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"Au bonheur d'Elise"
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inclusion
16 mai 2018

Urgence handicap : dépôt de plainte contre l'Etat français

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Des associations déposent une réclamation collective devant le Conseil de l'Europe pour faire condamner l'Etat français pour violation des droits fondamentaux des personnes handicapées.

Par , le 15-05-2018

 

Exil en Belgique, loin de sa famille pour Ryad, 21 ans. Difficulté pour André à se soigner par manque d'accessibilité aux cabinets médicaux. Impossibilité de trouver un appartement adapté pour Olivia, 28 ans, paraplégique. 5 000 euros de reste à charge pour le fauteuil de Ricardo. Eliane et Jean-Luc, démunis face au handicap psychique de Manon, 28 ans, qui a fait plusieurs tentatives de suicide. Des familles à bout ? Des droits bafoués ? Face à cette situation critique pour de nombreux Français touchés par le handicap, le Forum européen des personnes handicapées et Inclusion Europe, soutenus par un collectif de cinq associations françaises (APF France Handicap, CLAPEAHA, FNATH, Unafam et Unapei), tous handicaps confondus, déposent, en mai 2018, une réclamation devant le Conseil de l'Europe pour faire condamner l'Etat français pour « violation des droits fondamentaux des personnes handicapées ».

Une situation dégradée

L'Etat français, signataire de textes internationaux qui l'engagent, est en effet responsable de l'accès pour chaque citoyen handicapé aux droits les plus fondamentaux. Or, ce collectif constate que, contrairement aux principes énoncés par ces conventions, un « retard considérable a été pris depuis des années » et juge que « en 2018, les personnes handicapées voient leur situation sociale profondément impactée et se dégrader ». Plusieurs carences majeures sont identifiées. « Le défaut de propositions de l'Etat français » laisse les personnes handicapées privées de leurs droits d'accès à des services spécialisés, à des aides personnelles mais également au logement et aux soins. Elles sont davantage exposées à la pauvreté et, in fine, exclues de la société. Les familles, qui doivent assumer l'accompagnement de leur proche handicapé, sont, quant à elles, fragilisées socialement ; leurs droits à une protection sociale ne sont pas respectés, selon ce collectif. « Je suis sollicité en permanence pour m'occuper de son hygiène, de ses repas, de son ménage, de son linge, explique Olivier, frère de Sébastien, en situation de handicap psychique. Bref, j'ai dû réduire mon temps de travail et mon salaire. »

Vraie priorité du quinquennat ?

Dans ce contexte, ce collectif réclame « une politique coordonnée, transversale et d'évaluation des besoins des personnes handicapées ». Il poursuit : « Un plan d'urgence doit être développé par l'Etat français pour leur assurer un accès égal et effectif aux services sociaux, aux soins, au logement, ainsi qu'à des aides à l'autonomie. » Un an tout juste après son élection, il rappelle que le gouvernement actuel avait promis de faire du handicap une priorité. « Les associations représentant les personnes handicapées et leurs familles attendent de lui un plan d'action à la mesure de la situation d'isolement et de détresse des personnes handicapées en France », affirme son communiqué.

Procédure de réclamation collective, c'est quoi ?

Cette procédure vise à améliorer la mise en œuvre effective des droits garantis par la Charte sociale européenne dédiés à tous les citoyens européens et impose des obligations juridiques européennes à la France. Le Comité européen des droits sociaux a confirmé avoir reçu cette réclamation. Selon son secrétariat, il va désormais "notifier le gouvernement de ses questions" avant de statuer sur la recevabilité de la réclamation, une procédure qui prend en moyenne six mois. Si elle est jugée recevable, la décision de violation ou non de la Charte sera rendue dans les 18 mois, soit courant 2020. En cas de constat de violation et si la France n'affiche pas une volonté de mettre la situation en conformité, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe adoptera une recommandation à son attention. Un suivi sera assuré ; la France devra donner des informations sur les mesures qu'elle a prises. Dans le champ du handicap, le Comité européen des droits sociaux a déjà condamné notre pays sur les droits des personnes autistes ; des décisions qui ont directement débouché sur les différents plans autisme mis en œuvre en France depuis 2005.


 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

 

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15 mai 2018

Vidéo -> Autistes en entreprise : des talents à part (TF1, avril 2018)

 

[VIDÉO] Autistes en entreprise : des talents à part (TF1, avril 2018)

Amis lecteurs, comme je vous le signalais hier, 08 avril 2018, en direct via les réseaux sociaux (page Facebook du blog & compte Twitter )... La chaîne TF1 diffusait dans son magazine d'information du dimanche Sept à Huit, présenté par le journaliste Harry Roselmack, un sujet consacré aux adultes présentant le syndrome d'Asperger Voici la présentation du reportage : C'est une start-up qui conçoit et teste des applications numériques.

http://les-tribulations-dune-aspergirl.com

 

13 mai 2018

Ecole inclusive : état des lieux, réflexions et recommandations du CNCPH

 

 

13 mai 2018

« Plus les personnes handicapées seront visibles sur l’écran, plus elles le seront dans nos vies. »

article publié dans Faire-face

Le film L'école de la vie, sur le quotidien de personnes trisomiques, sera projeté hors compétition durant le festival Entr'2 marches.

La 9e édition du festival international du court métrage sur le handicap, Entr’2 marches, se déroule à Cannes, du 12 au 18 mai. Une quarantaine de films seront projetés dans la capitale saisonnière du cinéma. Entretien avec sa marraine, l’actrice et réalisatrice Chantal Lauby.

Faire-face.fr : Pourquoi avez-vous accepté d’être la marraine du festival Entr’2 marches  ?

Chantal Lauby : Parce que j’y vois des films qui me touchent. Des films qui nous permettent de dépasser les apparences. D’aller au delà des préjugés. De mieux nous comprendre ou d’admirer le dépassement de soi.

J’apprécie aussi que ce festival de cinéma soit organisé par des personnes en situation de handicap et qu’il accorde une large place aux comédiens et réalisateurs handicapés. Entr’2 marches contribue à leur émergence.

« C’est aussi la vocation du cinéma d’aider les gens à mieux vivre ensemble. »

F-f.fr : De plus en plus de films grand public abordent le sujet du handicap. Comment l’expliquez-vous ?

C.L : Je pense que cela correspond à l’évolution de la société qui accorde une place plus importante aux personnes en situation de handicap. Mais c’est aussi la vocation du cinéma d’aider les gens à mieux vivre ensemble.

Un film donne à voir ce que pensent les autres, comment ils vivent, ce qu’ils ressentent. Plus les personnes handicapées seront visibles sur l’écran, plus elles le seront dans nos vies et plus la société prendra les mesures nécessaires pour leur permettre de vivre dignement.

