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"Au bonheur d'Elise"
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inclusion
26 avril 2018

Gérard Larcher en action pour le DuoDay2018

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26 avril 2018

Un enfant autiste cache un micro dans son sac pour montrer le harcèlement dont il est victime

article publié dans Metro

 

La mère d’un garçon autiste de 12 ans a glissé un enregistreur dans son sac pour comprendre ce qu’il vivait à l’école. Suite à l’écoute des enregistrements, deux membres du personnel ont été virés.

Camden Davis, 12 ans, est un jeune américain souffrant d’autisme. Depuis un an, il fréquente la Hope Academy en Louisiane, un école qui se présente comme adaptée aux élèves avec des besoins spécifiques. Depuis quelques temps, sa mère, Milissa Davis, a constaté que le comportement de son fils était en train de changer et que quelque chose n’allait pas. De retour à la maison, il était agressif et recommençait à faire pipi au lit. La maman a donc décidé de glisser un enregistreur dans le sac à dos que son fils emportait chaque jour à l’école.

 

 

Stupeur à l’écoute des enregistrements

Lorsque Camden est rentré, sa mère a écouté les conversations que le micro avait pu enregistrer. Elle a tout de suite compris le harcèlement dont son fils était victime et elle a été dévastée. Dans un extrait diffusé par les médias américains, on peut entendre deux adultes dans une salle de classe s’adresser au garçon de 12 ans. « Tu écris simplement le mot, qu’est-ce qui est compliqué ? ». Dans une autre conversation, on peut entendre un professeur dire : « Camden, pourquoi tu n’as riien écrit sur ta feuille ? Voilà pourquoi tu ne peux pas t’assoir avec les autres. Dis ça à ta maman ».

Deux professeurs licenciés

Les propos les plus choquants viennent d’un professeur qui s’exclame : « Voyons ce qu’ils feront de lui dans une putain d’école publique. Ha ha, il n’y resterait pas une minute ». L’établissement scolaire, situé à Baton Rouge en Louisiane, a d’abord regretté que la mère ne leur ait pas fait écouter l’enregistrement avant de le mettre sur les réseaux sociaux. Néanmoins, l’école a immédiatement pris des mesures en licenciant les deux personnes identifiées sur les enregistrements. Il s’agissait d’un professeur et de son assistant.

Milissa Davis a immédiatement retiré son fils de cette école. Elle envisage de déposer plainte au département en charge de l’éducation. « Je me suis tellement mal quand je pense que j’ai envoyé mon fils là-bas tous les jours, sans savoir ce qu’il se passait ».

 

25 avril 2018

Une école primaire de Brive en Corrèze face aux difficultés d'intégration d'une élève autiste

article publié dans La Montagne

Une école primaire de Brive en Corrèze face aux difficultés d'intégration d'une élève autiste
La violence d’une de leurs camarades effraie les élèves du CE1b. © Photo Frédéric Lherpiniere

Des parents d’élèves de l’école Saint-Germain à Brive (Corrèze) réclament des moyens sûrs et pérennes pour accueillir une élève en situation de handicap.

Récréation normale ce mardi matin ; dans la cour de l'école primaire Saint-Germain située à Brive, les cris et les rires des enfants fusent jusqu'à ce que chacun rejoigne sa classe. Deux parents d'élèves délégués restent dans la cour, la colère et l'inquiétude à fleur de peau.

« Au départ on était là pour la kermesse et les gâteaux, sourient nerveusement Camille Senon et Charles Poutrel. Aujourd'hui, on se retrouve face à une situation très compliquée et on est seuls. Comment est-ce qu'on peut faire bouger cette grosse machine qu'est l'Éducation nationale ? »

Depuis des mois, les élèves de la classe de CE1b - dont leurs enfants - vivent dans la tourmente, les crises qu'une élève atteinte de troubles autistiques sévères répète au quotidien. Tous les jours, ils racontent à leurs parents les cris, les gifles, les cheveux arrachés par poignées, les affaires éparpillées, les lunettes de la maîtresse jetées à terre, les tables de classe renversées…

Crises à répétition

« Ils disent qu'elle est différente, que c'est comme ça, qu'on ne peut rien faire », soupire la maman d'élève. « À leur âge, ça doit les marquer quand même. Ça m'énerve que cette situation soit banalisée », reprend l'autre.

Depuis des mois donc, ces parents alertent l'Éducation nationale ; la Ville aussi, même si ce qui se déroule sur le temps scolaire n'est pas de sa responsabilité. Ils ont envoyé des courriers recommandés par dizaine, au DASEN, à la rectrice, assisté à de nombreuses réunions ; à chaque fois, la loi de 2006 sur l'inclusion obligatoire en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap a été rappelée.

[Grand-format] Autistes, et alors ?

« On ne savait même pas que c'était le cas, on l'a découvert par hasard, se défendent les parents. Notre combat, ce n'est pas sa présence à l'école, mais les violences envers les autres et elle-même d'ailleurs. On ne peut pas attendre qu'elle ou un autre enfant soit en danger pour trouver une solution. »

Depuis lundi, « en désespoir de cause », ils ont pris pied dans la cour de récréation, « pour alerter et sécuriser », expliquent-ils. Chaque soir, ils transmettent un rapport de situation au DASEN pour « prouver que, non, nos enfants ne sont pas en sécurité comme on nous le dit ». Ils ont aussi contacté tous les parents de la classe. « Tous, ils nous ont dit qu'ils avaient peur pour leurs enfants, tous ! ».

