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"Au bonheur d'Elise"
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has
23 décembre 2018

La tour d’ivoire hospitalo-universitaire

Préambule : Un exemple intéressant de résistance à la mise en place de recommandations des bonnes pratiques préconisées par la Haute Autorité de Santé (HAS) :
Le docteur BB - 38 ans, pédopsychiatre en centres médico-psycho-pédagogiques (service public) en Île-de-France - est visiblement encore dans la toute puissance : il savait bien avant tous les bilans qui n'apporte rien en gros et aurait fait aussi bien ou mieux sans aucune évaluation coûteuse ... Bref pour ce praticien de CMPP la psychanalyse est beaucoup plus efficace qu'une quelconque approche scientifique dont le but évident est de générer des publications dans des revues internationales et de vendre des médicaments (approche à la solde des laboratoires).

Je vous laisse apprécier le pouvoir des mots ... à défaut de démonstration bien évidemment absente.

Jean-Jacques Dupuis


Publié le 21 décembre 2018
La tour d’ivoire hospitalo-universitaire

Docteur BB analyse dans ce billet les difficultés des praticiens de terrain à travailler avec les services « experts », nimbés de leur position de savoir.

J’aborderai dans ce billet les difficultés pour nous autres « cliniciens de terrain », accompagnant les enfants et leur famille de façon très rapprochés et sur de longues périodes, à travailler avec les services « experts », nimbés de leur position de savoir, qui confine souvent à une forme de surplomb condescendant… Précisons-le tout de suite : il ne s’agit ni de critiquer l’hôpital, ni de remettre en cause l’implication et la qualité des soignants qui y exercent leur pratique avec un dévouement et un professionnalisme évidents ; mais de souligner les dérives structurelles inhérentes au positionnement idéologique de certains services hospitalo-universitaires de pédopsychiatrie, qui ont volontairement négligé le soin et leur responsabilité de service publique sanitaire en faveur d’une position stricte d’évaluation et de recherches. De fait, ces services sont censés assurés une mission d’accès au soin sur un territoire géographique (un « intersecteur »), alors qu’on constate en pratique un délaissement majeur des structures de soin type CMP au bénéfice des activités à orientation de publications. En exagérant un peu le trait, j’ai parfois le sentiment que les patients sont davantage reçus et évalués parce qu’ils peuvent correspondre à des protocoles de recherche et qu’ils peuvent s’inscrire dans une cohorte à analyser que par rapport à un véritable souci d’intervention en termes de santé individuelle et collective.

Partons d’un exemple concret. Celui d’un enfant à la symptomatologie autistique évidente, sans langage, suivi sur le CMPP depuis l’âge de 2ans, et que nous appellerons Adam. Outre, les consultations régulières avec la famille, Adam avait bénéficié sur notre centre de bilans d’évaluation orthophonique et psychologique (certes peu approfondis), et il était suivi en groupe thérapeutique travaillant sur les interactions et le jeu, en thérapie individuelle, en groupe de rééducation orthophonique utilisant la méthode Makaton (programme d’aide à la communication et au langage constitué d’un vocabulaire fonctionnel utilisé avec la parole, les signes et/ou les pictogrammes), puis en rééducation orthophonique individuelle. En parallèle, nous avions mis en place un accompagnement spécifique à sa scolarisation, en concertation étroite avec l’école et la MDPH (réunions régulières, aménagements pédagogiques, accompagnement par AVS). De surcroit, nous avons soutenus cette famille au niveau éducatif et social, en accompagnant notamment les démarches de relogement. Le suivi médical sur le plan pédiatrique s’était organisé en concertation avec la PMI (vérification de l’audition notamment). Enfin, nous avons initiés des démarches d’orientation à destination des HDJ, SESSAD et IME spécialisés, dès que nous avons estimé qu’une prise en charge institutionnelle plus intensive allait être nécessaire pour garantir la meilleure évolution possible de cet enfant.

En parallèle, nous avons sollicité une évaluation neuropédiatrique et génétique hospitalière, dans le cadre du bilan étiologique (car il faut systématiquement éliminer une causalité ou une éventuelle implication organique lorsqu’un enfant présente des troubles du spectre autistique). Suite à notre demande, le dossier de cet enfant a été basculé sur la consultation pédopsychiatrique hospitalière, faute de places en neuropédiatrie, « les délais de traitement des dossiers étant trop longs » – et même si cela n’était pas notre indication (cependant, nous en avons été informés par courrier, ce qui est déjà appréciable).

Par la suite, j’ai donc reçu un courrier d’une consœur pédopsychiatre, m’indiquant qu’elle avait expliqué à la maman qu’il s’agissait d’un trouble du spectre autistique – merci de l’information, depuis 2 ans, nous nous étions déjà préoccupés d’informer les parents de la situation et ils s’en doutaient un peu avant même de nous rencontrer-, qu’il convenait d’affiner le diagnostic – bon, pourquoi pas ? – et qu’il fallait poursuivre la prise en charge intensive – là encore, merci de l’adoubement. J’ironise, mais déjà, il y avait une prise de contact – rarissime dans les faits – et une forme de validation de notre travail. J’adressai donc aussitôt une réponse pour préciser les modalités actuelles du suivi, les évolutions en cours et les résultats précis de nos bilans.

Un an et demi plus tard – soit plus de trois ans après l’initiation des soins sur le CMPP- nous recevons le compte-rendu du bilan spécialisé réalisé sur le CRA (Centre Référence Autisme).

Voici les grandes lignes, et les éléments saillants de cette évaluation :

L’anamnèse, c’est-à-dire l’histoire des troubles, et le mode de vie sont vite survolés, en reprenant notamment les « premières inquiétudes » : comportement périnatal, développement du langage, développement moteur, propreté, régression.

Puis vient « la clinique actuelle » : sommeil, hygiène, alimentation, communication, interactions sociales, troubles des apprentissages, comportement, motricité, intérêts et jeux, particularités sensorielles, avec quelques mots pour chaque rubrique.

Ok, c’est assez systématique, mais je dois avouer qu’à la lecture, je ne savais plus de quel enfant on parlait. Impossible de rattacher cet inventaire à quelque chose de vivant et d’incarné, susceptible de faire émerger la singularité d’Adam. Rien sur l’histoire familiale, sur le parcours des parents, sur la fratrie, etc. Aucun élément d’une authentique sémiologie, c’est-à-dire d’une clinique historicisante, signifiante et contre-transférentielle, (désolé pour le jargon : nous entendons par là une mise en narration et en sens, à partir des ressentis de l’observateur et de ce que l’enfant lui fait éprouver), susceptible de laisser émerger le style existentiel d’un être en émergence. Par exemple, un enfant en retrait et évitant l’interaction produira des effets tout à fait différents chez un observateur en fonction de sa problématique : un enfant « déprimé » suscitera un effet d’appel et d’empathie, une souffrance et un désir d’intervention ; un enfant autiste induira plutôt un ressenti d’exclusion, de fermeture voire un sentiment de « néantisation » ; un enfant psychotique pourra mobiliser des vécus d’étrangeté, une forme d’angoisse et de confusion.

Tout ça pour dire qu’Adam n’existait pas véritablement dans ce répertoire… D’ailleurs, dans certains autres compte-rendus, le prénom de l’enfant change mystérieusement au milieu du déroulement (authentique !…) : la magie du copié-collé…et de l’effacement du sujet

Bon, mais ce n’était que les mises en bouche. On en arrive maintenant à l’évaluation « scientifique », la vraie, à travers la prise en compte des « co-morbidités psychiatriques ». Alors, déjà il faut savoir ce que l’on entend par là. Dans les nouvelles classifications psychiatriques « non idéologiques » (dénégation ? oxymore ? Foutage de gueule ?), les co-morbidités correspondent aux troubles associés ; c’est-à-dire qu’on aurait un noyau pathologique central d’origine neuro-développemental, soit sans influence étiologique de l’environnement (par exemple un trouble du spectre autistique, ou un trouble dys, ou un syndrome d’hyperactivité), sur lequel viendrait se greffer des symptômes secondaires : manque d’estime de soi, anxiété de performance, réaction dépressive, difficultés relationnelles, etc. Dès lors, chacun de ses troubles sera à traiter à part (éventuellement par une médication), en découpant l’enfant en fines tranches de saucisson. Aux Etats-Unis (et bientôt chez nous, c’est le progrès !), on peut ainsi voir des enfants traités en même temps pour trouble attentionnel, bipolarité, troubles des conduites, et plus si affinités, avec à chaque fois une molécule « spécifique » (parfois, on donne en même temps un agoniste et un antagoniste dopaminergique, c’est-à-dire deux traitements qui agissent de façon contradictoire, sans se poser de question sur la pertinence pharmacologique d’une telle prescription…). Pour en revenir au bilan « scientifique », voici donc la liste des échelles utilisées : ADI-R, SRS (Social responsiveness scale), ADHD rating scale, profil de Dunn (évaluation des spécificités de traitement de l’information sensorielle), ABC (échelle des comportements anormaux), RBS-R (échelle des comportements répétitifs), avec à chaque fois un score.

Sans commentaire… Il ne s’agit pas là de contester le bien-fondé de tel ou tel outil « psychométrique » (c’est parfois très utile dans la pratique clinique d’avoir des repères reproductibles pour apprécier certaines évolutions ou stagnations), mais de souligner l’effet de vertige lié à leur accumulation.

Vient ensuite l’évaluation « fonctionnelle » réalisée par une psychologue, avec une observation du comportement se basant sur l’échelle des apprentissages précoces de Mullen (évaluation du fonctionnement dans 5 domaines développementaux : perception visuelle, motricité fine, langage expressif et réceptif) puis sur l’ADOS-2 (Autism Diagnoctic Observation Schedule), outil de référence international pour l’évaluation de l’autisme, permettant de calculer un « Cut-Off ». Y-a pas à dire, ça en jette… (Pour information, tous ces outils d’évaluation constituent un véritable marché lucratif, avec des enjeux de licence, de formation et de lobbying en arrière-plan).

Conclusion de cette évaluation scientifique, rigoureuse et standardisée : retard cognitif global sévère évoquant un trouble du spectre autistique

Préconisations : orientation en IME, utilisation d’outils aidant à la structuration des activités (séquence d’action, économie de jetons) et du temps (emploi du temps visuel), guidance parentale visant à aider les parents dans le développement de l’autonomie de leur enfant et à les sensibiliser aux méthodes adaptées….

