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"Au bonheur d'Elise"
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12 juin 2019

Projet mondial : le handicap s'expose dans les rues de Lyon

Des centaines de portraits de personnes en situation de handicap psychique ou mental sont exposés en plein cœur de Lyon. En les mettant en lumière, l'artiste contemporain JR entend délivrer un message de tolérance.

12 juin 2019 • Par

 

Illustration article

288 portraits ornent les murs de la rue Jarente, en plein cœur de Lyon. Leur particularité ? Tous ses visages immortalisés en noir et blanc sont ceux de personnes en situation de handicap mental ou psychique ou du personnel qui les accompagne. A la manœuvre ? L'artiste français JR -connu pour avoir fait disparaître la pyramide du Louvre en 2016, avant de la faire resurgir de ses fondations en mars 2019-, pointure du collage photographique. Grâce à cette technique, il expose ses œuvres librement sur les murs du monde entier pour rendre la culture accessible à tous, y compris à ceux qui ne fréquentent pas les musées. Séduits par sa démarche, les résidents de l'association Adélaïde Perrin, qui accompagne près de 200 personnes handicapées, ont accepté de poser dans le cadre du « Inside out project », un concept participatif qui vise à transformer des messages personnels en œuvres d'art. Une expo en plein air à découvrir jusqu'à la fin de l'année 2019.

Afficher la différence

Avec cette ribambelle de portraits, JR souhaite « transformer le monde ». Rien que ça ? Il espère surtout délivrer un message de tolérance. Selon lui, « la différence ouvre des possibilités ». Au lieu de la cacher, il choisit de la placarder. « Jusque dans les années 60, les personnes qui vivaient dans cette résidence étaient enfermées (…). Les choses ont beaucoup évolué. Aujourd'hui, elles peuvent être à l'extérieur et s'afficher fièrement », explique à France Info Aline Pichon, co-organisatrice du projet et psychologue de l'association. Comme de nombreux participants, Anne-Françoise Berger n'est pas près d'oublier cette expérience, selon elle, source de « bonheur » et de « bonne santé ».

Message de tolérance

L'ambition de JR ne se limite pas au handicap et s'étend à toutes les formes de « différences » : origine, religion, culture, orientation sexuelle... « Nous voulons que les gens apprennent à se voir sans tenir compte des différences. Nous pouvons apprendre les uns des autres et ainsi enrichir nos propres vies, revendique son équipe sur son site web. Nous n'avons pas besoin d'être tous égaux pour vivre ensemble. Et, parfois, nous sommes plus égaux que nous ne voulons l'admettre. » Depuis la création de l'« Inside out » en 2011, 362 000 frimousses ont ainsi été exposées, permettant à des anonymes des quatre coins de la planète d'être mis en lumière dans le cadre d'un projet artistique gigantesque.

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12 juin 2019

Élèves handicapés : le gouvernement promet l’inclusion et suscite des interrogations

article publié dans Faire Face

Les mesures annoncées par le gouvernement ne suffisent pas à sortir de la précarité les AESH, chargés d'accompagner les élèves handicapés.

Lire aussi

Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour une « rentrée pleinement inclusive en 2019 ». Dont la généralisation des Pial qui gèreront, à l’échelle d’un ou plusieurs établissements, l’affectation des AESH. Ces pôles sont loin de faire l’unanimité.

« Un grand service public de l’éducation inclusive. » Sur le papier, le projet du gouvernement pour les élèves en situation de handicap a de l’allure. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargé des personnes handicapées, l’ont présenté ce mardi 11 juin.

« Aujourd’hui, nous devons aller plus loin pour offrir à chaque enfant en situation de handicap une rentrée similaire à celle de tous les autres enfants », avancent-ils.

Le nombre d’élèves handicapés scolarisés en école ordinaire, au collège ou au lycée a triplé en douze ans.

Des Pial dans toute la France d’ici 2022

Leur plan repose, en grande partie, sur la création de Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Un Pial couvrira l’ensemble des écoles maternelles et élémentaires de chacune des 1 466 circonscriptions du premier degré.

Un Pial pourra aussi regrouper plusieurs collèges ou lycées. Voire un collège et des écoles de son secteur. À la rentrée 2019, 2,5 des treize millions d’élèves devraient dépendre d’un Pial. Le dispositif sera généralisé progressivement d’ici la rentrée 2022.

Coordonner AESH et professionnels


Les Pial gèreront les AESH. © S. Le Clézio

« Ces pôles seront en charge de gérer, au sein de l’école, la scolarité des enfants en situation de handicap, et notamment de coordonner les accompagnements spécifiques dont ils ont besoin », explique Jean-Michel Blanquer, dans Ouest-France.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) dans un premier temps et, « à terme », les interventions des ergothérapeutes, kinés, etc. Une expérimentation avec ces professionnels du secteur médico-social sera conduite dans chaque académie à partir de la rentrée 2019.

Des pial pour pour estimer les besoins

Le Pial permettra « plus de réactivité et plus de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement humain », assure le gouvernement. Le coordonnateur du Pial recensera, sur son secteur, les besoins en accompagnement notifiés par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Et il estimera les besoins nouveaux. Les AESH seront alors pré-affectés.

Un corps d’AESH


Le nombre d’élèves handicapés accompagnés a été multiplié par six
entre 2006 et 2018.

Ce qui sera plus facile qu’auparavant puisque, c’est le second volet important de la réforme, ces accompagnants ne seront plus recrutés sur des contrats courts, de quelques mois ou d’un an.

Tous les AESH bénéficieront désormais d’un CDD de trois ans, renouvelable une fois avant un contrat à durée indéterminée (CDI). Le ministère de l’Éducation nationale aura donc à sa disposition un corps d’AESH. Il lui sera dès lors plus facile de les suivre, de les former et de les mobiliser pour la rentrée.

Six années avant un CDI


Les AESH revendiquent un vrai statut. © DR

Cette avancée ne marque toutefois pas la fin de la précarité, pour ces accompagnants. Comme c’était le cas jusqu’alors, ils devront en effet patienter six années avant de bénéficier d’un CDI. De plus, beaucoup seront toujours contraints de travailler à temps partiel. Et donc d’avoir un revenu limité.

Un second employeur pour compléter les heures

Le ministre de l’Éducation nationale promet cependant une « augmentation du temps de travail moyen ». Comment ? En leur offrant la possibilité de compléter leur temps partiel à l’école par des heures d’accompagnement sur les temps extra-scolaires (garderie, centre de loisirs, etc.).

Cela impliquerait qu’ils aient un second employeur. Une mairie, par exemple.  « 33 % des AESH devraient être à temps complet » grâce à ce dispositif qui va être expérimenté, promet Jean-Michel Blanquer, toujours dans Ouest-France. 

Vers une « mutualisation forcée » ?

Mais la mise en place des Pial inquiète les collectifs d’AESH et des parents. Ils craignent qu’elle aboutisse à une « mutualisation forcée » des moyens. En clair, un Pial disposerait d’un nombre donné d’AESH qu’il répartirait entre les élèves en fonction du temps de travail global dont il dispose plutôt que des besoins réels des enfants.

La moitié des accompagnements déjà mutualisés


Évolution du nombre des prescriptions d’accompagnements mutualisés et individualisés, de 2012 à 2016

Cette tendance à la mutualisation est à l’œuvre depuis 2012, comme Faire-face.fr l’avait relevé. Aujourd’hui, pour près d’un élève sur deux, la CDAPH notifie un accompagnement mutualisé et non individuel. Dans ces cas, elle ne précise pas le nombre d’heures dont ils doivent bénéficier. Pourtant, elle l’indique (8 heures, 12 heures, temps plein…) dans le cas d’un accompagnement individualisé.

C’est donc aux AESH de répartir leurs heures  hebdomadaires entre les enfants qu’ils doivent épauler. De manière arithmétique, souvent, faute de disposer d’informations précises sur eux. Ce sera désormais l’une des fonctions du Pial.

Le ministère de l’Éducation nationale devient donc, de fait, décisionnaire sur le nombre d’heures nécessaires pour les enfants bénéficiant d’une notification d’accompagnement mutualisé. Avec le risque que son rôle de gestionnaire ne l’emporte sur sa mission de pédagogue.

D’autres mesures

– Les CDAPH pourront attribuer un AESH aux enfants « pour l’ensemble de leur cycle scolaire, de la maternelle au lycée, et non plus année par année », assure Sophie Cluzel dans Ouest-France.

– 200 Ulis (des classes pour élèves handicapés au sein d’établissements ordinaires) vont être créées, à la rentrée 2019, dont 100 en collèges et lycées.

– Une cellule sera mise en place dans chaque département, de juin à octobre, pour répondre, dans les 24 heures, aux questions des parents d’enfants en situation de handicap.

– Davantage de formation continue sur l’éducation inclusive et des ressources en ligne… mais rien concernant la formation initiale.

L’ensemble des mesures est détaillé dans le dossier de presse.