Je me rappelle bien évidemment du 8e jour avec Pascal Duquenne, cet acteur trisomique bouleversant, et Daniel Auteuil. Et dans les productions récentes, il y a PatientsGrand corps malade s’est inspiré de ce qu’il a vécu dans un centre de rééducation. Ou Tout le monde debout de Franck Dubosc. Et puis chaque année, Entr’2 marches propose une large sélection de très beaux courts métrages, à Cannes, durant le festival.

« Un rôle ne se résume pas à une particularité physique, psychique ou mentale. »

F-f.fr : En revanche, les personnages en situation de handicap restent très souvent interprétés par des comédiens valides…

Lire aussi

« Pour monter un film, il faut souvent confier les premiers rôles à des acteurs connus. » Comme Alexandra Lamy, dans Tout le monde debout.

C.L : Pour monter un film, il faut souvent confier les premiers rôles à des acteurs connus. Comme il y a très peu de comédiens en situation de handicap ayant acquis une notoriété suffisante, les réalisateurs font appel à des “noms”. Qui interprètent d’ailleurs très bien ces personnages, comme Alexandra Lamy dans le film de Franck Dubosc ou François Cluzet dans Intouchables.

Le cinéma ne se résume toutefois pas aux grosses productions. À Entr’2 marches, on voit de magnifiques comédiens handicapés. Les choses avancent. Doucement, mais elles avancent.

Je suis convaincue que les réalisateurs confieront peu à peu davantage de rôles à des acteurs handicapés. C’est souhaitable même si cela ne me choque pas qu’un valide interprète le rôle d’une personne en situation de handicap. Un rôle ne se résume pas à une particularité physique, psychique ou mentale [lire à ce sujet l’entretien que Grand corps malade a accordé à Faire-face.fr]C’est aussi l’histoire d’une rencontre entre un comédien et un personnage.

Pour connaître la programmation du festival, rendez-vous sur le site d’Entr’2 marches.

12 mai 2018

Lagny. Achetez des plantes et aidez les travailleurs handicapés

article publié sur actu.fr

C'est le moment de planter les massifs, les géraniums et les autres fruitiers. En allant à l'Esat de Lagny, on fait aussi une bonne action.

Publié le 11 Mai 18 à 10:01
Daphnée Brakha et Nicolas, un travailleur handicapé, accueillent les habitants du lundi au samedi. (©La Marne)

Depuis le 28 avril, tous les samedis, les habitants peuvent pousser la porte de l’Établissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT) de la Grange aux Bois à Lagny-sur-Marne. Comme chaque année, à la pépinière, ils peuvent acheter un large choix de plantes à massifs, de géraniums, fruitiers, aromates, plants de légumes et vivaces.

Les prix varient entre 0,60 € et 5 € pour les plantes extérieures et 1,70 € jusqu’à 47 € pour les intérieures. Les achats effectués contribuent au fonctionnement de l’atelier, outil de production, ainsi qu’aux salaires et mutuelles des employés.

L’ESAT aide les personnes en situation de handicap mental et/ou psychique à se former pour décrocher un travail. « La personne handicapée bénéficie d’un accompagnement adapté à ses besoins et à ses attentes qu’il lui permet de s’épanouir, de s’insérer socialement et professionnellement. Ils ont la possibilité grâce à l’apprentissage d’un métier d’aller travailler à l’extérieur ou de rester ici. »

L’équipe des serres de l’atelier de l’ESAT accueille les clients tous les samedis jusqu’au 27 mai et du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et 13 h à 16 h 45, 24  bis avenue Raymond-Poincaré, à Lagny.

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11 mai 2018

FILM. "Monsieur Je-Sais-Tout" rappelle les défis auxquels l'autisme peut confronter

En salles le 9 mai 2018, Monsieur Je-Sais-Tout raconte la rencontre et la compréhension mutuelle improbable entre Léo, souffrant d'autisme, et son oncle entraineur de football. Une leçon de bienveillance bienvenue alors que le 4e plan autisme du gouvernement est attendu début avril.

Autisme

700.000 personnes sont atteintes d'autisme en France, dont 600.000 adultes, bien que ces derniers ne soient "qu'environ 75.000" à être aujourd'hui diagnostiqués.

Laurence Mouton / AltoPress / PhotoAlto

Léonard est un adolescent atypique. La tête baissée, les mouvements raides, la voix monocorde, le regard fuyant, il possède aussi une intelligence aigüe qu'il peine à traduire par des phrases parfois laborieuses et au rythme saccadé. Et pour cause : personnage central du film Monsieur Je Sais-Tout qui sort en salles le 9 mai 2018, Léo est autiste Asperger. Hébergé quelques jours chez son oncle entraineur de football hostile à tout lien familial et avec qui il semble ne rien partager, il va être à l'origine d'un bouleversement profond qui illustre à la fois les difficultés auxquelles font face les personnes souffrant d'autisme pour s'intégrer et la richesse que l'être humain peut tirer de la différence… A supposer que l'on ait les moyens de se comprendre. Un beau message porté à l'écran par ses deux réalisateurs, Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie, l'année de la sortie du très attendu 4e plan autisme, qui vise à mieux diagnostiquer et accompagner les personnes atteintes de ce trouble neuro-développemental. Ce plan, qui sera dévoilé le 6 avril 2018, quelques jours après la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme du 2 avril, est très attendu par des associations anxieuses de voir la France combler son retard. "En matière de politique de l'autisme, la France n'est pas au niveau", reconnaissait récemment à l'Assemblée nationale la secrétaire d'État chargée du handicap, Sophie Cluzel.

AUTISME. Depuis février 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a remplacé les "troubles envahissants du développement" (TED) qui recouvrait plusieurs catégories, dont les troubles autistiques et le syndrome d'Asperger, par les "troubles du spectre de l'autisme" (TSA) caractérisés par deux dimensions symptomatiques : le déficit persistant de la communication et des interactions sociales et le caractère restreint et répétitif des comportements, des intérêts ou des activités. Les "troubles du spectre de l'autisme" (TSA) touchent "environ 1% de la population", soulignait la Cour des Comptes en janvier 2018. Elle estimait à 700.000 le nombre de personnes concernées en France, dont 600.000 adultes, bien que ces derniers ne soient "qu'environ 75.000" à être aujourd'hui diagnostiqués.

