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"Au bonheur d'Elise"

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20 juin 2017

En allant voter, Brigitte Macron converse sur l'autisme

article publié sur handicap.fr

Résumé : C'est en allant voter dans le Pas-de-Calais que Brigitte Macron a échangé quelques mots avec le député sortant LR Daniel Fasquelle. Leur conversation informelle a alors porté sur l'autisme...

Par , le 19-06-2017

Le dimanche 18 juin au matin, Brigitte Macron allait voter au Touquet lorsqu'elle a été accueillie par Daniel Fasquelle. Leur conversation « informelle » a porté sur l'autisme, rapporte le site de La voix du Nord (article en lien ci-dessous). « Je reçois chaque jour de nombreuses lettres à ce sujet », a confié le député qui a créé, avec quelques parents, l'EPEAM (École parentale pour enfants autistes du Montreuillois). En France, la prise en charge des enfants avec autisme reste particulièrement difficile, notamment par manque de places dans des structures adaptées.

Fasquelle : engagé en faveur de l'autisme

Daniel Fasquelle, député sortant de cette quatrième circonscription du Pas-de-Calais pour Les Républicains, également maire du Touquet, s'est illustré pour ses actions dans le domaine de l'autisme en France. En 2010, il crée un groupe d'étude parlementaire sur ce thème et obtient en 2012 le label Grande Cause nationale. En janvier 2012, il présente une « proposition de loi visant l'arrêt des pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes », favorisant la prise en charge comportementaliste au détriment de la psychanalyse. Fin 2016, il propose une nouvelle résolution « invitant le Gouvernement à promouvoir une prise en charge de l'autisme basée sur les recommandations de la Haute autorité de santé » (article en lien ci-dessous). Cette résolution, qui a eu le don de faire hurler les psychanalystes, est rejetée.

Brigitte Macron : des actions en faveur du handicap ?

De son côté, Brigitte Macron s'est exprimée à plusieurs reprises dans les medias sur sa volonté de jouer un rôle dans le domaine de l'éducation... mais pas seulement. Elle dit vouloir également s'investir sur d'autres sujets comme la culture, la condition des femmes ou encore le handicap. Dans la logique des annonces faites par son mari qui a déclaré vouloir faire du handicap l'une des priorités de son quinquennat ? Reste à savoir quel rôle et marge de manœuvre seront accordés à la nouvelle Première dame. Daniel Fasquelle aura, quant à lui, tout loisir de poursuivre son combat puisqu'il conserve son siège de député. Il était opposé au tandem En Marche ! Thibaut Guilluy et Tiphaine Auzière, qui n'est autre que la fille de… Brigitte Macron ! Et donc la belle-fille du Président.

© Photo d'illustration générale prise lors de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron à la mairie de Paris.

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

 

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19 juin 2017

Sensible à la cause de l’autisme, Brigitte Macron s’en ouvre à Daniel Fasquelle

Daniel Fasquelle, Brigitte Macron et sa fille Tiphaine Auzière se sont entretenus quelques minutes avant que ces deux dernières n’aillent voter, dimanche matin.
Daniel Fasquelle, Brigitte Macron et sa fille Tiphaine Auzière se sont entretenus quelques minutes avant que ces deux dernières n’aillent voter, dimanche matin.

Avant que la première dame n’entre dans le bureau de vote, ils se sont entretenus de manière informelle du problème des enfants autistes. Un sujet qui tient à cœur à Brigitte Macron. «  Je reçois chaque jour de nombreuses lettres à ce sujet  », a confié la première dame au maire du Touquet, très investi dans la cause de l’autisme pour avoir créé avec des parents l’EPEAM, l’école parentale pour enfants autistes du Montreuillois.

La prise en charge des enfants atteints par ce syndrome est difficile, peu de places étant disponibles dans les structures adaptées.

19 juin 2017

Les recommandations HAS pour les adultes autistes - Document préparatoire -

19 juin 2017 | Communiqué de presse

Autisme à l’âge adulte : une consultation publique pour recueillir l’avis des organisations concernées

-> voir précisions sur le portail de la HAS

Dès aujourd’hui, les organismes, associations ou institutions impliqués dans l’accompagnement et le suivi des adultes autistes sont invités à participer à une consultation publique. Jusqu’au 31 juillet prochain, ils pourront donner leur avis sur une version préliminaire des recommandations de bonnes pratiques qui sont en cours d’élaboration par l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) et la Haute Autorité de santé (HAS). Tous les avis recueillis seront publiés et serviront à enrichir et finaliser ces recommandations.

Cliquez sur l'image pour accéder au document => DOCUMENT PREPARATOIRE SUJET A MODIFICATIONS ULTERIEURES

Recommandations adultes autisme 19

19 juin 2017

Autisme à l’âge adulte : une consultation publique pour recueillir l’avis des organisations concernées

19 juin 2017 | Communiqué de presse publié sur le site de la Haute Autorité de santé

Dès aujourd’hui, les organismes, associations ou institutions impliqués dans l’accompagnement et le suivi des adultes autistes sont invités à participer à une consultation publique. Jusqu’au 31 juillet prochain, ils pourront donner leur avis sur une version préliminaire des recommandations de bonnes pratiques qui sont en cours d’élaboration par l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) et la Haute Autorité de santé (HAS). Tous les avis recueillis seront publiés et serviront à enrichir et finaliser ces recommandations.

logo Anesm Logo HAS

 

Depuis 2011, l’Anesm et la HAS collaborent pour favoriser l’adoption de meilleures pratiques en France, du diagnostic de l’autisme à la mise en place d’interventions adaptées à toutes les personnes et à tous les âges. Dans le cadre du Plan Autisme 2013-2017, les deux institutions élaborent actuellement des recommandations de bonnes pratiques sur les interventions et le parcours de vie de l’adulte ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Des recommandations pour améliorer la qualité de vie des adultes autistes

L’objectif de ces recommandations est d’améliorer la qualité des interventions tant sanitaires que médico-sociales auprès des adultes autistes pour favoriser une plus grande inclusion sociale et in fine une meilleure qualité de vie. Pour élaborer ces recommandations, l’Anesm et la HAS ont réuni différents groupes de travail constitués d’usagers et de professionnels. Ces groupes de travail ont élaboré une version préliminaire de recommandations, aujourd'hui soumise à consultation publique.

Différents sujets y sont abordés, notamment :

  • le passage de l’adolescence à l’âge adulte ;
  • la participation de l’adulte autiste aux décisions qui le concernent et à la vie sociale ;
  • les interventions à mener sur l’environnement de la personne (accompagnement de la famille et des professionnels, aménagement de l’habitat et du cadre de vie) ;
  • l’accompagnement de la personne et l’évaluation des effets attendus ;
  • le parcours de santé (accès aux soins somatiques et psychiatriques et transitions en cas d’hospitalisation) ;
  • la prévention et la gestion des comportements-problèmes ;
  • le vieillissement.

Comment donner son avis et participer à la consultation publique ?

Du 19 juin au 31 juillet 2017, la version préliminaire des recommandations est consultable sur les sites internet de l’Anesm et de la HAS. Tous les acteurs impliqués dans l’accompagnement et le suivi des adultes autistes sont invités à donner leur avis : associations accompagnant des adultes autistes, associations de professionnels, établissements de santé, établissements et services médico-sociaux, structures de professionnels libéraux, sociétés savantes, institutions publiques, agences sanitaires, syndicats, industriels…

Un seul avis par organisme, association ou institution est attendu et sera pris en compte. Les particuliers ne peuvent pas répondre à titre individuel et sont donc invités à se rapprocher de leurs organisations associatives ou professionnelles.

L’intégralité des avis sera rassemblée et communiquée de façon anonyme aux groupes de travail en charge de l’élaboration des recommandations puis publiée sur le site de l’Anesm et de la HAS. Ils serviront à enrichir et à finaliser ces recommandations.

Mis en ligne le 19 juin 2017
19 juin 2017

Hyperacousie : facteur de handicap, encore mal diagnostiqué

article publié sur handicap.fr

Résumé : L'hyperacousie, qui se traduit par une sensibilité accrue au bruit, peut devenir réellement handicapante pour la personne qui en est atteinte. "Trop entendre" devient alors nocif au quotidien... Focus sur une pathologie qui reste assez méconnue.

Par , le 18-06-2017

Encore difficilement diagnostiquée, l'hyperacousie, liée à des troubles de l'audition tels que les acouphènes, se traduit par une grande fragilité de l'ouïe et une sensibilité accrue au bruit. Caroline Rémond, auteure du Guide à l'attention des personnes gênées par le bruit, en est atteinte. Pour elle, obtenir un diagnostic relève encore du parcours du combattant. « J'ai rencontré six ORL et aucun n'a pu me fournir un diagnostic complet, confie-t-elle. J'ai trois sources physiologiques avérées d'hypersensibilité au bruit qui se cumulent. Aucun spécialiste n'a intégré les trois sur un seul et même diagnostic. Il m'a fallu environ 15 ans pour faire diagnostiquer les trois séparément. »

Possible lien avec l'occlusion dentaire

Comment mieux vivre face au bruit ? Comment gérer l'aspect plus psychologique de la souffrance ? Comment réagir face à des voisins bruyants ? De nombreuses personnes hyperacousiques mettent du temps avant de savoir qu'elles sont atteintes d'une réelle pathologie handicapante. « Certaines peuvent souffrir d'hyperacousie sans le savoir car elles n'ont peut-être jamais eu le bon diagnostic », précise Mme Rémond, pour qui les personnes les mieux formées rencontrées au cours de son parcours étaient audioprothésistes ou… dentistes. « Ces professionnels peuvent être formés sur le lien entre l'occlusion dentaire et la sensibilité au bruit. Si de nombreuses personnes hyperacousiques n'ont pas ce problème, d'autres en souffrent et mettent parfois du temps avant de faire le lien ».

Hyperacousiques et surdoués ?

Autre fait marquant établi par l'auteure : les facultés intellectuelles largement développées de nombreuses personnes atteintes. « En écrivant ce livre, j'ai appris des choses stupéfiantes, comme par exemple le fait que l'hyperacousie est parfois l'indicateur d'une personne que l'on qualifie de surdouée, ou d'un taux de créativité plus important que la moyenne… »

Une pathologie négligée

Dans son livre-témoignage, qu'elle qualifie de « généraliste » pour pouvoir informer une majorité de personnes concernées, Caroline raconte également ses années de lutte contre la douleur. « Aucun médecin n'avait vraiment pris mon problème au sérieux, et les examens les plus pertinents n'ont pas pu être faits en temps et en heure, raconte-t-elle. J'ai entendu, comme de très nombreuses personnes sensibles au bruit et hyperacousiques, que ce problème était en tout ou partie psychologique, et ce pendant des années. Les conséquences sur ma vie ont été assez abyssales…» Après dix ans de lutte, Caroline Rémond a finalement obtenu une RQTH (Reconnaissance qualité travailleur handicapé).

Phénomène plutôt répandu

Difficile à diagnostiquer, encore peu médiatisée, l'hyperacousie serait en fait plus répandue qu'on ne le pense. Et ouvrirait la porte à des situations réellement handicapantes au quotidien. C'est ce que constate Caroline lorsqu'elle consulte son entourage : « Chaque fois que j'évoque ce sujet de la sensibilité au bruit autour de moi, les gens parlent de leur expérience. Un de leurs enfants est très sensible au bruit ; certains ont dû déménager suite à des nuisances sonores ; d'autres, encore, ne supportent pas les bruits de pot d'échappement... ». Des données à prendre en compte pour identifier ses maux… et sensibiliser davantage les professionnels de santé !

© Fotolia

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19 juin 2017

La mère d’un enfant autiste lance un appel à l’aide

article publié sur ici-radio canada

Publié le samedi 17 juin 2017

 

Une mère qui cherche à placer son fils autiste dans un centre intermédiaire d'hébergement se sent abandonnée par le système de santé. Épuisée et à bout de ressources, elle reproche aux autorités de ne pas avoir pris sa demande au sérieux et de ne pas avoir respecté leur engagement.