À force, il y a eu des avancées. L'enseignante spécialisée est passée de 3 heures à 12 heures, et depuis la rentrée à 24 heures de présence, comme l'assistante de vie scolaire (AVS), auprès de la fillette ; avant les vacances, il a aussi été décidé qu'elle serait prise en charge à part de ses camarades, avec des récréations décalées. « Mais ça ne suffit pas, s'inquiètent les parents. Les crises vont crescendo ! » Deux sur la journée de mardi. « Pour le moment, on reste dans la cour, mais si elle réintègre la classe, on y entrera », avance Camille Renon.

Attendre comme ça jusqu'au CM2, ce n'est pas une réponse

« On nous parle constamment du bien-être des enfants, mais là, on a un peu l'impression que c'est à deux vitesses, soupire Charles Poutrel. L'inclusion, c'est parfait, on n'a rien contre. Mais quand ça se passe mal, on ne peut pas simplement se réfugier derrière la loi en laissant 22 enfants comme ça ! Peut-être y a-t-il des modalités différentes à trouver ? »

Car certains parents pensent déjà à retirer leurs enfants de Saint-Germain. « Attendre comme ça jusqu'au CM2, ce n'est pas une réponse ! Enlever nos enfants de cette école, ce sera un ultime recours, qui ne fera que déplacer le problème. »

Depuis septembre, l'école de Boisseuil en Haute-Vienne inclut à temps plein des enfants autistes

En attendant, les parents poursuivent leur surveillance jusqu'à vendredi. Et après ? « Peut-être qu'on trouvera un autre mode d'action… On réagit au cas par cas, en fonction de ce que proposera ou pas l'Éducation nationale. »

Blandine Hutin-Mercier

25 avril 2018

Une épicerie rennaise dédiée à l'insertion des jeunes autistes

Ils s'activent / Initiatives / Rennes [35]
Agnès Jamain et Gino Verrelli, fondateurs de l'association Mathi, vont ouvrir une épicerie traiteur italien, en septembre.  Sa particularité : le lieu sera tenu par de jeunes autistes de 16 à 25 ans.
Agnès Jamain et Gino Verrelli, fondateurs de l'association Mathi, vont ouvrir une épicerie traiteur italien, en septembre. Sa particularité : le lieu sera tenu par de jeunes autistes de 16 à 25 ans.

Agnès Jamain et Gino Verrelli, fondateurs de l'association Mathi, vont ouvrir une épicerie traiteur italien, en septembre, à Rennes. Sa particularité : le lieu sera tenu par de jeunes autistes de 16 à 25 ans.

« Il faut changer le regard sur l'autisme. » Agnès Jamain et Gino Verrelli sont parents de Mathieu, 11 ans, autiste. Après avoir fondé l'association Mathi, le couple ouvrira une épicerie-traiteur italien, au mois de septembre, dans le centre-ville.

En parallèle, Agnès et Gino souhaitent mettre en place un centre pédagogique et culturel franco-italien. « Une façon de décloisonner le rapport au handicap et de faire rayonner la culture franco-italienne. » Le lieu, qui sera d'une superficie de 200 m2, s'appellera Bottega Mathi.

« À travers ce lieu, nous souhaitons que les jeunes puissent s'intégrer et s'épanouir dans le monde ordinaire et du travail. Nous voulons aussi faire évoluer les représentations que l'on peut avoir de l'autisme. C'est un handicap encore très mal connu et les préjugés sont difficiles à changer », explique le couple.

L'entreprise accueillera des jeunes ayant reçu un diagnostic officiel et dont les parents souhaitent une prise en charge professionnelle et comportementale en milieu ordinaire. « Huit jeunes seront formés tous les trois ans sur la base d'un mi-temps, en rotation avec l'école, le domicile et les structures médico-sociales. »

>>> Lire aussi : Guillaume s'est découvert autiste à 27 ans

70 % des enfants déscolarisés

À laBottega Mathi, le jeune apprendra les métiers de la vente et de la restauration sur la base d'un projet professionnel individualisé. « Chacun sera embauché avec un contrat aidé. Il sera encadré par des intervenants, comportementalistes, ergo-thérapeute. Le projet sera adapté aux difficultés de chacun. » Au terme de ce parcours d'apprentissage, il recevra une reconnaissance de compétences. « Il se verra accompagné par l'association dans sa recherche d'emploi en créant des passerelles vers d'autres entreprises. »

La France accuse un retard considérable dans la prise en charge des personnes souffrant de troubles autistiques. À l'heure actuelle, 70 % des enfants sont déscolarisés et 90 % des adultes concernés ne travaillent pas. « La plupart restent chez eux et s'ennuient. D'où cette nécessité de créer, dans le territoire rennais, une activité économique de type sociale et solidaire, visant à accompagner ces jeunes dans leur insertion socioprofessionnelle en milieu ordinaire. »

Linda BENOTMANE.

>>> Lire aussi : Autiste et handicapé, il demande un auxiliaire à la fac

Association Mathi, 12, rue Danton, 35 700 Rennes. Tél : 07 82 61 90 08. Contact@assomathi.com

24 avril 2018

Quelle place pour le handicap dans les médias?

 

[Colloque] Quelle place pour le handicap dans les médias?