Alors, j’ai envie de dire merci beaucoup pour la confirmation de ce que nous savions déjà depuis plusieurs années et pour ces recommandations qui vont surement bouleverser notre pratique et les perspectives d’évolution pour Adam….

S’ensuit un bilan orthophonique assez complet (fonctions de communication, imitation/jeu, communication non verbale, communication verbale, communication alternative) qui conclut à un trouble majeur de la communication et des interactions sociale et à une absence de développement du langage oral (ils ont pu repérer avec leurs outils de pointe qu’Adam ne parlait pas), et préconise une poursuite de la prise en charge en orthophonie ainsi que la mise en place d’un moyen de communication pour permettre à l’enfant de réaliser des demandes fonctionnelles (j’espère que vous en prenez bonne note chères collègues orthophonistes impliquées dans la prise en charge de cet enfant depuis plusieurs années…)

Puis vient l’examen somatique (Poids, Taille, PC, BMI, rien de plus) et un bilan paraclinique tout à fait exhaustif (IRM, bilan génétique et métabolique) : voilà au moins une demande comblée par rapport à nos attentes.

Alors, maintenant, la synthèse : Diagnostic : Trouble du spectre autistique avec déficience intellectuelle (parents informés).

Préconisation : orthophonie intensive 2x/sem avec mise en place d’un mode de communication alternatif ; Guidance parentale ; Orientation en IME ; Orientation vers des associations de parents

Voilà, voilà…

Je n’oserais pas rentrer dans des considérations d’économie de la santé, mais ce bilan a nécessité une hospitalisation de plusieurs semaines….Sachant par ailleurs que nous sommes en peine pour trouver des places d’hospitalisation dans des situations cliniques très complexes et inquiétantes, et que les files d’attente pour des évaluations cliniquement pertinentes en Centre référence sont surréalistes….

Quelques années plus tard, Adam est maintenant en IME et il continue à être suivi en consultation sur le CMPP. Ses progrès sont manifestes : Adam profite de ses nombreuses prises en charge, les équipes de l’IME ont par ailleurs organisé des séjours thérapeutiques, des visites à domicile. L’école se mobilise également pour la fratrie, avec mise en place d’un accompagnement éducatif, nous surveillons avec la PMI le développement du puiné. Les parents sont dans l’alliance avec les soignants et semblent soulagés de constater les évolutions d’Adam, même si la situation reste parfois difficile au domicile.

A l’occasion d’une consultation de suivi à l’hôpital, la pédopsychiatre trouve Adam agité, et évoque immédiatement la prescription d’un traitement contre l’hyperactivité, sans en référer aux équipes qui accompagnent quotidiennement cet enfant. Heureusement, les parents expriment leur inquiétude aux soignants, qui transmettent le projet de soins et les évolutions en cours. On se calme, et le traitement est mis de côté…

Cette situation est assez caractéristique, et cependant, nous avons pu échanger avec le service hospitalo-universitaire, et aller à peu près dans le même sens…

Dans d’autres configurations, le positionnement de l’hôpital peut s’avérer beaucoup plus problématique :

  • Pas de réponse à nos sollicitations et demandes d’échange (réponse d’un PU-PH à une collègue par rapport à leur silence « du fait de mes responsabilités hospitalières et universitaires, je ne peux pas toujours être réactif » - c’est vrai que de notre côté, nous nous tournons les pouces)

  • Préconisations intenables, qui discréditent nos interventions et attisent la culpabilité des parents. Par exemple : il faut mettre en place trois séances hebdomadaires d’orthophonie, de la remédiation cognitive et de la psychomotricité intensive. Au revoir et bon courage… (Evidemment, il ne faudrait surtout pas imaginer que les « experts » hospitaliers pourraient accompagner les familles pour la mise en place de ces soins)

  • Décisions unilatérales concernant le lieu et les modalités de la prise en charge, ou encore l’éventualité d’un maintien scolaire (redoublement), sans concertation avec l’équipe soignante ou pédagogique

J’ai déjà reçu des familles extrêmement angoissées et déstabilisées suite à une consultation hospitalière, du fait d’injonctions intempestives et presque paradoxales, induisant en tout cas un conflit de loyauté chez les parents : doit-on suivre les recommandations de la « science hospitalière » ou faire confiance aux équipes qui nous accompagnent depuis des années ? Certaines prises en charge ont également été décalées de plusieurs années car les parents avaient été traumatisés par des annonces diagnostiques et pronostiques vécues comme brutales lors de l’évaluation hospitalière initiale et avaient différé la reprise d’un accompagnement thérapeutique.

Tout ceci vient questionner la différenciation de plus en plus marquée entre le moment évaluatif et le temps du soin à proprement parler, conformément aux recommandations actuelles. Les dispositifs organisés pour les parcours thérapeutiques préconisent en effet une séparation entre services spécialisés dans l’évaluation (les centres référents) et les services impliqués dans le soin – ceux-ci étant d’ailleurs de plus en plus délaissés en termes de financements publiques...

Au final, une telle conception de l’évaluation comporte des biais épistémologiques majeurs, qui réduisent véritablement leur pertinence clinique et psychopathologique. Outre la perte de temps massive en ce qui concerne l’initiation des soins, on constate de surcroit qu’il est parfois difficile de se dégager de l’impact d’une première évaluation aussi réductrice et limitée. De fait, les dimensions de temporalité psychique, de complexité et d’après-coup sont rognées, et le discours concernant les troubles de l’enfant peut dès lors avoir tendance à se figer en une version monolithique qui interdit les réaménagements ultérieurs – une véritable prophétie auto-réalisatrice. Tout est énoncé une bonne fois pour toute, il faut donc suivre les prescriptions sans se laisser d’espace de créativité et d’ouverture…

Réciproquement, toute intervention soignante suppose une forme d’évaluation, sur le plan clinique, mais aussi en prenant en compte la réalité environnementale de l’enfant, ses enjeux interpersonnels dans leurs dynamique familiales, scolaires, sociales et culturelles. A l'instar de Winnicott, il convient effectivement de rappeler qu'un enfant seul, ça n'existe pas, indépendamment de toute la constellation intersubjective qui l’environne.

De toutes les manières, l’observation, la simple présence face à la demande d’une famille, constitue déjà en soi un engagement, quels que soient les aménagements défensifs du clinicien pour se protéger du transfert à son égard, et peut-être plus fondamentalement de son propre contre-transfert – c’est-à-dire des vécus affectifs induits par l’interaction avec l’enfant et ses parents. On peut se demander d’ailleurs comment un clinicien qui ne ferait que de l’évaluation, sans jamais s’inscrire dans un lien thérapeutique sur le long terme, serait encore capable d’appréhender les enjeux cliniques, de déterminer les déterminants psychopathologiques en jeu, et de se prononcer ainsi sur des critères évolutifs ou de pronostics. De même, un thérapeute qui se désintéresserait de tout élément d’évaluation concernant l’adaptation d’un enfant à sa « réalité » risque de s’enfermer dans des considérations de plus en plus absconses et étrangères aux finalités du soin.

Alors, évaluer, oui, évidemment, mais pour soigner, à plusieurs… (pas pour se donner l’illusion de la science à des fins de publication, ou pour suivre benoitement les protocoles et les recommandations de l’HAS, ou pour flatter son narcissisme via une posture de surplomb hors-sol)


photo : Sebastian Gollnow / DPA / dpa Picture-Alliance

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22 décembre 2018

L'Igas formule 14 recommandations pour améliorer le parcours des enfants dans les Camsp, CMPP et CMP

Publié le 20/12/18 - 17h39 - HOSPIMEDIA

Un rapport Igas salue le travail des Camsp, CMPP et CMP mais pointe l'absence de pilotage national et territorial des politiques de prévention et dépistage des jeunes enfants ainsi que le manque d'offre unifiée de santé mentale à destination de la jeunesse. Des carences qui mettent à mal le pluralisme des approches thérapeutiques.

Daté de septembre 2018 mais mis en ligne le 20 décembre, le rapport (à télécharger ci-dessous) de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur l’évaluation du fonctionnement des centres d'action médico-sociale précoce (Camsp), des centres médico-psychopédagogiques (CMPP) et des centres médico-psychologiques de psychiatrie infanto-juvénile (CMP) répond à une demande conjointe des ministères de la Solidarité et de la Santé et du secrétariat d'État chargé des personnes handicapées. Il fait suite au rapport d'évaluation de la mise en œuvre du troisième plan Autisme (lire notre article) qui pointait notamment le manque de coordination entre les interventions pédagogiques et médico-sociales ou sanitaires.

Pour les familles, le choix d'un centre plutôt qu'un autre est plus souvent lié à une politique d'offre territoriale — si le maillage des CMP est assuré dans le cadre des secteurs psychiatriques, il n'en va pas de même pour les Camsp et les CMPP — qu'à un réel partage des missions entres les trois types d'établissement : les missions des CMP et CMPP sont très proches, les Camsp étant plus dédiés au handicap des moins de six ans. Leur gestion et leur mode de fonctionnement est très différent selon leur statut. Ils se rangent dans le secteur sanitaire pour les CMP et dans le secteur médico-social pour les Camsp et les CMPP. Et au sein des ARS, ils sont souvent suivis par des services différents.

Les hôpitaux publics et le secteur associatif assurent la gestion des différents centres.

Une rééducation sans reconnaissance préalable de handicap

Toutefois, notent les rapporteurs, les centres partagent des caractéristiques communes dans leur cœur de métier : "centres de prévention et de soins ambulatoires, ils reçoivent des enfants et des adolescents ainsi que leurs familles en accès direct, sans nécessité d'un adressage formel ni d'une orientation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Sous la direction d’un médecin, leurs équipes sont pluridisciplinaires et associent des professions médicales (pédopsychiatre, pédiatre, spécialiste de médecine physique et de réadaptation, etc.) et paramédicales (psychomotricien, orthophoniste, etc.), des psychologues et des personnels des services sociaux, éducatifs et administratifs".

Ils articulent tous les trois leur travail autour de quatre grands axes :

·         la prise en charge ambulatoire des jeunes ;

·         le repérage, l'évaluation et le diagnostic précoce ;

·         la prévention ciblée sur les populations à risque ;

·         l'articulation avec les autres acteurs.


Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) pour le repérage et le prise en charge des troubles du spectre autistique ou Dys (lire nos articles ici et ), ces structures apparaissent clairement comme le niveau 2 dans la prévention des troubles mais les rapporteurs constatent qu'elles gèrent aussi toute une partie de la demande de niveau 1 "compte tenu des difficultés d’accès, qu’elles soient physiques ou financières, à l’offre de premier recours".

Dans un parcours de soin, ces centres sont le deuxième niveau de recours pour le diagnostic.

Les parents maltraités ?

Le rapport analyse que les adresseurs – qu'ils soient professionnels de la santé, du social ou de l’éducation – pèsent sur la demande des parents, pourtant réputée libre et volontaire. Quant aux parents, en dehors des Camsp, ils ont parfois du mal à se faire reconnaître comme acteur à part entière. "Dans les cas où les parents veulent être associés, voire considérés comme partie prenante des prises en charge de leurs enfants, ils se heurtent parfois à un refus qui n'est pas toujours expliqué par des raisons médicales. Dans certains cas, les parents peuvent être considérés comme susceptibles – le plus souvent à leur insu – de jouer un rôle dans les troubles présentés par leur enfant, ce qui les disqualifierait pour participer activement aux soins. En effet, certaines approches psychodynamiques prennent en compte l'influence possible de l'environnement dans la genèse ou le renforcement des symptômes", commentent les rapporteurs.

Une nécessaire évolution qui ne se fait pas sans heurts

Et de citer les témoignages recueillis par des associations parentales qui évoquent le manque d'explications, la culpabilisation, la violence institutionnelle et la peur du signalement en cas de refus des solutions proposées. Quant à l'accès des parents au dossier médical, elle semble difficile en particulier dans le secteur psychiatrique. "La liberté de choix des parents, déjà très contrariée par l'insuffisance de l'offre, est mise à mal, faute d'informations précises et compréhensibles", estime le rapport, observant toutefois qu'avec le renouvellement des générations de praticien, "les dissensions liées à l'absence de liberté de choix thérapeutique et à la prédominance exclusive du champ théorique psychanalytique semblent moins prégnantes que par le passé."

Les auteurs notent parfois des tensions entre les gestionnaires des structures, qui encouragent les évolutions et le respect des bonnes pratiques, et certains professionnels réticents, voire opposés à la généralisation des formations et des approches fondées sur les neurosciences. Des tensions qui peuvent conduire à des démissions, voire à des licenciements. Les professionnels rencontrés évoquent également un hiatus entre le respect des bonnes pratiques et les moyens humains disponibles.

Une demande qui se spécialise

La mission observe une évolution haussière et continue des files actives des trois types de structure depuis dix ans. Les délais d’attente se sont accrus avec des maxima dépassant un an d’attente dans les zones les plus en tension, pour une moyenne qui se situe plutôt autour de six mois.

De 2006 à 2016, les files actives ont augmenté dans toutes les structures.
Par ailleurs, la polyvalence des centres est remise en question par des demandes de structures de diagnostic et de soins spécialisées par pathologie ou par type de trouble, notamment pour les déficiences neurosensorielles, les troubles du spectre de l'autisme et les troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage. En parallèle, des Camsp et CMPP développent en leur sein des compétences spécifiques (section spécialisée, équipe de diagnostic proximité pour l’autisme) afin de répondre à cette demande. Et les modes d’orientation des publics et d’articulation des prises en charge ne sont pas toujours formalisés entre les professionnels.

Les rapporteurs estiment que la multiplication des structures de niveau 2 n’est ni lisible pour les familles, ni viable compte tenu des contraintes en termes de ressources humaines, les professionnels n’étant pas assez nombreux pour couvrir les besoins dans les centres polyvalents et intervenir de surcroît dans des filières spécialisées. Ils rappellent que les métiers clés (pédopsychiatres, orthophonistes, psychomotriciens) sont en tension, d'autant que les niveaux de salaires proposés ne sont guère incitatifs. Et la pénurie de professionnels est génératrice d'inégalités d'accès aux soins.

Quel que soit le type de convention, le salaire moyen d'entrée est nettement inférieur à l'exercice libéral.

Un pilotage national pour 14 recommandations

Au final, la mission formule 14 recommandations dont elle précise l'échéance et le pilotage et parmi lesquelles : l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en matière de régulation des files actives qui soit commun aux Camsp CMPP et CMP ; un positionnement clair sur le niveau 2 ; la garantie du pluralisme des approches thérapeutiques dans le respect des bonnes pratiques ; l'intégration des CMP et CMPP dans une offre unifiée de santé mentale ; le financement des Camsp en totalité par l'Assurance maladie ; la mise en place d'outils nationaux et régionaux de pilotage de l'évolution des centres.

 

 

19 décembre 2018

HAS -> Appel à candidatures en vue de la création du conseil pour l'engagement des usagers

 

Appel à candidatures en vue de la création du conseil pour l'engagement des usagers

La Haute Autorité de santé (HAS) fait appel à candidatures pour la nomination des membres du conseil pour l'engagement des usagers, qu'elle crée dans le cadre de son projet stratégique 2019-2024, dont l'axe 2 est de faire de l'engagement des usagers une priorité.

https://www.has-sante.fr

 

29 novembre 2018

Réseau des PCPE du GCSMS Autisme France

logo GCSMS AUTISME FRANCE

article publié sur le site du GCSMS Autisme France


Le congrès Autisme France qui s'est tenu le 17 novembre à Nice a abordé le thème "Familles et professionnels au cœur du changement"

Ce fut l'occasion pour Anne-Laure Sanchez Garcia et Soizic Guilloteau, respectivement coordinatrice Autisme Pau Béarn et Chef de service des PCPE du GCSMS Autisme France, de présenter l'un des dispositifs innovants qui se développe actuellement sur tout le territoire national: le Pôle de Compétences et de Prestations Externalisées (PCPE).

Ainsi le GCSMS Autisme France a présenté les rôles et missions d'un PCPE à travers son réseau de PCPE dédiés à l'autisme.

En effet, ce réseau comporte 8 PCPE qui se sont adaptés aux besoins de chaque département dans lequel ils sont implantés (64, 40, 87, 54, 38, 11,23).

S'entourant des prestataires (professionnels libéraux, services à la personne, prestations d'ESMS) ils apportent une réponse souple et adaptée aux besoins des personnes accompagnées sur leur lieu de vie mais aussi de leur famille et des professionnels non spécialisés en autisme. 

Garant de l'application des RBPP et du respect des choix des personnes et de leur famille, le PCPE coordonne la mise en place de prestations hors nomenclature CPAM.

La particularité des PCPE au sein de notre réseau c'est que les familles sont impliquées dans l'ensemble du dispositif, de la gestion de celui-ci à la mise en œuvre des prestations pour leur enfant. En effet, notre groupement apporte son aide en adaptant le degré de gestion au besoin de l'association de parents  locale partenaire, allant de la gestion totale directe à un appui en cas de besoin.

22 novembre 2018

Autisme en Ile-de-France combat pour la Qualité, l'Innovation et la Co-création explique Jean-Marc MONGUILLET

Information publié sur le site d'Autisme en Ile-de-France

AeIDF à l'honneur dans le n°76 de la Lettre d'Autisme France Nov-Dec 2018

16/11/2018  AeIDF à l'honneur dans le n°76 de la Lettre d'Autisme France Nov-Dec 2018  

L'article AeIDF: Notre combat pour la Qualité, l'Innovation et la Co-construction est accessible dans l'onglet Revue de Presse (icone verte en marge à gauche)

 

 

 

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16 novembre 2018

Autisme : la justice dit oui à une méthode non reconnue

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Des parents saisissent la justice parce qu'on leur refuse une aide pour leur enfant au motif que la méthode d'éveil utilisée n'est pas reconnue. Les enfants autistes ont droit à une aide qui réponde à leurs besoins, tranche la Cour de cassation.

Par , le 16-11-2018

L'allocation d'aide à un enfant autiste doit en premier lieu tenir compte de ses besoins et difficultés spécifiques, et non seulement de critères techniques ou juridiques de prise en charge, a jugé la Cour de cassation. Des parents avaient formé un recours en se voyant refuser l'aide liée au handicap de leur enfant parce que la méthode d'éveil utilisée n'était pas officiellement reconnue.

Méthode non officiellement reconnue

Mais la loi, dans le code de l'action sociale des familles, prévoit une aide d'abord liée aux besoins, a rappelé la Cour de cassation (Cass. Civ 2, 8.11.2018, G 17-19.556), qui a appliqué ce principe avant les critères juridiques de prise en charge. La question se posait pour un enfant de 5 ans. Les parents se voyaient refuser les aides liées à la gravité du handicap, de 5e catégorie, c'est à dire d'un handicap qui oblige l'un des parents à ne pas travailler ou à recourir à plein temps à une tierce personne rémunérée. Le motif du refus formulé par les autorités départementales et par la Cour nationale de l'incapacité était que l'aide était apportée sous la forme d'une méthode d'éveil par le jeu intensif et interactif, méthode non officiellement reconnue par la Haute autorité de santé.

Les recommandations de la HAS

Or les organismes chargés de dispenser les aides doivent suivre les recommandations de cette Haute autorité, créée en 2004 pour recommander notamment les soins à apporter et les évaluer en vue de leur remboursement. La Cour de cassation a écarté ces arguments liés à la technique et aux principes juridiques des attributions d'aides. Il fallait d'abord tenir compte des besoins et difficultés spécifiques de l'enfant, a-t-elle tranché, et rechercher si cette méthode, bien que non recommandée, n'était pas la mieux adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de cet enfant.
Rappelons qu'en juin 2018, un rapport parlementaire sur l'autisme proposait de diriger les financements publics vers les établissements et professionnels appliquant bien les recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé (HAS), encore trop souvent ignorées (article en lien ci-dessous).

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

12 novembre 2018

Vidéo LCI -> Le Bihan se confie sur l'autisme de sa fille : Partie 2

article publié sur LCI

Screenshot_2018-11-12 Le Bihan se confie sur l'autisme de sa fille Partie 2

CONSULTATION PRIVÉE - Samuel Le Bihan, père d'une petite fille autiste, raconte son quotidien à travers son roman intitulé "Un bonheur que je ne souhaite à personne".