Combat de la compréhension

Dans Monsieur Je-Sais-Tout, c'est Mathilde, la nouvelle médecin du sport, qui fait le lien entre Léo et son oncle, Vincent. Forte, bienveillante et perspicace, Mathilde représente l'ensemble du corps médical et éducatif tel qu'il serait rêvé par les patients et leurs familles. "Le combat que nous avons, c'est celui de la compréhension", confirme le Pr Marion Leboyer, psychiatre, responsable du pôle de psychiatrie et d'addictologie à l'hôpital Mondor (Créteil) et directrice de la fondation FondaMental, "le film dépeint très bien cette peur de l'inconnu, cette incompréhension" dont elle observe les conséquences désastreuses sur ses patients, des adultes qui se nomment eux-mêmes "les invisibles" au point que beaucoup en arrivent à "se retirer des soins". "70% d'entre eux sont déprimés", rapporte le Pr Leboyer, évoquant également leurs fréquents problèmes somatiques par exemple, gastro-intestinaux ou dentaires. Des symptômes à ajouter aux troubles associés que certains développent : selon le Pr Leboyer, "14% des patients atteints d'autisme peuvent développer des idées délirantes et des hallucinations caractéristiques de la schizophrénie", sans que l'on sache pourquoi. Des comorbidités qui brouillent encore plus les pistes, chez des patients qui errent souvent plusieurs années avant d'être diagnostiqués.

Un diagnostic toujours difficile

Dans le film, Mathilde n'a besoin que de quelques minutes avec Léo pour reconnaitre en lui les signes d'un autisme Asperger, alors qu'il est encore sous médicaments contre l'hyperactivité suite à un diagnostic erroné ou incomplet. Dans la réalité, "le diagnostic peut en effet être très difficile", commente le Pr Jean-Marc Baleyte, Chef du service universitaire de pédopsychiatrie au CHI de Créteil, d'autant plus que l'enfant est jeune et qu'il existe le plus souvent des comorbidités, et qu'"il n'existe pas de marqueur biologique" pour l'autisme. Le diagnostic différentiel est souvent délicat, et doit être posé chez l'enfant par un pédopsychiatre. Les pathologies parfois associées qu'il faut rechercher chez l'enfant sont "les troubles de l'attachement, le retard mental, les autismes syndromiques, l'épilepsie, l'hyperactivité et chez l'adulte la dépression". Un diagnostic d'autant plus compliqué que les parents des patients ne se rendent pas toujours compte que quelque chose ne se passe pas comme prévu, surtout lorsque c'est leur premier enfant. "Une famille me disait qu'ils avaient découvert avec leur deuxième enfant qu'un petit de 5-6 ans était capable de raconter sa journée d'école", raconte le Pr Baleyte. Et lorsque les familles se mettent en quête de professionnels qualifiés, ils manquent cruellement. "Les demandes de consultation ont augmenté de 2.500%", se désole la Pr Leboyer, entrainant parfois 2 à 3 ans d'attente pour obtenir un rendez-vous. En pédopsychiatrie les délais pour accueillir les jeunes enfants au Centre Médico-Psychologique sont supérieurs à 6 mois, précise le Pr Baleyte.

"Alors qu'une prise en charge précoce et intensive peut améliorer leur vie, tout retard de diagnostic réduit leur capacité de progression", déplore Anne-Sophie Peyle. Il manque des professionnels pouvant poser un diagnostic mais également les professionnels pouvant mettre en place des prises en charge comme recommandées par la haute autorité de santé. Pourtant la filière existe, précise Anne-Sophie Peyle, avec la profession de psychoéducateurs. Psychologues de formation, les psychoéducateurs sont spécialisés dans les troubles du neurodéveloppement, dont les TSA font partie. Sur le terrain en milieu scolaire ou au sein de la famille, ils ont pour objectif d'accompagner l'enfant de façon personnalisée. Cependant, cette profession n'est pas reconnue en France, la rendant précaire et surtout non prise en charge, contrairement aux Auxilliaires de Vie Scolaire (AVS) au statut professionnel précaire, très sollicités et peu formés au cas particulier des TSA. "Le problème est que sur le terrain, les recommandations ne sont souvent même pas connues, et donc très peu mises en oeuvre", souligne Danièle Langloys, présidente d'Autisme France, interrogée par l'AFP. "L'urgence numéro un" est pour elle de "refondre les formations" des médecins et autres professionnels.

UN ACTEUR NON AUTISTE. Dans le cas de Léo dans Monsieur je-Sais-Tout, le Pr Baleyte n'aurait eu aucun doute : "ce personnage est un cas d'école", commente-t-il, "s'il était accueilli à ma consultation il serait immédiatement diagnostiqué". La preuve que le jeune acteur Max Baissette de Malglaive, qui interprète Léo, a réussi à saisir les comportements typiques des personnes avec syndrome d'Asperger, bien qu'il n'en soit lui-même pas atteint. Les réalisateurs Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie avaient pensé à prendre un jeune acteur réellement Asperger, mais ils "ne voulaient pas faire un documentaire", d'autant qu'un mineur souffrant réellement de ce trouble aurait probablement nécessité plus de temps de tournage, pour ne pas le faire travailler au-delà d'une durée quotidienne légale mais également parce qu'une des conséquences de ce syndrome est justement le besoin de repères et de rituels bien précis.

Développer le lien social par la scolarité… Et le théâtre

"Sans compréhension, il y a rejet", réagit Anne-Sophie Peyle, présidente de l'antenne du département 92 de l'association Autistes sans frontières, qui place l'essentiel de son combat dans la scolarisation des enfants atteints de troubles autistiques dans les mêmes classes que les autres enfants, afin de pouvoir commencer dès le plus jeune âge à s'intégrer à la société. En effet, même si la loi va dans ce sens depuis 2005, elle est encore trop peu respectée, obligeant beaucoup d'enfants à rejoindre des classes spécialisées où ils n'ont plus aucun contact avec les comportements sociaux qu'ils doivent pourtant absolument intégrer pour leur vie future. "Il faut arrêter de voir ce qu’ils ne savent pas faire et trouver leurs compétences, et quand on déroule ce qu'ils savent faire, on peut souvent amener ces enfants à un projet pour leur vie adulte, professionnel ou d’utilité sociale, mais pour cela il faut être socialisé, et donc scolarisé tôt", ajoute Anne-Sophie Peyle, témoignant de la bienveillance des autres lorsqu'ils ont été formés et sensibilisés à la particularité de chacun. "La formation ça transforme tout le monde", conclut-elle. Chez les patients atteints de TSA, la formation aux comportements sociaux est aussi importante. "Le jeu et les saynètes sont un des exercices que nous proposons à nos patients, pour travailler sur les implicites et le sens de la relation, sur la pragmatique du langage, et comme le préconise Jacqueline Nadel (psychologue spécialiste de la cognition sociale) parce-que l'imitation permet aux enfants autistes de revenir dans la socialisation", explique le Pr Baleyte. "Beaucoup d'autistes sont sauvés par le théâtre", renchérit le Pr Leboyer, un outil qui leur permet de "mimer les situations sociales et les émotions" pour mieux se les approprier.