Un texte de Louis Gagné

Chantal Belley n’est plus en mesure de s’occuper seule d’Olivier, son fils de 19 ans atteint du spectre de l’autisme. S’il est capable de faire certaines choses par lui-même, Olivier n’est pas autonome et requiert par conséquent une assistance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

« C'est très exigeant d'être avec un enfant autiste, ça demande de la patience, de la tolérance. On s'oublie souvent soi-même aussi, confie Mme Belley. En plus, on n'a pas de ressources financières, alors c'est encore plus difficile de joindre les deux bouts parce qu'on a très peu d'aide du gouvernement, puis on n'a pas de répit qui nous est fourni. »

Je n’en peux plus. Une chance que j’ai encore ma santé et que j’ai du soutien moral de ma famille parce que sinon, je n’y arriverais pas.

Chantal Belley, mère d’un enfant autiste

En février, la mère monoparentale a fait une demande pour que son fils soit admis dans un centre d’hébergement intermédiaire. Elle raconte avoir obtenu l’assurance qu’Olivier aurait une place d’ici le 22 juin. Or, à quelques jours de l’échéancier, elle est toujours à la recherche d’une résidence capable de répondre aux différents besoins de son fils.

Résidence inadaptée

Après s’être retrouvée en situation de surmenage, Chantal Belley a été placée en « mode d’urgence ». Les autorités ont alors envoyé son fils dans une ressource d’hébergement, mais selon Chantal Belley, celle-ci n’était pas du tout adaptée à sa condition.

« J'ai été obligée de le (faire) ressortir après trois heures, parce que sinon, c'est moi qui n'allais pas dormir, raconte-t-elle. Il y avait énormément de choses qui traînaient, il y avait des animaux, des oiseaux qui criaient, et les autistes comme Olivier, quand ils se retrouvent dans des endroits comme ça, ils vont s'automutiler, ils vont tomber dans une anxiété extrême parce qu'ils sont stimulés par le bruit, ils sont stimulés visuellement. »

Chantal Belley a récemment visité une seconde résidence, mais la personne responsable ne souhaitait pas accueillir son fils entre 8 h et 17 h. Un refus qu’elle qualifie d’« aberrant ».

« Moi, visiter une maison et me faire dire : "Je ne veux pas votre garçon entre 8 h et 17 h." Je trouve que c'est un non-sens, ce n'est pas acceptable, surtout que c'est des résidences permanentes, 24 heures sur 24 », dénonce-t-elle.


Chantal Belley regarde son fils Olivier utiliser une tablette informatique.
Chantal Belley et son fils Olivier Photo : Radio-Canada

« Difficile à accepter »

L’approche du 22 juin commence à inquiéter grandement la mère d’Olivier, qui souffre de stress et d’anxiété. Elle reproche aux autorités de ne pas avoir saisi l’urgence de sa situation et de ne pas avoir trouvé une résidence adaptée aux besoins de son fils dans les délais qui avaient été convenus.

« Qu'on fixe un deadline et que le gouvernement ne le respecte pas […] c'est très difficile à vivre, très difficile à accepter, explique Chantal Belley. C'est comme s’ils n’ont pas travaillé le dossier, qu’ils ont pris pour acquis que comme je suis la mère, je suis prête à le garder jusqu'à tant que je sois à bout ou à l'hôpital. »

Je leur ai dit : "Dites-moi où je vais le déposer le 22 juin, parce que c'est une question de santé et que c'est une question de survie".

Chantal Belley, mère d’un enfant autiste

Ressources disponibles

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale reconnaît que les résidences qui ont été offertes à Chantal Belley ne sont pas optimales. L’établissement soutient toutefois qu’il s’agissait de la ressource d’hébergement disponible la plus adaptée aux besoins d’Olivier.

« C'est sûr que l'idéal, c'est de trouver la meilleure ressource au bon moment, mais ce n’est pas toujours possible, surtout dans des situations urgentes ou dans un délai court, ça peut être difficile, mais on répond quand même à l'ensemble des besoins », affirme Guylaine Lacroix, coordonnatrice en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme et déficience physique au CIUSSS.

Même si le fils de Chantal Belley a été envoyé dans une résidence qui n’était pas du tout adaptée à ses besoins selon elle, notamment en raison de la présence d’animaux, Guylaine Lacroix assure que l’état d’Olivier a été pris en compte.

« Toutes les situations sont regardées en fonction des besoins de l'usager et les ressources disponibles qu'on a », dit-elle.

Mieux former le personnel

La directrice générale de l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec, Johanne Pratte, mentionne que le cas de Chantal Belley et de son fils illustre la rareté des ressources spécialisées en autisme.

Elle affirme que son association réclame depuis plusieurs années des budgets pour former le personnel des centres d’hébergement intermédiaires afin qu’il soit en mesure de répondre aux besoins des clientèles qui demandent un encadrement particulier.

« Intégrer une personne autiste, avec d'autres personnes qui auraient par exemple une problématique plus au niveau de la santé mentale, ça demande vraiment une organisation de services très particulière, fait-elle valoir. Donc oui, à ce titre-là, c'est plus compliqué, et c'est important d'avoir un milieu complètement adapté pour ce type d'intervention. »

Avec les informations d’Alexandra Duval et de Maxime Corneau

18 juin 2017

Le patient autiste a-t-il été empoisonné?

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L’aide médicale a-t-elle volontairement administré un traitement dangereux à un patient autiste, résidant du foyer Le Chemin de Margny-lès-Compiègne ? C’était l’objet de l’audience, mardi 13 juin, au tribunal de Compiègne.

En février 2013, un aide médicale se rend compte qu’un des patients régurgite une bave bleutée. Sa collègue, chargée de la toilette du résidant, lui dit qu’il doit s’agir de dentifrice.

Vidéosurveillance

Plus tard, des comprimés sont découverts dans la salle de bain de la victime, qui est alors hospitalisée. Les expertises démontrent qu’il a avalé du Tercian (un neuroleptique) et du Seresta (un anxiolytique). Deux médicaments qui auraient pu avoir de lourdes conséquences sur le patient, s’il n’avait pas été hospitalisé à temps.

Une information judiciaire est alors ouverte par le juge d’instruction de Senlis, afin de savoir comment ce patient, le plus dépendant du centre, incapable de retirer un médicament de son emballage seul, a pu ingurgiter ces médicaments.

La vidéosurveillance de l’établissement est alors exploitée. Elle montre plusieurs entrées dans la chambre, mais avec une présence furtive. Sauf celle de la prévenue, chargée de la toilette du patient. Sur les images, on la voit également se rendre à plusieurs reprises à l’infirmerie, à l’endroit même où sont entreposés les médicaments. À la barre, la jeune femme explique que ce jour-là, elle était malade, qu’elle s’est rendue plusieurs fois aux toilettes pour vomir. Des toilettes qui se trouvent justement dans l’infirmerie. Dans la poubelle de ces toilettes, des plaquettes de Tercian et de Seresta seront retrouvées. Quant aux boîtes vides de ces médicaments, elles seront récupérées dans le casier d’une collègue de la prévenue, avec laquelle elle est en conflit.

Pour faire accuser une collègue gênante ?

Pour la procureure de Compiègne, Virginie Girard, ce conflit serait d’ailleurs le mobile parfait : utiliser le patient le plus vulnérable du foyer, pour faire accuser une collègue gênante.

À l’audience, la prévenue répond sereinement à chaque question du président. La vidéo ? N’importe qui aurait pu couper les images. Ses allers et venues entre la chambre du patient et à l’infirmerie ? À cause des nausées qu’elle subissait depuis trois jours. Les médicaments retrouvés par terre ? «  Ce n’est jamais moi qui étais chargée de donner le traitement au patient, ce n’était pas dans mes missions  » Pourquoi ne pas avoir signalé la bave bleue du patient ? «  Je pensais que c’était du dentifrice. »

Le parquet, qui qualifie ces réponses de «  mensonges éhontés  », requiert trois ans de prison ferme.

L’avocat de la famille qui souhaite que cet épisode «  soit reconnu, qu’il ne soit pas passé sous silence  », réclame un euro symbolique en guise de dommages et intérêts. «  La famille a perdu confiance. On sait la difficulté de placer un adulte autiste. Ils étaient soulagés de le savoir bien, en sécurité. Maintenant, ils ne seront plus tranquilles  ».

Quant à la victime, «  Il ne peut rien exprimer mais refuse désormais d’ouvrir la bouche, il a la mémoire de ce traumatisme.  »

Le tribunal rendra sa décision le 11 juillet.

18 juin 2017

Grand banquet ABO avec les balladins ce dimanche 18 juin 2017 à Saint-Benoît-sur-Loire

Anne-Sophie accompagnait Elise pour ce week-end de fête où joie, chants & danses jusqu'au bout de la nuit étaient à l'honneur samedi. Le dimanche les parents étaient invités au banquet !!!

Superbe partage ! Merci à toute l'équipe des Balladins - A Bras Ouverts est comme je l'ai déjà écrit la seconde famille d'Elise ...

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La photo ci-dessous, devant l'Abbaye de Fleury au loin, regroupe Mathilde, Anne-Sophie & Henry, le beau gosse du groupe particulièrement apprécié par Lisou. invitation-parents abo banquet we fête balladins 18

17 juin 2017

Vidéo -> Les autistes ont la parole

Ajoutée le 16 juin 2017

Conférence du 23 mars 2017, à la fac de lettres de Brest, de Raven et Guillaume, avec Sandrine.

https://forum.asperansa.org/viewtopic...

16 juin 2017

Psychanalyste : un job « facile », « pas compliqué »

11 juin 2017
Par Blog : Le blog de Jacques Van Rillaer

Freud a maintes fois écrit que sa méthode était facile à apprendre et à pratiquer. La théorie élaborée par Lacan à partir de celle de Freud a fait croire à l’extrême difficulté du savoir analytique. En fait, quand bien même cette théorie apparaît comme une discipline occulte, la pratique, disait Lacan, «ce n’est pas compliqué» et il ajoutait : «on fait comme si on savait quelque chose».

Freud a commencé sa pratique de thérapeute par l’hypnose. En 1896, il évoquait la difficulté de faire se ressouvenir les sévices sexuels refoulés, condition nécessaire et suffisante de la guérison de l’hystérie. Il écrivait: «Les malades ne racontent jamais ces histoires spontanément, ni ne vont jamais dans le cours d'un traitement offrir au médecin tout d'un coup le souvenir complet d'une telle scène. On ne réussit à réveiller la trace psychique de l'événement sexuel précoce que sous la pression la plus énergique du procédé analyseur et contre une résistance énorme, aussi faut-il leur arracher le souvenir morceau par morceau» [1]. Quelques années plus tard, les souvenirs «arrachés morceau par morceau» deviendront des souvenirs spontanément racontés par des femmes «hystériques». Freud racontera alors qu’il a été victime de leurs fantasmes [2]

Influencé par sa patiente la baronne Anna von Lieben — qui fut pendant six ans sa principale patiente et source de revenus —, Freud a développé sa propre méthode: laisser le patient libre de dire tout ce qui lui passe par la tête et lui fournir des interprétations quand cela apparaît opportun. Les résultats n’avaient rien d’exaltant mais, à l’époque, la grande majorité des confrères ne faisaient guère mieux.