Quelle est la place du handicap dans les médias? C'est la question que pose Charles Gardou, Anthropologue et Responsable du master "Référent Handicap" de l'Université Lyon 2. Talentéo est parti à sa rencontre pour en apprendre plus sur le colloque "Le handicap au prisme des médias: une optique inclusive?"

https://www.talenteo.fr

 

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21 avril 2018

L'inclusion des élèves en situation de handicap en Italie

 

L'inclusion des élèves en situation de handicap en Italie

Dans un contexte d’engagement du Président de la République et du gouvernement en faveur du handicap, priorité du quinquennat, le ministre de l’éducation nationale a souhaité qu’une mission de comparaison internationale se déroule en Italie, pays pionnier en matière d’accueil et de scolarisation des élèves en situation de handicap.

http://www.education.gouv.fr

 

20 avril 2018

Bussy-Saint-Georges : autiste haut-niveau, Pierre va courir le marathon d’Annecy

article publié dans Le Parisien

Alexandre Métivier| 20 avril 2018, 10h38 |0

Illustration. Pierre Thuillier a trouvé dans le sport un moyen de se sociabiliser. Son frère Benoît a également fait de l’athlétisme avec lui. DR

Etudiant en ingénierie informatique, Pierre Thuillier a trouvé dans le sport un moyen de se sociabiliser ou de rester calme et concentré. Dimanche, il va tenter de boucler les 42, 195 km du marathon.

Dimanche à 8 h 30, Pierre Thuillier va prendre le départ du marathon d’Annecy en Haute-Savoie. Ce n’est pas son premier. Licencié au club Bussy-Saint-Georges Athlétisme, le jeune homme de 22 ans participe régulièrement à des trails et courses à pied. « Faire du sport me permet de rester calme et concentré sur ce que je fais. Ça peut me faire oublier mes angoisses de la journée », explique-t-il sous le regard bienveillant de sa mère Corinne.

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Bussy-Saint-Georges, le 3 avril. Pierre et Corinne, sa mère. LP/A.M.

« Pierre est autiste haut-niveau. Il n’a parlé qu’à six ans et la reconnaissance de son autisme a été faite à 16 ans », indique cette mère de quatre garçons. « Les autistes comme Pierre sont très anxieux, ont une hyperacousie, une hyper sensibilité, ils peuvent être apeurés du monde, du bruit, du regard de l’autre, poursuit-elle. Quand il était petit, il nous regardait sans nous voir. Nous étions transparents. Il ne répondait pas à son prénom mais il ouvrait un ordinateur. Pour nous, c’était rassurant car quelque chose se passait. »

« Un moment de culpabilité qui m’a frappé dans les tripes »

Capable de faire des puzzles de 100 pièces à quatre ans, Pierre est aujourd’hui en Master 1 ingénierie informatique. « J’envisage une carrière en développement Web ou en infographie, indique-t-il. Dans mon école, les gens sont compréhensifs et m’acceptent tel que je suis. » Ce ne fut pas toujours le cas au primaire, au collège ou au lycée.

« J’ai prévenu tous les profs de la façon dont il fallait procéder avec Pierre. J’avais créé tout un réseau de gamins qui le surveillaient dans la cour pour qu’il ne se fasse pas embêter », poursuit sa mère, fière du parcours de son fils mais inquiète pour son avenir : « Carpe diem. Il ne devait pas aller à l’école, au collège, avoir son bac, son permis et tout s’est bien passé. Aujourd’hui, nous galérons pour lui trouver une alternance. Au premier abord, je peux comprendre que quelqu’un qui ne connaît pas le monde de l’autisme puisse être surpris. »

En 2012, Pierre découvre un documentaire portant sur l’autisme, le Cerveau d’Hugo. « J’ai éclaté en sanglots, j’ai eu un moment de culpabilité qui m’a frappé dans les tripes. Je me suis rendu compte de ce que j’avais vécu et de ce que je leur avais fait vivre », indique-t-il. « Ça a fait une famille un peu bancale mais on s’en est sorti », sourit sa mère. Ce week-end, tout le monde sera présent à Annecy pour l’accompagner.

20 avril 2018

Isabelle Resplendino -> Force et faiblesses du plan Autisme

article publié sur YANOUS

Experte associative et présidente de l'association des Français en situation de handicap en Belgique, Isabelle Resplendino analyse le 4e plan Autisme transformé en stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neuro-développement.

Même si certaines mesures de cette stratégie ne concernent que l'autisme, les troubles neuro-développementaux (TND) englobent aussi la déficience intellectuelle, tous les "Dys", les troubles de déficit de l'attention et l'hyperactivité (TDA/H), etc. Ce qui nuance le matraquage médiatique d'une prétendue augmentation de budget par rapport aux précédents plans autisme. Cette stratégie fait le choix d'investir dans la recherche, l'action précoce, l'inclusion, le soutien aux familles, la formation. Voici pour la partie "engagements" qui ne peut qu'être consensuelle. Mais quelles sont les dispositions prévues pour les tenir ?

La recherche et l'innovation : l'ouverture aux entrepreneurs, si elle se comprend dans le contexte, doit absolument être assortie des précautions nécessaires pour éviter que l'intérêt financier passe avant le sociétal. Le document ne dit rien à ce sujet. Aussi, on nous parle de créer 3 centres d'excellence nationaux, tandis que de l'autre côté, on est en train de démanteler le Centre expert autisme du Limousin : où se situe la cohérence ? Budget pour ce volet : 14 millions d'euros pour la France entière, soit 2,8 millions par an.

