes.

Les recommandations de bonnes pratiques, adolescents, adultes, qui doivent paraitre prochainement conformément au plan autisme paru en 2013, seront un levier important pour  la lutte contre ces maltraitances. La Fédération Française Sésame Autisme viellera à leur rédaction  afin quelles soulignent bien tous les aspects de l'accompagnement des personnes avec autisme, des méthodes éducatives et d'accompagnement aux thérapies médicamenteuses.

Comme pour les précédentes recommandations de l'HAS et l'ANESM en direction des  enfants elle exigera à ce que leur application soit  respectée  dans chaque lieu d'accompagnement, pour chaque intervention auprès de ces personnes souffrant d'autisme, quelque soit leur âge.

Nous parents d'enfants handicapées, allons être  bouleversés et surtout inquiétés légitimement parce que pour la plupart nos enfants se trouvent  dans des institutions  ou vont y entrer.

Quel dilemme pour les familles ! À juste titre le  reportage démontre  la grande difficulté de garder le jeune à la maison dans les cas de handicap lourd et pointe s'il le fallait encore que  l'hôpital psychiatrique n'est en aucun cas une solution à long terme.

Comment ne pas être révoltés  face à de telles images ? Comment faire pour que notre enfant ne subisse pas cela ?
Chacun doit prendre sa part de responsabilité. Un des moyens de prévention est la participation active des parents au CVS (Conseil de la Vie sociale) de l'établissement que fréquente leur enfant, le dialogue avec les professionnels qui l'accompagnent.

Les  professionnels doivent répondre à toutes les questions des familles trop souvent laissées face à leur  l'angoisse,  éprouvant  trop souvent le sentiment d'être tenues à l'écart de l'institution où vit leur enfant,  ce qui alimente leur crainte sur le bien fondé de l'institution pour accompagner leur enfant.

La demande d'une participation des familles, des usagers et des associations qui les représentent, est de plus en plus importante dans les organes institutionnels locaux, départementaux, régionaux, nationaux, qui décident, financent ou subventionnent les établissements médico-sociaux. Et nous en réjouissons car c'est un maillon essentiel.

Mais avant tout, il faut que l'état et les départements prennent leurs responsabilités car la maltraitance « ordinaire » est généralement le résultat d'un manque de moyen en personnel en quantité et en qualité (formation). Sans moyens suffisants alloués aucune institution ne peut fonctionner correctement. Le personnel s'épuise. Les dérives s'installent. La maltraitance s'institutionnalise, se banalise.

Les associations gestionnaires membres de La Fédération Française Sésame Autisme ne sont  pas exemptes  de ce risque;  aussi la Fédération doit sans cesse être attentive à ce que jamais ne s'installe en son sein de telles dérives, de tels abus, de telles violences et militer pour que  tous les moyens nécessaires soient mis en œuvre afin offrir à chaque personne avec autisme  un accompagnement adapté et une vie digne.

Faisons du  « plus jamais ça » notre moteur d'action.

Christine MEIGNIEN
Présidente de la Fédération Française Sésame Autisme

20 janvier 2014

Revoir l'émission zone interdite du 19 janvier 2014 ->enfants handicapés révélations sur la maltraitance en institution

18 janvier 2014

J'ai déjà regardé pour vous : Zone interdite dimanche M6, une enquête-choc sur centres qui maltraitent les enfants handicapés

article publié sur FAIREFACE

« Comment imaginer restituer une position de dignité à ces personnes si on les maintient dans ce contexte-là ? » « Ces personnes », ce sont des enfants polyhandicapés accueillis à l’Institut-médico éducatif (IME) de Moussaron, à Condom, dans le Gers. « Ce contexte », c’est celui d’un des bâtiments, vétuste, de l’IME où certains jeunes résidents sont mis sur des pots dans une salle commune, car les WC ne sont pas suffisamment nombreux ; sont lavés dans cette même salle commune, sans aucun respect de leur intimité ; dorment dans d’étroits boxes vitrés, fermés à clé, faute de place dans les dortoirs ; passent la nuit, pour la plupart, attachés sur leur lit, etc. Et cette question, c’est Eric Lemonnier, pédopsychiatre au CHU de Brest qui la pose.