"Un bonheur que je ne souhaite à personne", c'est le titre du roman de Samuel Le Bihan chez Flammarion. A travers ce livre, il se confie sur l'autisme de sa fille de sept ans. Face à cette maladie, il n'a pas eu l’énergie de créer des associations ou des structures d'accueil. Par contre, il travaille sur une plateforme d'écoutes et de conseils qui sera lancé en avril prochain. A savoir que l'autisme est une maladie très courante. Dans le pays, un enfant sur 100 en souffre. Que faut-il savoir sur l'autisme ? Où en est la France concernant l'accompagnement des enfants autistes ? Comment les aider à mieux communiquer avec les autres ?

4 novembre 2018

Vidéo -> Samuel Le Bihan, invité de l'émission ONPC 3.11.2018 - Son livre "Un bonheur que je ne souhaite à personne"

Samuel Le Bihan, invité de l'émission ONPC, à l'occasion de la sortie de son livre "Un bonheur que je ne souhaite à personne".

son intervention dans l'émission #ONPC (on n'est pas couché) diffusé hier soir sur France 2

Samuel Le Bihan #ONPC from Estelle Ast Verly on Vimeo.

1 novembre 2018

Vidéo complète -> MATERNOPHOBIE de Sophie ROBERT a été projeté en avant première à l'Assemblée Nationale le 31 octobre 2018

Sophie Robert

dragonbleutv

Dragon Bleu TV

 

Ce programme vidéo de 86 minutes a été réalisé et produit par Sophie Robert pour Ninsun Project et Océan Invisible Productions. Il expose le mécanisme des placements abusifs d'enfants autistes et le désenfantement des mères qui cherchent à protéger leur enfant victime d'abus sexuels, sur la foi d'expertises psychanalytiques obscurantistes, en contradiction radicale avec les données acquises de la science et les recommandations de la HAS.
Avec :
Me Sophie Janois, avocate spécialisée en droit de la santé
Pr Christophe Lançon, professeur de psychiatrie, hôpital de la Conception à Marseille
Alain Kieser, psychologue spécialisé dans la protection des enfants abusés
Véronique Gropl, mère d'un enfant autiste, présidente de l'association RIAU
Maud Lacroix, mère d'un enfant autiste, présidente de l'association Petits Bonheurs.

31 octobre 2018

Autisme : " J'ai dû vendre ma maison pour que mon fils soit accompagné "

 

Autisme : " J'ai dû vendre ma maison pour que mon fils soit accompagné "

L'autisme est un trouble envahissant du développement qui apparaît dans l'enfance, avant l'âge de 3 ans, et perdure chez l'adulte. L&

https://www.allodocteurs.fr

 

31 octobre 2018

Le Tremplin Autisme Isère - Présentation

 

Le Tremplin Autisme Isère - Présentation

Site de l'association Le Tremplin Autisme Isère qui a pour objectif de soutenir les parents d'enfants touchés par l'autisme en les aidant, notamment, à mettre en place une prise en charge éducative ABA/VB.

https://letremplin-isere.org

 

29 octobre 2018

Diagnostic et interventions précoces

article publié dans Médiapart

logo club de mediapart29 oct. 2018

Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Une nouvelle disposition en faveur du diagnostic et des interventions précoces pour l'autisme a été votée vendredi à l'Assemblée Nationale. Mais la remise en cause d'un modèle original dans l'ex-Limousin pose question.

 

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 prévoit en son article 40 :

Article 40

I. – Le code de la santé publique est ainsi modifié :

1° Au sein du titre III du livre Ier de la deuxième partie, il est ajouté un chapitre V ainsi rédigé :

« chapitre v

« Parcours de bilan et intervention précoce pour les troubles du neuro-développement

« Art. L. 2135-1. – Pour l’accompagnement des enfants présentant un trouble du neuro-développement et la réalisation d’un diagnostic, un parcours de bilan et intervention précoce est pris en charge par l’assurance maladie.

« Le parcours est organisé par des structures désignées par arrêté du directeur général de l’agence régionale de santé parmi les établissements ou services mentionnés aux 2°, 3° et 11° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles ou les établissements mentionnés à l’article L. 3221-1 du présent code.

« Les professionnels de santé mentionnés aux articles L. 162-5 et L. 162-9 du code de la sécurité sociale, aux articles L. 4331-1 et L. 4332-1 du présent code et les psychologues peuvent conclure avec les structures désignées à l’alinéa précédent un contrat, conforme au contrat type défini par arrêté des ministres chargés de la santé, de la sécurité sociale et du handicap. Ce contrat prévoit notamment, pour chaque catégorie de professionnels, des engagements de bonnes pratiques professionnelles et les conditions de retour d’information à la structure désignée et au médecin traitant. Pour les professionnels mentionnés aux articles L. 4331-1 et L. 4332-1 et les psychologues, le contrat prévoit également les modalités selon lesquelles la structure désignée rémunère les prestations réalisées dans le cadre du parcours.

« La prise en charge du parcours est soumise à prescription médicale.

« Un décret en Conseil d’État fixe les conditions d’application du présent article. » ;

2° L’article L. 2112-8 est complété par les dispositions suivantes : « Par dérogation aux dispositions de l’alinéa précédent, les régimes d’assurance maladie financent l’intégralité des dépenses relatives au parcours mentionné à l’article L. 2135-1. »

II. – Au sein du chapitre 4 du titre 7 du livre 1 du code de la sécurité sociale, il est rétabli une section 10 ainsi rédigée :

« Section 10

« Dépenses relatives aux parcours de bilan et intervention précoce pour les troubles du neuro-développement

« Art. L. 174-17. – Les structures désignées en application de l’article L. 2135-1 du code de la santé publique perçoivent une dotation pour financer le parcours de bilan et intervention précoce pour les troubles du neuro-développement, versée par la caisse mentionnée au premier alinéa de l’article L. 174-8 ou au premier alinéa de l’article L. 174-2. »

III. – Les dispositions du présent article sont applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon.

IV. – À l’article 9 de l’ordonnance n° 77-1102 du 26 septembre 1977 portant extension et adaptation au département de Saint-Pierre-et-Miquelon de diverses dispositions relatives aux affaires sociales, il est ajouté, après la référence : « L. 174-4 », les mots : « et L. 174-17 ».

Exposé des motifs

Dans le cadre de la stratégie pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement 2018-2022, le gouvernement a fixé comme objectif la mise en place d’un parcours de bilans et soins précoces des jeunes enfants, en amont du diagnostic, afin de prendre en charge de façon précoce les enfants atteints de troubles du neuro-développement et ainsi répondre aux problèmes d’errance diagnostique et de sur-handicap.

Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles insistent fortement sur l’importance de mettre en œuvre des interventions précoces, dès suspicion d’un trouble du neuro-développement. L’organisation actuelle du parcours, du repérage au diagnostic, ne permet pas ces interventions à moins d’avoir une assise financière personnelle suffisante pour recourir à des professions libérales non conventionnées.

Il s’agit de garantir par cette disposition l’accès aux bilans et interventions précoces, effectués par les psychologues, ergothérapeutes et psychomotriciens qui doivent être réalisés dans le cadre d’un parcours coordonné conformément aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles sans attendre une confirmation de diagnostic.

La nécessité d’intervenir le plus précocement possible implique que les interventions soient déployées dès les premiers constats des difficultés neuro-développementales. Il serait préjudiciable d’attendre l’établissement d’un diagnostic formel de trouble du spectre autistique (TSA) ou d’un autre trouble, fonctionnel et éventuellement étiologique, pour organiser un plan d’intervention précoce. Dans ce contexte, l’organisation d’un parcours de soins précoces efficace pour les TSA concerne l’ensemble des enfants ayant un trouble du neuro-développement.

Cette mesure s’inscrit dans une action plus large visant à généraliser, organiser le repérage et structurer un parcours fluide et sécurisé.

Elle vise à définir le contenu de la prestation prise en charge par l’assurance maladie, les modalités de sa mise en œuvre et les conditions de son financement.


Cet article a été adopté vendredi 26/10/2018 à l'unanimité à l'Assemblée Nationale. Voir compte-rendu sur le site de l'Assemblée..

Le rapport de la commission des affaires sociales analyse ces dispositions pages 305 à 314.

Il indique notamment : " la majorité des professionnels de santé qui doivent intervenir auprès des enfants avec autisme ne voit pas leurs actes pris en charge par l’assurance maladie : neuropsychologues, psychologues, ergothérapeutes et psychomotriciens ".

Je m'interroge cependant sur l'absence des éducateurs spécialisés dans cette énumération, non dans les bilans pour le diagnostic, mais dans l'intervention.

Le forfait concerne l'ensemble des troubles neurodéveloppementaux : l'autisme représente 10 à 20% de ces troubles. Le budget prévu est-il vraiment adapté ?

Ce dispositif pourrait s'appuyer surtout sur les CMPP et CAMSP, qui ont en majorité démontré leur incompétence sur les troubles neurodéveloppementaux. Seront-ils financés sans vérification de leurs compétences ?

Comme cela est préconisé depuis longtemps, l'intervention doit commencer avant la finalisation d'un diagnostic précis.

 © capture d'écran FR3 © capture d'écran FR3
Ces excellents principes m'amènent à m'interroger sur la politique menée envers le Centre Expert Autisme du Limousin, qui a démontré sur le département de la Haute-Vienne sa capacité à diagnostiquer avant 6 ans l'autisme à un niveau équivalent à celui de la prévalence reconnue internationalement (1% pour les enfants nés en 2013) et à intervenir sans délai, avec le concours de nombreux services ou établissements.

Tous les enfants concernés du département qu'ils soient dépistés à 18 mois ou à 5 ans  y bénéficiaient d’une évaluation  diagnostique et fonctionnelle puis, dans la foulée, d'une intervention individualisée dans leur milieu de vie (maison, école), calibrée à leurs besoins. Aucun parent  ne devait connaitre, dans ce département, le parcours du combattant que vivent la majorité des familles françaises concernées. A la rentrée 2017 le nombre d'enfants TSA inclus en CP y était multiplié par 3,8 alors qu'il restait stable dans les départements voisins.  Les registres confirmaient que l'on  allait atteindre un résultat unique en France : la quasi-exhaustivité  du diagnostic et de l'accompagnement pour un département. Ce chiffre permettait de penser qu’aucun enfant  ne resterait au bord du chemin. 

L'ARS Nouvelle Aquitaine a remis en cause les principes de cette expérience décidée par l'ex-ARS du Limousin. C'était le même dispositif qui s'occupait du diagnostic et de l'intervention précoce, sans risque de rupture de parcours.