Repérage précoce : formation des professionnels, outillage des médecins de 1ere ligne dans les examens obligatoires des enfants à 9 et 24 mois. Une des principales revendications des familles et des associations est enfin écoutée. Il est malvenu toutefois d'attendre l'âge de 2 ans : tester les enfants à l'âge de 18 mois aurait évité la perte d'un temps précieux. Intervention précoce : mise en place dans chaque territoire d'une plateforme d'intervention et de coordination "Autisme TND". Bonne initiative, mais une seule plateforme par territoire, pour tous les TND... Création d'un forfait intervention précoce pour financer le recours aux professionnels non conventionnés. Une revendication très importante des familles, qui semble satisfaite. Mais les chiffres sont étonnants : dans le dossier de présentation, on assure que ce point représentera une enveloppe annuelle de 90 millions au terme de son déploiement. Or, dans le financement de toute la stratégie, on prévoit pour tout ce qui est précoce 106 millions pour 5 ans. Cela nécessite une explication plus approfondie.

Rattraper notre retard en matière de scolarisation : clairement, on porte l'essentiel de cet effort sur les maternelles, en triplant les unités d'enseignement en maternelle autisme (UEMA), les autres tranches d'âge ne ramassant que des "miettes". Cela se comprend : il est scientifiquement prouvé que l'intervention précoce est la plus efficace. Le Gouvernement prévoit donc des économies à court terme, d'ailleurs le Président de la République, Emmanuel Macron, l'a plusieurs fois répété. Budget : 103 millions pour 5 ans. Pour rappel, la place à l'année dans une UEMA de 7 enfants coûte 40.000€ par enfant. Il y en a 110 actuellement ; tripler les UEMA épuise déjà pratiquement tout le budget scolarisation de ce plan en une année.

Les adultes : clairement, la majeure partie de l'effort consacré aux adultes dans ce plan s'adresse aux plus performants (syndrome d'Asperger par exemple). Il y a aussi une logique budgétaire à investir sur ceux qui sont susceptibles d'être productifs. Budget : 115 millions pour 5 ans. Étant donné les 600.000 adultes potentiellement concernés, cela tient plus d'une aumône de 38€ par an et par personne que d'un plan d'action.

Soutien aux familles : solutions de répit (par département), formation des aidants, accompagnement, association des usagers et des familles à la gouvernance de la stratégie et à la politique de recherche. Il faudra encore voir si, dans la pratique, l'avis des usagers et des familles sera consultatif ou réellement participatif aux décisions. Budget : 6 millions pour 5 ans (soit moins de 12.000€ par département et par an), cela ne se commente même plus.

La formation : le Gouvernement mise sur la concertation pour intégrer les progrès des connaissances dans l'élaboration des maquettes de formation. La timidité de cette proposition entraîne que les approches non scientifiquement validées seront d'autant plus longues à éradiquer des formations.

En conclusion : malgré de belles intentions affichées et quelques bonnes décisions, le modeste budget de cette stratégie ira donc surtout aux tout-petits et aux personnes les plus performantes. Elle a été construite plus comme un investissement que comme un respect des droits fondamentaux. Elle ne permet pas une véritable révolution du système, telle que réorienter les budgets du médico-social et du sanitaire vers le milieu ordinaire, se contentant de modestes propositions de décloisonnement, prenant soin au passage de ne pas déclencher une levée de boucliers corporatistes. Ne faisant que l'effleurer sur certains points, le document n'explore pas plus loin la possible transférabilité des enveloppes budgétaires à ce niveau. Cette stratégie néglige les personnes autistes dès qu'elles ont passé le cap de la petite enfance ou qu'elles ne sont pas assez performantes. L'autiste, ce n'est pas que le geek qui peut envoyer son CV à la Silicon Valley ou celui qui peut travailler en ESAT. C'est aussi celui dont on ne veut pas en France et qu'on envoie en Belgique. Le document vante le renouvellement de l'enveloppe de 15 millions censée endiguer un exode qui coûte pourtant 400 millions d'euros chaque année aux départements et à la Sécurité Sociale française. Le Gouvernement devrait être aussi déterminé à répondre à ces attentes que le candidat de l'entre-deux tours Emmanuel Macron qui, lors du débat de la présidentielle le 3 mai 2017, avait osé consacrer sa carte blanche au handicap, promettant la scolarisation pour tous et la fin de l'exode à l'étranger sur 5 ans.


Isabelle Resplendino, présidente de l'association des Français en situation de handicap en Belgique (AFrESHEB), avril 2018.

19 avril 2018

Rhône : autour de Lucie, jeune élève autiste

article publié sur France 3

A 12 ans, Lucie va devoir quitter son école primaire. Faute de places dans les dispositifs adaptés, il n'y a pas de solution adaptée pour l'accueillir l'année prochaine. / © Laure Crozat / France 3A 12 ans, Lucie va devoir quitter son école primaire. Faute de places dans les dispositifs adaptés, il n'y a pas de solution adaptée pour l'accueillir l'année prochaine. / © Laure Crozat / France 3

Par Mathieu BoudetPublié le 19/04/2018 à 17:24

Le gouvernement a présenté son plan autisme 2018-2022 au début de ce mois d'avril 2018. Un plan doté de 397 millions d'euros, pour améliorer la recherche, le dépistage, mais aussi la scolarisation des autistes et l'accompagnement de leur famille. Celles-ci voient leur équilibre social, professionnel, ou économique emporté par l'attention nécessaire à l'enfant autiste.

Autour de Lucie

C'est le cas de la famille de Lucie, une autiste issue du nord Isère, qui ne parle pas. Son père a dû cesser de travailler pour accompagner sa fille. Lucie est scolarisée 4 matinées par semaine dans un établissement de Belleville sur Saône, dans le Rhône. Elle est accompagnée par Myriam Collard, son institutrice, qui s'est  formée aux techniques de l'éducation adaptée aux enfants autistes.

Quel avenir ?