12 juin 2019

Les PIAL : une nouvelle organisation du travail des AESH

En mars dernier, dans un article titré « les PIAL arrivent », nous nous posions des questions à propos de l’évolution du travail des AESH dans le cadre des PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés). Le Ministère de l’Education nationale vient d’apporter des réponses. Les PIAL sont arrivés !

Dans le cadre du projet « Ensemble pour une école inclusive », le Ministère marque sa volonté de mieux reconnaître la place des AESH dans le système scolaire et il propose une réorganisation de leur travail. Les services qui, dans les Inspections académiques mettent en œuvre la politique de scolarisation des élèves en situation de handicap, prennent le nom de « service Ecole inclusive ».

Les AESH sont membres à part entière de la communauté éducative

Les AESH appartiennent à la communauté éducative mais ils n’y sont pas toujours suffisamment bien intégrés. Le Ministère insiste donc pour que ce principe général devienne partout réalité. Il rappelle qu’enseignants et AESH sont appelés à travailler ensemble de manière quotidienne. Les AESH sont placés sous la responsabilité éducative et pédagogique des enseignants eux-mêmes, des directeurs d’école et des chefs d’établissement. Les modalités d’accompagnement de l’élève en situation de handicap par les AESH sont élaborées et fixées par les enseignants auprès desquels ils travaillent. Les AESH sont associés aux réunions des équipes de suivi de la scolarisation.

Les directeurs ou les chefs d’établissements doivent veiller, de leur côté, au bon accueil de l’AESH. Il sont invités à lui accorder un entretien d’accueil, à le présenter aux enseignants et aux élèves, puis à organiser un entretien de présentation associant les parents, l’enseignant concerné ou le professeur principal et l’AESH.

Le service Ecole inclusive facilitera l’accès de l’AESH aux outils et documents utiles à l’accompagnement des élèves concernés. Par ailleurs, petite simplification administrative, les six CDD d’AESH seront remplacés par deux CDD de trois ans. La liste des postes vacants sera publiée sur le site Place de l’emploi public. Et enfin, détail sympathique, une adresse fonctionnelle de courrier électronique est attribuée aux AESH.

Le PIAL est une nouvelle forme d’organisation du travail des AESH

Le PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisés) est essentiellement une nouvelle forme d’organisation du travail des AESH qui doit permettre de mieux répartir et coordonner leurs interventions en fonction des besoins et des emplois du temps des élèves concernés.

Il est un regroupement d’écoles et/ou d’établissements, à l’échelle d’une circonscription, d’un EPLE (Etablissement Public Local d’Enseignement) ou d’un territoire déterminé. La mise en place des PIAL se fera progressivement, de manière équilibrée, sur tout le territoire.

Dans le primaire, le PIAL est placé sous la responsabilité de l’IEN, qui peut déléguer, localement, à un directeur d’école, et dans le second degré sous la responsabilité d’un chef d’établissement. Les élèves bénéficiaires d’un AESH restent notifiés par la CDAPH mais c’est le responsable du PIAL qui arrête les emplois du temps des AESH et qui détermine la quotité horaire de leurs interventions auprès des élèves concernés. La circulaire ne le dit pas, mais dans le fonctionnement du PIAL la distinction entre aide individuelle et aide mutualisée n’a plus guère de raison d’être.

Les objectifs du PIAL : souplesse et autonomie

L’Education Nationale prend ainsi quelque distance par rapport à la MDPH. Elle se réserve l’organisation du travail des AESH. Le PIAL a pour objectif d’apporter de la souplesse dans l’organisation de l’accompagnement humain tout en restant, sur le terrain, au plus près des besoins des élèves en situation de handicap.

Un accompagnement ainsi rendu plus efficient n’en atteindra que mieux ses buts essentiels, à savoir développer l’autonomie de l’élève dans ses apprentissages et l’efficacité des enseignements ; sans oublier de veiller, si besoin, à sécuriser l’environnement de l’élève et à lui apporter la protection nécessaire quand la situation ou le contexte l’impose.

Ces deux objectifs, plus de souplesse et accès mieux contrôlé à l’autonomie, ne sont sans doute pas sans lien. Certains craignent en effet que l’accompagnement individuel n’ait tendance à isoler l’élève du reste de la classe et ne favorise pas suffisamment son autonomie (voir : AVSi et AVSm).  Il est peut-être intéressant, en effet, de tendre vers  un travail plus « mutualisé » des AESH.

Le manque de souplesse des AVS individuels était d’ailleurs l’un des arguments qui avaient justifié la création des AVS mutualisés, en 2013. On se plaignait des emplois du temps trop rigides, quand par exemple l’AVS restait une heure sur le banc de touche à assister à la leçon d’EPS…  Concernant l’accent mis aujourd’hui sur l’autonomie, il est vraisemblable que l’on n’a pas fini d’en parler et que ce thème reviendra dans les prochains débats.

Texte de référence : circulaire du 5 juin 2019, préparatoire de la rentrée 2019 – Pour une École inclusive

12 juin 2019

Du nouveau pour l'accueil des élèves en situation de handicap à la rentrée

 

Du nouveau pour l'accueil des élèves en situation de handicap à la rentrée

" Force est de constater que beaucoup d'enfants en situation de handicap ne font pas leur rentrée dans les mêmes conditions et le même temps que leurs camarades. C'est évidemment inacceptable ", a lancé ce mardi Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation nationale était en visite à l'école Anatole-France de Garges-lès-Gonesse, où il a été accueilli par des manifestants.

http://www.leparisien.fr

 

11 juin 2019

Rennes. Autisme : un centre spécialisé au cœur du collège

Publié le 11 juin 2019 à 16h52 Modifié le 11 juin 2019 à 16h13
L’Institut médico-éducatif (IME) propose des activités partagées avec les élèves du collège.
L’Institut médico-éducatif (IME) propose des activités partagées avec les élèves du collège. (Le Télégramme / Solena Lefeuvre)

Au collège Les Chalais, à Rennes, douze enfants atteints d’autisme sont accueillis depuis janvier 2018 dans une structure spécialisée développée par l’AMISEP, association d’insertion sociale et professionnelle. Une immersion qui porte ses fruits.

Alexandre a 13 ans. Il a intégré l’Institut médico-éducatif (IME) du collège après sa scolarité en classe spécialisée CLIS. N’ayant pas un niveau adapté pour poursuivre dans ce cursus, ses parents se sont alors vus démunis face à sa déscolarisation annoncée. Son intégration dans l’institut, par le biais de sa psychologue, leur a redonné espoir. Ils y ont retrouvé « un enfant totalement transformé, confiant, communicatif et épanoui », témoignent-ils.

S’ils sont physiquement séparés, les collégiens et les jeunes de l’IME ne manquent pas de se retrouver dans les activités proposées au sein de l’établissement. Entre ateliers de création ludiques, où leur sont proposés des expériences sensorielles, et le « jardin partagé », - un potager sur le temps du midi - les jeunes autistes sont intégrés à la majorité des activités proposées aux collégiens.

" Même s’ils s’expriment et réagissent différemment, cela n’a pas été difficile de s’adapter "

Par le biais de l’association My Human Kit, de jeunes volontaires se sont associés pour participer par exemple à la création d’un lecteur sensoriel MP3. Djoris, élève en 5e, participe de manière assidue à ces ateliers et évoque la richesse d’apprentissage permise par la cohésion des jeunes. « Même s’ils s’expriment et réagissent différemment, cela n’a pas été difficile de s’adapter ». C’est la « vision d’une éducation englobante et inclusive » que veut porter ce projet, insiste Jean-Luc Chenut, président du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine. En travaillant sur leurs difficultés, tout en les intégrant et en permettant leur autonomie, les enfants autistes bénéficient d’une prise en charge constante.

Nouveaux locaux

C’est la dimension d’inclusion qui a surtout séduit les parents du jeune Alexandre. « Une structure de vie où les frontières sont gommées par les enfants eux-mêmes », souligne son père. Sa communication s’est fluidifiée, sa confiance s’est accrue et son ouverture aux autres s’est développée. Un projet qui est amené à se développer. À la rentrée 2019, les enfants de l’IME bénéficieront de nouveaux locaux spécialisés jouxtant le collège. Des travaux sont déjà en cours.

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9 juin 2019

Le Super U de Thourotte baisse le son et la lumière pour aider les autistes

article publié dans Le Parisien


Stéphanie Forestier| 04 juin 2019, 18h41 |0
Thourotte, ce mardi. Dans les rayons, pas de lumière artificielle. LP/Stéphanie Forestier

Tous les mardis, pendant deux heures, le supermarché s’adapte aux personnes atteintes d’autisme ou de troubles cognitifs, afin qu’elles puissent faire leurs achats dans le calme.

En entrant dans le magasin Super U de Thourotte ce mardi après-midi, les clients se demandent s’il est ouvert. Pas de musique, pas d’annonce au micro, le scanner des caisses est baissé au maximum, pas de lumière artificielle. Le supermarché est littéralement plongé dans la pénombre. Toutes ces modifications ont été faites spécialement pour les personnes atteintes d’autisme, de troubles cognitifs ou qui désirent simplement un peu de tranquillité.

