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"Au bonheur d'Elise"
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asperger
16 février 2017

Réponse de Laurent Mottron à la lettre ouverte de Mme Aube Labbé

 

 

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16 février 2017

18 février : Journée Nationale du Syndrome d'Asperger

Blog : Le blog de Jean Vinçot

A l'occasion de la 4ème journée du Syndrome d'Asperger, l'Alliance des Associations pour les personnes Asperger ou Autistes de haut niveau ("4A") présente ses revendications et son action.

4A 4A
Après avis favorable donné par Madame Carlotti, Ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, une journée nationale du Syndrome d’Asperger a été instituée, à l’initiative de l’Alliance les « 4A », chaque 18 février.

Le 18 février 2017 est la 4ème édition de cette journée nationale.

Pourquoi une journée du Syndrome d’Asperger ?

Chaque 2 avril a lieu la journée mondiale de l’autisme, laquelle donne un coup de projecteur bienvenu sur l’autisme.

Mais … ce coup de projecteur, souvent, laisse dans l’ombre une catégorie de personnes pourtant concernées par les troubles autistiques :

Ce sont les personnes atteintes du syndrome d’Asperger (SA) ou d’autisme de haut niveau (AHN).

Dans cette perspective, instaurer une journée spécifique pour le SA correspond à une opportunité de communiquer sur ce trouble encore mal connu, de mettre en avant les difficultés et les besoins des personnes Asperger – sans pour autant nier les points communs à toutes les formes d'autisme.

Le syndrome d’Asperger, c’est :

Un trouble envahissant du développement (TED) qui fait partie de l’extrémité «haute » du continuum autistique. Depuis peu, la dénomination est remplacée par TSA (troubles du spectre de l'autisme)

Les principales perturbations des sujets atteints d’autisme de «haut-niveau » ou du SA touchent la vie sociale, la compréhension et la communication.

Le vrai problème : leurs difficultés d’intégration au sein de notre société.

Mais leur handicap est invisible … Or, ce n’est pas parce que leur forme d’autisme, dénuée de déficience intellectuelle, ne se voit pas de prime abord, qu’ils sont pour autant « transparents » !

Une reconnaissance de leurs difficultés spécifiques est nécessaire pour leur proposer un accompagnement adapté.

La nouvelle classification américaine, le DSM5, ne fait pas disparaître le diagnostic de SA, mais l'inclut dans les Troubles du Spectre de l'Autisme.

Steve Silberman, dans Neurotribes, vient de démontrer que c'est un assistant de Hans Asperger qui a conduit Léo Kanner à diagnostiquer l'autisme chez Donald G.Triplett, le « cas numéro 1 ». Cela montre que le syndrome d'Asperger fait bien partie de l'autisme, avec ses caractéristiques propres.1

Face à cette situation, les « 4A » s’engagent :

L’Alliance les « 4A », c’est :

La mutualisation des efforts et actions de plusieurs associations locales, impliquées dans leurs territoires, au sein d’une Alliance (Alliance des Associations pour les personnes Asperger ou Autistes de haut niveau)

Notre objectif :

 → Informer, tout d’abord

 → Faire reconnaître le SA et l’AHN, ensuite

 → Développer les accompagnements et prises en charge nécessaires, enfin.

Les actions actuelles de l’Alliance c’est

Faire partie du :

  •  Conseil d'administration du collectif autisme.
  • Comité National Autisme.

 Avoir participé aux :

  •  groupes de travail sur la formation complémentaire autisme travail social
  • audit de la Cour des Comptes2

  • groupes de travail sur la mesure 38 du plan autisme (Aide Sociale à l'Enfance)

  • groupe de travail sur le site internet autisme gouvernemental.

En cette année 2017, nous souhaitons attirer votre attention sur des situations qui nous semblent importantes et qui pourraient améliorer les conditions des personnes atteintes du syndrome d’Asperger ou autistes de haut niveau.

Les bonnes pratiques , les recommandations de la HAS

 Celles-ci ne sont pas toujours respectées

Dans une étude faite par l'ARS de Bretagne et les 4 conseils départementaux, il a été établi que ces recommandations n'étaient connues des structures d'accueil (établissements médico-sociaux) que dans 8% (structures pour adultes) à 17% (structures pour enfants) des « cas ».

Le diagnostic :

Les Aspies sont encore considérés psychotiques, schizophrènes ou atteint de dysharmonie de la personnalité etc.

Nous déplorons que certains centre de diagnostic continuent à faire allusion comme quoi l’enfant est en fusion avec la mère, passant à côté d’un diagnostic d’autisme.

 Les MDPH ont tendance à imposer que le diagnostic soit posé par un centre de diagnostic, or si on se réfère au dossier de la CNSA « troubles du spectre autistique » 

Extrait :

 "Toute équipe de professionnels peut poser un diagnostic de TSA. Néanmoins, l’équipe doit se caractériser par la pluridisciplinarité pour réaliser les trois volets de la démarche diagnostique.3

« Le diagnostic est assuré auprès de toute équipe pluridisciplinaire 1) disposant de professionnels formés, compétents et suffisamment entraînés pour examiner le développement (cognitions, communication, sensorimotricité) et les aspects psychopathologiques ; 2) ayant une bonne connaissance de ce qui peut être proposé aux parents en termes de soins, d’éducation, de pédagogie et d’accompagnement de leur enfant ; 3) articulée avec les professionnels susceptibles d’assurer les consultations génétique et neurologique.

 [...] ces équipes peuvent être localisées en CAMSP, CMPP [centre médico-psycho-pédagogique], cabinet de praticiens libéraux coordonnés entre eux, service de psychiatrie infanto-juvénile, service de pédiatrie, unités d’évaluation ou centres de ressources autisme régionaux (CRA). »

Le diagnostic est nettement plus tardif pour les enfants Asperger, parce qu'ils ont développé le langage. Les diagnostics des adultes concernent massivement des « aspies ».4

La question se pose aussi beaucoup pour des femmes : elles ont souvent développé des moyens de compensation, au prix d'efforts épuisants. Les outils diagnostics actuels ne sont pas adaptés. La question du diagnostic se pose souvent au moment du diagnostic de leurs enfants.

L’accompagnement

  •  Scolaire

Il s'est amélioré grâce aux Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS).

Cependant :

  •  les modalités de la formation des AVS ne sont pas encore connues ;
  • ni la grille des salaires

  • ou leur temps de travail ;

  • leur titularisation prend 8 ans (2 ans en contrat aidé, puis 6 ans)

  • une formation par handicap est nécessaire.

 

  •  Dans le monde du travail

 Les Aspies (nom pour parler des personnes Asperger ou autisme de haut niveau) peuvent apporter beaucoup dans le monde du travail, par leur investissement, le sens du détail.

Le principal obstacle est celui de l’entretien d'embauche, car ils ne savent pas se vendre.

Les services d’accompagnement (Pôle Emploi, Cap Emploi, centres de pré-orientation) ne connaissent pas l'autisme et s'imaginent que les autistes n'ont pas accès à l'emploi.

Il y a très peu de personnes autistes accompagnées dans les ESAT, et presque pas dans les SAVS ou SAMSAH (qui peuvent faire un accompagnement dans l'emploi).

  • Dans la vie de tous les jours

Les Aspies ont besoin d’un accompagnement toute leur vie, mais ils peuvent réussir à acquérir une grande part d’autonomie grâce à des apprentissages.

Ce que nous évoquerons tout au long de cette journée.

Hans Asperger disait que les Asperger ont des capacités pour apprendre et sont « éducables ». Nous connaissons pas mal d’Aspies qui s’en sortent plutôt bien, bravo à eux.

Mais, un grain de sable et tout bascule. Ce que nous voulons dire par là, c’est que le moindre tracas, peut les plonger dans le désarroi. La moindre contrariété peut leur paraître insurmontable

Nous en venons donc à la notion d’indépendance car ce sont des personnes qui ont besoin d’être régulièrement assistées, guidées, conseillées.

Elles peuvent être perdues dans le méandre des démarches administratives, craindre des consultations médicales, ne pas réussir à s’alimenter correctement, ne choisir la bonne tenue vestimentaire selon la météo etc...

Ce sont des personnes pas toujours comprises, elles font souvent la proie des moqueries, les gens profitent de leur gentillesse etc...

D’où la nécessité, d’avoir auprès d’eux des professionnels pour les encadrer et les rassurer etc...

On peut être autonome, mais pas toujours indépendant.

Il est nécessaire de développer pour eux des SAVS (services d'accompagnement à la vie sociale) et des SAMSAH (services d'accompagnement médico-social des adultes handicapés).

L'absence d'accompagnement a des effets catastrophiques sur leur santé 5 ; les risques de mortalité par suicide, maladies cardio-vasculaires et cancer sont énormes.

Les mères autistes sont des cibles privilégiées de signalement d'informations préoccupantes, et donc de placements de leurs enfants : cf. affaire Rachel.

Toutefois, nous souhaitons terminer par des notes positives

 Sur le site internet gouvernemental sur l'autisme, il y a des pages qui s'adressent aux autistes adultes : ils ne sont plus considérés comme des « mineurs » assistés par leurs parents.6

Des personnes autistes adultes sont régulièrement associées aux travaux des groupes de travail sur l'autisme. Le Comité Interministériel du Handicap du 2 décembre 2016 a prévu que leurs frais de déplacement pourront être pris en charge (à partir de 2018)7

Certaines d'entre elles ont des responsabilités dans des associations.8

L'Ass des As', membre des 4A, organise le premier salon spécifiquement consacré à l'autisme de haut niveau..9

Josef Schovanec a été chargée par Mme Ségolène Neuville, secrétaire d'état, d'un rapport sur l'emploi des personnes autistes, en vue de la préparation du 4ème plan autisme (à compter de 2008).

Dans le cadre du 2ème plan autisme, un service expérimental d'accompagnement concernant à la fois les enfants et les adultes avait été créé à Limoges (le SEFA). Le Conseil départemental du Finistère a créé un SAVS TED et la plate-forme TREMPLIN (entre 20 et 30 ans).

Le dispositif Pass P’AS (Passeport professionnel Asperger) 10 - auquel participe l'Ass des As' - dans le Nord continue.

Des entreprises visant à développer les compétences des personnes autistes se créent : Avencod, ASPERtise, Auticonsult, Griss, Socia3 … dans la suite de Specialisterne ou de Passwerk à l'étranger.

Le nouveau dispositif sur l'emploi accompagné a vocation à s'appliquer aux personnes autistes. Il en est de même pour le logement, pour le réexamen des conditions d'éligibilité de la PCH (prestation de compensation du handicap), pour la PCH parentalité.11

Nos actions liées à la journée du syndrome d’Asperger

Les associations membres de l’Alliance 4A se mobilisent à cette occasion.

 En 2017, elles se retrouveront aux ASPIE DAYS, 1er salon international du syndrome d’Asperger / autisme sans déficience intellectuelle, organisé par l’ASS des AS’.

Aspie Days - 17 et 18 février 2017 - Lille Aspie Days - 17 et 18 février 2017 - Lille

ASPIE DAYS, en 2017, les 17 et 18 février 2017, c’est :

  •  2 jours de partage d’expériences et de valorisation de bonnes pratiques en matière d’autisme Asperger
  • 2000 visiteurs attendus

  • 9 conférences

  • 13 tables rondes, 70intervenants

  • 20 stands d’exposants répartis en 6 villages (scolarité-Etudes supérieures / insertion professionnelle / loisirs-Vie quotidienne / Santé / Logement / Aide aux aidants-Entraide Asperger)

Contacts presse : Pour l’Alliance : Anne Viallèle, porte-parole de l’Alliance 4 A

Pour les ASPIE DAYS : Géraldine ROELANDT (L’ASS des AS’)

Journée du syndrome d'Asperger 18 février 2017 - 4 A (pdf, 293.4 kB)

  1Absence de déficit intellectuel, pas de retard de langage.

 2Voir lettre à la Cour des Comptes

 3 Recommandation de bonnes pratiques professionnelles relative au dépistage et diagnostic de l’autisme chez l’enfant (HAS/Fédération française de psychiatrie – FFP, 2005

 4Voir exemple d'un CRA :

 5 https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/blog/141016/une-grande-etude-suedoise-relie-l-autisme-aux-deces-prematures-0

 6 http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/l-autisme/vivre-avec-l-autisme/article/le-logement  http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/l-autisme/vivre-avec-l-autisme/article/l-acces-a-l-emploi

 7 Point 10.1

 8 A noter par exemple la création récente de l’Association Francophone de Femmes Autistes (AFFA) http://association-affa.blogspot.fr/

 9 http://assdesas.fr/2016/09/07/salon-aspie-days/

 10 Voir par exemple http://www.lavoixdunord.fr/region/autisme-a-lille-ils-travaillent-en-entreprise-avec-leur-ia19b0n2280188

11 Points 5, 6.2 et 6.3

17 janvier 2017

Les dernières recherches sur l'autisme - interview de Monica Zilbovicius & Sébastien Jaquemont

Mon avis => A écouter absolument (Jean-Jacques Dupuis)

Emission enregistrée sur RTS.CH

CQFD, aujourd'hui, 10h04

Les dernières recherches sur l'autisme

Stéphane Délétroz se penche sur les dernières recherches en cours sur l'autisme. Il y a du nouveau concernant les causes, la prévalence, le nombre de gènes impliqués, ainsi que la définition et la prise en charge de l'autisme. Intervenants: Monica Zilbovicius, psychiatre et directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France (Inserm), et le généticien Sébastien Jaquemont, professeur associé au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine.