La jeune fille semble épanouie, mais ses parents sont inquiets : elle a 12 ans et va devoir quitter son école primaire. Or, faute de places dans les dispositifs adaptés, il n'y a pas de solution pour accueillir Lucie l'année prochaine.

Découvrez Lucie et son entourage dans ce reportage de Sophie Valsecchi et Laure Crozat :



Intervenants :
-Myriam Collard,
Professeure des écoles spécialisée

-Annick Folliet,
Auxiliaire de vie scolaire de Lucie

-Pascale Beauvallet,
Directrice de l'école Notre-Dame et Sainte Angèle

-Vincent Tournayre,
Père de Lucie

-Lucas Palisse,
Éducateur - Association AFIRRA
19 avril 2018

Domitille Cauet : L'inclusion scolaire des enfants autistes ne peut fonctionner qu avec des moyens

 

Domitille Cauet : L inclusion scolaire des enfants autistes ne peut fonctionner qu avec des moyens

Domitille Cauet, auteure de Paul en Mongolie, à paraître le 23 avril sur Fayard. Cette mère d un garçon autiste a sensibilisé Brigitte Macron, qui préface son livre, au retard français en matière de prise en charge de ce trouble neuro-développemental.

https://www.franceinter.fr

 

16 avril 2018

Reportage café Joyeux sur France 2

14 avril 2018

Le 26 avril 2018 ➡ Duoday pour partager son métier, sa passion avec une personne en situation de handicap

14 avril 2018

Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n’ont pas d’accompagnement à l’école

article publié sur Sud radio


Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n’ont pas d’accompagnement à l’école

Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n'ont pas d'accompagnement à l'école, selon une récente étude, réalisée par le principal syndicat des enseignants du primaire.

C'est un secret de polichinelle, la France accuse un certain retard, par rapport à ses voisins européens, quant à l'accompagnement des personnes handicapées et notamment en milieu scolaire. Ainsi, plus de 6 000 élèves en situation de handicap ne bénéficient pas d'accompagnement à l'école, si l'on en croit les résultats d'une étude réalisée par Snuipp-FSU, le principal syndicat des enseignants du premier degré. Des carences qui s'expliquent par le manque d'AVS, ces auxiliaires de vie scolaire qui encadrent au quotidien les enfants handicapés, afin que ces derniers puissent suivre une scolarité normale.

"On a attendu presque un an pour avoir une AVS"

Des problèmes récurrents que ne connaît que trop bien Laetitia, qui a dû patienter durant de longs mois avant que son fils Ryan, âgé de 7 ans et atteint de plusieurs troubles neurologiques, n'obtienne un accompagnement adapté. Nous l'avons rencontrée. "Mon enfant, qui devait avoir normalement son AVS en mai 2017, ne l'a eu qu'en février 2018. On a donc attendu presque un an pour avoir une AVS", nous explique-t-elle, précisant toutefois que cette auxiliaire de vie ne peut intervenir tous les jours car elle doit s'occuper dans le même temps d'un autre enfant, souffrant d'un handicap auditif. Ce qui s'avère problématique pour Ryan, lequel a besoin d'être accompagné en permanence, comme nous l'explique sa maman. "Le reste du temps, il n'arrive pas à suivre. Il bouge de partout parce qu'il est vraiment hyperactif et même si l'enseignante le met devant, elle n'arrive pas à le gérer", déplore-t-elle ainsi. 

Cette situation engendre des difficultés pour les deux élèves, qui se retrouvent donc presque livrés à eux-mêmes lorsque leur AVS ne s'occupent pas d'eux. "Soit ils sont à l'écart parce que l'enseignant n'arrive pas à gérer, soit on est amenés à être appelés pour venir les récupérer", nous confie Laetitia qui, à force de venir chercher son enfant à l'école en dépit d'un emploi du temps chargé, a dû arrêter de travailler. Devant tant d'incertitudes, difficile pour elle d'envisager l'avenir sereinement. "Mon état d'esprit au quotidien, c'est une bataille. Pour l'école et le futur, c'est l'incertitude car on a l'impression que nos enfants n'auront pas d'avenir", déplore-t-elle, presque fataliste.

Et Laetitia n'est pas au bout de ses peines car l'AVS de Ryan devrait déménager en fin d'année scolaire. Il lui faudra donc de nouveau faire une demande pour son fils et rien ne garantit que celle-ci aboutisse. 

Propos recueillis par Adeline Tavet

13 avril 2018

Vade-mecum de la rentrée scolaire - Mars 2018

 

 

12 avril 2018

La stratégie autisme : une philosophie ambitieuse mais de nombreuses failles, lourdes de dangers et une régression ...

danièle langloys présidente autisme france11 avril 2018

Danièle Langloys, présidente Autisme France

La stratégie autisme : une philosophie ambitieuse mais de nombreuses failles, lourdes de dangers et une régression vers la sanitarisation des TSA

 

 

12 avril 2018

Connaissez vous l'association Les idéOtistes à Noisy-le-Grand ?

 

Les idéOtistes

Les idéOtistes. 225 likes · 47 talking about this. Association "Les idéOtistes" Noisy-Le-Grand.

https://www.facebook.com

 

10 avril 2018

Autisme : la stratégie du gouvernement pour rattraper le retard

article publié sur Doctissimo

Annoncé par Emmanuel Macron hier, le nouveau plan autisme a été présenté le 6 avril par le Premier ministre mais également les ministres de la Santé, de la Recherche et de l’Education et la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées. Au programme : un budget d’une ampleur inédite (340 millions d’euros) et 5 engagements pour favoriser le dépistage précoce, la scolarisation des enfants autistes, le soutien aux familles et aux adultes autistes ainsi qu'à la recherche sur ce trouble du développement.