  1. Freud a déclaré sa méthode facile
  2. Les principes de l’analyse freudienne
  3. Des anecdotes significatives
  4. La somnolence rémunérée
  5. Lacan : grand artisan de l’occultation de la facilité de la technique
  6. Les aveux de Lacan in fine
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Freud a déclaré sa méthode facile

James Strachey, ami fidèle de Freud et traducteur de ses œuvres en anglais, écrit dans le volume de la Standard Edition qui rassemble les écrits techniques : «La relative rareté des écrits techniques de Freud, ainsi que ses hésitations et les délais de leur production, suggère une certaine répugnance de sa part à publier ce type de matériel. [...] Au-delà de toutes les discussions sur la technique, Freud n’a cessé d'insister sur le fait qu'une authentique maîtrise dans ce domaine ne pouvait s'acquérir que par l'expérience clinique et non par des livres» (XII, p. 82).

Si Freud a peu écrit sur sa technique, c’est simplement parce qu’elle n’est pas compliquée. Lui-même l’a reconnu à maintes reprises. En 1900, il écrit que l’interprétation des rêves est facile si on utilise sa méthode des associations libres : « Il n'est pas très difficile de retirer la garde qui veille aux portes de la raison, comme dit Schiller, et de se mettre dans l'état d'auto-observation sans critique. La plupart de mes malades y arrivent dès le premier essai, moi-même je le fais facilement, surtout si j'écris toutes les idées qui me viennent, ce qui est un grand secours » [3].

En 1904, Freud rédige, pour un ouvrage sur les compulsions, le court chapitre : “La méthode psychanalytique de Freud”. Il écrit que «la tâche de la cure est de supprimer les amnésies, […] de rendre l’inconscient accessible à la conscience» et précise: «La technique de la psychanalyse, une fois qu’on l’a apprise, est beaucoup plus facile à pratiquer qu’il n’apparaît à la description» [4].

L’année suivante, dans le célèbre cas de Dora: «Chacun peut soumettre ses propres rêves à une investigation analytique, et la technique de l'interprétation du rêve est facile à apprendre d'après les indications et les exemples que j'ai donnés » [5]. — «Interpréter les rêves, extraire les pensées et souvenirs inconscients des idées incidentes du malade, et autres pratiques traductives du même ordre, cela est facile à apprendre» [6].

En 1912, dans un article sur la technique, Freud définit sa règle de l’"attention flottante" : «Cette technique [la psychanalyse] est très simple. Elle récuse tous les moyens auxiliaires, comme nous le verrons, même la prise de notes, et consiste simplement à ne vouloir porter son attention sur rien de particulier et à accorder à tout ce qu'il nous est donné d'entendre la même “attention en égal suspens” [gleichschwebende Aufmerksamkeit], selon la dénomination que j'ai déjà employée. On s'épargne de cette façon un effort de l'attention que l'on ne pourrait d'ailleurs pas maintenir quotidiennement des heures durant, et l'on évite un danger qui est indissociable de l’attention intentionnelle. En effet, du moment où l’on tend intentionnellement son attention jusqu'à un certain degré, on commence aussi à sélectionner parmi le matériel offert ; on fixe tel morceau avec une acuité particulière et on en élimine en revanche un autre, en suivant dans cette sélection ses attentes ou ses inclinations» [7].

L’année suivante, dans un autre article technique, il précise l’énorme avantage du dispositif divan-fauteuil : «Je tiens ferme à ce conseil de faire s'allonger le malade sur un lit de repos, alors qu'on prend place derrière lui de façon à n'être pas vu de lui. Cet aménagement a un sens historique, il est le reste du traitement hypnotique à partir duquel la psychanalyse s'est développée. Mais il mérite d'être maintenu pour de multiples raisons. D'abord pour un motif personnel, mais que d'autres peuvent bien partager avec moi. Je ne supporte pas d'être dévisagé par les autres huit heures par jour (ou plus longtemps). Comme pendant l'écoute je m'abandonne moi-même au cours de mes pensées inconscientes, je ne veux pas que mes mimiques procurent au patient matière à interprétation » [8].

La même année, il affirme l’existence d’un pouvoir dont chacun dispose pour psychanalyser : «Tout être humain possède dans son propre inconscient un instrument avec lequel il est en mesure d’interpréter les manifestations de l'inconscient chez l’autre» [9].

En 1925, il répète une fois de plus la facilité de sa méthode : « Le travail analytique est un art de l'interprétation [Deutungskunst], dont certes le maniement requiert pour le succès doigté et pratique, mais qui n'est pourtant pas difficile à apprendre [unschwer zu erlernen] » [10].

Les principes de l'analyse freudienne

L’analysant couché sur un divan dit tout ce qui lui passe par la tête. C’est «la règle fondamental ». L’analyste, à l’abri de son regard, écoute en état d’attention flottante. Les interventions classiques de l’analyste freudien sont les suivantes.

a) Émettre des marmottements, indiquant à l’analysant qu’il dit des choses jugées significatives ou qu’il est écouté. Smiley Blanton a bien décrit leur effet dans le journal de son analyse : «Je suis frappé par une certaine façon qu’a Freud de produire un son avec son gosier — une sorte de grognement, d'exclamation non verbale —, de modulation en somme, destinée à manifester son accord ou sa sympathie au patient, mais sans gêner son flux associatif» [11].

b) Mettre en relation des paroles de l’analysant avec des événements (réels ou imaginés) de son passé. Par exemple, Dora raconte qu’elle a été énurétique « vers 7 ou 8 ans pendant un certain temps ». Freud en déduit illico qu’elle s’est alors masturbée, car « mouiller ainsi son lit n'a pas de cause plus vraisemblable que la masturbation » [12]. Notons que Dora a nié énergiquement cette activité, mais pour Freud ce n’est là qu’une dénégation, donc une preuve.

c) Décoder des symboles. Ainsi, « l'araignée, dans le rêve, est un symbole de la mère, mais de la mère phallique dont on a peur, si bien que l’angoisse devant l’araignée exprime l’effroi devant l'inceste avec la mère et l'horreur devant l’organe génital féminin » [13]

d) Décrypter des « mots-ponts » (Wort-Brücke). Par exemple, l'Homme aux rats se dit un jour qu'il est trop gros (zu dick) et essaie de maigrir. Interprétation de Freud : son rival s'appelle Richard et est parfois surnommé Dick. En essayant d'être moins «dick», il tue inconsciemment son concurrent [14]. Ce type de décodage a été abondamment utilisé par Lacan, qui parle de «décomposition signifiante» et disait : «J’attache énormément d’importance aux jeux de mots. Cela me paraît la clé de la psychanalyse» [15]. Selon sa « théorie de la suprématie du Signifiant», l'Inconscient est régi par les propriétés phonétiques des mots en tant que tels, plutôt que par les significations auxquelles les mots renvoient. Dès lors, la pratique psychanalytique s'apparente à un jeu de calembours, un jeu facile à la portée de tous et qui fonctionne à tous les coups. Quand le patient dit «ne me prenez pas au mot», on interprète qu’il refuse de se reconnaître «homo».

e) Rester silencieux, ce qui fait comprendre à l’analysant qu’il reste «en surface», qu’il «résiste» à parler «vrai».

Si l’analysant s’oppose à une interprétation, l’analyste y voit ipso facto une « résistance » dû à un refoulement inconscient. Si l’analysant est mécontent du traitement, l’analyste n’y voit qu’un reproche adressé à quelqu’un d’autre, par exemple le père ou la mère : « II ne peut faire aucun doute pour nous [kann uns nicht zweifelhaft sein], écrit Freud, que les sentiments hostiles envers le médecin méritent le nom de “transfert”, car la situation de la cure n'est certainement [gewiss] pas un facteur suffisant pour rendre compte de leur apparition » [16]. Si des éléments de la théorie analytique peuvent s’opérationnaliser de manière à les confirmer ou les réfuter, les interprétations durant la cure sont irréfutables au sens poppérien [17]. Toute objection est «résistance» à la «vérité» de l’«Inconscient» et n’a pas droit de cité dans le réel. L’analyste a toujours le dernier mot.

Notons encore que le contenu de beaucoup d’analyses est largement constitué de simples bavardages qui n’aident en rien à résoudre de véritables problèmes, quand il y en a. Marion Mari-Bouzid, qui a fait des interviews approfondies d'enfants de psychanalystes français réputés, donne ce joli exemple : « Mon père ne voulait pas changer les configurations du cabinet parce qu'il disait : “Si je change la configuration du cabinet, mes patients vont encore passer un quart d'heure à me dire : Vous avez changé le vase, vous l'avez mis à la place de ça, tiens j'aime mieux, tiens j'aime moins... enfin bref, ils vont passer encore...”. Et c'est vrai. Et moi, j'ai été chez mon psy dernièrement, et il a viré des plantes vertes (rit) et je lui ai dit : “Je suis désolée de vous faire la réflexion, mais je ne peux pas m'en empêcher (rit) : Vous avez enlevé votre plante verte”, et j'étais morte de rire et il me dit “oui” et je lui dis : “Ça me fait rire parce que ça me rappelle mon père quand il changeait ses trucs dans le cabinet et il me disait : “Toute la journée je vais avoir droit à ‘vous avez changé des trucs’” et je lui dis : “Je ne sais pas le numéro combien je suis (rit), heureusement que ça n'est que le début” » [18].

Des anecdotes significatives

Henri Ellenberger, le célèbre historien de la psychothérapie, rapporte qu’au début de la Première Guerre mondiale un agent secret était venu voir Albert Moll [19], lui demandant de l'instruire de telle façon qu’il puisse, avec quelque vraisemblance, se faire passer pour médecin. Le célèbre sexologue lui répondit que c'était impossible, mais qu’il pouvait indiquer comment incarner le personnage d'un psychanalyste. Il lui apprit en quelques jours les rudiments et le jargon de la profession, et l'homme servit effectivement son pays tout au long de la guerre en exerçant sa nouvelle compétence [20].

Ernest Jones rapporte qu’en 1921 une «Maison d'édition anglaise de psychanalyse» publiait cette annonce : «Aimeriez-vous gagner 1.000 livres par an comme psychanalyste ? Nous pouvons vous montrer comment faire. Inscrivez-vous à 8 leçons par correspondance pour la somme de 4 guinées». Le fidèle lieutenant de Freud ajoute qu'il y avait à Londres, dès le début des années 1920, «des dizaines d’analystes sauvages» [21]. Au congrès international de psychanalyse de Bad-Homburg (1925), il fut décidé que l’analyse didactique par Freud ou un disciple patenté serait une condition pour être reconnu psychanalyste freudien.

La somnolence rémunérée

Il y a très peu de métier où l’on peut gagner sa vie en sommeillant ou en dormant pendant une partie du travail. C’est le cas de la psychanalyse. En fait, si l’assoupissement est excusable, il n’en montre pas moins que l’action de l’analyste peut se réduire à très peu de chose sans (trop) déranger l’analysant. Exemples :

Dans le compte rendu de son analyse avec Freud, Abram Kardiner rapporte : «On savait à Vienne que Freud me parlait et cela suscitait une certaine curiosité, tant et si bien qu'un jour j’eus l’honneur de recevoir une invitation de James Strachey et John Rickman à venir prendre le thé. [...] Rickman me dit : “Je me suis laissé dire que Freud parle avec vous.” — “Oui, répliquai-je, il me parle, tout le temps.” Ils dirent : “Et comment faites-vous ?” [...] Tous les deux dirent d'un commun accord : “Freud ne dit jamais un mot”. Rickman ajouta : “Je le soupçonne de dormir. En fait, je sais qu'il dort, parce que je sais ce qu'il faut faire pour le réveiller. J’arrête tout simplement de parler et au bout de quelques instants de silence Freud sursaute en me disant : “Oui... oui... continuez, je vous prie”. Je lui ai même dit un jour : “Ce que je disais n'était pas très important, Herr Professor, vous pouvez vous rendormir”» [22].

