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"Au bonheur d'Elise"

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27 juin 2018

Les vacances aux Sables d'Olonne avec Lisou

Revenons à la fille conductrice de ce blog (c'est mieux que le le fil conducteur ... et certainement plus animé). Quelques photos ... sous le soleil exactement ...

 

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27 juin 2018

Saint-Jean-Brévelay. Refus d’une AVS : la détresse d’une maman

article publié dans Le Télégramme

Publié le 25 juin 2018 à 10h56 Modifié le 25 juin 2018 à 18h05

Anaïs, ici avec sa maman Anouck, espère que son appel sera entendu et que sa situaton sera revue.

Anaïs, ici avec sa maman Anouck, espère que son appel sera entendu et que sa situaton sera revue. (Photo Y. L. S.)

À la rentrée prochaine, Anaïs ne pourra bénéficier de l’aide d’une assistante de vie scolaire. Sa maman ne peut ni ne veut l’accepter.

Anaïs Parrot, bientôt 11 ans, actuellement scolarisée à l’école Notre Dame, à Saint-Jean Brévelay, en classe de CM2, est dyslexique et dysorthographique. Afin que sa rentrée en sixième, en septembre, se déroule le mieux possible, ses parents ont déposé un dossier auprès de la maison de l’autonomie, avec pour objectif de bénéficier de l’aide d’une assistante de vie scolaire (AVS).

La nouvelle est tombée la semaine dernière, tel un couperet : c’est « niet », au motif que « la situation décrite ne relève pas d’un accompagnement ». « Anaïs est suivie depuis la classe de CP. Une fois par semaine, depuis 2014, elle se rend chez son orthophoniste. Lors de la dernière réunion pédagogique, ses parents ainsi que toutes les personnes présentes, dont le chef de l’établissement du collège Saint-Louis, ont mis en avant le besoin pour elle d’avoir une AVS, même quelques heures, à ses côtés. L’essentiel, c’est de la soutenir et surtout l’assister pour reformuler les consignes ou phrases entendues lors des cours », insiste Anouck, sa maman.

L’envie de réussir

« Sa dyslexie et sa dysorthographie la pénalisent dans son apprentissage scolaire. Elle fait, malgré tout, preuve d’une capacité d’attention et de réflexion qui lui permettent de s’investir dans un travail de rééducation du langage écrit. Sa dyslexie ne se voit pas forcément dans l’écriture ni sa lecture. Elle met énormément d’énergie pour mémoriser des leçons, des poésies, des tables. Elle est très volontaire et veut réussir.

C’est une enfant qui s’investit avec régularité dans sa rééducation », poursuit-elle, la main sur le cœur. Et de poursuivre, les larmes au bord des yeux : « Elle a eu de la chance depuis trois ans qu’elle est scolarisée à l’école Notre-Dame de tomber sur une équipe pédagogique qui a réussi à mettre en valeur ses compétences et non pas ses points faibles. Ils ont pris le temps de voir avec elle comment l’accompagner, comment adapter son travail à la maison et à l’école. Ils ont su lui redonner confiance en elle. Anaïs est une enfant travailleuse, qui fait au mieux. En n’accordant pas cette aide, la commission refuse à Anaïs le droit de pouvoir réussir ».

Recours gracieux, toujours possible

Du côté de la Maison de l’autonomie, basée à Vannes et placée sous l’autorité du conseil départemental du Morbihan, on admet comprendre le désespoir de la famille. Pour autant, pas question de commenter la décision qui a été prise. « Les parents d’Anaïs ont toujours la possibilité de la contester et de déposer un recours gracieux. Si nécessaire, ils peuvent enrichir le dossier avec de nouveaux arguments en leur faveur. Qu’ils n’hésitent pas à s’adjoindre les services d’une assistante sociale. Ici, dans nos locaux, nous avons une personne qualifiée qui peut les épauler dans leur démarche ».

« Refuser l’AVS à Anaïs, c’est lui interdire de grandir dans la vie », clame Anouck qui sait qu’elle n’est pas seule dans cette situation. « Plus nous serons à nous battre, plus nous obtiendrons de moyens en faveur de nos enfants ».

26 juin 2018

Stratégie nationale pour l'autisme. Le point de vue de la Fédération française Sésame Autisme

26 juin 2018

Un foyer médicalisé ouvert pour de jeunes adultes autiste à Verdelais en Gironde

article publié sur le site de France 3 - Nouvelle Aquitaine

Le foyer d'accueil médicalisé du Verdelais en Gironde prend en charge de jeunes adultes en grand besoin d'accompagnement / © F3 Aquitaine/D. Bonnet

Le foyer d'accueil médicalisé du Verdelais en Gironde prend en charge de jeunes adultes en grand besoin d'accompagnement / © F3 Aquitaine/D. Bonnet

Ce foyer accueille des jeunes en grand besoin d'accompagnement. Moyenne d'âge : 23 ans. Il s'agit de les aider à devenir le plus autonome possible afin de faciliter leur insertion dans la société. Sa création entre dans le cadre du plan autisme 2013-1017.

Par CAPublié le 26/06/2018 à 10:33Mis à jour le 26/06/2018 à 11:59

Le projet a été lancé en 2009. Il aura donc fallu attendre près de dix ans pour le voir aboutir.

A l'origine, l'ADIAPH (association pour le développement, l'insertion et l'accompagnement de personnes handicapées) et l'association de parents "Lo Camin" cherchaient à ouvrir une structure spécifique pour les jeunes autistes.

Ils ont obtenu l'accord du Conseil Départemental de la Gironde, territoire pilote en matière d'inclusion des personnes en situation de handicap.

Le département a financé une partie des travaux. Il a aussi accepté de participer à la rémunération du personnel aux côtés de l'Agence Régionale de la Santé

Il s'agit de "permettre à toutes les personnes qui vivent avec un handicap de trouver un lieu d'habitation qui correspond à leur projet de vie" peut-on lire dans un communiqué du Conseil Départemental.

Dans le centre de Verdelais en effet, tout est pensé pour faciliter le quotidien des 12 jeunes autistes accueillis de façon permanente.

Chaque résident vit à son propre rythme, avec un emploi du temps personnalisé.

Et chacun peut visualiser les tâches de son quotidien grâce à des pictogrammes.

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  Les jeunes autistes peuvent se référer à des pictogrammes pour savoir où ils doivent aller et ce qu'ils doivent faire chaque jour, un repère rassurant pour eux / © F3 Aquitaine/D.Bonnet

"Ce sont des repères, il faut que ce soit clair, très cadré, sinon, c'est déroutant. Chaque action a une image pour qu'ils sachent où ils vont aller, ce qu'ils vont faire..." nous explique l'une des infirmières de l'équipe, Margot Durieux. 

Aux douze places permanentes proposées dans ce foyer de Verdelais, s'ajoutent deux places temporaires et une place d'urgence.

Dans le reportage qui suit, on découvre le centre d'accueil avec Clémentine, une jeune pensionnaire et le personnel nous explique son fonctionnement.


Un foyer médicalisé ouvert pour de jeunes adultes autiste à Verdelais en Gironde
Ce foyer accueille des jeunes en grand besoin d'accompagnement. Moyenne d'âge : 23 ans. Il s'agit de les aider à devenir le plus autonome possible afin de faciliter leur insertion dans la société. Sa création entre dans le cadre du plan autisme 2013-1017. - E.Galand/D.Bonnet
26 juin 2018

Guillaume Gouffier-Cha, Député a visité l’école de T.E.D et ses amis à Saint-Maur-des-Fossés le 25.6.2018

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26 juin 2018

Les personnes handicapées : citoyens de seconde zone sans droit à un recours effectif ?

26 juin 2018

Collégien autiste humilié : ce n'est pas un acte isolé !

Résumé : L'humiliation d'un collégien autiste, diffusée en vidéo sur les réseaux sociaux, a agité le web. Une situation vécue par de nombreuses personnes autistes selon SOS autisme qui réclame une campagne de sensibilisation dans les écoles.