L'ARS a décidé que le CRA continuerait à faire le diagnostic, mais que l'intervention précoce serait assurée par 3 SESSAD départementaux. Cela a immédiatement pour conséquence que les SESSAD ne pourront intervenir qu'après notification des CDAPH. On sait que les MDPH ont en moyenne un délai d'un peu moins de 4 mois pour les décisions concernant les enfants, ce délai moyen concernant à la fois les premières demandes et les renouvellements de droits. Or, s'agissant d'interventions précoces, nous sommes dans une situation de première demande, où les délais sont en général plus longs.

Sauf à mettre en œuvre des procédures spéciales, il y a un risque sérieux de rupture de parcours par rapport à la pratique du Centre Expert dans cette séparation entre le diagnostic et l'intervention.

L'association Autisme Limousin et le Collectif des parents mettent l'accent sur un deuxième problème dans le communiqué ci-dessous : ils expliquent qu'à budget équivalent, il est possible de pratiquer des interventions précoces pour les enfants diagnostiqués entre 4 et 6 ans.

Dans son communiqué de mai, l'ARS Nouvelle-Aquitaine avait promis de financer une prise en charge intensive précoce de 18 à 24 mois avant 6 ans.

Mais l'appel à projets pour les 3 SESSAD départementaux ne fait état que des enfants diagnostiqués avant 4 ans, pour lesquels une intervention pourra durer 2 ans.

Suivant ce communiqué des associations, compte tenu de l'âge réel du diagnostic, cela se traduirait par des places vacantes (la moitié ou plus) dans ces SESSAD !

On ne peut soupçonner l'ARS Nouvelle-Aquitaine de vouloir faire des économies sur le dos des enfants autistes. Elle assure un financement égal à l'actuel pour le département de la Haute-Vienne, et elle attribue en plus un financement équivalent pour les deux autres départements de l'ex-Limousin, la Corrèze et la Creuse. Elle a assuré le contrôle de tous les services de pédopsychiatrie demandé par le Ministère. Des services PCPE (pôles de compétence et de prestations externalisées) ont été attribués pour l'autisme, alors que la plupart des ARS n'ont voulu s'en servir que pour la RAPT (Réponse Accompagnée pour tous). Elle appuie la certification Cap'Handeo.

Il est toujours possible de combiner les financements pour permettre des diagnostics et des interventions précoces dans les 3 départements de l'ex-Limousin.

Ou faut-il rajouter l'étiquette "au sein des troubles neurodéveloppementaux" pour que çà soit politiquement correct ?


Autisme : La moitié des enfants de moins de 6 ans exclus d’un dispositif modèle d’intervention précoce ?

Les parents lancent l’alerte et proposent des solutions sans financement supplémentaire.

Ils attendent la réponse de l’administration.

C’est la première fois que dans notre pays les objectifs du plan autisme pour les tout-petits étaient remplis à l’échelle de la population d’un territoire entier.

Depuis 2014, sur l’initiative de l’ARS (Agence Régionale de Santé) du Limousin, un centre expert autisme, au sein du pôle neurosciences du CHU de Limoges, propose et assure, dès leurs 18 mois et avant leurs 6 ans, le diagnostic de la totalité des enfants atteints de TSA (Trouble du Spectre Autistique) nés dans le département. (1 enfant sur 95 nés en Haute Vienne en 2013 a reçu ce diagnostic). Grâce à ce centre, mais dans leur milieu de vie, tous les enfants diagnostiqués entre 18 mois et 6 ans bénéficient d’une intervention intensive, spécialisée, individualisée et d’un accompagnement en maternelle. Cette intervention est, selon les recommandations de l’HAS (Haute Autorité de Santé), adaptée à l’âge où l’enfant est adressé mais également à son profil de développement, à la sévérité de l’atteinte et à ses besoins particuliers. Le résultat ne s’est fait pas attendre au bout de 3 ans l’inclusion scolaire en CP des enfants TSA a été multipliée par 3,8.

Les parents du département échappent au parcours du combattant que vivent les 80% de familles d’enfants autistes de moins de 6 ans qui, dans le reste de la France, n’ont pas accès à ce type de prestations. (Rapport de la Cour des Comptes sur l’autisme).

Le travail d’expertise réalisé à l’échelle d’un territoire entier adossé à la collecte de données et de statistiques pouvait permettre modélisation et déclinaison à l’échelle nationale.

Pourtant la donne menace d’être changée mais dans le mauvais sens

Jugeant ce centre « dérogatoire, atypique et hybride », l’administration a souhaité séparer les fonctions diagnostiques et celles d’intervention précoce et transférer ces dernières du CHU vers un dispositif privé par le biais d’un appel à projets pour un SESSAD d’intervention précoce. L’ARS a annoncé dans un communiqué de presse (3 Avril 2018) que vu « les résultats positifs pour le parcours des enfants » elle décidait, dans le cadre de la nouvelle organisation, pour « pérenniser l’activité concernant la Haute Vienne » de maintenir le financement de l’intervention intensive précoce au niveau précédent (2 M d’euro)

Mais dans l’appel à projets, l’administration annonce, la décision de réduire de 6 à 4 ans l’âge maximum d’accès à l’intervention précoce. Or les registres du centre montrent que la moitié des enfants accèdent au centre à partir de 4 ans. Cette décision revient donc à exclure mécaniquement à partir de 2019 la moitié des enfants TSA qui resteront sans solution alternative.

Les motifs invoqués sont-ils financiers ? Non, puisque l’ARS alloue un budget qui s’est montré suffisant pendant 3 ans pour accompagner la totalité des enfants de 18 mois à 6 ans. L’appel à projets précise que les besoins sont d’une soixantaine de places. Ce qui veut dire que le SESSAD prévu et financé pour une soixantaine de places comportera, si l’exclusion est maintenue, une moitié de places vacantes alors qu’une trentaine d’enfants de 4 à 6 ans resteront à la porte sans solution.

Le motif invoqué est la meilleure efficacité des prises en charges menées avant 4 ans. C’est un fait incontesté. Mais l’intervention entre 4 et 6 ans reste très efficace ; cela est reconnu par la littérature scientifique et par l’expérience quotidienne. L’HAS elle-même décline les modalités d’intervention précoce qu’elle recommande pour cette catégorie d’âge1. Et une politique de santé publique ne restreint pas une intervention thérapeutique ou éducative aux seuls sujets qui présentent les chances maximum de succès.

1 Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent : recommandation HAS/ANESM.

Interventions recommandées débutées ou poursuivies au-delà de 4 ans :

Du fait de la rareté des études évaluant les interventions globales et coordonnées débutées au-delà de 4 ans et de l’absence d’études évaluant à long terme les interventions précoces débutées avant 4 ans, les recommandations suivantes reposent toutes sur un accord d’experts. Au-delà de 4 ans, la mise en place ou la poursuite des interventions s’effectue selon des dispositifs différents en fonction du profil de développement de l’enfant/adolescent et de la sévérité des symptômes. Ce seuil de 4 ans a été proposé dans la mesure où les interventions qui ont fait preuve de leur efficacité concernent majoritairement des interventions précoces débutées avant 4 ans. Cependant, il doit être interprété avec discernement, notamment pour les enfants dont le diagnostic est tardif.

Les conseillers scientifiques de l’association de parents Autisme Limousin pensent que l’ARS ne disposait pas, quand elle a pris cette décision, des éléments extraits des registres du centre montrant que l’abaissement de l’âge d’accueil réduirait de moitié l’effectif des enfants accueillis. L’ARS n’avait sans doute pas, non plus, à disposition les publications qui montrent que l’on ne peut espérer un abaissement rapide de l’âge moyen de diagnostic. (Aux USA, au Canada en Suède, il reste supérieur à 4 ans ; il est clairement très supérieur en France où il n’existe pas de données fiables.)

L’Association Autisme Limousin déterminée à préserver par tous les moyens légaux une réalisation unique en France et un modèle à dupliquer saisit par courrier l’ARS Nouvelle-Aquitaine pour lui demander d’organiser un appel à projet d’intervention précoce adaptée pour les enfants TSA de 4 à 6 ans. Cela permettra, à budget global constant, de continuer à assurer, comme l’ARS s’y était engagé, la prise en charge inclusive des enfants de 18 mois à 6 ans.

Changer la donne, comme l’a promis le président de la République, c’est développer l’inclusion en milieu de vie ordinaire et non pas priver de cette inclusion les enfants de 4 à 6 ans qui y avaient droit jusqu’à maintenant. C’est développer des modèles d’inclusion à dupliquer et non pas les démanteler !!!


Voir aussi :

Limousin: 50% des enfants autistes de - 6 ans vont être privés de prise en chargeAutisme en Limousin : après la rencontre avec l'ARS le 29 maiAutisme en Limousin : rencontre à venir avec l'ARS le 29 maiLe centre expert autisme du Limousin : premier bilan et avenir
27 octobre 2018

Autisme : soins en ergo et psychomot bientôt pris en charge

article publié sur Handicap.fr

Résumé : L'Assemblée vote une proposition en faveur du repérage précoce des enfants autistes, qui garantit l'accès aux bilans et interventions précoces effectués par les psychologues, ergo et psychomot dans le cadre d'un parcours coordonné.

Par , le 27-10-2018

L'Assemblée a voté le 26 octobre 2018 à l'unanimité un dispositif favorisant un repérage précoce de l'autisme et la mise en place d'un parcours de soins pour les enfants repérés, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019.

Dans le cadre de la stratégie autisme

Ce dispositif s'inscrit dans le cadre de la stratégie pour l'autisme au sein des troubles du neuro-développement 2018-2022 (article en lien ci-dessous). D'après l'Inserm, l'autisme touche 1% de la population soit 100 000 jeunes de moins de 20 ans et 600 000 adultes. Le gouvernement s'est fixé comme objectif la mise en place d'un parcours de bilans et soins précoces des jeunes enfants, en amont du diagnostic, afin de prendre en charge de façon précoce les enfants atteints de troubles du neuro-développement et ainsi répondre aux problèmes d'errance diagnostique et de sur-handicap.

Des interventions précoces

"L'organisation actuelle du parcours, du repérage au diagnostic, ne permet pas ces interventions à moins d'avoir une assise financière personnelle suffisante pour recourir à des professions libérales non conventionnées", souligne le texte de loi. "La disposition votée vise à garantir l'accès aux bilans et interventions précoces, effectués par les psychologues, ergothérapeutes et psychomotriciens dans le cadre d'un parcours coordonné conformément aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles sans attendre une confirmation de diagnostic", indique-t-il.