Tous les mardis, de 13h30 à 15h30

Cette initiative, unique dans l’Oise, est partie de l’association compiégnoise Éclosion Bleue, qui vient en aide aux personnes autistes. Les gérants, David et Nadia Blaise, sensibilisés à la cause pour des raisons familiales, ont tout de suite accepté.

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Thourotte, ce mardi. « On n’est pas dans le noir complet, il y a beaucoup d’ouvertures et de lumière naturelle. » LP/S.F.

« Nous avons même décidé de reconduire cette opération chaque semaine. Dorénavant, ce sera tous les mardis, de 13h30 à 15h30, souligne la directrice. Ce n’est pas difficile de couper les lumières et le son. Bien entendu, les vitrines réfrigérées sont toujours éclairées. On n’est pas dans le noir complet, il y a beaucoup d’ouvertures et de lumière naturelle. »

David Teixiera, président de l’association, et des adhérents distribuent aux clients visés par l’opération un plan du magasin, avec de petits autocollants désignant les produits recherchés. « Cela permet d’occuper la personne autiste, d’éviter qu’elle fasse des crises. Elle sait pourquoi elle est là. L’accompagnant, lui, peut ainsi mieux se diriger en suivant le plan et aller à l’essentiel. »

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Thourotte, ce mardi. Karim et Sylvie habitent Longueil-Annel. Ils sont venus avec leurs fils de 4 ans et demi, Gabriel, atteint d’autisme.LP/S.F.

Karim et Sylvie habitent Longueil-Annel. Ils sont venus avec leurs fils de 4 ans et demi, Gabriel, atteint d’autisme. Une situation qui a tendance à les isoler, le handicap de Gabriel les freinant dans certaines sorties. « Il peut partir en courant, s’allonger par terre, avoir des crises, souligne le père. En ce moment, ça va un peu mieux. »

« Je trouve l’ambiance plus sereine, plus apaisée »

Il n’empêche que, souvent, faire des courses est un parcours du combattant. « On y va séparément. Là, on pourra y aller en famille. » Bien perçue par beaucoup de clients du magasin, cette initiative est même jugée profitable. « Je trouve l’ambiance plus sereine, plus apaisée, confie Morgane venu acheter son sandwich. J’apprécie, d’autant que c’est pour une bonne cause. »

8 juin 2019

À Amiens, l'unité d'enseignement autisme est une pépite à modéliser pour la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel

Jeudi 6 juin 2019 à 18:14 -
Par , France Bleu Picardie, France Bleu

La secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées a visité ce jeudi l'école Louise-Michel d'Amiens, où 17 enfants autistes sont scolarisés aux côtés d'élèves "ordinaires". Pour Sophie Cluzel, cette unité doit servir de modèle sur l'ensemble du territoire national.

La secrétaire d'Etat est allée à la rencontre des jeunes autistes dans leur salle de classe.
La secrétaire d'Etat est allée à la rencontre des jeunes autistes dans leur salle de classe.
© Radio France - Hélène Fromenty

Amiens, France

Pour le gouvernement, c'est un modèle dont il faudrait s'inspirer au niveau national. La secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, était ce jeudi à l'école Louise-Michel d'Amiens, un établissement du quartier Etouvie où des élèves autistes bénéficient d'un encadrement complet et côtoient des enfants "ordinaires". Dans cette école, 17 jeunes souffrant de troubles autistiques sont scolarisés : 10 dans une unité d'enseignement élémentaire autisme (UEEA), et 7 en unité d'enseignement maternel. 

"C'est une pépite, a estimé Sophie Cluzel à l'issue de la visite de l'établissement, par ailleurs classé REP+. Il est indéniable que ce système fonctionne, donc ça nous conforte qu'il faut développer ces unités." 

La plupart des enfants autistes scolarisés ici ont d'abord été dans des écoles classiques, avec l'accompagnement ponctuel d'une auxiliaire de vie scolaire (AVS), pas forcément apte à gérer les troubles autistiques. 

A Louise-Michel, les autistes passent une partie de leur journée - 50% pour certains - dans une classe spécialisée, accompagnés par des professionnels formés à l'autisme : des enseignants, des éducateurs spécialisés, ou encore des psychologues. 

"Le fait d'avoir une prise en charge globale, avec tous les professionnels dans un même lieu, c'est un vrai avantage, assure Alexia, la maman de Malo, un jeune autiste de 6 ans et demi. Avant, on devait jongler entre un suivi d'orthophonie quelque part, un suivi psychomoteur autre part." 

Dans la cour de récréation de l'école Louise-Michel, tous les enfants se côtoient, par-delà le handicap.  - Radio France
Dans la cour de récréation de l'école Louise-Michel, tous les enfants se côtoient, par-delà le handicap.
© Radio France - Hélène Fromenty

Le reste du temps, les jeunes autistes sont en classe "normale" avec des enfants "ordinaires" de leur âge. Ils se côtoient aussi à la cantine, ou pendant la récréation. Une inclusion essentielle, pour Dorothée, la mère de Sacha, 4 ans. "Le regard des autres est différent et malgré leur handicap, ils sont acceptés comme enfants classiques."

Des progrès quotidiens

Résultat, à en croire les parents et les professionnels, les progrès sont constants. "Ça peut paraître futile, mais récemment j'ai eu droit à mon premier 'bonne fête maman', reprend Alexia. Alors, certes, je suis certainement la seule à pouvoir comprendre ce que Malo a écrit, mais qu'importe. Son comportement a aussi changé, il communique mieux et arrive à se faire comprendre à l'aide d'un classeur à images."

Comme les enfants "normaux", ces jeunes handicapés vont à l'école toute la journée, ce qui permet aussi aux familles d'avoir un quotidien ordinaire. "J'ai par exemple repris une activité professionnelle, ce que je n'avais pas pu faire depuis sa naissance, explique Séverine, la maman de Lisa-Rose, 8 ans. On la dépose le matin, et on vient la chercher le soir, comme tous les parents !"

L'objectif, à terme, c'est que ces élèves handicapés réintègrent un milieu "ordinaire", éventuellement avec une auxiliaire de vie scolaire. Preuve que ça porte ses fruits : l'an prochain, Lisa-Rose va rentrer en CE2 à temps complet dans une classe ordinaire. Ce sera aussi le cas d'un autre élève à Louise-Michel. 

Dans le cadre du 4e plan autisme lancé l'an dernier - 340 millions d'euros sur 5 ans-  le gouvernement souhaite multiplier ce type d'unité. En 2022, il y en aura environ 350 en France, contre 120 actuellement.

7 juin 2019

NON à une inclusion au rabais pour les personnes handicapées

NON à une inclusion au rabais pour les personnes handicapées

Le 06/06/2019

Le mardi 4 juin, monsieur Luc Gateau, président de l’Unapei a rencontré la ministre Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, pour lui remettre les conclusions du 59ème Congrès de l’Unapei qui se tenait à Lyon, les 24 et 25 mai. Faisant le constat d’une politique du handicap trop souvent déconnectée des réalités et des besoins des personnes handicapées et de leurs familles, l’Unapei demande, sans attendre, un plan d’actions pour une transition inclusive effectivement concertée et solidaire.

L’Unapei alerte le gouvernement : des milliers de personnes en situation de handicap toujours sans solution

Le président de la République, Emmanuel Macron a formulé, au début de son mandat, une promesse aux personnes en situation de handicap et à leurs familles : « il n’y aura plus de personnes en situation de handicap sans solution ». Emmanuel Macron a fait de cette lutte un des grands chantiers de son quinquennat. Or, depuis deux ans, les associations affiliées au mouvement Unapei font le constat amer que des réponses pragmatiques se font encore attendre.

Pour preuve, aujourd’hui encore, plus de 12 000 enfants[1] en situation de handicap intellectuel et cognitif sont sans solution éducative.

La société inclusive ne doit pas se construire au détriment de la protection sociale des personnes handicapées

Le mouvement Unapei constate que la politique du handicap menée actuellement par le gouvernement induit une inclusion au rabais des personnes handicapées, sans proposition concrète pour les individus les plus vulnérables.

Vigilante, l’Unapei dénonce une politique qui risque de mettre à mal la protection sociale indispensable à la vie de chaque personne :

  • pour transformer durablement l’offre médico-sociale, le gouvernement demande aux associations d’innover. Les territoires 100% inclusifs sont des opportunités pour lever les blocages à l’inclusion des personnes en situation de handicap. Pourtant, les associations se voient opposer les mêmes freins administratifs et règlementaires alors qu’elles proposent des dispositifs innovants favorables à une scolarisation, un logement et un accès à l’emploi aux personnes handicapées.
  • pour favoriser l’emploi direct, le gouvernement a réformé l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) dans un sens qui fragilise les travailleurs handicapés en établissements et services d’aide par le travail (ESAT), sans toutefois envisager l’avenir de l’emploi des travailleurs les plus vulnérables.
  • pour scolariser et éduquer les élèves handicapés, les instituts-médico-éducatifs (IME) sont sommés de transférer 50 % de leur effectif à l’école. Pour y parvenir, l’école doit se transformer pour devenir inclusive. A ce jour, les moyens mis à disposition ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées par les pouvoirs publics. Les familles attendent des solutions concrètes pour la rentrée scolaire.