16 janvier 2017

Dr. Josef Schovanec est le nouveau lauréat de la résidence d'écriture Randell Cottage

article publié sur le site de l'ambassade de France en Nouvelle Zélande

L’ambassade de France en Nouvelle-Zélande et le Randell Cottage Writers Trust sont heureux d’annoncer le nouveau lauréat de la résidence Randell Cottage, Josef Schovanec.

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Josef Schovanec est docteur en philosophie, militant pour la dignité des personnes autistes et auteur, entre autres, de Voyages en Autistan (Plon, Paris) et Je suis à l’Est (2012), premier témoignage d’une personne autiste française publié par un éditeur majeur.

Josef Schovanec est né en 1981 en région parisienne de parents d’origine tchèque. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant en s’inscrivant aux Langues O où il étudie l’hébreu, le sanskrit, le persan, l’amaric, l’azéri, l’éthiopien... complétant ainsi la liste des langues qu’il a déjà apprises au course de sa scolarité : tchécoslovaque, allemand, finlandais et anglais.

Outre son travail militant, Josef Schovanec est chroniqueur hebdomadaire sur les radios Europe 1 (France) et la Première (RTBF, Belgique). En 2016, il a été nommé conseiller auprès de la Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.

Josef Schovanec arrivera à Wellington mi-janvier 2017 pour une résidence de 5 mois. Pendant son séjour en Nouvelle-Zélande, il travaillera à son nouveau livre et entreprendra une tournée de conférences à travers le pays.

La résidence du Randell Cottage

La résidence d’écrivain « Randell Cottage Writers », située à Wellington, a été créée en 2001. Elle accueille chaque année, en alternance, un auteur français et un auteur néo-zélandais pour une durée 5 mois. Peter Wells et Nadine Ribault ont été les premiers lauréats à y séjourner en 2002. L’auteur, poète et dramaturge Stephanie Johnson est l’actuelle lauréate en résidence.

Le Randell Cottage, dont la construction débuta en 1867, est l’une des habitations les plus anciennes de Wellington. En 2001, ses propriétaires confient à une association le soin de convertir le cottage en résidence d’écrivain. Le Randell Cottage, bâti par la première génération de migrants européens, est aujourd’hui devenu un haut lieu du patrimoine wellingtonien. Il est situé dans le quartier de Thorndon, à proximité immédiate du centre-ville et en bordure du jardin botanique.

La résidence bénéficie du soutien de Creative New Zealand, de la municipalité de Wellington, du fonds d’amitié France – Nouvelle-Zélande et de l’ambassade de France.

13 janvier 2017

Josef Schovanec : L'autisme n'est pas une charge

Publié le 13 janvier 2017 à 07h00

(Photo Patrice Le Nen/Archives Le Télégramme)
(Photo Patrice Le Nen/Archives Le Télégramme)

Philosophe, écrivain et autiste, Josef Schovanec sera en conférence ce vendredi, à Saint-Divy (complet). Avant sa venue, il nous a accordé une longue interview sans langue de bois. Il y est tour à tour question de l’autisme, de la psy ou du breton. Attention : parfois, ça pique un peu !

Josef Schovanec, pouvez-vous me dire, de tête, combien font 1.897 x 645 ? À défaut, êtes-vous capable de lécher votre coude ou de vous gratter l’oreille avec le pied ?
Pour le premier, j’en suis capable, mais avec difficulté et après un long moment - désolé, je suis devenu mauvais en maths. Pour le deuxième, en forçant un peu. Pour le troisième, oui, sans difficulté aucune - je viens de me rendre compte que j’étais encore plus difforme que je ne le pensais.

Plus sérieusement, je crois savoir que ce genre de questions vous agace. Pourtant, le talent particulier de certaines personnes avec autisme est une réalité…
En effet. Toutefois, les talents des personnes autistes sont bien différents des clichés et autres émissions de farces et gags. Fait remarquable, les personnes autistes le plus souvent développent leurs talents sans attendre de réaction particulière de la part des autres : il ne s’agit en général pas de compétences déployées en vue d’une récompense.

Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué

À titre personnel, vous êtes docteur en philosophie et parlez beaucoup de langues. Mais ces aptitudes ont-elles quelque chose à voir avec votre autisme ?
Les liens entre les diverses facettes d’une vie humaine ne sont pas nécessairement évidents.
 Pourtant, ils existent d’une certaine manière. Ainsi, il est bien connu que quand on est inapte à presque tout, on devient philosophe. En l’espèce, si, comme pour ainsi dire tous mes anciens petits camarades de Sciences Po Paris, on m’avait proposé un travail à la sortie du margouillis en question, sans doute n’aurais-je pas fait philo - ou alors l’aurais-je fait à la manière de la maxime de Socrate, où ce dernier associait l’état de philosophe au fait d’avoir un mauvais conjoint.
Quant aux langues, une partie de ma passion est vraisemblablement liée à mes propensions à passer du temps avec des mots et fragments de phrases obscurs, de préférence anciens, tandis que l’autre émane peut-être de ma petite histoire familiale, laquelle n’a rien à voir avec l’autisme en tant que telle.

On vous a longtemps qualifié d’autiste Asperger. Une classification que vous réfutez aujourd’hui. Pourquoi ?
Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué, du fait de l’évolution des taxonomies médicales. À mon humble avis, avoir supprimé le syndrome d’Asperger était une décision courageuse : elle montre que toutes les personnes autistes peuvent apprendre et progresser, non point seulement un petit groupe.

Pourtant, les personnes avec autisme que je connais fréquentent le plus souvent des foyers de vie ou des IME. Elles n’écrivent pas de livres ni ne donnent de conférences à travers la France…
L’avenir des personnes autistes (ou avec autisme) ne peut, à mon sens, se concevoir qu’en liberté, dans la vie en société, non pas dans un enclos à autistes, même de luxe et avec le meilleur docteur du coin. 
Combien de talents et de très belles personnes avons-nous brisés ? Je connais nombre d’établissements où n’importe quel enfant ou adulte deviendrait gravement déficient en quelques semaines. Avec quelques molécules pour les plus résistants.

Alors, qu’est-ce qui vous «fait» pareillement autiste : des difficultés pour la communication verbale et les interactions sociales, certains comportements répétitifs ou obsessionnels (mais qui n'en a pas ? ) ?
Vous trouverez sans doute difficilement un ancien conseiller ministériel (Josef Schovanec lui-même, ndlr) qui habite chez ses parents, ne sache pas conduire une voiture ni nouer un nœud de cravate et ne soit jamais allé chez le coiffeur. Au fait, je n’ai pas de carte Vitale non plus et ne sais pas si j’ai droit à l’assurance-maladie de base. À vrai dire, par rapport à la plupart de mes innombrables amis autistes, je suis franchement en retard.

On l’a dit, vous parlez de nombreuses langues étrangères. N’est-ce pas contradictoire avec la difficulté supposée des personnes avec autisme pour la communication verbale ?
Vous pouvez, comme plusieurs de mes amis autistes véritables petits génies en langues, être spécialisé dans l’aoriste sigmatique en sanskrit archaïque et ne pas savoir dire bonjour à votre voisin. Sans ironie aucune, pour reprendre les mots de l’un de mes anciens professeurs qui savait de quoi il parlait, le simple fait de se passionner pour l’ougaritique ou le hittite situe le personnage : il faut être bizarre pour s’y consacrer.

Cet apprentissage des langues est-il pour vous une façon de rattraper une enfance sans parole ?
Je n’en suis pas très sûr. Encore une fois, il y a un monde entre le gazouillis de salon socialement adapté et l’intérêt pour certaines étymologies obscures ou de vieux dictionnaires. Et s’exprimer, à l’instar de certains de mes amis autistes, dans le français de Molière ou Racine est la manière la plus sûre d’être exclu de l’école.

Une grande partie de la Bretagne n’a jamais parlé breton

Ce vendredi, vous serez à Saint-Divy dans la journée puis à Paris le soir. Le délai sera-t-il suffisant pour maîtriser quelques rudiments de breton ?
Hélas, mon ignorance du breton a des causes plus profondes. La politisation extrême de la question du breton a de quoi me dissuader, d’autant plus que je ne sais que trop bien ce qui est arrivé à l’un de mes meilleurs amis, autiste de son état et par ailleurs l’un des plus érudits experts en dialectologie celtique dont je tairai le nom par pudeur, en termes d’exclusion et de marginalité. Pour un vrai débutant comme moi, il faudrait également savoir quelle langue précisément apprendre : le léonard, le vannetais, le diwannais, etc., les plus intéressantes étant les moins bien documentées. Sans même évoquer le fait qu’une grande partie de la Bretagne n’a historiquement jamais parlé breton. Et que, en forçant à peine le trait, je ne suis sans doute guère plus mauvais en breton qu’un grand nombre de militants politiques bretons.

Pouvez-vous nous redire ce que l’on sait aujourd’hui des causes de l’autisme ?
Il s’est dit beaucoup de bêtises sur le sujet… Les causes de l’autisme sont génétiques. En tout cas, rien à voir avec la mère trop ceci ou pas assez cela. Le corpus documentaire est dorénavant important sur le sujet. Pour mon humble part, étant un simple dilettante, je préfère regarder le résultat, à savoir les personnes elles-mêmes.

Longtemps considérée comme sérieuse, la piste psychologique est aujourd’hui mise de côté. Complètement ? Le débat est-il vraiment clos et les discordes avec le monde de la psy apaisées ?
La question n’est pas d’être pour ou contre les psys. Il y en a d’excellents, au Canada par exemple. D’autres préfèrent tenter de sauver leurs carrières bâties sur des mensonges et autres théories moyenâgeuses. À ce titre, ma petite idée, qui n’engage que moi, serait qu’au fond, nombre de hérauts du packing par exemple ne croient plus eux-mêmes à ce qu’ils disent en public, tout comme dans l’histoire de l’Église, il y a eu plusieurs papes dont on peut raisonnablement penser qu’ils étaient à peu près athées.
Toutefois, à mon sens, il faudrait non pas tant se demander d’où provient l’autisme, mais ce que l’on peut en faire. Il est, par exemple, frappant de comparer, d’un côté, la quantité incroyable de textes pro ou anti-psychanalytiques sur l’autisme avec, de l’autre côté, le fait que jamais personne, sauf erreur de ma part, en tant d’années de réunions officielles et semi-officielles sur l’autisme, n’ait évoqué le sujet du permis de conduire pour les personnes autistes  - du moins jusqu’à l’année dernière. Ce type de constat peut éclairer plus que mille discours les causes de l’arriération française en matière d’autisme.

Un monde meilleur est possible

Quelles formes de prise en charge, quels changements et aménagements préconiseriez-vous afin de proposer un monde meilleur pour les personnes avec autisme ?
Aucune prise en charge. L’autisme n’est pas ou plutôt ne devrait pas être une charge. Les personnes autistes peuvent vivre en liberté dans le même monde que les personnes non-autistes, moyennant quelques mesures, dont, au demeurant, les premiers bénéficiaires sont toujours les non-autistes. On peut, à titre d’exercice, passer en revue chacune de nos activités quotidiennes en se demandant comment des personnes autistes pourraient faire de même. Un monde meilleur est possible, il est même à portée de main.


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8 janvier 2017

Autisme. Le jeune Evann apprend grâce à un réseau

Publié le 07 janvier 2017
Agnès et Tony Sorel ainsi que Lucile Phelippeau en compagnie d'Evann, qui est un fan de modélisme et de bricolage. Agnès et Tony Sorel ainsi que Lucile Phelippeau en compagnie d'Evann, qui est un fan de modélisme et de bricolage.

Un café-rencontre sur les difficultés scolaires des enfants autistes se tiendra cet après-midi à Brest. Evann, un jeune Plouzanéen de presque 14 ans, atteint du syndrome d'Asperger, a pu bénéficier du réseau « Epsilon à l'école » mis en place par l'association Asperansa.

L'association Asperansa organise, cet après-midi, à Brest, un café-rencontre sur les difficultés scolaires des enfants autistes. À cette occasion, Véronique Malléjac et Lucile Phelippeau parleront du réseau « Epsilon à l'école ». Une présentation appuyée par des mises en situation et démonstrations des outils. Asperansa s'est créée, il y a douze ans, avec le soutien du docteur Lemonnier, pédopsychiatre. Cette association permet de réunir les parents d'enfants et d'adolescents, de jeunes adultes Asperger et autistes de haut niveau, qui sont souvent très isolés face au peu de moyens mis en place dans la société.

Diagnostiqué à 9 ans

Agnès et Tony Sorel font partie de cette association. Ils sont les parents d'Evann, scolarisé en cinquième au collège de Kerallan et qui aura 14 ans le 16 janvier. Atteint du syndrome d'Asperger, il n'a été diagnostiqué qu'à 9 ans. « Quand on a mis un nom sur son problème, on a été soulagés. Pendant six ans, on a galéré auprès des médecins, sans qu'aucun ne fasse de constat. Côté école, que ce soit en maternelle ou en primaire, on nous disait qu'il fallait que l'on consulte pour Evann... Mais consulter qui ? », raconte Agnès.

Un emploi du temps adapté

Mais, dès qu'elle a appris l'autisme de son fils, elle est partie en formation au CRA (centre ressources autisme) à Bohars, puis à Saint-Brieuc à maintes reprises.
C'est là qu'elle a rencontré Lydie Laurent, la fondatrice d'« Epsilon à l'école ». « Je savais qu'Evann était plutôt intelligent, mais l'enseignement à l'école ne lui convenait pas. Après des années de galère, on a enfin trouvé un équilibre. Evann a repris confiance en lui, et tout ce qui l'entoure s'est amélioré. Aujourd'hui, son emploi du temps est adapté. Six heures se font à domicile avec "Epsilon à l'école" et une heure avec le Sessad (services d'éducation spéciale et de soins à domicile) pour autiste, au collège », continue Agnès.