Par , le 25-06-2018

 

Quatre surveillants affectés dans un collège d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont été suspendus le 21 juin 2018, soupçonnés de s'être moqués d'un élève autiste, d'avoir filmé la scène et de l'avoir diffusée sur les réseaux sociaux. La victime avait empli son sac de pain. Les surveillants ont voulu le punir d'avoir pris du pain et ils se sont moqués de lui. L'un d'eux a filmé la scène qui s'est ensuite retrouvée sur Snapchat mais la vidéo n'était plus visible le lendemain. Acte isolé ou attitude récurrente à l'égard des personnes différentes ?

Un acte pas vraiment isolé

L'association SOS autisme France assure qu'elle est chaque mois alertée par les familles sur des situations de harcèlement ou de moqueries de jeunes autistes, notamment dans les collèges. « L'humiliation subie par ce collégien reflète la situation actuelle des personnes autistes à l'école, et dans la société française en général, explique Olivia Cattan, sa présidente. L'autisme est encore moqué, servant d'insulte, notamment chez les plus jeunes. » Selon elle, la sensibilisation que fait l'association dans les écoles à la seule demande de certains établissements ne suffit pas. L'association avait pourtant demandé au ministère de l'Education nationale de mener de véritables campagnes de sensibilisation à l'échelle nationale, seules à pouvoir mettre fin à ce genre de comportement. Déplorant que les clichés et les préjugés sur l'autisme demeurent, Olivia Cattan juge qu'il « est temps que la politique d'envergure et interministérielle en matière d'autisme promise par le gouvernement se répercute enfin sur le terrain ». Elle demande à être reçue par Jean-Michel Blanquer à ce sujet.

Réaction de Sophie Cluzel

De son côté, sur Twitter, la secrétaire d'Etat en charge du handicap, Sophie Cluzel, s'est déclarée « profondément indignée par cet acte d'humiliation ». « Si avérés, ces faits sont d'une extrême gravité. Je serai très vigilante aux conclusions de l'enquête en cours. L'école doit être un modèle d'ouverture et d'acceptation, au service de l'éducation citoyenne », a-t-elle ajouté. Après 9 mois de concertation, le gouvernement a dévoilé sa Stratégie nationale pour l'autisme 2018-2022 le 6 avril 2018. Parmi ses 20 principales mesures (article en lien ci-dessous), l'objectif de « rattraper notre retard en matière de scolarisation ». Il promet de « garantir à chaque enfant un parcours scolaire fluide et adapté à ses besoins, de l'école élémentaire au lycée » et de « former et accompagner dans leur classe les enseignants accueillant des élèves autistes ». Et les surveillants ?

Enquête en cours

Ces quatre assistants d'éducation ont fait l'objet d'une suspension à titre conservatoire dans l'attente des résultats de l'enquête administrative, a expliqué le rectorat, qui a également émis un signalement en direction du parquet. "L'enfant n'a pas compris qu'on se moquait de lui, il va bien", a ajouté cette source. Selon le rectorat, le principal a tout de suite appelé le père de l'enfant pour l'informer et le recevra lundi.

©  i-picture/Fotolia

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

26 juin 2018

Marie, autiste de 23 ans, vit isolée et oubliée selon sa maman ->Il est temps d'ouvrir des centres de jours adaptés à l'autisme!

Marie, autiste de 23 ans, vit isolée et oubliée selon sa maman:

Patricia et sa fille Marie vivent ensemble à Andrimont en province de Liège. La jeune femme se sent bien dans l’appartement de sa maman mais elle n’a pas vraiment d’autre endroit où aller pour le moment. Patricia n’ayant pas de voiture, leurs sorties se limitent souvent à des promenades dans les environs. Elle aimerait que sa fille puisse s’épanouir, tisser des liens sociaux, avoir des activités plus variées. Marie pourrait progresser, gagner en autonomie, acquérir des compétences pour s’insérer socialement. Mais pour les adultes autistes, il n’y a rien, déplore sa maman. "À cause du manque de structure, Marie reste à la maison, sans soutien et isolée, oubliée par la société", dénonce-t-elle via notre bouton orange Alertez-nous.


Des battements de mains et des balancements révélateurs

À 18 mois, Marie a été diagnostiquée "autiste sévère", raconte sa maman. Ses balancements avant-arrière, parfois très violents, ainsi que ses battements de mains (flapping) ont été les premiers signes qui ont poussé les parents à consulter. "Les signes cliniques apparaissent très tôt dans la vie de l’enfant, soit dès sa naissance, soit entre la première et la seconde année de vie", indique le Pr Anne Wintgens, responsable du Centre de référence pour les troubles du spectre autistique des Cliniques Saint-Luc. La spécialiste cite quelques signes qui doivent alerter : "L’enfant ne fixe pas le regard. Il ne pointe pas pour demander ou marquer leur intérêt. Il ne répond pas au sourire et n’initie pas de relation par le sourire ou le regard. Il ne répond pas au bruit ou à l’appel de son prénom."


"C’était presque notre faute"

Après un rendez-vous chez un neuropédiatre, un généticien a confirmé le diagnostic de Marie. Un verdict qui a marqué le commencement de plusieurs "années de galère" pour Patricia. "Il n’y avait pas internet. On ne pouvait pas partager, on restait chez soi, on était culpabilisé par les gens autour de nous. C’était presque notre faute", se souvient-elle.

Dans les années 90, l’autisme était encore abordé sous le prisme de la psychanalyse. Certains praticiens affirmaient alors que ce trouble était causé par un comportement inapproprié de la mère, trop froide ou trop possessive. Puis les méthodes comportementales ont pris le pas sur l’approche psychanalytique. Aujourd’hui, les professionnels évoquent des facteurs multiples (neurologiques, génétiques, environnementaux et psychologiques) et préfèrent parler de Troubles du Spectre Autistique (TSA) plutôt que d’"autisme".

"À l’heure actuelle, le diagnostic reste un diagnostic clinique qui repose sur la présence d’un ensemble de symptômes dans le domaine de la communication et des interactions sociales et dans le domaine des comportements stéréotypés, des intérêts restreints et des sensibilités sensorielles particulières", explique le Pr Anne Wintgens, qui souligne l’importance l’un diagnostic précoce pour une prise en charge la plus précoce possible.


Accaparée par les besoins de sa fille, Patricia a "perdu l’espoir de travailler"

Les troubles du spectre autistique touchent une personne sur cent – plutôt des garçons. "Ça s’abat sur une famille, détruit la famille. On ne sort pas indemne : le frère, la sœur, le père la maman, la grand-mère, les tantes… Il y a quelque chose qui part, qui s’en va", confie Patricia. "Soit, ça soude la famille très fort, soit la famille éclate", raconte Flora Arrabito, présidente de l’asbl Autisme en action. Mais il y a une majorité de familles éclatées, constate-elle.

Mère de 7 enfants, 5 garçons et deux filles. Patricia a dû canaliser son attention sur Marie. "Je me suis dit que j’allais être aidée", se souvient-t-elle. "Mais je me trompais, je me trompais, c’était fou", constate-t-elle avec le recul. Elle a été contrainte de quitter son travail de secrétaire pour se focaliser sur les besoins de sa fille. "J’ai perdu l’espoir de travailler un jour", confie-t-elle. Pour Marie, Patricia s’est faite tour à tour infirmière, assistante sociale, docteur, pédicure, couturière, clown, kiné, coiffeur, institutrice… "La maman n’est plus une maman. Elle tient toutes les casquettes", raconte également Flora Arrabito, elle-même mère d’une jeune femme de 26 ans autiste.


Après ses 15 ans, Marie n’a plus trouvé de structure adaptée

Suite à son divorce, Patricia s’est rapidement retrouvée seule avec Marie, alors que la fillette avait 4 ou 5 ans. "Le père ne se sentait pas capable de faire avancer Marie", résume-t-elle. Heureusement, Patricia a trouvé une place adéquate pour sa fille à La Court’Echelle, un institut d’enseignement spécialisé de la communauté française. "Là, Marie évoluait, était heureuse, très encadrée", raconte-t-elle. La jeune fille a fréquenté cet établissement jusqu’à ses 14,15 ans. Ensuite, elle a rejoint l’Athénée Verdi de Verviers, où elle est restée deux ans, puis a intégré un centre d'enseignement secondaire spécialisé de Cerexhe. Deux établissements qui n’ont pas apporté à Marie ce dont elle avait besoin. Le personnel, certes attentif, n’était pas formé à l’autisme. "Elle n’apprenait plus rien", regrette la maman.