Avec AFP

10 mai 2018

Angers. Ces assistants maternels vont accueillir des enfants extraordinaires

article publié dans Ouest France

Christophe, Céline et Aline ont plusieurs années d’expérience dans la prise en charge du handicap mental et la petite enfance.
Christophe, Céline et Aline ont plusieurs années d’expérience dans la prise en charge du handicap mental et la petite enfance. | Ouest-France

 

Une maison d’assistants maternels à destination d’enfants en situation de handicap mental va bientôt ouvrir ses portes à Angers. Trois professionnels passionnés portent ce projet novateur.

Des jeux colorés dans le salon, une grande baignoire comme piscine, un coin lecture rempli de coussins… Un paradis pour les enfants, comme on en voit fleurir dans de nombreuses villes.

Depuis 2010, les assistants maternels peuvent se regrouper dans un local pour exercer ensemble leur métier. Mais cette bâtisse de 140 m², située au cœur du quartier du Lac-de-Maine, n’est pas une maison d’assistants maternels (MAM) comme les autres. Dans quelques jours, Céline Reucheron, Christophe Groleau et Aline Martin y accueilleront des enfants en situation de handicap mental. Une première dans le département.

Un manque à combler

Le handicap mental, ces trois éducateurs connaissent. Ils travaillent ensemble dans un institut médico-éducatif (IME) avec des adolescents déficients intellectuels. C’est au contact des parents que le projet a germé dans leur esprit. « Nous nous sommes rendu compte qu’ils ne disposaient d’aucun mode de garde approprié, argumente Céline Reucheron. Les effectifs des crèches ne permettent pas aux jeunes handicapés d’être pris en charge correctement, et les assistantes maternelles peuvent se retrouver démunies car elles ne sont pas formées. »

Lorsqu’ils ont décidé de se lancer dans l’aventure, tout est allé très vite. « Notre projet a été accueilli de manière bienveillante et la Ville a été très réactive », souligne Christophe Groleau. La fermeture de la crèche de la Marelle, dans le quartier du Lac-de-Maine, tombe à pic. Angers Loire habitat propose les locaux aux trois éducateurs, et les premiers travaux de réaménagement commencent.

Du matériel spécialisé

Une subvention du Crédit mutuel et une campagne de financement participatif leur permettent d’investir dans les premiers équipements de leur MAM, baptisée Les Inventuriers. Il leur faut notamment du matériel spécialisé.

Une pièce de la maison sera entièrement dédiée à la stimulation sensorielle. « Ces enfants appréhendent leur environnement par les sens, encore plus que les autres », précise Christophe Groleau. Colonnes à bulles, fibres optiques, jeux tactiles… L’idée est d’en faire un lieu d’apaisement dans lequel ils pourront se rendre de manière ponctuelle et encadrée. L’importance des sens se déclinera aussi dans la salle de bains où trône une grande baignoire balnéo qui fera office de piscine.

Ouverture lundi 7 mai

La MAM des Inventuriers pourra accueillir simultanément jusqu’à neuf bouts de chou, âgés de 2 à 7 ans. Un petit effectif essentiel pour permettre aux assistants maternels de les accompagner au mieux. « Tous les enfants déficients intellectuels ne sont pas prêts à évoluer dans des gros groupes. » Christophe, Aline et Céline envisagent leur MAM comme une étape intermédiaire avant la vie en collectivité dans les établissements scolaires.

La MAM doit ouvrir ses portes lundi 7 mai. Les trois collègues sont en attente d’un dernier document qui fera officiellement d’eux des assistants maternels. D’ici là, ils doivent terminer les travaux des Inventuriers.Mais au fait, pourquoi ce nom ? « Parce qu’il faut sans cesse inventer et détourner le matériel qui ne correspond pas toujours à ces enfants extraordinaires, et que c’est toujours une aventure. »

Les Inventuriers, 19, rue de la Chambre-aux-deniers, à Angers. Courriel : lesinventuriers.angers@gmail.com. Facebook : www.facebook.com/mam.lesinventuriers.

8 mai 2018

Samedi 16 juin à Bussy Saint Georges -> Journée de sensibilisation à l'autisme

affiche journée sensibilisation autisme bussy

Journée de sensibilisation à l'Autisme

Rendez-vous sur la Grande Place de Bussy de Bussy Saint Georges, le Samedi 16 Juin à partir de 13H00 pour un après midi de démonstrations culinaires, ateliers de cuisine, et d'autres surprises. Le parrain de cet événement sera Guillaume Gomez, Meilleur Ouvrier de France et Chef des cuisines de l'Elysée.

https://brigadedesgourmets.com

 

article publié sur La Brigade des Gourmets

Brigadedesgoumets_mars2018-55 Eric Ticana

2 avril 2018

Éric Ticana – Le roi des Sushis

Dans le parc de Bussy-Saint-Georges – France

Le chef Éric Ticana nous accueille en Seine et Marne plus précisément à Bussy-Saint Georges. Fier de sa région, il tient à nous recevoir dans le salon de l’hôtel Mercure, son partenaire dans l’organisation d’un dîner caritatif pour lutter contre l’autisme. Portrait de ce chef toujours souriant. Let’s rock*

Le chef Éric Ticana commence son parcours de cuisinier par pur hasard. Après avoir raté son baccalauréat scientifique « brillement » selon lui, il se lance dans la recherche d’un travail. Il devient plongeur pour un restaurant japonais à Boulogne ou Éric ne compte pas ses heures. Habitant loin, il part le matin à 8 h 30 pour ne pas rentrer avant minuit chez lui. Grâce à cela, il apprend beaucoup de la gestion et évolue en passant second. Ensuite, pour le remercier de son abnégation et de sa motivation, le propriétaire lui propose de prendre les rênes de son second restaurant. Après sept ans en tant que chef, il ressent la lassitude liée à la répétition des taches et décide de devenir entrepreneur.

Passion. Aujourd’hui, animé par l’amour de son métier, il nous explique qu’aux prémisses c’est sa passion pour les mangas, qu’il l’a poussée à postuler « je souhaitais à travers mon travail approfondir mes connaissances de la culture japonaise ». Mais au départ, il sent qu’aux yeux de ses parents, la restauration est un échec, son frère et sa sœur ayant réussi dans leurs études. Pour les rendre fiers, il s’impose d’être le plus performant et cela paye avec sa sélection pour la World Sushi Cup. Compétiteur, Il accepte de relever le défi et devient le premier français à s’engager, il attend par deux fois les demi-finales en 2016 et 2017. Un moment unique, mais compliqué, il se déroule avec des poissons qui ne sont pas commercialisés en Europe. Ce manque d’expérience par rapport aux matières premières, le stress et le décalage horaire sont de vrais handicapes, mais sa prestation est remarquée par le jury et ils le nomment ambassadeur des championnats du monde en France. Dorénavant, il a la charge de sélectionner le représentant français.