Apprendre en jouant

Depuis septembre 2015, Véronique Malléjac et Lucile Phelippeau s'occupent d'Evann et, lors des séances, l'apprentissage se fait beaucoup en jouant : 20 % de difficile et 80 % de facile. « Au départ, un bilan est réalisé avec l'enfant et la famille, afin de mettre un programme en place, pour l'inclusion scolaire. Avec les autistes Asperger, le travail sensoriel est primordial, comme avec Evann qui faisait ses dictées dans la farine. Il adore ce contact. Nous faisons un enseignement positif et valorisant pour l'enfant, mais, en France, on a 20 ans de retard », explique Lucile.

À noter
Café-rencontre cet après-midi, de 14 h à 17 h, au centre social Les Amarres, 4, rue André-Messager (quartier de Kérédern), à Brest. Contact Epsilon à l'école : Brest, Lucille Phelippeau au 06.98.40.21.24 ; Quimper, Nathalie Moullec au 06.50.78.09.44.


2 janvier 2017

Maladie rare : son combat pour ses fils

article publié dans LA DEPECHE

Publié le 01/01/2017 à 03:51, Mis à jour le 02/01/2017 à 10:21

Association Syn1'sons

Les trois fils d'Albine Hamel souffrent d'une maladie rare. Elle souhaite, avec l'association, organiser des événements pour récolter des dons./ Photo J. Battoue.

Les trois fils d'Albine Hamel souffrent d'une maladie rare. Elle souhaite, avec l'association, organiser des événements pour récolter des dons./ Photo J. Battoue.

Albine Hamel a trois fils, tous atteints d'une maladie rare : la délétion SYN1, cause d'autisme et d'épilepsie, et parfois de troubles psychomoteurs.

«Nous sommes la première famille diagnostiquée en France», indique cette Saint-Péenne de 34 ans, mère de quatre enfants.

La petite dernière, une fillette de 20 mois, est indemne car les filles ne sont pas touchées. L'aîné et le plus jeune de ses fils souffrent d'une forme d'autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage, que l'on détecte assez tard : le syndrome d'Asperger. «Pour le plus grand, on ne l'a su qu'au mois de mars», glisse la jeune femme.

En revanche, le benjamin cumule ces handicaps, «il se déplace en poussette et il est médicalisé». La maman, pour sa part, a la maladie de Charcot-Marie-Tooth (d'origine génétique) et se trouve en invalidité. Quant au papa, électricien de métier, il s'occupe du garçonnet de 6 ans, «en attendant qu'une place se libère à temps complet à l'IME Ted d'Azereix». Jusqu'à présent, ce petit garçon y passe deux après-midi par semaine. Toutes les dépenses n'étant pas prises en charge par la CPAM «qui rembourse le matériel de base», la famille connaît des difficultés financières, fait-elle savoir. «On a eu, par exemple, besoin d'un siège auto adapté. Mes deux autres fils font des séances de psychomotricité (35 € chacune) qui ne sont pas prises en charge.»

En dépit de ces obstacles, Albine Hamel garde le sourire et déclare à propos de son fils cadet : «Il nous donne la force de déplacer les montagnes, il est le plus beau cadeau et la leçon de vie que l'on peut recevoir». C'est pour subvenir aux besoins de ses fils, touchés par une maladie rare, qu'elle dit avoir créé cette association ainsi qu'un blog (1).

Sur celui-ci, elle déclare : «C'est un grand honneur et une joie que nous fait Loïc Bartolini en acceptant de devenir le parrain de l'association. Nous l'avons rencontré il y a quelques années lors de son premier one-man-show parisien. Puis, il nous a proposé de nous héberger lors d'un aller-retour à l'hôpital Necker». Une amitié est née durant ce court séjour.

«On aimerait, termine-t-elle, que des bénévoles nous rejoignent afin d'organiser des événements pour récolter des dons.»

(1) syn1'sons. wordpress.com.

J. B.

2 janvier 2017

Un réserve cachée de mères non diagnostiquées comme autistes en train d'apparaître

Les experts rapportent un phénomène croissant de femmes se reconnaissant à l'occasion de la recherche sur les troubles de leurs enfants. Cela n'est pas sans conséquences sur les risques de placement. Traduction d'un article du "Guardian".

Rachel Cotton avec Deborah (neuf) et Michael (sept) .Rachel a découvert qu'elle était autiste lors de la recherche des symptômes de Deborah. © Photographie: Linda Nylind pour le Guardian
Rachel Cotton avec Deborah (neuf) et Michael (sept) .Rachel a découvert qu'elle était autiste lors de la recherche des symptômes de Deborah. © Photographie: Linda Nylind pour le Guardian

 Amelia Hill - The Guardian -  Dimanche 25 décembre 2016 

Une «réserve cachée» de femmes qui ont grandi avec un autisme non diagnostiqué vient à la lumière lorsque les mères en recherche sur les troubles du spectre de leurs enfants se reconnaissent dans leurs découvertes.

 «Il y a beaucoup plus de mères non diagnostiquées que nous ne l'avions jamais pensé», a déclaré la Dr Judith Gould , consultante principale et ancienne directrice du Centre Lorna Wing pour l'autisme qui a mis au point le premier et le seul test diagnostique féminin, et qui forme les médecins à reconnaître le diagnostic tardif chez la femme adulte.

 "Ces femmes prennent de l'importance maintenant parce qu'il y a plus d'information sur l'autisme chez les filles et les femmes sur Internet, afin qu'elles puissent faire des recherches sur leurs enfants et, ce faisant, obtenir un diagnostic pour elles-mêmes", a déclaré Gould.

Le professeur Simon Baron-Cohen, fondateur du Centre de recherche sur l' autisme de l'Université de Cambridge et de la Class Clinic, dédiée au diagnostic des adultes atteints d'autisme, a convenu: «[Les mères non diagnostiquées] sont certainement un phénomène croissant. Mettre un chiffre sur cela est impossible mais je suis sûr que c'est un grand nombre parce que les femmes qui cherchent des diagnostics d'autisme étaient susceptibles d'être rejetées jusqu'à il y a quelques années, parce que l'autisme chez les femmes était pensé comme très rare. « 

La National Autistic Society estime qu'il y a actuellement environ 700.000 personnes vivant avec l'autisme au Royaume-Uni - plus d'un pour 100 de la population. Environ 20% des personnes autistes sont censés avoir été diagnostiqués comme adultes, bien qu'aucun chiffre national pour le diagnostic d'adulte soit disponible. Des preuves anecdotiques suggèrent toutefois que le nombre augmente: Baron-Cohen dit qu'il y a quatre ans, 100 cas dans le Cambridgeshire avaient été renvoyés à sa clinique. Au cours des quatre premiers mois de 2016, elle a reçu 400 cas.

 L'autisme chez les femmes et les filles n'a commencé à être largement reconnu que dans les deux à trois dernières années. Le rapport hommes / femmes est maintenant reconnu comme étant compris entre 3/1 et 2/1, bien que certains experts croient qu'il y a tout autant de femmes atteintes d'autisme que d'hommes.

Les femmes autistes sont cependant encore susceptibles de rester non diagnostiquées. Un sondage mené par la National Autistic Society a révélé que 42% des femmes ont été mal diagnostiquées, comparativement à 30% des hommes, alors que deux fois plus de femmes n'ont pas été diagnostiquées que les hommes (10% contre 5%) .

Mais les experts avertissent que ces mères risquent d'avoir leurs enfants adoptés de force dans la lutte pour les faire diagnostiquer et obtenir un soutien, car les travailleurs sociaux interprètent mal les traits autistiques du parent comme indiquant un préjudice potentiel à l'enfant.

 "Leur propre autisme, souvent non diagnostiqué, signifie qu'elles mettent en place des supports professionnels et peuvent être accusées de causer ou de fabriquer l'état de leurs enfants", a déclaré Gould.

 Melanie Mahjenta a été accusée d'une forme rare de violence faite aux enfants, de fabrication or induced illness [invention ou maladie déclenchée artificiellement] (FII)*, par les services sociaux pendant son combat pour obtenir que sa fille de trois ans soit diagnostiquée avec autisme.

"Rosie était un « enfant dans le besoin » parce que pendant trois ans et demi, j'ai continué à défier les médecins qui ont refusé de la diagnostiquer», a déclaré Mahjenta. «En regardant en arrière, j'ai probablement refoulé les gens parce que je suis autiste. Mais je savais à quel point la vie serait dure pour Rosie si je ne lui donnais pas le soutien approprié."

 «Je comprends que mon autisme me rend comme une personne difficile à traiter: Je ne sais pas quand reculer quand je sais que j'ai raison. Je ne peux pas regarder les gens dans les yeux, donc je deviens comme étant sournoise. Les gens autistes sont hyper-focalisés mais ils ont confondu mon obsession comme un signe que j'étais instable.

 "Mais même si ces traits sont difficiles pour les gens à traiter, mon autisme était finalement une bonne chose", a-t-elle ajouté. "Peut-être une personne neurotypique aurait pensé que le médecin savait mieux et aurait reculé. Ou ils auraient cessé de se battre parce qu'ils craignaient de perdre leur enfant. .” Mais j'ai combattu et à cause de cela, Rosie a finalement été diagnostiquée avec autisme. "

Une nouvelle recherche menée par Baron-Cohen, Alexa Pohl du Centre de recherche sur l'autisme et Monique Blakemore du Autism Women Matter a constaté qu'une mère sur cinq d'un enfant autiste, rindépendamment d'avoir un diagnostic popur elle-même, a été évaluée par les services sociaux. Une sur six de ces mères a déclaré que leurs enfants avaient été placés de force par une ordonnance du tribunal.

 « Ce sont des statistiques très inquiétantes, dit Baron-Cohen. "Que ces mères aient un diagnostic formel ou non, si beaucoup de ces mères qui ont des enfants autistes aient elles-mêmes un autisme non diagnostiqué, elles pourraient se débattre avec la communication avec les professionnels et semblent être dans la confrontation plutôt que dans la diplomatie. Le risque est que les services sociaux voient cela comme une mère difficile plutôt que de reconnaître que ses problèmes de communication font partie de son propre handicap. « 

Dr Catriona Stewart, fondatrice du Scottish Women's Autism Network , qui a étudié l'autisme depuis plus de 10 ans, a décrit «une réserve cachée de femmes qui ont grandi avec un autisme non diagnostiqué».

Elle dit: «Ces femmes peuvent enfin reconnaître la condition en elles-mêmes parce qu'elles peuvent utiliser Internet pour rechercher la condition de leurs enfants, puis chercher un diagnostic pour elles-mêmes dans un monde qui est finalement prêt à les reconnaître ».

Stewart a réalisé qu'elle était autiste seulement lors de l'enquête sur les symptômes autistiques de sa fille. Lorsqu'elle envisageait de faire évaluer sa fille au sujet de l'autisme, elle a été conseillée par «une amie qui est à la fois une psychologue clinicienne très expérimentée au sein du système de services de santé mentale des enfants et des adolescents et la mère d'un garçon Asperger» de telle façon que Stewart devait obtenir un diagnostic elle-même.

«Mes enfants savent qu'il est naturel de ressentir ce qu'ils ressentent» dit Rachel Cotton. © Linda Nylind pour le Guardian
«Mes enfants savent qu'il est naturel de ressentir ce qu'ils ressentent» dit Rachel Cotton. © Linda Nylind pour le Guardian

 "Elle a dit de ne pas passer par le NHS si je pouvais l'éviter et que j'avais besoin d'être avertie: parce que j'étais le seul autre adulte dans la vie de ma fille qui a reconnu qu'elle avait des problèmes, les gens me verraient comme étant le problème", a déclaré Stewart.

 «Certains d'entre nous qui travaillent dans ce domaine sont de plus en plus conscients et de plus en plus préoccupés par le nombre de femmes autistes dont les tentatives d'obtenir de l'aide pour leurs enfants et eux-mêmes sont accueillies avec hostilité, combativité et finalement dans certains cas, l'enlèvement de leur enfant » a-t-elle ajouté.

 "L'hypothèse est que le fait d'être autiste pour une mère soulève instantanément des inquiétudes quant au bien-être de l'enfant", a-t-elle dit. "Mais il n'y a aucune preuve à l'appui de cette idée. . Elles expriment la capacité de démontrer l'empathie, l'affection, la responsabilité, l'amour pour leurs enfants comme vous vous attendez que toute autre mère le fasse. ” Pour moi, c'est une question de droits de la personne. "

 Rachel Cotton, 45 ans, a découvert qu'elle était autiste lors de la recherche sur les symptômes de sa fille il y a cinq ans. Elle croit que son état fait d'elle une meilleure mère.

 "Ma condition me permet d'aider mes enfants à développer une version joyeuse de l'autisme plutôt qu'une négative qui mène à la dépression et à l'alcoolisme chez les adultes ", dit-elle. «Parce que je suis autiste, mes enfants savent qu'il est naturel de sentir ce qu'ils ressentent. ” Mes enfants peuvent me demander si mon cerveau fait ceci et cela, et je peux expliquer que mon cerveau le fait, mais pas celui des autres gens. « 

 Selon un porte-parole de Cafcass, l'organisme qui représente les enfants dans les affaires familiales, la décision de prendre un enfant en charge, y compris l'adoption, oblige les autorités locales à prouver au tribunal qu'un enfant souffre, ou risque de souffrir, un préjudice important.