Si Marie a beaucoup évolué jusqu’à ses 15 ans, il n’y a plus eu de structures adaptées pour qu’elle continue sur cette pente ascendante. Aujourd’hui, elle vit en retrait de la société, ne côtoyant presque que sa maman, seule personne qui se charge de la faire progresser. "Il est temps d'ouvrir, de créer des centres de jours adaptés à l'autisme !", tonne Patricia.

"Marie est intelligente, douce, gentille mais elle fait partie des "oubliés" de notre société ce qui est d'une grande violence pour moi sa maman"

De rares centres adaptés à l’autisme, et très peu de places dans les autres

Les infrastructures réellement adaptées à l’autisme se comptent sur les doigts d’une main, indique Cinzia Agoni, porte-parole du GAMP (Groupe d'Action qui dénonce le Manque de Places pour personnes handicapées de grande dépendance) et présidente de l’asbl Inforautisme. Pour obtenir une place dans un de ces centres, il y a des listes d’attente "pour plusieurs années", regrette-t-elle, citant par exemple le centre "Les Jacinthes", saturé.

Les personnes autistes sont donc dispatchées dans des centres qui accueillent différents publics, explique Flora Arrabito, d’Autisme en action. "À la fin du mois de juin, vous prenez toutes les écoles d’enseignement spécial, ils ont chacun des dizaines et des dizaines de jeunes qui rentrent dans l’âge adulte. La moitié ou les ¾ vont rester sur le carreau, sans solution", déclare-t-elle.

Car les places dans les établissements qui accueillent différents types de handicap (polyhandicap, autisme, et autre handicap de grande dépendance) sont aussi très convoitées. Et la sélection faite à l’entrée ne joue pas en faveur des personnes autistes. "Ils préfèrent prendre les éléments les moins perturbateurs pour les équipes", dit Flora Arrabito. Puisque le personnel de ces centres est rarement formé à la prise en charge de l’autisme.


Le personnel des centres d’accueil n’est pas suffisamment formé à la prise en charge de l’autisme

L’autisme a été reconnu comme handicap en Belgique, dans la partie francophone du pays, seulement en 2004, rappelle la responsable du GAMP. "Mais les formations n’ont pas suivi", indique-t-elle. S’il existe des méthodes qui ont fait leurs preuves (TEACCH, ABA), les éducateurs ne les connaissent pas forcément. "Dans les écoles pour éducateurs, on aborde parfois l’autisme mais pas nécessairement avec les connaissances actuelles", regrette Cinzia Agoni

En conséquence, dans certaines institutions, les personnes autistes sont "parquées et bourrées de médicaments", rapporte Cinzia Agoni. Un traitement qui les transforme en vrais "zombies", dénonce-t-elle. "C’est un peu notre combat par rapport à l’autisme, le combat des bonnes pratiques dans les centres qui accueillent les personnes handicapées", explique-t-elle.


Des parents "pris en otages"

De son côté, Patricia se bat pour trouver des soins adaptés et des activités de jour pour sa fille. "Il n'est pas possible de la faire régresser en la mettant n'importe où !", martèle-t-elle. De nombreux parents d’enfants autistes se voient proposer du "all inclusive, 24 heures sur 24", alors qu’ils ne cherchent que des activités de jour, explique Cinzia Agoni. "Ils sont pris en otages", s’indigne-t-elle. "Ou bien vous prenez cette place-là, ou bien tant pis, votre personne handicapée, vous la gardez chez vous."


"La création de structures de répit est fondamentale pour les familles"

Patricia plaide pour la création de "points-relais", où les adultes atteints de TSA pourraient poursuivre leur apprentissage — pas des garderies, insiste-t-elle. "Les mamans sont pros pour ça", dit-elle. Flora Arrabito, d’Autisme en action, revendique également, depuis des années, l’ouverture de ce qu’elle appelle des "haltes répits". L’idée est plus ou moins la même : un local où une personne compétente pourrait, quelques heures par semaine proposer des activités en vue de faciliter l’insertion sociale, voire professionnelle, des adultes atteints de TSA.

"La création de structures de répit est fondamentale pour que les parents et les familles puissent tenir le coup. Il en existe encore beaucoup trop peu à l'heure actuelle", déclare le Pr. Anne Wintgens. La Wallonie compte en effet quelques rares services de répit en: "Souffle un peu" dans le Namurois, la 2eme base à Gembloux… tous saturés de demande.

Pourquoi en existe-t-il si peu ? D’abord à cause du manque de budget, le nerf de la guerre pour les associations. Le cadre législatif actuel ne convient pas au développement de ce genre de structures. "Vous avez des gens différents qui arrivent à des moments différents et il faut faire des comptes d’apothicaire pour recevoir les subsides", explique Cinzia Agoni. "C’est plus facile d’ouvrir un centre résidentiel tout compris plutôt que se casser la tête avec un centre de répit", constate-t-elle.


Des pouvoirs publics inertes devant l’urgence de la situation ?

En désespoir de cause, une vingtaine d’associations représentatives du secteur du handicap en Belgique a emprunté la voie judiciaire. En 2013, la Belgique a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour carence de solutions pour les adultes de grande dépendance. Les pouvoirs régionaux et communautaires ont mis en place le Plan Grande Dépendance 2014-2017 pour entrer en conformité avec la Charte sociale européenne.

En avril 2016, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et Bruxelles ont présenté conjointement un plan transversal Autisme, dans le but d’améliorer la prise en charge et les conditions de vie des personnes concernées. "Ce plan Autisme a permis, en Wallonie, la création de 81 places dans des dispositifs spécialisés (35 chez les enfants, 41 pour les adultes) ainsi que 12 places en unité de crise réparties de façon équitable entre le secteur jeunes et adultes. De même, 39 nouvelles places de répit (dont 25 pour les adultes) ont également été programmées", fait valoir Caroline Jauniaux, porte-parole de la ministre wallonne en charge de l'action sociale, Alda Greoli.

Cinzia Agoni met sérieusement en doute ces chiffres et compte bien demander des comptes au cabinet de la ministre en question. "Ce sont des places de crises, pas des solutions", note-t-elle par ailleurs. "Il y a une demande énorme, ce sont de centaines de personnes qui n’ont rien (…) C’est tout à fait dérisoire", réagit-elle également. Son sentiment par rapport à ce plan Autisme ? "Lamentable ! Ce plan n’existe quasiment pas, ne veut rien dire, c’est une coquille vide", tempête-t-elle.

"On nous a promis plein de choses. Mais aujourd’hui, si vous parlez à un parent, et vous dites ‘le plan autisme est sorti il y a plus d’un an. Est-ce que vous sentez des améliorations ?’ Ils vont vous dire non", raconte la responsable d’Autisme en action. "Concrètement dans la vie de tous les jours, ce n’est pas visible", ajoute-t-elle.


Patricia dénonce certaines idées reçues sur l’autisme

Si le personnel formé à l’autisme est encore rare, le grand public a également des connaissances très faibles en la matière, constate Patricia. "Soit on va dans le cliché du surdoué : le ‘Rainman’, qui est magique, ou alors la personne qu’on véhicule partout et qui ne comprend rien à rien", déplore-t-elle. Plus agaçant encore, les questions sur l’agressivité de sa fille Marie, alors que celle-ci est au contraire d’une grande douceur.

"Les personnes avec autisme ne sont pas plus agressives que les autres mais elles peuvent présenter des troubles de comportement", explique le professeur Wintgens. "Ces troubles peuvent être liés à une difficulté de communication, un manque de compréhension d’une situation, une rigidité de la pensée". "Certains changements, mêmes minimes, peuvent générer un stress", ajoute la spécialiste.

Patricia dénonce aussi le cliché de la "débilité". Si sa fille n’est pas "Rainman", elle est très intelligente, assure-t-elle. "Marie va comprendre un tas de choses que je ne vais pas sentir directement", raconte-t-elle. "Eux ont comme un autre sens, beaucoup plus parfait que nous, plus subtil, beaucoup plus développé", estime-t-elle. "Leur intelligence a souvent un profil hétérogène avec des forces dans les domaines visuels, dans le raisonnement perceptif par rapport au domaine langagier", explique le Pr. Anne Wintgens.

"Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met, de ces lieux retranchés de la vie, pour les inclure dans la vie, dans la société, avec nous"

"Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met"

Patricia et Flora souffrent du regard des gens sur leur fille. "Combien de fois m’est-il arrivé de sortir d’un magasin avec elle parce que les regards se posaient sur nous", raconte la présidente d’Autisme en action. "C’était extrêmement gênant", confie-t-elle. Patricia rapporte des expériences similaires, évoquant notamment des groupes de jeunes qui regardent Marie "de la tête aux pieds".

Pourquoi ces regards pesants ? "Parce que le public belge n’est pas confronté à la différence", déplore Flora Arrabito. "Où sont les adultes autistes ?", interroge Patricia. "Je n’en vois aucun", s’étonne-t-elle. "Ni dans la rue, ni dans les médias." "C’est incroyable, le peu de visibilité qu’ils ont. C’est comme s’ils n’existaient pas", renchérit Flora Arrabito. "Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met, de ces lieux retranchés de la vie, pour les inclure dans la vie, dans la société, avec nous", adjure-t-elle. "Il faut mettre l’autiste avec des personnes comme vous et moi", dit également Patricia.

"Les autistes adultes qui ont des gros troubles du comportement, on ne veut pas les voir parce qu’ils dérangent"

Les adultes atteints de TSA pas assez représentés dans les médias

Quand il s’agit d’aborder l’autisme, les médias feraient la part belle aux enfants, au détriment des adultes. "L’enfant avec de grands yeux mignon, même s’il ne vous regarde pas, passe beaucoup plus facilement que l’adulte qui peut montrer des signes de handicap", note Cinzia Agoni. Contrairement aux plus jeunes, l’adulte ne touche pas, n’intéresse pas les gens, regrettent-elles. Cinzia Agoni note tout de même la médiatisation de certains adultes, comme Josef Schovanec, philosophe, ou Hugo Horiot, écrivain et comédien. "On veut voir les autistes adultes qui sont bien élevés, qui savent bien parler, ça oui. En revanche, les autistes adultes qui ont des gros troubles du comportement, on ne veut pas les voir parce qu’ils dérangent", dit-elle. Pourtant, le rôle des médias est "primordial", souligne Cinzia Agoni, qui se réjouit tout de même d’un regain d’intérêt de leur part ces trois dernières années.

"Ce qu’on se demande avec un enfant autiste, c’est ‘qu’est-ce qu’il deviendra quand moi je ne serai plus là ?"

Décloisonner les enseignements ordinaire et spécialisé pour favoriser l’inclusion

La scolarisation d’élèves handicapés au sein de classes ordinaires est un autre levier pour encourager l’ouverture à la différence. Il est évoqué dans le plan transversal autisme, mais ces classes dites "inclusives" n'en sont qu’à leur début en Belgique. Des expériences pilotes sont menées par le Cabinet de la Ministre Marie Martine Schyns sur un total de 8 classes pour l’année scolaire 2017-2018. "C’est une goutte dans l’océan", note Florra Arrabito. "Nous profiterons de la prochaine année scolaire pour proposer des modifications de décret facilitant la création ou la pérennisation des classes inclusives", assure Paul-André Leblanc, conseiller auprès de la Ministre Schyns.

Pour se changer les idées, sortir de la problématique de l’autisme, Patricia fait de longues marches dans Verviers. C’est sa "thérapie", dit-elle. Si elle a tant besoin de ces moment-là, c’est aussi parce qu’elle ressent une certaine angoisse concernant l’avenir de Marie. "Ce qu’on se demande avec un enfant autiste, c’est ‘qu’est-ce qu’il deviendra quand moi je ne serai plus là ?’", confie-t-elle. "On ne peut pas, en tant que parents, imposer leur sœur à nos enfants qui sont bien, qui ont une petite famille", ajoute-t-elle.

Se sentant abandonnée, Patricia broie parfois du noir : "Il y a quelques années, j'avais encore un peu d'espoir mais depuis je m'isole, et je finis par ne plus croire en rien", confie-t-elle. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de gens bienveillants, qui connaissent une peine comme la sienne. Elle tient à leur rendre hommage. "Si je n’avais pas la maman de Wael, la maman de Jessica, de Dylan, Nolwen, Lilia, David ou Gabriel, je ne sais pas ce que je ferais."

24 juin 2018

Centre expert autisme Limousin : l'ARS campe sur ses positions

article publié sur France 3

La structure va désormais se consacrer uniquement au diagnostic précoce des troubles du spectre de l'autisme. / © Mathieu Degremont - France 3 LimousinLa structure va désormais se consacrer uniquement au diagnostic précoce des troubles du spectre de l'autisme. / © Mathieu Degremont - France 3 Limousin

Par Mary SohierPublié le 22/06/2018 à 18:06Mis à jour le 22/06/2018 à 18:07

Les parents d'enfants autistes redoutent le pire. Car le centre expert autisme Limousin va disparaître dans sa forme actuelle.

Désormais, la structure va se consacrer uniquement au diagnostic précoce des troubles du spectre de l'autisme. L’accompagnement des enfants, dont elle s’occupait jusqu’ici, sera maintenant assuré par d’autres structures.

Limoges : le centre expert autisme diagnostiquera, mais n'accompagnera plus les enfants 

Dans un premier rapport, l'agence régionale de santé (ARS) avait critiqué le coût et la gestion du centre expert.

L'ARS reconnaît des erreurs dans les chiffres

Dans un nouveau rapport, l'efficacité économique est réévaluée favorablement, mais au final, la décision est la même. Ce qui provoque la colère de Geneviève Macé, présidente du centre expert autisme :

"L'ARS a décidé de remanier parce qu'il y avait des gros défauts de gestion. L'ARS reconnaît que ces gros défauts de gestion n'existent pas. Mais l'ARS continue à vouloir remanier."

 

Nouvelles questions sur l’avenir du centre expert autisme de Limoges  


L'objectif de l'ARS ? Rentrer dans un cadre légal qui permet de poursuivre l'activité jusque-là financée de façon expérimentale.

Mais pour les parents, des questions demeurent sur la continuité de la prise en charge et sur le travail de recherche que le centre expert avait débuté. L'enjeu est majeur : 1 enfant sur 100 est concerné.

Centre expert autisme
C'est un feuilleton que nous suivons depuis plusieurs mois : l'avenir du centre expert autisme du Limousin. L'ARS souhaite séparer le dépistage de la prise en charge, ce qui provoque la colère de parents qui dénoncent de mauvais arguments. Un nouveau rapport vient de relancer le débat. Explications. Intervenants : Harry Razafin (père de Mathéo), Geneviève Macé (présidente Austime Limousin) et François Négrier (directeur ARS Haute-Vienne). - Equipe : François Clapeau, Mathieu Degremont et Chantal Cogne.

 

Un établissement unique en France

Le centre expert autisme est un établissement expérimental créé en 2014 en Haute-Vienne pour dépister et accompagner les très jeunes enfants. 1% d'entre eux présente des troubles plus ou moins sévères. En deux ans d'activité, le taux de diagnostiques précoces est multiplié par 20 en Limousin.

23 juin 2018

Quatre surveillants suspendus pour avoir humilié un collégien autiste

13h53, le 22 juin 2018, modifié à 13h58, le 22 juin 2018

Quatre surveillants suspendus pour avoir humilié un collégien autiste

Les surveillants sont soupçonnés d'avoir diffusé la scène sur les réseaux sociaux. Image d'illustration. @ AFP

Les quatre employés d'un collège d'Aulnay-sous-Bois sont soupçonnés de s'être moqué d'un élève et d'avoir filmé la scène avant de la diffuser sur Snapchat, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.  

Quatre surveillants affectés dans un collège d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ont été suspendus jeudi, soupçonnés de s'être moqués d'un élève autiste, d'avoir filmé la scène et de l'avoir diffusée sur les réseaux sociaux, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Le rectorat a émis un signalement au parquet. Ces quatre assistants d'éducation ont fait l'objet d'une suspension à titre conservatoire dans l'attente des résultats de l'enquête administrative, a expliqué le rectorat, qui a également émis un signalement en direction du parquet.