La même pratique se retrouve par exemple chez Lacan, comme en témoigne Jean-Guy Godin, qui deviendra analyste lacanien : «Il paraissait sommeiller, somnoler, ouvrait un œil, murmurait son “alors.., bien cher?” et accompagnait d'un regard pesant presque soucieux, inquiet, le trajet de l'intrus, tournant à peine sa tête posée sur sa main comme sur un axe ; son “très bien... c'est épatant... à d'main” arrêtait la séance ; “j' vous revois quand” appelait une réponse qui, une fois enregistrée, lui faisait reprendre cette somnolence apparente. Elle s'arrêtait comme par hasard, régulièrement à un point précis de mon trajet du retour : juste devant ce coin de table où — c'était convenu — je posais le prix de la séance. Il levait la tête, son œil retrouvait un éclat plus vif et, de son lointain, vérifiait la matérialité du geste» [23].

Dans La Technique psychanalytique d’Edward Glover, on trouve un conseil pour contrer la tendance à l’assoupissement : «Durant les séances, l'analyste devrait prendre des notes afin de s'éviter de sommeiller, à la manière de ces femmes-analystes qui, au cours de leur travail, s'adonnent au tricot ou au croche » [24].

 

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  L'analyste lacanien Jean-Pierre Winter

  Président du “Mouvement du coût freudien”

 

Lacan : grand artisan de l’occultation de la facilité de la technique

La principale innovation technique de Lacan est la séance à durée variable, invariablement courte ou très courte [25]. Rappelons qu’en 1963 cette pratique a conduit l’Association internationale de psychanalyse à ne plus reconnaître les didactiques dirigées par Lacan. Pour continuer à former des analystes à sa guise, il a alors créé sa propre École [26].

La principale contribution de Lacan au maintien en vie de la psychanalyse est la transformation du discours freudien, parfaitement compréhensible, en discipline occultiste. (Aujourd’hui la psychanalyse reste le type de psychologie dominant que dans les pays où le lacanisme s’est diffusé : France, Argentine, Brésil). Il est arrivé à Lacan de rappeler cette évidence : «Ai-je besoin de dire que dans la science, à l'opposé de la magie et de la religion, le savoir se communique?» [27]. Lui, il a tout fait pour que le savoir psychanalytique ne se communique plus comme en science, mais devienne un mystère dont la révélation est réservée à ceux qui s’appliquent laborieusement à déchiffrer sa Parole. Son enseignement n’était pas destiné à communiquer un savoir qui puisse soulager des troubles psychologiques, il visait à lui rendre un culte comparable à celui que des dévots rendent aux gourous des sectes [28].

J’ai moi-même été pendant plus de dix ans membre d’une École freudo-lacanienne (l’École belge de psychanalyse) et j’ai passé des centaines d’heures à déchiffrer, avec mes coreligionnaires, des textes lacaniens [29]. Un événement a fait basculer ma croyance dans la "profondeur" du discours lacanien à une interrogation sur sa dose de charlatanisme. Quelques analystes de notre École avaient passé deux soirées à analyser ces deux phrases par lesquelles Lacan avait conclut une interview à la TV : « L'interprétation doit être preste pour satisfaire à l'entreprêt. De ce qui perdure de perte pure à ce qui ne parie que du père au pire » [30]. La première phrase était problématique : Freud avait mis en garde contre l’empressement à donner des interprétations au patient [31] et « entreprêt » ne figurait pas dans Le Robert. La deuxième phrase était ô combien plus problématique. Comme des croyants devant un texte sacré sibyllin, les analystes n’avaient pas envisagé l’hypothèse que l’énoncé pourrait être faux ou être de la poésie surréaliste. Le mystagogue de l’Inconscient lacanien [32] avait averti en début d’interview : « Je parle à ceux qui s’y connaissent, aux non-idiots, à des analystes supposés ». Il fallait déchiffrer sa Parole. Les interprétations étant divergentes, celui qui avait le privilège de faire son analyse chez Lacan en personne fut chargé de demander ce qu’il en était in fine. La réponse : dans le film réalisé par Sophie Robert avec quatre déconvertis de la psychanalyse, vers la 31e minute: http://www.dailymotion.com/video/x37mnmz

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    Interview de Lacan à la télévision

                 (1974)

 

 

 Je venais de lire l’analyse par Erwin Goffman des procédés de mystification du public. Cette phrase en particulier m’éclaira : "Comme le montrent d'innombrables contes populaires et d'innombrables rites d'initiation, le véritable secret caché derrière le mystère, c'est souvent qu'en réalité il n'y a pas de mystère; le vrai problème, c'est d'empêcher le public de le savoir aussi" [33].

Les aveux de Lacan in fine

Environ cinq ans avant sa mort, Lacan s’est mis à démystifier sa propre pratique. Le 26 février 1977, il déclarait : "Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c'est quand même ce qu'on appelle d'habitude du chiqué. […] Du point de vue éthique, c'est intenable, notre profession ; c'est bien d'ailleurs pour ça que j'en suis malade, parce que j'ai un surmoi comme tout le monde. […] Il s'agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique. Je crois qu'il a raté son coup. C'est comme moi. Dans très peu de temps, tout le monde s'en foutra de la psychanalyse" [34].

En novembre, à l’occasion de l’ouverture, au Département de Psychanalyse de l'Université de Paris VIII, d’une section offrant un « Diplôme de clinique psychanalytique » après deux années de cours à raison de six heures hebdomadaires (sans obligation d'analyse didactique), Lacan s’est clairement exprimé sur la facilité de la pratique analytique : « Qu'est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n'est pas compliqué. Elle a une base — C'est ce qu'on dit dans une psychanalyse. En principe, on se propose de dire n'importe quoi, mais pas de n'importe où — de ce que j'appellerai pour ce soir le dire-vent analytique... On peut aussi se vanter, se vanter de la liberté d'association, ainsi nommée... Évidemment, je ne suis pas chaud-chaud pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait où on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activités humaines, participe incontestablement de l'abus. On fait comme si on savait quelque chose » [35].

L’année suivante : « La psychanalyse n'est pas une science. Elle n'a pas son statut de science, elle ne peut que l'attendre, l'espérer. C'est un délire — un délire dont on attend qu'il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n'y a pas de progrès, et ce qu'on attend ce n'est pas forcément ce qu'on recueille. C'est un délire scientifique » [36].

En 1979, il qualifiait la psychanalyse de « pratique de bavardage » et le psychanalyste de « rhéteur » (c’est-à-dire « orateur, écrivain sacrifiant à l’art du discours la vérité ou la sincérité » [Le Nouveau Petit Robert, 1993, p. 1981]) :

« La psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ce ne soit pas une science. Comme l'a montré abondamment un nommé Karl Popper, ce n'est pas une science du tout, parce que c'est irréfutable. C'est une pratique, une pratique qui durera ce qu'elle durera. C'est une pratique de bavardage. […] Le psychanalyste est un rhéteur. […] Ce que j'ai appelé le rhéteur qu'il y a dans l'analyste n'opère que par suggestion. Il suggère, c'est le propre du rhéteur, il n'impose d'aucune façon quelque chose qui aurait consistance. […] Ce qui fait le vrai et ce qui fait le faux, c'est ce qu'on appelle le pouvoir de l'analyste, et c'est en cela que je dis qu'il est rhéteur » [37].

L’année suivante, le 5 janvier, Lacan a dissout son École au motif de ne pas tomber dans le piège où s’était fourvoyé Freud : « On sait ce qu'il en a coûté, que Freud ait permis que le groupe psychanalytique l'emporte sur le discours, devienne Église ». Les analystes qui voulaient rester dans sans École devaient faire acte de candidature, Lacan se réservant de faire le tri compte tenu des « déviations et
compromissions » que son École avait nourries [38].

Pour Lacan, la Messe était dite. Pour ceux qui continueront, dans des dizaines de chapelles rivales, à se réclamer de lui, sa logomachie occultiste servira encore à dissimuler, aux yeux du public, la facilité du job d’analyste et à s’occuper sans fin des interprétations et réinterprétations de ce que pourrait signifier « quelque part » ses jeux de Signifiants.

 

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  Les jeux de mots:

 "cela me paraît la clé de la psychanalyse" (Lacan)

 La une de Libération annonçant la mort du gourou

  (9 septembre 1981)

 

 

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Toutes les citations de Freud sont extraites des Œuvres complètes, traduites aux PUF. Le 1er nombre indique le tome, le 2e la page.

[1] “L'hérédité et l'étiologie des névroses” (1896) III 117.

[2] Pour des détails sur cette contradiction, révélatrice du manque de rigueur de Freud, voir : J. Van Rillaer : “Le freudisme : un conte scientifique”. En ligne : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2347

[3] L’interprétation des rêves (1900) IV 96.

[4] “La méthode psychanalytique de Freud” (1904) VI 7.

[5] Fragment d’une analyse d’hystérie (1905) V 167 ; VI 190s.

[6] Ibidem, V 281 ; VI 295s.

[7] “Conseils au médecin dans le traitement psychanalytique”. XI: 145s.

[8] “Sur l’engagement du traitement” (1913) XII 174.

[9] “La disposition à la névrose de contrainte” (1913) XII 88.

[10] “Autoprésentation” (1925) XVII, p. 88.

[11] Journal de mon analyse avec Freud. Trad. PUF, 1973, p. 26.

[12] Fragment d’une analyse d’hystérie (1905) VI 253.

[13] Nouvelle suite de leçons d'introduction à la psychanalyse (1933) XIX 105.

[14] Freud écrit dans son carnet de notes découvert après sa mort : « Ceci est ma trouvaille et il ne sait pas l'apprécier ». Dans le texte destiné aux lecteurs, il affirme que le patient a lui-même découvert cette signification ! Pour les citations et les références, voir J. Van Rillaer, Les illusions de la psychanalyse. Mardaga, 1981 (4e éd., 1996), p. 132s.

[15] Le Triomphe de la religion. Seuil, 2005, p. 96.

[16] Leçons d’introduction à la psychanalyse (1917) XIV 460.

[17]Sur Popper et la problématique de l’immunité de la psychanalyse, voir : https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/180217/karl-popper-un-celebre-deconverti-de-la-psychanalyse

[18] Les enfants de la psychanalyse. Paris : Mon Petit Éditeur, 2012, p. 99s. Compte rendu de l’ouvrage : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1976

[19] Au début du XXe siècle, Moll était le spécialiste de la sexologie le plus connu de toute l’Europe. Son ouvrage Libido Sexualis (850 pages) publié à Berlin en 1897 a été lu par Freud. Pour des détails : Sulloway, F. (1981) Freud, biologiste de l'esprit. Trad., Fayard, 285-290.

[20] A la découverte de l'inconscient. Histoire de la psychiatrie dynamique. Éd. Simep, 1974, p. 680.

[21] La vie et l'œuvre de Sigmund Freud. Vol. III. Trad., PUF, 1969, p. 53.

[22] Mon analyse avec Freud. Trad., Belfond, 1978, p. 116s.

[23] Jacques Lacan, 5 rue de Lille. Seuil, 1990, p. 151.

[24] Trad., PUF, 1958, p. 52.

[25] Pour savoir comment Lacan analysait : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1553

[26] Pour des détails sur le véritable motif (généralement occulté) de la création de l’École lacanienne : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1825

[27] “La science et la vérité” (1965). Rééd. in Écrits, 1966, p. 877.

[28] Cette dénonciation a été faite par des élèves de Lacan : Roustang, Perrier, Récanati et alii. A titre d’exemple, celui qui fut un temps le principal représentant du lacanisme à New York : https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/210217/un-deconverti-du-lacanisme-stuart-schneiderman

[29] J’ai été l’assistant du Prof. Jacques Schotte, qui présenta son ami Lacan lors de sa conférence à l’université de Louvain en 1972. On le voit sur la vidéo à la minute 1 : https://www.youtube.com/watch?v=-HBnLAK4_Cc

[30] Télévision. Seuil, 1973, p. 72. Réédité in Autres écrits. Seuil, 2001, p. 545. Pour écouter ces phrases : http://www.youtube.com/watch?v=GbSfb8OQ-NE

[31] Freud a écrit qu’il ne faut communiquer des interprétations que « lorsque, par une préparation, le malade est arrivé lui-même à proximité de ce qu'il a refoulé » et « s'est attaché (transfert) au médecin de telle sorte que les sentiments à son égard
rendent une fuite rapide impossible » (“Ueber ‘Wilde’ Psychoanalyse”, 1910, G.W., VIII, p. 123s).