 “ "De telles décisions ne sont pas prises à la légère", dit-elle. "Elles sont informées par des évaluations effectuées par les services de protection de l'enfance des autorités locales et Cafcass, en s'appuyant sur le travail avec l'enfant, les parents et tous les professionnels impliqués avec l'enfant. ” Cela aide à déterminer comment l'enfant peut être gardé en sécurité et ce qui est dans leur intérêt. "

 Une porte-parole du ministère de l'Éducation a déclaré: «Les enfants ne sont référés aux services sociaux que lorsqu'ils sont préoccupés par leur bien-être et il existe des lignes directrices claires pour aider les professionnels à identifier les familles qui pourraient avoir besoin de soutien."

 «L'évaluation doit s'appuyer sur l'historique de chaque cas individuel, en répondant à l'impact de tout service antérieur et en analysant les mesures qui pourraient être nécessaires», a-t-elle ajouté.

* FII ou 'Munchausen's syndrome by proxy' (syndrome de Munchausen par procuration)

 https://www.theguardian.com/society/2016/dec/26/autism-hidden-pool-of-undiagnosed-mothers-with-condition-emerging

1 janvier 2017

Je ne suis pas snob... je suis Asperger

Publication: 30/12/2016 08:57 EST Mis à jour: 30/12/2016 08:57 EST

Voilà maintenant quatre mois que j'ai fait mon coming-out d'autiste Asperger. Je suis un Aspie! J'ai reçu mon diagnostic à l'âge de 35 ans et j'ai choisi de l'annoncer publiquement à l'âge de 41 ans.

Rebonjour à toi, cousin humain.

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J'ai besoin de t'expliquer pourquoi je ne suis pas allé aux partys de Noël auxquels tu m'as invité. Je me sens terriblement coupable et j'aurais aimé t'y accompagner.

Au fil des ans, pour bien fonctionner en présence d'autres humains, j'ai dû apprendre par cœur des milliers de phrases, de réponses «classiques» ou «passe-partout», des codes qui me permettent de survivre et de tenir des conversations dites normales. Les salutations, les questions à poser pour manifester mon intérêt, les remerciements, les compliments, les reproches, etc.

Comme bien des Aspies, j'inscris ces codes dans un grand livre virtuel logé au cœur de mon cerveau. Comme un touriste consulte son guide de voyage, chaque jour dans une cité inconnue, je ne peux fonctionner sans mon encyclopédie.

La conversation, c'est comme jouer au poker

Une conversation pour un Asperger, c'est l'équivalent d'une joute de poker pour toi, cousin humain. À chaque mot que tu prononces (comme à chaque carte qui est jouée), je dois décoder ton intention à partir de ton visage. Bluffes-tu?

Que signifie ton mot, ta phrase? Es-tu vraiment heureux, enjoué ou est-ce du sarcasme, de la séduction, un mensonge blanc? Puis, en quelques secondes, je dois choisir ma réponse (comme la prochaine carte que tu devras jouer) et le ton que je devrai emprunter. Au final, il m'arrive souvent de perdre la main. Je dois tout de suite oublier et rebondir afin de poursuivre.

C'est épuisant, comme une grosse soirée de poker... Et quand vous êtes plusieurs à me parler en même temps, c'est pire. Même avec les années, l'art de la conversation ne devient jamais automatique ou facile. Si tu savais à quel point j'aimerais pouvoir réussir à blablater pour ne rien dire, simplement par plaisir...

Recevoir un compliment

Par exemple : quand tu m'adresses un compliment à la suite d'une tâche que j'ai bien réussie au travail, je sais aujourd'hui que je dois répondre «Merci! C'est gentil», en soulevant légèrement les paupières tout en arborant un petit sourire, afin que l'émotion de mon visage corresponde à la réponse socialement acceptable. J'y arrive, mais je dois toujours y réfléchir et en être conscient.

Dans le passé - avant de comprendre que j'étais autiste - j'aurais répondu quelque chose du genre : «Ah oui, t'es sûr que c'était bon? Parce que la dernière fois, j'ai mieux réussi. C'était moyen selon moi alors probablement que tu n'as pas bien vu, est-ce que tu veux que je te montre pourquoi c'était meilleur la dernière fois? (...) ».

Intense non?

Mon encyclopédie virtuelle grossit d'année en année et à 41 ans, je suis en mesure de faire face à presque tous les événements de la vie. Avant une réunion de famille, un souper entre amis ou un rendez-vous chez le comptable, je me prépare. La veille, j'anticipe les questions qui pourraient m'être posées ou les sujets de conversation qui pourraient être abordés et je prévois des réponses - comme quand tu te prépares à une entrevue d'embauche. Je simule des dialogues et j'élimine les sujets qui pourraient créer des malaises. Je prévois tout, pour ne pas être pris de cours.

Quel est le lien avec les partys de bureau?

Dans une fête ou un party, tu n'es plus comme au bureau. Tu deviens une autre personne - surtout à partir du moment où il y a consommation d'alcool. Mon grand livre de références et de codes est complètement désuet et je me retrouve perdu parmi vous.

C'est la panique! Je n'ai plus de références!

Je ne suis pas snob. Je me protège contre mon incompétence sociale.

Imagine un ordinateur duquel on efface plusieurs codes de son logiciel : il gèle, se dérègle, commet des erreurs... C'est ce qui se passe quand les conventions ne tiennent plus : mes circuits surchauffent.

Quand vous prenez de l'alcool, vos barrières tombent et vous vous laissez aller plus facilement. Votre «non» devient un «peut-être». Vos mains me touchent le dos ou me pincent les joues, votre odeur corporelle change parce que vous portez de nouveaux parfums, vous dansez en effectuant de drôles de mouvements. Parfois, votre regard se pose sur les seins d'une collègue, des liens personnels se créent et moi, je suis tout mêlé... Je ne retrouve plus en toi l'humain que j'ai appris à connaître.

Tout ça pour dire que si ne vais pas au party de bureau, cousin humain, ce n'est pas parce que je suis snob ou distant. C'est qu'il s'agit d'une expérience qui s'avère traumatisante et que je choisis mes combats, afin de pouvoir fonctionner normalement le lundi suivant. Je n'ai pas envie de réécrire une nouvelle série de codes à ton sujet dans ma grande encyclopédie virtuelle, par crainte que ces nouvelles données ne viennent provoquer un bogue dans mon monde déjà complexe.

30 décembre 2016

Vous avez voté : Julie Dachez est votre personnalité de l'année 2016

29.12.2016 19:14
Photo Chloé Vollmer-Lo

Photo Chloé Vollmer-Lo

Julie Dachez est votre personnalité de l'année 2016. Elle devance Michel Weber et Diarata N'Diaye.

Cette jeune Nantaise a été diagnostiquée autiste Asperger à l’âge de 27 ans. Elle s’en ouvre d’abord sur son blog, en 2012, puis décide d’expliquer son histoire à travers une BD, La différence invisible, parue cet été aux éditions Delcourt.

30 décembre 2016

La Différence invisible : le témoignage en bande dessinée de Julie Dachez, autiste Asperger

article publié sur le site de France 3 Pays de la Loire

La Nantaise Julie Dachez a été diagnostiquée autiste Asperger à l'âge de 27 ans. Depuis, elle use de tous les moyens pour expliquer ce qu'est l'autisme et en combattre les préjugés. Avec Mademoiselle Caroline, elle vient de publier une bande dessinée sur son expérience...

Par Eric Guillaud
Publié le 05/09/2016 à 10:40, mis à jour le 05/09/2016 à 10:43
© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

Cheveux longs bruns, pantalon noir, doudoune, plutôt mignonne, plutôt classique... Rien ne distingue des autres personnages la jeune femme figurant sur le premier plan du dessin de couverture. Rien si ce n'est peut-être ses baskets rouges. Un détail. Ce qui la distingue vraiment n'est en fait ni vestimentaire, ni physique. C'est une différence invisible. Mais une différence concrète qui fait que sa vie n'a rien à voir avec celle de la plupart des gens. Marguerite - c'est le nom de la jeune femme - est autiste Asperger.

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

"Elle aime les animaux, les journées ensoleillées, le chocolat, la cuisine végétarienne, son petit chien et le ronronnement de ses chats", nous dit la narratrice en ouverture du récit. Marguerite est, ou du moins essaie d'être, comme tout le monde. Elle a bien quelques manies comme marcher dans la rue à toute vitesse et la tête baissée, emprunter toujours le même itinéraire, faire toujours les mêmes étapes chez les mêmes commerçants. Elle ne supporte pas l'imprévu, le bruit, les soirées entre amis, elle ne comprend pas le second degré, elle ne sait pas mentir et ne cherche pas à avoir de vie sociale. Mais Marguerite a fait des études, elle a aujourd'hui un travail et vit en couple. De quoi donner l'illusion d'une vie normale. 

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

Faire semblant ! C'est justement ce que Marguerite fait depuis sa plus tendre jeunesse. Faire semblant pour être comme tout le monde, rentrer dans le moule, se conformer. Faire semblant au point d'en perdre son identité. Elle s'inquiète, s'interroge, voit bien qu'elle est différente, décalée, mais continue à faire comme si. Jusqu'à ce qu'elle soit diagnostiquée autiste Asperger. Elle a 27 ans. Une autre vie commence...

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

Dans la vraie vie, Marguerite s'appelle Julie Dachez. "La Différence invisible" est son histoire. "J’ai spontanément pris le parti de raconter mon histoire à la 3e personne...", nous confie Julie Dachez, "et en utilisant mon deuxième prénom, Marguerite. Je crois que c’était certainement pour moi une façon d’adopter une sorte de « méta-position » me permettant de prendre du recul pour mieux me raconter".

Le récit nous permet de suivre la jeune femme dans son quotidien sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant, pendant et après le diagnostic. Elle partage avec nous son quotidien, ses émotions, ses doutes, ses errances, ses difficultés ou ses maladresses. Et on comprend dès lors comment ce diagnostic justement a pu être pour elle un soulagement, une libération. On la voit sauter de bonheur, hurler de joie.

"Après 10 ans d’errance, ce diagnostic m’a libérée car il est venu poser un mot sur ma différence. Il était absolument essentiel pour me permettre d’apprendre à respecter mes limites tout en me focalisant sur mes points forts". La vie de Marguerite/Julie change en même temps que l'atmosphère graphique du récit.

Avec le diagnostic reviennent les couleurs de la vie, reléguant aux oubliettes l'atmosphère sombre des premières pages, des questionnements.

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

© Delcourt / Mademoiselle Caroline & Julie Dachez

C'est Mademoiselle Caroline, a qui on doit notamment le magnifique album "Chute libre"  sur la dépression, qui a adapté, mis en images et en couleurs l'histoire de Julie Dachez. Un travail exceptionnel, un trait souple qui apporte un peu de légèreté et d'humour au propos, une narration qui par la répétition de certaines scènes, de certaines situations, place réellement le lecteur dans la peau de Marguerite. C'est fort, parfois surprenant, toujours instructif. "Il me semble important de saluer le travail de l’illustratrice qui a vraiment réussi à se mettre dans ma peau et à retranscrire parfaitement tous mes ressentis!!".

Pas de leçon de morale dans les pages de cet album paru chez Delcourt mais une sacré leçon d'humanité comme le soulignent en préface la professeure de psychologie Carole Tardif et le pédopsychiatre Bruno Gepner. "Cette bande dessinée est aussi une rafraîchissante bouffée de tolérance et de respect de l'autre, de tous les autres, ainsi qu'un formidable exemple de la place que chacun devrait pouvoir trouver dans la société"

"On comprend bien au fil des pages...", explique Julie, "que ce qui libère Marguerite c’est le fait qu’elle finisse enfin par s’aimer et s’accepter telle qu’elle est. Or, être en paix avec soi est une quête universelle! Je crois que cette BD peut vraiment parler à tout le monde".

Un témoignage essentiel pour comprendre l'autisme et aborder la vie autrement ! 

La Différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez chez Delcourt. 
Propos recuellis par Eric Guillaud le 3 septembre 2016. Retrouvez l'interview complète de Julie Dachez sur notre blog dédié BD ici !

16 décembre 2016

La revanche des autistes

article publié sur LA PRESSE.ca

Publié le 15 décembre 2016 à 21h58 | Mis à jour le 16 décembre 2016 à 07h06

Michaël Châteauneuf a réussi à décrocher un emploi... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Michaël Châteauneuf a réussi à décrocher un emploi où il peut mettre ses compétences à profit. Bien peu d'Asperger y parviennent.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) CHRONIQUE / Michaël Châteauneuf travaille au ministère du Revenu, en informatique, on lui avait confié un mandat sur l'ordinateur central, on avait calculé qu'il lui faudrait un mois.

Il l'a complété en une semaine. 

«Ils s'étaient basés, pour calculer, sur le temps qu'aurait pris une personne normale.» Michaël n'est pas «normal», il est autiste Asperger. Son cerveau a une capacité de concentration et d'analyse que la moyenne des ours n'a pas, il prend des raccourcis que lui seul connaît.

Voyez, on lui a fait faire un exercice pour le «remettre dans le bain» de la programmation, il devait livrer un algorithme pour prévoir les futures dates de Pâques. «Mon modèle fonctionnait mieux, il fonctionnait à 100 %, alors que celui du superviseur, à partir d'une certaine date, n'était plus totalement fiable.»

Pour lui, c'est normal.