Pour construire une société inclusive solide, l’Unapei appelle le gouvernement à engager une transition inclusive effectivement concertée et solidaire. Notre objectif commun doit être d’offrir à chaque personne handicapée l’accompagnement adapté dont elle a besoin.

 

Le gouvernement doit dès à présent prévoir un plan d’actions pour une transition inclusive, partagée avec les acteurs concernés, stipulant clairement les objectifs à atteindre, l’évaluation qualitative et quantitative des besoins des personnes handicapées et de leurs familles, les moyens à mettre en œuvre, les financements alloués pour chaque action et le calendrier des réalisations

 

Les associations de l’Unapei doivent être parties prenantes

Le mouvement Unapei est un acteur majeur du changement, un partenaire essentiel pour les décideurs, un témoin des réalités vécues, un garant de l’innovation. Le travail quotidien de l’Unapei a comme finalité l’émancipation de chaque personne handicapée, à la hauteur de ses attentes et de ses besoins.

À ce titre, l’Unapei propose d’ores-et-déjà 5 solutions-clés pour illustrer le chemin de la transition inclusive, pour aller vers une société solidaire et équitable à tous les niveaux :

  1. Construire une société accessible pour les personnes handicapées 
  • Changer le regard de la société sur les personnes handicapées intellectuelles et cognitives, utiliser le FALC (Facile à lire et à comprendre), déployer une signalétique adaptée, promouvoir le pictogramme S3A qui permet de repérer les lieux et services adaptés.
  1. Ouvrir l’école à tous les élèves en adaptant les méthodes pédagogiques et d’animation, les lieux et les supports 
  • Faire appel aux compétences multidisciplinaires des associations pour accompagner les élèves handicapés, former la communauté éducative, sensibiliser l’ensemble des élèves aux réalités du handicap et au vivre ensemble. 
  1. Proposer un travail aux personnes handicapées, y compris celles les plus éloignées de l’emploi, en fonction de leurs compétences et de leur singularité 
  • Créer des formations qualifiantes sur-mesure adaptées aux capacités intellectuelles et cognitives, consolider les ESAT dans leurs missions et développer des dispositifs alternatifs, proposer des stages et de l’apprentissage aux jeunes travailleurs handicapés.
  1. Investir dans l’innovation et les nouvelles technologies pour développer des services adaptés aux personnes handicapées 
  • Faciliter la recherche, développer des outils de communication alternatifs et mettre en place des supports pédagogiques adaptés.
  1. Développer des services de proximité pour accompagner les personnes handicapées 
  • Recenser les besoins et les attentes en services des personnes handicapées et de leurs familles, financer un plan d’urgence pour proposer à toute personne des solutions d’accompagnement de proximité et adaptées à leurs besoins, co-construire de nouvelles formes d’habitat.

Toutes ces solutions et de nombreux exemples sont développés dans le Guide « Choisir sa voie et vivre sa vie ».

Les associations à but non lucratif affiliées à l’Unapei présentes sur tout le territoire national, métropole et Outre-mer, sont et resteront de véritables moteurs pour entreprendre, pour accompagner, pour développer de nouvelles solutions, en adéquation avec les besoins et les attentes des personnes handicapées et de leurs familles.

[1] Chiffre du rapport de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des personnes handicapées en France

7 juin 2019

Pas de place pour un enfant handicapé ? L’État devra indemniser les parents

article publié dans Faire-Face

L'État a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ne pas avoir correctement pris en charge des enfants handicapés. Faute de place en établissement ou en service, très souvent.

Pendant près de deux ans, un enfant autiste n’a été accueilli qu’à temps très partiel dans un institut spécialisé alors que la MDPH avait notifié une prise en charge à temps plein. Un tribunal a condamné l’État à verser 35 000 € à sa famille.

C’est en passe de devenir un classique. L’État vient une nouvelle fois d’être condamné pour « carence dans la prise en charge » d’un enfant en situation de handicap. Le jeune Ludovic, en l’occurrence, atteint de troubles résultant du syndrome autistique.

Le tribunal administratif de Toulouse a basé son jugement, rendu en avril 2019, sur le droit à l’éducation garanti à chaque enfant (articles L. 111-1 et L. 111-2 du code de l’éducation). Ainsi que sur le droit à une prise en charge pluridisciplinaire pour les personnes autistes (article L. 246-1 du code de l’action sociale et des familles). Mais il distingue différentes périodes dans la vie du jeune enfant. En fonction, notamment, des raisons qui ont conduit à l’absence de prise en charge.

« Prise en charge nettement insuffisante.»

En mai 2015, sa famille déménage en Aveyron. Quelques mois plus tôt, en décembre 2014, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) l’avait orienté, vers un institut médico-éducatif (IME) en semi-internat, implanté dans ce département. Mais, faute de place, l’Institut du château de la Roquette ne l’accueille qu’une demi-journée par semaine.

« Cette prise en charge était nettement insuffisante au regard des troubles dont souffre le jeune Ludovic », note le tribunal. La carence de l’État ne fait donc pas de doute, de mai à début novembre 2015.

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Pas d’internat pour allergie alimentaire

Le 6 novembre 2015, la CDAPH a en effet prononcé une nouvelle orientation. Vers une maison d’accueil temporaire, en internat. Mais l’admission de Ludovic se révèle impossible en raison des allergies alimentaires dont il souffre. La responsabilité de l’État ne saurait donc être engagée, souligne le tribunal, pour la période s’étendant du 6 novembre 2015 au 22 janvier 2016, date d’une troisième décision d’orientation de la CDAPH.

«La responsabilité de l’État engagée. »

Cette dernière prononce alors l’orientation du jeune Ludovic vers tout établissement de type IME. Sous le régime du semi-internat, de l’internat aménagé ou de l’internat. Par manque de place, une nouvelle fois, l’Institut du château de la Roquette ne l’accueille que deux demi-journées par semaine. « Dès lors, la responsabilité de l’État doit être regardée comme engagée », soulignent les magistrats. 

Les parents de Ludovic ont saisi le tribunal en avril 2017. Le préjudice moral est donc établi pour six mois en 2015, puis seize mois en 2016 et 2017. À ce titre, l’État doit verser 20 000 € à Ludovic et 15 000 € à sa mère. Soit 35 000 € au total. Pas cher payé. VDC

D’autres condamnations

Les tribunaux ont condamné l’État à plusieurs reprises pour ne pas avoir correctement pris en charge des enfants handicapés. Faire-face.fr tient le compte de celles dont il a connaissance  :

En novembre 2017, le Tribunal administratif de Versailles a condamné l’État à indemniser le préjudice moral d’un enfant resté cinq mois sans AVS. Et à rembourser les frais que ses parents avaient engagé.

En octobre 2017, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à verser une indemnisation de plus de 30 000 € à la famille d’un enfant autiste. Il n’avait pas bénéficié pendant quinze mois d’un accompagnement adapté par un Sessad.

En octobre 2017, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise à condamné l’État à verser 100 000 € d’indemnisation à un enfant autiste et à sa mère. Il était resté cinq années sans prise en charge.

En septembre 2017, le Tribunal administratif de Melun a enjoint à la rectrice de l’Académie de Créteil d’affecter un jeune autiste, en Ulis. Conformément à la décison de la MDPH.

En juin 2016, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à indemniser une jeune fille autiste et ses parents pour n’avoir pas mis en œuvre les décisions de la MDPH : pas d’auxiliaire de vie scolaire ni de place en Sessad.

En avril 2015, le Tribunal administratif de Poitiers a condamné l’État à indemniser une jeune fille handicapée et ses parents. Parce qu’il ne lui avait pas octroyé une place en Sessad.

Le 15 juillet 2015, le Tribunal administratif de Paris a statué en faveur de sept familles d’enfants en situation de handicap. Pour deux d’entre elles, en raison de l’éloignement de leur enfant accueilli en Belgique. Pour les autres, en raison d’une « absence » ou d’une « insuffisance de prise en charge », en France.