[32] L’inconscient lacanien n’est pas celui de Freud. Lacan déclare que «Freud n’avait que peu d’idées de ce que c’était que l’inconscient, mais il me semble qu’à le lire, on peut déduire qu’il pensait que c’était des effets de signifiant. Freud n'avait rien de transcendant, c'était un petit médecin qui faisait ce qu'il pouvait pour ce qu'on appelle guérir, qui ne va pas loin» (“L’insu que sait de l’une-bévue, s’aile a mourre” [sic], Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 5).

[33] La mise en scène de la vie quotidienne. Trad., Minuit, 1973, vol. 1, p. 71.

[34] Le texte n’a été publié que 4 ans plus tard : “Propos sur l’hystérie”. Quarto [Supplément belge à La lettre mensuelle de l’École de la cause freudienne], 1981, n° 2. Réédité en partie dans Le Nouvel Observateur, sept. 1981, n° 880, p. 88).

[35] “Ouverture de la section clinique”. Ornicar ?, Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9 : 7.

[36] “L'insu que sait de l'une-bévue s'aile a mourre”, Op. cit., p. 9.

[37] “Une pratique de bavardage”. Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1979, 19 : 5s.

[38] “Lettre de dissolution”. Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1980, n° 20-21 : 10.

Deux sites pour d’autres publications de J. Van Rillaer sur la psychologie, la psychopathologie, l'épistémologie, les psychothérapies, les psychanalyses, etc.

1) Site de l'Association Française pour l'Information Scientifique:  www.pseudo-sciences.org

2) Site de l'université de Louvain-la-Neuve

1° Taper dans Google : Moodle + Rillaer + EDPH

2° Cliquer sur : EDPH – Apprentissage et modification du comportement

A la page suivante, cliquer “Oui” à : "Règlement"

16 juin 2017

Exposition à Noisy le Grand organisée par l'association Les IdéOtistes

16 juin 2017

Quand on nie l'autisme de Juliette...

article publié dans le Huffingtonpost.ca

Marie Josée Cordeau Headshot
Publication: 16/06/2017 10:31 EDT Mis à jour: 16/06/2017 10:31 EDT

Juliette possède un cœur grand comme la terre entière avec la lune qui gravite fidèlement tout autour, une moelleuse sensibilité et un diagnostic d'autisme en poche. Sur la rue, au détour d'un fourmillant carrefour, tapi dans sa minuscule voiture, ou au supermarché devant les fromages à pâte molle ou les œufs frais, vous ne la connaissez pas. Elle est vous, elle est moi, elle ressemble physiquement en tout point à ses semblables humains. Mais intérieurement, elle vit sa différence, parfois avec joie, parfois avec tristesse. Jamais avec facilité.

Diagnostiquée par une psychologue réputée, son diagnostic a tout de légitime et de légal. Il est son passeport qui devrait lui ouvrir des portes obstinément closes par sa différence innée, sa carte fidélité à un groupe marginal auquel elle s'identifie sans le moindre doute et sa bouée de sauvetage. Pourtant, les non-autistes autour d'elle ne saisissent pas cette volonté de maintenir à l'avant et d'afficher sans crainte sa singularité, de s'y accrocher avec autant de ferveur et à refuser qu'on lui dérobe. Il faut dire que Juliette a traversé une vie particulièrement mouvementée, pimentée de remises en question, d'obstacles continuels, de rejet et d'incompréhension répétés en boucle. Mais Juliette demeure droite, malgré l'anxiété qui étreint sa gorge chaque demi-seconde de sa vie.

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Ce diagnostic, on le nie, on en ignore la teneur, on le bouscule de la paume de la main comme un chiot gênant qu'on écarte avec dédain de son chemin. Il faut avoir marché dans les sandales plates de Juliette ou logé dans ses escarpins vertigineux pour bien saisir l'importance cruciale qu'elle accorde à son diagnostic. Car ce dernier lui a donné la clé de sa vie, il lui a soufflé à l'oreille les réponses à ses crises existentielles et lui a même permis de faire la paix avec ses faiblesses inévitables et ses erreurs relationnelles. Son diagnostic n'est pas celui d'une maladie fatale, mais celui d'un individu différent de la masse qui doit apprendre à vivre avec le meilleur et le moins bon de lui-même. Son diagnostic lui a ouvert les yeux, créé de l'espoir d'un avenir plus prometteur, à la mesure de sa force.

Malgré tout, dernièrement, Juliette a cru toucher le fond du gouffre. Mais c'est mal connaître sa capacité à se redresser obstinément après chaque chute, à se relever à tout coup pareillement aux zombies des films d'épouvante qu'on martèle sans arrêt et qui se remettent sur pied à l'infini. Juliette vit une injustice profonde. Et l'injustice, verrue plantaire de bien des personnes autistes comme elle, c'est presque un arrêt de mort. L'employeur de Juliette refuse de reconnaître son diagnostic. C'est d'autant plus troublant que la discrimination se fait dans un milieu qui se voudrait humain : santé, éducation ou communautaire.

Si je vous parle d'elle si bien, c'est que j'ai été sa principale confidente durant des mois, l'accompagnatrice de ses soirées de larmes et de longues crises d'angoisse dont on n'entrevoit pas la finalité. C'est écouter la douleur d'une personne non entendue à qui on demande d'être patiente alors qu'elle sent que sa vie lui glisse entre les doigts. Je l'ai vue hurler et se recroqueviller de douleur comme si on lui arrachait un rein de sang-froid. Ou comme une mère qui se fait confisquer brusquement son nouveau-né.

Là où des amis autistes de Juliette ont vu leurs besoins différents reconnus par leurs milieux de travail avec le même diagnostic conclu par la même professionnelle qu'elle, Juliette observe des murs de béton se monter devant elle. De la sensibilisation dans son milieu de travail, elle n'a pas droit, bien que la loi lui permette. Ses nouveaux collègues ne connaissent pas ses particularités et ne peuvent communiquer avec elle en adéquation avec sa manière d'être intrinsèque. Alors elle s'adapte et s'épuise. Elle refoule sa vraie nature et doit se fondre dans une masse de gens qui ne lui ressemblent pas. Des accommodements à ses hypersensibilités sensorielles, il faut oublier. Elle doit endurer des surcharges de bruit qui la vident de toute son énergie et lui sapent ses fins de journée. Alors ensuite elle s'écrase sur son lit, tremblante d'épuisement. Elle se demande parfois si elle arrivera à surmonter, à survivre jusqu'à la semaine suivante, ou si elle va tomber raide morte, exténuée.

Quand on nie l'autisme de Juliette, c'est comme si on se bouchait les oreilles quand elle parle. On la juge capricieuse, on l'appelle dans son dos « la petite princesse », juste parce qu'on ne daigne pas reconnaître qui elle est en dehors des standards habituels. On ne voit pas la nuance pourtant flagrante entre « ce qu'elle ne veut pas faire et ce qu'elle ne peut pas faire ». Elle a comme chacun simplement ses points forts et ses points faibles. Elle ne dispose juste pas de la même palette de couleurs que la majorité environnante. On lui confie gratuitement des intentions fausses, car elle est souvent directe et sans détour. On l'incrimine de sauvagerie, car elle n'aime pas la socialisation implicitement obligatoire des pauses de l'après-midi ou des dîners entre collègues lorsqu'il y a trop de gens. On se ligue contre elle, même en sachant qu'elle est autiste, par ignorance et par dédain d'aller comprendre qui elle est vraiment.

Ce n'est pas parce qu'on ne voit pas son autisme d'un simple coup d'œil profane qu'il disparaît comme le dernier biscuit aux pépites de chocolat restant dans la boîte, pris au piège d'une main gourmande. Le fait de ne pas le voir ne signifie pas qu'il n'existe pas. Elle se sent tout de même étrangère dans ce monde qui ne lui ressemble aucunement. Pourtant, elle est sensible et heureuse face aux petits détails agréables de la vie, tout autant qu'elle se sent démunie parfois devant des éléments simples du quotidien que chacun pratique aisément sur le mode automatique. Pour elle, faire ses courses, c'est un parcours du combattant. Appeler pour se plaindre du mauvais service de son fournisseur internet est plus périlleux que de monter l'Everest sur les genoux. Socialiser, voir des gens, c'est une course à relais.

Il n'y a pas d'autisme plus facile, car il est dit léger médicalement parlant. Sachant que les autistes de haut niveau et les Asperger ont un taux de suicide 9 fois plus élevé que dans la population en général, Juliette m'a dit penser souvent à la mort. À sa mort. Se lever le matin, affronter la vie avec les mêmes exigences que celles de tout le monde sans avoir le mode d'emploi de ses contemporains, sans pouvoir se prémunir des imprévus qui la guettent à chaque tournant, Juliette vit quotidiennement avec la peur aux tripes.

Juliette attendra patiemment que l'on comprenne qui elle est, malgré la frustration continuelle qu'elle vit à devoir taire une différence qui ne la dérange pas personnellement.

Demain matin, elle ira travailler. Comme à chaque jour. Juliette attendra patiemment que l'on comprenne qui elle est, malgré la frustration continuelle qu'elle vit à devoir taire une différence qui ne la dérange pas personnellement. Elle cohabite en sa compagnie depuis sa plus délicate enfance et elle ne connaît rien d'autre. Seule, elle ne souffre pas. C'est ce refus de la regarder comme elle est réellement, de l'accompagner dans ses attributs et d'écouter ses besoins qui lui nuisent. Elle est comme une personne non voyante dont on nierait la cécité tout en laissant traîner continuellement des obstacles tout le long de son chemin pour la laisser trébucher. Elle a besoin qu'on l'accompagne sur la route, besoin d'un avant-bras solide pour se stabiliser et d'une bienveillance compréhensive.

On peut voir dans la détresse de Juliette toute la pression mise fortement sur les adultes dits de haut niveau et fonctionnels de qui on attend les mêmes actions et réactions que celles des personnes non autistes. Elle vit dans un monde non paramétré pour elle et son invisibilité fait qu'elle est sans arrêt jugée avec le même regard qu'on porterait automatiquement sur une personne typique. Juliette est alors systématiquement perdante dans de trop nombreuses situations. Elle est semblable à un voyageur qui devrait traverser l'Atlantique à la nage, sans paquebot, sans voilier, sans transporteur aérien.

Mais Juliette n'a pas dit son dernier mot. Je suis avec elle, à ses côtés et je veille sur son bien-être à tout instant. Car Juliette, c'est peut-être votre sœur solitaire, votre enfant autiste ou votre meilleur ami par moments un peu insolite à vos yeux. Alors, ne fermez pas la porte à toutes les Juliette de la terre, ouvrez votre cœur aux gens différents, accueillez-les dans leurs spécificités exceptionnelles sans vous bander volontairement les yeux. C'est ainsi que vous permettrez à Juliette de prendre son envol ou de remonter dignement sur les rails de sa vie.

Découvrez d'autres textes de Marie Josée Cordeau en visitant son blogue 52 semaines avec une autiste asperger.

16 juin 2017

Montauban : une mère porte plainte contre une enseignante qui a giflé son fils handicapé

article publié dans Le Parisien

Victor Fortunato (@vfortunato1)|16 juin 2017, 7h06|7

Illustration. L'enfant de 8 ans, sourd et hyperactif, a reçu une gifle de sa maîtresse après qu'il a écrit sur une table.

AFP
Victor Fortunato (@vfortunato1)

Visée par une plainte de la mère d'un garçon de 8 ans, reconnu handicapé, une enseignante d'une école primaire de Montauban va être entendue par le directeur académique.