On aurait dû lui confier le dossier santé informatisé, qui a engouffré plus de 2 milliards sur 25 ans.

Michaël vient d'avoir 31 ans, il sait depuis une dizaine d'années qu'il est autiste, sa mère se doutait déjà que quelque chose clochait. «On était en train de regarder l'émission La revanche des Nerdz, en 2006, ça parlait de l'autisme, ma mère a comme eu une révélation. Elle a dit : "Ça te ressemble", j'ai dit : "Ben voyons!"»

Le diagnostic est tombé deux ans plus tard. «Il y avait une liste d'attente...» Il est «autiste de haut niveau avec intelligence supérieure».

Un des dénominateurs communs des autistes est d'avoir des «intérêts spécifiques», parfois à la limite de l'obsession. Michaël en avait au moins deux, «les dragons et l'informatique», il a eu son premier coup de foudre avec un Atari ST. Il a suivi, à l'école secondaire, son premier cours de programmation.

Il a étudié en multimédia au Collège Mérici, en conception de jeux vidéo au Campus Ubisoft à Montréal, en programmation de jeux vidéo au Cégep Garneau, deux ans en techniques de l'informatique au Cégep de Sainte-Foy.

Et puis? Rien. Malgré ses diplômes, Michaël a eu toute la misère du monde à décrocher un boulot, jusqu'à ce qu'il atterrisse au ministère du Revenu, d'abord pour la sécurité informatique, puis au développement. «J'aime bien faire les choses. Quand on nous explique clairement, on est des machines à travailler.»

Mais Michaël aurait pu ne jamais travailler, au moins 80 % des Asperger seraient au chômage. Même s'ils ont le diplôme, les compétences, ils sont nuls en entrevue. Ils ont des tics, ils «boquent» sur des détails. Même si c'est justement parce qu'ils «boquent» sur des détails qu'ils sont meilleurs que les personnes «normales».

Microsoft a compris ça l'an passé, la compagnie recrute des autistes parce qu'elle a compris qu'ils sont plus efficaces, plus rapides, plus concentrés. D'autres compagnies de Silicon Valley ont emboîté le pas, en France aussi. Tant pis s'ils bafouillent pendant l'entrevue. Tant pis s'ils ont l'air un peu sauvages.

Si les codes informatiques n'ont pas de secret pour Michaël, les codes sociaux, eux, s'apparentent parfois à du chinois. «Quand j'étais petit, dans un travail d'équipe, je restais souvent seul. Je ne savais pas comment aborder les gens, comment il fallait entrer en relation avec eux.»

Il s'est pratiqué, il y arrive mieux. «Quand j'ai reçu mon diagnostic, ça m'a aidé à comprendre ce qui ne marchait pas, ça a mis des flags. Je me suis dit : "J'ai un trouble en ça, je vais le travailler." Je me suis pris en main.»

Quand je l'ai rencontré, je n'y ai vu que du feu.

Michaël n'y serait pas arrivé tout seul. «J'ai eu de l'aide tout le long du chemin. Mes parents d'abord, puis des conseillers, des directeurs d'école. Il y a un organisme aussi, ÉquiTravail, qui m'a aidé beaucoup pour trouver un emploi.»

Pour notre rencontre, Michaël m'avait préparé le récit de son parcours en deux pages, ses études, ses échecs, ses réussites. Le texte finissait comme ça : «Si j'avais à donner des conseils aux autistes qui se cherchent un emploi, ce serait de ne jamais baisser les bras et de chercher toute l'aide que vous pouvez avoir. Il n'en tient qu'aux employeurs et aux compagnies de s'ouvrir face aux autistes et à leurs capacités afin de leur donner une chance de réaliser leur vie.»

Il rêve du jour où on pourra lire, dans des offres d'emplois : autisme, un atout.

11 décembre 2016

Témoignage de Magali Pignard, personne autiste Asperger et maman d'un petit garçon atteint d'autisme

Magali Pignard : Être une personne autiste au travail

 

Témoignage de Magali Pignard, personne autiste Asperger et maman d'un petit garçon atteint d'autisme.

En savoir plus sur www.autisme.gouv.fr


Magali Pignard : Être une personne autiste au... par affairessociales-et-sante

10 décembre 2016

Josef Schovanec, autiste, entre autres

article publié dans le magazine DECLIC

6 décembre 2016

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Un homme brillant, docteur en philosophie, diplômé de Sciences-Po Paris, polyglotte… et autiste Asperger. Mais le super-héros aime bien remettre les pendules à l’heure… Du tac au tac : Déclic / Josef Schovanec

Peut-on être 0 % autiste ?

(Rires) C’est difficile. C’est comme ne pas aimer du tout le chocolat.  Ça peut exister, mais c’est rare.

Si l’autisme était un point cardinal ?

Le zénith.

L’exclusion des autistes, c’est une forme de racisme ?

Remplacez certains mots par d’autres, et vous aurez la réponse. J’ai plein d’amis autistes qui ont réussi les concours administratifs avec brio, et qui pourtant ont été éliminés à la visite médicale.

Quel est le synonyme d’autisme ?

Humanité.

L’antonyme ?

Exclusion.

Si l’autisme était un code social ?

Comment dire bonjour, combien de courbettes vous devez faire.

Quel est le geste le plus autiste que vous ayez fait ?

(Rires) J’hésite, il y en a plein… En 2e année après le bac, l’une de mes camarades de classe m’a demandé de la regarder fixement dans les yeux. C’est là que j’ai compris qu’elle avait des lentilles. Avec le recul, je pense que l’objectif n’était pas de constater qu’elle avait des lentilles…

Si l’autisme était un sport ?

Pas de sport, non non non ! Je suis anti-sportif au possible, et la plupart des autistes le sont aussi. En tout cas ce serait un sport individuel comme la marche, ou en lien avec les animaux comme l’équitation.

Si demain il existait un médicament pour guérir l’autisme,vous le prendriez ?

Non. C’est comme si on me demandait « vous prendriez un médicament pour avoir telle couleur des yeux ou telle taille ». Le fait d’être autiste n’est pas une déficience ou une maladie, c’est une forme de fonctionnement qui n’est ni plus ni moins pathologique que le fait d’être Japonais ou Coréen. On devrait être content qu’il y ait une diversité dans l’être humain !

Si l’autisme était une langue ?

Ce serait une langue en images, avec une écriture semblable au chinois, et une grammaire très compliquée à la japonaise. Une langue complexe à apprendre, c’est tellement plus intéressant !

L’autisme, en tant que qualité romantique et exceptionnelle à la Rain Man, vous en pensez quoi ?

À l’échelle de l’histoire de l’autisme, Rain Man relève de la préhistoire. Ce côté supposément génial, en apparence flatteur, n’est pas une porte ouverte à l’inclusion. Aussi brillant qu’il soit, le porteur d’autisme n’est pas la personne avec qui les employeurs voudront travailler.

Dans la société actuelle, est-il facile d’être porteur d’autisme ?

Il y a un lien très fort entre le statut social des parents et le devenir de leurs enfants. Quand un autiste naît, neuf fois sur dix les parents se séparent. L’enfant reste alors avec sa mère qui doit arrêter de travailler, et perçoit donc moins d’argent. C’est très mal parti pour lui. Une famille riche, elle, trouvera de bons professionnels ou émigrera au Canada ou aux USA. Ce qui ne veut pas dire que les familles riches n’ont aucun problème, bien évidemment. Il y a aussi le fait que dans un milieu défavorisé, votre enfant a de grandes chances de ne pas être diagnostiqué correctement. Si certains disent que l’autisme de leur enfant est bien accepté, tant mieux. Mais il faut être réaliste. Un enfant âgé de 3 ou 4 ans, qui donne des petites tapes à tout le monde, c’est mignon. Mais à 25 ans ? Quand ses parents ne seront plus là, qui le protégera ? Il ne faut pas oublier que l’enfant autiste devient un adulte, qu’en grandissant son handicap ne disparaît pas dans la nature.

Le côté invisible du handicap n’est-il pas un frein à l’inclusion ?

Le comble de l’autisme est cette absence d’indices physiques. Les parents d’enfants autistes subissent alors souvent un harcèlement de la part de leur entourage. J’ai déjà entendu des remarques telles que « Si on ne sait pas éduquer un enfant, on n’en fait pas ! », ou encore « Donnez-le moi un week-end, je vais le guérir ». Rien de nouveau sous le soleil. Pour que l’autisme soit perçu différemment, il faut faire en sorte que le grand public ait une vraie connaissance de ce handicap. On en est très loin en France…

Et vous, vous vous sentez autiste ?

Chaque être humain a une multitude de dimensions. L’une de mes facettes est d’être porteur d’autisme. J’ai aussi d’autres caractéristiques, comme ma taille, mon milieu familial. L’autisme n’épuise pas toute l’identité d’une personne. Pour ma part, je suis depuis longtemps dans le petit monde de l’autisme. Je suis devenu une sorte de rat de laboratoire.

Quel rôle aimeriez-vous jouer dans ce milieu ?

Je n’ai pas d’attente particulière. L’autisme n’était pas censé être mon métier. J’avais d’autres projets et j’en ai toujours. Les choses se sont faites par nécessité. J’ai dû abandonner un poste de professeur à l’université de Téhéran, refuser les propositions du gouvernement indien. Il y a quelques années, quand j’étais plongé dans ce monde-là, il n’y avait rien ni personne pour en parler. Aujourd’hui, je ne me sens pas le culot d’abandonner l’autisme en France.

Vous avez conscience d’être un modèle de réussite ?

Certains croient que je suis un modèle de réussite. Pourtant quand les personnes me rencontrent, elles se rendent compte que j’ai beaucoup moins d’aptitudes qu’elles croyaient, que leur enfant se débrouille beaucoup mieux que moi. Parfois, les réactions sont presque moqueuses, voire (rarement) condescendantes. On ne peut pas comparer tous les autistes. Cette histoire de degré d’autisme devrait être formulée en termes de degrés d’apprentissage, offerts ou non à la personne ou à la famille. Un enfant privé d’école et d’éducation a simplement moins de chances qu’un autre.

L’autisme n’est donc pas qu’une caractéristique, mais un vrai handicap.

Dans une classe peuplée uniquement d’enfants autistes, un enfant non autiste sera considéré comme handicapé. Prenez l’exemple du restaurant Dans le noir [Ndlr : les clients dînent dans l’obscurité absolue, guidés par un personnel non-voyant], le handicap s’inverse. Il faut inviter les gens au voyage, découvrir le pays des personnes autistes, ne pas croire ce qu’on peut entendre, mais s’intéresser aux individus eux-mêmes. C’est le cadre qui est handicapant, pas l’autisme. Un pays entièrement peuplé de gens autistes serait fonctionnel. Si la société veut avoir un avenir, elle devra s’appuyer sur ces personnes.

Propos recueillis par Vanessa Cornier

 

Ressources

  • Voyages en Autistan : Chroniques des Carnets du monde, Josef Schovanec, Plon, 2016, 14,90 €.
  • De l’amour en Austistan, Josef Schovanec, Plon, 2015, 17,90 €.
  • Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, Josef Schovanec, Plon, 2014, 18,50 €.
  • Je suis à l’est, Josef Schovanec, Plon, 2012, 18,50 €.
10 décembre 2016

A propos du verrouillage de la Wikipédia francophone par deux psychanalystes

9 déc. 2016
Par Jean VinçotBlog : Le blog de Jean Vinçot


Vous avez toujours rêvé de savoir comment les psychanalystes s'y prennent pour diffuser l'information sur leurs pratiques ? Voici un petit exemple avec tous les liens nécessaires, tiré de l'encyclopédie en ligne Wikipédia

L’objet de cet article est de donner un aperçu de la façon dont deux psychanalystes français ont contrôlé pendant des années l’information au sujet de l’autisme sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia en langue française.

Points abordés :

  1. La non-représentativité des champs de recherche appliqués à l’autisme sur la Wikipédia en français

  2. Le traitement de l’article « autisme en psychanalyse »

  3. Le traitement de l’article consacré au film « Le Mur »

  4. Le traitement de l’article consacré à la CIPPA

  5. La dénonciation par X, sur la Wikipédia en français.

Non-représentativité des champs de recherche appliqués à l’autisme sur Wikipédia jusqu’en 2016

Jusque début 2016, la psychanalyse n’était représentée qu’en des termes très élogieux sur Wikipédia. Plusieurs contributeurs réguliers à l’encyclopédie en ligne ont fourni un important travail sur les articles traitant de psychanalyse, au point que 241 psychanalystes français ont leur propre article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Psychanalyste_fran%C3%A7ais

Les professionnels d’orientation cognitiviste n’ont pas cette chance. Pire, ils semblent avoir fait l’objet d’un « oubli » volontaire.

Le 4 décembre 2016, j’ai créé un article sur Wikipédia pour Éric Fombonne, un grand chercheur français, qui avait son propre article sur la Wikipédia en anglais, mais bizarrement pas en français. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Fombonne , et l’historique : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=%C3%89ric_Fombonne&action=history .

Sans que cette information soit certaine (elle m’a été rapportée mais je n’ai pu la vérifier), il semble que le Dr Éric Lemonnier, à l’origine d’un protocole de recherche sur la bumétanide et opposé aux théories psychanalytiques, ait été censuré pour se voir priver d’un article à son nom dans Wikipédia. Pareillement, j’ai créé un article à son nom.