Rattraper 20 ans de retard

"C'est la première incarnation concrète de la stratégie nationale pour l'autisme et les troubles du neuro-développement", a salué le député Adrien Taquet (LREM). "Ce parcours de bilan et d'intervention précoce va permettre à la France de commencer à rattraper 20 années de retard et à la vie de dizaine de milliers d'enfants de notre pays de changer", a-t-il souligné. "Le diagnostic en France, c'est cinq ans en moyenne alors que l'Inserm estime qu'on peut commencer à repérer les premiers signes entre 18 et 36 mois. Ces quelques mois et quelques années où l'on ne diagnostique pas les enfants, alors que la plasticité du cerveau est la plus importante, sont terribles en terme de développement pour nos enfants", a poursuivi le député des Hauts-de-Seine.

Restes à charge de 3 000 euros

"Ce forfait va apporter aussi des réponses aux familles qui n'ont pas de moyens financiers suffisant pour avoir recours à des professions libérales non conventionnées. La Cour des comptes a pu estimer que le reste à charge était en moyenne de 3 000 euros", a-t-il conclu.

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

9 octobre 2018

Définition de l'autisme - Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine - Version 2018

Extrait du dictionnaire médical de l'Académie de Médecine - Version 2018

autisme n.m.logo académie de médecine

 

autism

L'autisme et les troubles apparentés constituent un ensemble de syndromes actuellement regroupés dans les classifications internationales des maladies sous les termes «troubles envahissants du développement» (CIM 10) et plus récemment « troubles du spectre de l’autisme » (DSM 5), caractérisés par des fonctionnements particuliers qui altèrent dès les premières années de vie, avant 3 ans, la socialisation, la communication et l'adaptation.
Dans le domaine de la socialisation et de la communication, l'enfant semble seul dans son monde et pourrait faire penser qu'il est sourd. Il réagit avec les personnes comme si elles étaient des objets. Son contact oculaire est atypique. Sa mimique est pauvre. Le partage émotionnel lui est difficile. Il ne parle pas, ou, si son langage existe, il ne s'inscrit pas dans un échange, un dialogue avec autrui.

En ce qui concerne les facultés d’adaptation : le moindre changement dans son environnement peut provoquer chez lui angoisse et agressivité ; l'enfant est attaché à «l'immuabilité». Le répertoire de ses activités est réduit, répétitif. Il est parfois animé de mouvements stéréotypés, battements, rotations ou balancements d'une partie ou de l'ensemble du corps. Des réactions témoignant d’hyper ou hypo-réactivité sensorielle sont également très caractéristiques
Tous ces traits persistent à l'âge adulte. La variabilité de l'expression clinique résulte non seulement du degré d'autisme mais aussi de son association à d'autres troubles (retard mental, troubles moteurs, sensoriels et perceptifs, épilepsie...).
La prévalence de ce syndrome est l’objet de discussion ; le chiffre désormais admis est de 1 pour 150 avec classiquement 4 garçons pour une fille.
L'identification des signes précoces est un enjeu majeur de santé publique. Les symptômes peuvent être discrets ou méconnus. Vers trois ans, le tableau d'autisme peut être confirmé, défini par les altérations qualitatives du comportement qui constituent les critères de diagnostic des classifications internationales. La CIM10 doit être obligatoirement appliquée en France selon les recommandations de la Haute autorité de santé. Le diagnostic est clinique. Il n'existe aucun marqueur biologique validé à ce jour.
L’autisme touchant différents domaine du développement, il est essentiel de favoriser une prise en charge globale qui aura pour objectif l'acquisition de compétences sociales, du langage ou de moyens alternatifs de communication, d'autonomie…
Chaque individu avec autisme a son propre profil qui peut varier au cours de sa vie. Aucun protocole standard n'existe, toutefois plusieurs principes fondamentaux guident les stratégies éducatives, rééducatives, les pratiques de soins et d'intégration sociale :
- précocité de l'intervention,
- accessibilité des services éducatifs et de soins,
- diversité des méthodes et moyens mis en œuvre,
- évaluation des besoins tout au long de la vie,
- l'implication de la famille partenaire et continuité du suivi garanti par un dossier personnalisé régulièrement mis à jour.
Le Comité consultatif national d’éthique a souligné, en 2007, la nécessité d’appuyer les pratiques sur un socle de connaissances issues de la recherche.

L. Kanner, pédopsychiatre américain d’origine allemande (1943) ; H. Asperger, pédopsychiatre autrichien (1938 et 1944)

Étym. gr. autos : soi-même

Syn. troubles envahissants du développement, troubles du spectre de l’autisme

 

8 octobre 2018

Dossier consacré à l'autisme dans le bulletin de l'Ordre national des médecins - sept-octobre 2018

2 octobre 2018

Les parents d'enfants autistes : attentes, implication et difficultés

 

Les parents d'enfants autistes : attentes, implication et difficultés

La rédaction de cette page s'enracine dans plusieurs sources scientifiques afin d'aborder des aspects différents de ce qu'est la parentalité d'un enfant autiste. La France a un long passé de culpabilisation des parents d'enfants autistes et surtout des mères.

http://comprendrelautisme.com

 

21 septembre 2018

Comportement : coacher les parents pour réguler les enfants

5 septembre, 2018

Il fait souvent très chaud à Montpellier mais en matière de pédopsychiatrie, ce que propose le CHU de la ville est une petite bouffée d’air frais. L’hôpital de Saint Eloi mise ainsi sur l’implication parentale, la psycho-éducation, et l’evidence-based pour aider les familles confrontées à un enfant particulièrement agité. Focus sur un service innovant.

Quand on est parent d’un enfant porteur d’un trouble du développement, ou au comportement difficilement gérable, la prise en charge proposée peut tout changer. Selon leur zone géographique, toutes les familles ne seront pas logées à la même enseigne. Vivre dans les environs de Montpellier peut ainsi contribuer à alléger le fardeau. Le service de Médecine Psychologique de l’Enfant et de l’Adolescent de l’hôpital Saint Eloi propose depuis dix ans un accompagnement inspiré des programmes anglo-saxons et de la littérature scientifique. La dimension « evidence-based » des suivis proposés a été renforcée avec l’arrivée dans le service du Professeur Diane Purper Ouakil. Le caractère assez disruptif de ces prises en charge relevant de la psycho-éducation, eu égard aux pratiques françaises usuelles, est saisissant.

Troubles externalisés de l’enfant : des programmes avec un bon niveau de preuves

Pour accompagner les enfants diagnostiqués avec un TDAH et leur famille, le service utilise le programme Barkley ainsi que le programme canadien « Multi-propulsion ». Les modalités sont variables : les parents peuvent s’inscrire pour un stage de deux jours, très intensif, qui constitue la porte d’entrée, une sorte de vademecum d’un programme de psycho-éducation de base. Ils peuvent aller plus loin participer à un ensemble de sessions, en groupe, où seront ajoutés des vignettes filmées ou des mises en situation. Pour les enfants avec des symptômes plus accentués et des comportements très tyranniques, l’adaptation d’un programme israélien est testé, sur les bases de la « résistance non violente ». L’équipe s’apprête désormais à expérimenter « Incredible Years », l’un des plus fameux dispositifs américains de soutien parental, afin de répondre aux besoins des familles avec des enfants plus petits (3-6 ans), donc pas encore diagnostiqués, mais présentant des symptômes de trouble. Plusieurs psychologues de l’équipe sont actuellement en cours de formation.

Lors d’un récent colloque organisé par l’ANECAMSP, Diane Purper Ouakil a livré une description très claire des objectifs et modalités des programmes standardisés qui ciblent les troubles externalisés de l’enfant (c’est à dire l’impulsivité, l’agitation, l’hyperactivité, l’opposition, la désobéissance, l’agressivité, les crises de colère). D’autres programmes, plus préventifs que curatifs, moins universalistes, vont davantage viser l’attachement et la sensibilité maternelle ou le développement cognitif de l’enfant. Mais le soutien parental avec une indication de troubles du comportement de l’enfant est celui qui rencontre le plus haut niveau de preuves.

Agressivité chez l’enfant : de la norme au trouble

« Le comportement agressif fait partie du répertoire comportemental humain », rappelait Diane Purper Ouakil en mars dernier (comme nous l’avait aussi précisé Richard Tremblay dans un précédent entretien). Il est normal chez le jeune enfant. Il connaît un pic dans la seconde année, est plus fréquent chez le garçon. Les contacts agressifs physiques entre pairs diminuent avec le temps quand se développent les compétences de communication. Pour l’opposition et la colère, l’âge d’or est entre 18 et 30 mois. Il s’agit de situations de conflit pour l’enfant entre ses capacités en développement et les limites posées par l’adulte. Chez le jeune enfant la colère est une réaction habituelle. Son répertoire d’autorégulation est limité. Il existe aussi une variabilité interindividuelle avec des différences importantes dans le registre comportemental.

Les parents constituent les premiers agents de régulation. Ils manifestent des capacités de contenance, de validation et de verbalisation des émotions. Le médecin a également posé la question essentielle : quelle est l’évolution des comportements difficiles chez un enfant de moins de six ans ? Là aussi sa réponse rejoignait celle que nous avait donnée Richard Tremblay : « On ne peut pas forcément parler de troubles. Mais 5 à 10% d’enfants restent à un niveau élevé de comportements agressifs. Ce sont ceux-là qui nécessitent une prise en charge. Les difficultés deviennent des troubles si elles dépassent l’ajustement transitoire, si l’intensité est importante, s’il y a un retentissement dans différents environnements, si elles entravent la socialisation et les apprentissages. On constate une relative stabilité développementale ; 50% des enfants identifiés à 3 ans auront des troubles à l’adolescence. »

On retrouve les difficultés externalisées dans les troubles du neuro-développement, dans les troubles disruptifs (Trouble oppositionnel avec provocation et trouble des conduites), trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle. Ces difficultés sont souvent associées à des troubles anxieux (peur de la séparation, retrait relationnel), à des troubles des apprentissages, du développement du langage, des TSA, des TOC, des troubles intellectuels. En tous cas, en consultation spécialisée, les trouble du comportement constituent le premier motif de recours pour les enfants d’âge pré-scolaire.
Dans ce tableau, quel rôle jouent les écrans ? « Il est certain que la gestion des écrans est une problématique qui explose, constate Diane Purper Ouakil. Elle se surajoute souvent à la problématique de départ puisque certains enfants semblent avoir des caractéristiques individuelles qui exacerbent leur appétence pour cette stimulation et que la limitation du temps d’écran peut susciter ou renforcer une opposition. La relation entre l’usage d’écrans, leur contenu et les troubles du comportement mérite de poursuivre des études longitudinales pour mieux en comprendre les enjeux et éviter les généralisations et autres attributions causales hasardeuses dans des troubles à déterminisme complexe. »

Modifier la réponse parentale pour atténuer le symptôme

Quels sont les facteurs de risque des trouble externalisés ? Les perturbations de l’environnement relationnel (liens d’attachement, qualité de la relation parent-enfant), les attitudes éducatives dysfonctionnelles, les violences familiales, la discorde familiale, la précarité, la psychopathologie parentale, les caractéristiques individuelles (sexe -les garçons sont sur représentés-, tempérament, fonctionnement cognitif, hérédité).