Autisme : la stratégie du gouvernement pour rattraper le retard

Une stratégie pour rattraper un retard accumulé depuis plusieurs années

"La fatalité, ça n’est pas d’être autiste, c’est de naître avec un autisme en France". C’est par ces mots d’une mère d’enfant autiste que le Premier ministre a commencé la présentation de la stratégie nationale pour l’autisme. Car l’ambition affichée est de rattraper le retard accumulé depuis plusieurs années par la France dans la prise en charge de ce trouble du développement au niveau du repérage, du diagnostic, de l’accompagnement et de l’inclusion des personnes autistes.

"Il s’agit bien d’une "stratégie" et pas seulement d’un plan, car nous avons besoin d’une vision et d’une action interministérielle forte et pérenne, qui s’expriment dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, du travail, et bien sûr de la recherche" précise le Premier ministre. Mais au-delà des mots, ce sera sur les résultats que les mesures annoncées seront jugées. Espérons pour les familles et les patients que la différence s’observera plus dans les résultats que dans le vocabulaire employé, vu le jugement de la Cour des Comptes sur les trois derniers plans Autisme.

Cette stratégie nationale s’appuie donc sur 5 principaux engagements : intervenir précocement auprès des enfants ; favoriser la scolarisation des enfants autistes ; soutenir les familles et reconnaître leur expertise ; soutenir la pleine citoyenneté des adultes autistes et mieux structurer la recherche.

Repérer plus tôt les signaux d’alerte et offrir, avant même le diagnostic, un parcours de soins rationnel et remboursé

Comme le rappelaient les recommandations de la Haute Autorité de santé de 2012 actualisée mi-février 2018, une intervention précoce, dès la suspicion d’un trouble de développement, permet de limiter le risque de sur-handicap, voire de retrouver un développement comparable à la moyenne. Pour cela, la clé réside dans un diagnostic précoce pluridisciplinaire assorti d’un projet d’interventions personnalisé.

Mais en France, le diagnostic est toujours posé tardivement (45 % des bilans se font entre 6 et 16 ans), principalement à cause d’une mauvaise organisation des soins : délai d’attente long, formation insuffisante des professionnels de la petite enfance, manque de clarté quant à l’offre de soins, remboursement de certaines prises en charge conditionné au diagnostic imposant de fait des sacrifices financiers pour les familles… Le délai d’attente moyen des familles pour accéder un diagnostic dans un Centre Ressources Autisme est de 446 jours ! On perd ainsi des mois précieux avec pour conséquence une perte de chance pour les enfants et un coût socio-économique majeur pour la société.

Face à ce terrible tableau, le gouvernement entend revoir l’organisation du système en formant massivement au repérage précoce des troubles neuro-développementaux les personnes qui accueillent les jeunes enfants (crèches, assistantes maternelles, écoles), les PMI, les médecins généralistes et les pédiatres. Des outils pour les médecins de première ligne notamment au travers des examens des 9 et 24 mois permettront d’aider à ce repérage précoce.

En cas de suspicion, le médecin de première ligne pourra s’appuyer sur de nouvelles plateformes d’intervention et de coordination "Autisme-Troubles du neurodéveloppement" (une par territoire) chargée d’organiser rapidement les interventions des différents professionnels libéraux et ce, sans attendre le diagnostic ! Pour lever le frein financier de cette prise en charge, un "forfait intervention précoce" permettra de financer le recours aux professionnels non conventionnés par l’Assurance maladie (psychomotricien, bilan neuropsychologique, ergothérapeute…).

L’obligation de scolarisation dès 3 ans concernera tous les enfants dès la rentrée 2019

Seuls 30 % des enfants autistes sont scolarisés, en moyenne moins de deux journées par semaine. Pour les enfants qui ont besoin d’un apprentissage et d’une stimulation plus intense, c’est une perte de chances et pour les parents, c’est une assignation à résidence qui se traduit par l’abandon d’un emploi pour l’un des parents et parfois la fin d’une vie "comme tout le monde".

Pour faciliter la scolarisation à l’école maternelle ordinaire, des équipes médico-sociales ou libérales interviendront en soutien aux équipes pédagogiques. Le gouvernement entend tripler en 5 ans le nombre d’unités d’enseignement maternel autisme (UEMa) afin de scolariser tous les enfants à 3 ans y compris ceux présentant des troubles plus sévères.

 "Les enfants pourront suivre un parcours scolaire personnalisé, le plus possible adapté à leurs besoins, de l’école élémentaire au lycée, via un renforcement des différents dispositifs d’inclusion scolaire" précise le Premier ministre. Cela impliquera :

  • Un plan de conversion des AVS recrutés en contrat de courte durée en AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) pour pérenniser l’accompagnement des enfants suivant un scolarité normale ;
  • Une augmentation du nombre d’élèves autistes scolarisés en Unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) en élémentaire, au collège, au lycée… ;
  • La sensibilisation et la formation des professionnels intervenant dans le parcours scolaire (accompagnants, enseignants, médecins et psy scolaires) ;
  • Le renforcement des équipes ressources départementales par 100 enseignants spécialisés sur l’autisme (1 par département). "Les enseignants seront également formés et accompagnés, directement en classe, par des professeurs "ressources" spécialisés sur l’autisme" précise le Premier ministre.