L'équipe de Zone interdite, l'émission de M6, lui a montré la vidéo, réalisée en caméra cachée par une éducatrice de l'IME Moussaron, accusé de « maltraitance institutionnelle » par l’Agence régionale de santé de Midi-Pyrénées. Ces images, très dures, ont été tournées, à l’initiative du réalisateur Nicolas Bourgoin, avant que l’affaire n’éclate sur la place publique, en novembre, suite à la mobilisation d’un collectif. Mais son documentaire de 90 mn ne se limite pas au cas de Moussaron : il lève le voile sur les dérives maltraitantes de certains établissements accueillant des enfants en situation de handicap mental. Enfants handicapés, révélations sur les centres qui les maltraitent, sera diffusé dimanche 19 janvier à 20h50, sur M6.

Des résidents « bourrés de médicaments »

Il nous emmène près d’Arras, dans le Pas-de-Calais, où se déroule le procès de trois éducatrices, accusées d’actes de maltraitance. On les voit frapper et humilier des résidents sur des vidéos tournées, avec une montre-caméra, par David un de leurs collègues, qui ne supportait plus leurs agissements. C’est lui qui avait alerté la gendarmerie, images à l’appui.

Le documentaire nous conduit également en Belgique, où les parents d’une jeune fille autiste, Eva, visitent les locaux d’un établissement, accompagnés du réalisateur, équipé d’une caméra cachée. Les locaux sont bien loin des normes françaises, et des conditions que pourrait offrir l’IME proche de chez eux… mais qui ne peut accueillir Eva, faute de place. 6 000 Français sont accueillis en Belgique, où le bon côtoie le pire, comme cette "usine à Français". « Ça peut être extrêmement rentable, confie cyniquement l’un de ses administrateurs, qui ignore qu’il est filmé. C’est pour ça qu’on parle d’usine » où les résidents sont « bourrés de médicaments », pour faciliter la tâche des salariés. 

Au moins 20 000 places manquantes en France

Ce documentaire-choc, extrêmement bien fait, dénonce également le nombre insuffisant de contrôles réalisés par les Agences régionales de santé dans ces établissements médico-sociaux, dont ils ont la tutelle, et les obstacles que rencontrent les salariés voulant dénoncer des actes de maltraitance. Et il donne longuement la parole aux parents : ils expriment tout à la fois l’amour porté à leur enfant et l'abnégation nécessaire pour s'en occuper, 24 heures sur 24. Ce qui les amène à vouloir trouver des solutions d’accueil, à temps plein ou temps partiel. Mais la France manque cruellement de places…  Au moins 20 000, selon les estimations de Faire Face. Tout juste peut-on reprocher au réalisateur de ne pas avoir pris le temps de bien montrer quelle prise en charge pouvait offrir un établissement de qualité, comme il en existe de très nombreux dans notre pays. Franck Seuret

18 janvier 2014

La France se décharge de nos enfants handicapés en Belgique

Marie PIQUEMAL 17 janvier 2014 à 18:35


La France manque de structures d'accueil pour handicapés. Ici, en 2004 à l'Espace Camille Claudel, à Clermont-l'Hérault. La France manque de structures d'accueil pour handicapés. Ici, en 2004 à l'Espace Camille Claudel, à Clermont-l'Hérault. (Photo Joel Robine. AFP)

ENQUÊTE

La France sous-traite depuis des années la prise en charge des personnes handicapées. Pour des raisons économiques.

Toute sa vie, Hélène, 77 ans, a redouté ce moment. Son fils Christophe est trisomique. Elle l’a gardé à la maison le plus longtemps possible, toujours bien soigné et bien habillé, «tiré à quatre épingles». «Mais il fallait bien un jour lui trouver un autre foyer. J’ai cherché, cherché…» Pas une place de libre. Alors en juillet, elle s’est résolue à accepter la proposition des autorités françaises : expatrier son enfant en Belgique. «Les structures sont saturées en France. Mais le long de la frontière belge, il y a plein de centres, vous aurez le choix. Vous voulez des adresses ?», lui a proposé l’assistante sociale.