Une mère a déposé une plainte, mercredi, au commissariat de police de Montauban (Tarn-et-Garonne), contre une enseignante de CE2 qui avait giflé son fils de 8 ans. Cette plainte vise la qualification de «violences sur mineur par personne ayant autorité», indique le journal La dépêche du Midi.

Selon le quotidien régional, les faits se sont produits mardi. Kelyan a reçu une gifle de sa maîtresse après qu'il a écrit sur une table de la salle de classe. Le petit garçon, sourd et hyperactif, est reconnu par la Maison départementale des personnes handicapées et il bénéficie d'une assistante de vie scolaire à mi-temps.

Des faits «avérés» selon le directeur académique

«C'est un des copains de mon fils qui a informé mon mari quand il est venu le chercher à l'école», explique Vanessa, la mère de Kelyan. L'enfant a aussitôt été examiné aux urgences et un médecin a constaté la trace de coup sur sa joue, avant de délivrer un certificat de constatation de blessures. 

«Les faits sont avérés et ne sont pas acceptables. Je comprends la réaction de la famille qui a déposé plainte», a reconnu François-Xavier Pestel, directeur académique de l'Education nationale. Le responsable de l'académie ajoute : «Nous allons recevoir la famille et entendre l'enseignante afin de bien comprendre ce qu'il s'est passé avant de décider quoi que ce soit vis-à-vis de ce professeur des écoles».

Les dates des auditions n'ont pas été communiquées.

  Leparisien.fr avec AFP

16 juin 2017

J’ai 32 ans et je fais encore des crises

article publié dans Maman pour la vie - Le blogue d'une maman autiste

15 juin 2017

Ces crises ou ces accès de colère sont en fait des effondrements autistiques. Ces effondrements sont présents tant chez les enfants que les adultes autistes. Eh oui, je suis une adulte et il m’arrive encore de faire des crises!

Souvent, le tout est déclenché par un élément très banal et mineur comme la faim, la soif, la fatigue, un mal de tête, ne pas trouver mes clés, l’ordinateur qui fonctionne au ralenti, un imprévu, une tâche ardue, l’injustice sous toute forme, le fait de ne pas être comprise et d’avoir à me répéter, faire le ménage et ne pas savoir par où commencer, faire l’épicerie un samedi quand il y a foule, aller chez le dentiste ou le coiffeur, un chien qui aboie et qui me fait sursauter, une confusion, un contact physique inattendu, etc.

Je me retrouve rapidement en surcharge sensorielle et à partir de cet instant, je me sens submergée par un sentiment d’impuissance. Je perds le contrôle de mes paroles et de mes mouvements. La colère semble prendre toute la place de manière démesurée avec l’élément déclencheur. Il n’y a aucun gradateur. L’interrupteur colère est ouvert à puissance maximale.

Prête à exploser

À l’intérieur, une tension extrême me pèse et survient le point de rupture. J’ai la tête qui tourne. Les pensées dans mon cerveau éclatent en petits fragments. J’ai mal au crâne. C’est comme si on venait de donner un coup de massue dans un miroir et qu’il se fractionnait en mille miettes. C’est affolant. L’envie de crier, de hurler, de me cogner la tête sur les murs est plus forte que tout. Il m’est impossible de réfléchir. Je n’ai plus accès à mon disque dur. C’est le flou total. J’ai de la difficulté à respirer. Je ressens une forte pression dans ma poitrine. C’est le chaos interne et je me sens comme une bombe à retardement prête à exploser.

C’est ainsi que sans avertissement préalable, le ton grimpe pouvant aller jusqu’aux cris. Des paroles méprisantes, blessantes et sarcastiques, sans but ni logique peuvent être dites. Ce ne sont que des mots dits sans intention de méchanceté. Comme si ces paroles déplacées se voulaient être un moyen d’extérioriser les mauvaises émotions. Des objets peuvent parfois être lancés sur les murs. On assiste à un déferlement de frustrations et de stimuli accumulés et emmagasinés dans une bouilloire maintenue par une soupape à pression depuis un trop long moment.

Calme et consciente

Une fois la tempête terminée, le calme et la paix interne s’installent. Parfois, j’oublie sitôt tout ce qui vient de se passer. La sérénité et la bonne humeur sont de retour. Parfois, je me sens comme un monstre et honteuse, je voudrais disparaître dans le plancher. Je suis pleinement consciente que mes paroles et gestes étaient totalement hors contexte, désordonnés et exagérés par rapport à l’élément déclencheur en soi.

Les effondrements autistiques ne sont pas liés à des troubles de comportements, à des troubles d’humeur, ni à un déséquilibre chimique. D’un point de vu neurologique, il existe des différences significatives entre le cerveau d’une personne non autiste et le cerveau d’une personne autiste. Les émotions des autistes sont donc souvent vécues à état brute et sans filtre.

Au-delà de l’émotion de colère qui semble envahir la personne autiste, il y a de fortes émotions de peur et de tristesse d’où émergent des sentiments de panique et d’impuissance. Ces émotions incommensurables habitent la personne autiste dans tout son corps et elle ne fait que se débattre dans un environnement souvent non adapté à sa neurologie distincte.

Comment faire?

Il est possible d’apprendre à canaliser et à mieux gérer l’expression de nos émotions envahissantes en évitant préalablement les situations qui nous mettent en surcharges sensorielles et qui risquent inévitablement de nous mener vers l’effondrement autistique. On peut, par exemple, accompagner tôt de manière bienveillante les jeunes enfants lors de crise, mettre des mots sur les émotions, dresser la liste des éléments déclencheurs, éviter les surcharges sensorielles, être à l’écoute de soi et respecter ses limites sociales.

Nous pouvons apprendre à apprivoiser ces émotions sans se sentir submergé et effrayé; ainsi, au fil des années, nous pouvons traverser la tempête en toute confiance et en pleine possession de nos moyens.

Le blogue d’une maman autiste

Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.

16 juin 2017

Le centre pour autistes de Vouneuil-sur-Biard pleinement reconnu

14/06/2017 05:38
Les responsables du CAAT de l'équipement avec leurs invités. - Les responsables du CAAT de l'équipement avec leurs invités. 
Les responsables du CAAT de l'équipement avec leurs invités.

Le Centre pour adultes avec autisme de Vouneuil-sur-Biard bénéfice d’une “totale reconnaissance” de son travail de la part de l’agence régionale de santé.

Le Centre pour adultes avec autisme (CAAP) a ouvert en 2015 dans le quartier d'Actiparc à Vouneuil-sous-Biard. Il y a tout juste douze ans. Les difficultés n'ont pas manqué pour monter cette structure puis pour obtenir sa pleine reconnaissance. Un nouveau pas a été franchi vendredi à l'occasion de la fête organisée traditionnellement en juin pour marquer l'anniversaire du centre. Claude Guillard, la directrice de la délégation de l'ARS (Agence régionale de santé) dans la Vienne, a salué « l'expertise et la qualité du travail du centre dans la prise en charge de l'autisme. L'établissement est totalement inséré dans le plan national de l'autisme. »

" Changer notre regard à l'autre "

Et de poursuivre : « Nous apprécions et soutenons les innovations qui sont lancées. Le projet d'accompagnement d'autistes accueillis dans d'autres établissements. Le fonctionnement du conseil de vie social. Et l'inclusion des autistes dans la vie ordinaire, en particulier à l'occasion de la participation au festival des Accessifs. »
Il y a quelques années, les responsables du CAAP avaient dû batailler pour que l'Agence régionale de santé porte un autre regard sur les méthodes éducatives qu'ils développent, et tourne la page à une vision qui considère les autistes comme des personnes relevant de la psychiatrie. Autour de Laurent Petit, le directeur, 40 professionnels travaillent auprès de vingt-quatre autistes, développant des méthodes éducatives qui mettent l'accent sur l'écoute de chaque personne et sur une attention aux familles que celles-ci ne manquent jamais de rappeler.
Précisément, Anne de Durand, la présidente de vie sociale, a dit vendredi combien l'articulation entre résidents, familles et professionnels est « essentielle ». « Cela permet de croiser les points de vue au-delà du seul face à face entre familles isolées et professionnels. Nous prenons le temps de découvrir la richesse du travail de chacun. » Elle soulignait aussi « la rigueur dans la préparation et la concrétisation des projets » : activités familiales réunissant entre trois ou cinq résidents, sorties annuelles à l'échelle de chaque maison (le CAAP en compte quatre qui accueillent chacune six autistes) : randonnées, visite de La Rochelle, plantation de mûriers, confection de confitures…
La présidente d'Autisme France, Danièle Langlois, venue spécialement, annonçait la participation de son association au quatrième plan national sur l'autisme. Liliane Fayolle, adjointe au maire de Vouneuil, soulignait la visite du centre organisée à l'intension des enfants de l'école Jacques-Yves Cousteau : « L'occasion de changer notre regard sur l'autre, sur la différence. »

Jean-Jacques Boissonneau
15 juin 2017

Thomas, c’est Thomas

article publié dans ici.radio-canada.ca

La rencontre d'un joueur de ligne au football avec un jeune garçon autiste

Par Luc Brodeur-Jourdain, centre des Alouettes de Montréal

Jusque-là, jamais je n’avais côtoyé ni été en contact avec quiconque atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

Puis, Thomas est entré dans ma vie.

Je connaissais sa mère, Marie-Élaine, depuis le deuxième secondaire. La vie a fait que nous nous sommes recroisés. C’était il y a six ans.

Dès nos premières sorties, elle m’a parlé de son fils autiste, de sa situation particulière, de ce qu’elle vivait. Et dès qu’on a senti que notre relation risquait fort d’évoluer vers la formation d’un couple, elle a été limpide : « Moi, je viens en paquet de deux. »

La deuxième partie du deal, c’était Thomas.

On a commencé à faire des activités à trois, comme des pique-niques, des choses comme ça. Je n’avais jamais eu d’enfant, je n’avais donc aucun point de repère. À mes yeux, Thomas semblait un enfant tout à fait normal.

Je remarquais des retards dans certaines sphères d’apprentissage. Je me disais toutefois, qu’en général, le petit gars fonctionnait bien. Mais rapidement, j’ai constaté sa différence.

Je me souviens de la première nuit que j’ai passée chez Marie-Élaine. Thomas avait été très difficile à mettre au lit. Il se relevait toutes les 10 minutes, un comportement qu’on peut habituellement voir chez les enfants de 2 ans. Il en avait presque 5 et Marie-Élaine me disait que c’était comme ça depuis qu’il savait marcher.

J’ai aussi appris qu’il devait suivre une certaine routine sensorielle chaque soir avant le coucher. Par exemple, on devait frotter l’intérieur de ses mains 10 fois avec une brosse pour aller chercher une certaine sensibilité chez lui.

Il n’était pas encore propre, ni de jour ni de nuit.

Dans nos activités en famille, tout me semblait assez normal, mais je notais surtout des difficultés aux plans de l’élocution et de la communication des idées. Je pouvais demander à Thomas s’il allait bien et il me répondait : « La grue à Guy », en référence à la grue du voisin, qui était grutier.

Il n’y avait aucun rapport entre la question et la réponse : Thomas ne te parlait que de ce qui l’intéressait.

Comme je n’avais jamais côtoyé d’enfant, mon seul point de référence, c’était moi-même. Je savais bien qu’à la maternelle, je ne portais plus de couche. Que j’étais déjà autonome dans plusieurs domaines. Je n’étais pas capable de cuisiner mes propres repas, mais je pouvais manger seul et manipuler sans danger mes ustensiles. J’étais capable de communiquer une idée, de suivre une conversation.

Je constatais que ce n’était pas le cas pour Thomas.