Chaque petite théorie psychanalytique qui prétend expliquer l’autisme a son propre article, généralement sans la moindre information quant à l’obsolescence évidente de ces théories. Voir par exemple :

https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Psychose_d%C3%A9ficitaire&oldid=118386851 , qui était la version de l’article consacré à la « psychose déficitaire » jusqu’en décembre 2016. Rien n’explique que ce concept remonte aux années 1980, et que ses prétentions causales sont totalement invalides. De fait, un parent qui, par exemple, recevrait ce diagnostic pour son enfant et chercherait à s’informer sur internet sur ce dont il s’agit, risque fort de tomber sur ce type d’article (Wikipédia apparaît souvent en premier dans les résultats de recherche), et croira que son enfant souffre d’un « noyau psychotique dont l’expression peut varier avec l’âge, avec épisodes de délire aux alentours de la puberté ». Il apprendra, Ô bonheur, qu’un autre nom pour ce charmant concept est celui de « psychose à expression déficitaire » ou de « débilité évolutive »... Rien de tel pour être complètement terrorisé au sujet de son enfant et pour croire qu’il ne progressera jamais…

Le traitement de l’article consacré à l’autisme en psychanalyse, jusqu’en 2016

Il y a un article détaillé à propos de l’autisme en psychanalyse. Jusqu’à ce que je mette en lumière les erreurs qu’il comportait, cet article ressemblait à cela :

https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Autisme_en_psychanalyse&oldid=124798542

On y apprenait, entre autres :

  • Que Françoise Dolto est « une des psychanalystes les plus reconnues sur l'efficacité de ces soins sur les plus petits, autistes y compris » (sans aucune preuve de cela), en oubliant qu’elle imputait le déclenchement de l’autisme à la mère…

  • Que « Les thèses de Bettelheim sont aujourd’hui abandonnées par les praticiens d'inspiration psychanalytique qui mettent l'accent sur une position éthique de respect de la souffrance des patients et de leur famille ». Etrange, ce n’est pas ce que ma mère et moi avons constaté, ni les parents et personnes autistes avec lesquels j’en ai discuté.

  • Que Michelle Dawson, personne autiste et chercheuse en neurosciences, a « notamment à elle seule empêché au Canada que les thérapies cognitivo-comportementales soient rendues obligatoires » … en oubliant que Temple Grandin est opposée à la psychanalyse et au packing, de même que Hugo Horiot, Josef Schovanec et Gunilla Gerland, pour ne citer que quatre personnes autistes qui se sont exprimées.

L’article consacré au film Le Mur 

Un autre article extrêmement instructif est celui qui est consacré au film Le Mur. La section des controverses y est hypertrophiée. La version actuelle a fait l’objet d’une longue bataille interne, voir l’historique de l’article :

https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Mur_(film,_2011)&action=history

A l’origine de cet activisme débordant pour défendre la psychanalyse, on trouve deux contributeurs réguliers à Wikipédia. XK, dont une série d’indices concordants indique qu’il pourrait être un élève ou un proche de Jean-Claude Maleval, et « Y», qui d’après l’une de mes sources (à confirmer) serait psychanalyste à Paris.

On se rend compte que X a fermement bataillé pour que l’article sur le film Le Mur comporte tout un chapitre consacré à l’avis de Mme Loriane Brunessaux. Pas un mot, en revanche, sur le fait que la diffusion de ce film a été soutenue par des personnalités autistes importantes, telles que Temple Grandin.

La CIPPA a droit à un traitement de faveur ! et Maleval !!!

… à travers un article magnifiquement léché et mitonné aux petits oignons, toujours par nos amis X et Y. Je vous laisse admirer : https://fr.wikipedia.org/wiki/Coordination_internationale_entre_psychoth%C3%A9rapeutes_psychanalystes_s%27occupant_de_personnes_avec_autisme_et_membres_associ%C3%A9s

… et regarder dans l’historique qui a contribué à cette merveille : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Coordination_internationale_entre_psychoth%C3%A9rapeutes_psychanalystes_s%27occupant_de_personnes_avec_autisme_et_membres_associ%C3%A9s&dir=prev&action=history

Détail intéressant, l’article a été mis en doute au niveau de son admissibilité par LuciePaG, une femme avec autisme. Son action a été rapidement annulée par nos deux contributeurs psychanalystes.

Jean-Claude Maleval semble lui aussi très apprécié par cette petite équipe de rédacteurs passionnés de psychanalyse. Ses publications, pourtant peu citées dans d'autres travaux (preuve de leur confidentialité), ont été abondamment dispatchées dans plusieurs articles relatifs à l'autisme, en particulier celui sur le syndrome d'Asperger. https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Syndrome_d%27Asperger#Jean_CLaude_Maleval

Dénonciation par X

Je contribue à Wikipédia depuis fin 2007 et depuis fin 2008 avec un compte utilisateur, au nom de « TSAaxx » (petite blague, j’utilisais ce pseudonyme bien avant de savoir que j’ai un TSA, un trouble du spectre de l’autisme, donc).

En neuf ans, je n’ai jamais été dénoncée auprès des administrateurs de Wikipédia. Sauf… par X. Ce conflit a débuté durant mon travail sur l’article consacré au syndrome d’Asperger. Voir par exemple : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Discussion:Syndrome_d%27Asperger&diff=117680288&oldid=117679705

… Où X dit entre autres que « les psychanalystes ne sont pas experts judiciaires » pour justifier l’effacement d’une information à propos de Rachel, mère d’enfant autiste avec syndrome d’Asperger. En réalité, les « expertises psychologiques » demandées dans le cadre judiciaire font très souvent appel à la psychanalyse. Je l’ai hélas expérimenté moi-même…. Une théorie psychanalytique a servi d’argument en faveur de la personne contre laquelle j’étais en procès en 2003, pour viol, puisque j’ai été qualifiée de « dysharmonique psychotique » à l’âge de 5 ans – d’où une perte de contact avec la réalité et donc, évidemment, le fait que j’ai pu « inventer » ce viol !

Le conflit s’est aggravé sur l’article Autisme en France :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Autisme_en_France

On en trouvera des traces sur la page de discussion de l’article en question (attention, très longue lecture) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Autisme_en_France

A la suite de ce conflit, X m’a attaquée en requête aux administrateurs, demandant une sanction contre moi au motif de désorganisation de l’encyclopédie. Cette sanction a failli être appliquée, car il maîtrise bien mieux l’art de l’argumentation au calme que je ne le fais. Aussi, un administrateur avait voté pour me sanctionner, mais deux autres sont venus me soutenir.

Suite à cet échec, X a disparu de Wikipédia en français. Cependant, Y continue à tenter de s’opposer de temps en temps à mon travail de rédaction d’articles.

Conclusion

La méthode employée par les psychanalystes pour verrouiller Wikipédia était jusqu’à présent d’une redoutable efficacité : elle consiste à dire que les sources de presse ne sont pas fiables, et à utiliser comme références uniquement des articles de psychanalystes écrits dans des revues pour psychanalystes et dont le comité de lecture ou de vérification par les pairs se compose, devinez quoi, de psychanalystes !

Depuis le début de l’année 2016, j’ai tenté de rééquilibrer les articles consacrés à l’autisme sur Wikipédia. Entre autres, j’ai rédigé ou réécrit entièrement ces articles :

  1. Empathie des personnes autistes 

  2. Exclusion sociale des personnes autistes 

  3. Syndrome d'Asperger 

  4. Mouvement pour les droits des personnes autistes 

  5. Temple Grandin 

  6. Kathleen Seidel 

  7. Autiste savant 

  8. Prise en charge de l'autisme par l'équithérapie

  9. Emploi des personnes autistes 

  10. Diagnostics rétrospectifs d'autisme 

  11. Controverse sur le rôle de la vaccination dans l'autisme

J’ai mis en ligne un Portail web wiki consacré à l'autisme le 5 mai de cette année, il comptait alors moins de 100 articles. Il en compte 228 à ce jour, ce qui veut dire que le nombre d'articles consacrés à l'autisme sur Wikipédia a plus que doublé en six mois.

Liste totale des articles relatifs à l'autisme dans Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:Portail:Autisme/Articles_li%C3%A9s&pageuntil=Temple+Grandin+%28t%C3%A9l%C3%A9film%29#mw-pages

Pour diminuer le verrouillage de l’information par les psychanalystes, bien que la création d’un site web gouvernemental soit une très bonne chose, je recommande des publications scientifiques. De par ma formation, j’ai la possibilité de rédiger et de soumettre de tels articles en me basant sur l’un de mes points forts, le « datamining », la collecte de données.

TSAxx, wikipédienne

9 décembre 2016

Autisme : un texte anti-psychanalyse rejeté par l'Assemblée

article publié dans Le Point

Le député Daniel Fasquelle avait fait une proposition de loi, signée par une centaine de députés LR, pour "condamner et interdire les pratiques psychanalytiques". Source AFP

Modifié le 08/12/2016 à 18:36 - Publié le 08/12/2016 à 15:09 | Le Point.fr
L'Assemblée a rejeté la proposition de loi du député LR Daniel Fasquelle visant à condamner et à interdire toute pratique de la psychanalyse dans le traitement de l'autisme.

L'Assemblée a rejeté la proposition de loi du député LR Daniel Fasquelle visant à condamner et à interdire toute pratique de la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. © Citizenside/ AURLIEN MORISSARD

Pas question d'aller jusqu'à « condamner et interdire » la psychanalyse pour prendre en charge l'autisme : l'Assemblée a rejeté, jeudi, une proposition signée d'une centaine de députés LR, mais le sujet, sensible, a provoqué de vifs débats et partagé les camps. « Entreprise malheureuse », a lancé la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, Ségolène Neuville, regrettant que cette proposition de résolution ait « pour effet de raviver des tensions qui n'ont plus lieu d'être ».

Hasard du calendrier, était remis jeudi le prix de l'Inserm au professeur de pédopsychiatrie Catherine Barthélémy pour ses 40 ans de recherche sur l'autisme. Elle-même est défavorable à une approche psychanalytique, par laquelle « on continue de soigner la mère ».

«  Sortons du Moyen Âge dans le traitement de l'autisme »

Le texte de Daniel Fasquelle, paraphé par Laurent Wauquiez, Bernard Debré ou Nathalie Kosciusko-Morizet, entendait inciter le gouvernement à ne plus financer les traitements psychanalytiques et à pénaliser les professionnels de santé «  qui s'opposent aux avancées scientifiques et commettent des erreurs médicales en matière d'autisme ». Une personne sur cent environ est touchée par ce trouble du neuro-développement précoce.

«  Sortons du Moyen Âge dans le traitement de l'autisme » pour éviter une nouvelle « crise » type « Mediator », a lancé à la tribune Daniel Fasquelle, défenseur des « méthodes éducatives et comportementales » recommandées par la Haute Autorité de santé (HAS) depuis 2012. Elles sont mises en œuvre au Canada et en Belgique, où sont contraintes de se rendre des familles de sa circonscription du Pas-de-Calais.

«  Les principales instances de la psychiatrie française d'obédience psychanalytique refusent d'appliquer » ces méthodes, a dénoncé ce coprésident du groupe d'études sur l'autisme de l'Assemblée, évoquant une « colère » des proches. Mais il n'a trouvé le soutien d'aucun autre groupe politique, son collègue LR Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession, épinglant même « un texte dépassé ».

Un « amalgame entre psychanalyse et maltraitance »

Il a été rejoint par des députés de tous bords, le socialiste Denys Robiliard invitant à ne pas définir de « science officielle » ni suivre « les préconisations d'un Lyssenko au petit pied », référence au généticien stalinien Trofim Lyssenko. Gérard Sebaoun (PS), médecin, a aussi critiqué un « amalgame entre psychanalyse et maltraitance ».

Les socialistes, élus du Front de gauche et centristes ont indiqué qu'ils votaient contre, mais avec des nuances, les radicaux de gauche s'abstenant. Pour le PS, Philip Cordery, député des Français du Benelux, s'est élevé contre le texte, « non pas contre l'orientation générale, mais parce qu'il divise par ses excès ». Au nom du groupe UDI, Meyer Habib a refusé toute « interférence politique dans le contenu des soins », mais il a affirmé, après les débats, qu'il voterait en son « âme et conscience » pour la proposition.

Un projet « funeste »

Les principales associations dédiées à l'autisme, rassemblant notamment les familles (Agir et vivre l'autisme, Vaincre l'autisme, Asperger aide France, Maison de l'autisme, etc.) avaient appelé à soutenir le texte. SOS autisme a déploré un «  échec cuisant » après le rejet. Les défenseurs de la psychanalyse avaient fustigé par avance un projet « funeste », « diffamatoire et calomnieux ».

Les deux camps se sont affrontés par pétitions interposées sur la plateforme internet change.org, avec entre 5 000 et 6 000 signatures chacune. Sans surtout jamais « prétendre faire de la médecine à la place des médecins », Ségolène Neuville, elle-même médecin, a martelé son « engagement total pour promouvoir les recommandations de bonnes pratiques » de la HAS, qui sont une simple aide aux praticiens. Outre la défense d'une politique envers les autistes ayant déjà évolué, elle a rappelé le lancement en janvier de la concertation sur un quatrième plan pluriannuel, qui prévoit de renforcer l'offre de scolarisation. Et, avec le programme de François Fillon, « combien de postes seraient amenés à disparaître  » dans l'Éducation nationale s'il était élu en 2017, a-t-elle lancé à la droite.

5 décembre 2016

Quand le lobbyiste Bernard Golse m'accuse de diffamation

5 déc. 2016
Par HUGO HORIOTBlog : Le blog de HUGO HORIOT

"Je ne me reconnais aucunement dans les propos de Mr Hugo Horiot qui ne sont que pure diffamation." Professeur Bernard Golse. Je m'explique donc.