Rencontre avec Éric Ticana – Chef – Dans les cuisines de l’hôtel Mercure de Bussy-Saint-Georges – France

Un homme au grand cœur. Après cette importante étape dans sa carrière, les concours font la renommée des chefs et obligent à l’excellence. Il décide de profiter de cette nouvelle notoriété pour communiquer sur l’autisme. Cette cause lui tient à cœur pour des raisons personnelles et malheureusement la France a beaucoup de retard à ce sujet. Pour combattre cela, il organise tous les ans, un dîner caritatif avec le soutien de l’hôtel Mercure de Bussy-Saint-Georges. Le prochain se déroulera le 16 juin 2018 avec la participation de Guillaume Gomez, meilleur ouvrier de France et chef des cuisines du palais de l’Élysée. Après chaque événement, la totalité des fonds est redistribuée à une association défendant les personnes atteintes d’autisme (pour plus d’informations cliquer sur le lien en bas de l’article).

Rencontre avec Éric Ticana – Chef – Mars 2018 – Dans le parc de Bussy-Saint-Georges – France

L’avenir. Éric nous explique qu’il a de nombreux projets pour l’avenir. En premier lieu, il avance sur l’ouverture de son propre restaurant gastronomique autour du sushi que nous somme impatient de découvrir. Là-bas il veut partager sa cuisine, et former à son tour des jeunes pour faire vivre ce qu’il a appris durant son parcours. Mais Éric a aussi un rêve, fan du PSG, il espère un jour pouvoir servir les joueurs du club et rencontrer certaines de ses idoles comme Neymar.

Plus d’informations sur la journée de sensibilisation à l’Autisme :

 

Journée de sensibilisation à l’Autisme

7 mai 2018

Les missions du FIPHFP - FIPHFP

 

Les missions du FIPHFP - FIPHFP

Le FIPHFP est un catalyseur de l'action publique en matière d'emploi des personnes en situation de handicap. Sa mission : impulser une dynamique et inciter les employeurs publics à agir en favorisant le recrutement, l'accompagnement et le maintien dans l'emploi au sein des trois fonctions publiques.

http://www.fiphfp.fr

 

4 mai 2018

Autisme : "La France a 40 ans de retard"

article publié sur GRAZIA

Domitille Cauet, mère d'un enfant autiste et amie de Brigitte Macron, se livre cette semaine à Grazia sur son long combat lors d'un entretien.

Domitille Cauet, mère d'un enfant autiste et amie de Brigitte Macron, se livre cette semaine à Grazia sur son long combat lors d'un entretien.
 

ENTRETIEN - Si l'autisme est devenu l'un des grands chantiers du quinquennat d'Emmanuel Macron, c'est grâce à Domitille Cauet. Elle sort un livre, récit de vie et carnet de voyage avec son fils Paul, en Mongolie.

"Cher Paul, Chère Domitille, en Mongolie, on dit que "l'oiseau fixe son nid sur la cime de l'arbre". Vous avez choisi de voir haut, d'aborder des cimes que l'on pouvait juger insurmontables, de toujours ajouter un défi d'hier", écrit Brigitte Macron dans sa préface du livre de Domitille Cauet, Paul en Mongolie. Quelques mots d'une Première dame à son ancienne élève, devenue depuis une amie.

Depuis qu'à l'automne 2016, en pleine campagne électorale, Domitille a repris contact afin de la sensibiliser à la question de l'autisme. Car la jeune femme est maman de trois enfants, dont Paul, 11 ans, diagnostiqué autiste au terme d'un véritable parcours du combattant. Aujourd'hui, Domitille est parvenue à un fragile équilibre. Qu'elle craint un peu de briser : "J'ai peur qu'on me taxe d'opportuniste. Mais peu importe, pour Paul, je suis prête à tout."

Pourquoi ce livre ?

Je tenais un blog de voyage quand je suis partie avec Paul en Mongolie l'été dernier. J'avais besoin de partager notre expérience. Une amie qui a une petite maison d'édition a envoyé mes textes à son réseau sans me le dire. Fayard m'a contactée... Depuis que Paul a son diagnostic, j'ai besoin de raconter son parcours. Entrer en action, prendre les choses en main et en parler rend la situation moins pénible.

Un mot revient souvent au fil des pages : solitude...

Oui, je pense que c'est commun à toutes les familles. On se sent abandonnés. Les structures publiques vers lesquelles on est orientés fonctionnent souvent avec une vision arriérée de l'autisme. Je pense à cette psy m'expliquant que j'étais responsable de l'autisme de Paul car je n'avais pas créé le lien in utero avec mon fils... Ce genre de discours peut briser. Des suicides de maman, il y en a. Heureusement que mon entourage m'épaule. Ici, j'ai une cellule familiale et amicale. C'est pourquoi j'ai quitté Paris où je vivais depuis vingt ans pour la Picardie. Afin que mes autres enfants obtiennent aussi un équilibre et que, moi, je tienne le coup. La prise en charge de l'autisme de Paul, c'est un parcours de très longue haleine, globalement jusqu'à la fin de mes jours.

Internet, les réseaux sociaux, vous ont permis une autre approche de l'autisme de votre fils ?

Le forum que j'ai intégré sur Facebook, EgaliTED, m'a libérée d'un poids ! Là, on m'a donné de vraies solutions. On m'a orientée vers des professionnels et des thérapies efficaces. La Haute Autorité de santé dit qu'il faut des thérapies comportementales pour les enfants autistes mais elles ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. Où est le bug ?

Toutes vos économies y sont passées ?

Oui. Tout mon temps aussi. Je suis prof, j'ai trois enfants (3 garçons, ça compte double, non ?), je participe activement à l'association qui permet à Paul de suivre une thérapie comportementale et je l'accompagne dans ce travail. C'était l'idée du voyage en Mongolie : on avait besoin de relâcher la pression, d'une bulle, d'un espace de liberté.

Rejoignez-vous Olivia Cattan (la présidente de l'association SOS autisme France), qui écrit dans une lettre ouverte au président de la République que rien ne change, ou si peu, et surtout pas assez vite ?

Bien sûr, mais je ne crois pas aux miracles. La France a un vrai problème de formation initiale. Il faut que les médecins et les psychologues soient formés. On voit encore passer des cours de psycho où l'autisme est identifié comme une psychose infantile imputable à la mère. On ne va pas rattraper quarante années de retard en quelques mois.