Ne plus ignorer les adultes autistes

Alors qu’ils représentent 600 000 personnes, les adultes autistes restent quasi-invisibles. On ne sait pas comment ils vivent, s’ils sont accompagnés, s’ils sont insérés… parce que la majorité n’a pas été diagnostiquée. L’un des objectifs est de mettre fin aux hospitalisations inadéquates de ces adultes, comme le souligne le Premier ministre : "Aujourd’hui, nous sommes face à une obligation éthique, à une responsabilité collective car le lieu de vie des adultes autistes, au XXIe siècle, ne peut pas être l’hôpital. La première mesure qui s’impose, c’est donc de lancer un vaste plan repérage des adultes dont l’autisme n’a jamais été diagnostiqué, notamment ceux qui se trouvent dans les établissements médico-sociaux, sociaux ou de santé : l’absence de diagnostic est une source de souffrance indicible et souvent de précarisation, qui peut entraîner une spirale de désinsertion". De plus, une attention particulière sera portée au diagnostic des femmes, qui présentent des symptômes spécifiques. Plus globalement, il est prévu de faire évoluer les unités de long séjours en psychiatrie pour réduire les durées de séjour.

Différents situations sont envisagées et décrites par le Premier ministre :

  • "Certains adultes nécessitent un accompagnement 24h sur 24. Longtemps oubliés, longtemps tenus à l’écart de la société, ils méritent aujourd’hui un investissement particulier.
  • D’autres ont la possibilité de mener une vie plus autonome. Et plus nous serons efficaces dans le diagnostic précoce et la scolarisation, plus ils seront nombreux. Nous développerons pour eux des solutions inclusives : l’accès et le maintien dans le logement social seront facilités, notamment par l’ouverture aux personnes autistes – dans le cadre du Projet de loi ELAN – des colocations sociales".

L’insertion professionnelle sera favorisée à travers le doublement des crédits de l’emploi accompagné. Edouard Philippe a ainsi cité quelques expériences pionnières "qui montrent que les personnes autistes apportent, dans le monde de l’entreprise, une valeur ajoutée dont il est absurde de se priver. Je pense à ANDROS, dont une usine agroalimentaire accueille, en Eure-et-Loire, 12 travailleurs autistes. Je pense aussi à AUTICONSULT qui a recruté 110 consultants autistes, en CDI, qui les coache et qui les missionne auprès de très gros clients comme la SNCF, EDF, Allianz". Enfin, des groupes d’entraide mutuelle Autisme (soutien par les pairs) seront mis en place dans chaque département.

Mieux soutenir les familles et reconnaître leur expertise

Aujourd’hui, les familles d’enfants autistes font face à un parcours du combattant avec un accès à l’information difficile, et à un épuisement au quotidien pour accéder à un diagnostic, chercher des solutions d’accompagnement et assurer la coordination des professionnels. Souvent, l’un des parents est contraint d’arrêter de travailler. "Comme le résume cette maman qui évoquait son renoncement à toute vie propre : « C’était lui ou moi ; j’ai décidé que ça serait lui ». La conséquence, c’est que les mères et les pères s’épuisent, tout en redoutant qu’un jour, s’il leur arrive quelque chose, leur enfant autiste devenu adulte soit livré à lui-même" avoue le Premier ministre.

Aider les aidants est une des priorités de cette nouvelle stratégie, notamment à travers la création d’une plateforme de répit par département offrant des solutions temporaires de garde pour les enfants ou d’hébergement pour les adultes autistes ; la généralisation des programmes de formation aux aidants ; la mise en place de nouveaux dispositifs de soutien et d’accompagnement et la reconnaissance de l’expertise des aidants, notamment à travers la création d’un conseil national, à vocation consultative, qui suivra la mise en œuvre de la stratégie.

Remettre la science au cœur de la politique publique de l’autisme

Comment mieux comprendre les causes de l’autisme pour développer des réponses adaptées ? La France a des chercheurs reconnus sur le plan international. Le nouveau plan prévoit de financer de nouveaux projets mais surtout de "structurer toute une communauté de recherche sur l’autisme et les troubles du neuro-développement". Ces nouvelles connaissances ont pour vocation de bénéficier au plus vite et de manière concrète aux personnes autistes et pour cela, il est prévu de faciliter "un continuum entre la recherche, l’expertise clinique et la formation universitaire", en créant des réseaux de recherche d’excellence, en constituant des bases données fiables pour la recherche et en assurant une diffusion rapide des connaissances.

"Plus généralement, l’ambition de ce Gouvernement est de remettre la science au cœur de notre action pour l’autisme. (…) Nous devons bannir tout discours, toute pratique qui ne respecterait pas les recommandations de la Haute Autorité de Santé et investir pour cela massivement dans la formation des professionnels intervenant auprès des personnes autistes" précise le Premier ministre.

Un plan/stratégie qui va dans le bon sens mais qui devra faire ses preuves

Globalement, la stratégie autisme semble aller dans le bon sens. Elle fixe un cap a priori plus pérenne qu’un énième plan. Mais au-delà du vocabulaire, certains points posent questions :

  • Alors que le gouvernement a placé en premier le fait de replacer la science au cœur de la politique pour l’autisme. On peut s’étonner qu’aucune évaluation et/ou contrainte ne soient prévues vis-à-vis des professionnels qui ne suivraient pas les recommandations de la HAS… Or on sait encore aujourd’hui que de nombreuses familles doivent faire face à des tenants de la vision psychanalytique, qui culpabilise les parents et n’offre aucun horizon d’amélioration pour les patients. C’est en partie ce que demande l'association Actions pour l'Autisme Asperger : "la formation des professionnels de santé (médecins, etc.) doit devenir obligatoire. Il ne s’agit pas de renforcer la formation aujourd’hui inexistante, mais de créer une formation de qualité en rendant obligatoire l'évaluation du niveau de formation des intervenants auprès des personnes". C'est aussi ce que soulignait Florent Chapel, Président d'Autisme Info Service.
  • Les annonces concernant l’insertion dans le milieu professionnel des autistes adultes n’a pas convaincu la Fédération Française Sésame Autisme et sa Présidente Christine Meignien, ont exprimé leur déception face aux annonces des pouvoirs publics et s'inquiètent encore que "les personnes autistes, exclues aujourd’hui restent les exclus de demain et des citoyens oubliés de la République".