Dans un billet d’humeur, je réagissais au communiqué du Professeur Golse, Président de la CIPPA, chef du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker-Enfants malades et psychanalyste, au sujet de la proposition de résolution de Monsieur Fasquelle, invitant le Gouvernement français à fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes dans la prise en charge de l’autisme, car n’étant pas recommandées par la HAS. Monsieur Golse m’a répondu en qualifiant mes propos de diffamatoires, affirmant que mes attaques étaient personnelles et que je n’avais « rien trouvé à redire à ce communiqué ».

 

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Je vais donc préciser à Monsieur Golse le fond de ma pensée quant à cette résolution. Pour commencer, en ma qualité de Vice-Président du CCNAF (Comité Consultatif National d’Autistes de France) et à titre personnel, je la soutiens. Je reconnais que cette proposition est trop extrême dans le fait de vouloir « interdire » la psychanalyse. J’aurais préféré qu’elle vise tout simplement à supprimer son remboursement, au même titre que la voyance ou l’astrologie, pour permettre le remboursement des intervenants nécessaires à l’inclusion en milieu ordinaire (orthophonistes, auxiliaires de vie scolaire et professionnels correctement formés aux méthodes « recommandées » par la Haute Autorité de Santé), évitant ainsi aux familles de devoir les payer de leur poche.

La psychanalyse, c’est comme une partouze. Elle doit se pratiquer entre adultes consentants, sinon ça devient dangereux. Pour l’enfance en général et les enfants autistes en particulier, les théories d’inspiration psychanalytique mènent à des dérives tragiques et fatales : packing, placements abusifs, psychiatrisation, culpabilisation des parents… les 600 000 personnes autistes ainsi que leurs familles ne connaissent que trop bien ces injustices dont ils sont victimes. Il s’agit également de réaffecter l’orgie de moyens, 3 milliards d’euros annuels alloués aux Hôpitaux de jour (source Ministère de la santé) pour tenir enfermés 10 000 enfants, vers des établissements médicaux sociaux adaptés mais surtout vers l’école de la République, afin de permettre à l’Éducation Nationale de se former et de pérenniser les emplois nécessaires pour accompagner les personnes autistes vers la citoyenneté, citoyenneté qui leur est aujourd’hui interdite. Je soutiens donc cette résolution et invite chaque personne concernée par ce fléau institutionnel à faire de même en signant cette pétition.

 « Certes, ils (les autistes) ont évidemment le droit inaliénable d’être considérés comme des personnes et au respect absolu que l'on doit à tout sujet ou à toute personne, mais au début de leur trajet existentiel tout au moins, ce sont souvent des enfants que leur autisme gêne pour se considérer eux-mêmes comme des personnes, ce qui est tout à fait différent, on en conviendra aisément. »

Je réponds que cette affirmation n’est fondée sur une aucune théorie scientifiquement validée et qu’aucun témoignage de personne autiste ne fait référence à un tel état de fait. Je ne saurais donc qualifier cette affirmation autrement que de masturbation cérébrale.

 

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 « Je combats depuis plus de 30 ans pour que les enfants autistes dont je m'occupe puissent trouver des dispositifs à la mesure de leurs difficultés et de leur souffrance psychique actuellement trop souvent ignorée, car la pathologie autistique ne se réduit pas à la question des autismes de haut niveau et à celle du syndrome d’Asperger si tant est que ce diagnostic nous soit indispensable »

« Pathologie autistique » « souffrance psychique » voici bien des termes trahissant une volonté décidemment indécrottable de vouloir psychiatriser une population qui n’en a nul besoin, et à défaut de l’enfermer dans une étiquette avec un diagnostic, l’enfermer ainsi en hôpital psychiatrique. Depuis plus de 30 ans d’autisme et je l’espère, de nombreuses années à venir encore, j’en sais quelque chose : l’autisme n’est pas un trouble mais une condition. Une condition, comportant certes une grande variété d’un autiste à un autre, pouvant se révéler plus au moins "troublante", voir "handicapante" au regard des codes résultant d’une contrainte de "normalité", inévitablement imposée par la vie en collectivité. Mais lorsqu’une "contrainte de normalité" tend vers le rejet systématique de tout ce qui ne lui ressemble pas, elle devient alors dictatoriale, totalitaire, dangereuse et mortifère, et génère à ce moment là, inévitablement, une forme de souffrance psychique.

Les termes autistes de « bas niveau » ou de « haut niveau », « autiste léger » ou « autiste sévère » participent gravement à cette confusion. Ils engendrent une forme de fatalisme pour les autistes mal accompagnés et visent à décrédibiliser les autistes capable d'être autonomes et de s’exprimer, en les qualifiant de non représentatifs des autres autistes, hélas, incapables de le faire. A l'instar de beaucoup d'autres, aujourd’hui considéré dans les esprits comme de "haut niveau" ou d’« autiste léger » ou encore « d’asperger », voir, pour les plus extrêmes, d’ « imposteur », jusqu'à 15 ans, parce que détectable et trop visible, j'étais considéré de suffisamment "bas niveau" ou “sévère” pour être enfermé, ghettoïsé et condamné.

Contrairement à ce qu’on nous laisse entendre, cette appellation de «niveaux» ne concerne donc pas le «niveau» de l’autisme, mais détermine bien le niveau d’aptitude d’un autiste à prendre part à la comédie sociale… ce qui est très différent, car mouvant et ce, à tous les instants. Le niveau d'adaptabilité de la personne autiste dépend avant tout du niveau de l'accompagnement inclusif dont elle a pu bénéficier et à la maltraitance institutionnelle à laquelle elle a pu échapper. Or l'ensemble de la perception de l’autisme se tient encore sur une ligne du "handicap" voir de la “maladie”, engendrant donc l'institutionnalisation, la mise sous tutelle voir la médicamentation, plutôt que l'aménagement d'une société inclusive.

Cette vision obsolète et dangereuse de notre condition fausse la perception de ce que nous sommes : une spécificité du genre humain appartenant à la neuro-diversité.

« Je précise seulement à Mr Hugo Horiot que la CIPPA que j’ai l’honneur de présider est la « Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes et membres associés s’occupant de personnes avec autisme» et qu’en oubliant ce terme de « membres associés », Mr Hugo Horiot fait mine d’ignorer que cette association regroupe nombre de professionnels qui ne sont pas psychanalystes »

 

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 Monsieur Golse serait-il donc dans le déni que le Conseil d’Administration de l’association qu’il préside, la CIPPA (Coordination Internationale en Psychothérapeutes Psychanalystes s’occupant des personnes avec Autisme) et non, je précise, « la CIPPMAA (Coordination Internationale en Psychothérapeutes Psychanalystes et Membres Associés s’occupant des personnes avec Autisme) », est composé exclusivement de personnes d’obédience psychanalytique ? De même que le CCNAF (Comité Consultatif National d’Autistes de France), dont j’ai l’honneur d’être le Vice-Président, est composé uniquement d’autistes, ou de personnes autistes ou encore de « personnes avec autisme », selon votre terminaison préférée…

« Par ailleurs, Mr Hugo Horiot persiste à affirmer que les recommandations de la HAS ont attribué aux psychothérapies psychanalytiques le label de « non recommandées » alors que c’est le label de « non consensuelles » qui a été attribué, ce qui n’est pas du tout la même chose. »

Le Professeur Golse a la mémoire courte : je n’ai guère omis dans ma précédente tribune de faire allusion à la fuite orchestrée par les tenants des méthodes analytiques avant la publication des recommandations HAS de 2012, engendrant une polémique qui a largement contribué à adoucir le terme employé par la HAS pour classifier les méthodes psychanalytiques comme « non consensuelles », plutôt que « non recommandées ».

« ma signature de la pétition en faveur du packing (qui n’est pas pratiqué dans mon service) n’avait d’autre but que de permettre à la recherche sur le packing de se poursuivre dans le cade d’un PHRC démocratiquement attribué et qu’aucun lobbying partisan ne saurait interrompre avant son achèvement et la publication des résultats de la recherche entreprise et autorisée. »

 

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La recherche sur le packing serait-elle donc basée sur un processus démocratique ? La HAS s’est formellement opposée à cette pratique, mais en plus, en 2011 la ministre de la santé Roselyne Bachelot, avait ordonné un moratoire sur le packing, en attendant le résultat de l’étude du Professeur Pierre DELION pour statuer sur son maintien ou son interdiction.

Or, l'étude portant sur le packing a manifestement d’autres objectifs, beaucoup moins louables que l’avancée de la recherche. Menée par le professeur Pierre Delion au CHRU de Lille, elle reste aujourd'hui la seule faille juridique permettant d'orchestrer, en France, cette pratique onéreuse et sur fond d’argent public, notamment sur des sujets autistes. Cette étude a été diligentée il y a cinq ans. Cela a pour conséquence de maintenir cette formation dans divers organismes, tels que le SNUP, SOFOR, CEMEA Languedoc Roussillon, ainsi que sa pratique dans divers centres, sous couvert de recherche clinique. On trouve encore aujourd’hui en France, d’ardents défenseurs de cette pratique, comme le Dr Albernhe, psychiatre au CHU d'Avignon. Cette recherche menée par le Professeur Delion a mystérieusement bénéficié de deux reports exceptionnels successifs et suite à cela, 4 ans plus tard, toujours aucun résultat n’était encore publié.

 

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Plutôt que de recherche, ne conviendrait-il donc pas plutôt ici de parler de lobbying ? Lobbying auquel le Professeur Golse donne sa bénédiction, ce qui en fait donc… un lobbyiste.

Heureusement il existe des chercheurs dignes de ce nom en France qui soulignent l’urgence de changer de modèle concernant l’accompagnement de l’autisme en France. Inutile de préciser que leurs noms ne figurent pas parmi les mystérieux « membres associés » de la CIPPA.

A moins que cela ne fasse une trop mauvaise publicité pour le Président de la CIPPA de s’attaquer à une personne autiste par la voix juridictionnelle, si le lobbyiste Bernard Golse venait encore à qualifier mes propos de diffamation, je lui suggère de demander à son avocat de prendre contact avec le mien, car je compte bien continuer d’exercer ma liberté d’expression. Aussi, s’il fallait en venir à cette extrémité, je préfère l’avertir que mon avocat est prêt à le tailler en pièces, ce qui sera une bien maigre boucherie à côté du gâchis humain et financier qu’il a contribué à orchestrer durant plus de 30 ans, privant de nombreux autistes d’un avenir et incitant nombre de parents à « faire le deuil de leur enfant. »

19 novembre 2016

Portrait croisé de deux jeunes autistes entrepreneurs à Rouen

Rencontre. Une table ronde sera organisée jeudi 24 novembre sur le thème « Le handicap invisible en milieu professionnel ». Portrait croisé de deux jeunes entrepreneurs autistes - Anne Charrier, écrivaine et Romain Brifault, créateur styliste - dont les parcours n’ont pas forcément été simples. Ils se sont accrochés pour réaliser leurs rêves.



Romain, styliste et autiste

Romain Brifault (23 ans) est styliste. Son atelier privé est installé rue Alsace-Lorraine, où il crée des robes de mariée, des robes de soirée et taille entièrement sur mesure. Après ses années de maternelle en milieu normalisé, Romain a été déscolarisé après le CP. Diagnostiqué autiste Asperger, il a ensuite été suivi pendant plusieurs années à l’institut de jour Alfred-Binet (Darnétal). « Les Asperger ont une façon particulière de penser », explique Romain. « Nous marchons beaucoup au sensoriel. Nous sommes obligés de passer par la vie réelle pour apprendre. » Romain décrit avec ses mots : « Avant,je ne pouvais pas décrypter les visages humains, le sens des émotions des autres : la surprise, la peur, un sourire narquois ou bienveillant...Le monde du travail est un milieu en effervescence permanente. Il y a une partie comportementale pas évidente pour nous ».

À 14 ans, Romain intègre le collège Jean-Baptiste-de-La-Salle, avec l’aide d’une auxiliaire de vie scolaire à plein-temps. Puis il entre en bac pro « métiers de la mode et vêtement » à la Providence, près de la préfecture. « À l’origine, je voulais être designer, créer des objets du quotidien, mais toutes les écoles étaient à Paris. Ma singularité réside dans l’envie permanente de créer. » Pendant son cursus, les enseignants le soutiennent. Plusieurs stages étaient obligatoires et « se sont bien déroulés, sauf celui pour lequel je n’avais volontairement pas voulu préciser que j’étais autiste. Je voulais savoir si je pouvais conquérir le monde, savoir si mon handicap serait une barrière pour les autres ». Romain raconte avec le sourire le début de son stage catastrophe, mais l’échec a été sérieux. Son stage de terminale - chez Gérard-Darel - s’est, en revanche, révélé « incroyable, un changement radical dans ma vie ». Sa créativité est alors reconnue par les professionnels.

Avec son frère Alexandre (étudiant à Neoma Business school) - et le soutien de son grand-père - Romain monte son entreprise dès la sortie du lycée, son bac pro en poche. « C’est important d’être entouré, sans la famille on n’est rien. Je dis toujours que mes parents sont le bateau, moi le moteur, et que nous faisons un très beau voyage... », confie Romain qui aimerait - comme Anne Charrier - « sensibiliser sur la différence, Asperger est un handicap invisible. Le handicap ce n’est pas seulement les fauteuils roulants ». Dans deux ans, Romain a prévu de lancer sa marque de vêtements pour hommes.

Dossier réalisé par Patricia Buffet
et Stéphanie Péron

Maison de couture Romain Brifault, tél. 06 52 38 58 56.