D'après les premiers éléments, révélés par Le Parisien, les faits se sont produits mercredi après-midi. La victime, un enfant autiste, avait empli son sac de pain. "Les surveillants ont voulu le punir d'avoir pris du pain et ils se sont moqués de lui", a expliqué une source proche du dossier. L'un d'eux a filmé la scène qui s'est ensuite retrouvée sur Snapchat, mais la vidéo n'était plus visible vendredi. 

Le père de l'enfant reçu lundi au collège. "L'enfant n'a pas compris qu'on se moquait de lui, il va bien", a ajouté cette source. Selon le rectorat, le principal a tout de suite appelé le père de l'enfant pour l'informer et le recevra lundi.

22 juin 2018

Remise du rapport de Dominique Gillot, présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées

 

Remise du rapport de Dominique Gillot, présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées

Mardi 19 Juin, Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la Santé, Sophie CLUZEL, Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, et Muriel PÉNICAUD, Ministre du Travail, ont reçu le Rapport de Dominique GILLOT, Présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées.

http://handicap.gouv.fr

Une mission pour faciliter et sécuriser l’emploi des travailleurs handicapés

Le 24 octobre dernier, les ministres Agnès Buzyn, Muriel Pénicaud et Sophie Cluzel ont confié à Dominique Gillot une mission pour trouver des solutions permettant de faciliter l’embauche et le maintien en emploi des personnes en situation de handicap.

Aujourd’hui, Dominique Gillot présente aux 3 ministres la conclusion de ses travaux et notamment les pistes d’amélioration qui vont nourrir le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, porté par Muriel Pénicaud.

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Un rapport qui se compose en deux parties

Le rapport se décline en un « Tome 1 », dédié à la situation des personnes handicapées dans l’emploi et en un « Tome 2 », consacré à la conciliation rôle d’aidant/vie professionnelle. Il fait une large part aux témoignages concrets des difficultés rencontrées par les personnes.

En outre, il dresse des perspectives de simplification et de renforcement d’attention aux moments de fragilité identifiés dans le parcours de la personne et notamment des plus jeunes. Le rapport de Dominique Gillot met en avant 3 grands objectifs :

  • Mieux informer et accompagner les personnes
  • Mobiliser les employeurs et rénover les dispositifs d’accompagnement dans l’emploi
  • Concilier le rôle des proches aidants et leur vie professionnelle
22 juin 2018

A Nice, une entreprise où s’épanouissent les autistes

VIE AU TRAVAIL. La start-up Avencod développe des services numériques. Sept de ses onze salariés sont atteints de troubles du spectre de l’autisme.

Laurence Vanbergue et Laurent Delannoy, fondateurs d’Avencod’. 

Laurence Vanbergue et Laurent Delannoy, fondateurs d’Avencod’. / Avencod’

N’étaient quelques menus détails, il serait impossible de deviner la singularité d’Avencod, une entreprise niçoise de services au numérique. Sur les portes, des panneaux rouges prient de « Ne pas déranger » ; sur les bureaux, aucun téléphone n’est visible, mais çà et là sont rangés des casques à réduction de bruit.

À l’évidence, les salariés d’Avencod sont sensibles au bruit. Hypersensibles même, à en croire le silence qui règne dans les locaux de l’entreprise. « Nous employons onze salariés », explique Laurent Delannoy, qui a fondé la société en 2016 avec Laurence Vanbergue. « Quatre sont en situation de handicap et sept sont atteints de troubles du spectre de l’autisme. C’est ce qui explique l’attention que nous portons aux sons : les autistes détestent être dérangés ! »

Des méthodes de travail libres

Sensibilisés au handicap par leur histoire familiale, les deux fondateurs ont fait le choix de ne recruter que des personnes en situation de handicap, et de leur donner un travail à la hauteur de leurs compétences.

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Un café Joyeux qui ouvre les portes de l’emploi pour les handicapés

Chez Avencod, les salariés – autistes Asperger à haut potentiel dans leur grande majorité – exercent le métier d’analystes-programmateurs, développeurs ou testeurs et sont placés au cœur de l’activité. « Un autiste fait toujours un effort pour évoluer dans notre monde dit ordinaire, poursuit le directeur. Mais ici, ils sont majoritaires : nous les laissons donc élaborer leurs propres systèmes de communication et de méthode de travail. »

S’il loue le « perfectionnisme » de ses employés, Laurent Delannoy veille aussi à ce que cette envie de bien faire ne se retourne pas contre eux. « Il faut par exemple leur imposer de récupérer les heures supplémentaires, sinon certains ne s’arrêteraient jamais », souligne Laurent Delannoy, qui compte parmi ses clients Amadeus, leader mondial des solutions de traitement des réservations pour l’industrie du voyage, mais aussi Dassault ou certaines filiales de Thales.

Toutes les deux semaines environ, des neuropsychiatres passent aussi chez Avencod pour s’assurer du bien-être des « Avencodeurs », comme les appelle le directeur.

Un sens de la rigueur et du détail

Grande, blonde et souriante, Isabelle Richez est l’une de ces salariés autistes. Âgée d’une quarantaine d’années, elle a travaillé dans le marketing, l’audit, l’enseignement avant de rejoindre Avencod. Là, elle a trouvé un écrin à même de lui permettre de s’épanouir professionnellement.

« Le monde neurotypique (non autistique, NDLR) est complexe pour nous. Ici, on laisse s’exprimer notre fonctionnement Et il y a une vraie efficacité dans ce que l’on produit ensemble », apprécie-t-elle.

« Ces personnes ont des capacités intellectuelles incontestables, un sens de la rigueur et du détail qui doivent servir à quelque chose », poursuit Laurent Delannoy, qui rappelle qu’il y a chaque année en France 10 000 à 15 000 emplois non pourvus dans le secteur du numérique.

C’est pourquoi la start-up niçoise compte développer son modèle innovant en ouvrant en janvier prochain sa première antenne à Marseille. Guidée par le credo de l’entreprise : « La nature crée des différences, Avencod en fait de talents. »

Coralie Bonnefoy, à Nice (Alpes-Maritimes)
22 juin 2018

Autisme -> Vidéo sur une journée exceptionnelle organisée par l'association A.I.M.E 77 d'Eric Ticana - 16.6.2018

 

22 juin 2018

L'Ordre des médecins prend position contre l'homéopathie

 

L'Ordre des médecins prend position contre l'homéopathie

Par Cécile Thibert VIDÉO - Pour la première fois depuis la publication de la tribune contre les médecines alternatives en mars dans Le Figaro, le Conseil national de l'Ordre des médecins a pris position contre l'homéopathie, sans lui fermer la porte.

http://sante.lefigaro.fr

 

22 juin 2018

Handicaps et travail. « Apprendre à mieux cerner l’autisme »

Publié le 21 juin 2018 à 10h17 Modifié le 21 juin 2018 à 12h18
Atteinte du syndrome d’Asperger, Danielle Dave est devenue consultante sur l’autisme.
Atteinte du syndrome d’Asperger, Danielle Dave est devenue consultante sur l’autisme. (Photo Anthony Berthou)

Venue de Belgique, la scientifique Danielle Dave participe au colloque « Handicaps et travail », qui se tient ce jeudi et ce vendredi au Quartz, à Brest. Elle témoigne de sa propre expérience familiale liée à l’autisme, un syndrome souvent difficile à identifier.


Quel est votre rapport à l’autisme ?

« Je suis directement concernée, puisqu’on m’a diagnostiqué le syndrome d’Asperger à l’âge de 37 ans. J’en ai aujourd’hui 53 et j’ai appris à vivre avec. J’ai découvert cette affection tardivement, à la suite de l’autisme sévère dont est atteinte ma seconde fille. Dans mon cas, cela se manifeste par une difficulté relationnelle et émotionnelle dans la vie de tous les jours, malgré un quotient intellectuel élevé : 155. Sur le moment, j’ai accueilli ce diagnostic avec soulagement. Les troubles dont je souffre depuis l’enfance ont longtemps été masqués par cette forme d’intelligence que je qualifie d’anormale. »


Comment avez-vous surmonté les obstacles ?