Plutôt que de construire un nombre suffisant de structures d’accueil, la France sous-traite depuis des années la prise en charge de milliers de personnes handicapées (essentiellement des handicapés mentaux), en orientant les familles vers la Belgique. Plus de 1 500 mineurs sont concernés – on ne connaît pas les chiffres exacts pour les adultes, entre 3 000 et 5 000.

«D’un certain côté, heureusement que les Belges veulent bien nos enfants, vu que la France n’en veut pas ! Il est inacceptable que l’Etat français se décharge ainsi depuis toujours des personnes handicapées.» Bernard Peyroles a créé il y a sept ans l’association Andephi, qui regroupe des parents de personnes handicapées en institution. Il se bat pour que cesse cet exil forcé et que la France prenne enfin ses responsabilités. En attendant, face à cette carence, un marché juteux s’est développé le long de la frontière belge. Avec le meilleur comme le pire. Si certains établissements sont de bonne qualité, d’autres échappent à tout contrôle.

Un marché lucratif pour la Belgique et la France

Pour l’économie belge, l’équation est positive. Isabelle Resplendino, secrétaire adjointe d’Autisme France, habite dans la province du Hainaut, près de la frontière. Elle voit pousser comme des champignons de nouveaux centres pour handicapés. «On les appelle des usines à Français. Il n’y a aucun Belge à l’intérieur, si ce n’est le personnel… Dans le coin, tout le monde a quelqu’un dans sa famille qui travaille dans l’un de ces centres.» L’Etat français cautionne ce système, le finance même. La Sécu ou les conseils généraux, ou les deux selon les situations, paient un forfait journalier pour ces ressortissants exilés.

C’est tout bénéf pour les finances de la France ; la différence de prix entre une prise en charge en Belgique et en France peut varier du simple au double. «Les prix changent selon les établissements et la lourdeur du handicap. Mais pour vous donner une idée, en France, le prix à la journée dans un foyer d’accueil médicalisé (FAM) varie entre 200 et 400 euros. En Belgique, c’est plutôt entre 150 et 180 euros», détaille Isabelle Resplendino. Le prix du bâti et des normes belges moins contraignantes expliquent en grande partie la différence de prix. «Par exemple, chez nous, chaque chambre doit être équipée d’une douche individuelle, d’un lavabo avec miroir. En Belgique, non.» Les coûts de personnel sont aussi moins élevés : le taux d’encadrement n’est pas le même, ni les niveaux de salaire. La France fait donc une économie substantielle en sous-traitant ainsi la prise en charge de ses ressortissants handicapés.

Des «usines à Français» sans contrôle

Dès 2005, l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) pointait le problème dans un rapport. «Le système wallon possède deux types de reconnaissance des établissements pour handicapés : l’agrément (qui garantit par des contrôles la qualité du fonctionnement et des prestations) et l’autorisation (qui atteste seulement de l’existence de conditions de sécurité). Or, l’autorisation est souvent interprétée, à tort, notamment par les conseils généraux français, comme un label de qualité.» Ces établissements simplement «autorisés» sont des structures privées qui n’accueillent quasiment que des Français. Il en existerait 140 selon le dernier recensement d’Andephi, contre une centaine il y a deux ans. 

Les familles démunies et sans alternative

Ces structures hors de tout contrôle médical ont pour certaines des pratiques abusives. «Quand vous rentrez, parfois vous prenez peur. C’est comme dans le film Vol au-dessus d’un nid de coucou. Des gosses shootés qui bougent pas», raconte Isabelle Resplendino. Sur le forum d’Andephi, une mère, inquiète pour sa fille, témoigne : «Elle est souvent consignée dans une chambre d’isolement dite de "sérénité" dans laquelle elle est enfermée une demi-journée voire une journée entière. Est-ce que ce sont des méthodes courantes ? Ou bien de la maltraitance ? La dernière fois que j’ai récupéré ma fille, elle avait des difficultés à rester debout et fléchissait sur ses jambes. Je suis en souffrance de ce constat et inquiète concernant sa santé. Que me conseillez-vous ? Que dois-je faire ?» Il y a aussi des centres où le directeur fait visiter aux parents le bâtiment flambant neuf avec un super équipement, des espaces verts. Mais le jour de leur arrivée, changement de bâtiment et de décor.