Thomas était complètement différent de ce que j’étais à son âge. De ce que tout enfant conventionnel est à son âge. Mais vous savez quoi? Entre nous, ça a cliqué. Ça a juste cliqué. Des deux bords. Et ça s’est fait dès le début.

Ce lien affectif s’est créé initialement grâce au jeu. On a joué très souvent ensemble. J’ai tout de suite fait beaucoup d’activités avec lui et c’est encore le cas.

Au début de l’été, par exemple, je sais qu’en arrivant de l’école, il va vouloir qu’on coupe le gazon ensemble. Parce qu’une tondeuse a un moteur, et qu’il adore tout ce qui a un moteur, la machinerie, tout ce qui fait du bruit.

Marie-Élaine et moi recevons souvent à la maison des gens du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) de la région de Saint-Hyacinthe. On essaie ensemble d’établir des stratégies, pas juste pour nous adapter à Thomas, mais aussi pour favoriser son adaptation aux obligations et aux conventions sociales.

C’est surtout ça, le défi : Thomas montre des résistances aux changements draconiens, aux obligations et à la routine, comme se lever le matin.

Quand j’étais enfant, parfois, je n’avais pas l’envie de me lever. Mais je savais que je devais quand même être prêt pour prendre l’autobus à 7 h 30 ou 8 h. Même enfant, on connaît nos obligations.

Dans le cas d’un enfant ayant un trouble du spectre de l’autisme, tout changement momentané peut apporter une résistance, une crise qui mène à une totale perte de contrôle. Ça peut simplement partir du fait que ses toasts ont été coupées en losanges plutôt qu’en carrés, comme elles le sont habituellement.

Il y a donc des gens qui viennent chez nous de temps en temps pour vivre notre routine matinale et essayer de déterminer des endroits, des moments, où l’on pourra favoriser des attitudes positives.

Nous avons besoin d’aide, et ces gens-là nous aident, justement.

On dit souvent qu’en naissant, un enfant ne vient pas avec un guide qui indique comment l’élever. Eh bien! les guides expliquant comment élever un enfant atteint d’autisme sont encore plus rares.

(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Pourquoi suis-je devenu proche du petit bonhomme? Simplement parce que Thomas est un enfant tellement, tellement attachant. Tout le monde se souvient de Thomas. Vraiment tout le monde, peu importe où l’on va.

Dès que nous nous sommes installés ici, dans notre maison en campagne, il est immédiatement devenu le petit préféré de la chauffeuse d’autobus.

On a tissé des relations privilégiées avec plein de gens grâce à Thomas. Les gens l’aiment juste parce qu’il est ce qu’il est. Je ne pourrais le décrire autrement.

Je fais plein d’activités avec lui. N’importe quoi. Je ne me suis jamais senti limité en ce sens, pour quoi que ce soit. C’est sûr que je dois rester conscient de ses limites, des fois ça va peut-être un peu trop vite pour lui, mais on a du plaisir.

Thomas est capable de tout. C’est juste qu’il faut lui en donner le temps.

Avec les années, on a établi nos rituels. On a fait de la lutte, je pense, à partir du jour 1, sur un lit. Juste de la bataille, du chamaillage. On va à la piscine. On va au parc Les Salines à Saint-Hyacinthe. Je lui ai appris à patiner le deuxième hiver. Maintenant, on vit sur le bord de la rivière, alors l’hiver, on fait de la pêche sur la glace.

Juste dernièrement, il a eu une console Nintendo à Noël. Je me suis donc remis à jouer au Nintendo avec lui. On joue ensemble à Contra, un jeu qui avait sombré dans l’oubli. Ça me permet de revivre une époque que je croyais révolue, et ça fait juste mon bonheur.

Au fil des ans, nous avons aussi bâti des souvenirs ensemble. Des bons, de moins bons. Certains qui me font encore rire aujourd’hui, dont un bien particulier.

Cet été-là, Marie-Élaine et moi ne vivions pas encore ensemble. Elle était venue chez moi avec Thomas et j’avais pensé lui mettre sur l’écran de la télé une vidéo YouTube de feux d’artifice. Quand il a vu les explosions de lumière et entendu les sons, il a capoté. Il en avait déjà vu auparavant et il entretenait une relation amour-haine avec les feux. Ils le fascinaient, mais en même temps, il en avait peur.

Je me suis dit que ce serait une bonne idée d’aller voir des feux en vrai. Nous sommes donc partis de Saint-Hyacinthe pour aller assister aux feux Loto-Québec à Montréal.

En arrivant près du pont Jacques-Cartier, je m’aperçois que toutes les sorties de la route 132 sont bloquées, justement en raison des feux. Je décide donc d’aller prendre le pont Victoria pour aller regarder les feux à partir de l’île de Montréal. Mais une fois rendu, c’est bloqué là aussi. Nous sommes pris dans un bouchon de circulation monstre. Nous entendons les feux, mais nous ne les voyons pas.

Pendant tout ce temps, Thomas répétait le même mot : « Feux! Feux! »

Nous sommes partis de Saint-Hyacinthe à 18 h 30 et sommes rentrés à 1 h 30 du matin. Thomas a répété « Feux! Feux! » sans arrêt. La pire journée de ma vie!

Si vous vous posez la question, non, je ne me suis jamais arrêté pour me demander si je voulais vraiment ça, dans ma vie, un enfant autiste. Pour moi, ça a juste été un choix. Je suis comme ça, fondamentalement : je prends une décision et je vis avec.

Même si je sais que je ne suis pas le père biologique de Thomas ─ ce père est d’ailleurs toujours bien présent dans sa vie ─, je n’ai pas abordé la situation en me disant intérieurement que j’aurais toujours l’option de partir. Ce n’est pas du tout comme ça que je l’ai vu.

(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Je suis simplement entré dans une relation de couple sérieuse tout en étant conscient qu’il y a de très, très, très fortes chances que Thomas demeure avec nous le reste de nos jours.

Cela me va. Je n’y vois pas de côté négatif. Je suis simplement conscient, par exemple, que ça engendrera des coûts, comme ceux de convertir notre maison conventionnelle en résidence bigénérationnelle un de ces jours. Pour que Thomas puisse avoir son coin à lui s’il en ressent le besoin à 25, 30 ou 40 ans.

Je ne lui confierai pas un poêle à gaz, mais il pourra au moins avoir sa douche, son chez lui, ses affaires.

Quand tu deviens parent d’un enfant comme Thomas, tes responsabilités économiques deviennent bien différentes de celles de la plupart des gens. Pour Marie-Élaine et moi, par exemple, le concept de « faire des économies pour nos vieux jours » est totalement différent.

Nous savons déjà qu’à l’âge où nous prendrons notre retraite, nous aurons encore à notre charge un être humain majeur avec ses besoins. La planification prend alors d’autant plus d’importance. Ça vient changer ton modèle de vie.

Oui, Thomas a eu un impact sur ma vie de tous les jours, simplement parce que son arrivée a entraîné pour moi des responsabilités familiales, comme l’aurait fait n’importe quel enfant. Mais là où il a eu le plus gros impact, c’est sur ma façon de penser.

Être en contact avec un être humain en autonomie restreinte, quelqu’un qui n’est pas en mesure de s’occuper de lui-même, ça remet en question toute ta conception de la performance. Cette importance que nous accordons à l’idée de finir premier, d’être le meilleur.

Depuis notre union, Marie-Élaine et moi avons eu deux enfants : Noah, qui a 18 mois, et Adam, qui a 5 mois. Ils sont encore bien jeunes, mais je sais déjà en dedans de moi que je vais toujours mettre l’accent sur deux choses avec eux : es-tu heureux, et es-tu une bonne personne?

Luc Brodeur-Jourdain et sa conjointe Marie-Élaine avec Noah (gauche), Thomas (centre), Adam et leur chien Mira, Luc Brodeur-Jourdain et sa conjointe Marie-Élaine avec Noah (gauche), Thomas (centre), Adam et leur chien Mira,
(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Oui, ils auront peut-être envie eux aussi, comme moi, de pratiquer un sport d’élite. Mais s’ils embarquent là-dedans, la performance, l’envie d’être le meilleur, il faut qu’ils comprennent que ce n’est pas grave.

Qu’ils ont un frère qui peut le leur rappeler et leur faire comprendre que tout ça, humainement, n’est pas important.

Quand on regarde aller la société, on voit que les gens veulent réussir, franchir la prochaine étape à leur travail, sont carriéristes, veulent toujours monter.

Moi-même, je joue un sport d’élite, le football dans la Ligue canadienne. Je suis un athlète professionnel. C’est mon métier. Je veux encore performer, j’ai encore ce feu sacré là.

Mais une partie de moi comprend qu’au fond, ultimement, la vie, ce n’est aucunement ça.

Que la performance et la réussite, c’est socialement important. Pas humainement important.

Thomas fréquente une école spécialisée avec plein d’autres jeunes élèves atteints d’une déficience intellectuelle, d’autisme, de trisomie, etc. Il la fréquentera jusqu’à l’âge de 21 ans.

Quand j’y entre, je réalise deux choses. D’abord, que Marie-Élaine et moi ne sommes pas seuls. Aussi, qu’il y a autant de formes d’autisme qu’il y a d’autistes. Ils sont tous différents. Certains ont des caractéristiques similaires, mais leurs façons d’interagir sont différentes.

Nous bénéficions aussi d’un certain répit une fois par semaine grâce à du gardiennage spécialisé. Chaque samedi, de 10 h à 16 h, ils sont plusieurs dizaines à participer à des activités structurées, comme jouer aux quilles, chanter ou danser. Il y a autant des adultes que des enfants qui participent à ces activités.

J’y retrouve des collègues de classe de Thomas, mais aussi des gens de 55 ou de 70 ans qui ont une déficience intellectuelle ou qui sont autistes.

Ça permet à Thomas de s’amuser, et à nous de profiter d’un repos.

À la maison, nous avons aussi un chien Mira spécialement destiné aux personnes autistes. Un chien dressé, calme, prêt à vivre une vie de famille un peu particulière.

C’est le plus récent membre de notre famille.

Thomas, qui aura 11 ans dans quelques jours, c’est ma famille. C’est le grand frère de mes enfants. Tenez, mon petit d’un an et demi, Noah, copie déjà tout ce que fait son grand frère.

Je peux juste dire qu’il est comme mon enfant, même s’il ne l’est pas à part entière. C’est tout comme. Il m’apporte les plus grandes joies et les plus grandes peines.

C’est sûr qu’il exige beaucoup d’énergie de notre part. Ce sera encore plus exigeant pour Marie-Élaine puisque je suis présentement à Sherbrooke pour le camp d’entraînement des Alouettes. Elle doit donc s’occuper seule de la famille pendant une vingtaine de jours.

On n’oubliera jamais sa différence. On ne peut pas l’oublier. On fait avec. Je ne veux pas faire semblant que c’est facile, que Thomas est normal.

Thomas est Thomas. Et ça me va parfaitement comme ça.

Luc Brodeur-Jourdain (à gauche) Luc Brodeur-Jourdain (à gauche)
(Photo : Getty Images/ Minas Panagiotakis)

Photo en couverture : Radio-Canada/Alain Décarie

14 juin 2017

Mes chiens de montagne des Pyrénées aident deux enfants en situation de handicap

article publié dans le Nouvel Observateur
Publié le 13-06-2017 à 11h56 - Modifié à 18h23

LE PLUS. Boulanger en Ariège, Nicolas Colombiès adore ses deux chiens, Beille et Tomy. Des chiens de montagne des Pyrénées, dits "patous" qui ont attiré l'attention de deux frères de 11 et 12 ans respectivement diagnostiqués autiste non verbal et souffrant d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. Nicolas organise promenades, rencontres ou activités avec les enfants. Résultat : des progrès surprenants et une belle histoire.