5 juin 2019

Un papa et son fils autiste vont parcourir 400km à vélo pour sensibiliser au handicap

 

Un papa et son fils autiste vont parcourir 400km à vélo pour sensibiliser au handicap

Frédéric Grard et son fils autiste ont relevé le défi de parcourir plus de 400 kilomètres à vélo. L'objectif? Sensibiliser les députés régionaux et européens à la prise en charge des enfants autistes, et montrer que l'autisme ne s'arrête pas aux frontières. Partis d'Auchy-les-Hesdin (dans le Nord Pas-de-Calais), leur but est de rouler jusqu'Amsterdam.

https://bx1.be

 

4 juin 2019

Viktoria Modesta : son handicap a libéré sa créativité

article publié dans Faire Face

La jeune femme a choisi d'ériger sa différence en singularité et de faire de son corps une "œuvre d'art". © C. Colozzi

À partir de ce soir et jusqu’au 16 juin, la performeuse et chanteuse Viktoria Modesta est la nouvelle tête d’affiche glamour du Crazy Horse à Paris. Ce mannequin amputée de la jambe gauche utilise ses prothèses comme des prolongements artistiques.

On l’a découverte il y a quatre ans dans un clip Prototype. Celui-ci cumule aujourd’hui plus de 12 millions de vues. Viktoria Modesta y apparait comme une performeuse incroyable, de la trempe d’une Lady Gaga. Avec quelque chose de singulier qui signe sa différence : sa prothèse de jambe. Elle joue ainsi avec comme d’un accessoire de mode. Et la revoilà, à l’affiche du célèbre cabaret parisien, le Crazy Horse, dans un show intitulé Bionic Show Girl.


Née avec une malformation de la hanche et de la jambe gauche, Viktoria Modesta a décidé de se faire amputer à 20 ans pour améliorer sa mobilité. © Crazy Horse

Créer loin des stéréotypes

Or, la jeune femme, née en Lettonie il y a 31 ans, n’a rien de bionique. Ce nom s’inspire en effet de la multitude de prothèses futuristes, plus extravagantes les unes que les autres, dont elle use pour créer ses performances. Ou poser dans des magazines.

Née avec une malformation de la hanche et de la jambe gauche, Viktoria Modesta a fait le choix à 20 ans de se faire amputer. Pour améliorer sa mobilité grâce à une prothèse « afin de libérer sa créativité loin des stéréotypes », comme elle l’a expliqué à l’AFP.

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S’affranchir des diktats de la mode

« J’ai été fascinée par l’incroyable volonté et l’univers créatif de Viktoria. La manière dont elle a pris en main son destin et transformé sa vie en performance artistique globale est épatante. » Andrée Deissenberg, directrice artistique du Crazy Horse a donc choisi de l’inviter comme guest.

« Dans un futur déjà présent où la différence est revendiquée et magnifiée, la faiblesse se métamorphose en force et atout. » Une manière aussi de s’affranchir des diktats de la beauté que dicte la société actuelle.

Avec une prothèse faite entièrement de diamants, Viktoria Modesta s’est révélée en 2012 lors de la clôture des Jeux paralympiques de Londres. « Je me suis alors dit que le fait d’avoir été amputée ne me rendait pas différente. Il y a des millions de personnes dans cette situation. C’est ma vision du monde qui fait la différence », a-t-elle confié à l’AFP.

Dans ce show, Viktoria Modesta entend « repousser les limites de la féminité de la manière la plus innovante et la plus surprenante qui soit ». Une manière glamour et sensuelle. Et où le handicap n’est pas stigmatisé mais magnifié.

3 juin 2019

Handicap : Cluzel lance une large consultation pour trouver des solutions concrètes

22h33, le 28 mai 2019

Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative.
Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Les Français ont jusqu'au 31 août pour proposer des "solutions concrètes" afin d'améliorer la vie des personnes en situation de handicap.

"Comment la société peut-elle garantir une vraie place aux personnes handicapées ?" : des millions de Français sont invités à répondre à cette question et à proposer des "solutions concrètes", dans le cadre d'une "grande consultation nationale" lancée mardi par la secrétaire d'État Sophie Cluzel.

"Le handicap, c'est l'affaire de tous"

Emploi, mobilité, accès aux transports ou au logement, lutte contre les préjugés : les Français ont jusqu'au 31 août pour proposer leurs idées sur le site handicap.make.org, a précisé Sophie Cluzel, qui s'exprimait lors d'un point presse depuis le Salon "Handicap, emploi et achats responsables" au Palais des Congrès à Paris.

"Le handicap, c'est l'affaire de tous. Il faut sortir de l'entre-soi du handicap, faire comprendre que tous les Françaises et Français sont impliqués, qu'ils peuvent changer la donne", a résumé la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. Les résultats de cette consultation nourriront la réflexion dans la perspective de la Conférence nationale sur le Handicap (CNH), prévue au second semestre 2019, a-t-elle encore précisé.

Objectif 500.000 participants

Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative, soit en formulant directement une proposition, soit en donnant leur avis sur les idées des autres, a expliqué de son côté Axel Dauchez, le président de Make.org. "Ensuite, nous allons peut-être obtenir 10 ou 20.000 propositions, que nous allons trier, décrypter, regrouper, puis soumettre à des ateliers, partout en régions, pour pouvoir proposer dans un an un plan d'action de la société civile", a ajouté Axel Dauchez.

L'idée n'est pas forcément de mettre au point un plan d'action gouvernemental, mais bien de déterminer des actions qui pourraient être mises en oeuvre par la société civile, a-t-il précisé.

Par avec AFP
2 juin 2019

Bussy-Saint-Georges -> SAM., 15 JUIN À 09:30 Journée de Sensibilisation à L'autisme et à L'Inclusion

1 juin 2019

Chez Naturalia, une tisane pour sensibiliser au handicap

Antoine Favier Le 27/05 à 06:00

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Dans l'Essonne, près de 80 travailleurs en situation de handicap produisent toute unne gamme de tisanes biologiques vendues ensuite par Naturalia. - DR

Business case En matière de handicap, l'enseigne bio joue sur deux tableaux. L'entreprise cherche à augmenter l'emploi direct de personnes en situation de handicap, tout en ayant recours à des achats responsables par le biais d'une sous-traitance auprès du secteur du travail protégé et adapté (STPA).

Savourez cette tisane, vous soutiendrez l'insertion dans la vie professionnelle de Sébastien et de ses collègues », peuvent lire les clients de Naturalia au dos d'un paquet de tisane. Ces herbes aromatiques, distribuées dans les rayons du distributeur bio, sont le fruit d'un partenariat de plus de vingt ans entre l'enseigne et La Vie en Herbes, un établissement et service d'aide par le travail (Esat). « C'est en partie grâce à lui que l'on peut exister », confie Philippe Ferrer à la direction de l'Esat. Herbe sacrée protégeant la vie chez les Romains, la sauge - entre autres plantes - permet ainsi d'infuser de la diversité chez Naturalia. Et  les prestations de l'Esat de répondre aux besoins de l'enseigne en matière d'achats responsables . Les valeurs de Naturalia s'articulent autour de quatre points cardinaux : l'audace, la responsabilité, la transparence et la diversité. « Elles guident toutes nos décisions à court, moyen et long terme, avec la volonté d'intégrer toutes les parties prenantes de l'entreprise », défend Chistophe Vengeon, directeur des ressources humaines de l'enseigne. « Nous sommes engagés de façon historique en faveur de la diversité sous toutes ses formes », ajoute le DRH avant de reconnaître qu'il n'est pas toujours aisé d' accueillir des personnes en situation de handicap dans le commerce de détail. « Ce n'est pas toujours aussi simple qu'il n'y paraît », explique le DRH, « certains travailleurs en situation de handicap doivent faire face à un important stress lorsqu'ils sortent d'un milieu protégé ».

Une politique d'achats responsables

Avec ses 1.400 collaborateurs, dont une trentaine déclarés handicapés, Naturalia _ dans le giron du groupe Casino, dont la maison mère vient d'être placée en procédure de sauvegarde pour six mois _n'atteint pas les obligations légales de 6 % de représentativité. Loin d'être découragé, Christophe Vengeon espère changer la donne et augmenter ce pourcentage. « Nous accueillons des stagiaires en situation de handicap, ce qui peut aboutir à des embauches en CDI », appuie-t-il pour affirmer sa volonté d'augmenter le nombre de recrutements. Le 16 mai dernier, à l'occasion de la journée nationale DuoDay et sur la base du volontariat, des collaborateurs de Naturalia ont accueilli des travailleurs en situation de handicap dans leurs magasins. A l'inverse, lors du Duo2 organisé par la Fondation des Amis de l'Atelier, des volontaires de l'enseigne ont été invités à partager la journée d'un travailleur en situation de handicap en Esat. « Nous essayons de faire changer les représentations dans l'entreprise, et sur ce sujet, nous avons eu d'excellents retours de la part des volontaires », relate le DRH qui entend mobiliser encore plus largement pour l'année à venir. Naturalia mène aussi une politique de sous-traitance auprès du secteur du travail protégé et adapté (STPA). Cela permet de remplir, en partie, son obligation d'emploi de travailleurs en situation de handicap, et de réduire sa contribution handicap. Avec, comme fournisseur, l'Esat La Vie en Herbes, l'enseigne réalise ainsi des achats responsables. « Ce genre d'initiative fédère et donne du sens à ce que l'on fait au quotidien », s'enthousiasme Christophe Vengeon, satisfait de ce « partenariat historique ». L'année dernière, il a fait visiter l'Esat à une dizaine de collaborateurs de Naturalia. Une telle visite s'inscrit bien entendu dans la volonté du groupe de sensibiliser et former ses collaborateurs aux enjeux du handicap. De son côté, le directeur de l'Esat se félicite, lui aussi, de cette collaboration qui « permet de développer un accompagnement très professionnalisant pour répondre à des exigences en termes à la fois de qualité et de rentabilité ». C'est dans la zone périurbaine de la commune de Marcoussis, dans l'Essonne, que près de 80 travailleurs en situation de handicap produisent, transforment et conditionnent toute une gamme de tisanes biologiques. « Ce partenariat offre les moyens de leur redonner confiance, car ils confectionnent des produits à succès », conclut fièrement Philippe Ferrer.