C’est ce qui est arrivé à Christophe, le fils d’Hélène. «Le directeur de l’établissement m’a vendu sa sauce, en nous disant que Christophe pourrait voir des animaux dans un grand jardin. Au final, il ne met pas le nez dehors. Le jour de son arrivée, le directeur nous a dit que finalement, il irait dans un autre bâtiment. Ils vivent les uns sur les autres, sur des chaises longues à moitié cassées. On est obligé d’appeler avant chaque visite et nous n’avons pas le droit de monter dans sa chambre», raconte-t-elle, dépitée. La dernière fois qu’elle est allée le voir, il s’est mis à pleurer. Du coup, l’établissement a restreint les visites : «Désormais, il ne m’autorise à voir mon fils qu’une fois par mois.» Mais ce qui l’inquiète le plus, c’est ce passage du règlement intérieur, indiquant que l’établissement se réservait le droit d’exiger la tutelle de ses pensionnaires, pour «simplifier les démarches». Les associations conseillent de ne pas céder à ce chantage.

«Le plus révoltant dans cette situation, c’est qu’on ne laisse pas le choix aux familles. C’est la Belgique ou rien», s’insurge Bernard Peyroles, de l’association Andephi. Sur son site Internet, il compile les témoignages. Beaucoup d’histoires se ressemblent. Certains parents quittent leur maison et leur région pour s’installer près de la frontière belge afin de pouvoir rendre visite plus souvent à leurs enfants. Marie-José Colomb, originaire de Toulouse, a vécu à Valenciennes pour se rapprocher de sa fille. «Je ne conseille pas en revanche aux parents d’aller vivre en Belgique. Cela devient vraiment compliqué de faire valoir les droits de votre enfant.» Car non seulement la France exile ses ressortissants handicapés, mais en prime, la Sécu rechigne parfois à rembourser les feuilles de soins faites en Belgique. «A chaque fois, il faut se battre. Moi, je suis impliquée dans le milieu associatif, je connais mes droits, je sais les défendre. Mais tous les autres, comment font-ils ?» Le pire, raconte-t-elle, «ce sont ces familles qui s’entendent dire un beau jour : votre enfant est dans une structure belge depuis vingt ans. Il ne vit plus en France de fait, on arrête de payer.»

Les autorités françaises pas pressées

Dans une récente interview au Monde, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, déclarait avoir découvert l’existence de «ces boîtes à Français en mars 2013 et combien elles étaient mal contrôlées». Pourtant, l’Igas a rendu un rapport dès septembre 2005, s’alarmant de cette situation. Suivront deux rapports parlementaires, le dernier datant de 2009. En 2011, un accord-cadre a été signé entre la France et la région de Wallonie pour permettre au moins à des inspecteurs du Nord-Pas-de-Calais de mettre les pieds dans ces établissements. Mais cet accord n’est pas encore appliqué. Comme tout texte international, la procédure prend du temps, répond le ministère. «Cela dit, estime Marie-José Colomb, rien n’empêche l’Assurance maladie comme les conseils généraux qui financent de demander des garanties ou un droit de regard sur les pratiques. Mais ce qui les intéresse, c’est les tarifs proposés les plus bas possibles. Pour le reste, ils ferment les yeux.»

Marie PIQUEMAL
18 janvier 2014

Dignité des personnes handicapées : Marie-Arlette Carlotti, ambitieuse et ferme

17 janvier 2014

Alors que M6 prévoit ce dimanche 19 janvier la diffusion du reportage « Enfants handicapés : révélations sur les centres qui les maltraitent », la Ministre en charge des personnes handicapées, tient à réaffirmer son engagement déterminé pour la bientraitance des personnes accueillies en établissement.