« Issue d’un milieu ouvrier, j’ai eu la chance de réussir de brillantes études universitaires, dans les sciences dures, avant de m’intéresser aux sciences humaines par le biais de l’autisme. J’ai notamment collaboré avec des associations de parents chez moi, à Liège, et aussi obtenu un diplôme spécifique à Toulouse, afin de crédibiliser ma démarche. Après une période de remise en question, j’ai ouvert un cabinet de coaching, Consultance Autisme & TED, il y a deux ans. Dans ce cadre, je rencontre toutes sortes de publics pour les sensibiliser à l’autisme, et je participe volontiers à des rassemblements comme celui-ci, dans toute l’Europe, pour apporter mon point de vue sur cette affection encore méconnue dans nos sociétés. »


Comment s’y prendre ?

« En Belgique comme en France, des structures existent pour accompagner les autistes lorsqu’ils ont besoin d’un cadre adapté. Mais il reste beaucoup à faire pour mieux cerner tous les syndromes liés à cette maladie, qui n’est pas forcément génétique. Le gouvernement Macron vient de lancer un Plan Autisme 2018-2022, ce qui prouve bien qu’il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique. En France, cela concerne 700 000 personnes, dont 600 000 adultes. »

 
Pratique

Colloque « Handicaps et travail : regards croisés européens », ce jeudi et ce vendredi, de 9 h à 17 h, au Quartz, à Brest. Renseignements complémentaires et contact via le site www.handicaps-et-travail.bzh

22 juin 2018

MDPH : enfin un système simplifié et uniformisé en France ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : SI commun MDPH, c'est son nom. Le déploiement des nouveaux systèmes d'information commence en juin 2018 qui vise à moderniser les MDPH. Selon la CNSA, il va permettre un meilleur accès aux droits des personnes handicapées.

Par , le 20-06-2018

Comment améliorer l'accompagnement des personnes en situation de handicap ? En modernisant les systèmes d'information des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). La CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) a lancé ce vaste chantier de rénovation en 2016 car, jusqu'alors, toutes les MDPH n'utilisaient pas les mêmes logiciels,  ni la même version d'un logiciel. Ce programme, qui bénéficie d'un budget de 19 millions d'euros, doit donc permettre d'harmoniser tous ces systèmes d'information grâce à un socle commun de fonctionnalités. On parle ainsi  de « SI commun des MDPH ». Une nouvelle phase est engagée le 19 juin 2018 avec le déploiement des nouvelles fonctionnalités.

Simplifier le système

Cette refonte vise, selon le communiqué de la CNSA, à « améliorer le service rendu aux personnes handicapées et à leur famille, recentrer les activités des professionnels sur l'accompagnement des usagers, simplifier les échanges d'information avec les partenaires, améliorer la connaissance des besoins des personnes handicapées ». A titre d'exemple, ce système a donné l'opportunité d'harmoniser les courriers de notification de décisions, qui sont aussi simplifiés pour être mieux compris par  les usagers.

De nouvelles fonctionnalités

Les logiciels métiers des MDPH s'harmonisent donc et s'enrichissent de nouvelles fonctionnalités. Celles du « palier 1 » intègrent :

  • les étapes du processus, de l'instruction de la demande d'une personne handicapée jusqu'au suivi de la décision,
  • les échanges d'informations avec les partenaires, avec l'outil de suivi des orientations (pour la mise en place de l'accompagnement de la personne handicapée par les établissements et services),
  • les échanges d'informations avec la caisse d'allocations familiales (pour l'attribution ou le renouvellement de l'allocation adulte handicapé ou de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé)
  • les échanges d'informations avec l'Imprimerie nationale (pour la conception de la carte mobilité inclusion - CMI).

Pour plus de fiabilité, l'ensemble des données relatives aux personnes s'appuient sur l'utilisation du NIR (numéro de sécurité sociale) comme identifiant national de santé de la personne.

Le palier 2 intégrera des fonctionnalités complémentaires destinées à faciliter les échanges de la MDPH avec l'Éducation nationale et Pôle emploi, et à recueillir des données sur les besoins des personnes handicapées. Par ailleurs, Sophie Cluzel, secrétaire d'État au handicap, a missionné la CNSA pour proposer un service de demande en ligne aux MDPH qui n'ont pas déjà développé un portail de services aux usagers.

Quelles MDPH concernées ?

Sept MDPH volontaires ont participé à la construction et au développement de la nouvelle version des logiciels : Ain, Gers, Nord, Calvados, Haute-Savoie, Paris et Seine-Maritime. Pour tenir compte des contraintes propres à chaque MDPH, le déploiement se fera en 3 vagues. La mise en service des logiciels dans les 23 MDPH* de la vague 1 est prévue dès la fin 2018-début 2019. Elle s'échelonnera jusqu'à la fin 2019 pour celles des vagues 2 et 3. Pour tenir ces délais contraints, toutes les MDPH doivent engager les activités de pré-déploiement dès 2018.

* Les 23 MDPH de la vague 1 : Ariège, Aube, Charente-Maritime, Côtes-d'Armor, Dordogne, Doubs, Finistère, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loir-et-Cher, Mayenne, Moselle, Pas de Calais, Hautes-Pyrénées, Métropole de Lyon, Savoie, Seine-et-Marne, Yvelines, Yonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Guadeloupe.

 

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Sur Handicap.fr

Sur le web

 

22 juin 2018

Retour sur la superbe Fête de Trott'Autrement au Haras de Maison Blanche à Lésigny - 17 juin 2018

Nouveau LOGO Trot 25Une merveilleuse journée qui restera dans les cœurs !

Les familles sont venues nombreuses à ce rendez-vous qui ponctue la fin de la saison ... Nous avions une aile réservée avec sa carrière dans le prestigieux Haras de Maison Blanche à Lésigny qui est un des centres équestres partenaire de l'association.


Remerciements à Thierry ZIRAH qui a bien voulu nous accueillir, à Véronique pour la mise au point du programme avec notre intervenante Elodie dont les séances se déroulent en ce lieu tout au long de l'année.
Merci enfin à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette magnifique journée.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir l'album photos de la journée & 2 petites vidéos ...

émoticone yeux bleux

Actualités

Fête de Trott'Autrement 17 juin 2018 au Haras de Maison Blanche à Lésigny

https://www.trottautrement.org

 

Rappelons que Trott'Autrement fonctionne grâce à l'engagement :

=> Pour adhérer ou soutenir l'association c'est ici

21 juin 2018

Handicap : une Rémoise attend depuis deux ans une place pour son fils en institut spécialisé

 

Handicap : une Rémoise attend depuis deux ans une place pour son fils en institut spécialisé

C'est un nouvel exemple de la difficulté de scolariser un enfant handicapé. Une Rémoise attend depuis deux ans que son fils de 11 ans et demi obtienne une place en institut médico-éducatif, indispensable pour lui apprendre à devenir autonome. Elle témoigne et dénonce le manque d'humanité du système.

https://www.francebleu.fr

 

21 juin 2018

Lancement de la certification Services et établissements Autisme

logo andéoarticle publié sur le site d'Handéo

Le 19/06/2018

Télécharger le dossier de presse

Cap’Handéo, la garantie de trouver un service de confiance et de qualité
Le but d’Handéo ? Faciliter la vie quotidienne des personnes handicapées ou en perte d’autonomie et de leur proches aidants pour une meilleure inclusion dans la cité. Handéo vous aide à identifier les services et établissements médico-sociaux accompagnant les personnes autistes, pour que chacun puisse bénéficier d’un accompagnement sur mesure et adapté à son projet de vie. La certification vient compléter un panel d’offres de qualité que propose Handéo : la certification Services à la personne, les labels Aides Techniques et Services de mobilité. Les marqueurs qualité Cap’Handéo sont complémentaires les uns des autres et cherchent tous à répondre au leitmotiv de Handéo «Bien vivre chez soi et dans la cité» ; quelque soit le domicile, qu’il soit ordinaire, partagé, regroupé ou en établissement.