31 mai 2019

L'école ne veut pas de mes enfants autistes. Un système qui va droit dans le mur

article publié dans Le Nouvel Observateur

Publié le 22-05-2015 à 09h36 - Modifié à 12h41
Temps de lecture Temps de lecture : 5 minutes

LE PLUS. Jean-Luc Duval est le père de Yanis et Samy, de jumeaux de 7 ans, qui sont tous les deux autistes. Il est aussi le président du Collectif Citoyen Handicap, qui se bat pour l'intégration des enfants handicapés dans les écoles. Il dénonce le système scolaire qui refuse pour le moment de donner à ses enfants l'accès à des classes classiques. 

Édité par henrirouillier  Auteur parrainé par Rozenn

 

Une école primaire parisienne, le 13 octobre 2014 (T. SAMSON/AFP).

 

Les écoles françaises sont un sanctuaire. Voilà la jolie phrase que chacun a pu entendre une fois dans sa vie. Un "sanctuaire", c'est le bon terme : tout s'y passe en catimini, les parents sont exclus et personne ne sait vraiment ce qui s'y passe.

 

C'est encore plus vrai pour les parents d'enfants handicapés – c'est mon cas, je suis père de deux jeunes enfants, jumeaux, tous les deux autistes – qui sont mis à l'écart, exclus, victimes de tous les coups bas. 

 

Une exclusion organisée

C'est la colère qui me pousse aujourd'hui à écrire ces mots que certains trouveront durs, mais peu importe, c'est ma réalité. Mon quotidien depuis trois ans. Trois années pendant lesquelles l'école m'a plus appris à moi qu'à mes deux enfants. Elle m'a appris que cette vocation dont parle certains enseignants n'existe que tant que les pressions de leurs hiérarchies n'existent pas. Lorsque celles-ci apparaissent, les vocations se cantonnent aux fonds de tiroirs, et on contribue tranquillement à la destruction de ces enfants sans aucun état d'âme.

Le droit français et international rappelle les principes fondamentaux de l'éducation mais nous sommes bien loin du compte, que ce soit pour nos enfants différents, les enfants issues de milieux défavorisés ou des milieux ruraux car les moyens sont dérisoires. Le sacrifice de ces enfants de la République est une priorité pour le gouvernement qui, sous couvert d'économie, de réformes bidons, continue la lente destruction entamée déjà par ces prédécesseurs. 

Mes enfants portent la responsabilité d'un échec qui n'est pas la leur

Ce vendredi 15 mai encore, lors de la réunion de mes enfants, j'ai pu constater le mépris de tout un système, les mensonges ou encore l'hypocrisie des acteurs d'un système dans lequel on n'épargne rien à ceux qui sortent du moule, ou qui dérangent. L'Education nationale, ce gros dinosaure, semble indéfiniment incapable de s'adapter. Personne en son sein ne le veut vraiment.

Ces gamins n'ont rien demandé. Les exclure et les stigmatiser, c'est les condamner à porter la responsabilité d'un échec qui n'est pas le leur.

Ces enfants dont personne ne se soucient ont des compétences certaines, on vous rebattra les oreilles avec cette affirmation. Cependant, personne ne voudra les exploiter. Sacrifiés qu'ils seront pour le bénéfice et le soit-disant équilibre d'un système qui ne profite qu'aux autres. Ce droit fondamental à l'éducation ne s'appliquerait donc pas pour eux. De mon point de vue, l'école est devenue le premier tortionnaire de ces enfants différents.

Virés après 8 heures en petite section

J'ai le cœur qui saigne lorsque je regarde mes jumeaux Yanis et Samy, âgés aujourd'hui de presque 7 ans. Heureux combattants qui aiment cette école, qui pourtant les rejette depuis le début. Virés en petite section après 8 heures à peine de scolarisation, maltraités dans une seconde école par une directrice intouchable, achevés cette année par une direction académique qui entend faire le ménage en liquidant au plus vite l'avenir de nos enfants.

La connerie n'a plus de limite. Samy aurait un niveau de toute petite section selon son institutrice, qui n'a même pas pris la peine de remplir les documents d'observation. Niveau petite section pour le second, selon la directrice qui n'a pas non plus eu le courage de remplir un document de 3 pages, trop occupée sans doute à se lover dans la nostalgie de son séjour découverte, dont mes enfants ont été exclus, coupable d'être différents.

Ces mêmes personnes écrivaient encore il y a 5 mois, que ces mêmes enfants avaient leurs places à l'école, me faisaient part en off des difficultés rencontrées à obtenir le moindre aménagement par un recteur réfractaire, qui se contente de remplir ce qui ressemble à une mission de ségrégation massive. Que dire alors de la revalorisation de 10.000 euros de leur prime, attribuée sur les résultats de cette politique ?

Mes enfants ne sont pas malades. Ils sont différents

Yanis et Samy ne connaîtront jamais le CP, m'ont-ils dit en cœur, car l'Éducation nationale n'a pas mis en œuvre les moyens nécessaire à la réalisation de cet objectif. Deux solutions me sont proposées, deux solutions qui ne sont pas dans le giron de l'Éducation nationale, mais des institutions médico-sociales. Deux options de ségrégations qui consistent en un placement dans un institut médico-éducatif ou une nouvelle Clis (Classes pour l'inclusion scolaire) gérée elle aussi par le secteur médico-social.

Mes enfants ne sont pas malades, ils sont juste différents. Mais peu importe, il est nécessaire de les virer au plus vite pour ne pas déranger le train-train quotidien d'un système éducatif en lambeaux. Ils ne sont plus des enfants, mais des semeurs de trouble aux yeux de ces gens sans conscience, sans cœurs, sans idéaux.

J'espère que le combat n'est pas perdu d'avance

Beaucoup de parents d'enfants handicapés m'ont dit que le combat était perdu par avance, qu'il valait mieux prendre les choses en main, et faire l'école à la maison. Beaucoup m'ont dit que trop d’enseignants ou d'auxiliaires de vie scolaire pratiquaient le double discours qui consiste à dire qu'ils sont de notre coté, mais refusent en même temps le combat en acceptant de participer à cette mascarade.

Depuis deux ans que nous avons créé le Collectif Citoyen Handicap avec une poignée de parents, nous nous battons contre un système. Nous avions l'espoir de changer les choses, de faire prendre conscience à chacun que nos enfants sont aussi des citoyens, qu'ils doivent pouvoir obtenir une chance d'étudier, un avenir... Mais en retour, nous recevons du mépris de la part de ceux qui perçoivent des millions d’euros de subventions en échange de leur immobilisme, qui collaborent à la purge activement alors que leur but premier est la défense et l'accueil convenable de cette population.

Venez nous rencontrer

La loi de 2005 est une fierté selon trop de gens, elle entérine à mon sens le fait que la population composée par les personnes handicapées est à part, que la loi ne s'applique pas à eux. Nous ne serions pas des citoyens mais une population à part avec nos propres lois. La réalité est qu'on a voulu régler un problème par la publication d'une loi, comme si cela suffisait pour qu'enfin les choses changent.

Au delà de ce constat, j'appelle tous ceux et celles qui n'acceptent pas cet état de fait, qui croient encore que la différence est une richesse, que nous pouvons tous vivre ensemble, à nous rejoindre dans ce combat et à se rassembler massivement devant tous les rectorats de France le 17 Juin, Venez nous rencontrer, échanger, exprimer notre attachement à ces principes que nous chérissons : "Liberté, égalité, fraternité".

31 mai 2019

Le handicap à l'école, il y a urgence à sensibiliser !!

 

Le handicap à l'école, il y a urgence à sensibiliser !!

Le handicap est un sujet sociétal de grande envergure. La sensibilisation est indispensable dès le plus jeune âge. Libérer la parole s...

https://monhandicapamoinesevoitpas.blogspot.com

 

27 mai 2019

Autisme : l'inclusion à pas comptés

Valerie Landrieu Le 27/05 à 06:00
L'association Vivre et Travailler autrement a accompagné le dispositif d'intégration de salariés autistes, pas à pas, avec les ressources humaines et les opérationnels. - DR

Après l'expérience réussie menée au sein du groupe Andros, le modèle d'inclusion d'autistes sévères en milieu professionnel développé par l'association Vivre et Travailler autrement essaime doucement. Un changement de mentalités serait-il amorcé

Après l'intégration réussie d'une dizaine de salariés autistes sur les lignes de production de Novandie, une filiale d'Andros,  Jean-François Dufresne, ex-dirigeant du groupe, souhaitait dupliquer le modèle imaginé avec l'association Vivre et Travailler autrement.