« Je continuerai à faire preuve de la plus grande fermeté avec les établissements dans lesquels des maltraitances auront été avérées. Comme je l’ai fait avec l’IME Moussaron, je n’hésiterai pas à ordonner des mises sous administration provisoire. Quand il s’agit de protéger l’intégrité des personnes, l’Etat doit intervenir avec autorité. »

La maltraitance prend des formes diverses qui parfois se cumulent : dépistage tardif, absence d’accompagnement ou ruptures dans l’accompagnement, inadaptation des prises en charge, violences dans l’établissement…

Contre toutes ces manifestations, la Ministre en charge des personnes handicapées apporte des solutions : création de 4000 places par an avec priorité aux handicaps lourds, transformation de l’offre pour une meilleure prise en charge, 3ème plan autisme, mis en place d’un dispositif d’urgence pour le situations critiques, mission en vue d’une réforme des règles d’admission et de sortie des établissements pour empêcher les ruptures brutales…

« Je veux à la fois être ambitieuse et ferme pour assurer la dignité des personnes handicapées. Je suis la première responsable et la garante de cette dignité. Mais les professionnels, les gestionnaires d’établissement et les associations sont aussi concernés. Tout le monde doit se mobiliser ; l’enjeu est grave. »

17 janvier 2014

Documentaire sur la maltraitance sur M6 : c'est dimanche 19 janvier 2014 à 20h50

Maltraitance des enfants handicapés, rencontre avec les équipes de Zone Interdite on Vimeo

Devenez FAN de la page de Zone Interdite https://www.facebook.com/ZONEINTERDITE?fref=ts Interview de Nicolas Bourgoin qui a réalisé le documentaire qui sera diffusé dimanche soir, à 20h50, sur M6.
Il a été marqué par la "maltraitance institutionnalisée" dans certains centres spécialisés pour enfants handicapés.
Zone interdite
Magazine d'information diffusé un dimanche sur deux en prime-time. Il se compose de divers reportage...
13 janvier 2014

Valérie Trierweiler, ses voeux militants pour l'enfance

article publié dans Gala

L'enfance maltraitée sera grande cause nationale en 2014

Publié le 02 janvier 2014 à 11h24 par Armelle Semont
Valérie Trierweiler, ses vœux militants pour l'enfance

Valérie Trierweiler, ses vœux militants pour l'enfance

Elle a posté ses vœux sur Twitter, d'un nouveau genre. Ils sont militants. La première dame, Valérie Trierweiler, souhaite défendre les enfants maltraités. 2014 sera leur année.

«2 enfants meurent par jour». Il y a des façons plus légères de marquer la nouvelle année, mais Valérie Trierweiler a choisi de profiter du passage à 2014 pour transmettre un message: «Très bonne année à tous. Que 2014 voie la lutte contre l'enfance maltraitée désignée comme #grandecausenationale. 2 enfants meurent par jour», a-t-elle écrit sur Twitter. La première dame s'est jointe au sénateur socialiste Anré Vallini qui mène depuis plusieurs mois une campagne pour que la lutte contre l'enfance maltraitée soit désignée grande cause nationale 2014.

C'est aujourd'hui chose faite. Selon l'Unicef, un enfant sur six est dans une situation d'exclusion sociale. Au mois de novembre, après la publication de ses chiffres, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, avait lancé un appel pour mettre «un coup de projecteur» sur l'enfance maltraitée.

Le texte rappelait que «chaque jour, en France, deux enfants meurent de violences infligées par des adultes,le plus souvent leurs parents», et que «la maltraitance ce n'est pas simplement les coups, ce n'est pas simplement une violence physique, c'est aussi une violence psychologique, des humiliations». Parmi les signataires, les psychanalystes Boris Cyrulnik et Elisabeth Roudinesco, les anciens ministres Jack Lang et Luc Ferry, et aussi la compagne de François Hollande.On ne pourrait trouver meilleure ambassadrice de la cause qu'elle.

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 > >>
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Visiteurs
Depuis la création 2 429 148
Newsletter
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Archives
Publicité