Édité et parrainé par Jean-Frédéric Tronche

Mathéo avec Beille : une amitié, une révélation. (Nicolas Colombiès)

Je m’appelle Nicolas Colombiès, je travaille dans une boulangerie industrielle et vis seul avec ma maman qui est handicapée visuelle. J’ai 35 ans et ma passion pour mes chiens, des patous, m’a permis de rencontrer deux enfants, des frères, en situation de handicap. Mathéo, 11 ans, est autiste non verbal et Mathis, qui a un an de plus, souffre d’un trouble du déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH). C’est une belle histoire qui a commencé voilà une paire d’années.

J’adore Beille et Tomy, mes grands chiens de montagne des Pyrénées. Je les emmène partout avec moi : dans les Pyrénées, bien sûr, mais aussi récemment en Bretagne et bientôt en Suisse… Je fais beaucoup de photos d’eux que je poste régulièrement sur Facebook.

Premier contact

Un jour, j’ai été contacté par une femme qui regardait souvent mes photos avec ses deux fils. Il se trouve qu’il s’agissait de la maman des deux petits garçons handicapés qui regardait très souvent ces images avec eux. Elle s’est aperçue qu’elles suscitaient chez eux de l’intérêt et des réactions positives.

Il y a deux ans, elle a fini par m’envoyer un message via Messenger afin de me demander s’il était possible de nous rencontrer. Et depuis, on se voit régulièrement. Environ une fois par mois, la petite famille vient me rendre visite à Mazères, en Ariège, où ils peuvent retrouver mes deux chiens. Ou c’est nous qui faisons le voyage jusque chez eux, du côté de Pau, dans le Béarn.

Quand Mathéo a parlé…

Lors de la première rencontre, chez moi, Mathéo est resté pas mal à l’écart. Puis, il s’est rapproché petit à petit et a tout de suite ressenti de l’attachement pour ma chienne, Beille. Il a essayé d‘échanger avec elle, en vocalisant alors que d’habitude, il ne dit aucun mot. Jusqu’alors, il ne communiquait qu’avec l’aide de pictogrammes, méthode qui consiste en un échange d’images.

Je suis allé passer un week-end chez eux et là, miracle, il a dit "Beille". De même, en sa présence, il est beaucoup plus calme, apaisé.

Mathis, de son côté, a aussi du mal à se concentrer, à gérer ses émotions et, s’il parle, a encore besoin de l’aide d’un orthophoniste.

Un antidouleur pour Mathis

En outre, il a le syndrome des "jambes sans repos", un trouble du système nerveux appelé également "maladie de Willis-Ekbom" qui provoque un besoin impérieux de bouger les jambes et s’accompagne de picotements voire de décharges électriques.

Là encore, la présence des chiens a un effet inattendu : Mathis oublie complètement la douleur. Par exemple, en randonnée, quand il commence à avoir mal, parfois il en pleure, je lui confie Beille ainsi que Tomy, le mâle. Une fois qu’il les tient en laisse, il ne se focalise plus sur sa souffrance.

 

Mathis oublie ses douleurs avec les patous. (Nicolas Colombiès)

Au départ, ma motivation était simple : j’aime rencontrer des gens. Et quand ça se passe de façon aussi formidable, comment ne pas avoir envie de continuer ? C’est une façon de s’ouvrir aux autres. Moi aussi, j’apprends. Je ne savais pas grand-chose de l’autisme, donc je me suis beaucoup documenté là-dessus via des colloques et des livres. En effet, lorsqu’on arrive dans cet univers, on est un peu perdu.

Leurs progrès, ma satisfaction

Et puis, il y a des satisfactions lorsque l’on voit d’autres progrès chez ces petits. Par exemple, Mathéo fait de la "sélection alimentaire" et de fait mange vraiment très peu. Quand nous sommes à table ensemble ou lorsqu’on fait un casse-croûte en rando’, il prend de mes mains des choses qu’il n’avait jamais mangées jusque alors. Ses parents sont interloqués de le voir réaliser ce qu’il ne fait pas d’habitude. C’est aussi une récompense pour moi.

Les chiens sont comme un pont entre les garçons et les gens.

Nous voulons donc aller plus loin. Nous avons monté un petit stand de sensibilisation à l’autisme lors de la Fête de la montagne à Saint-Béat, en Haute-Garonne. On y a vendu des petites cartes postales et des autocollants réalisés avec les photos de mes chiens. Il s’agit en effet maintenant d’aider cette famille, les Caubet-Lambert, de façon pratique.

Nicolas Colombiès avec ses chiens : un trio de coeur. (Nicolas Colombiès)

Nous avons lancé une cagnotte

On a lancé un crowfunding intitulé "Pour Mathis et Mathéo" sur le site "Le pot commun". À ce jour, 17 personnes ont participé et nous avons récolté 530 euros. J’y explique :

"Les parents se battent tous les jours pour aider du mieux qu'ils peuvent leurs enfants, pour qu'ils soient le plus autonomes possible grâce à une prise en charge exclusivement comportementale (ABA) le tout en libéral et non remboursés par la sécurité sociale. Après avoir dépensés leurs économies dans les réparations de leur voiture, celle-ci est tombé en panne ! Et sans voiture... pas de prise en charge des gamins... C'est pour cela que j'ai voulu créer cette cagnotte... pour les aider parce que les petits ont besoin de ces rendez-vous chez les pédopsychiatre, éducateurs, et autres spécialistes... pour leur aider à acheter une voiture décente."

Pour l’instant, nous avons levé 900 euros pour cette voiture. Je tiens beaucoup à ce qu’ils règlent ce problème de transport qui est bien sûr très ennuyeux, surtout en province. Quant à mes chiens, ils trouvent aussi leur compte dans cette histoire d’amitié. Vous devriez voir la fête qu’ils réservent à Mathis et Mathéo lorsqu’ils arrivent.

Propos recueillis par Jean-Frédéric Tronche

13 juin 2017

Vidéo -> Interview du Dr Djéa Saravane à Lille, à l'occasion des Aspie Days

Ajoutée le 13 juin 2017 Interview du Dr Djéa Saravane à Lille, à l'occasion des Aspie Days, et organisés par l'ASS des AS, les 17 et 18 février 2017. Voir aussi Soins et Douleur chez les personnes autistes - Dr Djéa Saravane https://www.youtube.com/watch?v=WJ0LiCn_Qos

13 juin 2017

Mylèna, 7 ans, dysphasique, retirée à sa mère

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Une fillette dysphasique de 7 ans doit être retirée à sa mère au motif qu'elle n'est pas apte à s'en occuper. Un " jugement surréaliste " selon son avocat. Pour y échapper, la maman a disparu...

Par , le 13-06-2017

 

Mylèna, 7 ans, une fillette avec troubles dysphasiques (du langage) doit être retirée à sa mère au motif que cette dernière n'a pas payé les honoraires d'orthophonie et de psychomotricité et que, pas très stable psychiquement, elle n'est donc pas apte à s'en occuper. Ainsi en a décidé la justice le 29 mai 2017, à Montpellier. S'appuyant sur un rapport défavorable de l'Aide sociale à l'enfance (Ase), la magistrate aurait considéré que, au regard des troubles de l'enfant, le non-paiement de ces séances serait un manquement suffisant à la mesure d'assistance éducative. Un jugement « surréaliste », selon l'avocat de la famille, Marc Gallix. « Ce n'est pas une mesure de placement dont elle a besoin mais une mesure d'aide », explique-t-il.

Soutenue par les professionnels

La maman est pourtant soutenue par tous les professionnels, médecin-traitant, psychomotricienne, directrice d'école, qui attestent de l'absence de « maltraitance » physique ou de mauvais traitement. Elle a également produit des copies des formules de chèques adressés aux différents spécialistes. La décision de justice prévoit néanmoins que Mylèna soit placée pour une période de 6 mois, un droit de visite une fois par semaine étant accordé à sa maman. Le médecin de famille déclare, dans les colonnes du Midi Libre, que « ce placement, c'est idiot ! Je pense que c'est un règlement de compte plus qu'autre chose. » Le 1er juin, ce media dit avoir tenté de contacter le Département, dont l'Ase est une émanation, pour recueillir l'avis de ses professionnels. Sans obtenir de réponse.

Trop de dépenses, pas assez d'aides

Face à cette situation, le Collectif Emilie, qui réunit des parents d'enfants handicapés pour venir en aide aux familles les plus en difficultés, a décidé de défendre les intérêts de la famille avec l'approbation de l'avocat de la défense. Il explique que les parents d'enfants handicapés doivent assumer financièrement certains soins, bien souvent avec pas ou peu d'aides de l'Etat. Et rappelle que certains d'entre eux, pratiqués en libéral par manque de structures médico-sociales adaptées, notamment pour les enfants dys, ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. C'est le cas de la psychomotricité ; environ 40 euros la séance, une fois par semaine, sans compter le psychologue -NB : l'orthophonie est remboursée-. L'Allocation d'éducation d'enfant handicapé et son complément, « obtenus au prix d'un parcours du combattant », selon le collectif, ne suffisent en général pas à couvrir les frais engagés.

Une pétition en ligne

Au nom de toutes les familles concernées, le Collectif Emilie a donc adressé une pétition au président de la République (en lien ci-dessous) ; le 13 juin 2017, elle a déjà recueilli 15 500 signatures. Elle réclame que cette enfant soit rendue à sa mère et qu'une aide réelle et bienveillante soit activée par les Pouvoirs publics. « Mylèna, c'est l'enfant de tous les parents d'enfants en situation de handicap qui se battent pour obtenir des soins adaptés », selon ce collectif. Lui apportant son soutien, l'association DSF47 a, de son côté, plusieurs fois dénoncé des dysfonctionnements de la part des MDPH/MDA ou de l'Education nationale mais déplore que ce soit au tour de la justice de « commettre une erreur de jugement qui porte atteinte aux intérêts de l'enfant et de sa mère ».

Depuis le jugement, la maman a disparu avec sa fille pour éviter leur séparation. Son avocat a écrit au Ministre de la Justice pour dénoncer une « injustice ». Une association a également saisi le Défenseur des droits qui a assuré suivre ce dossier attentivement.

13 juin 2017

VIDEO. "13h15". La galère financière de parents d'enfants en handicap mental

article publié sur France tv info

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France 2France Télévisions

Mis à jour le 10/06/2017 | 21:16
publié le 10/06/2017 | 18:14

Les familles ayant la charge d’enfants en situation de handicap mental doivent souvent faire face à de graves difficultés financières. Gwenaelle touche 416 euros par mois, alors qu’elle s’occupe à plein temps de sa fille souffrant du syndrome de Williams-Beuren… Extrait de "13h15 le samedi" du 10 juin.


VIDEO. "13h15". La galère financière de parents d'enfants en handicap mental

Franck s’est installé dans les Pyrénées avec son fils Sacha, 18 ans, né avec une maladie génétique, le syndrome de Williams-Beuren, qui provoque une légère déficience mentale. Il a auparavant rencontré Gwenaelle, une maman de trois enfants dont la fille aînée présente le même syndrome que Sacha. Matériellement pas facile, la vie avec tous ces enfants...

"J’ai arrêté de travailler dès qu’elle est née, il y a quatorze ans. C’est mon travail ça, explique Gwenaelle sans se départir de sa bonne humeur. Il n’y a pas de case pour les parents d’enfants handicapés. On est considéré comme pouvant travailler. Rien ne nous empêche… Y a pas de case !"

"Je suis sa maman sept jours sur sept"

"Puisque ma fille est handicapée et que je ne peux pas travailler, j’ai une partie qui est payée comme salaire, soit 5 euros de l’heure pour m’en occuper", précise la maman. Elle reçoit donc 416 euros par mois.

Le calcul est facile à faire : "Ils estiment que je m’occupe de ma fille seulement soixante-seize heures par mois, alors que je suis sa maman sept jours sur sept. Si je travaillais, on aurait une autre vie. Franck pourrait travailler à plein temps et moi aussi. Le truc, c’est qu’on ne peut pas."

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