Un an après, deux nouvelles démarches sont en passe d'être opérationnelles. L'une, dans une autre usine de l'agro-industriel, en Corrèze ; l'autre au sein du spécialiste de la restauration aérienne Servair. Ce premier contrat extérieur en annonce d'autres. « Je suis entendu par les entreprises, indique Jean-François Dufresne. Mais c'est un peu plus compliqué lorsqu'il faut passer à l'action. » Volontaire, le groupe Michelin a certes dû renoncer à un premier projet pour cause d'obstacle technique lié à l'organisation en 3x8. Mais l'équipementier reste intéressé par la démarche. Et L'Oréal étudie l'intégration de salariés autistes dans certaines de ses usines pour la fin de l'année.

Valider les conditions de l'inclusion

Chez Servair, après neuf mois de préparatifs, la mise en route du dispositif est imminente. Le premier salarié autiste arrivera dans quelques jours sur un site francilien qui emploie 500 personnes. Un deuxième suivra et l'expérience sera étendue à d'autres usines, si elle est concluante.  La maison mère suisse Gategroup n'exclut pas de la dupliquer à l'international.

A l'origine de l'initiative : Patricia Larzilliere. La directrice générale adjointe Exploitation a été d'autant plus touchée par un reportage sur les salariés autistes d'Andros que « les conditions de l'inclusion correspondaient exactement à Servair », raconte-t-elle. Une visite sur place et une rencontre avec Jean-François Dufresne plus tard, elle présente un projet en comex et obtient le feu vert du directeur général.

Le sujet n'entre pas dans le cadre d'une opération d'image. Il faut embarquer ressources humaines, organisations syndicales et médecine du travail . La mission et le salaire d'une personne autiste seront les mêmes que ceux des autres salariés. Le projet permet de repenser les tâches, de revoir l'espace de travail et les visuels au sol mais aussi « parfois, remettre de la rigueur dans l'organisation », précise la dirigeante.

Lancer une démarche globale

Quelques questionnements émergent, côté salariés, mais des ateliers de sensibilisation à l'autisme auront raison des frilosités - principalement dues à la crainte de ne pas atteindre les objectifs fixés par la direction. Patricia Larzilliere reste étonnée de l'émulation que suscite le projet : « Certains de nos salariés veulent même rejoindre l'association », confie-t-elle. Côté comex, les qualités reconnues aux autistes - minutie, ponctualité, conformité aux règles, endurance, concentration et loyauté - contribuent à faire passer le dossier. Sur les chaînes de montage des plateaux-repas, les tâches à accomplir peuvent être rébarbatives, les gestes répétitifs, et les taux d'absentéisme et de turnover sont élevés. Vivre et Travailler autrement a accompagné le dispositif, pas à pas, avec les ressources humaines et les opérationnels.

L'association structure maintenant une démarche globale pour faciliter le travail des associations au plan local. Leur mission consistera à intervenir tant dans l'emploi - du recrutement aux outils de travail, que dans l'habitat - des structures spécifiques. Quoi qu'il en soit, la démarche est progressive parce qu'« on ne met pas d'un coup dix salariés autistes dans une usine », avertit Jean-François Dufresne. Le lieu de vie à proximité d'un site ne peut ainsi commencer à être construit avant un délai de dix-huit mois suivants l'arrivée du premier salarié autiste.

Coût de l'engagement pour l'entreprise ? « De la joie ! », assure Patricia Larzilliere. D'une façon plus pragmatique, « du temps, en réunions de lancement et en tournée auprès des managers de proximité ». Pour autant, témoigne la dirigeante, « parler aux équipes d'autre chose que de budget ou de résultats chiffrés n'est pas du temps perdu ». Chez Servair, le projet aurait d'ores et déjà permis de « donner du sens à l'action ».

L'autisme en clôture du 72e Festival de Cannes
La « Dernière séance » _ nouvelle appellation du film de clôture au Festival de Cannes_ aura mis l'autisme sous d'inhabituels projecteurs. Les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano mettent en scène dans « Hors normes » deux responsables associatifs qui encadrent des adolescents autistes issus de quartiers difficiles. Sortie le 23 octobre prochain.
24 mai 2019

Les classes inclusives pour les enfants autistes

 

Les classes inclusives pour les enfants autistes

Cet article est une traduction d'un texte de 2017 publié dans Spectrum News Inclusive classes are best option for some children with autism dont vous trouverez les références complètes en bas de page.

https://comprendrelautisme.com

 

23 mai 2019

Après une tentative d'exclusion de l'école des élèves handicapés, reculade du Sénat

23 mai 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Un amendement sénatorial - désormais abandonné - nous rappelle les oppositions puissantes au respect de la loi de 2005, qui soutient la scolarisation en milieu ordinaire. Et pourtant, çà marche et il est faut aller beaucoup plus loin. Un article de Spectrum News, un post de Danièle Langloys et une lettre ouverte de TouPI.

 

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Quelle meilleure introduction pour parler de la tentative du Sénat de remettre en cause la scolarisation en milieu ordinaire telle qu'elle devrait résulter de la loi de 2005. Phan Tom publie aujourd'hui, dans son blog Comprendre l'Autisme,  une traduction d'un article de Spectrum News

"Les enfants autistes ayant de plus faibles capacités cognitives montrent une amélioration plus importante de leurs compétences cognitives lorsqu’ils sont placés dans des classes avec des enfants typiques plutôt que dans des groupes composés uniquement d’enfants autistes."

dans Les classes inclusives pour les enfants autistes

Vertigo © Luna TMG
Vertigo © Luna TMG

Le Sénat avait voté à l'initiative de Mme Darcos un amendement : "« La scolarisation en milieu ordinaire est un droit dans la mesure où elle favorise les apprentissages et permet de conforter l’enfant, l’adolescent ou l’adulte handicapé dans ses acquis pédagogiques »

Danièle Langloys, agrégée de lettres et accessoirement présidente d'Autisme France, faisait la leçon :


Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, laissez la littéraire que je suis vous rappeler le sens des mots.

Mesdames et Messieurs les Sénateurs, vous avez voté un amendement discriminatoire et scandaleux, contraire à la Constitution, à la loi de 2005, à la Convention ONU des droits des personnes handicapées. Vous devriez avoir honte.

« La scolarisation en milieu ordinaire est un droit dans la mesure où elle favorise les apprentissages" : "dans la mesure où" a deux sens ; l'expression peut vouloir dire étant donné que, mais à ce moment-là, il était plus simple de rédiger : la scolarisation contribue aux apprentissages.

L'expression, plus fréquemment, signifie, dès lors que, si tant est que, et est donc restrictive : si l'école juge que la scolarisation ne contribue pas aux apprentissages (que nos honorables sénateurs réduisent aux apprentissages académiques, sans même se douter qu'il y en a d'autres), elle peut exclure l'enfant en situation de handicap.

Nous aurions pu vous laisser le bénéfice du doute, affligeant quand il s'agit de la rédaction d'une loi, mais bon, nul n'est parfait, malheureusement ce qui suit, nommé objet : "Cet amendement vise à rappeler que l’inclusion scolaire n’a de sens que si elle permet à la personne en situation de handicap de progresser dans ses apprentissages et de conforter ses acquis pédagogiques." ôte tous les doutes et vous ramène à vos visées discriminatoires d'un autre âge.

Donc l'école s'arroge le droit de définir qui peut rester à l'école et qui doit en sortir, sur des critères non définis : que veut dire "progresser dans ses apprentissages et conforter ses acquis pédagogiques " ? Au 19ème siècle, on disait enfants inadaptés, inéducables, débiles : le Sénat français ou le retour au 19ème siècle. Vous me donnez la nausée. (...)


TouPI [Tous Pour l'Inclusion] publiait avant-hier une lettre ouverte aux parlementaires :

 

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Ecole de la confiance : lettre ouverte aux parlementaires

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Notre association, TouPI, est une association de défense des droits des personnes handicapées, et en particulier des enfants handicapés. Nous vous écrivons car vous serez appelés prochainement à faire partie de la commission mixte paritaire qui statuera sur le projet de loi pour une école de la confiance.

Suite aux débats du Sénat, nous avons été surpris de découvrir un ajout dans l’article 5 quinquies, issu d’un amendement d’une sénatrice Les Républicains :

1°bis (nouveau) Le premier alinéa de l’article L.112-1 est complété par une phrase ainsi rédigée : « La scolarisation en milieu ordinaire est un droit dans la mesure où elle favorise les apprentissages et permet de conforter l’enfant, l’adolescent ou l’adulte handicapé dans ses acquis pédagogiques »

Les sénateurs ont motivé leur amendement en indiquant qu’il « vise à rappeler que l’inclusion scolaire n’a de sens que si elle permet à la personne en situation de handicap de progresser dans ses apprentissages et de conforter ses acquis pédagogiques ».