Comment va Paul aujourd'hui ?

Il va très bien. Il est en CM1. Cela fait 3 ans que, en accord avec le directeur de l'école, on le laisse avec les mêmes copains, qu'il conserve la même auxiliaire de vie scolaire. Le gros point d'interrogation concerne le collège. Il n'y a pas de classe Ulis (Unités localisées pour l'inclusion scolaire, ndlr) où nous habitons.

Quelle alternative ? L'hôpital ?

Pas question ! Si c'est ça, j'arrête de travailler - avec toute la précarité financière que cela implique. Attention, je ne juge pas ! Pour certains, il n'y a pas d'autre choix. Il faut des places en instituts médico-éducatifs pour ces familles. Mais Paul est un autiste modéré, il n'a rien à faire dans une institution fermée.

Dans votre livre, vous mentionnez plusieurs fois un autre combat : celui de ne pas devenir aigrie. C'est difficile ?

Je ne peux en vouloir à personne pour l'autisme de Paul. Mais j'éprouve beaucoup de colère face au manque d'aide. Je ne veux pas être une maman qui pleure, qui est agressive, en colère. Ce ne serait pas juste pour mes enfants. Pour moi non plus. Alors, j'essaye de refréner, je lutte. Même s'il y a des moments où il faut que ça sorte. C'est l'idée du bouquin aussi, un exutoire de papier.

Avoir un enfant vous change, avoir un enfant autiste vous change autrement encore ?

C'est inéluctable. Mais il nous apporte tellement aussi. Vous vous découvrez des trésors de patience et d'altruisme. Personne ne pense être égoïste et pourtant, on est tous un peu... individualistes. Sa particularité, sa différence m'a fait grandir. Ça m'a changée profondément. Ce n'est pas fini. On entame un long voyage avec des rencontres, des accidents de parcours, des surprises.

Un plan, des moyens insuffisants

Le gouvernement a dévoilé le 6 avril sa stratégie autisme 2018-2022. Alors que le précédent plan autisme mettait l'accent sur la création de places supplémentaires en structures médico-sociales, l'Elysée et Matignon affichent la volonté de miser sur l'inclusion de la personne autiste, tout au long de la vie. Meilleur diagnostic, scolarisation, emploi aménagé... Tout ce que réclamaient les associations depuis des années. Mais le quatrième plan se donne-t-il les moyens de ses ambitions ? La spécialisation d'une centaine d'enseignants paraît bien peu au regard des cent mille enfants qui devraient être scolarisés. Idem pour la création de 10.000 logements accompagnés : les estimations chiffrent à 600.000 le nombre d'adultes autistes dans l'Hexagone. Le budget de 340 millions d'euros sur 5 ans est conséquent mais mériterait d'être triplé pour rattraper les 40 ans de retard de la France.

Paul en Mongolie de Domitille Cauet aux éditions Fayard, 324 pages.

4 mai 2018

N’oubliez pas de bloquer le samedi 16 Juin pour la journée de sensibilisation à l’autisme à Bussy Saint Georges

4 mai 2018

« Il faut en finir avec les “usines” à personnes autistes »

Sophie Feltrin

Responsable de l’Association de parents d’enfants inadaptés (Apei) à Chaville (Hauts-de-Seine). (Photo Apei)

Sophie Feltrin ZOOM

Sophie Feltrin / APEI SCVA

Le récent plan autisme du gouvernement (lire La Croix du 6 et du 9 avril) affiche comme priorité l’inclusion dans la vie ordinaire. Cela vaut aussi pour le logement. Désormais, on souhaite permettre aux personnes autistes de vivre dans leur logement, avec un accompagnement adapté. Mais l’habitat inclusif n’est possible que pour les personnes relativement autonomes. Cela n’est pas le cas de beaucoup d’autres qui ont besoin d’être accueillies en institution.

Il y a quelques années a émergé un discours en faveur de structures plus petites. Mais, face à l’urgence de développer un nombre important de nouvelles places, on continue de donner la priorité à de grands établissements plutôt situés à la périphérie des villes où le foncier est moins cher.

On reste un peu dans l’approche asilaire duXIXsiècle avec des bâtiments pouvant accueillir jusqu’à 70 résidents. Ce qui est compliqué pour des personnes très sensibles au bruit et à leur environnement visuel. Il faut que chaque résident s’habitue à vivre au rythme des 69 autres.

Je pense qu’il faudrait en finir avec ces usines à personnes autistes. C’est ce que nous avons essayé de faire dans notre association. Nous avons un bâtiment pouvant accueillir 24 personnes, et nous avons créé une extension mitoyenne où vivent 6 personnes. Chacun a sa chambre, une salle à manger et peut retrouver les autres dans des pièces communes. On essaie d’en faire une maison où chacun se sente chez lui. »

Recueilli par Pierre Bienvault


2 mai 2018

Un jour au DASCA, un dispositif d'aide et d'accompagnement des enfants autistes

article publié sur France 3 région Grand-Est

© Michael Martin© Michael Martin

Par Judith JungPublié le 30/04/2018 à 12:58

"Je vous accepte comme vous êtes alors acceptez-moi comme je suis!" le message d'Umut, 12 ans, est fort. C'est dire que le chemin est encore long pour ces enfants trop souvent regardés de travers pour leurs différences. Et si c'est nous qui étions différents? Pour leur permettre de grandir, d'être autonomes et de s'épanouir dans la société, le DASCA les accueillent tous les jours. Cet établissement fait partie des 35 structures que compte l'association Adèle de Glaubitz. Ouvert il y a 4 ans, à Strasbourg, il accueille 23 enfants qui viennent à la journée. Au programme des ateliers adaptés aux difficultés et aux besoins de chacun. La journée démarre par l'école où tout tourne autour des pictogrammes. Ces images sont une base de communication solide et nécessaire pour ces enfants qui, souvent, ne s'exprime pas. Puis, il y aura aussi des ateliers "snoezelen" pour trouver le calme et travailler sur les problèmes sensitifs. L'établissement qui compte autant de professionnels que d'enfants propose, également, des exercices d'habilité sociale permettant à ces jeunes de s'ouvrir au monde, de le comprendre et d'y évoluer. Le travail est réalisé en collaboration avec les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.





Pour aller plus loin et permettre à tous ceux qui le souhaitent de faciliter le quotidien des enfants, les psychologue des établissements de l'association Adèle de Glaubitz et du Centre de Ressources Autisme viennent de publier un guide technique qui porte sur l'aménagement des espaces. L'espace est vital pour tous, encore plus pour les enfants autistes. Il faut que les pièces ne soient pas trop encombrées, que l'acoustique y soit soignée et que la décoration y soit sobre. Pas trop de couleurs, pas trop de meubles et des espaces bien délimités pour ne pas stresser les enfants.