Diane Purper Ouakil le précisait en mars dernier : il existe des styles éducatifs à risque. Devant des comportements indésirables de l’enfant si les réponses sont imprévisibles, incohérentes, variables, cela met à mal ses capacités de régulation. L’attention du parent sur le comportement négatif est un renforçateur très puissant : c’est un mécanisme de maintien pernicieux. Le mécanisme contraire, tout céder, est délétère aussi. Le traitement vise à diminuer les facteurs de risque modifiables, à augmenter les facteurs de protection (empathie, régulation sociale, compétences physiques et cognitives…). Les programmes parentaux proposent de modifier la réponse parentale pour changer le comportement de l’enfant. Ils insistent sur la sensibilité parentale, le renforcement des comportements positifs.

Ne rien proposer à l’environnement de vie de l’enfant sera sans impact sur lui. Diane Purper Ouakil l’explique aux parents. « On leur fait comprendre qu’il est inutile de prendre un enfant en soin tout seul, qu’ils sont un ingrédient très important du changement ».
La prise en charge débute avant tout diagnostic puisque les enfants sont jeunes. Il s’agit quand même d’une intervention plus que d’une prévention puisque le symptôme, lui, est là. Diane Purper Ouakil estime d’ailleurs qu’un programme uniquement préventif, qui s’adresse à des familles qui ne sont pas encore confrontées au problème, est moins efficace. Les données de la littérature semblent lui donner raison. Il ressort des revues de littérature et méta-analyses qu’un dispositif est d’autant plus efficace que les familles participent activement et sont assidues. Or, cet engagement dépend beaucoup de la motivation très corrélée à la nécessité de résoudre une difficulté existante.

Vidéos, jeux de rôle, valorisation et encouragements

En quoi consistent les programmes d’entraînement aux habiletés parentales, dont Incredible Years? Ils aident les parents à trouver des stratégies face à des comportements indésirables en proposant une modélisation à partir de vignettes vidéo et de jeux de rôle. Cette approche repose sur les thérapies cognitivo-comportementales, la théorie de l’apprentissage social, la théorie de l’attachement, entre autres. Chaque séance est consacrée à un thème précis. Les parents échangent à partir d’une interaction filmée. « La dynamique de groupe est importante puisque les parents se stimulent entre eux, précise Diane Purper Ouakil. Les familles sont soutenues de façon bienveillante, pas interprétative. Pour un psychologue français, c’est une façon de faire très différente. L’ambiance est positive, ludique et interactive. On félicite beaucoup le parent.» Les séances en individuel servent à renforcer les progrès parentaux. Le fait d’accueillir plusieurs familles en même temps permet en plus une économie de temps.

Pour des parents qui présenteraient plus de difficultés, le service propose des prises en charge alternatives. Dans la mesure où la demande initiale émane du parent, Diane Purper Ouakil reconnaît qu’il peut être difficile de toucher les familles plus vulnérables qui seront moins pro actives dans leur demande de soins. La part de familles aisées est d’ailleurs sur représentée par apport à la composition socio-économique de la population locale. « Il serait intéressant de former des intervenants en première ligne, des professionnels de PMI ou des services sociaux», estime le médecin. Elle en est persuadée : même si les parents fragiles sont plus difficiles à mobiliser, ils peuvent avoir un rôle actif dans la prise en charge. De la même façon, elle estime que les grands principes de ces programmes sont tout à fait applicables à des populations présentant une forte diversité culturelle.

La France à la traîne

Comment expliquer que ce type de prises en charge, les seules à recueillir un bon niveau de preuves, soient encore si rares en France ? Diane Purper Ouakil énumère plusieurs freins : une fausse représentation de ce qu’est une thérapie validée réplicable, la résistance culturelle vis-à-vis de programmes essentiellement anglo-saxons, la méfiance vis-à-vis de l’évaluation. « J’ai la chance d’avoir trouvé un terrain favorable à Montpellier. Mes prédécesseurs avaient une formation attachementiste, quelques psychologues étaient formés aux TCC. La question de la relation bienveillante, de l’implication parentale, tout ça était construit. Si l’équipe avait été dans un paradigme psychodynamique l’introduction des thérapies standardisées et de la dimension evidence-based aurait probablement été moins aisée.»
Pour le médecin, il y aurait des leviers de changement qui permettraient la diffusion de ces pratiques validées. « La Haute Autorité de Santé pourrait produire des recommandations. Il existe aujourd’hui des données solides sur les interventions précoces et pourtant, en France, aucune ligne directrice sur les troubles des conduites. Il faudrait aussi agir au niveau de la formation initiale pour toucher les acteurs de terrain y compris au sein de l’éducation nationale. Aujourd’hui on ne forme que les enseignants spécialisés. Le problème c’est qu’il n’y a personne qui soit sensibilisé sur cette question au sein des ministères et qu’aucune association de parents ne porte cette problématique spécifiquement
Diane Purper Ouakil a en tous cas comme ambition de construire un programme de formation afin de permettre la diffusion de ces bonnes pratiques.

16 septembre 2018

Sophie Cluzel : « Les personnes en situation de handicap ont un vrai besoin d'accès aux soins »

Jean Paillard, Coline Garré

13.09.2018

+ 6% d'enfants handicapés ont été scolarisés à la rentrée. «Priorité du quinquennat», la stratégie nationale de l'autisme est sur les rails : elle devrait se concrétiser bientôt par des maquettes de formation pour les médecins et des «plateformes d'intervention précoces». Près d'un an et demi après son entrée au gouvernement, Sophie Cluzel estime que les choses ont vraiment bougé sur le secteur dont elle a la charge. Elle expose aussi au «Quotidien» ses prochains chantiers : accès aux soins de ces patients et bilan de l'accessibilité des locaux.

  • ev Cluzel
Crédit Photo : SEBASTIEN TOUBON Zoom

LE QUOTIDIEN : La scolarisation des enfants handicapées est l’un des combats de votre vie. Or en cette rentrée des voix s'élèvent pour dénoncer la situation d’enfants qui n’ont pas d’accompagnement adapté pour cette rentrée des classes. Qu'en est-il ?

SOPHIE CLUZEL : Quelque 340 000 élèves en situation de handicap ont fait leur rentrée cette année, soit 20 000 (6 %) de plus que l'année dernière. Cela ne représente que 2,5 % des élèves scolarisés, de la maternelle au BTS. Certes le parcours du combattant administratif reste une réalité. Mais il y a un mouvement réel vers l'école inclusive. 

Une cellule d'aide, au 0 800 730 123, est à la disposition des parents confrontés à un dysfonctionnement. Le 5 septembre dernier, nous avions deux fois moins d'appels que l'année dernière. Cette rentrée scolaire s'est mieux déroulée, même si des ajustements restent nécessaires, comme pour les enfants valides.

L’école inclusive n’est ni une utopie ni un rêve : elle existe, comme j’ai pu le voir à Nantes, au lycée d’enseignement général des Bourdonnières : un plateau technique médico-social implanté au sein de l'établissement permet à une cinquantaine de lycéens handicapés moteurs ou sensoriels de faire leur rééducation pendant le temps de l’école, sans rupture de parcours.

La stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement (TND) a été lancée en avril, pour remplacer le 3e plan autisme arrivé à échéance. Où en est-on ?

Cette stratégie est l’une des priorités du quinquennat. Emmanuel Macron a affiché sa volonté que la France rattrape son retard dans la prise en charge des personnes avec autisme, en accueillant à l'Élysée, en juillet 2017, le lancement de la concertation. Claire Compagnon, qui en a présidé le comité de pilotage, a réussi à rassembler tous les acteurs sur un sujet pourtant sensible. Cela a abouti à une stratégie nationale, et non plus un plan, qui implique tous les ministres (recherche, éducation, emploi, logement, santé, culture, sport...) et qui va nous permettre de changer la donne. Elle se met d’ores et déjà en œuvre ; une délégation interministérielle, pilotée par Claire Compagnon, est constituée. 

Concrètement, la stratégie doit améliorer l'intervention précoce chez les enfants, avant même qu'un diagnostic soit posé, pour prévenir le sur-handicap. Nous replaçons les médecins - qui peuvent repérer les éventuels écarts de développement d'un petit lors des visites du 9e et du 24e mois - et toute la sphère éducative comme lanceurs d'alerte de première ligne. 

Comment améliorer la formation des médecins ?

Nous travaillons en lien avec Agnès Buzyn et Frédérique Vidal sur la réforme des maquettes de formation initiale et sur les modules en ligne de formation continue. Car dans le champ de l'autisme, les connaissances évoluent très vite !

L'un des principaux messages de la HAS aux médecins de première ligne, pédiatres, généralistes, PMI, est de ne jamais minimiser l'alerte parentale. Plutôt que d'essayer de les rassurer, il faut être attentif aux inquiétudes des parents. 

Une fois l'étape du repérage passée, comment intervenir précocement auprès de l'enfant ?

Sur le plan financier, le PLFSS pour 2019 prévoit une enveloppe pour mettre en œuvre précocement des soins (psychomotriciens, bilan neuropsychologique, ergothérapies) qui n'étaient pas couverts. Parallèlement, nous œuvrons à l'architecture des plateformes d'intervention précoces, prévues dans la stratégie, pour qu'elles soient opérationnelles en 2019. Il s'agit de travailler en réseau sur un territoire, en s'appuyant sur les centres d'action médico-sociale précoce (CAMPS), les centres médico-psychologiques (CMP), les professionnels libéraux, les ressources locales. Les familles doivent savoir à qui s'adresser localement. C'est un travail colossal car il nous faut identifier les structures et professionnels qui interviennent dans le cadre des recommandations de la HAS, pour les labelliser, et ainsi s'assurer que les bonnes pratiques sont bien mises en œuvre.