Anne Charrier, écrivaine

Aujourd’hui âgée de 22 ans, Anne Charrier a été diagnostiquée autiste Asperger à l’âge de 10 ans « grâce à la maman de Romain, qui a vu des similitudes entre nous deux ». Une scolarité dans les normes et « la chance énorme d’échapper à l’hôpital de jour », Anne a su qu’elle voulait écrire depuis le CM1. Inscrite à l’institution Rey (Bois-Guillaume), la lycéenne a obtenu son bac L. « La particularité d’Asperger n’était pas reconnue. Quand ma mère exprimait des doutes face à l’autisme, on lui répondait, mais non, ce n’est pas ça, ta fille parle ! ».
Les autistes Asperger ont tendance à prendre tout au pied de la lettre. Pas de second degré. « Enfant, à la traditionnelle question : « Elle est de quelle couleur ta chatte ? », j’ai donné la couleur de notre chatte. Insultes, moqueries, c’était difficile. Aujourd’hui, quand je ne comprends pas, je demande qu’on m’explique ».
Hypersensibilité tactile
Souvent, les personnes Asperger développent une hypersensibilité dans une ou plusieurs matières. « La mienne est tactile, explique Anne. Quand je souffre physiquement, c’est décuplé par rapport aux autres. »
Une excellente mémoire et un sens aigu du détail font aussi partie de ses autres qualités.

Après un DUT « métiers du livre » au Havre, puis un bac + 3 à Grenoble « littérature et documentation », Anne Charrier a écrit deux ouvrages en littérature jeunesse : les aventures de Mira et Perle (en 2015), puis celles de Mira et Angel (en juillet 2016). Le troisième tome est en cours d’écriture. « Pendant ces années d’études supérieures, j’ai vécu en autonomie », précise fièrement la jeune femme.

Quand elle regarde en arrière, Anne évoque des souvenirs de scolarité difficile, d’incompréhension avec ses camarades ou certains enseignants. « À l’université, il y a eu une grosse différence : tout le monde se respectait. J’avais de l’aide pour la prise des notes, car je souffre de difficultés en motricité fine. »

Anne ne vit pas (encore) de son métier d’écrivaine, elle cherche actuellement un emploi de bibliothécaire en littérature jeunesse.

Table ronde
Dans le cadre du mois de l’économie sociale et solidaire, une table ronde sera organisée sur le thème « Le handicap invisible en milieu professionnel ». L’entreprise Griss - basée à Seine Innopolis - qui intègre des autistes (notre édition du 5 mai 2016) propose ce rendez-vous en partenariat avec l’entreprise Romain Brifault. Ont été invitées des personnes autistes, des familles, des entreprises, des institutions et collectivités. L’objectif des organisateurs est de « présenter la question du handicap invisible en milieu professionnel et la singularité de leur modèle économique, fondé sur la valorisation des talents des personnes
autistes
 ».
Table ronde jeudi 24 novembre, de 9 h 30 à 11 h 30, 72 rue de la République au Petit-Quevilly (Seine Innopolis). Entrée libre et gratuite, sur inscription : griss@griss.tech ou 06 88 11 83 97.
8 novembre 2016

Un immeuble en projet à la Rochelle pour les adultes autistes asperger

article publié sur le site de France Beu

Par Charlotte Jousserand lundi 7 novembre 2016 à 6:00

De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco © Radio France - Charlotte Jousserand

Des parents et des associations ont monté un projet immobilier pour les adultes autistes asperger. Pour le moment il n'existe rien ni dans le département ni dans la région. Le projet "Maison bleue" prévoit onze appartements à la Rochelle.

"C'est une maison bleue adossée à la colline...", tout le monde connait le début des paroles de la chanson de Maxime le Forestier. Pour Christine Marcel, la maison de cette chanson "c'est un peu la maison idéale où chaque jeune pourrait vivre selon son rythme et selon ses besoins". Christine Marcel et son mari ont monté ce projet "Maison Bleue" depuis presque deux ans pour leur fils de 23 ans qui est autiste asperger.

Les personnes qui souffrent de ce syndrome sont brillantes mais elles ont des difficultés à gérer le quotidien et à s'organiser. Il n'existe rien actuellement dans le département ou dans la région pour ces adultes. Conséquence, les adultes autistes asperger vivent donc la plupart du temps chez leurs parents ou avec d'autres membres de leurs familles.

Préparer l'avenir

C'est parce qu'il n'y a rien que Christine Marcel et son mari ont décidé d'inventer et de créer une solution adaptée pour leur fils et pour les autres adultes concernés par le syndrome d'asperger. Christine Marcel veut préparer l'avenir : "On n'est pas éternel et on ne veut pas que ce soit sa sœur qui soit responsable de la vie de son frère, il faut qu'ils puissent vivre chacun leur vie".

Les situations peuvent être "catastrophiques" quand l'avenir n'est pas préparé estime Valérie Coco, psychologue à l'Adapei 17. "Après le décès des parents, ce sont très souvent les frères et les sœurs qui prennent en charge, ou alors l'adulte autiste asperger se débrouille mais face à une difficulté il peut paniquer".

Un immeuble avec des services

Une "maison bleue" ce n'est ni une institution, ni un centre spécialisé. Selon Valérie Coco, "la maison Bleue ce sont environ onze appartements réunis dans un même lieu, un petit immeuble. Ce sont des appartements privés que chaque adulte va louer mais pour les aider à gérer leur logement il y a aussi dans cet immeuble des éducateurs pour les aider soit par exemple à préparer les repas où à faire le ménage dans leur logement". Des ateliers pour apprendre "à être un citoyen" où à gérer d'autres problématiques sont également prévus.

Dans le projet sont prévu un rez de chaussé avec six appartements pour des personnes autistes asperger qui sont autonomes mais qui ont besoin d'une visite une ou deux fois par semaine. A l'étage, cinq appartements avec un "plateau technique", c'est à dire des éducateurs qui viendront aider les personnes au quotidien. Un veilleur de nuit est également prévu dans cet immeuble. Christine Marcel souhaite que la maison soit située à la Rochelle ou dans la petite couronne car il faut que les adultes puissent avoir accès au transport et à la vie de la cité.

Des logements déjà testés à Roncq

Ce concept n'existe pas pour le moment dans la région mais de tels logement existent déjà dans le nord de la France, à Roncq près de Tourcoing. Le projet monté par Christine Marcel et son mari, aidé par Valérie Coco, est aussi aidé par l'Association Emmanuelle qui aide les personnes en situation de handicap mental. Diane Compain, membre de l'association Emmanuelle explique que "très souvent ce sont les parents qui sont à l'origine des structures, l'association Emmanuelle apporte une expérience cela fait 42 ans que nous créons des structures pour les personnes en situation de handicap mental".

Christine Marcel, Diane Compain et Valérie Coco cherchent désormais à évaluer le nombre d'adultes souffrant du syndrome d'asperger qui serait intéressé par cette solution de logement. Quant au projet de maison Bleue, il est terminé sur le papier, il sera présenté à la fin de l'année à l'Agence régionale de Santé et au Conseil départemental pour une validation, un financement pour la construction.

8 novembre 2016

Une initiative privée pour aider les jeunes autistes

article publié dans 24heures.ch

Nyon

Grâce à deux mamans d’adolescents atteints du syndrome d’Asperger, la Côte dispose désormais d’un Groupe de compétences sociales.

Catherine Pitton (à g.) et Natalie Boudou ne se sont jamais découragées.

Catherine Pitton (à g.) et Natalie Boudou ne se sont jamais découragées. Image: Vanessa Cardoso


L’appellation est rebutante mais la fonction est primordiale. A l’heure où l’autisme touche une personne sur 100, selon les statistiques de l’OMS, mais plus vraisemblablement une personne sur 70 ou 80, les Groupes de compétences sociales sont une structure qui permet aux participants souffrant de troubles du spectre autistique (TSA) de développer, voire carrément d’acquérir, la capacité d’interagir avec autrui.

Il faut savoir que l’un des principaux problèmes des adolescents atteints du syndrome d’Asperger, également appelé autisme de haut niveau de fonctionnement, est leur incapacité à communiquer avec leur entourage de façon sereine et constante.

Il est donc indispensable de les prendre par la main pour les mettre en confiance, leur apprendre à reconnaître leurs émotions et les conduire sur le chemin de l’échange et de l’amitié. Début novembre, à l’initiative de deux mamans d’adolescents atteints du syndrome d’Asperger, un Groupe de compétences sociales est ainsi né à Nyon.

Diagnostic difficile

Catherine Pitton et Natalie Boudou ne sont pas du genre à se lamenter en attendant que l’on vienne (peut-être) à leur aide. Natalie, l’an dernier, avait révélé dans nos colonnes le chemin de croix enduré par sa fille Elise, livrée à l’impéritie des psychiatres qui ont mis 15 ans à diagnostiquer son autisme (24 heures du 16 mars 2015).

Nous avions alors rencontré Elise à son retour de l’école. Un regard, un bonjour murmuré du bout de lèvres, puis la porte de sa chambre s’était définitivement refermée. A peine plus d’un an plus tard, dans la nouvelle maison des Boudou, à Crans-près-Céligny, Elise rentre une fois encore de l’école, sourire aux lèvres, vous tend la main en disant qu’elle vous reconnaît, puis attaque joyeusement tant un paquet de biscuits au chocolat qu’une belle conversation dans laquelle elle finira par lâcher, avec une pointe de malice, qu’elle se sent réellement beaucoup mieux.

Elise, bientôt 20 ans, fréquente depuis moins d’un an un Groupe de compétences sociales à Lausanne. «Les progrès de notre fille sont absolument considérables, souligne Natalie Boudou. Elle a rencontré des gens qui lui ressemblent, a noué des amitiés et commence même à organiser des sorties. Pour nous, pour la famille, c’est un nouveau jour qui se lève.»

Don généreux

Mais Lausanne n’est pas la porte à côté. Sachant que les besoins sur La Côte sont importants et que toutes les familles n’ont pas la possibilité d’emmener leur enfant à Genève ou à Lausanne, Natalie Boudou et Catherine Pitton, maman d’un garçon souffrant du syndrome d’Asperger diagnostiqué précocement, ont pris le taureau par les cornes en 2015.

En toute logique, elles se sont d’abord adressées au Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation (SESAF), qui dépend du Département de la formation et de la jeunesse. On les a félicitées mais pas aidées, au prétexte que l’argent fait défaut.

Le découragement n’étant pas le genre de la maison, elles ont sonné à d’autres portes et au bout du compte, grâce au soutien de la Fondation de Vernand, qui fournit un appui logistique, et surtout à un don généreux de la Fondation Pélichet, à Nyon, elles ont finalement atteint leur but.

Groupe mis sur place

Jeudi 3 novembre dernier, en fin d’après-midi, un Groupe de compétences sociales a réuni pour la première fois six adolescents entre 14 et 17 ans, tous volontaires, dans les locaux de la Fondation de Vernand, à Nyon. Pendant une année, sous la conduite d’une enseignante spécialisée et d’un psychologue, ils apprendront notamment, une fois par semaine, à se connaître, à interpréter leurs émotions et celles des autres, à comprendre le langage non verbal, le deuxième degré et à gérer leur stress et leurs frustrations. A vivre harmonieusement en société, en somme, en intégrant des codes qui leur sont, au départ, étrangers.

Tout cela à un prix, bien sûr. La mise en œuvre d’un tel groupe coûte de 30 000 à 35 000 francs par an, il faudrait en créer d’autres, pour d’autres tranches d’âge, et les deux mamans ne disposent pour l’heure que d’une seule année de financement.

Qu’à cela ne tienne: avec une volonté et un optimisme roboratifs, elles sont convaincues qu’elles trouveront un ou plusieurs donateurs qui leur permettront de pérenniser leur épatante initiative. Qui pourrait en douter? (24 heures)

(Créé: 07.11.2016, 07h48)

Directrice du Centre cantonal de l’autisme du CHUV depuis 2014, la pédopsychiatre Nadia Chabane ne cache pas son admiration pour l’action de Natalie Boudou et de Catherine Pitton. «Ce que ces deux mamans ont fait est formidable, parce que la création de groupes de compétences sociales fait partie des stratégies phares de notre combat contre l’autisme, souligne celle qui est aussi professeure à l’UNIL, responsable de la chaire Hoffmann dédiée aux troubles du spectre de l’autisme (TAS).

L’un des principaux problèmes des personnes atteintes de ce syndrome est précisément leur incapacité à comprendre leur environnement social et à adopter les codes que nous apprenons intuitivement. Il est donc très important de les prendre en charge, poursuit-elle, d’adapter le groupe au niveau des personnes qui le composent, à leurs besoins et à leur âge, et il n’est jamais trop tard, pour un autiste, pour y participer.»

Natalie Boudou et Catherine Pitton avaient pourtant tenté d’entrer en contact avec le Centre cantonal de l’autisme, qui ne leur avait toutefois jamais répondu. «J’en suis profondément désolée, mais je dois avouer que nous sommes complètement débordés. Le centre, qui a créé un appel d’air considérable dans le canton, ne compte que trois psychologues, un logopédiste et deux médecins, dont moi».

«Il ne peut pas être le seul recours, confie Nadia Chabane. Quand j’ai été nommée, j’ai immédiatement précisé que tous les problèmes ne se régleraient pas d’un coup de baguette magique. Notre mission principale, aujourd’hui, est de former les professionnels à une approche comportementale de l’autisme, et de créer un véritable réseau. Nous avons donc besoin de temps, mais je sais que nous y arriverons.»

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