Le gage d’un accompagnement de qualité
Le service ou l’établissement certifié s’engage à : permettre aux personnes autistes de faire des choix et de prendre des décisions relatives à leur propre qualité de vie, soutenir et accompagner les proches aidants, appliquer les recommandations de bonnes pratiques de l’ANESM et de l’HAS. Les établissements et services concernés par la certification sont notamment les SAVS, SAMSAH, MAS, FAM, ESAT, EPHAD, SESSAD, IME, SAAD, accueil de jour etc...


Pour des interventions comportementales et développementales sur mesure adaptées et précises
La certification s’appuie sur un référentiel composé de 6 thématiques et 27 caractéristiques. Ce référentiel a été rédigé collectivement pour répondre aux besoins et attentes des personnes autistes et de leurs familles. Le service ou l’établissement candidat à la certification s’engage à participer au renforcement de l’autodétermination des personnes autistes et des familles ainsi qu’à leur inclusion dans la cité. Le service ou l’établissement garantit des interventions sur mesure (particularité de la personne, ses besoins, ses centres d’intérets, son profil d’autisme, son âge, ...).


Un réseau d’expert
La structure d’accueil et/ou d’accompagnement engagée dans la démarche, met en relation les différents acteurs locaux : qu’ils soient du secteur médico-social et sanitaire, droits communs (loisirs, scolarité, emploi, séjour, commerces de proximité, etc.). Elle reconnait et s’appuie sur l’expertise des familles afin de garantir la qualité de l’accompagnement.


Bien vivre chez soi et dans la cité
Handéo délivre des certifications et labels (Services à la personne, services de mobilité, aides techniques) dans la perspective d’accroître et renforcer la confiance des personnes handicapées dans les organismes qui les accompagnent.

 

 

20 juin 2018

Autisme - Un trouble du neurodéveloppement affectant les relations interpersonnelles

Les troubles du spectre de l'autisme (TSA) résultent d'anomalies du neurodéveloppement. Ils apparaissent précocement au cours de la petite enfance et persistent à l’âge adulte. Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours. Les personnes concernées semblent souvent isolées dans leur monde intérieur et présentent des réactions sensorielles (auditives, visuelles, cutanées...) particulières. Malgré la diversité des troubles et les capacités d'insertion sociale très variables de ces personnes, l'autisme est reconnu comme un handicap en France depuis 1996. Il nécessite une recherche pluridisciplinaire pour comprendre ses mécanismes et améliorer sa prise en charge.

Environ 700 00 personnes concernées en France, dont 100 000 ont moins de 20 ansDes premiers signes manifestes apparaissant chez le nourrisson entre 18 et 36 moisUne origine multifactorielle et largement génétique


Dernière mise à jour

18.05.18


Dossier réalisé en collaboration avec Catherine Barthélémy, Prix d'honneur Inserm 2016, professeure émérite (Faculté de médecine et université de Tours), membre de l'Académie nationale de médecine.

Loupe comprendre Comprendre l’autisme

L'autisme "typique", décrit par le pédopsychiatre Leo Kanner en 1943, est aujourd'hui intégré dans un ensemble plus vaste, celui des troubles du spectre de l'autisme (TSA), qui rendent mieux compte de la diversité des situations.

Ces troubles rassemblent un ensemble de conditions caractérisées par :

  • des altérations des interactions sociales
  • des problèmes de communication (langage et communication non verbale)
  • des troubles du comportement correspondant à un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif
  • des réactions sensorielles inhabituelles

Autant de particularités souvent à l'origine de difficultés d’apprentissage et d'insertion sociale.

L’autisme (et les TSA en général) se manifeste le plus souvent durant la petite enfance, avant l’âge de trois ans, puis persiste tout au long de la vie. Au total, les TSA concernent environ 700 000 personnes en France, qui vivent toutes un handicap social. En revanche, contrairement à une idée répandue, l'autisme n'est pas systématiquement associé à un retard intellectuel. Le syndrome d'Asperger, par exemple, est un TSA associé à un très bon développement intellectuel. Cependant, un tiers des personnes concernées par un TSA présente une déficience intellectuelle, de gravité très variable. Des troubles associés à des handicaps intellectuels sévères, comme le syndrome de Rett, le syndrome du chromosome X fragile et les retards mentaux liés au X, font partie des TSA.

Picto Dialogue Des troubles affectant les relations interpersonnelles, la communication et le comportement

Les personnes atteintes d’autisme semblent peu accessibles aux autres. Elles établissent difficilement les contacts nécessaires à la construction d’une relation interpersonnelle, en particulier les contacts visuels. Le plus souvent, elles ne répondent pas lorsqu’on les appelle. Elles sourient très rarement et semblent ne pas comprendre les sentiments et les émotions des autres.

Les troubles de la communication associés à l’autisme touchent à la fois le langage et la communication non verbale. Une importante proportion – mais pas une majorité – des personnes atteintes de TSA présente des troubles du langage : répétition incessante des mêmes phrases, modulation et formulations inhabituelles, non utilisation de termes abstraits, etc. Une partie d'entre eux ne parle pas du tout. Au total, beaucoup d'autistes peinent à entrer dans un dialogue. Par ailleurs, ils ne comprennent et n’utilisent pas les éléments de communication non verbale tels que les gestes, les expressions du visage, le regard ou le ton de la voix.

Les personnes atteintes d’autisme ont souvent des comportements répétitifs (balancements du corps, battements des mains, tournoiements …), auto-agressifs (se mordre les mains, se cogner la tête…) ou inappropriés (pleurer ou rire sans raison apparente…). Elles s’attachent souvent à des objets qu’elles utilisent de manière détournée, par exemple en les alignant ou en les faisant tourner inlassablement. En général, elles tolèrent mal le changement (de lieux, d’emplois du temps, de vêtements, d'alimentation …). Une situation imprévisible peut provoquer une réaction d’angoisse ou de panique, de colère ou d’agressivité. Ces personnes qui semblent souvent indifférentes aux monde extérieur peuvent donc, de manière paradoxale, y être extrêmement sensibles: la lumière, le contact physique ou certaines odeurs peuvent déclencher des réactions de rejet très fortes.

L’autisme et les autres TSA s’accompagnent souvent de troubles du sommeil, de problèmes psychiatriques (dépression, anxiété), de troubles du développement (trouble de l'apprentissage ou de l’attention/hyperactivité). Près d'un autiste sur cinq souffre également d’épilepsie.

Les premiers signes, avant 3 ans

Les premiers signes évocateurs de l’autisme se manifestent le plus souvent entre 18 et 36 mois.
L’enfant est trop calme ou au contraire trop excité. Il semble indifférent au monde sonore et aux personnes qui l’entourent. Il ne répond pas à son prénom et ne réagit pas (ou peu) aux séparations et aux retrouvailles. Il ne sourit pas (ou rarement) et reste silencieux. Il ne regarde pas dans les yeux, ne joue pas à faire "coucou", ne pointe pas du doigt et ne cherche pas à imiter les adultes.

Picto ADN Une origine multifactorielle, largement génétique

L'autisme et les autres TSA sont liés à des anomalies très précoces – d'origine anténatale – du neurodéveloppement.

L'imagerie médicale, entre autres techniques, a mis en évidence chez ces personnes des défauts de mise en place et d'organisation de certains réseaux cérébraux spécialisés, dédiés à la communication sociale et à la modulation du comportement en fonction de l'environnement et de ses changements. La biologie moléculaire a pour sa part identifié plusieurs centaines de gènes dont l’altération semble conduire à une plus grande susceptibilité à l’autisme. Ces gènes sont impliqués dans des processus biologiques divers, mais nombre d’entre eux participent précisément à la formation du système nerveux et des connexions synaptiques, ainsi qu'à la synthèse de substances chimiques indispensables au bon fonctionnement du cerveau.

Il est désormais bien établi qu'il s'agit de maladies d'origine multifactorielle, avec cependant une forte composante génétique. Etre un garçon et présenter des antécédents familiaux sont d'ailleurs deux facteurs de risque reconnus. Cela n'exclut pas l'intervention de facteurs environnementaux – neuroinflammation, virus, toxiques ... – durant la grossesse, mais leur nature exacte n'est pas connue actuellement. La naissance prématurée constitue un autre facteur de risque reconnu et important. Par ailleurs, certains médicaments antiépileptiques administrés à la mère durant la grossesse, comme la Depakine, sont actuellement sur la sellette.