Ecoutez Perrine Bellusso, Directrice de l’action médico-sociale de l’association Adèle de Glaubitz et co-auteure du guide

2 mai 2018

Un label pour les entreprises qui embauchent les autistes

article publié dans Le Parisien

Elsa Mari
02 avril 2018, 10h44
Paris (IIe), mardi 27 mars 2018.Le café-restaurant « Joyeux » emploie des personnes autistes ou trisomiques.

Un Haut-Savoyard autiste de 39 ans a créé le premier label « autism friendly », une pastille à coller sur les murs des entreprises, à l’entrée des commerces, des restaurants qui recrutent et développent de bonnes conditions d’accueil.

Au fond d’une salle de restaurant, une serveuse, maladroite, fait tomber une boîte de cure-dents. « 246, il y en a 246 », répète Raymond, en comptant les petits bâtons dispersés au sol. Scène mythique de « Rain Man », film de 1988, cette image archétypale de l’autisme, génie des mathématiques, est restée ancrée dans les mémoires. « Nous ne sommes pas tous Raymond », corrige Sylvain Briant, dont le handicap est, lui, invisible.

Diagnostiqué autiste Asperger, il y a neuf mois, ce Haut-Savoyard de 39 ans a eu l’idée de créer le premier label « autism friendly », une pastille à coller sur les murs des entreprises, à l’entrée des commerces, des restaurants. Une façon de sensibiliser le public à ce trouble, au spectre extrêmement large, qui touche 600 000 Français. Et de mieux les intégrer.

LIRE AUSSI >Paris : ce café n’emploie que des personnes trisomiques ou autistes

« Aujourd’hui, l’écrasante majorité des adultes autistes sont sans emploi. Il y a beaucoup de bonne volonté de l’Etat, mais pas vraiment d’action concrète », déplore ce père de 4 enfants, qui a écumé 18 entreprises en seize ans malgré une kyrielle de diplômes en fiscalité et informatique. « Je n’arrivais pas à intégrer les codes sociaux, je disais toujours ce que je pensais sans tact ».

Suppression des néons, causes de crises d’angoisse

Pourtant si le cadre professionnel est adapté, beaucoup peuvent travailler. Paul Cacheux, directeur d’Urbilog, société lilloise experte dans l’accessibilité numérique, l’a bien compris. Il a d’ailleurs collé l’autocollant sur ses murs. Sa filiale « Compéthance » forme et recrute des autistes Asperger au métier de développeur informatique. « Si on convainc d’autres entreprises d’apposer ce label, on aura gagné ».

Paul a su les intégrer. Supprimé les néons criards, parfois responsables de crise d’angoisse. Ou le bruit, perçu comme une cacophonie insurmontable. Il suffisait de poser des cloisons phoniques. Une salle de repos, aussi, utile lorsque la pression monte, qu’une pause est nécessaire. Parfois, les employés dorment trente minutes, s’en vont sans saluer. Peu importe, « s’adapter, c’est les respecter », martèle Paul. Ce label légitime sa démarche.

Et si les restaurants faisaient la même chose ? Sylvain se plaît à imaginer une soirée par mois sans musique en fond sonore. Des lumières tamisées. Des horaires réservés aux autistes chez le coiffeur ou dans les supermarchés comme en Australie où les 68 magasins de la chaîne Coles leur dédient « une heure silencieuse » par semaine. Une main tendue. « Aujourd’hui, on commence à découvrir que les autistes ne sont pas que des génies ou des personnes qui se balancent et ne parlent pas, explique le professeur Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Robert-Debré, à Paris. 60 % d’entre eux n’ont pas de déficience intellectuelle. Ils parlent comme vous et moi ».

2 mai 2018

La ferme où les personnes handicapées mentales et autistes ont toute leur place

 

La ferme où les personnes handicapées mentales et autistes ont toute leur place

Dans le Morbihan, l'éleveur David Guillemet, lui-même autiste, accueille des stagiaires en situation de handicap mental pour leur enseigner l'agriculture biologique et les aider à progresser vers l'autonomie et l'emploi. Ploërdut (Morbihan), reportage Ça pourrait être une ferme comme les autres.

https://reporterre.net

 

2 mai 2018

Sophie Cluzel : “Je sais ce qu’est d’être aidant familial”

article publié dans Le Figaro

Par 
Publié le 01/05/2018 à 08:00

sophie cluzel

 

 

INTERVIEW - Sophie Cluzel, secrétaire d’État du Premier ministre chargée des personnes handicapées, est la mère de Julia, 22 ans, atteinte de trisomie. Elle revient sur les mesures prévues par le gouvernement. Pour améliorer l’inclusion des personnes en situation de dépendance.

LE FIGARO.- Vous avez une sensibilité personnelle à la question de l’accompagnement des personnes en difficulté d’autonomie. Quels sont selon vous les principaux défis des aidants familiaux au quotidien?

SOPHIE CLUZEL.- C’est vrai que j’ai une sensibilité personnelle du fait de mon parcours et je sais très bien ce qu’est d’être aidant familial. Cependant, c’est aussi à l’aune de l’ambition du gouvernement d’aller vers une société plus inclusive, que le sujet des aidants familiaux est tout à fait central pour moi. Le Premier ministre a fixé le cap, celui d’une société inclusive. Or, si on veut permettre aux personnes en situation de handicap d’envisager des parcours de vie en milieu ordinaire, cela ne peut se faire sans les aidants. Pour autant nous devons être extrêmement vigilants à ce que l’inclusion ne se fasse pas au détriment de l’équilibre de vie des aidants. Car c’est bien le premier défi pour tout aidant familial: comment jouer ce rôle essentiel et continuer à avoir une vie professionnelle, pouvoir accéder aux loisirs, préserver sa vie de couple? C’est à ce défi que nous devrons répondre en développant davantage les réponses d’accompagnement à domicile, les dispositifs de répit, et en les soutenant directement via des actions de formation et en créant des espaces d’entraide, pour ne donner que quelques exemples.

Les questions de santé font partie de leur quotidien, mais quelle est leur place dans le système de santé français?

Les aidants ont une place centrale dans l’accompagnement des personnes qui sont dépendantes en raison de leur maladie, de leur handicap ou de leur âge. Ils sont neuf millions à s’investir au quotidien auprès de leurs proches et à contribuer énormément à leur bien-être et à la qualité de leur vie. Ce rôle est de plus en plus reconnu. En témoignent les dispositifs mis en place pour les soutenir, l’existence de congés spécifiques leur permettant de prendre soin de leurs proches, ou encore le nouveau formulaire de demande en Maison départementale des personnes handicapées, qui leur permet d’exprimer leurs besoins. Cependant nous avons encore du chemin à parcourir pour reconnaître les proches aidants comme de véritables partenaires des professionnels en valorisant leurs savoir-faire et leurs compétences. C’est un des axes forts de mon engagement dans ce domaine, même si je serai vigilante à ce que cela ne conduise pas à des charges plus lourdes qui pèseraient sur eux.