Si le texte était approuvé en l’état, il s’agirait donc d’introduire une condition de performance scolaire à la scolarisation en milieu ordinaire des élèves handicapés.

Pourtant l’article L111-1 du Code de l’Education indique que le service public de l’éducation « reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser. Il veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction ». En effet, tout un chacun est en capacité d’apprendre, pas forcément tout le temps, pas forcément les mêmes choses mais peut apprendre, même avec une déficience intellectuelle. Selon vous, la scolarisation ordinaire serait-elle un droit pour tous, sauf pour les enfants handicapés qui devraient faire la preuve qu’elle favorise leurs apprentissages ? Comment peut-on ainsi introduire une discrimination des élèves handicapés dans le Code de l’Education ?

Nous imaginons bien comment cet article pourrait être utilisé. En effet, nous accompagnons de nombreuses familles chaque année dans les démarches relatives à la scolarisation de leurs enfants handicapés et nous faisons très souvent face à des situations où des professionnels de l’Education Nationale font pression sur les parents pour qu’ils réduisent le temps de scolarisation de leur enfant ou pour qu’ils déscolarisent leur enfant au motif qu’« il n’est pas dans les apprentissages » ou qu’« il n’a pas la posture d’élève ».

Or la mission de l’école ne réside pourtant pas uniquement dans les apprentissages et les acquis pédagogiques. L’article L111-1 du Code de l’Education affirme qu’« outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. Le service public de l’éducation fait acquérir à tous les élèves le respect de l’égale dignité des êtres humains, de la liberté de conscience et de la laïcité. »

Les élèves handicapés devraient-ils être les seuls élèves pour qui l’acquisition de connaissances est le seul objectif à la scolarisation ? Entend-on inculquer aux élèves le « respect de l’égale dignité des êtres humains » en excluant les élèves handicapés des écoles ?

Cette modification de l’article L112-1 du Code de l’Education nous semble donc porter atteinte à la notion même d’inclusion. Pourtant, plus les élèves côtoieront la différence, notamment à l’école, plus on développera les capacités de tolérance de chacun aux différences. Et plus les élèves avec handicap seront inclus en école ordinaire, plus ils seront en capacité d’être inclus dans la société en tant qu’adultes et citoyens tout au long de leur vie.

Il nous semble également que cette modification de l’article L112-1 conduira inévitablement à la déscolarisation ou la non-scolarisation de nombreux enfants handicapés, que leurs parents seront contraints d’instruire en famille.

Enfin, s’il y a des difficultés sur le terrain, c’est notamment parce que, quoi qu’il en dise, le Ministère de l’Education Nationale n’a guère fait d’efforts sur la formation de ses personnels depuis la loi de 2005. Pourtant, le projet de loi pour une école de la confiance, s’il prévoit des dispositions concernant la formation des AESH, reste muet sur le renforcement de la formation des enseignants au handicap.

Nous vous demandons donc instamment de rétablir l’article L112-1 du Code de l’Education dans sa version initiale.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs les parlementaires, nos salutations les meilleures.
Odile de Vismes, Présidente de TouPI


Après ces interventions, dès avant-hier, le rapporteur sénatorial de la loi Blanquer décidait qu'il demanderait l'abandon de l'amendement lors de la commission mixte paritaire (constitué de sénateurs et de députés, pour tenter de dégager une version commune entre les deux assemblées - le dernier mot restant à l'Assemblée Nationale.

C'était un amendement des sénateurs Les Républicains qui remettait en cause un acquis de principe de la loi de 2005, pourtant issu d'une majorité chiraquienne, en faveur de la scolarisation à l'école ordinaire. Cela ouvrait un boulevard au gouvernement et à sa majorité parlementaire, en le rejetant, pour faire oublier d'autres mesures contestables, le recours de plus en plus aux AVS (auxiliaires de vie scolaire) mutualisées  à la place des AVS individuelles [dont le nombre d'heures d'accompagnement de l'élève est fixé par la CDAPH] et les PIAL (Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisées).

La sénatrice Darcos revendique désormais l'abandon de son amendement déjà décidé par le rapporteur sénatorial.

Mise au point sur l'école inclusive - Darcos © https://twitter.com/LDarcos/status/1131104211381489664?s=04&fbclid=IwAR32hbR6jcs7A1Zg4qKU-znsqH8vL3iM_K-gsmLbHhr3dJvXyTh9iDvkqss Mise au point sur l'école inclusive - Darcos © https://twitter.com/LDarcos/status/1131104211381489664?s=04&fbclid=IwAR32hbR6jcs7A1Zg4qKU-znsqH8vL3iM_K-gsmLbHhr3dJvXyTh9iDvkqss

Le court débat au Sénat ne laissait pas de doute sur l'objectif des sénateurs.

Le rapporteur :"alors que les associations nous rappellent la pénurie de places en établissements spécialisés, où la prise en charge est plus adaptée aux besoins de certains enfants"

L. Darcos : 'Le Gouvernement, par le biais de cette inclusion scolaire, essaie de faire venir le plus grand nombre d’enfants dans les écoles pour éviter de prendre ses responsabilités sur les instituts médico-éducatifs (IME)"

C. Morin-Desailly :" Parfois, l’inclusion peut aussi avoir un but de reconnaissance sociale et non seulement scolaire, comme le montre l’exemple des sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA)"

Les sénateurs prétendaient que le thème de l'école inclusive est un prétexte pour refuser les places que demandent les associations de parents dans les IME.

Je rappelle d'abord que les délais d'attente pour entrer en IME sont étroitement liés à la présence de jeunes adultes maintenus après 20 ans dans les IME au titre de l'amendement Creton. A partir du 20ème anniversaire, ce sont les financeurs des structures pour adultes qui doivent payer leur prise en charge.

Il s'agit en général des conseils départementaux, pour les jeunes qui ont eu une orientation vers des foyers de vie (pour ceux qui ne travaillent pas), vers des foyers d'hébergement ESAT ou des FAM (foyers d’accueil médicalisés , où les soins sont pris en charge par l'assurance maladie).

Les décisions de création de ces structures d'hébergement et de prise en charge des adultes dépendent des conseils départementaux, à l'exception des FAM où il faut une co-décision avec l'ARS.

Il peut y avoir dans un IME 60% de jeunes en "amendement Creton"...

Manifestement, le modèle économique de l'amendement Creton ne marche pas, puisque les CD ne font pas le nécessaire pour ne plus avoir à financer les IME. Ils sont en majorité dirigés par Les Républicains. A eux donc de prendre aussi leurs responsabilités.

Le constat fait par les parents est confirmé par les rapports officiels : les apprentissages scolaires sont bien souvent secondaires dans un IME, au prétexte d'une "prise en charge globale".

D'autres solutions pour permettre l'inclusion dans l'école ordinaire émergent pourtant :

  • les UEMA (unités d'enseignement maternel Autisme) , créées à partir du 3ème plan, qui assurent une collaboration entre l'Education Natioanel et le médico-social à l'école;
  • les UEEA (unités d'enseignement élémentaire Autisme) qui devaient reproduire le même modèle à l’école primaire, mais avec des moyens 4 fois moindres que les UEMA ou un IME;
  • l'externalisation des classes d'IME dans des écoles ordinaires, objectif louable mais sans moyens : pourquoi les municipalités construiraient des locaux pour ces classes dont les enfants ne proviennent pas essentiellement de leur commune ?
  • le dispositif ARAMIS dans l'académie de Limoges, l'enfant étant intégré dans une classe ordinaire avec un dispositif d'appui piur 'école;
  • des "doubles notifications" IME et école ordinaire avec AVSi. Dans ce cas, le transport à l'école est financé par le Conseil Départemental (le transport à l'IME matin et soir est financé sur le budget de l'IME) et l'accompagnement individuel est assuré par l'Education Nationale (sans besoin de détacher en permanence un éducateur de l'IME);
  • une scolarisation en ULIS Collège, avec accompagnement par les intervenants ABA employés par les parents déjà à domicile (le financement des dépenses restant à charge étant assuré par le PCPE - Pôle de Compétences et de Prestations Externalisées).

Il y a encore beaucoup à faire pour assurer la scolarisation en milieu ordinaire des enfants avec handicap, en particulier des enfants autistes, premières victimes de l'exclusion scolaire.

Cet amendement avorté nous confirme qu'il y a encore de puissantes résistances à l'inclusion.

20 mai 2019

Jamais sans mon AVS*

 

Jamais sans mon AVS*

C'est une profession ô combien importante et pourtant très précaire. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH, ex AVS) sont peu payés, peu formés et jonglent avec des temps partiels. La profession fait peu rêver, l'Education nationale peine à recruter.

https://www.franceinter.fr

 

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