Quatre garçons pour une fille?

Si les garçons sont plus souvent atteints d’autisme que les filles, ce chiffre très souvent cité doit être relativisé. En effet les outils de détection et d'évaluation de ce trouble ont été essentiellement validés sur des populations de garçons, avec le risque d'occultation de signes propres aux filles. Une méta-analyse récente évoque plutôt un rapport de trois garçons pour une fille, rapport qui pourrait encore évoluer avec les progrès de la détection.

Faux coupables

Les données actuellement disponibles montrent que, contrairement à des croyances tenaces, ni les maladies cœliaques secondaires à une intolérance au gluten, ni la vaccination combinée contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), ni les caractéristiques psychologiques des parents (en particulier les prétendues "mères réfrigérateurs") ne sont des facteurs de risque de TSA.

Picto Famille Une prise en charge globale

L’autisme ne se soigne pas mais une prise en charge adaptée à l’enfant améliore ses capacités fonctionnelles à interagir avec le monde qui l’entoure et à s’y adapter. Cette prise en charge, pluridisciplinaire et individualisée, est un parcours de soin qui évolue avec l'enfant, puis l'adolescent et l'adulte. L'autisme persistant toute la vie, sa prise en charge doit "suivre" le patient.

Des troubles à dépister au plus tôt

Pour prendre en charge les autistes, encore faut-il les reconnaître comme tels. A cet égard, un dépistage précoce – autant que possible dès 18 mois – est essentiel : plus tôt est démarrée la prise en charge et meilleurs en seront les résultats. Une prise en charge précoce permet en effet des progrès supérieurs et évite l'apparition de sur-handicaps. Dans ce domaine, entre autres, la France doit rattraper un retard certain. La nouvelle stratégie nationale pour l'autisme le prend en compte (voir plus loin).

Prix d'honneur Inserm 2016 pour Catherine Barthélémy
Catherine Barthélémy, Prix d'honneur Inserm 2016, professeure émérite de la faculté de médecine de Tours, et ancienne directrice de l’équipe Autisme de l’unité de recherche Inserm 930 "Imagerie et Cerveau" à Tours.

Fondée sur une approche comportementale et développementale, la prise en charge comprend des dimensions sanitaires, médico-sociales et sociales. Le développement de l’enfant est régulièrement évalué (au moins une fois par an), de manière à pouvoir ajuster sa prise en charge. L’enfant reçoit des soins psycho-éducatifs, basés sur le jeu, qui l’aident à développer son langage, ses compétences cognitives, sensorielles et motrices, à adapter son comportement, à gérer ses émotions… Cela se fait à la maison – dans le lieu habituel de vie – et avec la famille. L’objectif est de lui donner (ainsi qu'à son entourage) les outils pour interagir avec les autres et à acquérir de l’autonomie.

Dans toute la mesure du possible, la prise en charge est conçue et réalisée avec la personne concernée et non pour elle. Un des enjeux actuels est de scolariser les autistes et de les aider à s'insérer dans la société plutôt que les cantonner dans des institutions. Pour une minorité de personnes ne pouvant pas s'insérer socialement, des centres d'accueil spécialisés sont apparus en France en 1996 mais ils restent peu nombreux. Beaucoup trop d'adultes autistes sont actuellement placés dans des lieux inadéquats (hôpital psychiatrique, institution pour personnes mentalement déficientes) ou laissés à la charge de parents vieillissants.

Des médicaments ?

A ce jour, aucun traitement médicamenteux ne guérit l’autisme. Toutefois, certains médicaments sont utilisés pour traiter les pathologies souvent associées aux TSA, comme l’épilepsie.

Pictogramme microscope Les enjeux de la recherche

La recherche française sur l’autisme et les autres TSA se structure désormais autour de l'Institut thématique multi-organismes Neurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie, qui regroupe des équipes de l’Inserm, de CNRS, des Universités, des CHRU, de l’Institut Pasteur, de l’Inra, du CEA, etc. Des chercheurs et des praticiens de différentes disciplines – imagerie, biologie moléculaire, génétique, recherche clinique, psychologie, sciences cognitives, sciences sociales, etc. – collaborent pour tenter de comprendre les mécanismes de l'autisme, les relier à la clinique, esquisser de meilleures méthodes de détection et de prise en charge et comprendre comment la société pourrait mieux inclure ces personnes.

Rouages Comprendre

Pour mieux comprendre le développement très précoce des circuits cérébraux et leur lien avec le tableau clinique, la recherche s'articule autour de quatre axes:

  • la période pré et périnatale, où il s'agit d'étudier les interaction gènes-environnement au cours de la mise en place des réseaux cérébraux
  • l'enfance, avec sa trajectoire de développement et ses éventuelles régressions : il faut identifier les réseaux neuronaux concernés et faire le lien avec les manifestations cliniques. Cela suppose l'identification de nouveaux marqueurs et le développement d'outils diagnostiques.
  • l'adolescence : le devenir des troubles du développement durant cette période charnière de la maturation cérébrale est peu exploré. Or ils peuvent évoluer très favorablement... ou s'aggraver, allant parfois jusqu'à une transition vers la schizophrénie. A l'inverse, durant cette période, des troubles psychiques ou cognitifs préexistants peuvent "réveiller" un autisme passé inaperçu jusque-là.
  • les adultes sont les "grands oubliés" de la recherche. La biologie et les manifestations cliniques de l'autisme ne sont pas forcément les mêmes que chez les enfants. Il s'agit donc d'explorer tous les aspects de l'autisme adulte: tableau clinique, troubles associés, mécanismes de compensation, biologie, aspect sociologiques ...  

Pictogramme bloc notes diagnostic et stéthoscope Détecter et prendre en charge

Etude de suivi du regard "eye tracking"
Etude de suivi du regard "eye tracking". Etude sur l'autisme au service Explorations fonctionnelles et neurophysiologie en pédopsychiatrie, équipe Autisme, unité Inserm 930 Imagerie et cerveau, Centre hospitalier universitaire Bretonneau, Tours. © Inserm/Patrice Latron

De nouveaux outils (analyse automatique de films, suivi du regard...) sont à l'étude pour détecter l'autisme à la maison, dans le cadre habituel de vie du bébé et non dans un environnement étranger (cabinet, hôpital). La linguistique est aussi mise à contribution pour mieux analyser les particularités formelles du langage dans les TSA.

Un champ de recherche nouveau s'ouvre également pour développer un corpus de connaissances sur l'éducation de ces enfants : comment les aider à acquérir des connaissances, à devenir réellement des apprentis à l'école. Il fait appel aussi bien à la psychologie du développement et de l'apprentissage qu'aux neurosciences cognitives, voire à l'imagerie cérébrale fonctionnelle.

Les sciences humaines et sociales (sociologie, économie, psychologie) sont aussi mises à contribution pour comprendre comment la société accueille – ou pas – ces personnes.

Pictogramme gélule Traiter ?

Quelques molécules, en particulier des diurétiques, ont donné des résultats intéressants, mais très préliminaires, sur certains traits comportementaux. Il reste à mieux mesurer leur effet et à visualiser et comprendre les mécanismes de restauration du fonctionnement des circuits cérébraux. La voie menant à d'éventuelles aides médicamenteuses à la prise en charge (si elles existent un jour) reste très longue.

La stratégie nationale pour l'autisme (2018 -2022)

Présentée au public le 6 avril 2018, la stratégie nationale pour l'autisme prend la suite de trois plans nationaux successifs. 

Dotée d'environ 350 millions d'euros, elle s'articule autour de quatre grandes ambitions:

  • inclure les personnes autistes dans la société
  • intervenir de manière adaptée et respectueuse de leurs choix et de ceux de leur famille
  • donner aux professionnels les moyens d'agir
  • placer la science au cœur de la politique publique en créant un réseau de recherche d'excellence et en assurant la diffusion des connaissances. Il s'agit également de favoriser les méthodes de prise en charge réellement évaluées.
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