» LIRE AUSSI - Les aidants familiaux, pièce indispensable de l’hospitalisation à domicile

Quelles sont les mesures prévues pour améliorer l’accompagnement des aidants et des aidés? Quel en est le calendrier?

En premier lieu, nous engageons un grand mouvement de transformation de l’offre médico-sociale qui devra permettre le développement des réponses d’accompagnement pour les personnes qui vivent à domicile, en offrant notamment des temps de répit pour les aidants. Nous avons lancé ce chantier ambitieux fin 2017 en partenariat avec l’Assemblée des départements de France et nous le piloterons de très près pour que des résultats concrets puissent se faire sentir rapidement. Toujours en matière de répit, le projet de loi pour un État au service d’une société de confiance, présenté en Conseil des ministres
le 29 novembre dernier, prévoit l’expérimentation d’un dispositif de relayage à domicile. Une autre priorité que nous nous donnons est de permettre aux aidants de mieux concilier leur rôle de soutien avec une activité professionnelle. Nous y travaillons avec la ministre des Solidarités et de la Santé et la ministre du Travail dans les suites du comité interministériel du handicap qui s’est tenu en septembre. Dans ce cadre nous avons confié à Mme Dominique Gillot, présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées, la mission de «trouver des pistes d’amélioration permettant de faciliter l’embauche et le maintien en emploi» des personnes handicapées et des aidants familiaux. Elle devra présenter ses conclusions à la fin du premier trimestre 2018 pour que nous puissions prendre des mesures concrètes rapidement. Enfin, faciliter la vie des aidants passe aussi par la simplification des démarches quotidiennes liées au handicap car ils sont souvent mis à contribution pour remplir d’interminables dossiers et formulaires. Nous avons l’ambition de simplifier considérablement les démarches liées au handicap, notamment en tirant profit du numérique. C’est ainsi que, dès cette année, un service de demande en ligne sera disponible et progressivement déployé sur les territoires.

29 avril 2018

Séries Mania 2018 : On the Spectrum, première grande série sur l'autisme ? [Critique]

On the Spectrum

Une dramédie présentée en compétition officielle.

L'année prochaine, cela fera pile-poil trente ans qu'Hollywood a scellé le sort de la représentation des autistes à l'écran avec Rain Man. Depuis, l'imaginaire autour du syndrome d'Asperger n'a pratiquement pas bougé d'un iota : celui qui en est atteint est forcément un génie des mathématiques ou du raisonnement déductif. Les exemples pullulent sur le petit écran (de Sherlock à The Big Bang Theory, en passant par Touch ou Alphas), sans qu'aucun scénariste ne vienne remettre en question la vision imprimée par le film de Barry Levinson. Si Atypical a dernièrement relancé le débat en explorant des territoires encore vierges à la télévision (les relations amoureuses à la sortie de l'adolescence), c'est une production israélienne qui chamboule aujourd'hui avec brio toutes les idées reçues.

Présentée en avant-première mondiale et en compétition officielle au festival Séries Mania, On the Spectrum déconstruit le mythe à travers le quotidien de trois jeunes adultes autistes qui vivent en colocation. Obsessions (l'amour, la nourriture, la télévision, un robot nettoyeur Roomba...), difficultés à communiquer, incompréhension des règles qui régissent la vie en société : On the Spectrum aurait rapidement pu verser dans le pathos si ses showrunners ne visaient pas tout autre chose. Portrait d'un réalisme sidérant de l'autisme sous toutes ses facettes, la série prend son sujet très au sérieux tout en s'autorisant à rire des réactions souvent lunaires de ses protagonistes, sans jamais s'en moquer. Portée par ce regard toujours bienveillant, la série se niche miraculeusement dans l'espace – très réduit, vu le sujet – entre comédie et drame. C'est parfois bruyant, presque cacophonique, mais toujours drôle et d'une douceur inouïe. Pour le moment, On the Spectrum n'a malheureusement pas de diffuseur français.

29 avril 2018

Stéphane Travert, Ministre de l'agriculture lors du DuoDay2018 au poney club de la Villette

Ministre de l'agriculture au centre équestre de la villette

29 avril 2018

L'absolue précarité des accompagnants

article publié dans La Dépêche

Publié le 28/04/2018 à 11:12, Mis à jour le 28/04/2018 à 11:58

Pauline Lair et Vincent Gomez lancent l'alerte. / Photo DDM, Kenan Augeard

Pauline Lair et Vincent Gomez lancent l'alerte. / Photo DDM, Kenan Augeard

Les personnels accompagnants des enfants en situation de handicap tirent la sonnette d'alarme. Hier, le syndicat Sgen-CFDT du Lot a annoncé l'envoi d'une lettre aux maires, députés et sénateurs du Lot, pour les alerter à ce sujet.

«90 % des accompagnants vivent avec moins de 700 € par mois», pointe Vincent Gomez, secrétaire départemental du Sgen-CFDT. En cause, leurs contrats. En maternelle et en primaire, les auxiliaires de vie scolaire (AVS), en contrat aidé, et les accompagnants d'enfants en situation de handicap (AESH), en CDD, travaillent 24 heures par semaine, la durée des cours. «Les enfants ont aussi besoin d'accompagnement pendant les pauses, et pour les activités périscolaires», explique Vincent Gomez. Or, un fonds existe pour aider les mairies à payer les AVS et AESH durant ces périodes. Mais, dans le Lot, aucune commune n'a réclamé cette aide.

Une évolution dans ce domaine est pourtant urgente, aussi bien pour les enfants que pour leurs accompagnants. «Beaucoup d'AVS et d'AESH sautent le repas du midi faute de moyens», se désole Pauline Lair, AESH et déléguée Sgen-CFDT. Difficile de vivre avec 700 € par mois.

La Dépêche du Midi

27 avril 2018

Loi 2005 : les paradoxes qui handicapent l'École

 

Loi 2005 : les paradoxes qui handicapent l'École - 800 000 Feignasses

À l'occasion des Assises de l'École Maternelle, je souhaite vous faire part de l'état des lieux en matière d'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, un " instantané " du quotidien d'un enseignant référent de la scolarisation des élèves en situation de handicap. La loi de février 2005 avec toute sa légitimité et ...

https://800000feignasses.com

 

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