Ces plateformes viennent en complément des pôles de compétences et de prestations externalisées (PCPE) - qui financent des intervenants hors du cadre de l'assurance-maladie une fois le diagnostic posé, N.D.L.R. -, destinées à tous les âges et tous les handicaps, pour éviter les ruptures de parcours. 

Comment éviter les départs d'adultes avec TSA en Belgique ?

Cette stratégie est la première à prendre en compte les 600 000 adultes avec autisme mal ou pas diagnostiqués, résidant dans des structures inadaptées. 

Aujourd'hui, il n’y a plus de départs forcés en Belgique. Des enveloppes ont été débloquées, puis doublées, pour trouver des solutions de proximité, dans le cadre de la démarche « une réponse accompagnée pour tous »

Après, il faut pouvoir proposer des retours pour ceux qui le souhaitent. Quelque 1 500 enfants et 3 500 adultes résident en Belgique. Beaucoup d'adultes ont grandi là-bas et n'ont presque plus de famille en France. C'est un souci majeur. 

Plus largement, quels sont les enjeux sanitaires urgents dans le domaine du handicap ?

Adultes ou enfants, les personnes en situation de handicap ont un vrai besoin d'accès aux soins. Leur santé se dégrade, les inégalités sont flagrantes, les examens bucco-dentaires pour les enfants, gynécologiques pour les femmes en établissement médico-social, ne sont pas toujours réalisés, les bilans de santé annuels ne sont pas systématiques. Nous travaillons avec Agnès Buzyn à l'amélioration de l'accès aux soins des personnes handicapées, et à leur accueil par des professionnels qui doivent être formés. Des opportunités en matière de télémédecine existent... Nous avons mandaté Philippe de Normandie pour élaborer un rapport sur l'accès aux soins des personnes handicapées, qui sera présenté au Parlement.

L'accessibilité des établissements recevant du public a-t-elle progressé ? Les médecins ont-ils joué le jeu ?

Cabinets de santé, radiologues... Beaucoup de choses sont faites mais les personnes ne sont pas toujours au courant. Nous rendons donc visibles sur Ameli les locaux déjà accessibles, pour valoriser les professionnels qui ont fait des efforts.

En outre, nous allons bientôt dresser un bilan des Agendas d'accessibilité programmée (Ad'AP) car 2018 représente une première étape, celle des trois ans. Nous ouvrons la boîte des Ad'Ap déposés pour regarder ce qu'il y a dedans. Un rapport sera présenté au Parlement cet automne. 

Il y a six mois, vous avez mis en place une commission de bientraitance pour les personnes vulnérables. Pouvez-vous tirer un premier bilan ?  

Les travaux sont encore en cours, sous l'égide de Denis Piveteau, en lien avec le Haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA) et de Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Une synthèse est attendue d'ici la fin de l'année. Denis Piveteau s'est d'abord attaché à définir ce qu'on entend par bientraitance. Il peut y avoir de la maltraitance individuelle, qu'il faut sanctionner, mais aussi organisationnelle. Elles requièrent des réponses différentes. Nous disposons déjà d'outils - outils de communication alternative, charte Pascal Jacob - qu'il faut généraliser pour permettre aux personnes de communiquer leur projet de vie, leur douleur, leurs choix, et bientôt leur vote, puisqu’Emmanuel Macron entend restaurer en 2019 ce droit aux personnes sous tutelle.  

Qu’attendez-vous de la révision des lois de bioéthique ?

C'est un immense chantier, qui devrait permettre une meilleure prise en compte de l'expression du choix de la famille et nous obliger à améliorer la formation des professionnels. Je pense par exemple à l'annonce d'un diagnostic pendant la grossesse : les échographes, radiologues, généralistes, gynécologues sont souvent mal à l'aise. Il faut aussi travailler sur l'accompagnement de la parentalité et l'information des familles. 

Estimez-vous souhaitable un élargissement des dépistages génétiques ?

Nous sommes dans une société où les désirs et attentes vont plus vite que la connaissance et que les impacts de la connaissance sur la personne. L'intérêt de la concertation, très bien menée, a été de discuter de ces graves problématiques. 

Vous venez de l’univers associatif. Avez-vous l’impression qu’on est plus utile en étant militant ou décideur ?

Mon ADN est d'être militante, je n'en changerai pas : cela me permet de gagner du temps et d'être à l'aise dans l'écoute des familles et la connaissance des problématiques. Désormais, j'ai la lourde responsabilité de l'exécution, dont la difficulté tient notamment à ce que notre politique est partagée entre l'État, les départements et les régions. Notre ambition à long terme est que la société inclusive devienne une réalité. Mais je comprends l'impatience des familles qui veulent qu'on aille plus vite. Il faut que les personnes en situation de handicap voient rapidement des évolutions, pour que nous soyons crédibles dans notre capacité à changer la donne.

12 septembre 2018

Autisme : les nouvelles recommandations de la HAS

 

Autisme : les nouvelles recommandations de la HAS

La Haute Autorité de Santé (HAS) vient d'éditer de nouvelles recommandations de bonnes pratiques (RBP) pour tenter d'améliorer le parcours diagnostique des familles concernées par l'autisme (depuis le repérage des signes d'alerte jusqu'à l'information aux familles, en passant par les évaluations diagnostiques). Ces RBP sont destinées aux professionnels .

https://blog.francetvinfo.fr

 

2 septembre 2018

Le clip Autisme Basique Simple par Aspie-rations et Parents Unis TSA 02

Ajoutée le 31 août 2018

Le clip Autisme Basique Simple par Aspie-rations et Parents Unis TSA 02

C’est parti comme une boutade sur un mur Facebook, au partage du clip des soignants de la CGT du CHU de Toulouse : « Et si on faisait le nôtre ? ». Quelques parents d’enfants autistes, amis de Véronique ont tout de suite rebondi à la boutade, Elody a soutenu l’idée qui semblait un peu folle.
Une amie a relayé dans son réseau de musiciens la recherche d’un magicien du son, Michel Seillier a répondu tout de suite à l’appel. Le projet était dorénavant sur les rails, il n’était plus possible de faire marche arrière ! En une heure les paroles de la chanson d’Orelsan étaient réécrites, sa maison de disques contactée (à 2 reprises, sans succès, qui ne dit mot consent…), les auteurs du clip des soignants de Toulouse informés du projet et l’encourageant. En 15 jours à peine, la partie son était enregistrée dans la maison de Véronique convertie en studio, parents et enfants ont potassé leurs paroles et se sont présentés devant le micro. Pour certains enfants ce fut trop difficile, mais l’essentiel est qu’ils ont essayé et pour eux, Cléa et Tiphenn ont donné leur voix.
Le clip a été tourné à Laon au pied des remparts de la montagne couronnée par un joli 14 juillet. 38 adultes et enfants ont répondu à l’appel pour soutenir la réalisation de ce clip revendiquant un meilleur accompagnement et des aides à la scolarisation pour leurs enfants autistes.
Aaron, Adrien, Enzo, Hugo, Mohammed, Stan, Tarik, Valentine et Zoé ont rejoint Cléa et Tiphenn. Agés entre 5 et 16 ans, ils ont même parfois choisi eux-mêmes le panneau portant une revendication qui leur correspondait. Beaucoup des enfants ont choisi des panneaux à propos de l’école, déjà conscients qu’elle est la clef de leur avenir « je suis autiste et je veux aller à l’école » « je suis autiste et j’ai besoin d’une AVS à la rentrée ». Car oui quand certains enfants ont pour principale préoccupation la couleur de leur cartable ou de l’imprimé de leur trousse, eux s’inquiètent de savoir s’ils auront une AVS à la rentrée... car sans cette AVS, leur scolarité est mise en danger.
Certains ont dû dompter leur peur d’être filmés, canaliser leur énergie débordante, tous heureux de participer à ce tournage. Ils étaient accompagnés pour certains de leurs frères et sœurs, porteurs eux aussi de message forts « mon frère est autiste, offrez-lui un avenir » et de leurs parents, inquiets mais combatifs ainsi que de quelques professionnels en libéral (psychomotricienne et éducatrice spécialisée) et de membres de l’Education Nationale.
Les parents ont répondu à l’appel car tous autant qu’ils sont et quelles que soient les difficultés de leur enfant et le degré d’impact sur leurs vies, sont confrontés aux mêmes angoisses liées à l’accompagnement de leur enfant :
- manque de structure adaptée,
- absence de remboursement des soins par la CPAM bien que préconisés par la Haute Autorité de Santé,
- insuffisance des aides pour payer ces accompagnements nécessaires à l’autonomisation (qui bien que s’élevant entre 1000 et 3000€ mensuels sont tout de même beaucoup moins coûteux qu’une place en structure).
- manque de connaissance / formation concernant l’autisme tant dans l’opinion publique (regard des autres parfois lourd) que dans l’enseignement et même chez les personnels médicaux.
- difficultés pour la scolarisation qui s’intensifient au fil des années (1 enfant autiste sur 20 serait scolarisé)
- manque d’AVS, manque de moyens humains de l’éducation nationale
- peur de l’avenir
- etc la liste est longue

Ensuite une fois, la canicule passée, la magie du montage son opérée par Michel, puis de l’image par Véronique, le clip « intégralement pas financé et produit par personne » a enfin été présenté aux parents et enfants y ayant participé le 31/08/2018 pour un lancement sur les réseaux sociaux le 1er septembre.
Avec ce clip, ils espèrent faire entendre leur voix en musique, afin de montrer aux autres parents qu’ils ne sont pas seuls et de sensibiliser l’opinion publique à leur cause. Le parti pris de mettre en avant les enfants a pour but de montrer qu’au-delà de l’autisme, il s’agit d’enfants, vifs, curieux, drôles, intéressants et attachants qui comptent sur une société plus ouverte, plus inclusive et plus accueillante pour qu’ils puissent révéler l’étendue de leurs compétences.
Aaron, Adrien, Cléa, Enzo, Hugo, Mohammed, Stan, Tarik, Tiphenn, Valentine et Zoé comptent sur vous pour avoir un joli avenir et c’est en chantant qu’ils réclament à faire partie de ce monde….


crédit musique : Orelsan

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