  • Enfin, si la scolarisation des enfants autistes apparaît comme une priorité. Actions pour l’Autisme Asperger juge qu’elle doit "relever principalement de la responsabilité de l’Education nationale et non pas être le fait d’un rapprochement entre le médico-social et le milieu scolaire". Pour Actions pour l'Autisme Asperger, "l'accès au diagnostic tout au long de la vie, une véritable inclusion scolaire, une formation des parents et des accompagnateurs aux méthodes éducatives ayant fait la preuve de leur efficacité, et un remboursement des accompagnements éducatifs sont les clés de l'intégration sociale et professionnelle des personnes autistes. Avec le 4e plan autisme, nous sommes encore loin du compte !".

La conclusion du Premier ministre évoque le projet d’une société plus inclusive : "Mon ambition est que les personnes autistes soient acceptées dans leurs différences et qu’elles soient reconnues pour leurs compétences. Agir pour les personnes autistes, c’est conduire un combat pour une vie plus juste, c’est un combat républicain.  J’en appelle en réalité à un sursaut. A un de ces sursauts que nous avons su impulser dans notre histoire : pour les personnes handicapées avec les lois de 1975 et de 2005. Avec le Plan cancer au début des années 2000. Ce sursaut national, il est maintenant arrivé pour l’autisme". Le parallèle avec le grand plan de santé publique qu'était le premier Plan Cancer est délicat, car le budget consacré à cette "stratégie" (et même s'il est plus important que les trois précédents plans autisme avec 340 millions) est sans comparaison avec les 1,6 milliard d'euros consacrés au premier plan Cancer... 

Ecrit par:

David Bême

 

Créé le 06 avril 2018

Sources :

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre - Stratégie nationale pour l’autisme - Muséum de Paris, vendredi 6 avril 2018

Stratégie nationale pour l'autisme - Dossier de presse - Muséum de Paris, vendredi 6 avril 2018

10 avril 2018

Autisme : "On prône l'inclusion dans un système qui n'est pas inclusif"

 

Autisme : "On prône l'inclusion dans un système qui n'est pas inclusif"

Parler d'inclusion, et non d'intégration. C'est un point sur lequel insiste Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des élèves autistes. Selon elle, une différence cruciale existe dans ces deux termes, qui à elle seule résume le problème des écoles aujourd'hui. L' intégration consiste à rejoindre la norme.

http://www.rtl.fr

 

10 avril 2018

Plan autisme au complet avec les 100 mesures

9 avril 2018

Plan autisme : « Les ambitions financières sont à la hauteur » assure Cluzel

article publié sur Public Sénat

Lundi 09 avril 2018 à 17:45

sophie cluzel challengeInvitée de l’émission Sénat360, la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel a répondu aux critiques des associations de familles autistes au sujet du plan présenté par le gouvernement la semaine dernière.

« Pendant 9 mois, nous avons concerté  depuis les territoires, avec les personnes autistes elles-mêmes. Les ambitions financières sont à la hauteur » a  assuré la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées. Quelques jours à peine après la présentation du plan autisme du gouvernement, Sophie Cluzel était sur le plateau de Public Sénat pour répondre aux critiques des associations de familles autistes qui déplorent le peu de moyens et la mauvaise utilisation des crédits de ce plan. Pour la période 2018-2022, le gouvernement prévoit 344 millions pour améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge de l’autisme. En comparaison, le plan précédent (2013-2017) n’en créditait que 205 millions. Mais pour les associations, c’est toujours trop peu, comparé  au 1,6 milliard du plan Alzheimer.

La secrétaire d’État a précisé qu’il s’agissait d’une « stratégie » interministérielle. « Nous sortons du seul schéma médico-social. « Le ministère de l’Enseignement supérieur, de l’Éducation nationale, de la Santé, de l’Emploi, contribuent financièrement et de façon opérationnelle à mettre en œuvre cette stratégie ».

Sophie Cluzel a mis également en avant « la prise en charge très précoce » que compte mettre en œuvre le gouvernement. « On voit bien qu’intervenir précocement donne des chances beaucoup plus importantes, et évite les surhandicaps ». « Ce que l’on veut c’est prendre le problème dès le plus jeune âge, pour permettre cet accès à la maternelle et avoir cette école inclusive derrière. Puis après, on travaille sur l’insertion professionnelle et aussi sur les aides d’autistes. Car c’est la première fois que cette stratégie prend en compte les besoins immenses pour les adultes autistes » a-t-elle résumé.

Les associations regrettent en effet le manque de moyens pour les adultes autistes. « Plus d’un tiers de la stratégie nationale est consacré aux adultes qui ne sont pas en capacité d’accéder à des études supérieures. Mais en revanche qui ont le droit à un logement, à un vivre chez soi décent, une prise en charge adaptée » a-t-elle tenté de rassurer.

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